Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 500 →- {א} אין קונים בשר וכו' - אפילו ליקח בהקפה משום גזירת מקח וממכר:(1) On n'achète pas de viande, etc. – même pour la prendre à crédit (sans fixer de prix), en raison du décret des Sages concernant l'achat et la vente (interdits le jour de fête).
séif katan 1
- {ב} הריני שותף וכו' - ר"ל אע"פ שאינו קונה ממנו אלא משתתף עמו בגוף הבהמה אפ"ה אסור כיון שמזכיר שם דמים:(2) Je suis associé, etc. – c'est-à-dire : bien qu'il n'achète pas la viande de lui, mais s'associe avec lui dans l'animal même, c'est néanmoins interdit, puisqu'il mentionne une somme d'argent.
séif katan 2
- {ג} אלא מחלק וכו' - עיין בה"ל:(3) Mais il partage, etc. – voir le Biour Halakha.
séif katan 3
- {ד} להם - דוקא בלא גורל כגון שהם מוותרים זה לזה ואין מקפידין אם יקח חבירו מנה יפה אבל אם מקפידין וצריכין גורל אסור ועיין סוף סי' שכ"ב ואפילו גורל ע"י סכין כמו שעושין הקצבים [דהיינו שמניחין סכין בין שני החלקים ושואלים להקונים איזה צד רוצה אם החלק שמונח לצד החד או לצד הגב] גם זה מקרי גורל ואסור [אור זרוע הלכות יו"ט]:(4) Entre eux – uniquement sans tirage au sort, par exemple lorsqu'ils se font des concessions mutuelles et ne sont pas pointilleux si leur compagnon prend une belle portion ; mais s'ils sont pointilleux et ont besoin d'un tirage au sort, c'est interdit. Voir la fin du siman 322. Et même un tirage au sort au moyen d'un couteau, comme le font les bouchers [c'est-à-dire qu'ils posent un couteau entre les deux parts et demandent aux acheteurs quel côté ils veulent : la part placée du côté du tranchant ou du côté du dos de la lame], cela aussi s'appelle un tirage au sort et c'est interdit [Or Zaroua, lois de Yom Tov].
séif katan 4
- {ה} ומביא וכו' - ר"ל וכדי שידעו אח"כ כמה צריך לפרוע שהרי יש בהמה שחלק ממנה שוה דינר ויש בהמה שנתח ממנה שוה שני דינרים לזה אמרו חכמים שקודם ששוחט לבהמה מביא בהמה אחרת ששויה כזו לעין הרואה ולמחר שמין דמיה וכן ישלמו. ונראה דאם הקונים סומכין על הטבח בדבר המקח שיאמר להם למחר א"צ להביא בהמה אחרת אח"כ מצאתי שכ"כ בא"ר בשם תניא וז"ל וה"ה שיוכל לילך לטבח ישראל או כותי ולומר לו תן לי רגל או חצי וכיו"ב בלא זכירת מקח וממכר ופיסוק דמים ולמחר פורע לו המעות כמו שיוכל וכעין זה משמע בטור סימן תקי"ז:(5) Et il apporte, etc. – c'est-à-dire : afin qu'ils sachent ensuite combien il faut payer ; car il y a un animal dont une part vaut un dinar, et il y a un animal dont un morceau vaut deux dinars. C'est pourquoi les Sages ont dit qu'avant d'abattre l'animal, il apporte un autre animal dont la valeur paraît égale à celle-ci à l'œil, et le lendemain on en estime la valeur et ils paieront en conséquence. Et il semble que si les acheteurs font confiance au boucher pour le prix, qu'il leur dira le lendemain, il n'est pas nécessaire d'apporter un autre animal. Ensuite, j'ai trouvé que l'Eliya Rabba a écrit ainsi au nom du (Sefer) Tania, et voici ses mots : « De même, on peut aller chez un boucher juif ou non juif (Kouti) et lui dire : Donne-moi une patte, ou une moitié, etc., sans mention d'achat et de vente ni fixation de prix, et le lendemain on lui paie l'argent selon ce qu'on peut (évaluer). » Et c'est dans ce sens qu'on comprend le Tour, siman 517.
séif katan 5
- {ו} זו כזו - ומ"מ אסור לפרש ולומר מה שאתה נוטל למחר בעד זו ניתן לך בעד זו דהוי סכום מקח:(6) Celui-ci comme celui-là – néanmoins, il est interdit de préciser et de dire : « Ce que tu prendras demain pour celui-ci, nous te le donnerons pour celui-là », car c'est la fixation d'un montant de vente.
séif katan 6
- {ז} אפילו בכה"ג אסור - היינו אפילו בלא פיסוק דמים שאומר לעכו"ם הריני עמך בבהמה זו למחצה וכו' והטעם משום דאין ישראל רגיל להשתתף עם העכו"ם מחזי טפי כמקח וממכר ולא הקילו בזה ויש חולקין בזה דלא מפלגינן בין ישראל לעכו"ם וכל שאינו מזכיר דמים מותר ויש להחמיר כסברא ראשונה. בד"א בדבר שאין שיעור מקחו ידוע כמו בשר אבל דבר שמקחו ידוע כמו ביצים ואגוזים וכה"ג מותר ליקח חלק אצל נכרי אם אינו מזכיר לו סכום דמים. וכתב הלבוש דאסור לו לישראל למכור לעכו"ם ביו"ט אפילו בלי פיסוק דמים [אם לא דאיכא פסידא כגון בשר טריפה וכדלעיל בסוף סימן תצ"ז ע"ש] דלא התירו זה אלא כשישראל קונה ומשום שמחת יו"ט:(7) Même dans un tel cas, c'est interdit – c'est-à-dire même sans fixation de prix, lorsqu'il dit au non-Juif : « Je suis avec toi pour moitié dans cet animal », etc. La raison : puisqu'un Juif n'a pas l'habitude de s'associer avec un non-Juif, cela ressemble davantage à un achat et une vente, et on n'a pas été indulgent en cela. Certains contestent cela : on ne distingue pas entre un Juif et un non-Juif, et tant qu'il ne mentionne pas d'argent, c'est permis ; mais il faut être rigoureux selon le premier avis. Quand cela a-t-il été dit ? Pour une chose dont le prix n'est pas connu, comme la viande ; mais une chose dont le prix est connu, comme les œufs, les noix et autres choses semblables, il est permis d'en prendre une part chez un non-Juif s'il ne lui mentionne pas de montant. Et le Levouch a écrit qu'il est interdit à un Juif de vendre à un non-Juif le jour de fête, même sans fixation de prix [sauf s'il y a une perte, par exemple de la viande tereifa (impropre à la consommation), comme plus haut à la fin du siman 497, voir là-bas], car on ne l'a permis que lorsque le Juif achète, et en raison de la joie de Yom Tov.
séif katan 7
- {ח} אסור לשקול - ואפילו אינו שוקל במשקל הרגיל אלא שמניח בכף כלי או סכין ודעתו למחר לשקלו אפ"ה אסור דעובדא דחול הוא כתבו האחרונים דאפילו אינו מדקדק במשקל כ"כ רק פוחת מעט או מוסיף ג"כ אסור דמ"מ נראה כשוקל:(8) Il est interdit de peser – même s'il ne pèse pas avec les poids habituels, mais pose sur le plateau un ustensile ou un couteau, avec l'intention de la peser le lendemain, c'est néanmoins interdit, car c'est une activité profane. Les A'haronim ont écrit que même s'il n'est pas si précis dans la pesée, mais retranche un peu ou ajoute, c'est aussi interdit, car de toute façon il a l'air de peser.
séif katan 8
- {ט} ואפי' ליתנו וכו' - ר"ל ובכף השני מונח משקלות:(9) Et même pour la placer, etc. – c'est-à-dire alors que sur le second plateau sont posés des poids.
séif katan 9
- {י} שרגילין לשקול בה - דאז נראה כשוקל ועיין בבה"ל כתבו האחרונים דלא קאי רק אנותנו לשמור מן העכברים הא במקום ששוקל להדיא אפילו אינה תלויה במקומה אסור:(10) Avec laquelle on a l'habitude de peser – car alors il a l'air de peser ; voir le Biour Halakha. Les A'haronim ont écrit que cela ne concerne que celui qui la place (sur la balance) pour la garder des souris ; mais là où il pèse ouvertement, même si la balance n'est pas suspendue à sa place, c'est interdit.
séif katan 10
- {יא} ואפילו לשקול מנה וכו' - מנה הוא חלק ור"ל כשיש להם בשר לחלק ומניחין חלק אחד בכף אחת והשני בכף שכנגד להשוותם:(11) Et même pour peser une portion, etc. – mana signifie une part ; c'est-à-dire lorsqu'ils ont de la viande à partager et qu'ils posent une part sur un plateau et l'autre sur le plateau opposé pour les égaliser.
séif katan 11
- {יב} שלוקח וכו' ומשער - דוקא בזה שהוא השערה בעלמא אבל אם לוקח משקל ביד אחת וביד השני בשר לשער נגד המשקל אסור:(12) Qu'il prend, etc., et estime – uniquement dans ce cas, qui est une simple estimation ; mais s'il prend un poids dans une main et dans l'autre de la viande pour l'estimer par rapport au poids, c'est interdit.
séif katan 12
- {יג} אפילו זה אסור - מפני שהוא רגיל בזה יודע הוא לכוין המשקל בצמצום וכשוקל במאזנים דמי וכתבו האחרונים דלא מחמרינן בזה אלא בשעה שמוכר אבל לעצמו בביתו לית לן בה. אסור לשקול הבשר במים דהיינו כלי שיש בו שנתות [דהיינו חריצים] ונותן בו מים ומניח בו הבשר וכשהמים מגיעין עד השנתות יודע כמה ליטרא יש בבשר ג"ז אסור ואפילו פיחת מעט או הוסיף מעט שניכר שמכוין למשקל [גמרא]:(13) Même cela est interdit – car, étant habitué à cela, il sait viser le poids avec précision, et c'est comme s'il pesait avec une balance. Les A'haronim ont écrit qu'on n'est rigoureux en cela qu'au moment où il vend ; mais pour lui-même, chez lui, il n'y a pas de problème. Il est interdit de peser la viande dans l'eau, c'est-à-dire dans un récipient qui comporte des graduations [c'est-à-dire des encoches] : on y met de l'eau et on y place la viande, et lorsque l'eau atteint les graduations, on sait combien de livres (litra) pèse la viande ; cela aussi est interdit, même s'il retranche un peu ou ajoute un peu, car on voit qu'il vise le poids [Guemara].
séif katan 13
- {יד} חותך כדרכו - כתב המ"א דמותר לומר לטבח תן לי ליטרא בשר דאינו מכוין למשקל אלא להודיע לו כמה הוא צריך וכמו שכתב הרמ"א לעיל סימן שכ"ג ס"ד וע"ש במ"ב סק"כ ובה"ל:(14) Il coupe à sa manière – le Maguen Avraham a écrit qu'il est permis de dire au boucher : « Donne-moi une livre de viande », car il ne vise pas le poids, mais seulement à lui faire savoir combien il lui en faut, comme l'a écrit le Rema plus haut, siman 323, séif 4 ; et voir là-bas la Michna Beroura, séif katan 20, et le Biour Halakha.
séif katan 14
- {טו} לתלותו בו - מלשון זה משמע דאפילו בעה"ב לעצמו אין לו לעשות נקב בבשר השחוט כדי שיוכל לתלותו על הכותל שלא יעשה כדרך שהוא עושה בחול אבל יש מפרשים דאין הדברים אמורים אלא בקצב המוכר בשר שדרכו בחול לעשות נקב בסכין בהבשר כדי שיוכל הלוקח לאחוז שם בידו להוליכו לביתו וביו"ט צריך לשנות לעשות הנקב ביד כדי שיהיה היכר שאין מקח וממכר מותר בו ולעשות נקב בחתיכת האפיקומן בפסח לתלותו נראה דלכו"ע מותר אפילו בסכין ומ"מ לעשות בו נקב עיגול או משולש כמגן דוד יש להחמיר [פמ"ג]:(15) Pour la suspendre – de cette formulation il ressort que même le maître de maison, pour lui-même, ne doit pas faire de trou dans la viande abattue pour pouvoir la suspendre au mur, afin de ne pas faire comme il fait en semaine. Mais certains commentateurs expliquent que ces propos ne concernent que le boucher qui vend de la viande, dont l'habitude en semaine est de faire au couteau un trou dans la viande, afin que l'acheteur puisse la tenir par là à la main pour l'emporter chez lui ; et le jour de fête, il doit changer sa manière en faisant le trou à la main, afin qu'il y ait un signe que l'achat et la vente n'y sont pas permis. Quant à faire un trou dans le morceau d'afikoman à Pessa'h pour le suspendre, il semble que selon tous ce soit permis, même au couteau ; néanmoins, y faire un trou rond, ou triangulaire, ou en forme de Maguen David, il faut être rigoureux [Peri Megadim].
séif katan 15
- {טז} לעשות בו סימן - שלא יחליפנו אדם:(16) Pour y faire un signe – afin que personne ne l'échange.
séif katan 16
- {יז} מותר אפילו בסכין - איתא בגמרא דרבה בר ר"ה =רב הונא= מחתך אתלת קרנתא [כשהיה משלח הבשר לביתו היה רגיל לעשות כל חתיכה בעלת שלש קרנות ובביתו היו יודעין שזה היה סימן שלו תמיד] אבל אותיות [וציורים] אסור לעשותן בבשר דרך סימן ביו"ט:(17) C'est permis même avec un couteau – il est rapporté dans la Guemara que Rabba bar Rav Houna découpait la viande en trois pointes [lorsqu'il envoyait la viande chez lui, il avait l'habitude de faire chaque morceau à trois pointes, et chez lui on savait que c'était toujours son signe] ; mais des lettres [ou des dessins], il est interdit de les faire dans la viande en guise de signe le jour de fête.
séif katan 17
- {יח} מולגין וכו' - ברותחין אחר המליחה כדי להשיר השיער וכן מהבהבין וכו' דהוי מלאכה לצורך אוכל נפש ופשוט דלדעת היש מחמירין לעיל בסימן תצ"ה דאף באו"נ גופא אם אפשר לו לעשות מעיו"ט אסור ביו"ט מיירי כאן בשלא היה לו פנאי למולגו מעיו"ט [דידוע שאינו מתקלקל אם היה מולגו מעיו"ט] או דמיירי ששחטו ביו"ט גופא:(18) On ébouillante, etc. – dans l'eau bouillante, après le salage, afin de faire tomber les poils ; et de même on flambe, etc., car c'est un travail pour la nourriture (okhel néfech). Et il est évident que, selon l'avis de ceux qui sont rigoureux, plus haut au siman 495, à savoir que même pour la nourriture elle-même, s'il peut le faire la veille de Yom Tov, c'est interdit le jour de fête, il s'agit ici d'un cas où il n'a pas eu le temps de l'ébouillanter la veille de Yom Tov [car il est connu que la viande ne se gâte pas s'il l'ébouillantait la veille de Yom Tov], ou bien il s'agit d'un cas où il l'a abattue le jour de fête même.
séif katan 18
- {יט} באור - וה"ה דמותר להטמין אותו ברמץ:(19) Au feu – de même, il est permis de l'enfouir dans la cendre chaude.
séif katan 19
- {כ} בסיד וכו' - כדי להסיר השער:(20) Avec de la chaux, etc. – afin d'enlever les poils.
séif katan 20
- {כא} בבת אחת - במפולת יד אחת כגון שיש כאן שלש חתיכות יניחם זו אצל זו ויקח מלח מלא חפניו כדי שיעור מליחה של כל החתיכות וזורה עליהם בבת אחת:(21) En une seule fois – d'un seul jet de la main ; par exemple, s'il y a là trois morceaux, il les place l'un à côté de l'autre, prend du sel plein ses poignées, la quantité nécessaire pour saler tous les morceaux, et le répand sur eux en une seule fois.
séif katan 21
- {כב} אע"פ שאינו צריך - ליו"ט אלא אחת והטעם שטורח אחד הוא טורח לכל הבשר שהרי מולחן ביחד ואע"פ שהוא מוסיף קצת טרחא שהרי צריך להפך כל חתיכה וחתיכה בפ"ע כדי למולחם בצד השני מ"מ כיון דמן התורה אין עיבוד באוכלין כמו שכתבנו לעיל בסימן שכ"א הקילו חכמים למלוח בבת אחת אם חושש שמא יסריח הבשר:(22) Bien qu'il n'ait besoin – pour Yom Tov que d'un seul morceau. La raison : un seul effort est un effort pour toute la viande, puisqu'il la sale ensemble. Et bien qu'il ajoute un peu d'effort, puisqu'il doit retourner chaque morceau séparément pour le saler de l'autre côté, néanmoins, puisque selon la Torah il n'y a pas d'interdit de tannage (ibboud) pour les aliments, comme nous l'avons écrit plus haut au siman 321, les Sages ont été indulgents pour permettre de saler en une seule fois s'il craint que la viande ne se gâte.
séif katan 22
- {כג} וי"א דלא שרי להערים וכו' - הלשון מגומגם דלא נזכר הערמה כלל בדברי המחבר וכתבו הרבה מפרשים שחסר כאן בדברי המחבר וכצ"ל ומותר להערים ולמלוח חתיכה ואח"כ ליטול אחרת ולומר בזה אני רוצה ור"ל דאפילו כשאינו מולח בבת אחת יש תקנה דהיינו ע"י הערמה שיאמר בזו האחרת אני רוצה עכשיו והתירו לו דבר זה כדי שלא ימנע מלשחוט אם ידע שלא יתירו לו למלוח כל הבשר ואתי למסרח [ויש שכתבו דאפילו נשחט מעיו"ט נמי מותר למלוח כולן ביו"ט ע"י הערמה] וע"ז הגיה רמ"א וי"א דלא שרי להערים וכו':(23) Et certains disent qu'il n'est pas permis d'user d'un subterfuge, etc. – la formulation est confuse, car il n'est pas du tout question de subterfuge dans les propos de l'auteur (le Choulhan Aroukh). De nombreux commentateurs ont écrit qu'il manque ici un passage dans les propos de l'auteur, et qu'il faut lire ainsi : « Et il est permis d'user d'un subterfuge : saler un morceau, puis en prendre un autre et dire : c'est celui-ci que je veux. » C'est-à-dire que même lorsqu'il ne sale pas en une seule fois, il y a un moyen, à savoir un subterfuge, en disant : « C'est cet autre-ci que je veux maintenant » ; et on lui a permis cela afin qu'il ne s'abstienne pas d'abattre, s'il savait qu'on ne lui permettrait pas de saler toute la viande et qu'elle en viendrait à se gâter [et certains ont écrit que même si l'animal a été abattu la veille de Yom Tov, il est aussi permis de tout saler le jour de fête par un subterfuge]. Et c'est sur cela que le Rema a glosé : « Et certains disent qu'il n'est pas permis d'user d'un subterfuge, etc. »
séif katan 23
- {כד} רק קודם אכילת וכו' - דבאמת צריך לאכול אז איזה חתיכה אבל אם כבר אכל ואין בדעתו לאכול עוד יותר היום אסור להערים ולמלוח אע"פ שיבשל ויטעום מעט כיון שאינו טועם רק כדי להתיר לו מליחת שאר החתיכות וכעין שנתבאר לקמן בסימן תק"ג ס"א ע"ש. ואפי' אם ירצה למלוח כל החתיכות ביחד נמי אסור בכגון זה דלא שייך בזה לומר טרחא אחת לכולם שהרי גם לאחת א"צ באמת. והסכימו האחרונים דכ"ז בשאינו ידוע לו בודאי שיסריח אם לא ימלחנו אבל בידוע לו בודאי מותר למולחו אפילו אחר אכילה ואפילו בזה אחר זה ע"י שיערים על כל חתיכה לומר מזו אוכל היום וצריך שיאכל כזית מאחת מהן ואפילו זה לא התירו אלא כששחט ביו"ט כדי שלא ימנע על להבא מלשחוט אבל כששחטה מעיו"ט כיון שהיה יכול למלחה מעיו"ט אסור למלוח בשר שא"צ לו ביו"ט אא"כ מולחו קודם אכילה:(24) Seulement avant le repas, etc. – car en vérité il a alors besoin de manger un morceau ; mais s'il a déjà mangé et n'a pas l'intention de manger davantage aujourd'hui, il est interdit d'user d'un subterfuge et de saler, même s'il cuit et goûte un peu, puisqu'il ne goûte que pour se permettre de saler les autres morceaux, à l'image de ce qui sera expliqué plus loin au siman 503, séif 1, voir là-bas. Et même s'il veut saler tous les morceaux ensemble, c'est aussi interdit dans un tel cas, car on ne peut pas dire ici « un seul effort pour tous », puisqu'en vérité il n'a même pas besoin d'un seul. Les A'haronim se sont accordés à dire que tout cela vaut lorsqu'il ne sait pas avec certitude qu'elle se gâtera s'il ne la sale pas ; mais s'il le sait avec certitude, il est permis de la saler même après le repas, et même morceau après morceau, en usant d'un subterfuge pour chaque morceau, en disant : « De celui-ci je mangerai aujourd'hui » ; et il doit manger un kezayit (volume d'une olive) de l'un d'eux. Et même cela n'a été permis que lorsqu'il a abattu le jour de fête, afin qu'il ne s'abstienne pas à l'avenir d'abattre ; mais lorsqu'il l'a abattue la veille de Yom Tov, puisqu'il pouvait la saler la veille, il est interdit de saler le jour de fête de la viande dont il n'a pas besoin, à moins de la saler avant le repas.
séif katan 24
- {כה} ומותר למלוח וכו' - ר"ל כשמולחו להכשירו להוציא דמו [ומטעם דאם היה מולחו מעיו"ט היה צריך אחר הדחה שניה למולחו עוד פעם שני ולהשהותו במלח עד למחר [דאל"כ היה מתקלקל] ודבר ידוע הוא כשהבשר שוהה הרבה במלח מפיג טעם לפיכך מותר למלוח הבשר שרוצה לאכלו בו ביום ואגבן מותר למלוח שארי הבשר כיון שהוא בבת אחת או ע"י הערמה וכנ"ל] אבל אם כבר נמלח והודח משום דם אסור למולחו פעם שנית ביו"ט כדי שלא יפסיד ואפילו בשחרית קודם אכילה שהרי אין דרך למלוח בשר בשעת בישולו ואדרבה מדיחין אותו ממלחו בשעת בישולו ואם כן מוכחא מלתא שמולח רק לתקן הבשר ולכן אסור. אמנם בליל יו"ט ב' מותר לחזור ולמלחו ע"י שיערים על כל חתיכה לומר מזו אוכל למחר וכן יעשה שיאכל מהן מעט למחר:(25) Et il est permis de saler, etc. – c'est-à-dire lorsqu'il la sale pour la rendre propre à la consommation, pour en extraire le sang [la raison : s'il l'avait salée la veille de Yom Tov, il aurait fallu, après le second rinçage, la saler encore une seconde fois et la laisser dans le sel jusqu'au lendemain [sinon elle se serait gâtée], et il est connu que lorsque la viande reste longtemps dans le sel, elle perd son goût ; c'est pourquoi il est permis de saler la viande qu'il veut manger le jour même, et par la même occasion il est permis de saler le reste de la viande, puisque c'est en une seule fois ou par un subterfuge, comme dit plus haut]. Mais si elle a déjà été salée et rincée pour le sang, il est interdit de la saler une seconde fois le jour de fête afin qu'elle ne se gâte pas, même le matin avant le repas, car on n'a pas l'habitude de saler la viande au moment de la cuire ; au contraire, on la rince de son sel au moment de la cuire. Il est donc manifeste qu'il ne sale que pour conserver la viande, et c'est pourquoi c'est interdit. Toutefois, la nuit du second jour de Yom Tov, il est permis de la saler à nouveau en usant d'un subterfuge pour chaque morceau, en disant : « De celui-ci je mangerai demain » ; et qu'il fasse en sorte d'en manger un peu le lendemain.
séif katan 25
- {כו} אע"פ שהיה וכו' - ומ"מ דגים שהם משובחין כשמונחין במלח אסור למולחן ביו"ט כשהיה יכול למלחן מעיו"ט [ואין בכלל זה מה שנותנין מלח לתוך המחבת שמבשלין אותן בה דאין איסור במליחה אלא משום גזרת עיבוד או משום דטורח שלא לצורך יו"ט משא"כ בזה שנותן לתוך התבשיל] ומיני דגים הרכים המתקלקלים כשינוחו זמן רב במלח מותר למלחן ביו"ט אפילו אם קרען בעיו"ט ודינן כמליחת בשר לכל דבר:(26) Bien qu'il ait été, etc. – néanmoins, les poissons, qui sont meilleurs lorsqu'ils reposent dans le sel, il est interdit de les saler le jour de fête lorsqu'il pouvait les saler la veille de Yom Tov [et cela n'inclut pas le sel qu'on met dans la poêle où on les cuit, car l'interdit du salage n'est dû qu'au décret relatif au tannage, ou à un effort qui n'est pas pour les besoins de Yom Tov, ce qui n'est pas le cas ici, où il le met dans le plat]. Quant aux espèces de poissons tendres, qui se gâtent lorsqu'elles restent longtemps dans le sel, il est permis de les saler le jour de fête même s'il les a ouvertes la veille de Yom Tov, et leur règle est comme celle du salage de la viande à tous égards.
séif katan 26
- {כז} אפילו נשחט מעיו"ט - וכנ"ל לענין מליחה וכ"ז כשמנקר הבשר שדעתו לאכלה ביו"ט אבל שאר בשר אסור לנקרו ואפילו נשחט ביו"ט שהרי טורח הוא לצורך חול אא"כ רוצה למלחו מפני שחושש שמא יסריח הבשר ולמלחו אסור קודם ניקור כמ"ש ביו"ד סימן ס"ה בזה מותר לו לנקר גם שאר בשר ע"י הערמה דהיינו לאחר שניקר חתיכה אחת לצורך היום אומר חתיכה זו אינה טובה בעיני כ"כ רק חתיכה אחרת ומנקרה וכן כולם. ודוקא כשנשחט ביו"ט אבל אם נשחטה בעיו"ט והיה לו פנאי לנקרה מבע"י אסור לו לנקר ביו"ט רק הבשר שצריך לו לאכילה ביו"ט שהרי הניקור אינו מפיג טעם הבשר כלל והיה לו לנקר קודם יו"ט:(27) Même s'il a été abattu la veille de Yom Tov – comme dit plus haut au sujet du salage. Et tout cela, lorsqu'il purge (nikour : retrait des veines et graisses interdites) la viande qu'il compte manger le jour de fête ; mais le reste de la viande, il est interdit de la purger, même si l'animal a été abattu le jour de fête, car c'est un effort pour les besoins de la semaine ; à moins qu'il ne veuille la saler parce qu'il craint que la viande ne se gâte, et il est interdit de la saler avant le nikour, comme il est écrit dans Yoré Déa, siman 65 : dans ce cas, il lui est permis de purger aussi le reste de la viande par un subterfuge, c'est-à-dire qu'après avoir purgé un morceau pour les besoins du jour, il dit : « Ce morceau ne me plaît pas tant, plutôt un autre », et il le purge, et ainsi de suite pour tous. Et cela uniquement lorsque l'animal a été abattu le jour de fête ; mais s'il a été abattu la veille de Yom Tov et qu'il avait le temps de le purger pendant qu'il faisait jour, il lui est interdit de purger le jour de fête, sauf la viande dont il a besoin pour manger le jour de fête, car le nikour ne fait pas du tout perdre son goût à la viande, et il aurait dû la purger avant Yom Tov.
séif katan 27
- {כח} וטוב לשנות קצת - דהיינו שינקרנו בקופיץ או בקרדום ואע"ג דלעיל גבי מליחה אף שהיה יכול למלחו מעיו"ט א"צ שינוי התם משום דבשר ששוהה הרבה במליחה מפיג טעם משא"כ הכא ע"י הניקור אינו מפיג טעם כלל והיה לו לנקרו מעיו"ט:(28) Et il est bien de modifier un peu – c'est-à-dire qu'il la purge avec un couperet ou une hache. Et bien que plus haut, au sujet du salage, même s'il pouvait la saler la veille de Yom Tov, il ne soit pas nécessaire de modifier, là c'est parce que la viande qui reste longtemps dans le sel perd son goût ; ce qui n'est pas le cas ici : par le nikour, elle ne perd pas du tout son goût, et il aurait dû la purger la veille de Yom Tov.
séif katan 28
- {כט} אם יוכל לשנות - ואם א"א לו לשנות מותר אפילו בלי שינוי ואע"ג דהיה יכול לעשות מעיו"ט משום דבניקור ליכא שום לתא דמלאכה אלא משום טרחא בעלמא וחלק אחוריים דא"א לנקר היטב ע"י שינוי יש להחמיר שלא לנקרו אם נשחט מעיו"ט והיה שהות לנקרו מעיו"ט ובמקום דחק יש להקל לצורך יו"ט. בשר מנוקר שהוא ביום ג' לשחיטתו ואם ישהה אחר יו"ט יהיה אסור לאכלו כ"א צלי כמבואר ביו"ד סי' מותר להדיחו ביו"ט הואיל וראוי לאכילה ואף דטרחא זו לצורך חול הוא אינו עושה מעשה רק ששופך עליו מים [ומ"מ ראוי לכתחלה שיאכלו הקצבים חתיכה ממנה ואם אפשר להניח ההדחה עד יו"ט ב' לא ידיחו ביו"ט ראשון] אבל בשבת דא"א לבשל ולאכול אסור [מ"א] ועיין לעיל בסימן שכ"א במ"ב סקכ"א מה שכתבנו בשם האחרונים דע"י עכו"ם בודאי יש להקל להדיח ואם א"א ע"י עכו"ם מותר גם ע"י ישראל. עוד כתב המ"א דאם אירע זה בבשר שאינו מנוקר גם ביו"ט אסור להדיחו משום דכיון דאסור לנקר מה שאינו לצורך יו"ט ע"י הערמה שיאמר אוכל ממנו כזית כיון דהיה יכול לנקרה מבע"י וכנ"ל ממילא לא חזי לאכילה וע"כ דינו כמו בשבת דאסור להדיחו והנה לפי מה שהקילו האחרונים גם בשבת במקום הדחק מטעם דכיון דחזי לטלטול ממילא מותר להדיחו ג"כ גם בבשר שאינו מנוקר אין להחמיר מטעם זה כמו שביארתי בבה"ל. ומ"מ אם אפשר ע"י עכו"ם טוב יותר ע"י עכו"ם או כשמונח הבשר בכלי טוב שירחוץ ידיו עליו עד שיהיה הבשר שרוי במים:(29) S'il peut modifier – et s'il ne lui est pas possible de modifier, c'est permis même sans modification, bien qu'il ait pu le faire la veille de Yom Tov, car dans le nikour il n'y a aucune trace de travail interdit (mélakha), mais seulement un simple effort. Quant à la partie arrière (de l'animal), qu'il est impossible de bien purger avec une modification, il faut être rigoureux et ne pas la purger si l'animal a été abattu la veille de Yom Tov et qu'il avait le temps de la purger la veille ; et en cas de nécessité pressante, on peut être indulgent pour les besoins de Yom Tov. De la viande purgée qui en est au troisième jour depuis son abattage, et qui, si elle attend jusqu'après Yom Tov, sera interdite à la consommation sauf rôtie, comme expliqué dans Yoré Déa, siman [69], il est permis de la rincer le jour de fête, puisqu'elle est propre à la consommation ; et bien que cet effort soit pour les besoins de la semaine, il ne fait aucune action, mais verse seulement de l'eau dessus [néanmoins, il convient lekhat'hila (a priori) que les bouchers en mangent un morceau ; et s'il est possible de remettre le rinçage au second jour de Yom Tov, qu'on ne la rince pas le premier jour de Yom Tov]. Mais le Chabbat, où il est impossible de la cuire et de la manger, c'est interdit [Maguen Avraham]. Et voir plus haut, au siman 321, Michna Beroura, séif katan 21, ce que nous avons écrit au nom des A'haronim : par un non-Juif, il faut certainement être indulgent pour la rincer, et si ce n'est pas possible par un non-Juif, c'est permis aussi par un Juif. Le Maguen Avraham a encore écrit que si cela arrive avec de la viande non purgée, même le jour de fête il est interdit de la rincer : puisqu'il est interdit de purger ce qui n'est pas pour les besoins de Yom Tov par le subterfuge de dire « j'en mangerai un kezayit », du fait qu'il aurait pu la purger pendant qu'il faisait jour, comme dit plus haut, de ce fait elle n'est pas propre à la consommation, et sa règle est donc comme le Chabbat, où il est interdit de la rincer. Or, selon l'indulgence des A'haronim même le Chabbat en cas de nécessité pressante, pour la raison que, puisqu'elle est propre à être déplacée, il est de ce fait permis aussi de la rincer, alors même pour de la viande non purgée il n'y a pas lieu d'être rigoureux pour cette raison, comme je l'ai expliqué dans le Biour Halakha. Néanmoins, si c'est possible par un non-Juif, il est préférable de le faire par un non-Juif ; ou bien, lorsque la viande est posée dans un récipient, il est bien qu'il se lave les mains au-dessus d'elle jusqu'à ce que la viande soit trempée dans l'eau.
séif katan 29