Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 448 →- (א) חמץ וכו' - היינו אם הוא בצק או אפילו פת במקום שנוהגין היתר בפת של עכו"ם:(1) Du 'hamets, etc. – c'est-à-dire s'il s'agit de pâte, ou même de pain, dans un endroit où l'on a l'usage de permettre le pain d'un non-Juif.
séif katan 1
- (ב) של א"י - וה"ה של הפקר דכיון שלא נעשה איסור בשהייתו לא הטילו חכמים איסור על אכילתו וע"כ גר שמת קודם פסח והניח חמץ כל הקודם וזוכה בו אחר פסח מותר לו החמץ אף באכילה. ישראל שיש לו שותפות עם הנכרי בחמץ ועבר עליו הפסח וחלק עצמו עם הנכרי אחר הפסח חלקו של הנכרי אח"פ מותר בהנאה דבדרבנן אמרינן יש ברירה והוברר הדבר למפרע שהוא של עכו"ם ועיין במקור חיים דמצדד דוקא כשהחמץ עמד בבית נכרי (ואם עמד בבית ישראל תליא בפלוגתא ע"ש) ואפשר דבזה אפילו באכילה מותר ע"ש וחלקו של ישראל אסור בהנאה וה"ה שני ישראלים שיש להם שותפות ומכר אחד מהן חלקו לעכו"ם מותר החלק שנפל לאותו ישראל שמכר חלקו וחלק של ישראל אסור:(2) D'un non-Juif – et il en va de même du 'hamets sans propriétaire (hefker) : puisqu'aucun interdit n'a été transgressé par sa conservation pendant Pessa'h, les Sages n'ont pas imposé d'interdit sur sa consommation. C'est pourquoi, si un converti est mort avant Pessa'h et a laissé du 'hamets (sans héritiers, de sorte que ses biens sont sans propriétaire), quiconque devance les autres et l'acquiert après Pessa'h, le 'hamets lui est permis, même à la consommation. Un Juif qui possède du 'hamets en association avec un non-Juif, que Pessa'h a passé sur lui, et qui fait le partage avec le non-Juif après Pessa'h : la part du non-Juif est permise au profit après Pessa'h, car pour un interdit d'ordre rabbinique, nous disons qu'il y a berera (clarification rétroactive), et il s'est clarifié rétroactivement que cette part appartenait au non-Juif. Voir le Mekor 'Hayim, qui incline à ne permettre que lorsque le 'hamets se trouvait dans la maison du non-Juif (mais s'il se trouvait dans la maison du Juif, cela dépend d'une controverse ; voir là-bas), et il est possible que dans ce cas ce soit permis même à la consommation ; voir là-bas. La part du Juif, elle, est interdite au profit. Et de même, deux Juifs associés dans du 'hamets, dont l'un a vendu sa part à un non-Juif : la part échue, au partage, à ce Juif qui avait vendu sa part est permise (car elle s'avère rétroactivement être celle du non-Juif), et la part de l'autre Juif est interdite.
séif katan 2
- (ג) ביום אחרון - אף שהוא דרבנן וכ"ש בפסח גופיה:(3) Le dernier jour – bien qu'il soit d'ordre rabbinique (le huitième jour, en diaspora), et à plus forte raison pendant Pessa'h lui-même.
séif katan 3
- (ד) לא יקבלנו הישראל - משום בל יראה ואם קבלו אסור בהנאה לאחר פסח משום דהוי חמץ של ישראל שעבר עליו הפסח:(4) Le Juif ne l'acceptera pas – à cause de l'interdit de bal yéraé (« il ne sera pas vu » chez toi) ; et s'il l'a accepté, il est interdit au profit après Pessa'h, car c'est du 'hamets d'un Juif sur lequel Pessa'h a passé.
séif katan 4
- (ה) לא יהא ניכר וכו' - דאם יהא ניכר שחפץ בו כגון שאומר לו הנח במקום צנוע פלוני בחצרי חצרו קונה לו אבל אם אינו ניכר אף שעכו"ם משאירו להדורון בתוך ביתו שרי דמסתמא איסורא לא ניחא ליה וחצרו אינו קונה לו בע"כ וע"כ אפילו אם היה זה ביו"ט ראשון נמי שרי:(5) Il ne doit pas être manifeste, etc. – car s'il est manifeste qu'il le désire, par exemple s'il lui dit : « Pose-le à tel endroit discret dans ma cour », sa cour l'acquiert pour lui. Mais si ce n'est pas manifeste, même si le non-Juif laisse le cadeau dans sa maison, c'est permis, car vraisemblablement le Juif ne veut pas d'un objet interdit, et sa cour ne l'acquiert pas pour lui contre son gré. C'est pourquoi, même si cela se passait le premier jour de Yom Tov, ce serait aussi permis.
séif katan 5
- (ו) וטוב שיאמר שאינו רוצה וכו' - היינו אף דמצד הדין אפילו בסתמא נמי שרי מ"מ לרווחא דמלתא יאמר בפירוש שאינו רוצה וכו' ובאופן זה אפילו אם מראה לו מקום להניחו שרי וצריך ליזהר לכפות עליו כלי עד הערב אם הוא שבת או יו"ט אפילו יו"ט האחרון אא"כ הביאו ביו"ט האחרון סמוך לחשיכה שבשעה מועטת אין לחוש שמא ישכח ויאכלנו ואם הוא חוה"מ צריך לעשות לפניו מחיצה גבוה י"ט כמו שנתבאר לעיל סימן ת"מ:(6) Et il est bien qu'il dise qu'il ne veut pas, etc. – c'est-à-dire que, bien que selon la stricte loi ce soit permis même sans précision, néanmoins, pour plus de sûreté, il dira explicitement qu'il ne veut pas l'acquérir, etc. ; et de cette manière, même s'il lui montre un endroit où le poser, c'est permis. Il faut veiller à retourner un récipient sur lui jusqu'au soir si c'est Chabbat ou Yom Tov, même le dernier jour de Yom Tov, sauf s'il l'a apporté le dernier jour de Yom Tov près de la tombée de la nuit, car pendant un court moment il n'y a pas à craindre qu'il oublie et le mange ; et si c'est pendant 'Hol HaMoed (les jours intermédiaires), il faut faire devant lui une cloison haute de dix téfa'him, comme cela a été expliqué plus haut (siman 440).
séif katan 6
- (ז) אסור בהנאה - דקנסוהו רבנן הואיל ועבר עליו בבל יראה ובל ימצא [גמרא]:(7) Interdit au profit – car nos Maîtres l'ont pénalisé, puisqu'il a transgressé à son sujet les interdits de bal yéraé et bal yimatsé (« il ne sera pas vu » et « il ne sera pas trouvé ») [Guemara].
séif katan 7
- (ח) הניחו שוגג - שלא ידע מאותו חמץ:(8) S'il l'a laissé par inadvertance – c'est-à-dire qu'il ne connaissait pas l'existence de ce 'hamets.
séif katan 8
- (ט) או אנוס - ר"ל שידע אלא שהיה אנוס שלא היה יכול לבערו ואע"פ דבזה לא עבר אבל יראה אפ"ה קנסינן התירא אטו איסורא דאי שרינן ליה אתי לשהויה לכתחלה ועבר עליה ועיין בבה"ל. כתב בית הלל ביו"ד סימן קל"ב נשאלתי על ישראל אחד שהיה לו קודם פסח ברחיים של נכרי דגן לטחון ונתעכב הדגן ברחיים עד חוה"מ של פסח וכאשר הגיע יום ז' של פסח הלך הנכרי וטחן הדגן של ישראל ועשה מן הקמח לחם ואפה הפת והביא הפת לישראל תיכף אחר הפסח והשבתי שמותר ליקח הדמים בעד הפת ההוא מן הנכרי והנכרי ההוא יאכלנו או ימכרנו לנכרי ע"ש והחק יעקב הסכים דמותר אף באכילה מטעם שמא החליף העכו"ם הדגן והוי רק ספק חמץ שעבר עליו הפסח (ועיין לקמן סימן תמ"ט) ובבית מאיר מצדד להתיר באכילה מטעם אחר דאע"ג דפסק המחבר דבין בשוגג ובין באונס לאו כל אונסין שוים ובאונס כזה דלא היה יכול כלל לאסוקי אדעתיה שיאפה העכו"ם מקמחו חמץ בודאי לא קנסוהו חכמים עיי"ש ועיין בבה"ל מ"ש בשם הרדב"ז. אם הניח ישראל חטים ברחיים ובא עכו"ם ואמר לישראל שלתתו וטחנו עיין בח"י בשם חב"י דיש כאן הרבה ספיקות להקל ובפמ"ג מפקפק היכי שדרך אנשי המקום ללתות החטים קודם הטחינה ומצדד שיחליפנו העכו"ם בחטים אחרים:(9) Ou par contrainte – c'est-à-dire qu'il le savait, mais qu'il en a été empêché, ne pouvant l'éliminer. Et bien que dans ce cas il n'ait pas transgressé bal yéraé, on le pénalise néanmoins : on interdit le cas permis à cause du cas interdit, car si nous le lui permettions, il en viendrait à le garder lekhat'hila (délibérément) et transgresserait l'interdit. Voir le Biour Halakha. Le Beit Hillel a écrit, dans Yoré Déa, siman 132 : « On m'a interrogé au sujet d'un Juif qui, avant Pessa'h, avait du grain à moudre au moulin d'un non-Juif ; le grain a tardé au moulin jusqu'à 'Hol HaMoed de Pessa'h, et lorsque arriva le septième jour de Pessa'h, le non-Juif alla moudre le grain du Juif, fit de la farine du pain, le cuisit et apporta le pain au Juif aussitôt après Pessa'h. J'ai répondu qu'il est permis au Juif de prendre du non-Juif le prix de ce pain, et que ce non-Juif le mangera ou le vendra à un autre non-Juif » ; voir là-bas. Le 'Hok Yaakov s'accorde à dire que c'est permis même à la consommation, pour la raison que le non-Juif a peut-être échangé le grain, et ce n'est donc qu'un doute de 'hamets sur lequel Pessa'h a passé (voir plus loin, siman 449). Le Beit Méïr incline à permettre la consommation pour une autre raison : bien que l'auteur du Choulhan Aroukh ait tranché que l'interdit s'applique aussi bien par inadvertance que par contrainte, toutes les contraintes ne sont pas égales, et dans une contrainte comme celle-ci, où il ne pouvait absolument pas lui venir à l'esprit que le non-Juif cuirait du 'hamets avec sa farine, les Sages ne l'ont certainement pas pénalisé ; voir là-bas. Voir dans le Biour Halakha ce que nous avons écrit au nom du Radbaz. Si un Juif a laissé du blé au moulin et qu'un non-Juif est venu dire au Juif qu'il l'a humecté (litita, avant de le moudre) et moulu, voir le 'Hok Yaakov au nom du 'Havi (sigle חב״י), selon qui il y a ici de nombreux doutes permettant d'être indulgent ; le Peri Megadim émet des réserves dans le cas où les gens de l'endroit ont l'habitude d'humecter le blé avant la mouture, et incline à exiger que le non-Juif l'échange contre d'autre blé.
séif katan 9
- (י) ואם מכרו וכו' - ובאיזה קנינים קונה עכו"ם כתבנו לקמיה בסוף הסעיף:(10) Et s'il l'a vendu, etc. – par quels modes d'acquisition (kinyanim) un non-Juif acquiert, nous l'avons écrit ci-après, à la fin du séif (séif katan 17 et 19).
séif katan 10
- (יא) לנכרי - ולישראל מומר אסור למכור דדינו כישראל לכל דבר ועובר עוד משום לפני עור והחמץ אסור לאחר הפסח בהנאה. ובדיעבד אם מכר לישראל מומר בדבר מועט מפני שהוא מכירו ויודע בו שיחזיר לו אחר הפסח מאחר שטעה וסבר דמומר דינו כעכו"ם יש להתיר לו במקום הפסד מרובה לאמר למומר שיחליף החמץ עם עכו"ם על חמץ אחר או שימכרנו ויהיו אותם החליפין או הדמים מותרים וכמו שנתבאר בסוף סימן תמ"ג:(11) À un non-Juif – mais à un Juif apostat (mechoumad), il est interdit de vendre, car sa loi est comme celle d'un Juif à tous égards ; et le vendeur transgresse en outre l'interdit de « devant un aveugle tu ne mettras pas d'obstacle », et le 'hamets est interdit au profit après Pessa'h. Bediavad (a posteriori), s'il l'a vendu à un Juif apostat pour une petite somme, parce qu'il le connaît et sait de lui qu'il le lui rendra après Pessa'h, étant donné qu'il s'est trompé en pensant qu'un apostat a le statut d'un non-Juif, on peut lui permettre, en cas de perte importante, de dire à l'apostat d'échanger le 'hamets avec un non-Juif contre un autre 'hamets, ou de le vendre ; et cet objet échangé ou cet argent seront permis, comme cela a été expliqué à la fin du siman 443.
séif katan 11
- (יב) שמחוץ לבית - כתבו האחרונים שאין קפידא בעכו"ם גופא אם הוא דר בביתו או לא אלא עיקר הקפידא שיוציא העכו"ם החמץ מבית ישראל אבל עכו"ם גופא אפילו הוא משרת לישראל ודר בביתו לית לן בה (אם לא שהוא קנוי לו לצמיתות דאז ידו כיד רבו ולא מהני שימכור לו דלא יצא הדבר מרשותו בזה) ומה שהצריכו הכא להוציא החמץ מרשותו אע"פ שמכרו כבר והוא אצלו פקדון בעלמא ובלא אחריות ובעלמא לא מצרכינן בכה"ג אלא מחיצה בעלמא וכדלעיל סימן ת"מ כתב בח"י דגם בכאן הדין כן ולא הצריכו הכא להוציא מרשותו אלא כדי שיקנה העכו"ם החמץ במשיכה ואה"נ אם כבר הוציא העכו"ם החמץ וקנהו במשיכה לביתו או לסימטא כדין מותר לו אח"כ להכניס החמץ לביתו של ישראל ודי במחיצה עשרה בלבד. אבל כמה אחרונים כתבו דהכא מגרע גרע כיון דעיקר החמץ יודע העכו"ם שהוא של ישראל ולא יגע בו אע"פ שקנהו מחזי כחמצו של ישראל אם היה בביתו וגם איכא למיחש שמא יבא לאכלו דכיון דדידיה הוי מעיקרא לא בדיל מינה ולסברא זו אפילו אם יחד לו בביתו זוית בפ"ע או שעשה מחיצה עשרה נמי לא מהני [אלא דכ"ז אינו אלא לכתחלה אבל בדיעבד פשוט דאין לאסור כלל ואפילו לא יחד לו נמי מקום כל שהיה המכירה כדין] וכתבו האחרונים דאם יש לו חמץ הרבה וא"א לו להוציאו מביתו ימכור לו גם החדר והוי כמו שמכר לו חוץ לביתו וקנין החדר הוא בכסף עם שטר [ואם ירא לתת לו שטר שמא יעלה בדעתו להחזיק בחמץ ואיכא הפסד מרובה יש לו להתנות עמו שיקנה בכסף בלבד בלי שטר ותנאי מהני בזה לכמה פוסקים ויש לסמוך להקל בכגון זה] וצריך למסור לו המפתח מחדר שמונח בו החמץ כדי שיוכל לכנוס בשעה שירצה וליטול את חמצו שנמכר או ניתן לו או שעכ"פ יאמר לו הישראל בכל עת שתרצה תוכל ליקח המפתח מחדרך וליכנס בו ליטול את חמצך ואיסור גמור הוא להניח שום חותם או מסגר על החדר או על החמץ כדי שלא יוכל הנכרי ליטול את החמץ דמוכח מזה דכל המכירה לא היה רק הערמה בעלמא ואם עשה כן מתחלה בשעה שמכר אפילו בדיעבד אסור החמץ דלא סמכה דעתיה דעכו"ם ומכ"מ אם בתחלה מכר כדין ואח"כ נתן מסגר על החדר או חותם על החמץ אף שאסור לעשות כן מ"מ אין החמץ נאסר בשביל מה שעשה שלא כהוגן אחר המכירה ועיין בה"ל מה שכתבנו בשם פמ"ג וח"א חלוקי דינים בזה:(12) Qui est hors de la maison – les A'haronim ont écrit qu'il n'importe pas, quant au non-Juif lui-même, qu'il habite dans la maison du Juif ou non ; l'essentiel est que le non-Juif sorte le 'hamets de la maison du Juif. Mais le non-Juif lui-même, même s'il est serviteur d'un Juif et habite dans sa maison, cela ne nous pose pas de problème (sauf s'il lui est acquis à perpétuité, comme esclave, car alors sa main est comme la main de son maître, et il ne sert à rien de lui vendre, puisque l'objet ne sort pas ainsi de son domaine). Et quant au fait qu'on ait exigé ici de sortir le 'hamets de son domaine, bien qu'il l'ait déjà vendu et qu'il ne soit chez lui qu'en simple dépôt, sans responsabilité — alors qu'ailleurs, dans un tel cas, nous n'exigeons qu'une simple cloison, comme plus haut (siman 440) — le 'Hok Yaakov a écrit qu'ici aussi la loi est la même, et qu'on n'a exigé ici de le sortir de son domaine qu'afin que le non-Juif acquière le 'hamets par mechikha (traction, mode d'acquisition des meubles) ; et effectivement, si le non-Juif a déjà sorti le 'hamets et l'a acquis par mechikha vers sa maison ou vers une ruelle (simta), conformément à la loi, il lui est permis ensuite de faire rentrer le 'hamets dans la maison du Juif, et une cloison de dix téfa'him suffit. Mais plusieurs A'haronim ont écrit qu'ici le cas est plus grave : puisque le non-Juif sait que le 'hamets appartient à l'origine au Juif, il n'y touchera pas, et bien qu'il l'ait acquis, cela a l'apparence du 'hamets du Juif s'il se trouve dans sa maison ; et il y a aussi à craindre qu'il en vienne à le manger, car puisqu'il était à lui à l'origine, il ne s'en écarte pas. Selon ce raisonnement, même s'il lui a réservé dans sa maison un coin à part ou a fait une cloison de dix téfa'him, cela ne suffit pas non plus [mais tout cela n'est que lekhat'hila ; bediavad, il est évident qu'il ne faut pas du tout interdire, même s'il ne lui a pas réservé d'endroit, du moment que la vente a été faite conformément à la loi]. Les A'haronim ont écrit que s'il a beaucoup de 'hamets et ne peut le sortir de sa maison, il lui vendra aussi la pièce, et c'est comme s'il le lui avait vendu hors de sa maison ; l'acquisition de la pièce se fait par de l'argent accompagné d'un acte (chetar). [Et s'il craint de lui donner un acte, de peur qu'il ne lui vienne à l'esprit de s'approprier le 'hamets, et qu'il y ait une perte importante, il doit stipuler avec lui qu'il acquiert par l'argent seul, sans acte ; une telle stipulation est efficace selon plusieurs décisionnaires, et on peut s'appuyer sur eux pour être indulgent dans un cas comme celui-ci.] Il faut lui remettre la clé de la pièce où se trouve le 'hamets, afin qu'il puisse entrer quand il le veut et prendre son 'hamets qui lui a été vendu ou donné ; ou, du moins, que le Juif lui dise : « À tout moment où tu le voudras, tu pourras prendre la clé de ta pièce et y entrer pour prendre ton 'hamets ». Et c'est un interdit absolu de poser un quelconque sceau ou cadenas sur la pièce ou sur le 'hamets afin que le non-Juif ne puisse pas prendre le 'hamets, car cela prouve que toute la vente n'était qu'un simple subterfuge (haarama). S'il a fait cela dès le début, au moment de la vente, le 'hamets est interdit même bediavad, car le non-Juif n'a pas eu la ferme intention d'acquérir. Toutefois, si au début il a vendu conformément à la loi, et qu'ensuite il a mis un cadenas sur la pièce ou un sceau sur le 'hamets, bien qu'il soit interdit d'agir ainsi, néanmoins le 'hamets n'est pas interdit à cause de ce qu'il a fait de manière incorrecte après la vente. Voir dans le Biour Halakha ce que nous avons écrit au nom du Peri Megadim et du 'Hayé Adam sur les distinctions de lois à ce sujet.
séif katan 12
- (יג) ויחזור ויתננו לו - ואם הנכרי אינו רוצה להחזיר לו אסור לתבוע אותו בדיניהם או לכוף אותו בשאר כפיות ואם נתן לו רק מקצת דמים והשאר זקף עליו במלוה ואינו רוצה לשלם לו המותר בודאי מותר לתבוע אותו בדיניהם שישלם לו המגיע או שיתן לו החמץ בתורת תשלומין על חובו. כתבו האחרונים אסור לישראל אחר לקנות החמץ מן העכו"ם אחר הפסח ואם קנה צריך להחזיר לבעלים הראשונים ואם שילם לעכו"ם יותר מן הראוי לתת באופן כזה אינו צריך להחזיר לו אלא בשיעור שראוי לתת:(13) Et il le lui rendra – si le non-Juif ne veut pas le lui rendre, il est interdit de le poursuivre devant leurs tribunaux ou de le contraindre par d'autres moyens de pression. Mais s'il ne lui a payé qu'une partie du prix et a inscrit le reste à sa charge comme prêt, et qu'il ne veut pas lui payer le reste, il est certainement permis de le poursuivre devant leurs tribunaux pour qu'il lui paie ce qu'il doit, ou qu'il lui donne le 'hamets en paiement de sa dette. Les A'haronim ont écrit qu'il est interdit à un autre Juif d'acheter ce 'hamets au non-Juif après Pessa'h ; et s'il l'a acheté, il doit le rendre au premier propriétaire ; et s'il a payé au non-Juif plus que ce qu'il convient de donner dans un tel cas, il ne doit lui rembourser (au premier propriétaire réclamant son 'hamets) que la somme qu'il convenait de donner.
séif katan 13
- (יד) ובלבד שיתננו וכו' - ואפילו ע"י שלוחו או אשתו יכול להקנות החמץ לנכרי אבל לא ע"י עכו"ם דאין שליחות לעכו"ם ואין מכירתו כלום. וכן אין יכול להקנות לשלוחו של עכו"ם דלא ריבתה התורה שליחות אלא בישראל ואפילו היה השליח ג"כ עכו"ם דאין שליחות לעכו"ם בין מעכו"ם לישראל ובין מעכו"ם לעכו"ם ועיין בה"ל מ"ש בזה בשם איזה פוסקים:(14) Pourvu qu'il le lui donne, etc. – il peut transférer le 'hamets au non-Juif même par l'intermédiaire de son mandataire ou de sa femme, mais non par l'intermédiaire d'un non-Juif, car il n'y a pas de mandat (chli'hout) pour un non-Juif, et sa vente n'est rien. De même, il ne peut pas transférer le 'hamets au mandataire d'un non-Juif, car la Torah n'a étendu la notion de mandat qu'aux Juifs, et ce même si le mandataire est aussi un non-Juif, car il n'y a pas de mandat pour un non-Juif, ni d'un non-Juif à un Juif, ni d'un non-Juif à un non-Juif. Voir dans le Biour Halakha ce que nous avons écrit à ce sujet au nom de certains décisionnaires.
séif katan 14
- (טו) מתנה גמורה - וקנין מתנה הוא ע"י הגבהה או משיכה דבר שאי אפשר להגביה:(15) Un don complet – l'acquisition d'un don se fait par hagbaha (soulèvement), ou par mechikha (traction) pour un objet qu'il est impossible de soulever.
séif katan 15
- (טז) בלי שום תנאי - דשמא יעבור הנכרי על התנאי ותבטל המתנה למפרע ועבר על ב"י וכדלקמן בס"ד:(16) Sans aucune condition – car peut-être le non-Juif transgressera-t-il la condition, et le don sera annulé rétroactivement, et le Juif aura transgressé bal yéraé, comme il est dit plus loin, au séif 4.
séif katan 16
- (יז) או שימכרנו לו - ובאיזה קנינים קונה העכו"ם יש בזה דעות בין הפוסקים יש מי שאומר דקנינו של עכו"ם הוא בכסף דוקא ויש אומרים שאין העכו"ם קונה אלא במשיכה לרשותו או בהגבהה דבר שאפשר להגביה ויש שכתבו עוד דגם שארי קנינים נוהגין בעכו"ם כגון קניית מטלטלין אגב קרקע וקנין חצר וקנין חליפין דהיינו קנין סודר [אלא דצריך ליזהר בזה שיהא הסודר של עכו"ם ולא סגי שעדי הקנין יתנו סודרם כמו בישראל דזה אינו אלא מטעם זכיה שמזכין להמקנה וגבי עכו"ם אין דין זכיה] ויש מפקפקים בקנינים אלו ואומרים דלא מצינו קנינים אלו רק בישראל. ולענין דינא לכתחלה בודאי צריך להקנות בקנין גמור ומוסכם לכו"ע דהיינו בכסף ובמשיכה ביחד מאחר שנוגע באיסור דאורייתא דבל יראה ועכ"פ במשיכה בלבד דיוצא בזה ג"כ עכ"פ לרוב הפוסקים אבל בדיעבד אף אם לא מכר אלא בכסף בלבד או שמכר באחד משארי קנינים שהזכרנו ועבר עליו הפסח מותר דמאחר דחמץ לאחר הפסח אינו אסור אלא מקנסא דרבנן ועוד כיון דחמץ לאחר זמן איסורו בלא"ה אינו ברשותו אלא שעשה הכתוב כאלו היה ברשותו לעבור עליו בקנין כל דהו סגי דעכ"פ מגלי דעתיה דלא ניחא ליה ואפקיה מרשותו. ובמקום שא"א להקנות במשיכה כגון שהחמץ מרובה או שהוא בדרך יבואר לקמיה:(17) Ou qu'il le lui vende – par quels modes d'acquisition le non-Juif acquiert, il y a à ce sujet des avis divergents parmi les décisionnaires. Il y a un avis selon lequel l'acquisition d'un non-Juif se fait uniquement par l'argent ; certains disent que le non-Juif n'acquiert que par mechikha vers son domaine, ou par hagbaha pour un objet qu'il est possible de soulever ; et d'autres ont écrit en outre que les autres modes d'acquisition s'appliquent aussi au non-Juif, par exemple l'acquisition de meubles par l'intermédiaire d'un terrain (agav karka), l'acquisition par la cour (kinyan 'hatser) et l'acquisition par échange (kinyan 'halifin), c'est-à-dire le kinyan soudar (par la remise d'une étoffe) [mais il faut veiller dans ce cas à ce que l'étoffe appartienne au non-Juif ; il ne suffit pas que les témoins de l'acquisition donnent leur étoffe, comme chez un Juif, car cela ne fonctionne qu'en vertu du principe de zekhiya (acquisition en faveur d'autrui) par lequel on fait acquérir pour le cédant, et pour un non-Juif il n'y a pas de loi de zekhiya]. Et certains émettent des doutes sur ces modes d'acquisition et disent que nous ne les trouvons que chez les Juifs. Quant à la halakha : lekhat'hila, il faut certainement transférer par une acquisition complète et admise par tous, c'est-à-dire par l'argent et la mechikha ensemble, puisque cela touche à un interdit de la Torah, celui de bal yéraé ; ou du moins par la seule mechikha, par laquelle on est quitte en tout cas selon la majorité des décisionnaires. Mais bediavad, même s'il n'a vendu que par l'argent seul, ou par l'un des autres modes d'acquisition que nous avons mentionnés, et que Pessa'h a passé sur le 'hamets, il est permis, puisque le 'hamets après Pessa'h n'est interdit qu'en vertu d'une pénalité rabbinique ; et de plus, puisque le 'hamets, après l'heure de son interdiction, n'est de toute façon pas en sa possession (étant interdit au profit), mais que le verset l'a considéré comme s'il était en sa possession pour qu'il transgresse à son sujet (bal yéraé), une acquisition quelconque suffit, car du moins il révèle ainsi qu'il n'en veut pas et l'a sorti de son domaine. Et là où il est impossible de transférer par mechikha, par exemple si le 'hamets est abondant ou s'il est en route, cela sera expliqué ci-après (séif katan 19).
séif katan 17
- (יח) מכירה גמורה - אם ישראל מניח חמצו בחדר של חבירו המוכר את חמצו צריך להודיע לישראל המוכר ויעשהו שליח למכור ואם הניח שלא מדעתו אסור לאחר הפסח מאחר דישראל לא ידע לאקנויי והנכרי לא ידע לקנותו [אחרונים]. עוד כתבו שמותר לאדם לומר לנכרי הא לך חמץ זה ותתן לי לאחר פסח חמץ אחר:(18) Une vente complète – si un Juif dépose son 'hamets dans la pièce de son prochain qui vend son 'hamets, il doit en informer le Juif vendeur et le désigner comme mandataire pour le vendre. S'il l'a déposé à son insu, il est interdit après Pessa'h, puisque le Juif (le propriétaire de la pièce) ne savait pas qu'il devait le transférer, et le non-Juif ne savait pas qu'il devait l'acquérir [A'haronim]. Ils ont encore écrit qu'il est permis de dire à un non-Juif : « Voici pour toi ce 'hamets, et tu me donneras après Pessa'h un autre 'hamets ».
séif katan 18
- (יט) בדבר מועט - ואין לחוש לביטול מקח שהרי יודע בעצמו ששוה יותר ומתרצה להקנות לו כדי שלא ישאר ברשותו ויהא אסור בהנאה. וטפי עדיף ליה שמוכרו למכיריו דבזה מסתמא יחזור הנכרי ויתננו לו לאחר הפסח ועיין בבה"ל איך מנהגנו כהיום. כתבו האחרונים דאע"ג דלכתחלה יש למכור בכסף ובמשיכה מ"מ אם החמץ מרובה וא"א למשוך החמץ כולו וכן אם אין החמץ כאן שיכול העכו"ם למושכו אלא הוא בעיר אחרת או בדרך יש לו להקנותו לנכרי בשאר קנינים כגון על ידי רושם שנהגו בקצת מקומות שהלוקח רושם על דבר הנקנה כדי שיהיה לו סימן ידוע ועי"ז קנוי לו הרבה או ע"י תקיעת כף (שקורין צו שלאג) דהיינו שמכין כפיהם זה על זה או ע"י נתינת פרוטה במקומות שנהגו שכשהלוקח נותן פרוטה למוכר נגמר המקח או במקום שנהגו שמסירת המפתח הוי גמר המקח [מיהו עכ"פ צריך שיאמר הריני מוכר לך חמץ פלוני ופלוני בעד סך כך וכך ולא כמו שאומרים ההמון הריני מוכר לך המפתח דזה לא חשיב כלום] וכן כל כיוצא בו כל מקום ומקום כפי מנהג הסוחרים חשיב הדבר כקנין ע"פ ד"ת ושפיר יש להקנות גם החמץ בקנין כזה. או יש למכור החמץ ע"י אגב דהיינו שימכור לנכרי קרקע או חדר או ישכיר לו ואגבן יאמר לו קני החמץ שיש לי במקום הקרקע או בכל מקום שהוא דבקנין אגב קונה אפילו אינן צבורין כאן והקרקע נקנית לנכרי בכסף עם שטר ובשכירות די בכסף בלבד ואפילו אם אין הנכרי נותן לו כל הכסף רק איזה זהובים (שקורין אוי"ף גא"ב) סגי ויתנה עמו הישראל שיקנה בזה האוי"ף גא"ב החדר והחמץ ושאר הכסף יזקוף עליו במלוה וכתבו עוד דאם הבית שהחמץ שם אינו שלו אלא ששכורה בידו אז לא יועיל מכירתו דאיך ימכור דבר שאינו שלו אלא ישכיר לנכרי אותו החדר וישכיר לו סתם להחזיק בו כליו ומטלטליו ולא יאמר לו בהדיא שמשכירו להניח בתוכו חמץ כדלקמן סימן ת"נ. ישראל שקנה חמץ מהעכו"ם ונתן כסף ולא משך עדיין אע"ג דלכתחלה בודאי יש לו למכור קודם הפסח שהרי לפי דעת כמה פוסקים כסף קונה בין ישראל לנכרי מ"מ אם לא מכר ועבר עליו הפסח מותר דהא לרוב הפוסקים אינו קונה אלא במשיכה אבל כשמשך אפילו לא נתן כסף ועבר עליו הפסח יש לאסור אכן אם לפי מנהג הסוחרים לקנות בכסף מצדד הפמ"ג להחמיר גם בדין הראשון ועיין בשע"ת סק"ט:(19) Pour une petite somme – et il n'y a pas à craindre l'annulation de la vente pour lésion (onaa), car le vendeur sait lui-même que le 'hamets vaut davantage et consent à le lui transférer afin qu'il ne reste pas en sa possession et ne devienne pas interdit au profit. Et il est préférable pour lui de le vendre à un non-Juif de sa connaissance, car alors, vraisemblablement, le non-Juif le lui rendra après Pessa'h. Voir dans le Biour Halakha quel est notre usage aujourd'hui. Les A'haronim ont écrit que, bien que lekhat'hila il faille vendre par l'argent et la mechikha, néanmoins, si le 'hamets est abondant et qu'il est impossible d'en tirer la totalité, ou de même si le 'hamets n'est pas ici, où le non-Juif pourrait le tirer, mais dans une autre ville ou en route, il doit le transférer au non-Juif par d'autres modes d'acquisition : par exemple par une marque (rochem), usage établi en certains endroits, où l'acheteur fait une marque sur l'objet acquis afin d'avoir un signe connu, et par là il lui est acquis, même en grande quantité ; ou par une poignée de main (teki'at kaf, appelée en yiddish tsou chlag), c'est-à-dire qu'ils se frappent mutuellement la main ; ou par la remise d'une prouta (petite pièce) dans les endroits où l'usage est que, lorsque l'acheteur donne une prouta au vendeur, la vente est conclue ; ou dans un endroit où l'usage est que la remise de la clé constitue la conclusion de la vente [toutefois, il faut en tout cas qu'il dise : « Je te vends tel et tel 'hamets pour telle et telle somme », et non, comme le disent les gens simples : « Je te vends la clé », car cela ne vaut rien]. Et de même pour tout cas semblable : en chaque endroit, selon l'usage des commerçants, la chose est considérée comme une acquisition selon la loi de la Torah, et on peut parfaitement transférer aussi le 'hamets par une telle acquisition. Ou bien il faut vendre le 'hamets par agav, c'est-à-dire qu'il vende au non-Juif un terrain ou une pièce, ou qu'il la lui loue, et qu'en même temps il lui dise : « Acquiers le 'hamets que j'ai à l'endroit du terrain ou en tout endroit où il se trouve », car par l'acquisition agav on acquiert même des meubles qui ne sont pas rassemblés ici (sur le terrain). Le terrain s'acquiert pour le non-Juif par l'argent avec un acte, et pour la location l'argent seul suffit. Et même si le non-Juif ne lui donne pas tout l'argent, mais seulement quelques pièces d'or (appelées en yiddish oyf gab, acompte), cela suffit ; le Juif stipulera avec lui qu'il acquiert par cet acompte la pièce et le 'hamets, et le reste de l'argent sera inscrit à sa charge comme prêt. Ils ont encore écrit que si la maison où se trouve le 'hamets n'est pas à lui mais qu'il la loue, sa vente ne servira à rien, car comment vendrait-il une chose qui n'est pas à lui ? Il doit plutôt sous-louer cette pièce au non-Juif, et la lui louer sans précision, pour y garder ses ustensiles et ses meubles, sans lui dire explicitement qu'il la lui loue pour y déposer du 'hamets, comme il est dit plus loin, siman 450. Un Juif qui a acheté du 'hamets à un non-Juif et a donné l'argent mais n'a pas encore tiré la marchandise : bien que lekhat'hila il doive certainement la vendre avant Pessa'h, puisque selon l'avis de plusieurs décisionnaires l'argent acquiert entre un Juif et un non-Juif, néanmoins, s'il ne l'a pas vendue et que Pessa'h a passé sur elle, elle est permise, car selon la majorité des décisionnaires le Juif n'acquiert que par la mechikha. Mais s'il a tiré la marchandise, même s'il n'a pas donné l'argent, et que Pessa'h a passé sur elle, il faut l'interdire. Cependant, si l'usage des commerçants est d'acquérir par l'argent, le Peri Megadim incline à être rigoureux aussi dans le premier cas. Voir le Chaarei Techouva, séif katan 9.
séif katan 19
- (כ) על מנת להחזיר - היינו לאחר הפסח:(20) À condition de rendre – c'est-à-dire après Pessa'h.
séif katan 20
- (כא) לא מהני - אע"ג דבכל התורה מתנה ע"מ להחזיר שמה מתנה אם נתקיים התנאי הכא הצריכו חכמים מתנה גמורה משום חומרא דחמץ. ולענין דיעבד אם נתקיים התנאי שהחזירו אם מותר נחלקו האחרונים בזה ועיין בבה"ל. והיכא שאמר הריני נותן לך ותחזירנה לי עיין בבה"ל:(21) N'est pas efficace – bien que dans toute la Torah un don à condition de restituer soit appelé un don si la condition est remplie, ici les Sages ont exigé un don complet, en raison de la sévérité du 'hamets. Quant au cas bediavad, si la condition a été remplie et qu'il l'a rendu, est-ce permis ? Les A'haronim sont en désaccord à ce sujet ; voir le Biour Halakha. Et dans le cas où il a dit : « Je te le donne, et tu me le rendras », voir le Biour Halakha.
séif katan 21
- (כב) עד שאתה לוקח חמץ במנה וכו' - ר"ל שיקח חמץ הרבה בסך מאתים אע"פ שא"צ ליקח אלא במנה שכשאצטרך אחר הפסח אקחנו ממך ואתן לך ריוח על כל הסך:(22) Plutôt que tu achètes du 'hamets pour un mané, etc. – c'est-à-dire qu'il achète beaucoup de 'hamets, pour la somme de deux cents zouz, bien qu'il n'ait besoin d'acheter que pour un mané (cent zouz), car il lui dit : « Lorsque j'en aurai besoin après Pessa'h, je te l'achèterai et je te donnerai un bénéfice sur toute la somme ».
séif katan 22
- (כג) שמא אצטרך וכו' - והאחרונים כתבו דרשאי אפילו להבטיח שיחזור ויקנה ממנו ויתן לו ריוח:(23) Peut-être aurai-je besoin, etc. – et les A'haronim ont écrit qu'il est même permis de lui promettre qu'il le lui rachètera et lui donnera un bénéfice.
séif katan 23
- (כד) על תנאי - מיירי שאמר בלשון אם דהיינו אם תעשה דבר פלוני בתוך הפסח או לאחר הפסח החמץ נתון לך או מכור לך דכל זמן שלא נתקיים התנאי עדיין אין החמץ מכור ונתון ולפיכך עובר בבל יראה אבל אם אמר לו הריני נותן לך מעכשיו ע"מ שתעשה דבר פלוני שייך החמץ לעכו"ם תיכף אם יתקיים התנאי לבסוף ואינו אסור רק משום חומרא דחמץ וכדלעיל בסוף ס"ג א"נ מיירי אפילו במעכשיו רק התנאי היה שאימתי שיביא מעות יחזירם לו ובתנאי זה לא חל המכירה והמתנה כלל כיון שכל שעה הרשות בידו לפדותו וכמבואר בחו"מ סימן ר"ז ס"ו. ודע עוד דהסכימו אחרונים דה"ה שאסור לומר לעכו"ם אני מוכר לך החמץ ע"מ שתחזיקנו לעצמך ולא תמכור לאדם אחר חוץ ממני דכיון דבלשון תנאי הוא כשיעבור העכו"ם וימכרנו לאדם אחר תבטל המכירה למפרע ונמצא שלא היה החמץ קנוי לעכו"ם מעולם וחיישינן שמא ימכרנו ויעבור הישראל על בל יראה אבל אם אמר לו הריני מוכר לך מכירה גמורה לחלוטין וזכות זה שיירתי לי בו שאם תרצה למוכרו לא תמכרנו לשום אדם חוץ ממני י"א דזה מותר אפילו לכתחלה דאפילו אם יעבור העכו"ם וימכור לא תבטל המכירה בשביל זה כיון דלא אמר בלשון תנאי רק שמכירת העכו"ם תהיה בטלה:(24) Sous condition – il s'agit du cas où il a parlé en termes de « si », c'est-à-dire : « Si tu fais telle chose pendant Pessa'h ou après Pessa'h, le 'hamets t'est donné ou vendu » ; car tant que la condition n'est pas remplie, le 'hamets n'est pas encore vendu ni donné, et c'est pourquoi il transgresse bal yéraé. Mais s'il lui a dit : « Je te le donne dès maintenant, à condition que tu fasses telle chose », le 'hamets appartient au non-Juif immédiatement si la condition est finalement remplie, et ce n'est interdit qu'en raison de la sévérité du 'hamets, comme plus haut, à la fin du séif 3. Ou bien, autre explication : il s'agit même d'un don fait « dès maintenant », mais la condition était que, chaque fois qu'il apporterait de l'argent, il le lui rendrait (le 'hamets) ; et avec une telle condition, la vente et le don ne prennent pas effet du tout, puisqu'à tout moment il a la possibilité de le racheter, comme expliqué dans 'Hochen Michpat, siman 207, séif 6. Sache encore que les A'haronim s'accordent à dire qu'il est de même interdit de dire au non-Juif : « Je te vends le 'hamets à condition que tu le gardes pour toi et que tu ne le vendes à personne d'autre qu'à moi », car puisque c'est formulé en termes de condition, lorsque le non-Juif transgressera et le vendra à une autre personne, la vente sera annulée rétroactivement, et il s'avérera que le 'hamets n'a jamais été acquis par le non-Juif ; et nous craignons qu'il le vende et que le Juif ait transgressé bal yéraé. Mais s'il lui a dit : « Je te le vends par une vente complète et définitive, et je me suis réservé ce droit : si tu veux le vendre, tu ne le vendras à personne d'autre qu'à moi », certains disent que cela est permis même lekhat'hila, car même si le non-Juif transgresse et le vend, la vente au non-Juif ne sera pas annulée pour autant, puisqu'il n'a pas parlé en termes de condition ; seule la vente faite par le non-Juif sera nulle.
séif katan 24
- (כה) אסור אע"פ שביטלו - או הפקירו ואיסורו הוא אפילו בהנאה. ואע"ג דכשביטלו אינו עובר בב"י מ"מ חששו חכמים שאם נתירו כשביטלו יש לחוש שיניח כל אדם חמצו אלאחר הפסח ויאמר שהפקירו קודם הפסח כדי שנתיר לו. ודע דכמה אחרונים כתבו דאפילו בדק ג"כ כמנהגנו ונמצא חמץ לאחר הפסח ג"כ אסור בהנאה דלא חילקו בדבר ויש מן האחרונים שמקילים בבדק וביטל ונמצא אח"כ דמאי הוי ליה למעבד הרי עשה הכל כדין ודעתם דעכ"פ בהנאה אין לאסור ובמקום הפסד מרובה יש לסמוך עליהן ועיין בבה"ל ס"ג בד"ה אפילו מ"ש בזה. מי שהיה בספינה או בדרך ויש אתו חמץ ואין אתו נכרי שיוכל למכור לו ועמד והפקירו בפני עדים אם יוכל אחר הפסח לזכות בו וליהנות ממנו נחלקו האחרונים בדבר ורובם מצדדים לאיסור ומ"מ בהפסד מרובה יש לסמוך ולהתיר שימכרנו לעכו"ם או שיחליפנו עמו בדבר אחר, ואם היה בדרך ונזכר שיש לו חמץ בתוך ביתו ולא היה לו למי למכור בע"פ כתיקון ועמד והפקיר בפני עדים החמץ שבתוך ביתו נראה דיוכל לסמוך בזה אדעת המקילין ולחזור ולזכות בו אחר הפסח וליהנות ממנו שכיון שלא היה החמץ בידו וא"כ לא היה יכול למכור ולא לבער כתיקון חז"ל הרי מחויב היה להפקיר מצד הדין כדי שלא יעבור בב"י וא"כ אין לנו לקונסו לאסור חמצו כשחוזר וזוכה בו:(25) Il est interdit, bien qu'il l'ait annulé (bitoul) – ou déclaré sans propriétaire (hefker) ; et son interdiction s'étend même au profit. Et bien que, lorsqu'il l'a annulé, il ne transgresse pas bal yéraé, les Sages ont néanmoins craint que, si nous le permettions lorsqu'il l'a annulé, il soit à craindre que chacun laisse son 'hamets jusqu'après Pessa'h et dise qu'il l'avait déclaré sans propriétaire avant Pessa'h, afin que nous le lui permettions. Sache que plusieurs A'haronim ont écrit que, même s'il a aussi fait la recherche (bedika) selon notre usage et qu'on trouve du 'hamets après Pessa'h, il est également interdit au profit, car les Sages n'ont pas fait de distinction en la matière. Et il y a parmi les A'haronim qui sont indulgents lorsqu'il a fait la recherche et l'annulation et qu'on a trouvé du 'hamets ensuite, car qu'aurait-il dû faire de plus ? Il a tout fait conformément à la loi ; et leur avis est que, du moins pour le profit, il ne faut pas interdire ; et en cas de perte importante, on peut s'appuyer sur eux. Voir dans le Biour Halakha, séif 3, au passage commençant par « même », ce qui est écrit à ce sujet. Celui qui était sur un bateau ou en route et avait du 'hamets avec lui, sans qu'il y ait avec lui de non-Juif à qui le vendre, et qui l'a déclaré sans propriétaire devant témoins : peut-il, après Pessa'h, l'acquérir et en tirer profit ? Les A'haronim sont en désaccord à ce sujet, et la plupart d'entre eux inclinent à l'interdire ; néanmoins, en cas de perte importante, on peut s'appuyer sur l'avis indulgent et permettre qu'il le vende à un non-Juif ou l'échange avec lui contre autre chose. Et s'il était en route et s'est souvenu qu'il avait du 'hamets dans sa maison, et qu'il n'avait personne à qui le vendre la veille de Pessa'h comme il se doit, et qu'il a déclaré sans propriétaire devant témoins le 'hamets qui est dans sa maison, il semble qu'il puisse s'appuyer en cela sur l'avis des indulgents, et l'acquérir de nouveau après Pessa'h et en tirer profit. Car puisque le 'hamets n'était pas entre ses mains, et qu'il ne pouvait donc ni le vendre ni l'éliminer selon l'institution de nos Sages, il était tenu, selon la loi, de le déclarer sans propriétaire afin de ne pas transgresser bal yéraé ; et dès lors nous n'avons pas à le pénaliser en interdisant son 'hamets lorsqu'il l'acquiert de nouveau.
séif katan 25
- (כו) בפסח - מיירי שמצא חמץ בביתו בתוך הפסח וה"ה בע"פ משעה ששית ומעלה וקמ"ל דכשם שאסור להאכיל לבהמתו דמקרי הנאה כן אסור להאכיל לבהמת הפקר וכתבו האחרונים דה"ה דאסור בזה בחמץ שעבר עליו הפסח:(26) Pendant Pessa'h – il s'agit du cas où il a trouvé du 'hamets dans sa maison pendant Pessa'h ; et il en va de même la veille de Pessa'h à partir de la sixième heure (de la journée). Et le Choulhan Aroukh nous apprend que, de même qu'il est interdit d'en nourrir son animal, ce qui est considéré comme un profit, de même il est interdit d'en nourrir un animal sans propriétaire. Les A'haronim ont écrit que cela est interdit aussi avec du 'hamets sur lequel Pessa'h a passé.
séif katan 26
- (כז) אפילו לבהמת אחרים - של עכו"ם [הגר"א]:(27) Même à l'animal d'autrui – d'un non-Juif [Gaon de Vilna].
séif katan 27
- (כח) של הפקר - דיש לו הנאה במה שממלא רצונו להשביע לבהמה ועיין בב"י דאפילו במוצא חמץ שאינו שלו ג"כ אסור להשליך לפני כלב:(28) Sans propriétaire – car il tire un profit du fait de satisfaire son désir de rassasier l'animal. Et voir le Beit Yossef, selon qui, même lorsqu'on trouve du 'hamets qui ne lui appartient pas, il est également interdit de le jeter devant un chien.
séif katan 28
- (כט) ליתן בהמתו וכו' - בין בחנם בין בשכר:(29) Donner son animal, etc. – que ce soit gratuitement ou contre rémunération.
séif katan 29
- (ל) להאכילה וכו' - שהרי הוא נהנה מחמץ בפסח שמפטם בו העכו"ם את בהמתו וחמץ אפילו של עכו"ם אסור ליהנות ממנו בפסח. ובדיעבד אם אכלה חמץ בפסח אין לאסור בשרה בשביל זה כדמוכח ביו"ד סימן קמ"ב סי"א:(30) Pour le nourrir, etc. – car il tire profit du 'hamets pendant Pessa'h, puisque le non-Juif engraisse avec lui son animal ; et le 'hamets, même d'un non-Juif, il est interdit d'en tirer profit pendant Pessa'h. Et bediavad, si l'animal a mangé du 'hamets pendant Pessa'h, il ne faut pas interdire sa viande pour autant, comme cela ressort de Yoré Déa, siman 142, séif 11.
séif katan 30
- (לא) בימי הפסח - דוקא באופן זה אבל אותן שמעמידין בהמתן אצל נכרי זמן רב קודם פסח ושהנכרי יזין אותן משלו ואין מתנין בפירוש על חמץ ובתוך המשך חל פסח מותר אף שנודע לו שמאכילה חמץ:(31) Pendant les jours de Pessa'h – seulement de cette manière (en donnant l'animal spécialement pour Pessa'h) ; mais ceux qui placent leur animal chez un non-Juif pour une longue période avant Pessa'h, à charge pour le non-Juif de le nourrir de ses propres provisions, sans stipuler explicitement qu'il le nourrira de 'hamets, et que Pessa'h tombe au cours de cette période, c'est permis, même s'il sait qu'il le nourrit de 'hamets.
séif katan 31
- (לב) אם הוא יודע וכו' - אבל אם אין ידוע שיאכילנה חמץ מותר ליתנה לו ואין לו לחוש שמא יאכילנה:(32) S'il sait, etc. – mais s'il n'est pas connu qu'il le nourrira de 'hamets, il est permis de le lui donner, et il n'a pas à craindre qu'il le nourrisse de 'hamets.
séif katan 32
- (לג) שמאכיל אותה וכו' - ואם א"א לו באופן אחר המנהג במדינתנו למכור הבהמה לנכרי כדין ע"פ הקנינים המבוארים ביו"ד סימן ש"כ והבהמה תהיה אצל הנכרי בפסח או יקנה לו הבהמה עם הרפת והנכרי יאכילנה ולא יהיה לו שום עסק עמהם בפסח ובלבד שלא יאמר לו שיאכילנה חמץ וכ"ז ביש לו לנכרי מזונות משלו אבל אם אין לו מזונות והישראל מוכר לו ביחד עם בהמתו גם מזונותיה שהם חמץ יש מחמירין בזה דמחזי כהערמה ושכל עיקר המכירה לא היה אלא כדי שיזין אותה העכו"ם בחמץ וכתבו שיעשה באופן זה שימכור המזונות לנכרי אחר ומותר לסרסר לנכרי הקונה בהמותיו שיוכל לקנות מאל"ץ אצל נכרי פלוני. והמנהג במדינתנו שאפילו אם אין מאכילה חמץ גמור ורק שרוצה ליתן לבהמתו תבואה בפסח שמוכרה ג"כ לנכרי עם הרפת והנכרי מאכילה דאם לא ימכרנה יצטרך ליתן לה מעט מעט ובמקום נגוב ויעמוד עליה בשעה שאוכלת לבער המותר כדי שלא תחמיץ מהריר שלה וכמבואר בסימן תס"ו ס"ב. ולענין חלב של בהמה שאוכלת חמץ אפילו היא של נכרי נחלקו אחרונים בזה ודעת הפמ"ג להתיר החלב שחלבו אחר מעל"ע שאכלה חמץ ויש מקילין אפילו בו ביום אם אוכלת שחרית וערבית מדברים המותרים:(33) Qu'il le nourrit, etc. – et s'il ne lui est pas possible d'agir autrement, l'usage dans notre pays est de vendre l'animal au non-Juif conformément à la loi, selon les modes d'acquisition expliqués dans Yoré Déa, siman 320 ; l'animal sera chez le non-Juif pendant Pessa'h, ou bien le non-Juif lui achètera l'animal avec l'étable, et le non-Juif le nourrira, et le Juif n'aura aucune affaire avec eux pendant Pessa'h, pourvu qu'il ne lui dise pas de le nourrir de 'hamets. Et tout cela lorsque le non-Juif a de la nourriture à lui ; mais s'il n'a pas de nourriture, et que le Juif lui vend avec son animal aussi sa nourriture, qui est du 'hamets, certains sont rigoureux dans ce cas, car cela a l'apparence d'un subterfuge, et tout le but de la vente n'aurait été que que le non-Juif nourrisse l'animal de 'hamets. Ils ont écrit qu'il faut procéder de cette manière : vendre la nourriture à un autre non-Juif ; et il est permis de servir d'intermédiaire auprès du non-Juif qui achète ses animaux, pour qu'il puisse acheter du malt (malts) chez tel non-Juif. Et l'usage dans notre pays est que, même s'il ne le nourrit pas de 'hamets véritable, mais veut seulement donner du grain à son animal pendant Pessa'h, il le vend aussi au non-Juif avec l'étable, et le non-Juif le nourrit ; car s'il ne le vendait pas, il devrait lui en donner peu à peu, dans un endroit sec, et se tenir près de lui pendant qu'il mange pour éliminer le reste, afin que le grain ne fermente pas par sa salive, comme expliqué au siman 466, séif 2. Quant au lait d'un animal qui mange du 'hamets, même s'il appartient à un non-Juif, les A'haronim sont en désaccord à ce sujet ; l'avis du Peri Megadim est de permettre le lait trait plus de vingt-quatre heures (me'et le'et) après qu'il a mangé du 'hamets ; et certains sont indulgents même le jour même, s'il mange matin et soir des aliments permis.
séif katan 33