Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 527 →- {א} יו"ט שחל להיות בע"ש - ואין נ"מ בין יו"ט ראשון בין יו"ט ב' של גליות דאם חל יו"ט ב' בע"ש ג"כ אסור לבשל לשבת אם לא ע"י עירוב שיערב מעיו"ט הראשון:(1) Un Yom Tov qui tombe la veille de Chabbat – et il n'y a pas de différence entre le premier jour de Yom Tov et le deuxième jour de Yom Tov de la diaspora (Yom Tov chéni chel galouyot) : car si le deuxième jour de Yom Tov tombe la veille de Chabbat, il est également interdit de cuisiner pour Chabbat, sinon au moyen d'un érouv (érouv tavchilin) que l'on fait dès la veille du premier jour de Yom Tov.
séif katan 1
- {ב} כמה קדירות ליו"ט ואם הותיר - ואפילו ניתותר קדירה שלימה כולה כיון שמתחלה חשב שיצטרך ליו"ט ובלבד שלא יערים בזה וכמבואר בסעיף כ"ד עי"ש ועיין בסעיף כ"ג ובסימן תק"ג:(2) Plusieurs marmites pour Yom Tov, et s'il en est resté – et même s'il est resté une marmite entière intacte, cela est permis, puisqu'au départ il pensait qu'il en aurait besoin pour Yom Tov ; pourvu seulement qu'il n'use pas de ruse en cela (haarama), comme il est expliqué au séif 24, voir là-bas ; et voir au séif 23 et au siman 503.
séif katan 2
- {ג} וע"י עירוב מבשל בתחלה - כתבו הפוסקים דהיתר העירוב הוא אף למ"ד דמלאכות שבת אין נעשין ביו"ט מדאורייתא מ"מ מהני העירוב דמ"מ אין כאן אלא איסור מד"ס דמדאורייתא אמרינן הואיל ואלו מקלעי אורחים וחזי ליה ליו"ט גופא א"כ אין עושה איסור בזה ורק מדרבנן אסרו ובשביל שבת שהוא שעת הדחק התירו ע"י עירוב שנחשב בזה כאלו כבר התחיל להכין מעיו"ט לשבת ורק שגומר ביו"ט וכדלקמיה בהג"ה. וכתבו האחרונים דביו"ט שחל להיות בע"ש יזהר להקדים הכנת מאכליו לשבת בכדי שיגמר מלאכתו בעוד יום גדול דסמוך לחשיכה בזמן דלא שייך שיצטרך לו ביו"ט גופא הלא יש כאן לתא דמלאכה דאורייתא [וכן יש ליזהר בהמאכלים שמטמין לשבת שיטמינן בזמן שאפשר שיתבשלו שליש בישול מבעו"י] וכתבו דמטעם זה נהגו להקדים תפלת ערבית בליל שבת כשחל סמוך ליו"ט כדי שלא יתאחר מלאכת בישולו ביום טוב עד סמוך לחשיכה. ועיין בה"ל דבשעת הדחק יש להקל ביו"ט שני שחל בע"ש אם נתאחר בישולו לשבת עד סמוך לשבת ואף ביו"ט ראשון אפשר דיש להקל בשעת הדחק ולכתחלה בודאי צריך ליזהר בזה ובפרט ביו"ט ראשון שהוא דאורייתא:(3) Et au moyen de l'érouv, il cuisine dès le début – les décisionnaires ont écrit que la permission de l'érouv s'explique ainsi : même selon l'avis qui dit que les travaux faits pour Chabbat ne se font pas à Yom Tov (l'interdit étant) de la Torah, l'érouv est néanmoins efficace, car il n'y a de toute façon ici qu'un interdit d'ordre rabbinique : de la Torah, nous disons le principe de hoïl (« puisque ») : des invités pourraient survenir, et le plat serait propre à servir le jour de Yom Tov lui-même ; s'il en est ainsi, il ne commet pas d'interdit en cela, et seuls les Sages l'ont interdit ; et pour Chabbat, qui est une situation de nécessité, ils l'ont permis au moyen d'un érouv, par lequel on considère qu'il a déjà commencé à préparer pour Chabbat dès la veille de Yom Tov, et qu'il ne fait que terminer à Yom Tov, comme il est dit plus loin dans la glose (du Rema). Et les A'haronim ont écrit que, lorsque Yom Tov tombe la veille de Chabbat, on veillera à avancer la préparation de ses mets pour Chabbat, afin que son travail se termine alors qu'il fait encore bien jour ; car près de la tombée de la nuit, à un moment où il n'est pas envisageable qu'il en ait besoin pour Yom Tov lui-même, il y a là un risque de travail interdit par la Torah. [Et de même, il faut faire attention, pour les mets que l'on enfouit (hatmana) pour Chabbat, de les enfouir à un moment où il est possible qu'ils cuisent au tiers de leur cuisson (chelich bichoul) pendant qu'il fait encore jour.] Et ils ont écrit que c'est pour cette raison qu'on a l'usage d'avancer la prière d'Arvit le vendredi soir lorsqu'il tombe juste après Yom Tov, afin que le travail de cuisson de celui-ci à Yom Tov ne soit pas retardé jusqu'à la tombée de la nuit. Et voir le Biour Halakha : en cas de nécessité pressante (chaat hade'hak), on peut être indulgent au deuxième jour de Yom Tov tombant la veille de Chabbat si sa cuisson pour Chabbat a été retardée jusqu'à l'approche de Chabbat ; et même au premier jour de Yom Tov, il est possible qu'on puisse être indulgent en cas de nécessité pressante ; mais lekhat'hila (a priori), il faut assurément y faire attention, et en particulier au premier jour de Yom Tov, qui est (un jour saint) de la Torah.
séif katan 3
- {ד} אפילו ספק חשיכה - זמן ספק חשיכה נתבאר בסימן רס"א ומבואר שם דכשנראין ג' כוכבים בינונים הוא ודאי לילה וכתבו האחרונים דאם קיבל עליו יו"ט באמירת ברכו שוב אין יכול לערב דבקבלת יו"ט נחשב הזמן כיו"ט ודאי ודוקא בקבלת ברכו שהוא קבלת ציבור ואף אם הוא לא אמר ברכו נגרר אחר הציבור כמבואר בסימן רס"ג סי"ד אבל קבלת עצמו אף שקיבל בפירוש אפשר דלא מהני לענין זה ויכול עדיין לערב אם עוד לא חשכה ובשעת הדחק אף אחר ברכו כ"ז שלא התפללו הציבור מעריב יוכל לערב אם לא חשכה עדיין אם בא להתפלל מנחה ונזכר שלא עשה עירוב תבשילין ואם יחזור לביתו לערב יאחר זמן מנחה יתפלל מנחה ולענין עירוב יקנה קמחו לאחרים ומיהו אם יכול לעשות עירובו ע"י שליח ישלח שליח לעשות עירוב קודם שיתפלל מנחה:(4) Même en cas de doute s'il fait nuit – le moment du doute sur la tombée de la nuit (safek 'hachékha) a été expliqué au siman 261, et il y est expliqué que, lorsqu'on voit trois étoiles moyennes, c'est certainement la nuit. Et les A'haronim ont écrit que, s'il a accepté sur lui Yom Tov par la récitation de Barekhou, il ne peut plus faire l'érouv, car par l'acceptation de Yom Tov, ce moment est considéré comme Yom Tov certain ; et cela seulement par l'acceptation de Barekhou, qui est une acceptation de la communauté ; et même si lui n'a pas dit Barekhou, il est entraîné à la suite de la communauté, comme il est expliqué au siman 263, séif 14. Mais pour une acceptation personnelle, même s'il l'a acceptée explicitement, il est possible qu'elle n'ait pas d'effet à cet égard, et il peut encore faire l'érouv s'il ne fait pas encore nuit. Et en cas de nécessité pressante, même après Barekhou, tant que la communauté n'a pas prié Arvit, il peut faire l'érouv s'il ne fait pas encore nuit. S'il est venu prier Min'ha et s'est souvenu qu'il n'avait pas fait d'érouv tavchilin, et que, s'il retourne chez lui pour faire l'érouv, il laissera passer le moment de Min'ha : il priera Min'ha, et quant à l'érouv, il fera acquérir sa farine à d'autres (qui ont fait un érouv, et ceux-ci la lui cuiront). Toutefois, s'il peut faire son érouv par l'intermédiaire d'un mandataire, il enverra un mandataire faire l'érouv avant de prier Min'ha.
séif katan 4
- {ה} בפת ותבשיל - דצריך לאפות ולבשל מיו"ט לשבת ולכן עושין העירוב מפת ותבשיל מעיו"ט שעל סמך זה אופין ומבשלין אח"כ:(5) Avec du pain et un mets cuit – car il faut cuire au four et cuisiner, de Yom Tov pour Chabbat ; c'est pourquoi on fait l'érouv avec du pain et un mets cuit dès la veille de Yom Tov, et c'est en s'appuyant sur cela qu'on cuit au four et qu'on cuisine ensuite.
séif katan 5
- {ו} ואם לא עשאו אלא מתבשיל לבד - דמעיקר הדין א"צ אלא מתבשיל לבד ומהני בין לפת בין לתבשיל שכן הוא דעת רוב הפוסקים אלא שנהגו כדעת הפוסקים המחמירין להצריך פת ותבשיל ולכן בדיעבד מותר ואם א"צ לאפות ביו"ט ורק לבשל אף לכתחלה סגי בתבשיל לחוד לכו"ע:(6) Et s'il ne l'a fait qu'avec un mets cuit seul – car selon la stricte loi, il ne faut qu'un mets cuit seul, et il est efficace aussi bien pour le pain que pour le mets cuit, car tel est l'avis de la plupart des décisionnaires ; seulement, on a l'usage de suivre l'avis des décisionnaires rigoureux qui exigent du pain et un mets cuit ; c'est pourquoi, bediavad (a posteriori), c'est permis. Et s'il n'a pas besoin de cuire au four à Yom Tov, mais seulement de cuisiner, même lekhat'hila un mets cuit seul suffit, selon tous les avis.
séif katan 6
- {ז} מותר - לאפות ולבשל ביו"ט בשביל שבת ומ"מ אם נזכר קודם שחשכה צריך להוסיף להניח גם פת ויאמר בהדין עירובא אבל לא יברך שנית. ואם עשה מפת לבד לתבשיל בודאי לא מהני ואם מהני לפת לחוד יש דעות בין הפוסקים והאחרונים הסכימו דלא מהני אף לפת דעיקר העירוב נתקן מתבשיל:(7) C'est permis – de cuire au four et de cuisiner à Yom Tov pour Chabbat. Néanmoins, s'il s'en est souvenu avant la tombée de la nuit, il doit ajouter et poser aussi du pain, et dire « Bahadén érouva » (« Par cet érouv… »), mais il ne récitera pas la bénédiction une seconde fois. Et s'il l'a fait avec du pain seul, pour le mets cuit cela n'est assurément pas efficace ; et quant à savoir si cela est efficace pour le pain seul, il y a des avis divergents parmi les décisionnaires, et les A'haronim ont conclu que ce n'est pas efficace même pour le pain, car l'essentiel de l'érouv a été institué avec un mets cuit.
séif katan 7
- {ח} כזית - ומשום הידור מצוה יקח לחם שלם וחתיכת בשר או דגים חשובה:(8) Un kezayit (volume d'une olive) – et par embellissement de la mitsva (hiddour mitsva), on prendra un pain entier et un morceau de viande ou de poisson important.
séif katan 8
- {ט} בין בסופו - לכאורה ק"ו הוא אם בתחלתו סגי בכזית כ"ש אם היה יותר ונשאר כזית אלא בא לאשמעינן דאף בסופו לא סגי בפחות מכזית [עו"ת]:(9) Ou à la fin – apparemment, c'est un kal va'homer (raisonnement a fortiori) : si au début un kezayit suffit, à plus forte raison s'il y en avait davantage et qu'il en est resté un kezayit ; mais l'auteur vient nous apprendre que même à la fin, moins d'un kezayit ne suffit pas [Olat Tamid].
séif katan 9
- {י} לכתחלה - האי לכתחלה הוא רק קודם שעושה העירוב אבל אם כבר עשה א"צ לחזור ולעשות [חמד משה]:(10) Lekhat'hila – ce « lekhat'hila » ne vaut qu'avant qu'il ne fasse l'érouv ; mais s'il l'a déjà fait, il n'a pas besoin de recommencer à le faire ['Hémed Moché].
séif katan 10
- {יא} ללפת - כגון בשר ודגים וביצים ושארי מיני לפתן מבושלים שדרכן ללפת בהן את הפת. מהרי"ל היה מניח הבשר על טעלער ולא על הגלוסקא משום מיאוס וגם לקח לחם שלם והיה לוקח אותו אח"כ ללחם משנה ובוצע עליו בסעודה שלישית דכיון דאיתעביד ביה מצוה חדא ליתעבד ביה מצוה אחרינא:(11) Pour accompagner (le pain) – par exemple de la viande, du poisson, des œufs et les autres sortes d'accompagnements cuits dont on a coutume d'accompagner le pain. Le Maharil posait la viande sur une assiette (teller) et non sur la miche, à cause du caractère répugnant (de salir le pain) ; et il prenait aussi un pain entier, qu'il prenait ensuite comme lé'hem michné (les deux pains de Chabbat), et il le rompait au troisième repas (séouda chelichit), car puisqu'on a accompli avec lui une mitsva, qu'on accomplisse avec lui une autre mitsva.
séif katan 11
- {יב} לאפוקי דייסא - היינו ריפות של שעורים שקורין גאגעלאך שאין דרכן של בני אדם ללפת בהן את הפת אלא אוכלין אותן בעצמן כדי לשבוע כמו פת. ואפילו במקומות שנוהגין ללפת בהן את הפת בטלה דעתן אצל כל אדם ושארי מיני קטניות תלוי במנהג המקומות שבמקום שאין מלפתין בהן את הפת אסור לערב בהן:(12) Pour exclure la bouillie – c'est-à-dire du gruau d'orge appelé gogelekh, dont les gens n'ont pas coutume d'accompagner le pain, mais qu'on mange tel quel pour se rassasier, comme du pain. Et même dans les lieux où l'on a l'habitude d'en accompagner le pain, leur avis est annulé face à celui de tout le monde. Et pour les autres sortes de légumineuses, cela dépend de l'usage des lieux : là où l'on n'en accompagne pas le pain, il est interdit d'en faire l'érouv.
séif katan 12
- {יג} צלי - ודוקא צלי ממש אבל מליח אף שהוא חשיב כרותח דצלי אפ"ה אין מערבין וגרע מכבוש דלקמיה ולכן אין מערבין בדגים מלוחים שקורין הערינ"ג אף שהוא ראוי לאכילה כמו שהוא חי אכן אלו המונחים בשולי החביות שכבושין הן בציר יש להם דין כבוש ומערבין בהן:(13) Rôti – et seulement du rôti véritable ; mais une chose salée, bien qu'elle soit considérée comme brûlante (rote'ah) à l'égal du rôti (pour les lois de cacherout), on n'en fait néanmoins pas l'érouv, et c'est moins bien que ce qui est mariné, dont il est question juste après. C'est pourquoi on ne fait pas l'érouv avec des poissons salés, appelés « hareng », bien qu'ils soient propres à la consommation tels quels, crus. Toutefois, ceux qui se trouvent au fond des tonneaux, qui sont marinés dans la saumure, ont le statut de mariné, et on en fait l'érouv.
séif katan 13
- {יד} שלוק - מבושל הרבה יותר מכפי צרכו:(14) Bouilli (chalouk) – cuit beaucoup plus que nécessaire.
séif katan 14
- {טו} כבוש - דכבוש כמבושל חשיבי ושיעור כבישה במים ושאר משקין הוא מעל"ע ובחומץ וציר אם רק נשרה כדי שיתננו על האור ויתחיל להרתיח חשוב כמבושל וכ"ז אם ראוי לאכילה ע"י הכבישה:(15) Mariné – car le mariné est considéré comme cuit. Et la durée du marinage dans l'eau et les autres liquides est d'un jour complet (vingt-quatre heures) ; et dans le vinaigre et la saumure, s'il a trempé le temps nécessaire pour qu'on le pose sur le feu et qu'il commence à bouillir, il est considéré comme cuit. Et tout cela, s'il est devenu propre à la consommation par le marinage.
séif katan 15
- {טז} או מעושן - וזה נמי כשראוי לאוכלו בזה:(16) Ou fumé – et cela aussi, lorsqu'il est propre à être consommé ainsi.
séif katan 16
- {יז} מין דגים קטנים - היינו קולי"ס האיספנין שבש"ס שרכין הן ובמים חמין נגמרין לאכילה וחשיבי בישול לדידהו:(17) Une sorte de petits poissons – c'est-à-dire le kolyas haïspanin (petit poisson d'Espagne) du Talmud, qui sont tendres, et qui deviennent consommables dans l'eau chaude ; et cela est considéré pour eux comme une cuisson.
séif katan 17
- {יח} תפוחים מבושלים וה"ה וכו' - וכ"ז דוקא אם דרך אותו המקום ללפת בהן את הפת [מ"א וש"א]:(18) Des pommes cuites, et il en est de même, etc. – et tout cela seulement si l'usage de ce lieu est d'en accompagner le pain [Maguen Avraham et autres décisionnaires].
séif katan 18
- {יט} שבישלן - או צלאן [גמרא] והיינו אפילו היו מלוחים בתחלה דראויין היו לאכלן חיים ואין צריכין בישול הו"א דלא נחשב בישולן לכלום קמ"ל ורבותא זו היא גם כן לענין תפוחים מבושלין אף דראוי היה לאכלן חיים:(19) Qu'on a cuits – ou rôtis [Guemara]. Et cela, même s'ils étaient salés au départ : comme ils étaient propres à être mangés crus et n'avaient pas besoin de cuisson, j'aurais pu penser que leur cuisson ne compte pour rien ; il nous apprend (qu'il n'en est rien). Et cette nouveauté vaut aussi pour les pommes cuites, bien qu'elles fussent propres à être mangées crues.
séif katan 19
- {כ} סומך מעיו"ט אפילו וכו' - ר"ל אע"פ שנשארו שם בלא מתכוין הואיל ומבעוד יום סמך עליהן ולא אמרינן דמיגו דלא חשיבי בטלי אגב קידרא אלא גוררן מעיו"ט ומחשבן לכך ואומר עליהן בהדין עירובא וכו' וכן שמנונית שעל הסכין וכ"ז דוקא אם אין לו תבשיל אחר [אחרונים] ופשוט דזה דוקא לענין עדשים שבשולי קדרה דהוא קצת ביזוי מצוה אבל תבשיל גמור של עדשים לא גריעא משאר תבשיל. ואפילו לא נתבשלו מתחלה לשם כך. וכ"ז דוקא אם דרך באותו מקום ללפת הפת עם עדשים [מ"א]:(20) Il s'appuie dès la veille de Yom Tov, même, etc. – cela veut dire : bien qu'elles (les lentilles) y soient restées sans intention, puisque, pendant qu'il faisait encore jour, il s'est appuyé sur elles, c'est valable ; et nous ne disons pas que, puisqu'elles ne sont pas importantes, elles sont annulées par rapport à la marmite ; mais il faut qu'il les racle dès la veille de Yom Tov, qu'il les destine à cela et qu'il dise sur elles « Bahadén érouva, etc. » ; et de même pour la graisse qui est sur le couteau. Et tout cela seulement s'il n'a pas d'autre mets cuit [A'haronim]. Et il est évident que cela ne vaut que pour les lentilles au fond de la marmite, ce qui est un certain mépris de la mitsva ; mais un véritable mets de lentilles n'est pas moins bien que les autres mets cuits, et même s'ils n'ont pas été cuits au départ dans ce but. Et tout cela seulement si l'usage dans ce lieu est d'accompagner le pain de lentilles [Maguen Avraham].
séif katan 20
- {כא} ומצוה על כל גדול וכו' - וכן מצינו בש"ס שכמה גדולי האמוראים היו מדקדקים בזה:(21) Et c'est une mitsva pour tout grand (notable), etc. – et de même, nous trouvons dans le Talmud que plusieurs grands parmi les Amoraïm étaient scrupuleux à ce sujet.
séif katan 21
- {כב} מי ששכח - וכ"ז בפעם ראשון אבל אם ברגל השני שכח עוד פעם הוי כפושע שניכר שאינו חרד לדבר מצוה ודינו מבואר בסוף הסעיף:(22) Celui qui a oublié – et tout cela la première fois ; mais si, à la deuxième fête, il a oublié encore une fois, il est considéré comme négligent (poché'a), car il est manifeste qu'il n'est pas soucieux de la chose de la mitsva ; et sa loi est expliquée à la fin du séif.
séif katan 22
- {כג} או שהניח וכו' - ולא אמרינן שבזה שעירב גילה בדעתו שאינו רוצה לצאת בעירוב של גדול העיר:(23) Ou qu'il a posé, etc. – et nous ne disons pas que, par le fait d'avoir fait un érouv (qui s'est perdu), il a révélé son intention de ne pas vouloir s'acquitter par l'érouv du grand de la ville.
séif katan 23
- {כד} שאינו יודע לערב - וה"ה אם חשב שיכולין לצאת בעירוב של גדול אפילו לכתחלה:(24) Qui ne sait pas faire l'érouv – et il en est de même s'il pensait qu'on pouvait s'acquitter par l'érouv du grand (de la ville) même lekhat'hila.
séif katan 24
- {כה} נקרא פושע וכו' - מפני שתקנת חכמים היה שכל אחד ואחד יעשה ע"ת בעצמו וכדי שיהיה זכור שאם מיו"ט לשבת אסור לבשל מכש"כ מיו"ט לחול. ומיהו לאו דוקא הוא בעצמו דה"ה אם ממנה שליח נמי דשלוחו של אדם כמותו ולא בא אלא לאפוקי עירוב של גדול שמכין מתבשילו ואינו נמלך בהם בשעת עשייתו אלא מודיע להם ביו"ט שעשה עירוב ויכולין לסמוך עליו:(25) Il est appelé négligent, etc. – car l'institution des Sages était que chacun fasse lui-même l'érouv tavchilin, et ce afin qu'il se souvienne que, si de Yom Tov pour Chabbat il est interdit de cuisiner (sans érouv), à plus forte raison de Yom Tov pour un jour profane. Toutefois, il ne s'agit pas forcément de lui-même, car il en est de même s'il désigne un mandataire, car le mandataire d'une personne est comme elle-même ; et (l'auteur) ne vient exclure que l'érouv du grand (de la ville), qui prépare l'érouv de son propre mets cuit et ne les consulte pas au moment où il le fait, mais leur fait savoir à Yom Tov qu'il a fait un érouv et qu'ils peuvent s'appuyer sur lui.
séif katan 25
- {כו} ואינו יוצא בו - שאין החכמים מקנים עירובם למי שהוא יכול לעשות בעצמו ומתעצל. ודע דהרבה פוסקים חולקים על זה ולדידהו יכול כל אדם לסמוך לכתחלה על עירוב של גדול העיר ואף הגדולים מכוונים בעירובם להקנות לכל אדם בכל אופן ואיזהו שאינו יוצא בעירובם זה שכל פעם עושה בעצמו ואינו רוצה לסמוך על עירוב של הגדול ואח"כ קרה ששכח כמה פעמים ולא עשה בזה אין הגדול מוציאו שהרי לא היה דרכו לסמוך על הגדול ואפשר בדיעבד יש לסמוך אפוסקים אלו ולהקל משום שמחת יום טוב:(26) Et il ne s'en acquitte pas – car les Sages ne font pas acquérir leur érouv à celui qui peut le faire lui-même et se montre paresseux. Et sache que de nombreux décisionnaires contestent cela, et selon eux toute personne peut s'appuyer lekhat'hila sur l'érouv du grand de la ville, et les grands aussi ont l'intention, par leur érouv, de le faire acquérir à toute personne dans tous les cas. Et qui est celui qui ne s'acquitte pas par leur érouv ? Celui qui, chaque fois, le fait lui-même et ne veut pas s'appuyer sur l'érouv du grand, puis il est arrivé qu'il ait oublié plusieurs fois et ne l'ait pas fait : dans ce cas, le grand ne l'en acquitte pas, puisque ce n'était pas son habitude de s'appuyer sur le grand. Et il est possible que, bediavad, on puisse s'appuyer sur ces décisionnaires et être indulgent, en raison de la joie de Yom Tov (sim'hat Yom Tov).
séif katan 26
- {כז} אינו צריך לפרט - בשעה שמזכה ע"י אחר וה"ה באמירת הנוסח יאמר לי ולכל מי שלא עשה עירוב:(27) Il n'a pas besoin de préciser – au moment où il fait acquérir l'érouv par l'intermédiaire d'un autre ; et de même, dans la récitation de la formule, il dira : « pour moi et pour tous ceux qui n'ont pas fait d'érouv ».
séif katan 27
- {כח} אפילו הניח ע"ת - דמן הסתם אין דעתו של אדם להקנות אלא למי שהוא בעירו או בתחום אלפים:(28) Même s'il a posé un érouv tavchilin – car, en l'absence de précision, l'intention d'une personne n'est de faire acquérir qu'à celui qui se trouve dans sa ville ou dans la limite des deux mille coudées (te'houm).
séif katan 28
- {כט} אא"כ התנה - ומיהו אם לא הניח ע"ת לא מהני תנאו שהרי אינו יכול לבא וליקח:(29) À moins qu'il n'ait stipulé – toutefois, s'il (l'habitant de l'extérieur) n'a pas posé d'érouv tavchilin chez lui, sa stipulation n'est pas efficace, puisqu'il ne peut pas venir et le prendre (étant hors de la limite).
séif katan 29
- {ל} דעת מניח וכו' - לכאורה מילתא דפשיטא הוא שהרי אינו מוציא עד שיזכה ע"י אחר ואפשר דמשום סיפא דאבל דעת וכו' נקט לה ועוד אפשר לומר דנקט לה להיכא שמוציא בסתם דלא מהני אלא לב"א הנכללים מסתמא בלשונו דהיינו מי שהוא בתוך תחום העיר וכעין ההיא דסעיף הקודם:(30) L'intention de celui qui pose, etc. – apparemment, c'est une chose évidente, puisqu'il n'acquitte les autres que s'il leur fait acquérir l'érouv par l'intermédiaire d'un autre ; et il est possible qu'il l'ait mentionnée à cause de la fin de la phrase : « mais l'intention, etc. ». Et on peut dire encore qu'il l'a mentionnée pour le cas où il acquitte les autres sans précision, ce qui n'est efficace que pour les personnes incluses implicitement dans ses paroles, c'est-à-dire celles qui se trouvent dans la limite de la ville, et à l'instar de ce qui a été dit au séif précédent.
séif katan 30
- {לא} רק שיודיעוהו וכו' - כלומר אם נודע לו ביו"ט שהניחו עירוב בעדו מותר לו לבשל אע"ג שלא נמלכו עמו בעת הנחה דאין צריך דעתו כלל ולשון רק שיודיעוהו דקאמר הוא כדי שידעו שיכולים לבשל לשבת:(31) Seulement qu'on l'en informe, etc. – cela veut dire : s'il apprend à Yom Tov qu'on a posé un érouv pour lui, il lui est permis de cuisiner, bien qu'on ne l'ait pas consulté au moment de le poser, car son intention n'est pas du tout nécessaire. Et l'expression « seulement qu'on l'en informe » qu'il emploie signifie afin qu'ils sachent qu'ils peuvent cuisiner pour Chabbat.
séif katan 31
- {לב} סומכין עליו מסתמא - אותן ששכחו או נאנסו דבודאי עירבו בעד כולם ואע"ג שלא הוכרז ויש מהאחרונים שרצו לומר לדידן שבנוסח ברכת ע"ת הוא לנו ולכל הדרים בעיר הזאת כל מי ששכח יכול לסמוך דודאי עירבו בעדו וחלקו עליהם שאין הנוסח מועיל כלום כ"ז שלא זיכו להם על ידי אחר בתבשיל וכדלקמן בס"י ואין רוב ב"א יודעים זאת ואינם מקנים כלל וע"כ א"א לסמוך ע"ז על סתם ב"א אא"כ יודעים בבירור שהקנו להם:(32) On s'appuie sur lui implicitement – ceux qui ont oublié ou en ont été empêchés par force majeure, car il a certainement fait l'érouv pour tous, bien que cela n'ait pas été annoncé. Et certains parmi les A'haronim ont voulu dire que, pour nous, puisque dans la formule de la bénédiction de l'érouv tavchilin on dit : « pour nous et pour tous ceux qui habitent cette ville », toute personne qui a oublié peut s'appuyer sur l'érouv du rabbin, car on a certainement fait l'érouv pour elle. Mais d'autres les ont contredits : la formule n'est d'aucune efficacité tant qu'on ne leur a pas fait acquérir le mets cuit par l'intermédiaire d'un autre, comme il est dit plus loin au séif 10 ; or la plupart des gens ne le savent pas et ne font pas du tout acquérir (aux autres) ; c'est pourquoi on ne peut pas s'appuyer sur cela pour des gens quelconques, à moins de savoir clairement qu'ils leur ont fait acquérir (l'érouv).
séif katan 32
- {לג} צריך לזכות להם - כדי שיהיה להם חלק בתבשילין ושיוכלו לסמוך ע"ז לבשל:(33) Il doit le leur faire acquérir – afin qu'ils aient une part dans les mets cuits et puissent s'appuyer sur cela pour cuisiner.
séif katan 33
- {לד} מזכין על ידו בע"ת - ובהני דאיכא פלוגתא שם כגון באשתו שמעלה לה מזונות או בבנו גדול שסמוך ע"ש שמסקינן שם דבדיעבד סומכין לקולא ה"ה הכא וכתבו האחרונים דכ"ז באשתו שאוכלת עמו אבל אם מעלה לה מזונות והיא מבשלת בפ"ע א"כ אינה נטפלת בתר קדירת הבעל וצריכה עירוב באפי נפשה ומיגו דזכיא לנפשה יכול לזכות ע"י גם לאחרים:(34) On fait acquérir par son intermédiaire pour l'érouv tavchilin – et dans les cas où il y a là-bas (pour l'érouv de Chabbat) une divergence, par exemple sa femme qu'il nourrit, ou son fils adulte qui dépend de sa table, où l'on conclut là-bas qu'bediavad on s'appuie sur l'avis indulgent, il en est de même ici. Et les A'haronim ont écrit que tout cela vaut pour sa femme qui mange avec lui ; mais s'il lui fournit sa subsistance et qu'elle cuisine séparément, alors elle n'est pas rattachée à la marmite du mari, et elle a besoin d'un érouv à elle ; et puisqu'elle acquiert pour elle-même, il peut aussi, par son intermédiaire, faire acquérir à d'autres.
séif katan 34
- {לה} מן הקרקע - וה"ה אם היה העירוב מונח על איזה דבר שצריך להגביהו טפח ועיין לעיל סימן שס"ו ס"ט ובמ"ש שם:(35) Du sol – et de même si l'érouv était posé sur quelque chose, il faut le soulever d'un téfa'h (palme) ; et voir plus haut, siman 366, séif 9, et ce que nous y avons écrit.
séif katan 35
- {לו} ואומר בדין יהא שרא לן וכו' - ומוכח דעת הרמ"א לקמן בסעיף כ' דאמירה זו מעכב ויש חולקין בזה ואומרים שאין זה אלא לכתחלה הא אם שכח ל"ל בה כיון שהכין תבשיל להתיר לו הבישול ויתבאר לקמן בסעיף כ':(36) Et il dit : « Par ceci, qu'il nous soit permis, etc. » – et il ressort de l'avis du Rema plus loin, au séif 20, que cette récitation est indispensable (meakev) ; et certains contestent cela et disent que ce n'est que lekhat'hila, mais s'il a oublié, cela ne nous importe pas, puisqu'il a préparé un mets cuit pour se permettre la cuisson ; et cela sera expliqué plus loin, au séif 20.
séif katan 36
- {לז} לאדלוקי שרגא - ויש שכתבו גם לאפוקי [והיינו הוצאה] מיהו בדיעבד אם לא הזכירן להני תרתי לכו"ע אין להחמיר דנכללים בלמעבד כל צרכנא:(37) « D'allumer la lampe » – et certains ont écrit d'ajouter aussi « leapouké » [c'est-à-dire le transport d'un domaine à l'autre]. Toutefois, bediavad, s'il n'a pas mentionné ces deux choses, selon tous les avis il n'y a pas lieu d'être rigoureux, car elles sont incluses dans « de faire tous nos besoins ».
séif katan 37
- {לח} למעבד כל צרכנא - ושוב מותרין כל המלאכות וכתבו האחרונים דגם שחיטה נכללת בזה ומ"מ לכתחלה טוב לפרט בבהדין גם שחיטה:(38) « De faire tous nos besoins » – et dès lors tous les travaux sont permis. Et les A'haronim ont écrit que l'abattage rituel (che'hita) est aussi inclus dans cela ; néanmoins, lekhat'hila, il est bien de préciser aussi l'abattage dans « Bahadén ».
séif katan 38
- {לט} ומי שא"י בלה"ק וכו' - שהרי צריך לומר שסומך ע"ז ואם אינו מבין מה שאומר א"כ לא סמך עליהם בפיו:(39) Et celui qui ne comprend pas la langue sainte, etc. – car il doit dire qu'il s'appuie sur cela (l'érouv) ; et s'il ne comprend pas ce qu'il dit, alors il ne s'est pas appuyé sur eux (ces mets) par sa parole.
séif katan 39
- {מ} יכול וכו' - כלומר צריך לומר:(40) Il peut, etc. – cela veut dire : il doit dire (la formule) :
séif katan 40
- {מא} מיו"ט ראשון - פי' כשחל יו"ט ראשון ביום ה' דהא יכול לבשל ביום וי"ו שהוא יו"ט שני ואפילו אם יודע שיהיה לו אונס ביו"ט שני שלא יוכל לבשל בו ועירב מתחלה על מנת כן שיבשל ביום ראשון לא מהני דלא תקנו עירוב אלא מיום הסמוך לשבת ולא מיום שלפניו ובפרט בזמנינו שיום טוב שני כחול מדאורייתא שאלו היה יום חול בינתים בודאי לא מהני עירוב לבשל מיו"ט לשבת:(41) Dès le premier jour de Yom Tov – explication : lorsque le premier jour de Yom Tov tombe le jeudi, car il peut cuisiner le vendredi, qui est le deuxième jour de Yom Tov. Et même s'il sait qu'il aura un empêchement le deuxième jour de Yom Tov et ne pourra pas y cuisiner, et qu'il a fait l'érouv au départ à cette condition, pour cuisiner le premier jour, cela n'est pas efficace, car les Sages n'ont institué l'érouv qu'à partir du jour qui précède immédiatement Chabbat, et non à partir du jour d'avant ; et en particulier à notre époque, où le deuxième jour de Yom Tov est comme un jour profane selon la Torah ; or, s'il y avait un jour profane entre les deux, l'érouv ne serait certainement pas efficace pour cuisiner de Yom Tov pour Chabbat.
séif katan 41
- {מב} לשבת - ובדיעבד אם עבר ובישל או שגג ובישל דעת הט"ז להתיר כדלקמן סעיף כ"ג וכ"ש אם לא בישל מאכלים אחרים לשבת:(42) Pour Chabbat – et bediavad, s'il a transgressé et cuisiné délibérément, ou s'il a cuisiné par erreur, l'avis du Taz est de permettre (de manger le plat), comme il est dit plus loin au séif 23 ; et à plus forte raison s'il n'a pas cuisiné d'autres mets pour Chabbat.
séif katan 42
- {מג} שיהיה קיים - כגון מעושן שמתקיים ימים הרבה:(43) Qui se conserve – par exemple un aliment fumé, qui se conserve de nombreux jours.
séif katan 43
- {מד} לכתחלה לא יסמוך וכו' - דיש דעות בזה בין הפוסקים י"א דלטעם העירוב המובא בס"א יכול לערב בעיו"ט ולהתנות שיהיה לעירוב אף ליו"ט אחר אם יתקיים דאף דנמצא שהניח העירוב זמן רב קודם יו"ט ההוא לא איכפת לן כיון דעכ"פ כבר התחיל להכין לשבת ההוא מזמן קודם בימות החול וי"א דמצותו להניחו דוקא בערב אותו יו"ט שבא להתיר לבשל בו ואפילו אם הניח ב' או ג' ימים מקודם לא מהני והכריע המחבר דלכתחלה צריך להחמיר כדעה זו ובדיעבד סומכין על המקילין באיסור דרבנן:(44) Lekhat'hila, il ne s'appuiera pas, etc. – car il y a à ce sujet des avis divergents parmi les décisionnaires. Certains disent que, selon la raison de l'érouv rapportée au séif 1, on peut faire l'érouv la veille de Yom Tov et stipuler qu'il servira d'érouv aussi pour un autre Yom Tov, s'il se conserve ; car, bien qu'il en ressorte qu'il a posé l'érouv longtemps avant ce Yom Tov-là, cela ne nous importe pas, puisque de toute façon il a déjà commencé à préparer pour ce Chabbat-là dès un moment antérieur, pendant les jours profanes. Et certains disent que sa mitsva est de le poser précisément la veille du Yom Tov même où il vient se permettre de cuisiner, et que même s'il l'a posé deux ou trois jours auparavant, ce n'est pas efficace. Et l'auteur (Rabbi Yossef Karo) a tranché que lekhat'hila il faut être rigoureux selon ce dernier avis, et bediavad on s'appuie sur ceux qui sont indulgents, s'agissant d'un interdit d'ordre rabbinique.
séif katan 44
- {מה} יכול לסמוך - היינו כשהניח העירוב על יו"ט אחר ולא נזכר לערב שנית בעיו"ט סומך על עירוב זה לאפות ולבשל אבל אם נזכר קודם יום טוב צריך לערב שנית ולומר בהדין עירובא אבל לא יברך שנית:(45) Il peut s'appuyer – c'est-à-dire lorsqu'il a posé l'érouv pour un autre Yom Tov et ne s'est pas souvenu de faire un nouvel érouv la veille de ce Yom Tov : il s'appuie sur cet érouv pour cuire au four et cuisiner. Mais s'il s'en est souvenu avant Yom Tov, il doit faire un nouvel érouv et dire « Bahadén érouva », mais il ne récitera pas la bénédiction une seconde fois.
séif katan 45
- {מו} נאכל העירוב - היינו התבשיל אבל נאכל הפת אין בכך כלום ואפילו אם חל יו"ט ביום ה' ויום וי"ו ונזכר בראשון שאבד הפת א"צ לערב על תנאי אלא סומך על התבשיל לחוד שהוא עיקר העירוב כדלעיל בס"ב:(46) L'érouv a été mangé – c'est-à-dire le mets cuit ; mais si c'est le pain qui a été mangé, cela n'a aucune conséquence. Et même si Yom Tov tombe le jeudi et le vendredi, et qu'il s'est souvenu le premier jour que le pain était perdu, il n'a pas besoin de faire un érouv conditionnel, mais il s'appuie sur le mets cuit seul, qui est l'essentiel de l'érouv, comme il est dit plus haut au séif 2.
séif katan 46
- {מז} כזית - דזהו שיעור עירוב כדלעיל בס"ג:(47) Un kezayit – car c'est la mesure de l'érouv, comme il est dit plus haut au séif 3.
séif katan 47
- {מח} יכול לאוכלו - מ"מ לכתחלה נכון שיניח אותו ללחם משנה בערבית ושחרית ובמנחה יבצע עליו דכיון דאיתעביד בו מצוה חדא ליתעביד בו מצוה אחריתא:(48) Il peut le manger – néanmoins, lekhat'hila, il convient qu'il le garde comme lé'hem michné à (au repas du soir après) Arvit et (au repas du matin après) Cha'harit, et qu'à (au repas qui suit) Min'ha il le rompe, car, puisqu'on a accompli avec lui une mitsva, qu'on accomplisse avec lui une autre mitsva.
séif katan 48
- {מט} התחיל בעיסתו - רק ללוש גומר לאפותה:(49) S'il avait commencé sa pâte – ne serait-ce qu'à la pétrir, il achève de la cuire.
séif katan 49
- {נ} אותו התבשיל - ואפילו לא הניחה עדיין אצל האש ורק שהתחיל בה כגון שחתך ראשי הלפתות וכדומה גומר אותה לבשלה:(50) Ce mets cuit – et même s'il ne l'avait pas encore posé auprès du feu, mais seulement commencé à le préparer, par exemple s'il avait coupé les extrémités des navets, et ainsi de suite, il achève de le cuisiner.
séif katan 50
- {נא} אפה ולא בישל וכו' - כאן בא להשמיענו דין חדש דכשנאבד העירוב קודם סעודת יו"ט יכול להשאיר מה שבישל ביו"ט לצורך יו"ט עצמו לשבת דכיון דבשלם בשעה שהיה העירוב קיים והיה יכול לבשלם לשבת מה שכוון בהם לצורך יו"ט לא הפסיד בזה ויכול להשאירם לשבת ולבשל אחרים לצורך יו"ט אבל מה שבישל ליו"ט אחר שנאבד עירובו אינו יכול להשאיר לשבת ולבשל אחרים לצורך יו"ט דהערמה הוא דהא יש לו תבשילין ליו"ט:(51) Il a cuit au four et n'a pas cuisiné, etc. – ici, l'auteur vient nous apprendre une loi nouvelle : lorsque l'érouv s'est perdu avant le repas de Yom Tov, il peut garder pour Chabbat ce qu'il a cuisiné à Yom Tov pour les besoins de Yom Tov lui-même ; car, puisqu'il les a cuisinés au moment où l'érouv existait et qu'il aurait pu les cuisiner pour Chabbat, le fait qu'il les ait destinés aux besoins de Yom Tov ne lui fait rien perdre, et il peut les garder pour Chabbat et en cuisiner d'autres pour les besoins de Yom Tov. Mais ce qu'il a cuisiné pour Yom Tov après que son érouv s'est perdu, il ne peut pas le garder pour Chabbat et en cuisiner d'autres pour les besoins de Yom Tov, car c'est une ruse, puisqu'il a déjà des mets cuits pour Yom Tov.
séif katan 51
- {נב} או בישל ולא אפה - הלשון אינו מדוקדק דה"ה אם אפה ובישל ורק שלא לצורך שבת:(52) Ou il a cuisiné et n'a pas cuit au four – l'expression n'est pas précise, car il en est de même s'il a cuit au four et cuisiné, pourvu seulement que ce ne soit pas pour les besoins de Chabbat.
séif katan 52
- {נג} להניחו לשבת - אבל להניחו לחול בכה"ג ולבשל אחרים לצורך יו"ט אסור וכנ"ל:(53) De le garder pour Chabbat – mais le garder pour un jour profane dans un tel cas, et en cuisiner d'autres pour les besoins de Yom Tov, est interdit, comme il a été dit plus haut.
séif katan 53
- {נד} מותר להדליק - דלהדלקת הנר א"צ עירוב ולדעה זו אין אומרין בנוסח בהדין עירובא ולאדלוקי שרגא:(54) Il est permis d'allumer – car pour l'allumage de la lampe il n'est pas besoin d'érouv ; et selon cet avis, on ne dit pas dans la formule « Bahadén érouva… oulèadlouké chraga » (« et d'allumer la lampe »).
séif katan 54
- {נה} ויש אוסרין - הרבה אחרונים הסכימו דעיקר כדעה זו ולכך אנו אומרין בנוסח בהדין עירובא גם לאדלוקי שרגא דגם זה ניתר על ידי העירוב אלא דאם הניח העירוב ולא אמר אין אסור בדיעבד דממילא נגרר גם זה אבל אם לא הניח כלל אסור ורק נר אחד מותר להדליק בכל אופן ויש מקילין כדעה ראשונה להדליק כל מה שרוצה ולכתחלה נכון שיקנה לאחרים והם ידליקו לו או יסתפק בנר אחד:(55) Et certains interdisent – de nombreux A'haronim ont conclu que l'essentiel est selon cet avis ; c'est pourquoi nous disons dans la formule « Bahadén érouva » aussi « d'allumer la lampe », car cela aussi est permis grâce à l'érouv. Seulement, s'il a posé l'érouv et n'a pas dit (ces mots), ce n'est pas interdit bediavad, car cela est entraîné de soi-même (dans l'érouv) ; mais s'il n'a pas du tout posé d'érouv, c'est interdit, et il n'est permis d'allumer qu'une seule lampe en tout cas. Et certains sont indulgents selon le premier avis, pour allumer tout ce qu'il veut ; et lekhat'hila, il convient qu'il fasse acquérir (ses bougies) à d'autres, et qu'eux les allument pour lui, ou qu'il se contente d'une seule lampe.
séif katan 55
- {נו} מי שלא עירב וכו' - ודוקא אחד מאנשי העיר שאינו נטפל לעיסתו ולתבשילו של חבירו אבל אשתו ובני ביתו של אדם כיון שעירב הבעה"ב הם נטפלין לו ומותרין לבשל אע"פ שלא עירבו לעצמן כלל וגם הוא לא זיכה להם על ידי אחר:(56) Celui qui n'a pas fait l'érouv, etc. – et seulement s'il s'agit de l'un des habitants de la ville qui n'est pas rattaché à la pâte et au mets cuit de son prochain ; mais la femme et les membres de la maison d'une personne, puisque le maître de maison a fait l'érouv, ils lui sont rattachés et il leur est permis de cuisiner, bien qu'ils n'aient pas du tout fait d'érouv pour eux-mêmes et que lui ne le leur ait pas non plus fait acquérir par l'intermédiaire d'un autre.
séif katan 56
- {נז} לאחרים ואפילו בביתם - קמ"ל דלא אמרינן כיון שהם עירבו ויכולים לבשל לעצמן יכולין לעשות שליח עבורן דכיון שהוא לא עירב איסורא רמי עליה לבשל:(57) Pour d'autres, et même dans leur maison – il nous apprend que nous ne disons pas : puisqu'eux ont fait l'érouv et peuvent cuisiner pour eux-mêmes, ils peuvent le désigner comme mandataire pour eux ; car, puisque lui n'a pas fait l'érouv, l'interdit de cuisiner pèse sur lui.
séif katan 57
- {נח} וגם אחרים וכו' - ר"ל אפילו בביתם:(58) Et aussi d'autres, etc. – cela veut dire : même dans leur maison.
séif katan 58
- {נט} לבשל לו - היינו מקמחו דאף שהם עירבו לא הותר להם ליקח קמח שלו דגם קמחו נאסר כל זמן שהוא שלו:(59) Cuisiner pour lui – c'est-à-dire avec sa farine ; car, bien qu'eux aient fait l'érouv, il ne leur est pas permis de prendre sa farine, car sa farine aussi est interdite tant qu'elle lui appartient.
séif katan 59
- {ס} לאחרים שעירבו במתנה - היינו במשיכה לרשותם או בהגבהה בכל מקום דאלו בקנין סודר אסור [אחרונים]:(60) À d'autres qui ont fait l'érouv, en cadeau – c'est-à-dire par traction (méchikha) vers leur domaine, ou par soulèvement (hagbaha) en tout lieu ; car par un acte d'acquisition au moyen d'un foulard (kinyan soudar), c'est interdit [A'haronim].
séif katan 60
- {סא} ואם אין שם אחרים וכו' - והאחרונים הסכימו דאפילו יש שם אחרים אלא שאינו רוצה להקנות להם מאיזה טעם גם כן מותר לו לאפות פת אחת וכו' אכן באמת נכון מאד שיקנה קמחו לאחרים כדי שיוכלו לאפות עבורו ללחם משנה:(61) Et s'il n'y a pas là d'autres personnes, etc. – et les A'haronim ont conclu que, même s'il y a là d'autres personnes, mais qu'il ne veut pas leur faire acquérir (sa farine) pour une raison quelconque, il lui est également permis de cuire un pain, etc. Toutefois, en vérité, il convient beaucoup qu'il fasse acquérir sa farine à d'autres, afin qu'ils puissent cuire pour lui de quoi avoir le lé'hem michné.
séif katan 61
- {סב} בצמצום פת אחד - היינו אפילו פת גדול שיהיה די לו לכל השבת והתירו לו בכל זה כדי חייו משום כבוד שבת. ופשוט דאם יש לו פת אחד שנשאר לו מיו"ט אסור לו לאפות משום לחם משנה:(62) Strictement un pain – c'est-à-dire même un grand pain, qui lui suffise pour tout le Chabbat ; et les Sages lui ont permis tout cela, c'est-à-dire le nécessaire pour vivre, en l'honneur de Chabbat. Et il est évident que, s'il a un pain qui lui reste de Yom Tov, il lui est interdit de cuire un autre pain pour avoir le lé'hem michné.
séif katan 62
- {סג} הוי כמי שלא עירב וכו' - דכן תקנו חכמים שיפרט עיקרי המלאכות ואם פרט רק מקצתו כגון שאמר רק לאפויי ולא הזכיר בישול והטמנה אסור בהם ויש חולקין על עיקר דין זה וס"ל דהאמירה של בהדין אינו רק למצוה לכתחלה אבל בדיעבד כיון שהניח התבשיל לשם עירוב אפילו לא אמר כלל נוסח של בהדין וכו' אינו מעכב ומותר לסמוך עליו לעשות כל המלאכות מיו"ט לשבת ולענין הלכה לכתחלה יש להחמיר כסברא הראשונה וע"כ אם נזכר קודם כניסת ליל יום טוב יחזור ויטלו להעירוב בידו ויאמר נוסח בהדין וכו' ולא יחזור ויברך שנית אם כבר בירך בתחלה ואם נזכר בע"ש יקנה קמחו לאחרים והם יבשלו ויתנו לו ואם אין לו למי להקנות יוכל לסמוך על סברא האחרונה:(63) Il est comme celui qui n'a pas fait l'érouv, etc. – car les Sages ont ainsi institué qu'il précise les principaux travaux ; et s'il n'en a précisé qu'une partie, par exemple s'il a dit seulement « laafouyé » (« de cuire au four ») et n'a pas mentionné la cuisson et l'enfouissement, ils lui sont interdits. Et certains contestent le principe même de cette loi, et sont d'avis que la récitation de « Bahadén » n'est qu'une mitsva lekhat'hila ; mais bediavad, puisqu'il a posé le mets cuit à titre d'érouv, même s'il n'a pas du tout dit la formule « Bahadén, etc. », cela n'est pas indispensable, et il est permis de s'appuyer sur lui pour faire tous les travaux de Yom Tov pour Chabbat. Et quant à la halakha, lekhat'hila il faut être rigoureux selon le premier avis ; c'est pourquoi, s'il s'en est souvenu avant l'entrée de la nuit de Yom Tov, il reprendra l'érouv dans sa main et dira la formule « Bahadén, etc. », et il ne récitera pas de nouveau la bénédiction s'il l'a déjà récitée au début. Et s'il s'en est souvenu la veille de Chabbat (c'est-à-dire à Yom Tov), il fera acquérir sa farine à d'autres, et eux cuisineront et la lui donneront ; et s'il n'a personne à qui la faire acquérir, il peut s'appuyer sur le dernier avis.
séif katan 63
- {סד} כלל - ואם אמר נוסח בהדין אך שלא בירך בתחלה אינו מעכב דברכות אין מעכבות:(64) Du tout – et s'il a dit la formule « Bahadén » mais n'a pas récité la bénédiction au début, cela n'est pas indispensable, car les bénédictions ne sont pas indispensables (à l'accomplissement de la mitsva).
séif katan 64
- {סה} דהוי כמי שלא הניח עירוב וכו' - ר"ל כמו דקי"ל דאותו איש שלא עירב אסור לבשל מיו"ט לשבת אפילו בשביל אחרים כיון שאסור לבשל בשביל עצמו כן ה"ה ביו"ט גופא מי שמתענה דאסור לבשל בשביל עצמו כיון שא"צ לה ממילא לא הותר לו לבשל גם בשביל אחרים וכתב המ"א דממילא אם איקלע זה ביו"ט הסמוך לשבת אסור לבשל בעצמו לכתחלה על שבת אף שהניח עירוב אבל בני ביתו או אחרים אופין ומבשלין לו משלו דאין קמחו נאסר הואיל והניח עירוב תבשילין. ועיין באחרונים שמפקפקים על עיקר דינו דרמ"א וע"כ ביו"ט הסמוך לשבת אם אין לו אחרים שיבשלו בעבורו מותר לו לבשל בעצמו וכן אשה משרתת שמתענה ביו"ט ג"כ יכולה לבשל לצורך בעה"ב:(65) Car il est comme celui qui n'a pas posé d'érouv, etc. – cela veut dire : de même que nous tenons que l'homme qui n'a pas fait l'érouv n'a pas le droit de cuisiner de Yom Tov pour Chabbat même pour d'autres, puisqu'il lui est interdit de cuisiner pour lui-même, de même, à Yom Tov lui-même, celui qui jeûne, à qui il est interdit de cuisiner pour lui-même puisqu'il n'en a pas besoin, il ne lui est par conséquent pas permis non plus de cuisiner pour d'autres. Et le Maguen Avraham a écrit que, par conséquent, si ce jeûne survient un Yom Tov qui précède Chabbat, il lui est interdit de cuisiner lui-même lekhat'hila pour Chabbat, bien qu'il ait posé un érouv ; mais les membres de sa maison ou d'autres cuisent au four et cuisinent pour lui avec ce qui est à lui, car sa farine n'est pas interdite, puisqu'il a posé un érouv tavchilin. Et voir chez les A'haronim, qui émettent des doutes sur le principe même de la loi du Rema ; c'est pourquoi, un Yom Tov qui précède Chabbat, s'il n'a pas d'autres personnes pour cuisiner à sa place, il lui est permis de cuisiner lui-même ; et de même, une servante qui jeûne à Yom Tov peut également cuisiner pour les besoins du maître de maison.
séif katan 65
- {סו} אם נזכר שלא עירב וכו' - ומיירי שלא היה שם בכל העיר גדול שזיכה בעירובו לכל אנשי העיר:(66) S'il s'est souvenu qu'il n'avait pas fait l'érouv, etc. – et il s'agit du cas où il n'y avait pas, dans toute la ville, de grand qui ait fait acquérir son érouv à tous les habitants de la ville.
séif katan 66
- {סז} ויניחנו דולק - ויכול אח"כ לטלטלו ולהניחו באיזה מקום שירצה:(67) Et il la laissera allumée – et il peut ensuite la déplacer et la poser à l'endroit qu'il voudra.
séif katan 67
- {סח} וי"א דאפילו וכו' - וכן נוהגין העולם להקל כדעה זו ועיין לעיל בסימן תק"ג ס"א בהג"ה ובמ"ב שנתבאר שם דין זה באורך:(68) Et certains disent que même, etc. – et c'est ainsi que les gens ont l'usage d'être indulgents, selon cet avis. Et voir plus haut, au siman 503, séif 1, dans la glose du Rema, et dans la Michna Beroura, où cette loi a été expliquée en détail.
séif katan 68
- {סט} כמה קדרות וכו' - אין ר"ל שמבשל מינים חלוקים בכמה קדרות לצורך יו"ט ומרבה בכל אחת בשביל שבת דזה אפילו לדעה ראשונה שרי אלא דבא להוסיף שאף אם אינו מבשלם אלא בשביל שבת ורק כדי להתיר לבשל אוכל קצת מכל אחת ביו"ט ג"כ שרי:(69) Plusieurs marmites, etc. – cela ne veut pas dire qu'il cuisine des espèces différentes dans plusieurs marmites pour les besoins de Yom Tov et qu'il ajoute dans chacune pour Chabbat, car cela est permis même selon le premier avis ; mais l'auteur vient ajouter que, même s'il ne les cuisine que pour Chabbat, et seulement afin de se permettre de cuisiner, il mange un peu de chacune à Yom Tov, c'est également permis.
séif katan 69
- {ע} מותר - היינו שבכל אחד יהיה מין חלוק בפ"ע דאל"ה מינכר הערמה דמה שיאכל קצת מכל קדרה הלא יכול לטעום מאחת:(70) C'est permis – c'est-à-dire que dans chacune il y ait une espèce différente à part ; sinon, la ruse est manifeste, car pour manger un peu de chaque marmite, il pourrait se contenter de goûter d'une seule.
séif katan 70
- {עא} והוא שיאכל וכו' - כתב הט"ז דהיינו לכתחלה אבל אם אירע שלא אכל כלל ממין אחד אינו אסור לשבת כיון שעכ"פ בשעת הבישול נתכוין לאוכלו היום הרי היה המעשה שלו בהיתר ובבית מאיר חולק ע"ז דכיון דעיקר בישולו הוא לצורך מחר וא"צ ליו"ט וכל ההיתר הוא רק מה שעכ"פ אוכל ממנו קצת ביום טוב דעי"ז לא הוי הערמה הניכרת ואם אח"כ לא יאכל הלא מינכר ההערמה לכל דנמצא כל בישולו לצורך מחר לחוד. וכן נראה להחמיר בזה אחרי שכמה אחרונים ס"ל דהעיקר כדעה הראשונה שאין להתיר לבשל אלא באותה קדירה שמבשל באמת לצורך יו"ט אלא שמרבה בה גם בשביל שבת אלא שנהגו העולם להקל כדעה אחרונה וכנ"ל עכ"פ אין להוסיף קולא על קולא:(71) Pourvu qu'il mange, etc. – le Taz a écrit que c'est lekhat'hila ; mais s'il est arrivé qu'il n'ait pas du tout mangé de l'une des espèces, elle n'est pas interdite pour Chabbat, puisque, de toute façon, au moment de la cuisson, il avait l'intention de la manger aujourd'hui ; son acte était donc permis. Et le Beit Méïr conteste cela : puisque l'essentiel de sa cuisson est pour les besoins du lendemain, et qu'il n'en a pas besoin pour Yom Tov, toute la permission ne tient qu'au fait qu'il en mange au moins un peu à Yom Tov, par quoi ce n'est pas une ruse manifeste ; mais si ensuite il n'en mange pas, la ruse est manifeste pour tous, car il ressort que toute sa cuisson était uniquement pour les besoins du lendemain. Et il semble qu'il faille être rigoureux en cela, étant donné que plusieurs A'haronim sont d'avis que l'essentiel est selon le premier avis, à savoir qu'on ne permet de cuisiner que dans la marmite même qu'il cuisine réellement pour les besoins de Yom Tov, en y ajoutant aussi pour Chabbat ; seulement, les gens ont l'usage d'être indulgents selon le dernier avis, comme il a été dit plus haut ; du moins, il ne faut pas ajouter une indulgence à une indulgence.
séif katan 71
- {עב} אינו יכול לערב ע"ת - לפי ששני ימים של ר"ה הם כיום אחד ארוך ולא משום ספיקא כשאר ב' יו"ט של גליות:(72) Il ne peut pas faire d'érouv tavchilin (conditionnel) – car les deux jours de Roch Hachana sont comme un seul long jour, et ne sont pas observés à cause d'un doute, comme les autres deux jours de Yom Tov de la diaspora.
séif katan 72
- {עג} אינו צריך לערב - דהא למחר יהיה יום חול וממילא יהא מותר לבשל:(73) Il n'a pas besoin de faire l'érouv – car le lendemain sera un jour profane, et par conséquent il lui sera permis de cuisiner.
séif katan 73
- {עד} בעירוב זה יהא שרא וכו' - ומברך בתחלה [מ"א בשם ש"ג] ובחי' רע"א הביא בשם ס' לחם סתרים דאין לברך וכ"כ בשמק"ו:(74) « Par cet érouv, qu'il soit permis, etc. » – et il récite la bénédiction au début [Maguen Avraham, au nom du Chilté HaGuiborim] ; et dans les 'Hidouchim de Rabbi Akiva Eiger, il rapporte au nom du livre Lé'hem Setarim qu'il ne faut pas réciter la bénédiction ; et c'est aussi ce qu'a écrit le (livre désigné par le sigle) Chamkou.
séif katan 74
- {עה} וי"א דאי לית ליה וכו' - ונקטינן כסברא הראשונה:(75) Et certains disent que s'il n'a pas, etc. – et nous retenons le premier avis.
séif katan 75
- {עו} או בשוגג - אשמועינן דלא תימא דוקא מזיד שלא ילמדו ממנו לעשות כן דהכל יודעים שהוא רשע אבל בשוגג אם נתירו יבואו אחרים להקל ולהערים:(76) Ou par erreur – il nous apprend que tu ne dois pas dire (que la pénalité s'applique) seulement à celui qui agit délibérément, afin qu'on n'apprenne pas de lui à agir ainsi, et que, puisque tous savent qu'il est un méchant, on n'apprendra pas de lui ; mais pour celui qui agit par erreur, si nous le permettions, d'autres en viendraient à être indulgents et à user de ruse (c'est pourquoi la pénalité est la même).
séif katan 76
- {עז} אם הערים וכו' לצורך היום - ר"ל שבאמת א"צ אלא לקדרה אחת ומבשל שניה בדרך הערמה שאומר שמא יזדמנו לו אורחים או שבישל לצורך היום וחזר ובישל לצורך היום ואמר שקדרה הראשונה ישאר למחר אבל כשמבשל בדרך הערמה שיאכל מן השניה כזית מבואר לעיל בסכ"א:(77) S'il a usé de ruse, etc., pour les besoins du jour – cela veut dire : en vérité, il n'avait besoin que d'une seule marmite, et il en cuisine une seconde par ruse, en disant que peut-être des invités se présenteront à lui ; ou bien il a cuisiné pour les besoins du jour, puis a de nouveau cuisiné pour les besoins du jour, et a dit que la première marmite resterait pour le lendemain. Mais lorsqu'il cuisine par ruse en mangeant un kezayit de la seconde, cela a été expliqué plus haut au séif 21.
séif katan 77
- {עח} והותיר אחת וכו' - דבהערמה חיישינן שילמדו אחרים לעשות כן וגם הוא יעשה כן פעם אחרת משא"כ במזיד:(78) Et il en a laissé une, etc. – car pour la ruse, nous craignons que d'autres apprennent à agir ainsi, et que lui aussi agisse ainsi une autre fois, ce qui n'est pas le cas pour celui qui agit délibérément.
séif katan 78
- {עט} אסור לאכלה - היינו לו ולב"ב דקנסוהו רבנן אבל לאחרים מותר למויו"ט מיד [לבוש] כתב בחמד משה דאף לו אינו אסור רק עד מוצאי יו"ט:(79) Il est interdit de la manger – c'est-à-dire pour lui et pour les membres de sa maison, car les Sages l'ont pénalisé ; mais pour d'autres, c'est permis dès l'issue de Yom Tov [Levouch]. Le 'Hémed Moché a écrit que même pour lui, ce n'est interdit que jusqu'à l'issue de Yom Tov.
séif katan 79