Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 656 →- (א) אם קנה וכו' - כדי להסביר היטב טעם השני דיעות אקדים מה דאיתא בגמרא הידור מצוה עד שליש במצוה ופירשו בשם ר"ת [והוא הדעה הראשונה שנזכר בשו"ע] שאינו ר"ל שיש לפניו שני אתרוגים או שני ס"ת ואחד הדר יותר מחבירו שיצטרך מחמת מצות הידור להוסיף עד שליש במקח דא"כ הרי לעולם ימצא נאה ונאה ואין סוף לדבר אלא מיירי שאתרוג אחד היה בו רק כשיעור מצומצם שהוא כביצה והאחר גדול ממנו ע"ז אמרו דמצוה להדר אחר זה ולהוסיף עד שליש דחיישינן שמא יתמעט השיעור ובאופן זה אפילו כבר קנה האתרוג הקטן מצוה להחליפו באחר ולהוסיף עד שליש בדמיו ויש מפרשים עוד דהגמרא מיירי באתרוג וכן כל המצות שמזדמן לפניו אחד הדר יותר מחבירו מצוה להדר אחר ההדר ולהוסיף עד שליש בדמיו וזהו הדעה השניה שמוזכרת פה:(1) Si l'on a acheté, etc. – Pour bien expliquer la raison des deux avis, je commencerai par ce qui est rapporté dans la Guemara : « l'embellissement de la mitsva va jusqu'au tiers de la mitsva ». Et on a expliqué, au nom de Rabbénou Tam (et c'est le premier avis mentionné dans le Choulhan Aroukh), que cela ne veut pas dire que, s'il a devant lui deux etroguim ou deux Sifré Torah, l'un plus beau que l'autre, il devrait, en vertu de la mitsva d'embellissement, ajouter jusqu'à un tiers au prix ; car s'il en était ainsi, il trouverait toujours un objet de plus en plus beau, et la chose n'aurait pas de fin. Mais la Guemara parle du cas où un etrog n'avait que la mesure exacte, qui est le kebeitsa, et où l'autre est plus grand que lui : c'est à ce sujet que nos Sages ont dit que c'est une mitsva de rechercher celui-ci et d'ajouter jusqu'à un tiers, car on craint que la mesure ne diminue (en se desséchant). Et dans ce cas, même s'il a déjà acheté le petit etrog, c'est une mitsva de l'échanger contre un autre et d'ajouter jusqu'à un tiers de son prix. Et certains expliquent en outre que la Guemara parle de l'etrog, et de même de toutes les mitsvot : lorsqu'il se présente devant lui un objet plus beau que l'autre, c'est une mitsva de rechercher le plus beau et d'ajouter jusqu'à un tiers de son prix ; et c'est le second avis qui est mentionné ici.
séif katan 1
- (ב) אתרוג שראוי לצאת בו בצמצום - עיין במ"א שמצדד דלאו דוקא אתרוג דה"ה ס"ת או שופר וכדומה שקנהו והיה בו רק כשיעור מצומצם ואח"כ נזדמן לו אחר שהוא גדול בשיעורו מצוה להחליפו ולהוסיף עליו עד שליש:(2) Un etrog qui permet d'être quitte de justesse – Voir le Maguen Avraham, qui penche vers l'idée que ce n'est pas spécifiquement le cas de l'etrog : il en est de même d'un Sefer Torah, d'un chofar ou d'objets semblables, qu'on a achetés alors qu'ils n'avaient que la mesure exacte, et qu'ensuite il s'en présente un autre plus grand dans sa mesure : c'est une mitsva de l'échanger et d'y ajouter jusqu'à un tiers.
séif katan 2
- (ג) מלגיו - פי' אם הקטן נמכר בשש יוסיף שני דינרין דהיינו שליש תוך הדמים ושליש מלבר נקרא כשחולק הדמים לשנים ומוסיף חלק שלישי דהיינו שמוסיף ג' דינרין ויש מחמירין שצריך להוסיף שליש מלבר:(3) « De l'intérieur » (milegav) – Explication : si le petit se vend six dinars, il ajoutera deux dinars, c'est-à-dire un tiers à l'intérieur du prix (un tiers du prix lui-même). Et on appelle « tiers de l'extérieur » (milebar) le cas où l'on divise le prix en deux et où l'on ajoute une troisième part, c'est-à-dire qu'on ajoute trois dinars. Et certains sont rigoureux et disent qu'il faut ajouter un tiers « de l'extérieur ».
séif katan 3
- (ד) כדי להחליפו - אבל אם חבירו אינו רוצה להחליפו רק למכרו אינו חייב לקנותו ולהחזיק שתים אם לא שיש לו קונים שרוצים לקנות את הקטן שיש לו [אחרונים]:(4) Afin de l'échanger – Mais si son prochain ne veut pas l'échanger, mais seulement le vendre, il n'est pas obligé de l'acheter et d'en garder deux, à moins qu'il n'ait des acheteurs qui veuillent acheter le petit qu'il possède (les A'haronim).
séif katan 4
- (ה) שאם מוצא שני אתרוגים וכו' - ר"ל אפילו כל אחד גדול בשיעורו יותר מכביצה כיון שהשני נראה הדר ביופי יותר מחבירו צריך להוסיף. ואם כבר קנה אחד והוא בשיעורו גדול יותר מכביצה א"צ להוסיף להחליף בהדר לכו"ע [דלדיעה ראשונה כיון שגם הראשון לא היה בו שיעור מצומצם ולדיעה שניה לא החמירו ליקח ההדר כלל בשכבר קנה האחד] כ"כ המ"א בשם פוסקים אכן הגר"א הביא ירושלמי מפורש ומשמע דנקט לדינא כן דאפילו לקח כבר אתרוג ולולב [וה"ה לכל המצות] והיה בהם יותר מכשיעור ואח"כ מצא אחר נאה הימנו צריך להחליף ולהוסיף עד שליש:(5) Que si l'on trouve deux etroguim, etc. – Cela veut dire : même si chacun est plus grand dans sa mesure qu'un kebeitsa, puisque le second paraît plus beau que l'autre, il faut ajouter au prix. Mais s'il en a déjà acheté un, et qu'il est dans sa mesure plus grand qu'un kebeitsa, il n'a pas besoin d'ajouter pour l'échanger contre un plus beau, selon tous les avis (car selon le premier avis, c'est parce que le premier non plus n'avait pas seulement la mesure exacte ; et selon le second avis, on n'a pas du tout imposé la rigueur de prendre le plus beau lorsqu'on en a déjà acheté un). C'est ce qu'a écrit le Maguen Avraham au nom des décisionnaires. Toutefois, le Gaon de Vilna a cité un passage du Yerouchalmi explicite, et il ressort qu'il retient comme halakha que, même si l'on a déjà pris un etrog et un loulav (et il en est de même pour toutes les mitsvot) qui avaient plus que la mesure, et qu'ensuite on en trouve un autre plus beau, il faut l'échanger et ajouter jusqu'à un tiers.
séif katan 5
- (ו) אם אין מייקרים אותו יותר משליש - דהדור מצוה הוא רק עד שליש ואפילו מי שאין חייו נדחקים א"צ לבזבז יותר משליש. אמרינן בגמרא עד שליש משלו מכאן ואילך משל הקב"ה ופירש"י עד שליש משלו דהיינו אותו שליש שיוסיף בהידור מצוה משלו הוא שאינו נפרע לו בחייו כדאמרינן היום לעשותם ולא היום ליטול שכרם אבל מה שיוסיף יותר על שליש יפרע לו הקב"ה בחייו עכ"ל והיינו אף דאינו מצווה ע"ז מ"מ אם יוסיף יפרע לו הקב"ה בעוה"ז וי"א דבאיש אמיד שנתן לו הקב"ה הון צריך להוסיף בשביל הידור אפילו יותר משליש:(6) Si on ne le fait pas payer plus d'un tiers – Car l'embellissement de la mitsva ne va que jusqu'à un tiers ; et même celui dont la vie n'est pas étriquée (qui n'est pas dans la gêne) n'a pas besoin de dépenser plus d'un tiers. Nous disons dans la Guemara : « Jusqu'à un tiers, c'est du sien ; au-delà, c'est de celui du Saint, béni soit-Il. » Et Rachi a expliqué : « Jusqu'à un tiers, c'est du sien », c'est-à-dire que ce tiers qu'il ajoute pour l'embellissement de la mitsva est de son propre argent, car il ne lui est pas remboursé de son vivant, comme nous disons : « Aujourd'hui pour les accomplir, et non aujourd'hui pour en recevoir la récompense » ; mais ce qu'il ajoute au-delà du tiers, le Saint, béni soit-Il le lui rembourse de son vivant. Fin de citation. Cela signifie que, bien qu'il n'y soit pas obligé, néanmoins, s'il ajoute, le Saint, béni soit-Il le lui rembourse en ce monde-ci. Et certains disent que, pour un homme aisé à qui le Saint, béni soit-Il a donné de la fortune, il faut ajouter pour l'embellissement même plus d'un tiers.
séif katan 6
- (ז) הון רב - הנה שליש מנכסיו מוכח בגמרא בהדיא דאין צריך ליתן עבור מצוה אחת והפוסקים הסכימו דאפילו פחות משליש ג"כ אין צריך ליתן וסמכו דינו כמו לענין צדקה שאמרו המבזבז אל יבזבז יותר מחומש שמא יעני ויצטרך לבריות וה"ה בזה:(7) Une grande fortune – Voici que pour un tiers de ses biens, il est prouvé explicitement dans la Guemara qu'on n'a pas besoin de le donner pour une seule mitsva ; et les décisionnaires se sont accordés à dire que même moins d'un tiers, on n'a pas non plus besoin de le donner. Et ils ont appuyé sa règle sur celle de la tsedaka, à propos de laquelle nos Sages ont dit : « Celui qui dépense ne dépensera pas plus d'un cinquième », de peur qu'il ne s'appauvrisse et n'ait besoin des gens ; et il en est de même ici.
séif katan 7
- (ח) יותר מחומש אפילו מצוה עוברת - ומ"מ חייב להוציא עכ"פ עישור נכסיו לזה דגם בצדקה שיעור בינוני הוא מעשר ועיין במ"א וא"ר דכמו שם לענין צדקה שנה ראשונה מן הקרן מכאן ואילך מן הריוח ה"נ בענינינו ועיין בבה"ל שביררנו דר"ל דמשיעור זה בודאי אסור לפחות אבל אפשר דבענינינו דהוא מצוה עוברת גרע טפי וחייב להוציא עד חומש מנכסיו:(8) Plus d'un cinquième, même pour une mitsva passagère – Néanmoins, il est obligé de dépenser pour cela au moins le dixième de ses biens, car pour la tsedaka aussi, la mesure moyenne est le dixième. Et voir le Maguen Avraham et l'Eliya Rabba, selon lesquels, de même que là, au sujet de la tsedaka, on donne la première année le dixième du capital, et à partir de là le dixième du bénéfice, de même dans notre sujet. Et voir le Biour Halakha, où nous avons établi que cela veut dire qu'en dessous de cette mesure il est certainement interdit de descendre ; mais il est possible que dans notre sujet, qui est une mitsva passagère, ce soit plus grave, et qu'il soit obligé de dépenser jusqu'au cinquième de ses biens.
séif katan 8
- (ט) אבל לא תעשה וכו' - דבטול עשה הוא במניעה מלקיים ואינו עושה שום מעשה נגד רצון הש"י משא"כ בלא תעשה אם יעבור. כתב המ"א משמע קצת בגיטין דף נ"ו במעשה דבר קמצא שהיה מותר לעבור על ל"ת מפני אימת המלכות דעכו"ם והאחרונים מפקפקים ע"ז דהתם פיקוח נפש היה:(9) Mais pour un interdit, etc. – Car l'annulation d'un commandement positif consiste à s'abstenir d'accomplir, et l'on ne fait aucun acte contre la volonté de Hachem, béni soit-Il ; ce qui n'est pas le cas d'un interdit, si on le transgresse. Le Maguen Avraham a écrit : il ressort quelque peu du traité Guittin, page 56 (56a), dans l'histoire de Bar Kamtsa, qu'il était permis de transgresser un interdit à cause de la crainte du pouvoir d'un royaume idolâtre. Et les A'haronim émettent des doutes à ce sujet, car là, il s'agissait de danger de mort (pikoua'h néfech).
séif katan 9
- (י) יתן כל ממונו קודם שיעבור - ואף דיצטרך עי"ז אח"כ לחזור על הפתחים לא נוכל להתיר עי"ז איסורי תורה. וזה אפילו בל"ת גרידא וכ"ש אם נוגע הדבר לחייבי כריתות ח"ו כגון שאינו יכול להשיג איזה משמרת להרויח אם לא שמתרצה לחלל השבת ולעשות בו מלאכה כשאר פועלים אסור לו לשמוע להם ואף דנוגע זה למזונותיו ולמזונות אנשי ביתו אין לו להכרית נפשו עבורם:(10) On donnera tout son argent plutôt que de transgresser – Et même si, de ce fait, il devra ensuite mendier aux portes, nous ne pouvons pas, pour cela, permettre des interdits de la Torah. Et cela vaut même pour un simple interdit, et à plus forte raison si la chose touche à des fautes passibles de karet (retranchement), à D.ieu ne plaise. Par exemple, s'il ne peut obtenir un emploi pour gagner sa vie à moins d'accepter de profaner le Chabbat et d'y faire un travail comme les autres ouvriers, il lui est interdit de les écouter ; et bien que cela touche à sa subsistance et à celle des membres de sa maison, il ne doit pas retrancher son âme pour eux.
séif katan 10