Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 443 →- (א) אסור בהנאה - מדאורייתא ויליף בגמרא מדכתיב לא תאכל עליו חמץ כלומר על קרבן הפסח וקבלו חז"ל דר"ל לא תאכל חמץ משעה שראויה לשחיטת הפסח דהיינו מחצות היום ואילך שהוא בין הערבים ומשעה שאסור באכילה אסור בהנאה אכן עדיין אין על אכילתו חיוב כרת עד הלילה וכן לענין בל יראה ובל ימצא הסכימו כמה פוסקים דאין עובר במה שמשהה החמץ משש שעות ומעלה כ"ז שלא הגיע ימי הפסח גופא מדכתיב שבעת ימים שאור לא ימצא בבתיכם וגו' ולא יראה לך שאור בכל גבולך שבעת ימים ומ"מ אף שאינו עובר בבל יראה עובר בכל רגע ורגע שמשהה החמץ בביתו על מ"ע דתשביתו שאור מבתיכם דקאי על ע"פ משש שעות ולמעלה כמבואר בש"ס:(1) Est interdit au profit – De la Torah ; et on l'apprend dans la Guemara de ce qu'il est écrit : « Tu ne mangeras pas sur lui de 'hamets » (Deutéronome 16, 3), c'est-à-dire sur l'offrande de Pessa'h ; et nos Sages ont reçu par tradition que cela signifie : tu ne mangeras pas de 'hamets à partir du moment où l'heure est propre à l'abattage du sacrifice de Pessa'h, c'est-à-dire à partir de midi et au-delà, qui est « entre les soirs » ; et dès lors qu'il est interdit à la consommation, il est interdit au profit. Toutefois, il n'y a pas encore de karet pour sa consommation avant la nuit. De même, en ce qui concerne bal yéraé et bal yimatsé, plusieurs décisionnaires s'accordent pour dire qu'on ne les transgresse pas en gardant le 'hamets à partir de six heures et au-delà, tant que les jours de Pessa'h eux-mêmes ne sont pas arrivés, puisqu'il est écrit : « Pendant sept jours, le levain ne sera pas trouvé dans vos maisons » (Exode 12, 19), etc., et : « Il ne sera pas vu chez toi de levain dans tout ton territoire pendant sept jours » (Deutéronome 16, 4). Néanmoins, bien qu'on ne transgresse pas bal yéraé, on transgresse, à chaque instant où l'on garde le 'hamets dans sa maison, le commandement positif de « vous ferez disparaître le levain de vos maisons » (Exode 12, 15), qui porte sur la veille de Pessa'h à partir de six heures et au-delà, comme il est expliqué dans le Talmud.
séif katan 1
- (ב) ואפילו חמצו של נכרי - דהא באורייתא לא כתיב חמצך אלא חמץ סתמא בין דישראל ובין דעכו"ם והאי דינא עקרו הובא בפוסקים לענין פסח והרמ"א העתיקו הכא להשמיענו דה"ה דאסור גם משש שעות ולמעלה:(2) Et même le 'hamets d'un non-Juif – Car dans la Torah il n'est pas écrit « ton 'hamets », mais « 'hamets » sans précision, qu'il soit d'un Juif ou d'un non-Juif. Et cette loi a été rapportée à l'origine par les décisionnaires à propos des jours de Pessa'h ; et le Rema l'a recopiée ici pour nous apprendre qu'il en va de même : c'est interdit aussi à partir de six heures et au-delà.
séif katan 2
- (ג) שתי שעות קודם - הטעם משום יום המעונן דאדם עשוי לטעות אז שתי שעות כיון שאין שמש זורחת ואפילו חמץ נוקשה שהוא חמץ דרבנן ג"כ אסור באלו השתי שעות וכ"ש חמץ ע"י תערובות ובתשובת נודע ביהודה סימן כ"א מיקל באכילת נוקשה בשעה חמישית:(3) Deux heures avant – La raison en est le jour nuageux, car on risque alors de se tromper de deux heures, puisque le soleil ne brille pas. Et même le 'hamets noukché, qui est du 'hamets d'ordre rabbinique, est également interdit pendant ces deux heures, et à plus forte raison le 'hamets présent dans un mélange. Et dans les responsa Noda BiYehouda, siman 21, il est indulgent pour la consommation de noukché pendant la cinquième heure.
séif katan 3
- (ד) הרבה ביחד - אפילו דבר שנקרא שם בעליו עליו כגון שמכר אוצר של יין שרף לא גזרינן שיחשדוהו שמכר לו הישראל בפסח כשיראו שהעכו"ם מחזיק בהן בפסח כיון שמכר לו עכ"פ בשעה המותרת למכור [אחרונים דלא כב"ח]:(4) En grande quantité à la fois – Même une chose sur laquelle est attaché le nom de son propriétaire, par exemple s'il a vendu un entrepôt d'eau-de-vie, on ne décrète pas l'interdit de peur qu'on le soupçonne que le Juif le lui a vendu pendant Pessa'h, quand on verra que le non-Juif le détient pendant Pessa'h, puisqu'en tout cas il le lui a vendu au moment où il est permis de vendre [A'haronim, contrairement au Ba'h].
séif katan 4
- (ה) ובלבד שיעמוד עליהם - ודין זה שייך ג"כ קודם אלו השתי שעות דמליל י"ד ואילך שמחוייב בבדיקת החמץ מחוייב להזהר בזה:(5) À condition de se tenir près d'eux – Et cette loi s'applique aussi avant ces deux heures, car à partir de la nuit du 14, où l'on est tenu de vérifier le 'hamets, on est tenu d'y faire attention.
séif katan 5
- (ו) אסרוהו גם בהנאה - גזירה אטו שעה שביעית דאסור מן התורה בהנאה וע"כ אסור אז למוכרו לעכו"ם ולא ליתן לו במתנה ולא להאכילו לבהמה חיה ועוף. אם יש לקבור מת בע"פ בבוקר אם יש שהות לקוברו וישאר זמן לאכילת חמץ יקברו המת קודם אכילה דהא אין נכון לבני החבורה לאכול קודם קבורת המת כמבואר בסימן תקכ"ו בט"ז סק"ו ואם הזמן דחוק ואפשר שלא ישאר זמן לאכילה מוטב לאכול מקודם ולקיים אח"כ ביעור חמץ בזמנו ואח"כ יתעסקו בצרכי קבורת המת:(6) Ils l'ont interdit également au profit – Par décret (guezéra) à cause de la septième heure, où il est interdit au profit de la Torah ; c'est pourquoi il est alors interdit de le vendre à un non-Juif, de le lui donner en cadeau ou de le donner à manger à un animal domestique, à une bête sauvage ou à un oiseau. S'il faut enterrer un mort la veille de Pessa'h au matin : s'il y a le temps de l'enterrer et qu'il restera du temps pour manger du 'hamets, on enterrera le mort avant de manger, car il ne convient pas aux membres de la confrérie (funéraire) de manger avant l'enterrement du mort, comme il est expliqué au siman 526, dans le Taz, séif katan 6. Et si le temps presse et qu'il est possible qu'il ne reste pas de temps pour manger, il vaut mieux manger d'abord, accomplir ensuite l'élimination du 'hamets en son temps, puis on s'occupera des besoins de l'enterrement du mort.
séif katan 6
- (ז) לפי ענין היום - היינו דלעולם חשבינן היום לשתים עשרה שעות וממילא בימים הארוכים משערים בשעות גדולות ולפיכך בשנת העיבור מותר לאכול עד שליש היום אע"פ שהיום ארוך יותר משתים עשרה שעות שלנו כגון שמגיע לשליש היום חמש שעות ודע דלפ"ז ה"ה במדינות שהימים שלפני הפסח קצרים מחלקין הי"ב שעות לשעות קטנות ואינו רשאי לאכול רק עד שליש אותו היום:(7) Selon la durée du jour – C'est-à-dire que l'on compte toujours le jour comme douze heures ; par conséquent, dans les longues journées, on évalue en grandes heures. C'est pourquoi, dans une année embolismique, il est permis de manger jusqu'au tiers du jour, bien que le jour soit plus long que douze de nos heures, par exemple si le tiers du jour atteint cinq heures. Et sache que, selon cela, il en va de même dans les pays où les jours précédant Pessa'h sont courts : on divise les douze heures en petites heures, et l'on n'a le droit de manger que jusqu'au tiers de ce jour.
séif katan 7
- (ח) עד שליש היום - וחושבין את היום מעלות השחר עד צאת הכוכבים כ"כ הרבה אחרונים וי"א דחושבין מהנץ החמה עד עת השקיעה ועד שליש מזה השיעור יהיה מותר לאכול חמץ והוא קולא בעניננו ודעת הגר"א כמותם ולכתחלה טוב להחמיר כדעה א':(8) Jusqu'au tiers du jour – Et l'on compte le jour de l'aube (alot hacha'har) jusqu'à la sortie des étoiles (tsét hakokhavim) ; ainsi l'ont écrit de nombreux A'haronim. Et certains disent qu'on compte du lever du soleil jusqu'au moment du coucher, et jusqu'au tiers de cette mesure il serait permis de manger du 'hamets ; c'est une indulgence dans notre cas, et le Gaon de Vilna est de leur avis. Et lekhat'hila (a priori), il est bien d'être rigoureux selon le premier avis.
séif katan 8
- (ט) וי"א עד ב' שעות וכו' - היינו שעות בינוניות שכל אחת א' מכ"ד במעל"ע וע"כ אפילו אם היום ארוך מותר לאכול יותר משליש היום והיינו עד סוף שעה עשירית מחצות הלילה וכן לענין מכירת החמץ מותר לדעה זו עד סוף שעה אחת עשרה וכתבו הפוסקים שהעיקר כדעה הראשונה ואין לאכול כ"א עד שליש היום וכן לענין מכירת חמץ שזמנו שעה אחת יותר חשבינן שעות זמניות ומ"מ בדיעבד אם לא מכר עדיין וההפסד מרובה יש לסמוך אדעה אחרונה ויש לו שהות למכרו עד שעה קודם חצות:(9) Et certains disent : jusqu'à deux heures, etc. – C'est-à-dire des heures moyennes, dont chacune est un vingt-quatrième du jour complet (jour et nuit) ; c'est pourquoi, même si le jour est long, il est permis de manger plus que le tiers du jour, c'est-à-dire jusqu'à la fin de la dixième heure à partir de minuit. Et de même, pour la vente du 'hamets, c'est permis selon cet avis jusqu'à la fin de la onzième heure. Et les décisionnaires ont écrit que l'essentiel est le premier avis, et qu'on ne doit manger que jusqu'au tiers du jour ; et de même pour la vente du 'hamets, dont le temps est d'une heure de plus, on compte en heures proportionnelles (chaot zmaniyot). Néanmoins, bediavad, si l'on n'a pas encore vendu et que la perte est importante, on peut s'appuyer sur le dernier avis, et l'on a le temps de le vendre jusqu'à une heure avant midi.
séif katan 9
- (י) יעכבנו עד שעה חמישית - ר"ל בתחלתו ולא ימכרנו מקודם שמא יבוא בעליו ויקחנו:(10) Il le gardera jusqu'à la cinquième heure – C'est-à-dire jusqu'à son début, et il ne le vendra pas plus tôt, de peur que son propriétaire vienne et le prenne.
séif katan 10
- (יא) ימכרנו לנכרי - דהו"ל כמשיב אבידה דהא אח"כ יאסר בהנאה. ואם הוא מסתפק שבשעה חמישית אפשר שלא ימצא קונים כלל מותר למכרו מקודם [כן ביאר המקו"ח דברי המ"א ועיין בביאור הלכה]. עוד כתבו המ"א וש"א דבמקום שיכול למוכרו לעכו"ם ויחזיר לו העכו"ם אחר פסח [כמנהג מכירת חמץ שלנו] אסור למוכרו מכירה חלוטה:(11) Il le vendra à un non-Juif – Car c'est comme s'il restituait un objet perdu, puisqu'ensuite le 'hamets sera interdit au profit. Et s'il doute de pouvoir trouver le moindre acheteur pendant la cinquième heure, il est permis de le vendre plus tôt [c'est ainsi que le Mekor 'Hayim a expliqué les propos du Maguen Avraham ; et voir le Biour Halakha]. Le Maguen Avraham et d'autres A'haronim ont encore écrit que, là où il peut le vendre à un non-Juif et que le non-Juif le lui rendra après Pessa'h [selon l'usage de notre vente du 'hamets], il est interdit de le vendre par une vente définitive.
séif katan 11
- (יב) חייב לבערו וכו' - דעת מ"א דאם היה באפשר לו למכרו ונתעצל ולא מכרו עד שהוצרך לבערו חייב לשלם אח"כ דמי הפקדון למפקיד אף שהוא ש"ח דפשיעה הוא דהו"ל למוכרו קודם זמן איסורו ובח"י מחלק בזה בין אם הוא ש"ח או שומר שכר ורוב אחרונים מסכימים דבין שומר חנם ובין שומר שכר פטור דזה לא נכנס בכלל שמירה שלא קיבל עליו אלא לשמור את החפץ שיהא ברשות בעליו ושיחזירנו לו בשלימות אבל לא קיבל עליו למוכרו שהרי אדרבה במכירה זו מוציאו מרשות בעליו ואינו צריך למוכרו אלא מטעם מצות השבת אבידה ולא מצינו שמחוייב לשלם מי שאינו משיב אבידה. מיהו אם החמץ הוא ממושכן אצלו ועבר שעה ה' ולא מכרו ואח"כ כשהגיע זמן איסורו הוכרח לשרפו בזה מסתברא דהפסיד חובו עכ"פ וכדעת המ"א דדעת כל ממשכן הוא בודאי שכל זמן שלא יחזיר לו המלוה משכונו לא יוכל לתבוע ממנו חובו אא"כ יהיה המלוה אנוס באבדת המשכון כגון שיגזלו ממנו לסטים וכי"ב משאר אונסים אבל כאן שהיה אפשר להמלוה למכרו קודם הפסח ולא מכרו הרי עצלותו גרמה הפסד המשכון שנאסר בהנאה ואין זה אונס [ופשוט דאם מכרו בע"פ אע"פ שמכרו בזול אין עליו כלום וההפסד הוא על הלוה. ט"ז] מיהו אם המשכון הוא בעין כגון שלא בערו המלוה לאחר זמן הביעור והשהה אותו עד לאחר הפסח אפשר דיכול לומר לו הרי שלך לפניך אע"פ שאינו שוה עכשיו כלום דחסרון שאין ניכר הוא ולא הפסיד חובו:(12) Il est obligé de l'éliminer, etc. – L'avis du Maguen Avraham est que, s'il lui était possible de le vendre et qu'il a négligé de le vendre jusqu'à devoir l'éliminer, il est obligé de payer ensuite la valeur du dépôt au déposant, même s'il est gardien bénévole (chomer 'hinam), car c'est une négligence (pechia), puisqu'il aurait dû le vendre avant le moment de son interdit. Le 'Hok Yaakov distingue sur ce point selon qu'il est gardien bénévole ou gardien rémunéré (chomer sakhar). Et la plupart des A'haronim s'accordent pour dire que, qu'il soit gardien bénévole ou gardien rémunéré, il est exempt, car cela n'entre pas dans le cadre de la garde : il n'a accepté que de garder l'objet pour qu'il reste en la possession de son propriétaire et de le lui rendre intact, mais il n'a pas accepté de le vendre, puisqu'au contraire, par cette vente, il le fait sortir de la possession de son propriétaire ; et il ne doit le vendre qu'en vertu de la mitsva de restituer un objet perdu, et nous ne trouvons pas que celui qui ne restitue pas un objet perdu soit tenu de payer. Toutefois, si le 'hamets est un gage chez lui, et que la cinquième heure est passée sans qu'il le vende, puis, le moment de son interdit arrivé, il a été contraint de le brûler, dans ce cas il est logique qu'il perde au moins sa créance, conformément à l'avis du Maguen Avraham ; car l'intention de tout débiteur qui donne un gage est certainement que, tant que le prêteur ne lui rend pas son gage, il ne pourra pas lui réclamer sa créance, à moins que le prêteur ne soit victime d'un cas de force majeure (ones) dans la perte du gage, par exemple si des brigands le lui ont volé, ou d'autres cas de force majeure semblables ; mais ici, où il était possible au prêteur de le vendre avant Pessa'h et qu'il ne l'a pas vendu, c'est sa paresse qui a causé la perte du gage, devenu interdit au profit, et ce n'est pas un cas de force majeure [et il est évident que s'il l'a vendu la veille de Pessa'h, même à bas prix, il n'a aucune responsabilité, et la perte est à la charge de l'emprunteur. Taz]. Toutefois, si le gage existe encore, par exemple si le prêteur ne l'a pas éliminé après le moment de l'élimination et l'a gardé jusqu'après Pessa'h, il est possible qu'il puisse lui dire : « Voici ce qui est à toi devant toi », bien qu'il ne vaille plus rien maintenant, car c'est une détérioration qui n'est pas visible ('hissaron chééno nikar), et il n'a pas perdu sa créance.
séif katan 12
- (יג) בזמן איסורו - בשעה ששית ואע"ג דאפשר שבעל החמץ מכרו לעכו"ם במקום שהוא באחד מדרכי הקנינים מ"מ כיון שיש כאן ודאי חמץ וספק מכרו בעליו לעכו"ם וספק לא מכרו אין ספק מוציא מידי ודאי וחייב לבערו:(13) Au moment de son interdit – À la sixième heure. Et bien qu'il soit possible que le propriétaire du 'hamets l'ait vendu à un non-Juif là où il se trouve, par l'un des modes d'acquisition (kinyan), néanmoins, puisqu'il y a ici du 'hamets de façon certaine, et qu'il est douteux que son propriétaire l'ait vendu à un non-Juif ou non, le doute ne l'emporte pas sur la certitude (ein safek motsi midei vadaï), et il est obligé de l'éliminer.
séif katan 13
- (יד) אפילו אם אינו חייב באחריותו - ואפילו אם לא קיבל עליו שמירה כלל [אחרונים] ואע"ג דהוא אינו עובר עליו מ"מ צריך לבערו כדי שלא יעבור עליו המפקיד דכל ישראל ערבים זה בזה [ב"ח ומ"א] ודעת הגר"א דיש עליו חיוב מן התורה לבער אף שהחמץ אינו שלו כיון שהחמץ בביתו והוא של ישראל וכן דעת הצל"ח ובית מאיר ע"ש:(14) Même s'il n'en est pas responsable – Et même s'il n'a pas du tout accepté de le garder [A'haronim]. Et bien que lui-même ne transgresse pas d'interdit à son sujet, néanmoins il doit l'éliminer afin que le déposant ne le transgresse pas, car tous les Juifs sont garants les uns des autres [Ba'h et Maguen Avraham]. Et l'avis du Gaon de Vilna est qu'il a une obligation de la Torah de l'éliminer, bien que le 'hamets ne soit pas à lui, puisque le 'hamets est dans sa maison et qu'il appartient à un Juif ; et tel est aussi l'avis du Tsla'h et du Beit Méïr ; vois là-bas.
séif katan 14
- (טו) אחר שש שעות - ר"ל אע"ג דאז אסור בהנאה מן התורה לרוב פוסקים וא"כ הלא קעבר בקנייתו אדאורייתא אפ"ה בדיעבד אינו תופס דמיו דלא מצינו שיתפוס האיסור על הדבר שהחליף כ"א בע"ז והקדש ושביעית ולפי"ז ה"ה אלא מדרבנן כמבואר בחולין ד' ע"ב ברש"י ותוס' ומסתברא דה"ה לפי"ז אם מכר בתחלת שש דג"כ איסורו מדרבנן הוא אסור לו ליהנות מן בפסח גופא ג"כ אינו תופס דמיו:(15) Après six heures – C'est-à-dire que, bien qu'il soit alors interdit au profit de la Torah selon la plupart des décisionnaires, et que par conséquent il transgresse un interdit de la Torah par cet achat, malgré cela, bediavad, il ne transmet pas son interdit à sa contrepartie, car nous ne trouvons pas que l'interdit se transmette à ce contre quoi on l'a échangé, sauf pour l'idolâtrie (avoda zara), les biens consacrés (hekdèch) et les produits de la septième année (chevi'it). Et selon cela, il en va de même pour un interdit qui n'est que d'ordre rabbinique, comme il est expliqué dans 'Houlin 4b, chez Rachi et Tossefot. Et il est logique que, selon cela, il en aille de même si l'on a vendu au début de la sixième heure, où son interdit est aussi d'ordre rabbinique ; et pour ce qu'il lui est interdit d'en tirer profit pendant Pessa'h même, aussi, il ne transmet pas son interdit à sa contrepartie.
séif katan 15
- (טז) מותר - היינו אפילו למי שקנהו גופא וכ"ש דלאחרים שרי ליהנות מאותו דבר. ודע דדעת המחבר לאו דברי הכל הוא דיש מגדולי הפוסקים שסוברין דאע"ג דלאחרים שרי ליהנות מחלופי חמץ דחמץ אינו תופס דמיו בדיעבד מ"מ לבעל החמץ עצמו קנסו רבנן שלא יהנה מן הדמים כיון דעביד איסורא ואינו מותר לדידיה אלא בשמכרו או החליפו אחרים חמצו שלא בידיעתו ויש להחמיר כדעת פוסקים אלו שלא במקום הפסד מרובה. ודע עוד דאף לדעה זו אם עבר וקנה מן הדמים איזה דבר מותר ליהנות מאותו הדבר דהוי חליפי חליפין ושרי. עוד כתבו האחרונים דאפילו לפי דעת המחמירים בחמץ לאסור בחליפיו לדידיה גופיה מ"מ היינו דוקא שלקח חליפי חמץ בשעה שנתן החמץ אבל אם לקח את חליפי החמץ לאחר זמן לכו"ע מותר אף לדידיה דכיון שלקח הנכרי את החמץ לרשותו נקנה לו החמץ מיד ע"י לקיחתו ומה שניתן לו אח"כ דמיו או חליפיו הרי הם כמתנה בעלמא ואינם שייכים כלל לחמץ ולא מיקרי חליפיו:(16) C'est permis – C'est-à-dire même pour celui-là même qui l'a acheté (avec le 'hamets), et à plus forte raison il est permis aux autres de tirer profit de cette chose. Et sache que l'avis de l'auteur n'est pas unanime, car certains des plus grands décisionnaires considèrent que, bien qu'il soit permis aux autres de tirer profit de ce qui a été échangé contre du 'hamets, puisque le 'hamets ne transmet pas son interdit à sa contrepartie bediavad, néanmoins, pour le propriétaire du 'hamets lui-même, les Sages l'ont pénalisé en lui interdisant de tirer profit de l'argent, puisqu'il a commis un interdit ; et cela ne lui est permis que si d'autres ont vendu ou échangé son 'hamets à son insu. Et il faut être rigoureux selon l'avis de ces décisionnaires, hors cas de perte importante. Et sache encore que, même selon cet avis, si l'on a transgressé et acheté une chose avec cet argent, il est permis de tirer profit de cette chose, car c'est la contrepartie d'une contrepartie ('hiloufei 'hiloufin), et c'est permis. Les A'haronim ont encore écrit que, même selon l'avis de ceux qui sont rigoureux pour le 'hamets en interdisant sa contrepartie à lui-même, cela ne vaut que s'il a pris la contrepartie du 'hamets au moment où il a donné le 'hamets ; mais s'il a pris la contrepartie du 'hamets plus tard, c'est permis selon tous, même pour lui, car dès que le non-Juif a pris le 'hamets dans son domaine, le 'hamets lui a été acquis immédiatement par cette prise, et ce qui lui a été donné ensuite comme prix ou comme contrepartie est comme un simple cadeau, qui n'a aucun lien avec le 'hamets et n'est pas appelé sa contrepartie.
séif katan 16
- (יז) אינו תופס דמיו - והחמץ עצמו לעולם עומד באיסורו בכל מקום שהוא ואסור לכל אדם ליקח אותו מהעכו"ם אפילו חזר העכו"ם והחליפו באחר ואפילו מכר הישראל להעכו"ם אחר הפסח דכיון דחכמים הטילו איסור עליו הרי הוא כחתיכה דאיסורא. כתב ח"י דגן שנתחמץ ועבר עליו הפסח ונזרע גדוליו מותרין דגדולין הוי כחליפין ובספר מקור חיים חולק עליו ודעתו דגדולין גרע מחליפין ולכו"ע אסור ועיין בתשובת ח"ס או"ח סימן ק"ד:(17) Il ne transmet pas son interdit à sa contrepartie – Mais le 'hamets lui-même demeure toujours dans son interdit, où qu'il se trouve, et il est interdit à quiconque de le prendre du non-Juif, même si le non-Juif l'a de nouveau échangé contre autre chose, et même si le Juif l'a vendu au non-Juif après Pessa'h ; car, puisque les Sages lui ont imposé un interdit, il est comme un morceau interdit ('hatikha deissoura). Le 'Hok Yaakov a écrit que du grain qui a levé, sur lequel Pessa'h est passé et qu'on a semé, ce qui en pousse est permis, car ce qui pousse est comme une contrepartie ; et le livre Mekor 'Hayim le conteste et est d'avis que ce qui pousse est moins (permis) qu'une contrepartie, et que c'est interdit selon tous ; et voir les responsa du 'Hatam Sofer, Ora'h 'Hayim, siman 104.
séif katan 17