Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 450 →- (א) קודם הפסח צריך לפורעו - ר"ל אפילו לוה ממנו ככר זה בע"פ סמוך לזמן הביעור שאם לא הלוהו בלא"ה היה צריך לבערו ואם לא ביערו היה נאסר בהנאה אעפ"כ צריך להחזיר לו ככר אחר אחה"פ שהרי עכ"פ לוה ממנו בשעת היתר ואז היה החמץ ממון גמור שהיה עדיין קודם זמן הביעור וכתבו האחרונים דאפילו אם עבר ישראל הלוה והשהה החמץ עד לאחר פסח ונאסר מ"מ צריך לשלם ולא אמרינן שלא יכול המלוה לקבל דמיו משום חליפי חמץ כדלעיל סימן תמ"ג דאין זה חליפי חמץ שכיון שלוה הככר הרי הוא שלו ואין לו למלוה עליו אלא דמים בעלמא. ישראל שהלוה חמץ לעכו"ם לפני הפסח ושילם לו חמץ כיוצא בו לאחר הפסח הואיל ואינו מחזיר לו חמץ הראשון בעיניה מותר [כ"כ בשלטי הגבורים בשם הריא"ז] ומוכח מדבריו דאם מחזיר לו אותו חמץ אסור ופר"ח חולק על זה דלא מיקרי חמץ שעבר עליו הפסח שהרי עד עתה היה שייך להעכו"ם דכיון שהלוהו קם ליה ברשותיה והו"ל חמץ של נכרי שעבר עליו הפסח דשרי אף באכילה ולמעשה יש להחמיר כדעה קמייתא דמחזי כחמץ של ישראל שעבר עליו הפסח כיון שהחזיר לו אותו החמץ גופא:(1) Avant Pessa'h, il doit la lui rembourser – c'est-à-dire même s'il lui a emprunté cette miche la veille de Pessa'h, près de l'heure de l'élimination (biour), où, s'il ne la lui avait pas prêtée, il aurait de toute façon dû l'éliminer, et s'il ne l'avait pas éliminée, elle serait devenue interdite au profit ; malgré cela, il doit lui rendre une autre miche après Pessa'h, car en tout cas il la lui a empruntée à un moment où c'était permis, et alors le 'hamets était un bien à part entière, puisque c'était encore avant l'heure de l'élimination. Les A'haronim ont écrit que, même si le Juif emprunteur a transgressé et a conservé le 'hamets jusqu'après Pessa'h, de sorte qu'il est devenu interdit, il doit néanmoins payer ; et nous ne disons pas que le prêteur ne peut pas en recevoir le prix en tant qu'« échange de 'hamets », comme plus haut (siman 443), car ce n'est pas un échange de 'hamets : puisqu'il a emprunté la miche, elle est à lui, et le prêteur n'a sur lui qu'une simple créance d'argent. Un Juif qui a prêté du 'hamets à un non-Juif avant Pessa'h, et que celui-ci lui a remboursé avec du 'hamets semblable après Pessa'h : puisqu'il ne lui rend pas le premier 'hamets lui-même, c'est permis [ainsi l'a écrit le Chiltei HaGuibborim au nom du Riaz]. Il ressort de ses propos que s'il lui rend ce même 'hamets, c'est interdit ; mais le Peri 'Hadach le conteste, car ce 'hamets n'est pas appelé « 'hamets sur lequel Pessa'h a passé » (d'un Juif), puisque jusqu'alors il appartenait au non-Juif : dès qu'il le lui a prêté, il est passé en sa possession, et c'est du 'hamets d'un non-Juif sur lequel Pessa'h a passé, qui est permis même à la consommation. En pratique, il faut être rigoureux selon le premier avis, car cela a l'apparence du 'hamets d'un Juif sur lequel Pessa'h a passé, puisqu'il lui a rendu ce même 'hamets.
séif katan 1
- (ב) אם אינו פורעו - ומשום חשש רבית דאסור ללוות סאה בסאה ליכא בככרות משום דהחילוק הוא בדבר מועט ע"פ רוב ולא קפדי אינשי בזה [אחרונים]:(2) S'il ne la rembourse pas – et quant à la crainte d'intérêt (ribit), puisqu'il est interdit d'emprunter une séa contre une séa (une quantité de denrée à rendre en même quantité, car son prix peut monter), elle n'existe pas pour des miches, car la différence de valeur est le plus souvent minime, et les gens n'y prêtent pas attention [A'haronim].
séif katan 2
- (ג) יאמר לו קודם - הטעם דכיון שנתחייב ליתן לו בכל שבוע ככר א"כ כשמיחד העכו"ם הככר בפסח בעבור הישראל הוי כאלו כבר זכה בו והוי כאלו עבר הפסח על חמץ של ישראל להכי צריך להתנות עמו שבעבור שבוע של פסח אינו רוצה ככרות רק הקמח שלהם או דמי שוין [או שיתן לו ככרות שיאפה אחר הפסח] ואם כן אף אם העכו"ם הכין לו ככרות בפסח לא איכפת לן שהרי אינם משועבדים כלל לישראל והם לגמרי ברשות העכו"ם לע"ע:(3) Il lui dira avant – la raison en est que, puisque le non-Juif s'est engagé à lui donner chaque semaine une miche, lorsque le non-Juif réserve la miche pendant Pessa'h pour le Juif, c'est comme si celui-ci l'avait déjà acquise, et c'est comme si Pessa'h avait passé sur du 'hamets d'un Juif ; c'est pourquoi il doit stipuler avec lui que, pour la semaine de Pessa'h, il ne veut pas de miches, mais seulement leur farine ou leur valeur équivalente [ou qu'il lui donne des miches qu'il cuira après Pessa'h]. Dans ce cas, même si le non-Juif lui a préparé des miches pendant Pessa'h, cela ne nous dérange pas, car elles ne sont pas du tout engagées envers le Juif, et elles sont entièrement en possession du non-Juif pour le moment.
séif katan 3
- (ד) ככרות חמץ - ר"ל אף אותן שהכין עבורו בפסח והסכימו האחרונים דכ"ז לכתחלה אבל בדיעבד אפילו אם לא התנה כלל נמי שרי לו לקבל הככרות אחר הפסח בשביל שבוע של פסח ואע"ג דיחדם לו לישראל בפסח דכ"ז שלא באו לרשות ישראל לא זכה בהם ואין לו עליו אלא חוב בעלמא של ככרות ולא אותן גופא והרי הן של עכו"ם עדיין כל ימי הפסח:(4) Des miches de 'hamets – c'est-à-dire même celles qu'il a préparées pour lui pendant Pessa'h. Et les A'haronim s'accordent à dire que tout cela est lekhat'hila ; mais bediavad, même s'il n'a rien stipulé du tout, il lui est également permis de recevoir les miches après Pessa'h pour la semaine de Pessa'h, et bien qu'il les ait réservées pour le Juif pendant Pessa'h, car tant qu'elles ne sont pas parvenues en possession du Juif, celui-ci ne les a pas acquises, et il n'a sur lui qu'une simple créance de miches, et non sur ces miches elles-mêmes ; elles appartiennent donc encore au non-Juif pendant tous les jours de Pessa'h.
séif katan 4
- (ה) אומר לנכרי קודם פסח וכו' - ואם לא אמר אסור לקבל אחר פסח עבור חלקו אפילו מעות וכדלקמיה:(5) Il dit au non-Juif avant Pessa'h, etc. – et s'il ne l'a pas dit, il est interdit de recevoir après Pessa'h quoi que ce soit pour sa part, même de l'argent, comme il est dit ci-après.
séif katan 5
- (ו) ואני אטול אח"כ - יש מאחרונים שכתבו דדוקא כשאומר לו ואני אטול אח"כ דמים נגד הככר שנטלת דזה נחשב כאומר שאינו רוצה להשכיר תנורו למלאכה לפסח רק בעד דמים או דמיירי כשאומר לו טול אתה שבוע זו של פסח את התנור בין יהיה בו בין לא יהיה בו ואני אטול שבוע שלפניה או שאח"כ מה שיזדמן לי דזה מותר דחולקין הזמן ואין לזה על זה כלום אבל כשאומר לו טול אתה הככרות מה שיהיה בפסח ואני אטול כסכום זה אחר כך אם כן הרי ניחא ליה בהככרות שבתנור [דאם לא יזדמן לאפות בפסח בתנורו לא יתן לו העכו"ם אחר פסח] וזוכה לו התנור אלא שמחליפו עם העכו"ם שותפו אם כן הרי נהנה הוא מחמצו שבפסח שתחת חלקו שיש לו באותן ככרות העכו"ם נותן לו את חלק ככרותיו שיש לו בשבוע שאחר פסח ואסור ויש שאוסרין אפילו כשאומר לו ואני אטול אחר כך דמים נגד הככרות שנטלתה דמ"מ נהנה הוא דמי שיווי חמצו שבפסח והסכימו האחרונים דנכון למעשה לנהוג שימכור להעכו"ם התנור על שבוע של פסח שיהיה לגמרי ברשותו ויקצוב עמו מקח עבור זה ויטול ממנו הדמים מתחלה קודם פסח ובזה אין שום איסור מה שחל בשבוע זו שבת ויו"ט אחרי שהוא בהבלעה:(6) Et je prendrai ensuite – certains A'haronim ont écrit que c'est permis seulement lorsqu'il lui dit : « Et je prendrai ensuite de l'argent correspondant à la miche que tu as prise », car cela est considéré comme s'il disait qu'il ne veut pas louer son four pour le travail de Pessa'h, sinon contre de l'argent ; ou bien il s'agit du cas où il lui dit : « Prends, toi, le four cette semaine de Pessa'h, qu'il y ait à cuire ou non, et je prendrai la semaine précédente ou la suivante, ce qui m'échoira » ; cela est permis, car ils partagent le temps, et aucun n'a rien à réclamer à l'autre. Mais lorsqu'il lui dit : « Prends, toi, les miches qui seront cuites pendant Pessa'h, et je prendrai la même quantité ensuite », alors il tient aux miches qui sont dans le four [car s'il n'arrive pas au non-Juif de cuire dans son four pendant Pessa'h, le non-Juif ne lui donnera rien après Pessa'h], et le four les lui acquiert, seulement il les échange avec le non-Juif son associé ; dès lors, il tire profit de son 'hamets de Pessa'h : en échange de la part qu'il a dans ces miches, le non-Juif lui donne la part de ses miches à lui dans la semaine d'après Pessa'h ; et c'est interdit. Et certains interdisent même lorsqu'il lui dit : « Et je prendrai ensuite de l'argent correspondant aux miches que tu as prises », car il tire néanmoins profit de la valeur de son 'hamets de Pessa'h. Les A'haronim s'accordent à dire qu'il convient en pratique d'agir ainsi : il vendra au non-Juif le four pour la semaine de Pessa'h, de sorte qu'il soit entièrement en sa possession, fixera avec lui un prix pour cela et en recevra l'argent d'emblée, avant Pessa'h. Dans ce cas, il n'y a aucun interdit du fait que cette semaine comprend Chabbat et Yom Tov, puisque le salaire de ces jours est englobé dans l'ensemble (havla'a).
séif katan 6
- (ז) ואפו בו נכרים וכו' - ומשמע דאפילו שלא בידיעת הבעלים וכ"כ האחרונים:(7) Et des non-Juifs y ont cuit, etc. – il en ressort que c'est interdit même à l'insu du propriétaire, et ainsi l'ont écrit les A'haronim.
séif katan 7
- (ח) אפילו מעות - וכ"ש ככרות מאותן שאפו בפסח דאסור לו לקבל ואפילו לאחר הפסח:(8) Même de l'argent – et à plus forte raison des miches parmi celles qu'ils ont cuites pendant Pessa'h, qu'il lui est interdit de recevoir, même après Pessa'h.
séif katan 8
- (ט) דהו"ל משתכר וכו' - דאסור לכתחלה מדרבנן בכל איסורי הנאה ואפילו נותן לו המעות קודם פסח או אחר פסח ולא דמי לס"ג דהתם התנור היה של שותפים וכשמחלקים בזמן הו"ל בעת ההיא התנור של עכו"ם לגמרי:(9) Car il tirerait un gain, etc. – ce qui est interdit lekhat'hila, d'ordre rabbinique, pour tous les objets interdits au profit, et même s'il lui donne l'argent avant Pessa'h ou après Pessa'h. Ce n'est pas comparable au séif 3, car là le four appartenait à des associés, et lorsqu'ils partagent le temps, le four est, à ce moment-là, entièrement au non-Juif.
séif katan 9
- (י) מותר ליהנות מהם - דמשתכר באיסורי הנאה אינו אסור בדיעבד בשום מקום שאין זה גופו של חמץ ולא חליפיו רק המעות בא ע"י גרם חמץ ולא החמירו בזה רק ביין נסך משום חומרא דע"ז. וכ"ז בקיבל מעות אבל אם נתנו לו איזה ככרות מככרות שאפו בתנורו אסור ליהנות מהם דזכה בהם כבר בפסח בשכר תנורו אם דרכן לעולם לתת ככרות והוי ליה חמץ של ישראל שעבר עליו הפסח:(10) Il est permis d'en tirer profit – car tirer un gain d'objets interdits au profit n'est, bediavad, interdit nulle part, puisque ce n'est ni le 'hamets lui-même ni ce qui l'a remplacé par échange ; seul l'argent est venu par l'entremise du 'hamets ; et on n'a été rigoureux en cela que pour le vin de libation (yayin nessekh), en raison de la gravité de l'idolâtrie. Et tout cela, lorsqu'il a reçu de l'argent ; mais s'ils lui ont donné quelques miches parmi les miches qu'ils ont cuites dans son four, il est interdit d'en tirer profit, car il les a déjà acquises pendant Pessa'h en salaire de son four, si l'usage est toujours de donner des miches ; et c'est du 'hamets d'un Juif sur lequel Pessa'h a passé.
séif katan 10
- (יא) להשכיר תנורו לנכרי על מנת וכו' - ואין זה משתכר באיסורי הנאה שאסור לכתחלה עכ"פ כיון שאף אם לא היה אופה בו הנכרי כלום ג"כ היה צריך לפרוע לו לישראל שכרו משלם שהרי השכירו לו לזמן וא"כ אין הישראל משתכר כלום במה שהעכו"ם אופה חמץ ומ"מ לכתחלה צריך לומר לו שיאפה מצה דאל"כ כיון שידוע שדרכו לאפות בו חמץ הוי כאילו השכיר לו לאפיית חמץ דאסור:(11) Louer son four à un non-Juif à condition, etc. – et ce n'est pas le cas de tirer un gain d'objets interdits au profit, qui est interdit au moins lekhat'hila, puisque, même si le non-Juif n'y avait rien cuit, il aurait dû aussi payer intégralement son salaire au Juif, car il le lui a loué pour une durée ; dès lors, le Juif ne gagne rien du fait que le non-Juif cuit du 'hamets. Néanmoins, lekhat'hila, il faut lui dire qu'il y cuise de la matsa ; sinon, puisqu'il est connu que son habitude est d'y cuire du 'hamets, ce serait comme s'il le lui avait loué pour cuire du 'hamets, ce qui est interdit.
séif katan 11
- (יב) לדור בו - היינו אע"ג שמשכירו סתמא לדור בו הוא ולא אתי לאפוקי אלא היכי שמשכירו בפירוש לשום בו חמץ ומשום דמשתכר באיסורי הנאה ומשמע מדברי אחרונים דאין לאסור משום משתכר באיסורי הנאה אלא דוקא היכי שהגיע זמן איסורו כגון בפסח או ע"פ אבל קודם אינו אסור אפילו לכתחלה ויש מחמירין בזה אפילו תוך שלשים קודם לפסח:(12) Pour y habiter – c'est-à-dire que, bien qu'il la lui loue sans précision, c'est pour y habiter ; et le Rema ne vient exclure que le cas où il la lui loue explicitement pour y mettre du 'hamets, car il tirerait un gain d'objets interdits au profit. Et il ressort des propos des A'haronim qu'il ne faut interdire au titre de « tirer un gain d'objets interdits au profit » que lorsque l'heure de son interdiction est arrivée, par exemple pendant Pessa'h ou la veille de Pessa'h ; mais avant, ce n'est pas interdit, même lekhat'hila. Et certains sont rigoureux en cela, même dans les trente jours précédant Pessa'h.
séif katan 12
- (יג) לעבד - אף שמזונותיו עליו הואיל ולא אמר לו שיקנה חמץ:(13) À un serviteur – bien que sa nourriture soit à sa charge, puisqu'il ne lui a pas dit d'acheter du 'hamets.
séif katan 13
- (יד) אע"פ שיודע שיקנה וכו' - ואם הוא מושכר אצלו לשנה לא יאכל בביתו משום חשדא [אגודה]:(14) Bien qu'il sache qu'il achètera, etc. – et s'il est engagé chez lui pour l'année, il ne mangera pas le 'hamets dans sa maison, à cause du soupçon (on pourrait croire que c'est le 'hamets du maître) [Agouda].
séif katan 14
- (טו) חמץ - אבל לא יאמר לו הילך דינר זה וקנה לך חמץ מן החנוני ואכול אפילו אם הוא עכו"ם דעלמא שאין מזונותיו עליו דכיון שהישראל בעצמו אסור לו לקנות חמץ בפסח אסור לו לומר לעכו"ם לקנותו דאף שהנכרי קונה אותו לעצמו ולא בשביל הישראל כיון שהישראל נותן לו דינר ואומר לו שיקנה בו חמץ והעכו"ם קונה אותו בדיבורו הרי נראה כשלוחו אבל מותר לומר לו קנה לך חמץ בדינר שלך ואכול:(15) Du 'hamets – mais il ne lui dira pas : « Voici pour toi ce dinar, achète-toi du 'hamets chez le commerçant et mange », même s'il s'agit d'un non-Juif quelconque dont la nourriture n'est pas à sa charge ; car puisqu'il est interdit au Juif lui-même d'acheter du 'hamets pendant Pessa'h, il lui est interdit de dire à un non-Juif de l'acheter. En effet, bien que le non-Juif l'achète pour lui-même et non pour le Juif, puisque le Juif lui donne un dinar et lui dit d'acheter avec du 'hamets, et que le non-Juif l'achète sur sa parole, il apparaît comme son mandataire. Mais il est permis de lui dire : « Achète-toi du 'hamets avec ton dinar et mange ».
séif katan 15
- (טז) צא ואכול וכו' - ודוקא שא"ל צא ואכול חמץ או עכ"פ שיודע בודאי שיאכל חמץ והטעם שכיון שנותן לו החנוני לעבד ע"ד שיפרע הוא להחנוני הוי החנוני שלוחו והוי כאלו הוא מאכילו חמץ בידים וכיון שמזונותיו עליו נמצא שנהנה הוא מן החמץ שמאכילו:(16) Va et mange, etc. – seulement lorsqu'il lui a dit : « Va et mange du 'hamets », ou du moins qu'il sait avec certitude qu'il mangera du 'hamets. La raison en est que, puisque le commerçant donne la nourriture au serviteur dans l'idée que le maître paiera le commerçant, le commerçant est son mandataire, et c'est comme s'il le nourrissait lui-même de 'hamets de ses mains ; et puisque sa nourriture est à sa charge, il s'avère qu'il tire profit du 'hamets dont il le nourrit.
séif katan 16
- (יז) ויש מתירין וכו' - שכיון שעדיין לא נתן המעות לחנוני לא חשיב כחמצו מה שנותן לו החנוני לעבדו אלא חוב בעלמא נתחייב להעכו"ם בעבור שערב בעדו ולדינא עיקר כדעה זו ומ"מ לכתחלה נכון לחוש לסברא הראשונה בעבדו ושפחתו שמזונותיהן עליו שלא לומר לו שילך ויקיף על חשבונו אלא יתן לו מעות מזומן והוא יקנה מה שירצה:(17) Et certains permettent, etc. – car, puisqu'il n'a pas encore donné l'argent au commerçant, ce que le commerçant donne à son serviteur n'est pas considéré comme son 'hamets (celui du maître) ; il a seulement contracté une simple dette envers le non-Juif, parce qu'il s'est porté garant pour le serviteur. Pour la halakha, c'est cet avis qui est l'essentiel ; néanmoins, lekhat'hila, il convient de tenir compte du premier avis pour son serviteur et sa servante dont la nourriture est à sa charge : ne pas lui dire d'aller prendre à crédit sur son compte, mais lui donner de l'argent comptant, et le serviteur achètera ce qu'il voudra.
séif katan 17
- (יח) גם בזה - ולדעה זו מותר ג"כ לומר לחנוני תן לפועלי חמץ ואני פורע ומטעם הנ"ל, ולענין תינוק שנחוץ לו לאכול ולשתות חמץ צריך לישא אותו לבית נכרי ויבקש להנכרי שיאכיל חמץ להתינוק [אך יזהר שלא יקחו בידו דזוכה בו] ואם אין הנכרי רוצה ליתן לו בחנם יכול להבטיחו שישלם לו אח"כ דמותר מעיקר הדין וכנ"ל אבל לא יתן לו מעות קודם או בשעה שנותנו לו לאכול דקונה החמץ בזה ואסור לכו"ע וכנ"ל ואם א"א לו לשאתו לחוץ ובע"כ צריך העכו"ם להביא החמץ לביתו של ישראל ולהאכילו שם יש לו לומר להעכו"ם שיקבץ החמץ הנשאר וישאנו לביתו וכשיצטרך לאכול עוד הפעם יחזור ויביאנו ויאכילנו ואם א"א למצא נכרי על כל פעם ופעם יש להקל שישאיר העכו"ם חמץ בביתו כדי שיספיק לתינוק לכמה פעמים ויאמר בפירוש שאינו רוצה לקנות את החמץ [דאל"ה קני ליה רשותו] וכדלעיל בסימן תמ"ח ויצוה לקטן שיאכיל לתינוק אבל הוא בעצמו אין לו להאכילו חדא דאסור לכתחלה ליגע בו וכדלעיל בסימן תמ"ו ועוד משום לתא דקנין ואם יכול להטמין החמץ במקום שמונח חמצו המכור יטמינו שם וישא התינוק לשם לאכול ואם לא יעשה מחיצה עשרה בפני החמץ ועכ"פ יכפה עליו כלי וכ"ז אם אין התינוק מסוכן לזה דביש סכנה אין צריך לדקדק בכ"ז כדי למהר באכילתו וכדלעיל סימן שכ"ח:(18) Aussi cela – selon cet avis, il est aussi permis de dire au commerçant : « Donne du 'hamets à mes ouvriers, et je paierai », pour la raison susmentionnée. Quant à un petit enfant qui a besoin de manger et de boire du 'hamets, il faut le porter dans la maison d'un non-Juif et demander au non-Juif de faire manger du 'hamets à l'enfant [mais il veillera à ce qu'on ne le (le 'hamets) prenne pas dans sa main (de l'adulte juif), car il l'acquerrait]. Et si le non-Juif ne veut pas le lui donner gratuitement, il peut lui promettre qu'il le paiera ensuite, ce qui est permis selon la stricte loi, comme il a été dit ci-dessus ; mais il ne lui donnera pas d'argent auparavant, ni au moment où il le lui donne à manger, car il acquerrait ainsi le 'hamets, ce qui est interdit selon tous, comme il a été dit ci-dessus. Et s'il lui est impossible de le porter dehors, et qu'il faut forcément que le non-Juif apporte le 'hamets dans la maison du Juif et l'y fasse manger, il doit dire au non-Juif de rassembler le 'hamets restant et de l'emporter chez lui ; et lorsque l'enfant aura besoin de manger de nouveau, il le rapportera et le fera manger. Et s'il est impossible de trouver un non-Juif à chaque fois, on peut être indulgent et permettre que le non-Juif laisse du 'hamets dans sa maison (celle du Juif), en quantité suffisante pour l'enfant pour plusieurs fois, et le Juif dira explicitement qu'il ne veut pas acquérir le 'hamets [car sinon, son domaine l'acquiert pour lui], comme plus haut, au siman 448. Il chargera un mineur de faire manger l'enfant ; mais lui-même ne doit pas le faire manger : d'une part parce qu'il est interdit lekhat'hila de le toucher, comme plus haut au siman 446, et d'autre part à cause de la question de l'acquisition. S'il peut cacher le 'hamets à l'endroit où est déposé son 'hamets vendu (au non-Juif), il le cachera là et portera l'enfant là-bas pour manger ; sinon, il fera une cloison de dix téfa'him devant le 'hamets, ou du moins retournera un récipient sur lui. Tout cela, si l'enfant n'est pas en danger à cause de cela ; car s'il y a danger, il n'est pas nécessaire d'être pointilleux sur tout cela, afin de le faire manger au plus vite, comme plus haut, siman 328.
séif katan 18
- (יט) אא"כ הקדים דינר - לחנוני וצוהו לתת מזונות לעבדו כשיבוא אז הו"ל כמאכילו בידים החמץ שהחנוני הוא שלוחו של בעה"ב ובזה אסור אפילו אינו יודע בודאי שיקנה חמץ ועיין ביו"ד סימן קל"ב ס"ד שכתב דגם בהקדים לו דינר אינו אסור אא"כ כשאמר לו יהא דינר זה בידך עד שתתן להפועל שלי אבל אם הרשהו להוציאו עכשיו בהוצאה מותר דבשעה שנותן להפועל אין כאן דינר שיקנה לבעה"ב אבל כמה אחרונים חלקו עליו והסכימו דאסור בכל גווני ודע דהקדים לו דינר לאו דוקא דה"ה אם נתן לו דינר בשעה שנתן החנוני החמץ לעבדו דג"כ אסור ולא אתי בזה למעוטי רק אם פרע לו לאחר זמן:(19) À moins qu'il n'ait avancé un dinar – au commerçant, et lui ait ordonné de donner de la nourriture à son serviteur lorsqu'il viendra ; alors c'est comme s'il le nourrissait de 'hamets de ses mains, car le commerçant est le mandataire du maître de maison ; et dans ce cas c'est interdit, même s'il ne sait pas avec certitude qu'il achètera du 'hamets. Et voir Yoré Déa, siman 132, séif 4, où il est écrit que même lorsqu'il lui a avancé un dinar, ce n'est interdit que s'il lui a dit : « Que ce dinar reste entre tes mains jusqu'à ce que tu donnes la marchandise à mon ouvrier » ; mais s'il l'a autorisé à le dépenser tout de suite, c'est permis, car au moment où il donne à l'ouvrier, il n'y a plus là de dinar qui acquerrait la marchandise pour le maître de maison. Mais plusieurs A'haronim l'ont contesté et ont conclu que c'est interdit dans tous les cas. Sache que l'expression « s'il lui a avancé un dinar » n'est pas limitative : il en va de même s'il lui a donné un dinar au moment où le commerçant a donné le 'hamets à son serviteur, ce qui est aussi interdit ; et la formule ne vient exclure que le cas où il le lui a payé après un certain temps.
séif katan 19
- (כ) או שנשא ונתן ביד - ר"ל שבעה"ב בעצמו לקח החמץ מן החנוני העכו"ם לצורך עבדו ונתנו לו ובזה אפילו לא נתן לו מעות כלל אפ"ה אסור דקנה החמץ במשיכתו מן העכו"ם:(20) Ou qu'il ait lui-même pris et donné de sa main – c'est-à-dire que le maître de maison lui-même a pris le 'hamets chez le commerçant non-Juif pour les besoins de son serviteur et le lui a donné ; dans ce cas, même s'il ne lui a pas du tout donné d'argent, c'est néanmoins interdit, car il a acquis le 'hamets par sa mechikha (traction) auprès du non-Juif.
séif katan 20
- (כא) ואסור לקנות וכו' - דאיכא למיחש שמא יאכל ממנו ועוד דהוא רוצה בקיומו של החמץ ועוד דהא אין שליחות לעכו"ם ונמצא דהישראל קונה אותם ועובר בבל יראה ואפילו אינו מושך החמץ מרשות המוכר אלא נותן לו דמים בלבד בפסח ג"כ אסור לפי שי"א שישראל קונה מטלטלין מעכו"ם בכסף בלבד:(21) Et il est interdit d'acheter, etc. – car il y a à craindre qu'il en mange ; de plus, il tient à la conservation du 'hamets (jusqu'à ce qu'il le remette au non-Juif) ; et de plus, il n'y a pas de mandat pour un non-Juif, de sorte qu'il s'avère que c'est le Juif qui l'acquiert, et il transgresse bal yéraé. Et même s'il ne tire pas le 'hamets du domaine du vendeur, mais lui donne seulement de l'argent pendant Pessa'h, c'est également interdit, car certains disent qu'un Juif acquiert des meubles d'un non-Juif par l'argent seul.
séif katan 21
- (כב) אפילו במעותיו וכו' - ומ"מ אם לא כוון לקנותו לעצמו וגם לא קיבל עליו אחריות כלל יש לצדד להקל באכילה ובהנאה לאחר הפסח כ"כ הפמ"ג ועיין בשע"ת:(22) Même avec son argent, etc. – néanmoins, s'il n'a pas eu l'intention de l'acquérir pour lui-même, et qu'il n'a pas non plus pris sur lui la moindre responsabilité, on peut incliner à l'indulgence pour la consommation et le profit après Pessa'h ; ainsi l'a écrit le Peri Megadim ; et voir le Chaarei Techouva.
séif katan 22
- (כג) של א"י - וכן אסור לומר לעכו"ם בחוה"מ פסח שיקנה חמץ בשבילו ואפילו לא ימשוך החמץ לתוך ביתו של ישראל דיש פוסקים שסוברין דיש שליחות לעכו"ם לחומרא ובדיעבד אם קנה ולא משך לרשותו אין לאסור לאחר הפסח [מחידושי רע"א ע"ש]. כתב הפמ"ג בעכו"ם שקונה מעכו"ם תבואה שיש בתוכה קצת חמוצים שרי לישראל להיות סרסור ביניהם כי לא בעד החמוצים הוא נותן דמים. אם היתה בהמת עכו"ם טעונה חמץ מותר לפורקה במקום שיש צער בע"ח דאף דהעכו"ם מחזיק לו טובה עבור זה [וזה מקרי בעלמא כרוצה בקיומו של חמץ כדי שיחזיק לו טובה] כיון דאין הישראל מכוין שיחזיק לו טובה שרי:(23) D'un non-Juif – de même, il est interdit de dire à un non-Juif pendant 'Hol HaMoed de Pessa'h d'acheter du 'hamets pour lui (le Juif), même s'il ne tire pas le 'hamets dans la maison du Juif, car certains décisionnaires estiment qu'il y a mandat pour un non-Juif dans le sens de la rigueur. Et bediavad, s'il l'a acheté et ne l'a pas tiré dans son domaine, il ne faut pas l'interdire après Pessa'h [d'après les 'Hidouchei Rabbi Akiva Eiger ; voir là-bas]. Le Peri Megadim a écrit, au sujet d'un non-Juif qui achète à un non-Juif du grain contenant quelques grains fermentés, qu'il est permis à un Juif d'être courtier entre eux, car ce n'est pas pour les grains fermentés que l'acheteur paie. Si l'animal d'un non-Juif était chargé de 'hamets, il est permis de le décharger là où il y a souffrance animale (tsaar ba'alei 'hayim), car, bien que le non-Juif lui en soit reconnaissant [et ailleurs cela est considéré comme vouloir la conservation du 'hamets, pour qu'on lui en soit reconnaissant], puisque le Juif n'a pas l'intention d'obtenir sa reconnaissance, c'est permis.
séif katan 23
- (כד) כדי שיבשל בו חמץ - משום שהוא רוצה בקיומו של חמץ [שאם ישפך החמץ בשעה שהכלי עומד ע"ג האש יבקע הכלי] והרי הוא כנהנה מן החמץ:(24) Pour qu'il y cuise du 'hamets – car il tient à la conservation du 'hamets [car si le 'hamets se renversait pendant que l'ustensile est sur le feu, l'ustensile se fendrait], et c'est comme s'il tirait profit du 'hamets.
séif katan 24
- (כה) אבל משכיר לו חמור - שהרי לא איכפת ליה אם יאבד החמץ. והקשו האחרונים דליאסר בין בכלי בין בחמור משום משתכר באיסורי הנאה שאסור לכתחלה וכמ"ש בסעיפים הקודמים ומסקי דדין זה הוא להאי שיטה דאין אסור להשתכר באיסורי הנאה רק בע"ז וכדומה אבל לפי מה דנקטינן להחמיר לאסור להשתכר לכתחלה בכל מקום ה"ה דאסור גם גבי חמור להביא עליו חמץ. ודע דגם לשיטה זו דוקא שהשכיר בפירוש להביא עליו חמץ אבל אם השכיר סתם לזמן והביא עליו חמץ מותר שהרי אם לא הוליך עליו שום דבר ג"כ היה צריך לשלם לו שכרו וכמו שכתבנו לעיל גבי תנור:(25) Mais on peut lui louer un âne – car peu lui importe que le 'hamets se perde. Les A'haronim ont objecté qu'il faudrait interdire, aussi bien pour l'ustensile que pour l'âne, au titre de « tirer un gain d'objets interdits au profit », ce qui est interdit lekhat'hila, comme écrit dans les séifim précédents ; et ils concluent que cette loi (permettant l'âne) suit l'opinion selon laquelle il n'est interdit de tirer un gain d'objets interdits au profit que pour l'idolâtrie et choses semblables ; mais selon ce que nous retenons, à savoir être rigoureux et interdire de tirer un gain lekhat'hila en tout lieu, il est de même interdit, pour l'âne aussi, d'y transporter du 'hamets. Sache que, même selon cette opinion (rigoureuse), c'est interdit seulement s'il l'a loué explicitement pour y transporter du 'hamets ; mais s'il l'a loué sans précision pour une durée et que le non-Juif y a transporté du 'hamets, c'est permis, car même s'il n'y avait rien transporté, il aurait aussi dû lui payer son salaire, comme nous l'avons écrit plus haut au sujet du four.
séif katan 25
- (כו) ויש מתירין להחם וכו' - ר"ל דלא נימא דזה ג"כ כעין רוצה בקיומו של חמץ המובלע בדופני הכלי בשביל הכלי [שבשעה שמשתמש בה הרי הוא רוצה שתהיה שלמה וממילא כמי שרוצה בחמץ הבלוע בתוכה שהרי א"א זה בלי זה] דלא אמרינן כן בחמץ המובלע שאינו בעין:(26) Et certains permettent de chauffer, etc. – c'est-à-dire que nous ne disons pas que cela aussi est comme vouloir la conservation du 'hamets absorbé dans les parois de l'ustensile, à cause de l'ustensile [car lorsqu'il l'utilise, il veut qu'il soit intact, et par conséquent c'est comme s'il voulait le 'hamets absorbé à l'intérieur, puisque l'un est impossible sans l'autre] ; nous ne disons pas cela pour du 'hamets absorbé, qui n'est pas visible (be'ein).
séif katan 26
- (כז) ולרחוץ בהם - או לחוף בו הראש שהרי אינו נהנה אלא מן הכלי ולא מחמץ הבלוע בתוכה אע"פ שהוא נפלט מן הכלי לתוך החמין וכתבו האחרונים דדוקא בכלי המיוחד לרחיצה ולכביסה שאין דרך להשתמש בו לאכילה אבל בכלי שדרך לפעמים להשתמש בו לאכילה ושתיה צריך להצניע במקום צנוע ואין להשתמש בו אפילו לרחיצה וכביסה גזירה שמא ישתמש בו לאכילה ומ"מ דרך ארעי אין להחמיר גם בזה ויתבאר לקמן בסימן תנ"א:(27) Et de s'y laver – ou de s'y laver la tête, car il ne tire profit que de l'ustensile, et non du 'hamets absorbé à l'intérieur, bien que celui-ci soit rejeté de l'ustensile dans l'eau chaude. Les A'haronim ont écrit que c'est permis seulement pour un ustensile réservé à la toilette et à la lessive, qu'on n'a pas l'habitude d'utiliser pour manger ; mais un ustensile qu'on a parfois l'habitude d'utiliser pour manger et boire, il faut le ranger dans un endroit caché, et on ne doit pas l'utiliser même pour la toilette et la lessive, par mesure préventive (guezéra), de peur qu'on ne l'utilise pour manger. Néanmoins, pour un usage occasionnel, il n'y a pas lieu d'être rigoureux même dans ce cas, et cela sera expliqué plus loin au siman 451.
séif katan 27
- (כח) וכן הוא המנהג - ולענין למכור לנכרי בפסח כלים חמוצים יש מתירים וגם כן מטעם הנ"ל שהרי נהנה רק מגוף הכלי ולא מבלוע [אם לא שהעכו"ם נותן לו יותר בשביל שהוא בלוע וישנה דאז נהנה מחמץ] ויש אוסרים בזה. כתבו האחרונים ישראל מחזיק ארענדע משר ויש שם בית שעושין שכר שקורין מאל"ץ הוי"ז ומנהג שכל מי שצריך לעשות שכר עושה בבית הנ"ל וישראל נוטל השכירות ואם יניח לנכרים לעשות שכר בפסח וא"כ הרי הוא רוצה בקיומו של חמץ מחמת הכלים שבמאל"ץ הוי"ז [שאם ישפך המאל"ץ יבקע היורה כשעומדת על האור] וכשיקבל שכר הרי הוא משתכר באיסורי הנאה ועוד יותר כיון שהמנהג תמיד לתת מדה מאלץ בשכר ולא מעות א"כ כשעושה העכו"ם השכר כבר זכה ישראל במדה מאלץ ואף שנותן לו זאת אחר פסח אסור דהוי ליה חמץ של ישראל שעבר עליו הפסח וכתבו שימכור הזכות שיש לו במאלץ הויז לא"י או ישכיר על איזה שבועות כדי שיהיו ימי הפסח בהבלעה ושרי ואם לא חכר מן השר גוף המאלץ הויז רק חכר ממנו שכר המדות דהיינו שהמדות שנותנים העושים יהיו שייכים לו די שיצוה להעושים שכר שלא יפרישו המדות בפסח רק יכתבו בפנקסם לו שטחנו בפסח ואחר הפסח יגבה מהם וכן הדין במחזיק רחיים בארענדע:(28) Et tel est l'usage – quant à vendre à un non-Juif pendant Pessa'h des ustensiles de 'hamets, certains le permettent, également pour la raison susmentionnée, car il ne tire profit que de l'ustensile lui-même et non de ce qui y est absorbé [à moins que le non-Juif ne lui donne davantage parce qu'il est imprégné et ancien, car alors il tire profit du 'hamets], et certains l'interdisent. Les A'haronim ont écrit : un Juif tient en fermage (arenda) auprès d'un seigneur un domaine où se trouve une brasserie, appelée malts-hoyz (malterie), et l'usage est que quiconque doit faire de la bière la fait dans cette maison, et le Juif perçoit la redevance. S'il laisse les non-Juifs y faire de la bière pendant Pessa'h, il tient alors à la conservation du 'hamets à cause des ustensiles de la malterie [car si le malt se renversait, la chaudière se fendrait quand elle est sur le feu] ; et lorsqu'il recevra la redevance, il tirera un gain d'objets interdits au profit ; et plus encore, puisque l'usage constant est de donner comme redevance une mesure de malt et non de l'argent, dès que le non-Juif fait la bière, le Juif acquiert déjà la mesure de malt, et bien qu'il la lui donne après Pessa'h, elle est interdite, car c'est du 'hamets d'un Juif sur lequel Pessa'h a passé. Ils ont écrit qu'il doit vendre le droit qu'il a sur la malterie à un non-Juif, ou la louer pour quelques semaines, de sorte que les jours de Pessa'h soient englobés (havla'a), et c'est permis. Et s'il n'a pas pris à ferme du seigneur la malterie elle-même, mais seulement la redevance des mesures, c'est-à-dire que les mesures que donnent les fabricants lui reviennent, il suffit qu'il ordonne aux fabricants de bière de ne pas prélever les mesures pendant Pessa'h, mais seulement d'inscrire dans leur registre ce qu'ils lui doivent pour ce qu'ils ont moulu pendant Pessa'h, et après Pessa'h il le percevra d'eux. Et il en va de même pour celui qui tient un moulin en fermage.
séif katan 28