Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 343 →- (א) נבילות - וה"ה כל שאר אסורים וכן חלול שבת אם עושה לדעת עצמו אבל אם עושה בשביל גדול צריך למחות בידו וכדלעיל בסימן של"ד סכ"ה ע"ש במ"ב:(1) Des nevélot (bêtes mortes sans abattage rituel) – Il en va de même de tous les autres interdits, ainsi que de la profanation du Chabbat, si l'enfant le fait de sa propre initiative ; mais s'il le fait pour un adulte, il faut l'en empêcher (litt. « protester contre lui »), comme expliqué plus haut, siman 334, séif 25 ; voir là-bas dans la Michna Beroura.
séif katan 1
- (ב) אבל אביו וכו' - דאפילו לחנך בניו ובנותיו במצות הוטל עליו כדכתיב חנוך לנער על פי דרכו וכ"ש להפרישם מאיסור דמוטל על האב ויש מאחרונים שסוברין דמצות חינוך מוטל גם על האם:(2) Mais son père, etc. – Car même éduquer ses fils et ses filles aux mitsvot (commandements) lui a été imposé, comme il est écrit : « Éduque l'enfant selon sa voie » (Proverbes 22, 6) ; à plus forte raison lui incombe-t-il de les écarter d'un interdit, ce qui incombe au père. Et certains A'haronim (décisionnaires tardifs) estiment que la mitsva de l'éducation ('hinoukh) incombe aussi à la mère.
séif katan 2
- (ג) מאיסור דאורייתא - באמת אפילו מאיסורא דרבנן חייב להפריש כמו דצריך לחנכו במצות דרבנן וכדלעיל בסק"ו ס"ב אלא נ"מ דבאיסור דרבנן אם לא הפרישו האב אין ב"ד מוחין בידו אבל באיסור דאורייתא ב"ד מוחין ביד האב להפרישו והגר"א פירש דלהכי נקט מאיסור דאורייתא דמאיסור דרבנן פעמים שאין צריך להפרישו ואף ליתן לו לכתחלה מותר דהיינו בשצריך לכך וכגון רחיצה וסיכה ביוה"כ ופשוט דאם שמע לבנו ובתו הקטנים שהם מדברים לשה"ר מצוה לגעור בהם ולהפרישם מזה וכן ממחלוקת ושקר וקללות ובעו"ה כמה נכשלין בזה שהם מניחין לבניהם לדבר לשה"ר ורכילות ולקלל ונעשה מורגל בזה כל כך עד שאפילו כשנתגדל ושומע שיש בזה איסור גדול קשה לו לפרוש מהרגלו שהורגל בזה שנים רבות והיה הדבר אצלו בחזקת היתר ודע דשעור החינוך במ"ע הוא בכל תינוק לפי חריפותו וידיעתו בכל דבר לפי ענינו כגון היודע מענין שבת חייב להרגילו לשמוע קידוש והבדלה היודע להתעטף כהלכה חייב בציצית וכנ"ל בסימן י"ז וכן כל כיו"ב בין במ"ע של תורה בין בשל ד"ס אבל החינוך בל"ת בין של תורה בין של דבריהם הוא בכל תינוק שהוא בר הבנה שמבין כשאומרים לו שזה אסור לעשות או לאכול אבל תינוק שאינו בר הבנה כלל אין אביו מצווה למנעו בע"כ מלאכול מאכלות אסורות או מלחלל שבת אפילו באיסור של תורה כיון שאינו מבין כלל הענין מה שמונעו ומפרישו וכן אם הוא כהן אין צריך להוציאו מבית שהטומאה בתוכו אא"כ הוא בר הבנה אזי מצוה על אביו להוציאו כדי להפרישו מן האיסור מחמת מצות חינוך. ולהכניסו בבית שטומאה בתוכו וכן לספות לו בשאר איסורים אסור אפילו בתינוק שאינו בר הבנה עדיין וכמו שנכתוב לקמיה ומ"מ אשת כהן מעוברת שקרבו ימיה ללדת מותרת ליכנס לכתחלה באהל המת דאף שנראה לנו שודאי תלד שם ולד ושמא יהיה זכר ויטמא שם אפ"ה מותר דס"ס הוא שמא יהיה נקבה ושמא יהיה נפל:(3) D'un interdit de la Torah – En vérité, même d'un interdit d'ordre rabbinique il est obligé de l'écarter, de même qu'il doit l'éduquer aux mitsvot d'ordre rabbinique, comme expliqué plus haut, séif katan 6 (sur le) séif 2. Mais la différence pratique est la suivante : pour un interdit d'ordre rabbinique, si le père ne l'en a pas écarté, le tribunal (beit din) n'intervient pas contre lui ; mais pour un interdit de la Torah, le tribunal intervient auprès du père pour qu'il l'en écarte. Et le Gaon de Vilna a expliqué que le Choulhan Aroukh a précisé « d'un interdit de la Torah » parce que, d'un interdit d'ordre rabbinique, il arrive qu'on n'ait pas besoin de l'écarter, et il est même permis lekhat'hila (a priori) de le lui donner, c'est-à-dire lorsqu'il en a besoin, par exemple se laver et s'oindre à Yom Kippour.
Et il est évident que si un père entend ses jeunes fils et filles dire de la médisance (lachon hara), c'est une mitsva de les réprimander et de les en écarter ; de même pour la querelle, le mensonge et les malédictions. Et à cause de nos nombreuses fautes, combien trébuchent en cela, en laissant leurs enfants dire de la médisance et du colportage (rekhilout) et maudire ; et l'enfant s'y habitue tellement que, même lorsqu'il a grandi et entend qu'il y a là un grave interdit, il lui est difficile de se défaire de son habitude, à laquelle il s'est accoutumé pendant de nombreuses années, la chose ayant été pour lui présumée permise.
Et sache que la mesure de l'éducation pour les commandements positifs (mitsvot assé) est, pour tout enfant, selon sa vivacité et sa compréhension, chaque chose selon son sujet : par exemple, celui qui comprend ce qu'est le Chabbat, on est obligé de l'habituer à écouter le Kiddouch et la Havdala ; celui qui sait s'envelopper (du talith) comme il se doit est obligé des tsitsit, comme expliqué plus haut, siman 17 ; et de même pour tout cas semblable, qu'il s'agisse de commandements positifs de la Torah ou de ceux des Sages (divrei Soferim). Mais l'éducation pour les interdits (lo taassé), qu'ils soient de la Torah ou des Sages, s'applique à tout enfant doué de compréhension, qui comprend quand on lui dit qu'il est interdit de faire ou de manger telle chose. Mais un enfant qui n'a aucune compréhension, son père n'a pas l'ordre de l'empêcher de force de manger des aliments interdits ou de profaner le Chabbat, même pour un interdit de la Torah, puisqu'il ne comprend pas du tout pourquoi on l'en empêche et l'en écarte. De même, s'il est Cohen, il n'est pas nécessaire de le faire sortir d'une maison où se trouve une impureté (de mort), à moins qu'il ne soit doué de compréhension : alors c'est une mitsva pour son père de le faire sortir, afin de l'écarter de l'interdit, en vertu de la mitsva de l'éducation.
Mais le faire entrer dans une maison où se trouve une impureté, de même que lui faire consommer (litt. « lui fournir ») d'autres interdits, est interdit même pour un enfant qui n'est pas encore doué de compréhension, comme nous l'écrirons plus loin. Néanmoins, la femme d'un Cohen, enceinte et proche du terme, est autorisée lekhat'hila à entrer sous le toit d'un mort (ohel hamet) : car même s'il nous semble qu'elle va certainement accoucher là d'un enfant, et peut-être sera-ce un garçon, qui deviendrait impur là-bas, c'est néanmoins permis, car il y a un double doute (sfek sfeka) : peut-être sera-ce une fille, et peut-être sera-ce un enfant non viable (nefel).séif katan 3
- (ד) אסור - לכל אדם ואפילו התינוק אינו בר הבנה כלל ודבר זה הוא אסור מן התורה וילפינן לה מדכתיב בשרצים לא תאכלום וקרא יתירא הוא וקבלו חז"ל דר"ל לא תאכילום לקטנים וכן בדם כתיב כל נפש מכם לא תאכל דם וקבלו חז"ל דר"ל לא תאכיל לקטנים וכן בטומאת כהנים כתיב אמור ואמרת ואחז"ל אמור לגדולים שיאמרו לקטנים. והנה משלש מצות אלו אנו למדין לכל התורה כולה דכל איסורי תורה אסור להאכילם או לצוותם שיעברו. ולכן אסור ליתן לתינוק דבר מאכל של איסור אפילו לשחוק בו שמא יאכלנו דהוי כמאכילו בידים [מ"א]:(4) Il est interdit – à toute personne (de nourrir l'enfant d'interdits), même si l'enfant n'a aucune compréhension, et c'est un interdit de la Torah. Nous l'apprenons de ce qui est écrit au sujet des reptiles : « Vous ne les mangerez pas » (Lévitique 11, 42) ; c'est un verset superflu, et nos Sages, de mémoire bénie, ont reçu par tradition qu'il signifie : « vous ne les ferez pas manger » aux petits. De même au sujet du sang il est écrit : « Aucune personne parmi vous ne mangera de sang » (Lévitique 17, 12), et nos Sages ont reçu qu'il signifie : « tu ne feras pas manger » aux petits. De même au sujet de l'impureté des Cohanim il est écrit : « Dis… et tu diras » (Lévitique 21, 1), et nos Sages ont dit : « Dis » aux grands, pour qu'ils le disent aux petits. (Yevamot 114a.) Or, de ces trois mitsvot, nous apprenons pour toute la Torah que, pour tous les interdits de la Torah, il est interdit de les faire manger aux enfants ou de leur ordonner de transgresser. C'est pourquoi il est interdit de donner à un enfant un aliment interdit, même pour qu'il joue avec, de peur qu'il ne le mange, car cela revient à le lui faire manger de ses propres mains [Maguen Avraham].
séif katan 4
- (ה) אפילו וכו' - ולומר לא"י שיתן דבר איסור לתינוק ג"כ אסור וכמו בכל איסורין דאמירה לעו"ג אסור וכ"ש לומר לתינוק בעצמו שיאכל דאסור [אחרונים] ואם התינוק צריך לכך כגון שהוא קצת חולה מותר לומר לעו"ג להאכיל אותם אפילו בדבר שהוא אסור מן התורה וכן נוהגים בפסח שמצוים לעו"ג לישא התינוק אל ביתו ולהשקותו חמץ [וכן אם הוא צריך לשתות סתם יינם שהמים היזק לו יצוה להעו"ג ליתן לו] ואם התינוק חולה וא"א לשאת אותו חוץ לבית יבקש מעו"ג שיתן להתינוק חמץ והעו"ג מביא החמץ ומעמידו בבית דהו"ל חמצו של עו"ג בבית ישראל דאינו עובר עליו בבל יראה ואז אפילו הולך העו"ג לפעמים יכול לצוות לקטן ליתן לזה לשתות אבל הוא לא יגע בו שמא יאכל ממנו כמ"ש סימן ת"מ אך בכל זה יזהר שלא יקדים לו דינר דעי"ז יהיה קנוי לו החמץ [מ"א וש"א]:(5) Même, etc. – Dire à un non-Juif de donner une chose interdite à un enfant est également interdit, comme pour tous les interdits, où dire à un non-Juif (de faire l'acte) est interdit ; et à plus forte raison est-il interdit de dire à l'enfant lui-même de manger [A'haronim]. Et si l'enfant en a besoin, par exemple s'il est un peu malade, il est permis de dire à un non-Juif de le nourrir, même d'une chose interdite par la Torah. Et tel est l'usage à Pessa'h : on ordonne à un non-Juif d'emporter l'enfant dans sa maison et de lui donner à boire du 'hamets (levain) [et de même, s'il a besoin de boire du vin de non-Juif (stam yeinam) parce que l'eau lui fait du tort, il ordonnera au non-Juif de lui en donner]. Et si l'enfant est malade et qu'il est impossible de l'emmener hors de la maison, on demandera à un non-Juif de donner du 'hamets à l'enfant : le non-Juif apporte le 'hamets et le dépose dans la maison, car c'est alors le 'hamets d'un non-Juif dans la maison d'un Juif, pour lequel on ne transgresse pas l'interdit de « il ne sera pas vu » (bal yéraé) ; et alors, même si le non-Juif s'absente parfois, on peut ordonner à un enfant (plus âgé) de donner à celui-ci à boire, mais l'adulte lui-même n'y touchera pas, de peur d'en manger, comme il est écrit au siman 440. Mais dans tout cela, on prendra garde de ne pas lui avancer un dinar (d'argent), car de ce fait le 'hamets lui serait acquis [Maguen Avraham et autres décisionnaires].
séif katan 5
- (ו) להרגילו בחילול שבת וכו' - כגון שיאמר לו הבא לי מפתח ואפילו דרך כרמלית:(6) L'habituer à la profanation du Chabbat, etc. – Par exemple, s'il lui dit : « Apporte-moi une clé », même à travers une karmelit (domaine d'interdit rabbinique).
séif katan 6
- (ז) צריכים להפרישו - ס"ל דכיון דהגיע לחינוך מוטל על כל אדם להפרישו מאיסורא כמו על אביו והא דקי"ל דאין מצווין להפרישו בשלא הגיע לחינוך ועיין בח"א שדעתו דלענין איסורא דאורייתא יש להחמיר כדעה זו וע"כ אם העו"ג רוצה להאכיל לקטן ישראל שהגיע לחינוך דבר שאסור מדאורייתא מוטל גם על אחרים למחות בידו אבל בדבר שאיסורו מדרבנן אין מוטל רק על האב:(7) Il faut l'en écarter – Cet avis estime que, puisqu'il a atteint l'âge de l'éducation, il incombe à toute personne de l'écarter de l'interdit, comme à son père ; et ce que nous avons établi, qu'on n'a pas l'ordre de l'écarter (Yevamot 114a), concerne le cas où il n'a pas atteint l'âge de l'éducation. Et voir le 'Hayé Adam, dont l'avis est que pour un interdit de la Torah il faut être rigoureux selon cet avis ; c'est pourquoi, si un non-Juif veut faire manger à un enfant juif ayant atteint l'âge de l'éducation une chose interdite par la Torah, il incombe aussi aux autres de l'en empêcher ; mais pour une chose interdite d'ordre rabbinique, cela n'incombe qu'au père.
séif katan 7
- (ח) וי"א דלא שייך וכו' - לאו דעה חדשה היא אלא דעת המחבר לעיל:(8) Et certains disent que cela ne s'applique pas, etc. – Ce n'est pas un nouvel avis, mais c'est l'avis de l'auteur (Rabbi Yossef Karo) exposé plus haut.
séif katan 8
- (ט) טוב לו - קטן שגנב או שהזיק ראוי לב"ד להכותו שלא ירגיל בה [וכן חבלה וביוש וכל דברים שבין אדם לחבירו ב"ד מצווין להפרישו שלא יארע תקלה על ידו] אבל אין צריך לשלם אם אין הגנבה בעין. וכ"ז מדינא אבל לפנים משורת הדין בין שחבל בו בגופו או שהזיק לו בממנו צריך לשלם לו [ט"ז וח"א וכן משמע מהגר"א]:(9) C'est bien pour lui – Un enfant qui a volé ou causé un dommage, il convient que le tribunal le frappe afin qu'il ne s'y habitue pas [de même pour les coups et blessures, l'humiliation et toutes les choses entre l'homme et son prochain : le tribunal a l'ordre de l'en écarter, afin qu'aucun mal n'arrive par lui] ; mais il n'a pas à payer si l'objet volé n'existe plus (litt. « n'est pas en nature »). Et tout cela selon la stricte loi ; mais au-delà de la stricte loi (lifnim michourat hadin), qu'il l'ait blessé dans son corps ou lui ait causé un dommage dans ses biens, il doit le payer (une fois devenu adulte) [Taz et 'Hayé Adam, et c'est aussi ce qu'il ressort du Gaon de Vilna].
séif katan 9