Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 515 →- הנה קודם שנכנס בביאור זה הסימן אעתיק לשון הגמרא וביאורו בדרך קצרה. איתא [ביצה כ"ד ע"ב] אמר רב פפא הלכתא נכרי שהביא דורון לישראל ביו"ט אם יש מאותו המין במחובר אסור ולערב נמי אסורין בכדי שיעשו ופירש רש"י דהאי אסורין היינו משום מוקצה מדלא לקטן מאתמול אקצינהו מדעתיה ואפילו לר"ש דלית ליה מוקצה בעלמא מודה בזה עי"ש. ומאי דקאמר ולערב אסורין בכדי שיעשו פירש רש"י כדי שלא יהנה ממלאכת יום טוב ומה דקאמר בכדי שיעשו אסורים ומשמע דלאחר כן מותרים היינו אפילו לערב ראשון נמי אע"ג דליל י"ט שני הוא ממתין רק בכדי שיעשו ומותר אח"כ ממ"נ אם הלילה חול הוא הרי המתין בכדי שיעשו ואם קודש הוא נמצא שנלקטו בחול ולזו השיטה הסכימו רוב ראשונים ויש מן הראשונים שפירשו מדקאמר כדי שיעשו משמע דבעינן זמן הראוי לעשייה דהיינו לערב יו"ט שני בכדי שיעשה דאז הוא זמן חול וראוי לעשייה וטעמם דלפיכך החמירו חכמים לאסור כל היום שני וגם אח"כ בכדי עשייה דאי אמרת דמותרין במוצאי יו"ט ראשון חיישינן שמא יאמר לנכרי ביום טוב ראשון לך ולקוט לי כדי שיוכל לאכול מהן בשני ויש עוד נ"מ בין אלו השיטות דלרש"י וסייעתא שלו דפירשו דהטעם שהחמירו בכדי שיעשה כדי שלא יהנה ממלאכת יו"ט שייך דין זה בין למי שהובא בשבילו ובין לאחרים אבל לדעה האחרונה דהטעם שהחמירו כדי שיעשה הוא כדי שלא יבוא לומר לכתחלה לעכו"ם לך ולקוט לי יש מן הפוסקים דס"ל דזה הטעם אינו שייך רק לענין לאסור בכדי שיעשה למי שהובא בשבילו אבל לא לאחרים דבודאי לא יאמר לעכו"ם לך ולקוט לי כדי להנות לאחרים דאין אדם חוטא ולא לו. וממילא לשיטה זו יש קולא לענין אחרים דאינו אסור לאחרים רק יום הראשון בלבד משום מוקצה ולאח"כ מותר מיד וא"צ להמתין אפילו כדי שיעשה ויש מן הפוסקים שסוברין דגם לשיטה זו האיסור דכדי שיעשה כולל בין לו בין לאחרים. עוד איתא שם בגמרא אם אין מאותו המין במחובר תוך התחום מותר חוץ לתחום אסור. והאי אסור הסכימו הפוסקים דהוא רק לאכול ולהנות מזה אבל בטלטול מותר [והנה מדלא הזכיר הגמרא דצריך להמתין אח"כ בכדי שיעשה ש"מ דבתחומין הקילו דא"צ להמתין לערב בכדי שיעשו אבל רוב הראשונים הסכימו דגם בזה צריך להמתין לערב בכדי שיעשו אך בזה אפילו אותן הנוהגין להחמיר לענין מחובר כדעה השניה לענין תחומין נהגינן להקל כדעה ראשונה דדי להמתין כדי שיעשו לערב יו"ט ראשון בלבד] עוד יש קולא לענין תחומין דהבא בשביל ישראל זה מותר לישראל אחר לאכול אותו הדבר אפילו בו ביום [ומ"מ אין לטלטל חוץ לד"א ממקום שהניח הנכרי את הדבר לבד אם הניח בבית או בעיר המתוקנת בעירובין דחשיב כולה כארבע אמות], ועתה נבוא לבאר את הסימן הזה בעזה"י:
{א} דורון לישראל - וה"ה בהביא למכור בעיר שרוב ישראל דרים בה דמן הסתם למכור לישראל הביאו וכן בקצץ להעכו"ם מעות להביא לו פירות או דגים מעיו"ט והביאן ביו"ט בכולהו אסור ולא אמרינן בעכו"ם אדעתיה דנפשיה עביד כדי להרויח או להשליך פעולתו כיון דעכ"פ עושה מלאכתו כדי שיהנה הישראל ביו"ט ועיין בה"ל:Voici qu'avant d'entrer dans l'explication de ce siman, je recopierai le texte de la Guemara et son explication de façon brève. Il est rapporté [Beitsa 24b] : Rav Pappa a dit : la halakha est qu'un non-Juif qui a apporté un cadeau à un Juif le Yom Tov : s'il y a de cette espèce attachée au sol (encore à cueillir ou à capturer), c'est interdit ; et le soir aussi, ils sont interdits bikhdei chéyaassou (pendant le temps qu'il faudrait pour les faire, c'est-à-dire pour les cueillir et les apporter). Et Rachi a expliqué que cet « interdit » est à cause du mouktsé (chose écartée de l'usage) : puisqu'il ne les a pas cueillis dès la veille, il les a écartés de son esprit ; et même Rabbi Chimon, qui n'admet pas le mouktsé en général, reconnaît (l'interdit) ici, voir là-bas. Et ce qu'il dit : « le soir ils sont interdits bikhdei chéyaassou », Rachi a expliqué : afin qu'il ne profite pas du travail du Yom Tov. Et puisqu'il dit qu'ils sont interdits bikhdei chéyaassou, ce qui implique qu'après cela ils sont permis, cela vaut même pour le soir du premier jour : bien que ce soit la nuit du second Yom Tov, il attend seulement bikhdei chéyaassou et c'est permis ensuite, quoi qu'il en soit (mimé nafchakh) : si la nuit est profane, il a bien attendu bikhdei chéyaassou ; et si elle est sainte (le premier jour était donc profane), il se trouve qu'ils ont été cueillis un jour profane. Et c'est à cette approche que se sont ralliés la plupart des Richonim. Et certains Richonim ont expliqué : puisqu'il dit « kedei chéyaassou », cela implique qu'il faut un temps propre à faire (le travail), c'est-à-dire le soir du second Yom Tov, bikhdei chéyaassé, car c'est alors un temps profane, propre à faire (le travail). Et leur raison : les Sages ont été rigoureux en interdisant tout le second jour, et aussi ensuite le temps de faire (le travail), car si tu disais qu'ils sont permis à la sortie du premier Yom Tov, on craindrait qu'il ne dise au non-Juif le premier Yom Tov : « Va et cueille pour moi », afin de pouvoir en manger le second (jour). Et il y a encore une différence pratique entre ces approches : selon Rachi et ceux qui l'appuient, qui expliquent que la raison de la rigueur de bikhdei chéyaassé est qu'il ne profite pas du travail du Yom Tov, cette règle s'applique tant à celui pour qui (la chose) a été apportée qu'aux autres ; mais selon le dernier avis, selon lequel la raison de la rigueur de kedei chéyaassé est qu'il n'en vienne pas à dire lekhat'hila (a priori) au non-Juif « Va et cueille pour moi », certains décisionnaires sont d'avis que cette raison ne vaut que pour interdire bikhdei chéyaassé à celui pour qui (la chose) a été apportée, mais pas aux autres, car il ne dirait certainement pas au non-Juif « Va et cueille pour moi » pour en faire profiter d'autres, car on ne commet pas de faute sans en tirer profit soi-même. Par conséquent, selon cette approche, il y a un allègement pour les autres : ce n'est interdit aux autres que le premier jour seulement, à cause du mouktsé, et ensuite c'est permis aussitôt, sans qu'il faille attendre même kedei chéyaassé. Et certains décisionnaires pensent que même selon cette approche, l'interdit de kedei chéyaassé englobe tant lui-même que les autres. Il est encore rapporté là-bas dans la Guemara : s'il n'y a pas de cette espèce attachée au sol, (si la chose vient) de l'intérieur du te'houm (limite de deux mille coudées autour du lieu où l'on se trouve), c'est permis ; de l'extérieur du te'houm, c'est interdit. Et cet « interdit », les décisionnaires ont convenu qu'il ne concerne que le fait de manger et d'en profiter, mais le déplacer est permis. [Et voici : puisque la Guemara n'a pas mentionné qu'il faut attendre ensuite bikhdei chéyaassé, déduis-en que pour les te'houmim on a été indulgent, et qu'il n'est pas nécessaire d'attendre le soir bikhdei chéyaassou ; mais la plupart des Richonim ont convenu que là aussi il faut attendre le soir bikhdei chéyaassou. Toutefois, en cela, même ceux qui ont l'usage d'être rigoureux pour (ce qui était) attaché au sol selon le second avis, pour les te'houmim nous avons l'usage d'être indulgents selon le premier avis : il suffit d'attendre kedei chéyaassou le soir du premier Yom Tov seulement.] Il y a encore un allègement pour les te'houmim : ce qui a été apporté pour ce Juif-ci, il est permis à un autre Juif de le manger, même le jour même. [Et néanmoins, on ne doit pas le déplacer au-delà de quatre coudées de l'endroit où le non-Juif a posé la chose, sauf s'il l'a posée dans une maison ou dans une ville aménagée par des érouvin, qui est considérée tout entière comme quatre coudées.] Et maintenant nous allons expliquer ce siman avec l'aide de D.ieu :
(1) Un cadeau à un Juif – il en est de même s'il l'a apporté pour le vendre dans une ville où habite une majorité de Juifs, car présumément il l'a apporté pour le vendre à des Juifs ; et de même si on a convenu d'un prix avec le non-Juif, dès la veille du Yom Tov, pour qu'il lui apporte des fruits ou des poissons, et qu'il les a apportés le Yom Tov : dans tous ces cas c'est interdit, et on ne dit pas, à propos du non-Juif, qu'il agit dans son propre intérêt, pour gagner (de l'argent) ou pour se débarrasser de sa tâche, puisque de toute façon il fait son travail pour que le Juif en profite le Yom Tov ; et voir le Biour Halakha.séif katan 1
- {ב} אם יש ממינו במחובר וכו' - דמחמרינן מספיקא אולי תלשן או צדן ביו"ט על דעת להביאן לישראל ויש שסוברין דלהכי אין תולין דנתלשו וניצודו מבערב דאין דרך רוב אנשים לתלוש מבערב לצורך מחר אלא ביומן אם לא דניכר בהן דכמישי כמו בס"ג:(2) S'il y a de son espèce attachée au sol, etc. – car nous sommes rigoureux à cause du doute : peut-être les a-t-il cueillis ou capturés le Yom Tov dans l'intention de les apporter au Juif. Et certains pensent que c'est pour cela qu'on ne présume pas qu'ils ont été cueillis et capturés dès la veille : car la plupart des gens n'ont pas l'habitude de cueillir la veille pour les besoins du lendemain, mais le jour même ; à moins qu'il ne soit visible sur eux qu'ils sont flétris, comme au séif 3.
séif katan 2
- {ג} אסור וכו' - כדין כל מלאכה האסורה שעשה הנכרי בשביל ישראל דאסור לכל ישראל עד לערב בכדי שיעשו ובו ביום בלא"ה אסור בזה דבמחובר ומחוסר צידה יש בו משום מוקצה לכו"ע מדלא לקטן מאתמול מסתמא אקצינהו מדעתיה כגרוגרות וצמוקין שלא נתייבשו לגמרי [וגם בפירות שקלין לתלוש ואדם מתאוה להן יש בו משום גזירה שמא יעלה ויתלוש כמו פירות הנושרין] ואפילו לקטן וצדן העכו"ם לעצמו שייך טעם זה אלא דמטעם זה אינו אסור אלא ביומו אבל לערב היה מותר מיד כמבואר בס"ב:(3) C'est interdit, etc. – selon la règle de tout travail interdit que le non-Juif a fait pour un Juif, qui est interdit à tout Juif jusqu'au soir, bikhdei chéyaassou. Et le jour même, c'est de toute façon interdit ici, car ce qui était attaché au sol ou pas encore capturé relève du mouktsé selon tous les avis : puisqu'il ne les a pas cueillis dès la veille, il les a vraisemblablement écartés de son esprit, comme les figues et les raisins qui n'ont pas fini de sécher [et pour les fruits faciles à cueillir et dont on a envie, il y a en outre le décret de peur qu'il ne monte (à l'arbre) et ne cueille, comme pour les fruits tombés]. Et même si le non-Juif les a cueillis et capturés pour lui-même, cette raison s'applique ; seulement, pour cette raison, ce n'est interdit que le jour même, mais le soir ce serait permis aussitôt, comme expliqué au séif 2.
séif katan 3
- {ד} לאכלו - וה"ה להנות בו כגון הדס שנקצץ אסור להריח בו וכן שאר הנאות:(4) Le manger – et il en est de même d'en profiter : par exemple un myrte qui a été coupé, il est interdit de le sentir, et de même pour les autres profits.
séif katan 4
- {ה} ואפילו עבר ונתן וכו' - וה"ה אם בשוגג נתן לתוך פיו ומשמע מסתימת הפוסקים דאפילו אם כבר בירך ע"ז אסור לבלוע דמוקצה הוא כשאר אכילת איסור:(5) Et même s'il a transgressé et mis, etc. – et il en est de même s'il l'a mis dans sa bouche par inadvertance. Et il ressort de l'absence de distinction chez les décisionnaires que même s'il a déjà récité la bénédiction dessus, il est interdit de l'avaler, car c'est du mouktsé, comme pour la consommation de tout autre interdit.
séif katan 5
- {ו} ואפילו לטלטלן - דמוקצה הוא וכנ"ל וגם דכיון דאסור באכילה ממילא אסור נמי בטלטול דומיא דטבל [ולא דמי לנבילה דאסורה באכילה ושריא בטלטול התם חזייה לכלבים אבל הכא לאו דעתיה להשליכה לכלבים וגם דנבילה אין איסורה מחמת איסור היום] ומטעם זה אפילו לערב שהוא תחלת יום אחר כיון שאסור באכילה עד כדי שיעשה ממילא נמי אסור בטלטול ועיין בסוף ס"ד בהג"ה ובמש"כ שם במ"ב:(6) Et même de les déplacer – car c'est du mouktsé, comme ci-dessus ; et aussi parce que, puisqu'il est interdit à la consommation, il est par conséquent interdit aussi au déplacement, à l'instar du tével (produit dont les prélèvements n'ont pas été faits) [et ce n'est pas comparable à la nevéla (bête morte sans abattage rituel), interdite à la consommation et permise au déplacement : là, elle est bonne pour les chiens, mais ici il n'a pas l'intention de la jeter aux chiens ; et de plus, l'interdit de la nevéla ne provient pas de l'interdit du jour]. Et pour cette raison, même le soir, qui est le début d'un autre jour, puisqu'il est interdit à la consommation jusqu'à kedei chéyaassé, il est par conséquent interdit aussi au déplacement. Et voir à la fin du séif 4, dans la glose (du Rema), et ce que nous avons écrit là dans la Michna Beroura.
séif katan 6
- {ז} בכדי שיעשו - כדי שלא יהנה ממלאכה שנעשית בשביל ישראל ביו"ט וכיון שממתין שיעור כדי שיהנה בחול שוב אינו נהנה ממלאכת יו"ט:(7) Bikhdei chéyaassou – afin qu'il ne profite pas du travail fait pour un Juif le Yom Tov ; et puisqu'il attend la durée qui lui permettrait d'en profiter (s'il avait été fait) un jour profane, il ne profite plus du travail du Yom Tov.
séif katan 7
- {ח} ובשני י"ט של גליות - דמעיקרא מיירי בארץ ישראל שהוא רק יום אחד או בחו"ל ונעשה המלאכה ביו"ט ב' דממתין עד לערב שהוא חול וכאן הוסיף אף בשני י"ט של גליות שלערב יום ראשון יו"ט הוא אפ"ה א"צ להמתין לערב יו"ט ראשון אף למי שהובא בשבילו רק כדי שיעשו אז דממ"נ יום אחד חול הוא דאם יום הראשון קודש הלא עכשיו חול ודי בכדי שיעשו ואם הראשון חול הלא נעשית המלאכה בהיתר וא"צ לשהות כלל:(8) Et aux deux jours de Yom Tov de la diaspora – car au début (le Choulhan Aroukh) traite de la terre d'Israël, où il n'y a qu'un seul jour, ou de la diaspora lorsque le travail a été fait le second Yom Tov, où l'on attend jusqu'au soir, qui est profane ; et ici il ajoute que même aux deux jours de Yom Tov de la diaspora, où le soir du premier jour est Yom Tov, malgré cela il n'est pas nécessaire d'attendre (au-delà de) la soirée du premier Yom Tov, même pour celui pour qui (la chose) a été apportée, mais seulement kedei chéyaassou à ce moment, car quoi qu'il en soit l'un des jours est profane : si le premier jour est saint, voici que maintenant c'est profane, et kedei chéyaassou suffit ; et si le premier est profane, voici que le travail a été fait de façon permise, et il n'est pas du tout nécessaire d'attendre.
séif katan 8
- {ט} ויש מחמירין - דס"ל דעיקר האיסור הוא דאי שרית ליה שמא יאמר להעכו"ם לעשות ולכן אף ביו"ט שני אסור עד לערב בשעה הראויה לעשייה דאל"ה אכתי יש לגזור שיאמר לעכו"ם לעשות ביום ראשון כדי להכין ליו"ט שני [מפני שיודע דאם יאמר לו לעכו"ם ביו"ט שני גופא יהא אסור ליהנות בו ביום עד לערב בכדי שיעשו] אכן י"א דיש קולא ג"כ לדעה זו דלדידהו אינו אסור כל יום ב' אלא לאותו ישראל שהובא בשבילו אבל לשאר ישראל מותר מיד בערב יום ראשון וא"צ להמתין אף בכדי שיעשו:(9) Et certains sont rigoureux – car ils sont d'avis que l'essentiel de l'interdit est que si tu le lui permettais, il pourrait dire au non-Juif de faire (le travail) ; c'est pourquoi même le second Yom Tov c'est interdit jusqu'au soir, au moment propre à faire (le travail), car sinon il y aurait encore lieu de décréter de peur qu'il ne dise au non-Juif de faire (le travail) le premier jour pour préparer le second Yom Tov [parce qu'il sait que s'il le dit au non-Juif le second Yom Tov lui-même, il lui sera interdit d'en profiter le jour même, jusqu'au soir, bikhdei chéyaassou]. Cependant, certains disent qu'il y a aussi un allègement selon cet avis : selon eux, ce n'est interdit tout le second jour qu'au Juif pour qui (la chose) a été apportée, mais pour les autres Juifs c'est permis aussitôt, le soir du premier jour, sans qu'il faille attendre même kedei chéyaassou.
séif katan 9
- {י} עד מוצאי יו"ט שני - והיינו ג"כ בכדי שיעשה:(10) Jusqu'à la sortie du second Yom Tov – et cela aussi (en attendant ensuite) kedei chéyaassé.
séif katan 10
- {יא} טור בשם ר"ת ורש"י - ט"ס דרש"י הוא עיקר דעה ראשונה וצ"ל והרא"ש [כ"כ בד"מ הארוך]:(11) Le Tour au nom de Rabbénou Tam et de Rachi – c'est une erreur de copiste, car Rachi est la source principale du premier avis ; il faut lire : « et le Roch » [ainsi l'a écrit le Darkhei Moché long].
séif katan 11
- {יב} לצורך אורחים וכו' שלא הובא וכו' - פי' הוא דהטעם כיון שלא הובא בשבילן, והיינו דלצורך אורחים שהוא מצוה סומכין על המקילין לדעה זו לאחרים ביו"ט שני אחר בכדי שיעשה אבל בלא"ה אין להקל אף לאחרים דהפוסקים אין מחלקין בזה. ודע דמה דמחשבינן אורחים כאחרים יש מפרשים דהיינו דוקא כשהזמינן אחר שהביאו הדורון דאז לאו אדעתיה דידהו הביאו דאלו אורחים שהזמינן מקודם י"ל דחשיבא כבני ביתו ואסור ועוד כתבו האחרונים להקל לאורחים מעיר אחרת אף אם הזמינן מקודם ואף הוא בעצמו אוכל עמהן מפני כבודם שזהו בכלל מצות הכנסת אורחים וסמכינן בזה אדעה ראשונה דמתיר ביו"ט שני של גליות אחר בכדי שיעשו וקודם כדי שיעשו אין להקל בכל גווני אף לאחרים:(12) Pour les besoins d'invités, etc., qui n'a pas été apporté, etc. – l'explication est que la raison (de l'indulgence) est que cela n'a pas été apporté pour eux. C'est-à-dire que pour les besoins d'invités, qui sont une mitsva, on s'appuie sur ceux qui sont indulgents, selon cet avis, pour les autres le second Yom Tov, après kedei chéyaassé ; mais sans cela, il ne faut pas être indulgent, même pour les autres, car les décisionnaires ne font pas de distinction en cela. Et sache que, quant au fait que nous considérons les invités comme des « autres », certains expliquent que c'est seulement quand il les a invités après que (le non-Juif) a apporté le cadeau, car alors il ne l'a pas apporté en pensant à eux ; mais des invités qu'il a invités auparavant, on peut dire qu'ils sont considérés comme les membres de sa maison, et c'est interdit. Et les A'haronim ont encore écrit d'être indulgent pour des invités d'une autre ville, même s'il les a invités auparavant, et même lui-même (peut) manger avec eux par égard pour eux, car cela fait partie de la mitsva d'hospitalité ; et nous nous appuyons en cela sur le premier avis, qui permet, aux deux jours de Yom Tov de la diaspora, après kedei chéyaassou. Mais avant kedei chéyaassou, il ne faut être indulgent en aucun cas, même pour les autres.
séif katan 12
- {יג} בשבילן - ואם קצץ עם העכו"ם מערב יו"ט שיביאו לו בזמן היתר והם הביאו לו ביו"ט ראשון יש להקל ביו"ט שני לאחר כדי שיעשה אף לאותו ישראל בעצמו שהובא בשבילו. כתב הט"ז דכשיש לו דוחק גדול וצורך באכילה יש לסמוך לגמרי על דעה ראשונה להתיר אף לאותו ישראל עצמו שהובא בשבילו ביום א' אחר שיעור כדי שיעשה בתחילת ליל ב':(13) Pour eux – et s'il a convenu d'un prix avec les non-Juifs la veille du Yom Tov pour qu'ils lui apportent (la marchandise) à un moment permis, et qu'ils la lui ont apportée le premier Yom Tov, on peut être indulgent le second Yom Tov après kedei chéyaassé, même pour le Juif lui-même pour qui elle a été apportée. Le Taz a écrit que lorsqu'il est dans une grande gêne et a besoin de manger, on peut s'appuyer entièrement sur le premier avis pour permettre, même au Juif lui-même pour qui (la chose) a été apportée le premier jour, après la durée de kedei chéyaassé au début de la seconde nuit.
séif katan 13
- {יד} וכן אם הובא ביו"ט שני וכו' - ובזה אין חילוק לכו"ע בין הוא לאחרים כיון שהובא ביום זה אכן אם הביא בתחלת הלילה דאין פנאי לצוד היום ובע"כ ניצודו ביום ראשון יש לו דין הביא ביו"ט ראשון וכן אם הביא העכו"ם בתחלת ליל ראשון יש לו דין ניצוד מעיו"ט ואם הביא מתוך התחום שרי:(14) Et de même si cela a été apporté le second Yom Tov, etc. – et en cela il n'y a, selon tous les avis, aucune différence entre lui et les autres, puisque cela a été apporté ce jour-là. Cependant, s'il l'a apporté au début de la nuit (du second jour), quand il n'y a pas eu le temps de capturer le jour même, et qu'ils ont donc forcément été capturés le premier jour, cela a la règle de ce qui a été apporté le premier Yom Tov. Et de même, si le non-Juif l'a apporté au début de la première nuit, cela a la règle de ce qui a été capturé la veille du Yom Tov ; et s'il l'a apporté de l'intérieur du te'houm, c'est permis.
séif katan 14
- {טו} אבל בשני י"ט של ר"ה - דלא שייך בהו ממ"נ דקדושה אחת היא וכיומא אריכתא דמי:(15) Mais aux deux jours de Yom Tov de Roch Hachana – car le raisonnement « quoi qu'il en soit » ne s'y applique pas, puisque c'est une seule sainteté, et c'est considéré comme un seul long jour (yoma arikhta).
séif katan 15
- {טז} או ביו"ט הסמוך לשבת וכו' - כגון שהיה יו"ט ביום ע"ש והביאן ביו"ט או שהיה ביום א' והביאן בשבת שלפני יו"ט:(16) Ou au Yom Tov contigu au Chabbat, etc. – par exemple, Yom Tov tombait le vendredi et il les a apportés le Yom Tov, ou bien il tombait le dimanche et il les a apportés le Chabbat qui précède le Yom Tov.
séif katan 16
- {יז} עד מוי"ט ושבת - שיעור זה צריך להמתין אף אם נלקטו או ניצודו מאליהן דאף דשתי קדושות הן מ"מ אסור מזה לזה משום הכנה דאין יו"ט מכין לשבת ולא שבת מכינה ליו"ט [והיינו כיון דביום זה אסור לאוכלו נראה כאלו מכין רק לחבירו] וכדלעיל בסימן תקי"ג ס"ה גבי ביצה אכן בזה במו"ש מותר מיד ולא היו צריכין להמתין אחר מו"ש ויו"ט בכדי שיעשו:(17) Jusqu'à la sortie du Yom Tov et du Chabbat – cette durée, il faut l'attendre même s'ils ont été cueillis ou capturés d'eux-mêmes, car bien que ce soient deux saintetés, il est néanmoins interdit (de passer) de l'un à l'autre à cause de la hakhana (préparation), car le Yom Tov ne prépare pas pour le Chabbat ni le Chabbat pour le Yom Tov [c'est-à-dire : puisque ce jour-là il est interdit de le manger, c'est comme s'il préparait seulement pour l'autre jour], comme plus haut au siman 513, séif 5, à propos de l'œuf. Cependant, dans ce cas, à la sortie du Chabbat c'est permis aussitôt, et il n'aurait pas été nécessaire d'attendre, après la sortie du Chabbat et du Yom Tov, bikhdei chéyaassou.
séif katan 17
- {יח} בכדי שיעשו - שאם לא ימתין ויאכל מיד הרי נהנה ממלאכת יו"ט דאם לא היה מביא לו ביו"ט לא היה יכול ליהנות מהן בהיתר אא"כ היה מביא לו במו"ש וכן ביו"ט שחל להיות אחר השבת כדי שלא יהנה ממלאכת שבת:(18) Bikhdei chéyaassou – car s'il n'attendait pas et mangeait aussitôt, voici qu'il profiterait du travail du Yom Tov : en effet, si (le non-Juif) ne le lui avait pas apporté le Yom Tov, il n'aurait pu en profiter de façon permise que s'il le lui avait apporté à la sortie du Chabbat ; et de même pour un Yom Tov qui tombe après le Chabbat, afin qu'il ne profite pas du travail du Chabbat.
séif katan 18
- {יט} ושיעור כדי שיעשו וכו' - אכל הסעיף קאי המחבר:(19) Et la mesure de kedei chéyaassou, etc. – l'auteur (le Choulhan Aroukh) se rapporte (par cette phrase) à tout le séif.
séif katan 19
- {כ} כדי שילך - ואם הביאן עכו"ם ע"י רכיבה בסוס א"צ להמתין אלא בכדי רכיבה לשם [אחרונים]:(20) Le temps d'aller – et si le non-Juif les a apportés à cheval, il suffit d'attendre le temps de chevaucher jusque-là [A'haronim].
séif katan 20
- {כא} למקום שליקט - היינו אם יודע מאיזה מקום ליקט הן רחוק או קרוב משערינן בו:(21) Jusqu'à l'endroit où il a cueilli – c'est-à-dire que s'il sait de quel endroit il a cueilli, qu'il soit loin ou proche, on évalue d'après lui.
séif katan 21
- {כב} שיעורן וכו' - ר"ל בין לחומרא דהיינו אם ספק שמא בתוך התחום או חוץ לתחום צריך להמתין עד כדי שיביאו מחוץ לתחום וכן לקולא כגון אם ידוע לו שבודאי מחוץ לתחום אלא שאינו ידוע אם בסמוך לתחום או רחוק הרבה אין להחמיר להמתין אלא בכדי שיעור מחוץ לתחום:(22) Leur mesure, etc. – il veut dire : aussi bien dans le sens de la rigueur, c'est-à-dire s'il y a doute si c'est de l'intérieur du te'houm ou de l'extérieur, il faut attendre le temps qu'on puisse l'apporter de l'extérieur du te'houm ; que dans le sens de l'allègement, par exemple s'il sait que c'est certainement de l'extérieur du te'houm, mais ne sait pas si c'est près du te'houm ou très loin, il ne faut pas être rigoureux et attendre plus que la mesure (d'un trajet depuis juste) l'extérieur du te'houm.
séif katan 22
- {כג} אסור לאכלו וכו' - משום מוקצה כיון שהיה מחובר מעיו"ט בין השמשות ומוקצה דמחובר או מפני שהיה מחוסר צידה אסור לכו"ע ובפירות יש בו עוד איסור משום שמא יעלה ויתלוש לכך אסרו באכילה ובטלטול:(23) Il est interdit de le manger, etc. – à cause du mouktsé, puisque c'était attaché au sol depuis la veille du Yom Tov, au bein hachmachot (crépuscule) ; et le mouktsé de ce qui est attaché au sol, ou parce que cela manquait de capture, est interdit selon tous les avis ; et pour les fruits il y a en plus l'interdit de peur qu'il ne monte (à l'arbre) et ne cueille ; c'est pourquoi on a interdit de les manger et de les déplacer.
séif katan 23
- {כד} אף למי שלא הובא בשבילו - פי' דמתחלה תלשן או צדן לעצמו ואח"כ נמלך להביא לישראל אסור באותו היום בין לישראל זה בין לאחר כיון דהאיסור בזה משום מוקצה אין נ"מ מזה לזה:(24) Même pour celui pour qui cela n'a pas été apporté – l'explication : au départ il les a cueillis ou capturés pour lui-même, puis il s'est ravisé pour les apporter au Juif : c'est interdit ce jour-là, tant pour ce Juif que pour un autre, car puisque l'interdit ici est dû au mouktsé, il n'y a pas de différence entre l'un et l'autre.
séif katan 24
- {כה} לערב מותרין מיד - ואפילו לערב היה יו"ט כגון שני יו"ט של גליות דהאסור בראשון משום מוקצה מותר בשני לכו"ע ורק בשני י"ט של ר"ה דאסור גם בשני דכיומא אריכתא דמי וגם בשבת הסמוך ליו"ט אסור משום הכנה כנ"ל:(25) Le soir, ils sont permis aussitôt – et même si le soir c'était Yom Tov, comme aux deux jours de Yom Tov de la diaspora, car ce qui est interdit le premier (jour) à cause du mouktsé est permis le second selon tous les avis ; seulement aux deux jours de Yom Tov de Roch Hachana c'est interdit aussi le second, car c'est considéré comme un seul long jour ; et de même le Chabbat contigu au Yom Tov, c'est interdit à cause de la hakhana, comme ci-dessus.
séif katan 25
- {כו} שהובא בשבילו - ודוקא אם הביאן מתוך התחום אבל אם הביאן מחוץ לתחום אף דהתלישה היה לעצמו אסור עכ"פ משום תחומין למי שהובא בשבילו בכדי שיעשו כמבואר בס"ה:(26) Pour qui cela a été apporté – et seulement s'il les a apportés de l'intérieur du te'houm ; mais s'il les a apportés de l'extérieur du te'houm, bien que la cueillette ait été pour lui-même, c'est de toute façon interdit à cause des te'houmim, pour celui pour qui (la chose) a été apportée, bikhdei chéyaassou, comme expliqué au séif 5.
séif katan 26
- {כז} אפילו אם הוא ספק - זה נמי קאי בעכו"ם שליקט לעצמו דאין בו אלא איסור מוקצה מ"מ גם בספק אסור דספק מוכן אסור כמבואר בסימן תצ"ז ס"ג ולהכי לא הזכיר כאן המחבר לענין כדי שיעשו דכשלקטן לעצמו א"צ כדי שיעשו כנ"ל בסעיף הקודם אכן אם ודאי לקטן או צדן היום ורק ספק אם לקטן וצדן בשביל ישראל אם צריך להמתין בכדי שיעשו תלוי במחלוקת המבואר בסימן שכ"ה ס"ז ומתבאר בדברי האחרונים שם דיש להקל לצורך מצוה. עוד מבואר שם דאם היו שני הספיקות יחד אם נלקטו היום ואם נלקטו בשביל ישראל ביומן אסורים דאפילו ודאי לא בשביל ישראל לקטן אסור משום ספק מוכן כנ"ל אלא דבערב מותרין מיד משום ס"ס ואפילו היה יו"ט בערב כגון שני יו"ט של גליות אכן בנכרי שהביא דורון לישראל [או הביא למכור בעיר שרובה ישראל] אסור בכדי שיעשו כמבואר בס"א דחשבינן להו כודאי נלקטו היום ובשביל ישראל:(27) Même s'il y a doute – cela aussi porte sur le non-Juif qui a cueilli pour lui-même, où il n'y a que l'interdit de mouktsé ; néanmoins même en cas de doute c'est interdit, car le doute de moukhan (doute si la chose était prête avant la fête) est interdit, comme expliqué au siman 497, séif 3. Et c'est pourquoi l'auteur n'a pas mentionné ici (la règle de) kedei chéyaassou, car quand il les a cueillis pour lui-même, kedei chéyaassou n'est pas nécessaire, comme au séif précédent. Cependant, s'il les a certainement cueillis ou capturés aujourd'hui, et qu'il y a seulement doute s'il les a cueillis et capturés pour un Juif, la question de savoir s'il faut attendre bikhdei chéyaassou dépend de la divergence exposée au siman 325, séif 7 ; et il ressort des propos des A'haronim là-bas qu'on peut être indulgent pour les besoins d'une mitsva. Il est encore expliqué là-bas que s'il y avait les deux doutes ensemble — s'ils ont été cueillis aujourd'hui, et s'ils ont été cueillis pour un Juif — le jour même ils sont interdits, car même (s'il les a) certainement (cueillis) pas pour un Juif, c'est interdit à cause du doute de moukhan, comme ci-dessus ; mais le soir ils sont permis aussitôt, en raison du double doute (sfek sfeika), et même si le soir était Yom Tov, comme aux deux jours de Yom Tov de la diaspora. Cependant, pour un non-Juif qui a apporté un cadeau à un Juif [ou qui a apporté (des marchandises) pour les vendre dans une ville à majorité juive], c'est interdit bikhdei chéyaassou, comme expliqué au séif 1, car nous les considérons comme certainement cueillis aujourd'hui et pour un Juif.
séif katan 27
- {כח} אסורים - עיין בט"ז ובאר הגולה דאפילו ביו"ט שני יש לאסור ובמאמר מרדכי מפקפק ע"ז והפ"ח בסימן תצ"ז מכריע דלענין ליקוט יש לאסור משום דיש פוסקין שסוברין דכל שיש מאותן המינין במחובר דרכן של בני אדם ללקוט אותן ביומן שמביאין אבל לענין צידה מותר ביו"ט שני דלא שייך טעם הנ"ל והו"ל ספיקא דרבנן:(28) Sont interdits – voir le Taz et le Beer HaGola, selon lesquels même le second Yom Tov il faut interdire ; le Maamar Mordekhaï met cela en doute ; et le Peri 'Hadach, au siman 497, tranche que pour la cueillette il faut interdire, parce que certains décisionnaires pensent que, chaque fois qu'il y a de ces espèces attachées au sol, les gens ont l'habitude de les cueillir le jour même où on les apporte ; mais pour la capture, c'est permis le second Yom Tov, car la raison ci-dessus ne s'applique pas, et c'est un doute portant sur une règle rabbinique.
séif katan 28
- {כט} אם ניכר בהם - שהיו הפירות כמושין וה"ה לענין דגים שניכרים שניצודו מעיו"ט כגון שנס ליחן ואדמומית שתחת לחייהן שבודקין אותן שם:(29) S'il est visible sur eux – que les fruits étaient flétris ; et il en est de même pour des poissons dont on voit qu'ils ont été capturés dès la veille du Yom Tov, par exemple quand leur fraîcheur a disparu, ainsi que la rougeur sous leurs ouïes, où on les examine.
séif katan 29
- {ל} למי שלא הובאו בשבילו - דקי"ל לקמן בס"ה דהבא מחוץ לתחום בשביל ישראל זה מותר לישראל אחר אפילו בו ביום:(30) Pour celui pour qui ils n'ont pas été apportés – car nous retenons plus loin, au séif 5, que ce qui est apporté de l'extérieur du te'houm pour ce Juif-ci est permis à un autre Juif, même le jour même.
séif katan 30
- {לא} נכרי מסל"ת וכו' - הטעם לפי שהוא אינו משביח בדבריו ואדרבה מגרע כי יותר טובים הניצודים והנלקטים היום ומיירי שאין הנכרי יודע שאסור לישראל מה שנילקט וניצוד היום דאל"ה אמרינן דמתכוון להשביח מקחו:(31) Un non-Juif parlant en toute innocence, etc. (messia' lefi toumo) – la raison est qu'il ne valorise pas (sa marchandise) par ses paroles ; au contraire, il la déprécie, car ce qui a été capturé et cueilli aujourd'hui est meilleur. Et il s'agit du cas où le non-Juif ne sait pas que ce qui a été cueilli et capturé aujourd'hui est interdit au Juif, car sinon nous disons qu'il a l'intention de valoriser sa marchandise.
séif katan 31
- {לב} נאמן - ואפילו אם העכו"ם הביא ביו"ט אחר שבת והסיח לפי תומו שנלקט בערב שבת [או שהביא בר"ה והסיח לפי תומו שנילקט בערב ר"ה] ג"כ נאמן מיהו אם היה פירות שאין נאכלין חיין והביאן ביו"ט שאחר שבת או שהביאן בשבת והוא מסל"ת שנלקטו מע"ש אסור לאכלן ביו"ט דדלמא נלקטו בשבת ויש בהו איסור דאורייתא לדעת איזה פוסקים ואינו נאמן במסל"ת באיסור דאורייתא [אחרונים]:(32) Il est cru – et même si le non-Juif a apporté (la marchandise) un Yom Tov qui suit le Chabbat et a déclaré en toute innocence qu'elle avait été cueillie la veille du Chabbat [ou s'il l'a apportée à Roch Hachana et a déclaré en toute innocence qu'elle avait été cueillie la veille de Roch Hachana], il est également cru. Toutefois, si c'étaient des fruits qu'on ne mange pas crus et qu'il les a apportés le Yom Tov qui suit le Chabbat, ou bien qu'il les a apportés le Chabbat en déclarant en toute innocence qu'ils avaient été cueillis la veille du Chabbat, il est interdit de les manger le Yom Tov, car peut-être ont-ils été cueillis le Chabbat, et il y a là un interdit de la Torah selon certains décisionnaires ; or on n'est pas cru en parlant en toute innocence pour un interdit de la Torah [A'haronim].
séif katan 32
- {לג} מדברים שיש במינן במחובר - וה"ה מדברים שמחוסרין צידה:(33) De choses dont l'espèce est attachée au sol – et il en est de même de choses qui manquent de capture.
séif katan 33
- {לד} ביו"ט ראשון של ר"ה - ולא נקט יו"ט של גליות דאזיל לשיטתיה בס"א דהותר אפילו ביום שני:(34) Le premier jour de Roch Hachana – et il n'a pas mentionné le Yom Tov de la diaspora, car il suit sa propre approche du séif 1, selon laquelle c'est permis même le second jour.
séif katan 34
- {לה} יש מתירים לאכלם בשבת - דלא אמרינן הכנה משני ימים מקודם כ"א מיום אחד:(35) Certains permettent de les manger le Chabbat – car on ne dit pas (l'interdit de) hakhana (préparation) depuis deux jours auparavant, mais seulement depuis un jour.
séif katan 35
- {לו} בכדי שיעשו - הגם דבשבת לא שייך עשייה מ"מ לא עדיף מאלו אקלע יום חול אחר ר"ה דהיה צריך להמתין במוצאי ר"ה בכדי שיעשו [ב"י]:(36) Bikhdei chéyaassou – bien que le Chabbat la notion de « faire » ne s'applique pas, ce n'est néanmoins pas mieux que si un jour profane était tombé après Roch Hachana, où il aurait fallu attendre à la sortie de Roch Hachana bikhdei chéyaassou [Beit Yossef].
séif katan 36
- {לז} ויש אוסרים - טעמם דכיון דקי"ל בעלמא דשני ימים של ר"ה כיומא אריכתא דמיא הוי כיום אחד לפני שבת וממילא צריך להמתין במו"ש בכדי שיעשו ולדעה זו אפילו נשרו או ניצודו מאליהן ג"כ אסור ביום השבת ולמו"ש מותר בזה מיד:(37) Et certains interdisent – leur raison : puisque nous retenons en général que les deux jours de Roch Hachana sont considérés comme un seul long jour, c'est comme un seul jour avant le Chabbat ; par conséquent il faut attendre à la sortie du Chabbat bikhdei chéyaassou. Et selon cet avis, même (des fruits) tombés ou (des animaux) capturés d'eux-mêmes sont également interdits le jour du Chabbat ; et à la sortie du Chabbat, c'est alors permis aussitôt.
séif katan 37
- {לח} דינא הכי - ר"ל דיש בזה ג"כ שני דעות הנ"ל ורק יש בזה נ"מ דבשני ימים של ר"ה אסור בשבת לדעת האוסרין אפילו נשרו מאליהן משום איסור הכנה משא"כ בשני יו"ט של גליות בנשרו מאליהן ביום א' או לקטן הגוי לעצמו מותר במוצאי יו"ט ראשון מיד כנ"ל בס"ב:(38) La règle est la même – il veut dire qu'il y a là aussi les deux avis mentionnés ci-dessus ; seulement, il y a une différence pratique : aux deux jours de Roch Hachana, c'est interdit le Chabbat selon ceux qui interdisent, même (pour des fruits) tombés d'eux-mêmes, à cause de l'interdit de hakhana ; ce qui n'est pas le cas aux deux jours de Yom Tov de la diaspora : s'ils sont tombés d'eux-mêmes le premier jour, ou si le non-Juif les a cueillis pour lui-même, c'est permis aussitôt à la sortie du premier Yom Tov, comme ci-dessus au séif 2.
séif katan 38
- {לט} יש להחמיר בשבת - ר"ל כדעת האוסרין למעלה ועיין בט"ז שכתב בשם רש"ל דבמוצאי שבת מותר מיד וא"צ בכדי שיעשה [אם לא דהובא ביום וי"ו] אבל בחידושי רע"א השיג עליו דמהרש"ל לא איירי כלל בשני ימים של ר"ה ודעתו דבשני ימים של ר"ה צריך להמתין במו"ש בכדי שיעשו:(39) Il faut être rigoureux le Chabbat – il veut dire : selon ceux qui interdisent, plus haut. Et voir le Taz, qui a écrit au nom du Maharchal qu'à la sortie du Chabbat c'est permis aussitôt, sans qu'il faille bikhdei chéyaassé [à moins que cela n'ait été apporté le sixième jour (le vendredi)] ; mais les 'Hidouchei Rabbi Akiva Eiger le contestent : le Maharchal ne traite pas du tout des deux jours de Roch Hachana, et son avis est qu'aux deux jours de Roch Hachana il faut attendre, à la sortie du Chabbat, bikhdei chéyaassou.
séif katan 39
- {מ} יש להקל בשבת שהוא לאחריהן - דלא גזרינן שמא יאמר לעכו"ם ביו"ט א' שהוא שני ימים קודם שבת להביאן בשבת וע"כ מותר בליל שבת לאחר כדי שיעשו וה"ה אם חל שני י"ט של גליות ביום א' וב' והעכו"ם הביא לו בשבת שמותר לאכול ביו"ט א' בערב אחר כדי שיעשו:(40) On peut être indulgent pour le Chabbat qui les suit – car on ne décrète pas de peur qu'il ne dise au non-Juif, le premier Yom Tov, qui est deux jours avant le Chabbat, de les apporter le Chabbat ; c'est pourquoi c'est permis le vendredi soir, après kedei chéyaassou. Et il en est de même si les deux jours de Yom Tov de la diaspora tombent le dimanche et le lundi, et que le non-Juif lui a apporté (quelque chose) le Chabbat : il est permis de (le) manger le premier jour de Yom Tov au soir, après kedei chéyaassou.
séif katan 40
- {מא} שצריך להכין וכו' - פי' כגון דגים שצריכין בישול ובשבת אסור לבשלם וביו"ט שני נמי א"א לבשלם שהרי מוקצין הם ואסורין אפי' לישראל אחר אם לא שנזדמנו לו אורחים וכנ"ל. ואף דלצורך אורחים מקילינן מ"מ חל עלייהו שם מוקצה כ"ז דלא נזדמנו לו אורחים:(41) Qu'il faut préparer, etc. – l'explication : par exemple des poissons qui ont besoin de cuisson ; or le Chabbat il est interdit de les cuire, et le second Yom Tov non plus il n'est pas possible de les cuire, car ils sont mouktsé et interdits même pour un autre Juif, à moins qu'il ne lui soit venu des invités, comme ci-dessus. Et bien que pour les besoins d'invités nous soyons indulgents, néanmoins le statut de mouktsé s'applique à eux tant qu'il ne lui est pas venu d'invités.
séif katan 41
- {מב} אסור - ומ"מ מותר לבשל ע"י עכו"ם (בענין שאין בו משום בשולי עכו"ם וע"ד שנתבאר ביו"ד סי' קי"ג ע"ש) בע"ש לצורך אכילת שבת לאחר שימתין בליל שבת בכדי שיעשה כיון שאיסור הטלטול ביום ב' אינו אלא חומרא בעלמא. וכל זה כשיש לו ממין זה בתוך ביתו לכבוד שבת אבל אם אין לו ממין זה בתוך ביתו והוא צריך לו לכבוד השבת מותר לטלטלו ולבשלו בעצמו לכבוד השבת רק שיזהר מלטעום ממנו עד שימתין בליל שבת בכדי שיעשו:(42) C'est interdit – néanmoins, il est permis de les faire cuire par un non-Juif (d'une manière qui ne pose pas le problème de bichoulé goyim (mets cuits par un non-Juif), selon ce qui a été expliqué dans Yoré Déa, siman 113, voir là-bas) le vendredi, pour le repas du Chabbat, après avoir attendu le vendredi soir bikhdei chéyaassé, puisque l'interdit du déplacement le second jour n'est qu'une simple rigueur. Et tout cela, quand il a de cette espèce chez lui en l'honneur du Chabbat ; mais s'il n'a pas de cette espèce chez lui et qu'il en a besoin en l'honneur du Chabbat, il est permis de le déplacer et de le cuire lui-même en l'honneur du Chabbat, à condition seulement de se garder d'y goûter avant d'avoir attendu, le vendredi soir, bikhdei chéyaassou.
séif katan 42
- {מג} דבר שאין במינו וכו' - או כגון שהביא הנכרי פירות יבשים וכנ"ל בס"ג:(43) Une chose dont l'espèce n'est pas, etc. – ou par exemple si le non-Juif a apporté des fruits secs, comme ci-dessus au séif 3.
séif katan 43
- {מד} ואינו מחוסר צידה - כגון אווזים ותרנגולים וכה"ג:(44) Et qui ne manque pas de capture – par exemple des oies, des poules et autres semblables.
séif katan 44
- {מה} מחוץ לתחום - דהיינו שבתחלת כניסת יו"ט היו עדיין חוץ לתחום:(45) De l'extérieur du te'houm – c'est-à-dire qu'au moment même de l'entrée du Yom Tov, ils étaient encore hors du te'houm (limite de deux mille coudées).
séif katan 45
- {מו} למי שהובא בשבילו - ובנכרי שהביא פירות לעיר שרובה ישראל אפילו מסתמא אסור לכולם דאדעתא דכולם הביא וכדלקמן ס"ו:(46) Pour celui pour qui cela a été apporté – et pour un non-Juif qui a apporté des fruits dans une ville à majorité juive, même sans précision c'est interdit à tous, car il les a apportés en pensant à tous, comme plus loin au séif 6.
séif katan 46
- {מז} ולכל בני ביתו - דמסתמא אדעתא דכולם הביא שיודע שאין בעה"ב אוכל לבדו. ולענין אורחים אם הם סמוכים תדיר על שולחנו לכו"ע הם כב"ב ואפילו אם זימנן במקרה ג"כ יש מחמירין ואוסרין אכן אם זימנן אחר שהביאן הנכרי הדברים לביתו יש להקל:(47) Et à tous les membres de sa maison – car vraisemblablement il l'a apporté en pensant à eux tous, sachant que le maître de maison ne mange pas seul. Et quant aux invités : s'ils sont habituellement attablés chez lui, ils sont selon tous les avis comme des membres de la maison ; et même s'il les a invités occasionnellement, certains sont rigoureux et interdisent également ; cependant, s'il les a invités après que le non-Juif a apporté les choses chez lui, on peut être indulgent.
séif katan 47
- {מח} אבל מותר לטלטלן - מאחר דלאחרים מותרין כדלקמיה אין עלייהו שם מוקצה:(48) Mais il est permis de les déplacer – puisqu'ils sont permis aux autres, comme plus loin, le statut de mouktsé (chose écartée de l'usage) ne s'applique pas à eux.
séif katan 48
- {מט} בתוך ד"א - ממקום שהניח הנכרי ולא יותר שהרי עכ"פ חוץ לתחום הם וקנו שביתה שם ואפילו הביאן הנכרי לעצמו ג"כ דינא הכי וכדמפורש לעיל סימן שכ"ה ס"ח:(49) Dans les quatre coudées – de l'endroit où le non-Juif les a posés, et pas plus, car de toute façon ils viennent de l'extérieur du te'houm et ont acquis leur lieu de repos (chevita) là-bas ; et même si le non-Juif les a apportés pour lui-même, la règle est la même, comme expliqué plus haut au siman 325, séif 8.
séif katan 49
- {נ} או בתוך העיר וכו' - דמסתמא הוקפה לדירה וה"ה בתוך העיר שיש בה תיקון עירובין שרי דכארבע אמות דמיא:(50) Ou dans la ville, etc. – car vraisemblablement elle a été entourée (d'une enceinte) pour l'habitation ; et il en est de même dans une ville qui a un aménagement d'érouvin : c'est permis, car elle est considérée comme quatre coudées.
séif katan 50
- {נא} או מבצר שידוע וכו' - דמבצר מסתמא לא הוקף לדירה:(51) Ou une forteresse dont on sait, etc. – car une forteresse, vraisemblablement, n'a pas été entourée pour l'habitation.
séif katan 51
- {נב} ואחרים מותרים - דגבי איסור תחומין שהוא מדרבנן לא אחמור רבנן לאוסרה אף על אחרים כמו בס"א שהשוו שם חכמים מדותיהם וגם דבלא"ה אין האיסור של תחומין שוה לכל אדם שלזה הוא חוץ לתחום ולזה הוא בתוך התחום ואפילו בהובא מחוץ לשלשה פרסאות דלכמה פוסקים יש ע"ז איסור דאורייתא ג"כ לא החמירו אלא למי שהובא בשבילו [אחרונים]. עוד כתבו דאם היה בהמה והאחר אוכל מעט ממנה מותר לשחטה מיד ומ"מ גם אחר השחיטה אסור למי שהובא בשבילו דהא אפילו דבר שא"צ שחיטה אסור למי שהובא בשבילו:(52) Et les autres sont permis – car pour l'interdit des te'houmim, qui est d'ordre rabbinique, nos Maîtres n'ont pas été rigoureux au point de l'interdire aussi aux autres, comme au séif 1, où les Sages ont uniformisé leurs mesures (en interdisant à tous) ; et de plus, de toute façon, l'interdit des te'houmim n'est pas le même pour tout le monde : pour l'un c'est hors du te'houm, pour l'autre c'est dans le te'houm. Et même pour ce qui a été apporté d'au-delà de trois parsaot (douze mil), où selon plusieurs décisionnaires il y a un interdit de la Torah, on n'a été rigoureux que pour celui pour qui cela a été apporté [A'haronim]. Ils ont encore écrit que si c'était une bête et que l'autre (Juif) en mange un peu, il est permis de l'abattre aussitôt ; et néanmoins, même après l'abattage, c'est interdit à celui pour qui elle a été apportée, puisque même une chose qui ne nécessite pas d'abattage est interdite à celui pour qui elle a été apportée.
séif katan 52
- {נג} אף לאכלם - וכ"ש לטלטלם ומ"מ חוץ לד"א אסור לטלטל גם לאחרים מחמת שקנו שביתה במקומן וע"כ אפילו א"א להם לתקנן או לבשלן אא"כ יטלטלן חוץ לד"א אסור אם לא שהוא לצורך יו"ט דאז יש להתיר להוציאן ע"י נכרי דאינו אלא שבות דשבות במקום מצוה. ועיין מש"כ בענין זה לעיל בסימן שכ"ה במ"ב סקל"ז דשייך גם לכאן:(53) Même de les manger – et à plus forte raison de les déplacer ; néanmoins, au-delà de quatre coudées, il est interdit de les déplacer, même pour les autres, parce qu'ils ont acquis leur lieu de repos à leur place ; c'est pourquoi, même s'il leur est impossible de les préparer ou de les cuire sans les déplacer au-delà de quatre coudées, c'est interdit, sauf si c'est pour les besoins du Yom Tov : on peut alors permettre de les sortir par un non-Juif, car ce n'est qu'un chevout dechevout (double interdit rabbinique) dans le cadre d'une mitsva. Et voir ce que nous avons écrit à ce sujet plus haut, au siman 325, Michna Beroura, séif katan 37, qui s'applique aussi ici.
séif katan 53
- {נד} יו"ט ראשון - אין ר"ל דוקא אם הביא בראשון דה"ה אם הביא בשני גם כן צריך להמתין לערב בכדי שיעשו אלא דבא להשמיענו דאם הביא בראשון א"צ להמתין רק בלילה בכדי שיעשה ואפילו לדידן דנוהגין כדעת היש מחמירין דלעיל ס"א בהג"ה לענין צידה ומחובר דצריך להמתין עד מוצאי יו"ט שני בכדי שיעשו הכא לענין תחומין סגי בהמתנה בכדי שיעשה בתחלת ליל שני ומותר אח"כ וכמו שמסיים הרמ"א בעצמו לבסוף:(54) Le premier Yom Tov – il ne veut pas dire précisément s'il l'a apporté le premier (jour), car il en est de même s'il l'a apporté le second : il faut aussi attendre le soir bikhdei chéyaassou (le temps nécessaire pour l'apporter) ; mais il vient nous apprendre que s'il l'a apporté le premier (jour), il suffit d'attendre bikhdei chéyaassé la nuit (suivante) ; et même pour nous, qui suivons l'avis de « certains sont rigoureux », plus haut au séif 1 dans la glose, concernant la capture et ce qui est attaché au sol, où il faut attendre jusqu'à la sortie du second Yom Tov bikhdei chéyaassou, ici, pour les te'houmim, il suffit d'attendre bikhdei chéyaassé au début de la seconde nuit, et c'est permis ensuite, comme le Rema lui-même le conclut à la fin.
séif katan 54
- {נה} בכדי שיעשו - לפי ערך הזמן שנשתהא כמה המביא. ואם א"י משערינן רק בכשיעור הבאה מחוץ לאלפים אמה ועיין לעיל סימן שכ"ה לענין שבת שיש מחמירין להמתין האי שיעורא ביום שלאחריו ולא בכניסת לילה שאין דרך להביא בלילה מחוץ לתחום ושפיר מתהני מזה אכתי כשהביא לו הנכרי ביום וכתבו האחרונים דמדהשמיט הרמ"א להביא סברא זו גם בסימן זה מסתמא ס"ל להקל ביו"ט ודי בכניסת ליל שני מ"מ אפשר דדוקא לענין תחומין לא רצה להחמיר אבל אם היה בו גם איסור דאורייתא שלקט ממחובר חוץ לתחום יש להחמיר. ולדבר מצוה או בשעת הדחק יש להקל בכל גווני:(55) Bikhdei chéyaassou – selon le temps qu'a mis celui qui l'a apporté. Et s'il ne le sait pas, on évalue seulement selon la mesure d'un transport depuis (juste) au-delà de deux mille coudées. Et voir plus haut, au siman 325, à propos du Chabbat, que certains sont rigoureux et attendent cette durée le jour suivant, et non à l'entrée de la nuit, car on n'a pas l'habitude d'apporter de nuit (des choses) de l'extérieur du te'houm, de sorte qu'il tirerait encore bel et bien profit de ce que le non-Juif le lui a apporté de jour. Et les A'haronim ont écrit que, puisque le Rema a omis de rapporter cette opinion également dans ce siman, il est vraisemblablement d'avis d'être indulgent pour le Yom Tov, et qu'il suffit (d'attendre) à l'entrée de la seconde nuit ; toutefois, il se peut que ce soit seulement pour les te'houmim qu'il n'a pas voulu être rigoureux, mais s'il y avait aussi un interdit de la Torah, parce qu'il l'a cueilli de ce qui était attaché au sol hors du te'houm, il faut être rigoureux. Et pour une chose de mitsva, ou en cas de nécessité pressante, on peut être indulgent dans tous les cas.
séif katan 55
- {נו} בשאר דברים - ר"ל בצידה ומחובר והטעם דבתחומין סמכינן אדעה קמייתא שבס"א:(56) Pour les autres choses – il veut dire : la capture et ce qui est attaché au sol ; et la raison est que pour les te'houmim, nous nous appuyons sur le premier avis du séif 1.
séif katan 56
- {נז} בעיר שרובה נכרים - עד עתה כתב דיני דורון ועתה איירי בהביא עכו"ם למכור סחורתו בשוק:(57) Dans une ville à majorité non juive – jusqu'ici il a exposé les règles du cadeau, et maintenant il traite du cas où un non-Juif apporte sa marchandise pour la vendre au marché.
séif katan 57
- {נח} מן הסתם וכו' - הא בידעינן שהביא בשביל ישראל או אפילו שכוון גם בשביל ישראל אסור אפילו ברוב עכו"ם לפי מה שמפרש לקמיה בהג"ה:(58) Sans précision, etc. – mais si nous savons qu'il l'a apporté pour un Juif, ou même qu'il a eu l'intention (de l'apporter) aussi pour un Juif, c'est interdit, même (dans une ville) à majorité non juive, selon ce qu'il explique ensuite dans la glose.
séif katan 58
- {נט} לצורך הרוב וכו' - וא"כ אם הוא דבר שאין במינו במחובר שרי לאלתר לאכול ובלבד שלא יזכיר לו סכום דמים רק יקח ממנו בהקפה ולא ישא ויתן עמו ע"ד המקח ולא יטלטלם חוץ לד"א כיון שהובא מחוץ לתחום וכנ"ל בס"ה. ואם הוא דבר שיש במינו במחובר או מחוסר צידה אסור באותו יום משום מוקצה ולערב מותר באכילה וא"צ להמתין בכדי שיעשו. וכתבו הפוסקים דאם אנו רואין שעי"ז שאנו מתירין לקנות מהם הם מרבין להביא אסרינן להו לקנות מהם אבל מן הסתם אין חוששין שמא ירבה להביא גם בשביל ישראל ומותר ליקח ממנו בעיר שרובה עכו"ם. ומ"מ עכו"ם המביא דגים למכור בעיר שרובה עכו"ם אף בסתם יש לחוש שירבה להביא בשביל ישראל אם נתיר ליקח ממנו כיון שדרך ישראל לקנות דגים לכבוד יו"ט וזה תלוי לפי הענין לפי ראות עיני המורה דאם העיר כולה עכו"ם רק אנשים יחידים ישראלים נמצאים שם אין לחוש לזה:(59) Pour les besoins de la majorité, etc. – dès lors, si c'est une chose dont l'espèce n'est pas attachée au sol, il est permis de la manger immédiatement, à condition seulement de ne pas lui mentionner de somme d'argent, mais de la lui prendre à crédit, sans négocier avec lui sur l'achat, et de ne pas la déplacer au-delà de quatre coudées, puisqu'elle a été apportée de l'extérieur du te'houm (limite de deux mille coudées), comme ci-dessus au séif 5. Et si c'est une chose dont l'espèce est attachée au sol, ou qui manque de capture, c'est interdit ce jour-là à cause du mouktsé (chose écartée de l'usage), et le soir c'est permis à la consommation, sans qu'il faille attendre bikhdei chéyaassou (le temps nécessaire pour le faire). Et les décisionnaires ont écrit que si nous voyons que, du fait que nous permettons d'acheter chez eux, ils en apportent davantage, nous interdisons (aux Juifs) d'acheter chez eux ; mais sans précision, on ne craint pas qu'il n'en apporte davantage aussi pour les Juifs, et il est permis de lui acheter dans une ville à majorité non juive. Néanmoins, pour un non-Juif qui apporte des poissons à vendre dans une ville à majorité non juive, même sans précision il faut craindre qu'il n'en apporte davantage pour les Juifs si nous permettons de lui acheter, puisque les Juifs ont l'habitude d'acheter des poissons en l'honneur du Yom Tov ; et cela dépend du cas, selon l'appréciation du décisionnaire : si la ville est entièrement non juive et que seules quelques personnes juives isolées s'y trouvent, il n'y a pas lieu de le craindre.
séif katan 59
- {ס} מביא - ובעיר שרובה ישראל כל כמה דלא ידעינן דהביא בשביל עכו"ם מן הסתם תלינן שבשביל ישראל הביא שהם רובא ואם הוא דבר שיש במינו במחובר או מחוסר צידה אמרינן דליקט וצד בשביל ישראלים למכור להם וצריך להמתין עד בכדי שיעשו וכנ"ל בס"א וצדדו האחרונים דכ"ז בהיה הנכרי בן עיר ויצא חוץ לעיר לצוד וללקוט הא בנכרי כפרי שהביא סחורתו לעיר נראה דלא שייך כלל לשער בעיר שהביא לתוכה אם הוא רוב נכרים או ישראלים אלא אפילו הם ישראלים אזלינן בתר רוב עלמא ורוב נכרים הם ואדעתייהו ליקט וצד ואף שהביא אותם למכור לעיר אמרינן שאח"כ נמלך והביאן לכאן [ולפ"ז אין להם דין צידה בשביל ישראל ואסורים רק ביו"ט א' משום מוקצה ובליל שני מותרין מיד ואם הובא מחוץ לתחום אף דההבאה היה בודאי בשביל ישראל עכ"פ די אם ממתין בליל מוצאי יו"ט א' כדי שיעשה] ובספר מור וקציעה מפקפק ע"ז דסוף מעשה במחשבה תחלה ובודאי אדעתא דעיר זו ליקט וצד אכן אם היה העכו"ם ידוע שמביא תמיד סחורתו לעיר זו למכור פשוט דלכו"ע אמרינן דאדעתא דעיר זו ליקט וצד:(60) Apporte – et dans une ville à majorité juive, tant que nous ne savons pas qu'il l'a apporté pour des non-Juifs, on présume qu'il l'a apporté pour les Juifs, qui sont la majorité ; et si c'est une chose dont l'espèce est attachée au sol, ou qui manque de capture, nous disons qu'il a cueilli et capturé pour les Juifs afin de le leur vendre, et il faut attendre bikhdei chéyaassou, comme ci-dessus au séif 1. Et les A'haronim ont envisagé que tout cela s'applique quand le non-Juif est un habitant de la ville et qu'il est sorti de la ville pour capturer et cueillir ; mais pour un non-Juif villageois qui a apporté sa marchandise en ville, il semble qu'il n'y ait pas du tout lieu d'évaluer d'après la ville où il l'a apportée, si c'est une majorité de non-Juifs ou de Juifs ; même s'ils sont (majoritairement) juifs, on suit la majorité du monde, qui sont des non-Juifs, et c'est en pensant à eux qu'il a cueilli et capturé ; et bien qu'il les ait apportés pour les vendre dans cette ville, nous disons qu'il s'est ravisé ensuite et les a apportés ici [et selon cela, ils n'ont pas le statut d'une capture faite pour un Juif, et ne sont interdits que le premier Yom Tov à cause du mouktsé, et la seconde nuit ils sont permis aussitôt ; et s'ils ont été apportés de l'extérieur du te'houm, bien que le transport ait certainement été fait pour un Juif, de toute façon il suffit d'attendre, le soir de la sortie du premier Yom Tov, kedei chéyaassé]. Et dans le livre Mor OuKetsia, il met cela en doute, car « l'aboutissement de l'acte est dans la pensée initiale », et il a certainement cueilli et capturé en pensant à cette ville. Cependant, si l'on sait que le non-Juif apporte toujours sa marchandise dans cette ville pour la vendre, il est évident que selon tous les avis nous disons qu'il a cueilli et capturé en pensant à cette ville.
séif katan 60
- {סא} מחצה על מחצה - דמסתמא לצורך שניהם נעשה וע"כ צריך גם בזה להמתין עד כדי שיעשה וי"א דהוי ספק אם בשביל ישראל או בשביל עכו"ם:(61) Moitié-moitié – car vraisemblablement cela a été fait pour les besoins des deux ; c'est pourquoi il faut, dans ce cas aussi, attendre kedei chéyaassé ; et certains disent que c'est un doute, si c'est pour un Juif ou pour un non-Juif.
séif katan 61
- {סב} או שידוע וכו' - ר"ל דבזה אפילו אם רוב עכו"ם כיון שמכוין בפירוש גם בשביל ישראל אסור ועיין לעיל בסימן רע"ו בבה"ל מה שכתבנו בזה:(62) Ou dont on sait, etc. – il veut dire que dans ce cas, même s'il y a une majorité de non-Juifs, puisqu'il vise explicitement aussi les Juifs, c'est interdit ; et voir plus haut au siman 276, dans le Biour Halakha, ce que nous avons écrit à ce sujet.
séif katan 62
- {סג} שליקט - וה"ה בהביא מחוץ לתחום לצורך שניהן:(63) Qu'il a cueilli – et il en est de même s'il a apporté de l'extérieur du te'houm pour les besoins des deux.
séif katan 63
- {סד} בעיר - היינו בתוך התחום דכיון שהוא שרוי בתחום וגם הפירות מצויין הם בתוך התחום אין חוששין שאלו הפירות הביאן מחוץ לתחום דאדרבה אמרינן כאן נמצאו וכאן היו אבל אם הוא שרוי חוץ לתחום אף דפירות מצויין בתוך התחום תלינן שהביאן ממקומו מחוץ לתחום וכן להיפך אף שהוא בתוך התחום כיון שאין פירות מצויין שם חיישינן שהביאן מחוץ לתחום:(64) Dans la ville – c'est-à-dire à l'intérieur du te'houm : puisqu'il réside dans le te'houm et que les fruits aussi se trouvent couramment dans le te'houm, on ne craint pas que ces fruits aient été apportés de l'extérieur du te'houm ; au contraire, nous disons : là où ils se trouvent, là ils étaient. Mais s'il réside hors du te'houm, bien que les fruits se trouvent couramment dans le te'houm, nous présumons qu'il les a apportés de son lieu, hors du te'houm ; et de même à l'inverse : bien qu'il soit dans le te'houm, puisque les fruits ne s'y trouvent pas couramment, nous craignons qu'il ne les ait apportés de l'extérieur du te'houm.
séif katan 64
- {סה} ואם לאו אסור - ואף דספיקא דרבנן לקולא אסור בזה משום דהוי דבר שיש לו מתירין לאחר יו"ט וכבר כתבנו לעיל בסי' שכ"ה במ"ב בסקמ"ח בשם האחרונים להקל בזה בערב מיד ויש שמקילין בעיקר דבר זה ולדידהו בספק חוץ לתחום לקולא אזלינן וגם ביו"ט גופא שרי. ולדינא עיקר כסברא א' ויש שצדדו להקל בזו ביו"ט שני משום דהוי ס"ס ועיין לעיל סימן תצ"ז סמ"ג מה שכתבנו בזה ועיין לעיל סימן שכ"ה ביאר המחבר פרטי דינים בסעיף זה וכאן קצר:(65) Et sinon, c'est interdit – et bien qu'un doute portant sur une règle rabbinique soit tranché avec indulgence, c'est interdit ici parce que c'est une chose qui deviendra permise après le Yom Tov (davar chéyech lo matirin) ; et nous avons déjà écrit plus haut, au siman 325, Michna Beroura, séif katan 48, au nom des A'haronim, d'être indulgent en cela le soir, aussitôt. Et certains sont indulgents sur le principe même de cette règle : selon eux, pour un doute sur l'extérieur du te'houm, nous suivons l'indulgence, et même le Yom Tov lui-même c'est permis. En pratique, l'essentiel est selon la première opinion ; et certains ont envisagé d'être indulgent dans ce cas le second Yom Tov, parce que c'est un double doute (sfek sfeika) ; et voir plus haut au siman 497, séif katan 43, ce que nous avons écrit à ce sujet ; et voir plus haut au siman 325, où l'auteur a expliqué les détails des règles de ce séif, alors qu'ici il a été bref.
séif katan 65
- {סו} מותר בשני - בכדי שיעשו. אע"ג דלענין מחובר מחמרינן בזה לכו"ע וחשבינן ליה כיומא אריכתא וכדלעיל בס"א בתחומין דקילא לא מחמרינן בזה:(66) Permis le second – bikhdei chéyaassou. Bien que pour ce qui est attaché au sol nous soyons en cela rigoureux selon tous les avis, en le considérant comme un seul long jour, comme plus haut au séif 1, pour les te'houmim, qui sont plus légers, nous ne sommes pas rigoureux en cela.
séif katan 66
- {סז} וה"ה לשבת ויו"ט הסמוכין וכו' - פי' אם הובא בשבת מותר במו"ש בכדי שיעשו ואע"ג שחל אז יום א' של יו"ט וה"ה בחל שבת אחר יו"ט ולא שייך כאן הכנה:(67) Et il en est de même pour le Chabbat et le Yom Tov contigus, etc. – l'explication : si cela a été apporté le Chabbat, c'est permis à la sortie du Chabbat bikhdei chéyaassou, bien que tombe alors le premier jour du Yom Tov ; et il en est de même quand le Chabbat tombe après le Yom Tov ; et la hakhana (préparation d'un jour saint pour l'autre) ne s'applique pas ici.
séif katan 67
- {סח} למי שהובא בשבילו - ולא שייך הכא למיגזר שמא יאמר לו לעכו"ם להביא דכ"ז במביא העכו"ם פירותיו בשביל ישראל אבל הכא אין לעכו"ם זה שום שייכות והיכרות לישראל המקבל ורק שליחותיה דישראל קמא הוא דעביד. וכתבו הפוסקים דכ"ז דוקא בנתעכב העכו"ם בדרך אבל אם המשלח היה יודע שלא יגיע עד יו"ט להמקבל ה"ז אסור באכילה למי שהובא בשבילו ולערב בכדי שיעשו כיון שנעשה איסור בשבילו. וכתבו עוד דאפילו בנתעכב דמותר מ"מ אם הדורון הוא דבר שיש במינו מחובר או דגים שיש במינו מה שניצוד היום יש לחוש שמא החליף עכו"ם בגרוע ממנו שנלקטו או שניצודו אצלו היום ביו"ט ואין לקבל ממנו אא"כ חתום בחותם וע"ד שנתבאר ביו"ד סימן קי"ח:(68) Pour celui pour qui cela a été apporté – et il n'y a pas lieu ici de décréter de peur qu'il ne dise au non-Juif d'apporter, car tout cela concerne un non-Juif qui apporte ses fruits pour un Juif ; mais ici ce non-Juif n'a aucun lien ni aucune relation avec le Juif qui reçoit, et il ne fait qu'exécuter la mission du premier Juif. Et les décisionnaires ont écrit que tout cela ne vaut que lorsque le non-Juif a été retardé en chemin ; mais si l'expéditeur savait qu'il n'arriverait chez le destinataire qu'au Yom Tov, c'est interdit à la consommation pour celui pour qui cela a été apporté, et le soir (il faut attendre) bikhdei chéyaassou, puisque l'interdit a été commis pour lui. Ils ont encore écrit que, même lorsqu'il a été retardé, où c'est permis, néanmoins si le cadeau est une chose dont l'espèce est attachée au sol, ou des poissons dont l'espèce comprend ce qui a été capturé aujourd'hui, il faut craindre que le non-Juif ne l'ait échangé contre quelque chose de moindre qui a été cueilli ou capturé chez lui aujourd'hui, le Yom Tov ; et on ne doit l'accepter de lui que si c'est scellé d'un sceau, selon ce qui a été expliqué dans Yoré Déa, siman 118.
séif katan 68
- {סט} אבל אסור לכל ישראל וכו' - כנ"ל בסעיף ה':(69) Mais c'est interdit à tout Juif, etc. – comme ci-dessus au séif 5.
séif katan 69
- {ע} ודוקא שהיה דעתו וכו' - ר"ל שהמקבל ידע שיגיע לו דורון מפלוני וסמך ע"ז:(70) Et seulement si son intention était, etc. – il veut dire que le destinataire savait qu'un cadeau lui parviendrait d'un tel, et comptait sur cela.
séif katan 70
- {עא} אע"ג דלית ביה וכו' - פי' דליכא למיסר משום בא מחוץ לתחום כיון דאין להנכרי שום שייכות לישראל המקבל וכנ"ל:(71) Bien qu'il n'y ait pas, etc. – l'explication : il n'y a pas lieu d'interdire en raison de ce qui vient de l'extérieur du te'houm, puisque le non-Juif n'a aucun lien avec le Juif qui reçoit, comme ci-dessus.
séif katan 71
- {עב} אסור משום מוקצה - ודעת כמה אחרונים להקל בזה דלא שייך בזה מוקצה דהבעלים לא הקצום דדעת הבעלים היה להקנותם בזה להאכילם לו ומצד המקבל ליכא מוקצה דלא יהא אלא פירות הפקר שבאו מחוץ לתחום שמותר לאכלן אע"פ שלא היה דעתו עליו ואין לאסור אלא בהיה לו לישראל עצמו פירות חוץ לתחום והביאם לו הנכרי ביו"ט דכיון דידעו בהן הבעלים מבע"י ואסחו דעתא מינייהו כיון שלא הביאם לתוך התחום מעיו"ט הוו להו מוקצה ויש מקילין גם בזה שהרי בעיקרו לא הסתלק מהם ולא הכניסם לאוצר וכדומה אלא שריחוק המקום עיכבו מלהשתמש בהם ולא שייך בזה איסור מוקצה ודינו כמו שכתב המחבר בס"ה עי"ש וכתב הא"ר דיש לסמוך עלייהו בשעת הדחק וכ"ז למאן דאית ליה איסור מוקצה ביו"ט אבל למאן דלית ליה איסור מוקצה ביו"ט לא שייכא כלל כל עיקר הגה זו:(72) C'est interdit à cause du mouktsé – et l'avis de plusieurs A'haronim est d'être indulgent dans ce cas, car le mouktsé ne s'applique pas ici : les propriétaires ne les ont pas écartés, car l'intention des propriétaires était de les lui transférer par ce moyen, pour qu'il les mange ; et du côté du destinataire, il n'y a pas de mouktsé, car ce n'est pas pire que des fruits sans propriétaire venus de l'extérieur du te'houm, qu'il est permis de manger bien qu'il n'y ait pas pensé. On ne doit interdire que si le Juif lui-même avait des fruits hors du te'houm et que le non-Juif les lui a apportés le Yom Tov : puisque les propriétaires en avaient connaissance dès avant la nuit et en ont détourné leur esprit, du fait qu'ils ne les avaient pas amenés dans le te'houm dès la veille du Yom Tov, ils sont devenus mouktsé. Et certains sont indulgents même dans ce cas, car à la base il ne s'en est pas détaché, il ne les a pas mis en réserve ou autre chose semblable ; c'est seulement l'éloignement du lieu qui l'a empêché de s'en servir, et l'interdit de mouktsé ne s'applique pas ici ; sa règle est comme ce qu'a écrit l'auteur au séif 5, voir là-bas. Et l'Eliya Rabba a écrit qu'on peut s'appuyer sur eux en cas de nécessité pressante. Et tout cela selon celui qui admet l'interdit de mouktsé le Yom Tov ; mais selon celui qui n'admet pas l'interdit de mouktsé le Yom Tov, toute cette glose ne s'applique pas du tout.
séif katan 72