Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 320 →- (א) אסור לסחטן - והסוחטן חייב משום מפרק דהוא תולדה דדש:(1) Il est interdit de les presser – et celui qui les presse est passible ('hayav) au titre de mefarek (extraire), qui est un dérivé (tolada) de dach (battre le grain).
séif katan 1
- (ב) וע"ל סי' רנ"ב - דשם נתבאר לענין טעינת הקורה מבעוד יום על זיתים וענבים וע"ש מה שכתבנו במ"ב ס"ק מ"ב:(2) Et voir plus loin, siman 252 – car là il a été expliqué ce qui concerne le fait de charger la poutre (du pressoir) encore de jour sur les olives et les raisins ; et voir là ce que nous avons écrit dans la Michna Beroura, séif katan 42.
séif katan 2
- (ג) אסורים - גזירה שמא יבוא לסחטו לכתחלה:(3) Sont interdits – c'est un décret (guezéra), de peur qu'on ne vienne à les presser lekhat'hila (a priori).
séif katan 3
- (ד) אלא לאכילה - דהיינו שקבצם לאכילה והטעם דכיון דרובן לסחיטה קיימא ניחא ליה בהמשקה שזבו ושמא ימלך עליהן לסחיטה:(4) Sauf pour la consommation – c'est-à-dire qu'il les a rassemblés pour les manger. Et la raison (de l'interdit dans le cas contraire) : puisque la plupart d'entre eux sont destinés à être pressés, le liquide qui s'en est écoulé lui convient, et peut-être changera-t-il d'avis à leur sujet pour les presser.
séif katan 4
- (ה) אסור לסחטן - אף שסתמייהו עומדין לאכילה הואיל ומקצת בני אדם סוחטין אותם כזיתים וענבים אסרוה רבנן אטו זיתים וענבים:(5) Il est interdit de les presser – bien que, d'ordinaire, ils soient destinés à la consommation, puisque certaines personnes les pressent comme des olives et des raisins, nos Maîtres l'ont interdit à cause des olives et des raisins.
séif katan 5
- (ו) לאכילה וכו' - דלא ניחא ליה במה שזבו וליכא למגזר שמא יסחוט ואם לא נתכוין בעת קבוצו לא לאכילה ולא למשקה רק סתמא אסור דכעומדין למשקה דמי כ"ז שלא קבצן לאכילה:(6) Pour la consommation, etc. – car le liquide qui s'en est écoulé ne lui convient pas, et il n'y a pas lieu de décréter de peur qu'il ne presse. Et s'il n'avait l'intention, au moment de les rassembler, ni pour la consommation ni pour le liquide, mais les a rassemblés sans précision, c'est interdit, car c'est comme s'ils étaient destinés au liquide, tant qu'il ne les a pas rassemblés pour la consommation.
séif katan 6
- (ז) מותר לסחטן - משום דעומדין לאכילה וליכא דבעי להו למשקין אין שם משקה על היוצא מהן והוי כמפריד אוכל מאוכל ואף דהוא חשב עליהן בסחיטתו למשקה בטלה דעתו אצל כל אדם:(7) Il est permis de les presser – parce qu'ils sont destinés à la consommation et que personne ne les veut pour en faire des liquides ; le nom de « liquide » ne s'applique pas à ce qui en sort, et c'est comme séparer un aliment d'un aliment. Et bien que lui-même ait pensé, en les pressant, à en tirer un liquide, son intention est annulée face à celle de tout le monde.
séif katan 7
- (ח) ובמקום שנהגו וכו' - משמע דבאותו מקום אסור ובשאר מקומות שרי אך אם דרך להוליך המשקה של הפירות ממקום למקום אסור בכל העולם וכ"ז הוא לדעת הרמ"א אבל המ"א האריך בענין זה ומסקנתו דאם נודע לנו שבאיזה מקום נהגו לסחטו למשקה ואפי' הנוהגים בזה הוא רק מקצת בני אדם מחמת שיש להם פירות הרבה ולא עיר שלמה אסור מחמת זה לסחוט בכל מקום וכן כתבו כמה אחרונים. עוד כתב המ"א דדוקא בענין שאם היה לכל העולם פירות הרבה כאלו היו סוחטין אותם אבל בלא"ה אמרינן דבטלה דעתם ועיין בבה"ל מה שכתבנו בזה והני אגסים שקורין בערנע"ס בלשון אשכנז אסור לסחטן מפני שבמדינות אשכנז נהגו לסחטן למשקה ואפשר שאם היה לכל העולם הרבה היו ג"כ סוחטין אבל הפירות שאין הדרך כלל לסחטן בשום מקום מותר לסחטן אפילו למשקה וכנ"ל ודעת הב"ח שאסור לסחוט שום פרי אלא אם כונתו רק למתק הפרי אבל למימיו אסור וכתב שכן המנהג ועיין בבה"ל שביארנו דמדינא אין להחמיר בזה אם לא במקום שנהגו להחמיר אין להקל וכן דעת המ"א וכמה אחרונים ואפילו במקום שנהגו להחמיר בשאר פירות היינו דוקא כשסוחטו לשם משקה אבל כשסוחטו בקערה לטבל בו המאכל שרי דלא מקרי משקה בזה ובזיתים וענבים אסור אף באופן זה:(8) Et dans un endroit où l'on a l'usage, etc. – cela implique que dans cet endroit-là c'est interdit, et que dans les autres endroits c'est permis. Toutefois, s'il est d'usage de transporter le jus de ces fruits d'un endroit à l'autre, c'est interdit dans le monde entier. Et tout cela est selon l'avis du Rema ; mais le Maguen Avraham s'est étendu sur ce sujet, et sa conclusion est que, s'il nous est connu qu'en quelque endroit on a l'usage de le presser pour en faire une boisson, et même si ceux qui ont cet usage ne sont que quelques personnes, parce qu'elles ont beaucoup de fruits, et non une ville entière, il est interdit, à cause de cela, de presser en tout lieu ; et ainsi ont écrit plusieurs A'haronim. Le Maguen Avraham a encore écrit que cela ne vaut que dans le cas où, si tout le monde avait beaucoup de tels fruits, on les presserait ; mais sinon, nous disons que leur intention est annulée (face à celle de tout le monde). Et voir dans le Biour Halakha ce que nous avons écrit à ce sujet. Et ces poires qu'on appelle Birnes en langue allemande, il est interdit de les presser, car dans les pays ashkénazes on a l'usage de les presser pour en faire une boisson ; et il est possible que, si tout le monde en avait beaucoup, on les presserait aussi. Mais les fruits qu'il n'est d'usage de presser nulle part, il est permis de les presser même pour en faire une boisson, comme dit plus haut. Et l'avis du Ba'h est qu'il est interdit de presser quelque fruit que ce soit, sauf si son intention est seulement d'adoucir le fruit ; mais pour son jus, c'est interdit, et il a écrit que tel est l'usage. Et voir dans le Biour Halakha, où nous avons expliqué que, selon la stricte loi, il n'y a pas lieu d'être rigoureux en cela ; mais dans un endroit où l'on a l'usage d'être rigoureux, il ne faut pas être indulgent ; et tel est l'avis du Maguen Avraham et de plusieurs A'haronim. Et même dans un endroit où l'on a l'usage d'être rigoureux pour les autres fruits, cela ne vaut que lorsqu'on le presse pour en faire une boisson ; mais quand on le presse dans une assiette pour y tremper l'aliment, c'est permis, car cela n'est pas appelé « liquide » dans ce cas ; et pour les olives et les raisins, c'est interdit même de cette manière.
séif katan 8
- (ט) דינו כתותים ורמונים - ותפוחים כהיום ג"כ דינו כתותים ורמונים דיש מקומות שנהגו לסחוט מהם הרבה אך אם התפוח מבושל וסוחט שיצא ממנו שרי דהא סוחט כל האוכל ממנו:(9) Leur loi est comme celle des mûres et des grenades – et les pommes, de nos jours, ont aussi la loi des mûres et des grenades, car il y a des endroits où l'on a l'usage d'en presser beaucoup. Mais si la pomme est cuite et qu'on la presse pour qu'en sorte (son contenu), c'est permis, puisqu'on en fait sortir en réalité tout l'aliment (la pulpe elle-même).
séif katan 9
- (י) מותר למצוץ וכו' - מטעם דאין דרך סחיטה בפיו וכל דבר שאין דרכו בכך לא גזרו בו ואע"ג דאסור לינוק מהבהמה אפילו בפיו כמו שמוכח לקמן סימן שכ"ח סל"ג התם יניקה מן הבהמה אינו שינוי גמור [דדרך כל בע"ח לינוק] אבל הכא דאין דרך סחיטה כלל באופן זה לא גזרו:(10) Il est permis de sucer, etc. – pour la raison qu'on ne presse pas de cette manière, avec la bouche, et pour toute chose qui ne se fait pas ainsi, on n'a pas décrété. Et bien qu'il soit interdit de téter directement d'un animal, même avec la bouche, comme cela ressort plus loin, siman 328, séif 33, là, téter d'un animal n'est pas un changement (chinouï) complet [car tous les êtres vivants ont l'habitude de téter] ; mais ici, où ce n'est pas du tout une manière de presser, on n'a pas décrété.
séif katan 10
- (יא) וכ"ש בשאר דברים - כגון שנתן בשר במרק או פת ביין ומוצץ אותם דבלא"ה אין בסחיטתן משום חיוב חטאת דהם כמו כבשים ושלקות לקמן בס"ז וכן מותר לדעה זו למצוץ תותים ורמונים בפיו או קני צוקער:(11) Et à plus forte raison pour les autres choses – par exemple, s'il a mis de la viande dans du bouillon ou du pain dans du vin et qu'il les suce ; car même sans cela, le fait de les presser n'entraîne pas l'obligation d'un sacrifice 'hatat (expiatoire), puisqu'ils sont comme les légumes marinés et les légumes cuits (dont il est question) plus loin, séif 7. Et de même, selon cet avis, il est permis de sucer avec la bouche des mûres et des grenades, ou des cannes à sucre.
séif katan 11
- (יב) וכיוצא בהם - היינו אפילו שאר דברים המבוארים למעלה וטעם דעה זו דס"ל דלא גריע דבר זה מיונק מן הבהמה דגם שם הוא שינוי ואעפ"כ אסרו חכמים ועיין בא"ר שכתב דבזיתים וענבים שסחיטתן מדאורייתא הנכון להחמיר מלמצוץ אפילו בפיו כסברא ראשונה ובשארי דברים אין להחמיר ומסתברא דאפילו בזיתים וענבים אין להחמיר רק כשהוא דרך יניקה לבד דהיינו שמוצץ אותם ואינו משימם לתוך פיו אבל אם משימם לתוך פיו ומוצץ המשקה ומשליך החרצנים לחוץ לכו"ע דרך מאכל הוא וכן משמע מפמ"ג:(12) Et ce qui leur est semblable – c'est-à-dire même les autres choses expliquées plus haut. Et la raison de cet avis est qu'il considère que cette chose n'est pas moindre que téter d'un animal, car là aussi il y a un changement, et pourtant les Sages l'ont interdit. Et voir l'Eliya Rabba, qui a écrit que pour les olives et les raisins, dont le pressage est interdit de la Torah, il convient d'être rigoureux et de ne pas sucer, même avec la bouche, selon le premier avis ; et pour les autres choses, il n'y a pas lieu d'être rigoureux. Et il semble logique que même pour les olives et les raisins, il n'y ait lieu d'être rigoureux que lorsque c'est uniquement une manière de téter, c'est-à-dire qu'il les suce sans les mettre dans sa bouche ; mais s'il les met dans sa bouche, suce le jus et jette les pépins dehors, selon tous les avis c'est une manière de manger ; et c'est ce qui ressort du Peri Megadim.
séif katan 12
- (יג) שנתרסקו מע"ש - דכיון שנתרסקו יזוב המשקה מאליו ושוב אין בזה חיוב חטאת אפילו אם יסחוט בידים ולכן לא גזרו על משקין היוצאין:(13) Qui ont été écrasés dès la veille de Chabbat – car puisqu'ils ont été écrasés, le liquide s'écoulera de lui-même, et il n'y a dès lors plus là d'obligation de 'hatat, même s'il presse avec les mains ; c'est pourquoi on n'a pas décrété sur les liquides qui en sortent.
séif katan 13
- (יד) מתבטל - ואע"ג דלאחר שבת יהיה לו היתר וקי"ל דדבר שיש לו מתירין אפילו באלף לא בטיל ה"מ באיסור שהיה ניכר תחלה בעין ואח"כ נתערב משא"כ בזה כל מעט ומעט שיוצא נתערב תיכף ונתבטל בששים ביין ההיתר שהיה בו מכבר ואין חל עליו שם איסור ולפ"ז אם הענבים מונחין בפני עצמן והיין זב מהם במדרון ויורד לתוך יין שהיה שם כבר מע"ש אסור כל היין להסתפק ממנו משום דבר שיש לו מתירין שהרי מקודם שנתערב היה בעין וניכר [ספר התרומה בסימן רכ"ג]. כתבו האחרונים דמותר לתת ענבים בשבת בתוך היין שיתבקעו ויוציאו יינם כמו בשלג בסעיף טי"ת וכן מותר לשרות צמוקים וכיוצא בהם במים לעשות שתיה:(14) Est annulé – et bien qu'après Chabbat il lui sera permis, et que nous tenons pour établi qu'une chose qui a un moyen de devenir permise (davar chéyech lo matirin) n'est pas annulée, même dans mille, cela ne vaut que pour un interdit qui était d'abord reconnaissable en soi et s'est ensuite mélangé ; alors qu'ici, chaque petite quantité qui sort se mélange aussitôt et s'annule dans soixante fois son volume dans le vin permis qui s'y trouvait déjà, et le nom d'interdit ne s'applique pas à elle. Par conséquent, si les raisins sont posés à part et que le vin s'en écoule le long d'une pente et descend dans du vin qui était déjà là dès la veille de Chabbat, il est interdit de consommer quoi que ce soit de ce vin, à cause de la règle de la chose qui a un moyen de devenir permise, puisque avant de se mélanger, il était présent en soi et reconnaissable [Sefer HaTerouma, siman 223]. Les A'haronim ont écrit qu'il est permis de mettre des raisins, le Chabbat, dans du vin pour qu'ils éclatent et libèrent leur vin, comme pour la neige au séif 9 ; et de même, il est permis de faire tremper des raisins secs et ce qui leur est semblable dans de l'eau pour en faire une boisson.
séif katan 14
- (טו) מותר למשוך - דאף שיוצא קצת יין מחרצנים בשבת תיכף נתבטל בהמים וכנ"ל:(15) Il est permis de tirer – car bien qu'un peu de vin sorte des marcs le Chabbat, il s'annule aussitôt dans l'eau, comme dit plus haut.
séif katan 15
- (טז) מותר לשתותו - כיון שכבר נתרסקו ונדרכו הענבים מבעוד יום [סה"ת שם]. כתב הח"א צמוקים שחתכן ונתן עליהן מים וסחטן בשבת חייב לכו"ע דבהו לא היה זב היין מאליו ואינו דומה לענבים שנתרסקו ומ"מ אם נתן הצמוקים והיין לתוך משמרת או סודר מע"ש ומסתנן והולך בשבת אפ"ה מותר לשתות מאותו יין בשבת ודוקא שהסודר או המשמרת מגיע עד היין שבכלי בענין שתיכף כשיצא מן המשמרת אינו ניכר כלל ובטל:(16) Il est permis de le boire – puisque les raisins ont déjà été écrasés et foulés encore de jour [Sefer HaTerouma, là]. Le 'Hayé Adam a écrit : des raisins secs qu'on a coupés, sur lesquels on a mis de l'eau, et qu'on a pressés le Chabbat, on est passible selon tous les avis, car pour eux le vin ne s'écoulait pas de lui-même, et ce n'est pas comparable aux raisins écrasés. Néanmoins, si l'on a mis les raisins secs et le vin dans un filtre ou un linge dès la veille de Chabbat, et que cela continue à filtrer le Chabbat, même ainsi il est permis de boire de ce vin le Chabbat ; et ce, seulement si le linge ou le filtre atteint le vin qui est dans le récipient, de sorte que, dès qu'il sort du filtre, il n'est pas du tout reconnaissable et est annulé.
séif katan 16
- (יז) כדי לתקן האוכל - כי השם מפרק בזיתים וענבים אינו כ"א בשצריך לסחיטת הפרי למשקה שאז חשוב פריקה שמפרק המשקה מן האוכל משא"כ בזה אין זה דרך פריקתו דהוי כמפריד אוכל מאוכל ועיין לקמיה בס"ז בהג"ה דר"ח אוסר בזה אך רוב הפוסקים חולקים עליו ולכך סתם השו"ע להקל מצד הדין ומ"מ המחמיר תבא עליו ברכה כמ"ש בתשו' הרא"ש:(17) Pour améliorer l'aliment – car le nom de mefarek pour les olives et les raisins ne s'applique que lorsqu'on a besoin de presser le fruit pour en tirer un liquide, car alors cela est considéré comme une extraction, puisqu'on extrait le liquide de l'aliment ; alors qu'ici, ce n'est pas sa manière d'extraire, et c'est comme séparer un aliment d'un aliment. Et voir juste après, au séif 7, dans la glose, que Rabbénou 'Hananel l'interdit dans ce cas ; mais la plupart des décisionnaires le contestent, et c'est pourquoi le Choulhan Aroukh a tranché sans précision dans le sens de l'indulgence, selon la stricte loi. Néanmoins, celui qui est rigoureux, que la bénédiction vienne sur lui, comme il est écrit dans les responsa du Roch.
séif katan 17
- (יח) אבל אם אין בה - ואפילו דעתו ליתנו אח"כ לתבשיל ג"כ אסור דבעינן שיסחטנו לתוך התבשיל ועיין בדרישה שכתב דחיובא נמי יש בזה:(18) Mais s'il n'y a pas dedans – et même s'il a l'intention de le mettre ensuite dans le plat cuisiné, c'est aussi interdit, car il faut qu'il le presse dans le plat lui-même. Et voir la Derisha, qui a écrit qu'il y a même là une culpabilité (passible d'un sacrifice).
séif katan 18
- (יט) דה"ה לבוסר - הם ענבים שלא נתבשלו כל צרכן:(19) Il en va de même pour le boser – ce sont des raisins qui n'ont pas mûri complètement.
séif katan 19
- (כ) הואיל ואינו וכו' - היינו דמשום זה הוי כבורר אוכל מתוך פסולת כי אותן בני אדם האוכלין אותו בטלה דעתן אצל כל אדם. ואם רוצה לאכול לאלתר אותו דבר שסוחט לתוכו הבוסר מותר כדלעיל בסימן שי"ט לענין בורר דמותר באוכל מתוך פסולת אם הוא לצורך אותה סעודה דהא משום סחיטה ליכא כאן כיון שבא לתוך האוכל כ"כ העו"ש והט"ז והמ"א השיג על זה דהא דמותר שם משום שאין דרך ברירה באוכל מתוך פסולת משא"כ בזה דרך ברירתו הוא דאי אפשר בענין אחר ועיין בא"ר שמצדד להקל כהעו"ש והט"ז ועיין בבה"ל שכתבנו דנכון להחמיר כדעת המ"א. אך אם הבוסר ראוי לאכול ע"י הדחק מי שסומך על דברי העו"ש וט"ז אין למחות בידו:(20) Puisqu'il n'est pas, etc. – c'est-à-dire qu'à cause de cela, c'est comme trier l'aliment du rebut (pessolet), car l'intention de ces gens qui le mangent est annulée face à celle de tout le monde. Et s'il veut manger immédiatement la chose dans laquelle il presse le boser, c'est permis, comme dit plus haut, siman 319, au sujet du tri, où il est permis de trier l'aliment du rebut si c'est pour ce repas-là ; car il n'y a pas ici d'interdit de pressage, puisque le jus va dans l'aliment ; ainsi ont écrit l'Olat Chabbat et le Taz. Et le Maguen Avraham a contesté cela : là, c'est permis parce que ce n'est pas la manière de trier que de prendre l'aliment du rebut, alors qu'ici c'est sa manière de le trier, car c'est impossible autrement. Et voir l'Eliya Rabba, qui penche vers l'indulgence comme l'Olat Chabbat et le Taz ; et voir dans le Biour Halakha, où nous avons écrit qu'il convient d'être rigoureux selon l'avis du Maguen Avraham. Toutefois, si le boser est mangeable difficilement, celui qui s'appuie sur les paroles de l'Olat Chabbat et du Taz, il ne faut pas l'en empêcher.
séif katan 20
- (כא) לאכול - וה"ה בשאר פירות שאינם ראוים לאכילה אסור לסחטן למימיהן אפי' לתוך אוכל ויש להחמיר כסברא אחרונה:(21) Manger – et il en va de même pour les autres fruits qui ne sont pas propres à la consommation : il est interdit de les presser pour leur jus, même dans un aliment ; et il faut être rigoureux selon le dernier avis.
séif katan 21
- (כב) לסחוט לימוני"ש - ובלשוננו ציטרי"ן והיינו אפילו למשקין ואף שדרך לסחטן בחול כיון שאין דרך כלל לסחטן לצורך משקה אלא לטבל בו אוכל הוי כשאר פירות וכנ"ל בס"א. ואפילו אם הדרך לסחטן בחול לתוך מים שנתנו בהם צוקע"ר לשתות לתענוג מ"מ נוהגין העולם להקל לעשות זה בשבת ואפשר משום דלא מיתסר אלא כשדרך לשתות מי סחיטת הפרי גם בלא תערובות משקה אחר א"נ דלא מיתסר אלא כשסוחטין מימיו לבד ואח"כ מערבין אותם אבל אם המנהג לסחוט מימיו לתוך משקה אחר ליתן בו טעם שרי [ב"י וט"ז]. ולפ"ז בזמן הזה שידוע שממלאין חבית למאות לשתות עם פאנ"ש באיזה מקומות צ"ע גדול אם מותר לסחטן בשבת לתוך משקה דאפשר דדמי לתותים ורמונים כיון דדרך לסחטן בכלים בפני עצמם וע"כ צריך ליזהר שיסחוט מקודם על הצוקער בפ"ע דהוי כמשקה הבא לאוכל. וכן לסחטו לתבשיל ועל גבי האוכל פשיטא דשרי וכנ"ל בס"ד. ודע דהשו"ע דמתיר לסחוט לימוני"ש היינו קודם שנכבשו אבל אם כבושים במלח וש"ד דינם ככבשים ושלקות וכדלקמיה [אחרונים]:(22) Presser des limonès – et dans notre langue Zitronen (citrons) ; et c'est permis même pour en faire une boisson. Et bien qu'il soit d'usage de les presser en semaine, puisqu'il n'est pas du tout d'usage de les presser pour en faire une boisson, mais pour y tremper un aliment, ils sont comme les autres fruits, comme dit plus haut, séif 1. Et même s'il est d'usage de les presser en semaine dans de l'eau où l'on a mis du sucre (Zucker), pour la boire par plaisir, néanmoins les gens ont l'usage d'être indulgents et de faire cela le Chabbat ; et c'est peut-être parce que ce n'est interdit que lorsqu'il est d'usage de boire le jus pressé du fruit même sans mélange avec un autre liquide ; ou bien parce que ce n'est interdit que lorsqu'on presse son jus seul et qu'ensuite on le mélange, mais si l'usage est de presser son jus dans un autre liquide pour lui donner du goût, c'est permis [Beit Yossef et Taz]. Par conséquent, à notre époque, où il est connu qu'en certains endroits on remplit des tonneaux par centaines pour boire avec du punch, il faut examiner sérieusement (tsarikh iyoun gadol) s'il est permis de les presser le Chabbat dans un liquide, car il est possible qu'ils soient comparables aux mûres et aux grenades, puisqu'il est d'usage de les presser dans des récipients à part. C'est pourquoi il faut faire attention à presser d'abord sur le sucre seul, car c'est alors comme un liquide qui va dans un aliment. Et de même, le presser dans un plat cuisiné ou sur l'aliment, il est évident que c'est permis, comme dit plus haut, séif 4. Et sache que lorsque le Choulhan Aroukh permet de presser des limonès, c'est avant qu'ils aient été marinés ; mais s'ils sont marinés dans du sel et autres, leur loi est celle des légumes marinés et cuits, comme dit juste après [A'haronim].
séif katan 22
- (כג) ושלקות - היינו ירק וכיוצא ששלקן קודם השבת ונשארו מימיהן בהן:(23) Et les légumes cuits – c'est-à-dire un légume et ce qui lui est semblable, qu'on a fait cuire avant Chabbat, et dont l'eau est restée en eux.
séif katan 23
- (כד) אם לגופן - ר"ל שסוחטן ממשקה הצף עליהן והנבלע בהן כדי לתקן גופם לאכילה לבד וא"צ למימיהן כמו שדרך לסחוט הירק שקורין שאלאטי"ן לאחר ששרו אותן במים לכן איננו בכלל מפרק כלל ואף דסוחט לתוך הקערה ואין המשקה הולך לאיבוד מ"מ כיון שאינו מכוין בשביל המשקה איננו בכלל מלאכה ובזיתים וענבים אסור בכל גווני משום דרוב העולם סוחטין אותן למימיהן:(24) Si c'est pour eux-mêmes – c'est-à-dire qu'il les presse pour en retirer le liquide qui flotte sur eux et qui est absorbé en eux, afin de rendre leur corps propre à la consommation seulement, et qu'il n'a pas besoin de leur jus, comme on a l'habitude de presser le légume qu'on appelle salaten (salade) après l'avoir trempé dans l'eau ; c'est pourquoi ce n'est pas du tout inclus dans mefarek. Et bien qu'il presse dans l'assiette et que le liquide ne se perde pas, néanmoins, puisqu'il ne vise pas le liquide, ce n'est pas inclus dans un travail (melakha) ; et pour les olives et les raisins, c'est interdit de toute manière, car la plupart des gens les pressent pour leur jus.
séif katan 24
- (כה) אלא וכו' - וה"ה דמותר לכתחלה לסחוט לאקשי"ן משומן הנבלע בהן אם הוא עושה משום שאין יכול לאכלן משום שומן הרבה שבהן כ"כ בדרישה ובח"א מיקל מטעם אחר דשומן שמפרישו הוי ג"כ אוכל והוי כמפריד אוכל מאוכל:(25) Mais, etc. – et il en va de même qu'il est permis lekhat'hila de presser des lokchen (nouilles) pour en retirer la graisse absorbée en elles, s'il le fait parce qu'il ne peut pas les manger à cause de la grande quantité de graisse qu'elles contiennent ; ainsi l'a écrit la Derisha. Et le 'Hayé Adam est indulgent pour une autre raison : la graisse qu'il en sépare est aussi un aliment, et c'est comme séparer un aliment d'un aliment.
séif katan 25
- (כו) לתוך קערה וכו' - ודוקא לצורך שבת אבל אסור לסחוט בכל גווני לצורך מו"ש [גמרא]:(26) Dans une assiette, etc. – et seulement pour les besoins du Chabbat ; mais il est interdit de presser de quelque manière que ce soit pour les besoins de la sortie de Chabbat [Guemara].
séif katan 26
- (כז) לתוך קדרה וכו' - דלא גרע מאשכול דמותר וכנ"ל בס"ד:(27) Dans une marmite, etc. – car ce n'est pas moindre qu'une grappe, pour laquelle c'est permis, comme dit plus haut, séif 4.
séif katan 27
- (כח) שיש בה אוכל - וה"ה לתוך המורייס דהוי מאכל אבל לתוך המשקין אסור:(28) Dans laquelle il y a un aliment – et il en va de même dans la mouryas (saumure de poisson), qui est un aliment ; mais dans des liquides, c'est interdit.
séif katan 28
- (כט) אסור - ואע"ג דשאר פירות מותר לסחוט אפי' למימיהן וכנ"ל בס"א שאני התם שאין שם משקה על מי פירות והוי כמפריד אוכל מאוכל משא"כ הכא דהיה שם משקה עליו מקודם שנבלע ושייך בו שם סחיטה ומ"מ חיוב חטאת ליכא לדעה זו דס"ל דבר תורה אינו חייב אלא על סחיטת זיתים וענבים בלבד וכמ"ש בריש הסימן:(29) C'est interdit – et bien que, pour les autres fruits, il soit permis de presser même pour leur jus, comme dit plus haut, séif 1, là c'est différent, car le nom de « liquide » ne s'applique pas au jus de fruits, et c'est comme séparer un aliment d'un aliment ; alors qu'ici, il avait le nom de « liquide » avant d'être absorbé, et le nom de « pressage » s'y applique. Néanmoins, il n'y a pas d'obligation de 'hatat selon cet avis, qui considère que, selon la Torah, on n'est passible que pour le pressage des olives et des raisins seulement, comme nous l'avons écrit au début du siman.
séif katan 29
- (ל) ולרבינו חננאל וכו' - הנה הר"ח בשני דברים פליג על דעה הראשונה דס"ל דאם צריך למימיהן חייב אפי' בכבשים ושלקות דכל היכא שצריך למימיהן לעולם חייב אפילו כשסוחט לתוך האוכל ואף דכל הפוסקים פליגי ע"ז דס"ל דמשקה הבא לאוכל כאוכל דמי וכנ"ל בס"ד והלכה כדבריהם ולכך הזכיר המחבר דעתם בסתמא מ"מ הביא ג"כ דעת ר"ח להורות דטוב להחמיר כדבריו והמחמיר תבא עליו ברכה וכמ"ש בתשובת הרא"ש שהובא בב"י:(30) Et selon Rabbénou 'Hananel, etc. – voici que Rabbénou 'Hananel diverge du premier avis sur deux points, car il considère que, s'il a besoin de leur jus, il est passible même pour les légumes marinés et cuits ; car partout où il a besoin de leur jus, il est toujours passible, même lorsqu'il presse dans l'aliment. Et bien que tous les décisionnaires le contestent, considérant qu'un liquide qui va dans un aliment est comme un aliment, comme dit plus haut, séif 4, et que la halakha soit conforme à leurs paroles – et c'est pourquoi l'auteur (du Choulhan Aroukh) a mentionné leur avis sans précision –, il a néanmoins rapporté aussi l'avis de Rabbénou 'Hananel pour enseigner qu'il est bien d'être rigoureux selon ses paroles, et celui qui est rigoureux, que la bénédiction vienne sur lui, comme il est écrit dans une responsa du Roch rapportée dans le Beit Yossef.
séif katan 30
- (לא) דג לצירו - ר"ל שסחט דג להוציא צירו שצריך לו ומיירי בציר שנבלע בו ממשקה דעלמא לכך דומה כסוחט שלקות למימיו דאסור וכנ"ל אבל בציר היוצא מגופו דומה לסוחט שאר כל הפירות למימיו דמותר וכנ"ל בס"א:(31) Un poisson pour sa saumure – c'est-à-dire qu'il a pressé un poisson pour en extraire la saumure dont il a besoin ; et il s'agit d'une saumure qui y a été absorbée à partir d'un liquide extérieur ; c'est pourquoi c'est comparable à celui qui presse des légumes cuits pour leur jus, ce qui est interdit, comme dit plus haut. Mais pour la saumure qui sort de son propre corps, c'est comparable à celui qui presse tous les autres fruits pour leur jus, ce qui est permis, comme dit plus haut, séif 1.
séif katan 31
- (לב) לחתיכות דקות - אבל לשבור חתיכה ממנו שרי ואפי' אם יזובו קצת מים עי"ז דלא נתכוין לזה ועוד שהולך לאיבוד [ב"י]:(32) En petits morceaux – mais casser un morceau (de neige ou de grêle) est permis, même si un peu d'eau s'en écoule de ce fait, car il n'en a pas l'intention ; et de plus, elle se perd [Beit Yossef].
séif katan 32
- (לג) מימיו - דדמי למלאכה שבורא המים הללו ואסור מדרבנן א"נ גזירה שמא יסחוט פירות העומדין למשקין:(33) Son eau – car c'est comparable à un travail, puisqu'il crée cette eau, et c'est interdit d'ordre rabbinique ; ou bien c'est un décret, de peur qu'il ne presse des fruits destinés à donner des liquides.
séif katan 33
- (לד) ואינו חושש - כיון דלא עביד מעשה בידים לא גזרו ביה ויש מתירין אפילו לרסק בידים לתוך הכוס והטעם דכיון שנתערב במה שבתוך הכוס ואינו בעין לא גזרו ביה כלל:(34) Et il ne craint pas – puisqu'il ne fait pas d'action de ses mains, on n'a pas décrété à ce sujet. Et certains permettent même d'écraser la neige de ses mains dans le verre ; et la raison est que, puisqu'elle se mélange à ce qui est dans le verre et n'est pas présente en soi, on n'a pas du tout décrété à ce sujet.
séif katan 34
- (לה) מותרים - ליהנות מהם וה"ה דמותר לכתחלה להניח כיון שממילא הוא נימוח וכמו לתוך הכוס ולדעת רמ"א בסימן שי"ח סט"ז בהג"ה גם הכא יש להחמיר דאף דנימוח מאליו אסור משום נולד ואינו דומה לתוך הכוס דהתם הוא מעורב במים ואינו ניכר:(35) Sont permis – d'en tirer profit ; et il en va de même qu'il est permis lekhat'hila de les placer (là où ils fondront), puisqu'ils fondent d'eux-mêmes, comme dans le verre. Et selon l'avis du Rema, au siman 318, séif 16, dans la glose, ici aussi il faut être rigoureux : bien qu'ils fondent d'eux-mêmes, c'est interdit à cause de nolad (chose nouvellement apparue) ; et ce n'est pas comparable à la neige mise dans le verre, car là elle est mélangée à l'eau et n'est pas reconnaissable.
séif katan 35
- (לו) לשבר הקרח - דשבירת הקרח אינה מלאכה כלל ולא אסרו בריסוק אלא אם הוא עושה כדי שיזובו מימיו משא"כ בזה. כתב המ"א דבנהר או באר אסור דכיון דהוא מחובר לקרקע יש בו משום חשש בנין וסתירה אבל הרבה אחרונים חולקין עליו וס"ל דשם מים עליהן ואין שייך בו בנין וסתירה. ולצורך שבת יש להקל:(36) Casser la glace – car casser la glace n'est pas du tout un travail, et les Sages n'ont interdit l'écrasement que s'il le fait pour que son eau s'écoule, ce qui n'est pas le cas ici. Le Maguen Avraham a écrit que dans un fleuve ou un puits c'est interdit, car puisqu'elle est attachée au sol, il y a là un risque d'interdit de construire et de démolir ; mais beaucoup d'A'haronim le contestent et considèrent qu'elle a le statut d'eau, et que construire et démolir ne s'y appliquent pas. Et pour les besoins du Chabbat, on peut être indulgent.
séif katan 36
- (לז) שלא יטול ידיו - כדי שלא יבוא לידי ריסוק ושלחן עצי שטים מיקל בזה אך שיזהר שלא ירסקם:(37) Qu'il ne se lave pas les mains – afin de ne pas en venir à écraser (la neige ou la grêle). Et le Choul'han Atsei Chittim est indulgent en cela, mais qu'il fasse attention à ne pas les écraser.
séif katan 37
- (לח) במלח - הטעם כנ"ל בשלג וברד דגם בזה יתהוה מים ע"י השפשוף. והיינו דוקא במלח לבד אבל מותר להשליך מלח במים אפילו הרבה וליטול ידיו מהם אחר שנימוחו וכמו שהתירו לעיל ליתן שלג וברד לתוך הכוס אך שלא יעשה מי מלח עזין דהיינו שני שלישי מלח ואחד מים:(38) Avec du sel – la raison est comme dit plus haut pour la neige et la grêle, car ici aussi de l'eau se formera par le frottement. Et cela ne vaut que pour du sel seul ; mais il est permis de jeter du sel dans l'eau, même beaucoup, et de s'en laver les mains après qu'il a fondu, de même qu'on a permis plus haut de mettre de la neige et de la grêle dans le verre ; mais qu'il ne fasse pas une eau salée forte, c'est-à-dire deux tiers de sel et un tiers d'eau.
séif katan 38
- (לט) ברגליו - ואף אם השלג נימוח וזב עי"ז לית לן בה כיון דהוא אינו מתכוין לזה והט"ז כתב דכיון שהוא דבר שא"א ליזהר בזה לא גזרו ביה:(39) Avec ses pieds – et même si la neige fond et s'écoule de ce fait, cela ne nous pose pas de problème, puisqu'il n'en a pas l'intention. Et le Taz a écrit que, puisque c'est une chose dont il est impossible de se garder, on n'a pas décrété à ce sujet.
séif katan 39
- (מ) מתיר להטיל - דומיא דדורס שלג ברגליו:(40) Permet d'uriner – à l'instar de celui qui foule la neige de ses pieds.
séif katan 40
- (מא) היה נזהר - שע"י השתן ודאי נימוח ולא דמי לסעיף ט' דשרי ליתן שלג לתוך הכוס אע"פ שנימוח דהכא כיון דעביד מעשה גרע טפי ועיין בט"ז שפסק להקל וכן הא"ר כתב להקל אם לא שאפשר בלא טורח טוב ליזהר:(41) Il se gardait – car par l'urine la neige fond certainement ; et ce n'est pas comparable au séif 9, où il est permis de mettre de la neige dans le verre bien qu'elle fonde, car ici, puisqu'il fait une action, c'est plus grave. Et voir le Taz, qui a tranché dans le sens de l'indulgence, et l'Eliya Rabba aussi a écrit d'être indulgent ; mais s'il est possible de s'en garder sans peine, il est bien de faire attention.
séif katan 41
- (מב) לידי סחיטה - שיסחוט הסודר מן המים שנבלעו בו ע"י הכלי וסוחט בגד חייב משום מלבן ומיירי שהיתה אז החבית ריקנית דאל"ה פריסת סודר בעצמה אסור משום חשש סחיטה אפילו אם לא יניח כלי לח על גבה:(42) Amener à presser – qu'il presse le linge pour en extraire l'eau qui y a été absorbée à cause du récipient ; et celui qui presse un vêtement est passible au titre de melaben (blanchir). Et il s'agit du cas où le tonneau était alors vide ; car sinon, étendre le linge est en soi interdit, par crainte de pressage, même s'il ne pose pas de récipient humide dessus.
séif katan 42
- (מג) לסחטו - שהרי לכך עשוי ואינו מקפיד עליו אם הוא שרוי במים ומיירי בענין דאין בו משום חשש אהל ועיין לעיל בסימן שט"ו סי"ג ובמ"ב שם:(43) Le presser – car il est fait pour cela, et on n'y attache pas d'importance s'il est imbibé d'eau ; et il s'agit d'un cas où il n'y a pas de crainte d'interdit de ohel (dresser une tente). Et voir plus haut, siman 315, séif 13, et dans la Michna Beroura là-bas.
séif katan 43
- (מד) להדק - ומיירי כשהם לחין מן המשקין שבתוך הכלי ואפילו הם עשויין לכך נמי אסור משום דבהידוק המוכין [כל דבר רך כגון צמר גפן ומטלית וכיוצא בהן] בתוך פי הפך בא לידי סחיטה שהיא תולדת ליבון וכנ"ל ואפילו להסוברים דבשאר משקין חוץ ממים אין בו משום מלבן מ"מ אסור שיוצא המשקה הבלוע בו ונופל לתוך הפך והוי בכלל דישה כמו סוחט זיתים וענבים ואף שאינו מתכוין לזה מ"מ פסיק רישא הוא:(44) Enfoncer – et il s'agit du cas où ils sont humides des liquides qui sont dans le récipient ; et même s'ils sont faits pour cela, c'est aussi interdit, car en enfonçant les mokhin [toute matière douce, comme le coton, un chiffon et ce qui leur est semblable] dans l'ouverture de la cruche, on en vient à presser, ce qui est un dérivé de libboun (blanchir), comme dit plus haut. Et même selon ceux qui considèrent que, pour les liquides autres que l'eau, il n'y a pas d'interdit de blanchir, c'est néanmoins interdit, car le liquide absorbé en eux sort et tombe dans la cruche, et cela est inclus dans dach (battre le grain), comme celui qui presse des olives et des raisins ; et bien qu'il n'en ait pas l'intention, c'est néanmoins un pessik reicha (conséquence inévitable).
séif katan 44
- (מה) ספוג - הוא כמין צמר נעשה לחוף הים או כפירוש הערוך וכדלקמיה ובטבעו ששואב המים והמשקין לתוכו:(45) Une éponge – c'est une sorte de laine qui se forme au bord de la mer, ou selon l'explication de l'Aroukh, comme on le verra juste après ; et sa nature est d'absorber l'eau et les liquides.
séif katan 45
- (מו) אין מקנחין בו - את הטבלא ואת הקערה:(46) On ne s'en sert pas pour essuyer – la table et l'assiette.
séif katan 46
- (מז) אלא א"כ וכו' - רש"י והרמב"ם פירשו דכשיש לו עור בית אחיזה שיאחזנו בו אפשר לקנח בלי סחיטה אבל הראב"ד כתב דאעפ"כ א"א לו לקנח בלי סחיטה אלא דמ"מ שרי דכיון שיש לו בית אחיזה הו"ל כצלוחית מלאה מים שמריק ממנה מים:(47) À moins que, etc. – Rachi et le Rambam ont expliqué que, lorsqu'elle a un morceau de cuir servant de poignée par laquelle on la tient, il est possible d'essuyer sans presser ; mais le Raavad a écrit que même ainsi, il est impossible d'essuyer sans presser, mais que c'est néanmoins permis, car puisqu'elle a une poignée, c'est comme une fiole pleine d'eau dont on vide l'eau.
séif katan 47
- (מח) שמא יסחוט - כתב בביאור הגר"א שט"ס הוא וצ"ל משום סחיטה דהא אמרינן בגמרא דפסיק רישא הוא משום דאי אפשר שלא יסחוט כשאוחזו באצבעותיו בלי עור בית אחיזה וכ"כ המג"א:(48) De peur qu'il ne presse – le Gaon de Vilna a écrit dans son Biour que c'est une erreur de copiste, et qu'il faut lire « à cause du pressage », car nous disons dans la Guemara que c'est un pessik reicha (conséquence inévitable), parce qu'il est impossible de ne pas presser quand on la tient avec les doigts sans poignée de cuir ; et ainsi a écrit le Maguen Avraham.
séif katan 48
- (מט) לסתום נקב שבדופנה - היינו שכורכין סביבות הברזא חתיכת בגד או נעורת של פשתן ופוקקים בה הנקב שבדופן החבית:(49) Pour boucher un trou dans sa paroi – c'est-à-dire qu'on enroule autour du robinet (berza) un morceau de tissu ou des étoupes de lin, et qu'on bouche avec cela le trou dans la paroi du tonneau.
séif katan 49
- (נ) יש מי שמתיר - להסיר אותה בשבת או להחזירה:(50) Il y a un avis qui permet – de l'enlever le Chabbat ou de le remettre.
séif katan 50
- (נא) אע"פ וכו' - שע"י סתימת הברזא בהנקב או הסרתו נסחט משקה הבלוע בהנעורת:(51) Bien que, etc. – car en bouchant le trou avec le robinet, ou en l'enlevant, le liquide absorbé dans les étoupes est pressé.
séif katan 51
- (נב) כלי - דממילא היין הנסחט הולך לאיבוד כיון שהנקב בדופן החבית בצדה אבל אם היה תחתיו כלי שנוטף בה טיפת הנטיפה וכן אם היה הפקיקה בסתימת הנקב שלמעלה שהיין הנסחט יורד לתוך החבית בכל זה הוא איסור דאורייתא להדק או להסיר הפקיקה גם לשיטה זה:(52) Un récipient – car de lui-même, le vin pressé se perd, puisque le trou est dans la paroi du tonneau, sur son côté ; mais s'il y avait en dessous un récipient dans lequel tombent les gouttes, ou de même si le bouchon fermait le trou d'en haut, de sorte que le vin pressé descend dans le tonneau, dans tous ces cas c'est un interdit de la Torah d'enfoncer ou d'enlever le bouchon, même selon cette opinion.
séif katan 52
- (נג) דפסיק רישא הוא אסור - מדרבנן אבל חיובא ליכא בפסיק רישא דלא ניחא ליה לכו"ע. וכ"ז הוא לענין שבת דבעינן שיהא מלאכת מחשבת אבל לענין שארי איסורי תורה דעת הרא"ש דפ"ר דלא ניחא ליה לכו"ע אסור ואיסורו הוא מן התורה:(53) Parce que c'est un pessik reicha, c'est interdit – d'ordre rabbinique ; mais il n'y a pas de culpabilité, selon tous les avis, pour un pessik reicha dont la conséquence ne lui convient pas (dela ni'ha leh). Et tout cela concerne le Chabbat, où il faut un « travail réfléchi » (melékhet ma'hchévet) ; mais pour les autres interdits de la Torah, l'avis du Roch est qu'un pessik reicha dont la conséquence ne lui convient pas est interdit selon tous les avis, et que son interdiction est de la Torah.
séif katan 53
- (נד) בדבר - היינו שמפריזין על המדה יותר מדעה הראשונה ומקילין אפילו ביש כלי תחתיה:(54) Dans la chose – c'est-à-dire qu'ils vont au-delà de la mesure, plus que le premier avis, et sont indulgents même quand il y a un récipient en dessous.
séif katan 54
- (נה) ויש לגמגם בה - דשאני בית אחיזה של ספוג דמהני דאין שם אלא קינוח בעלמא משא"כ כאן שמהדקין הברזא בחוזק תוך הנקב יש שם ודאי סחיטה ע"כ ראוי לנהוג שלא יניח כלי תחתיו וילך הנסחט לאיבוד ויסמוך על דעה הראשונה דהכא ומ"מ צריך שיהיה ג"כ ברזא ארוכה שיהיה תרתי לטיבותא עכ"ל הט"ז וכ"כ הא"ר ומאמר מרדכי. ודע דכל הסעיף הזה הוא בחבית של יין כמו שהזכיר השו"ע בראש הסעיף וה"ה שאר משקין אבל לא במים וטעם הדבר דבכל משקין חוץ ממים דעת כמה ראשונים דאין בהם משום ליבון ואיסור סחיטתו הוא רק משום מפרק כמו סוחט זיתים וענבים ולכן בעינן מן התורה לכו"ע שיהא צריך למשקין היוצאין דומיא דמפרק ורק מדרבנן ס"ל לדעה אחרונה דאסור וכמו שכתבתי בביאור הלכה אבל בחבית של מים איסור סחיטתו הוא משום ליבון הפקיקה דסוחט הוא תולדה דמלבן ואסור בכל גווני ודעת הט"ז דיין לבן דומה למים לענין כבוס ולדבריו השו"ע לא איירי כאן כ"א ביין אדום שאינו מלבן ואיסורו הוא רק משום מפרק ולכך בעינן שיהא ניחא ליה במאי דנפק בסחיטתו. אם נשפך שכר ושאר משקה על המפה שעל השלחן והוא רוצה לגרור אותם בכף או בסכין כדי לנקות המפה יזהר שלא יגררם בכח כדי שלא יבוא לידי סחיטה ורק יסיר את המשקה הצף מלמעלה [ואם המשקים צבועים יזהר שלא יצטבע שאר מקומות המפה ע"י גרירתו כבסעיף כ] וכ"ש אם נשפך מים על המפה בודאי יזהר מאד בזה דסחיטת מים הוא תולדה דמלבן וכנ"ל. הסוחט שער או עור פטור אבל אסור [רמב"ם] ולכן הטובל בשבת יזהר שלא יסחוט שערו לנגבם:(55) Et il y a lieu d'hésiter à ce sujet – car la poignée de l'éponge est différente : elle est efficace, car il n'y a là qu'un simple essuyage ; alors qu'ici, où l'on enfonce le robinet avec force dans le trou, il y a certainement pressage. C'est pourquoi il convient d'avoir l'usage de ne pas mettre de récipient en dessous, afin que le liquide pressé se perde, et de s'appuyer sur le premier avis d'ici ; et il faut néanmoins aussi que le robinet soit long, pour qu'il y ait deux éléments favorables. Fin de citation du Taz ; et ainsi ont écrit l'Eliya Rabba et le Maamar Mordekhaï. Et sache que tout ce séif concerne un tonneau de vin, comme l'a mentionné le Choulhan Aroukh au début du séif, et il en va de même des autres liquides, mais pas de l'eau. Et la raison en est que, pour tous les liquides sauf l'eau, l'avis de plusieurs Richonim est qu'il n'y a pas en eux d'interdit de blanchir, et que l'interdit de leur pressage n'est qu'au titre de mefarek (extraire), comme celui qui presse des olives et des raisins ; c'est pourquoi il faut, de la Torah et selon tous les avis, qu'il ait besoin des liquides qui sortent, à l'instar de mefarek ; et ce n'est que d'ordre rabbinique que le dernier avis considère que c'est interdit, comme je l'ai écrit dans le Biour Halakha. Mais pour un tonneau d'eau, l'interdit de son pressage est au titre du blanchiment du bouchon, car presser est un dérivé de blanchir, et c'est interdit de toute manière. Et l'avis du Taz est que le vin blanc est comparable à l'eau pour ce qui est du lavage ; et selon ses paroles, le Choulhan Aroukh ne parle ici que du vin rouge, qui ne blanchit pas, et dont l'interdit n'est qu'au titre de mefarek ; c'est pourquoi il faut que ce qui sort par son pressage lui convienne. Si de la bière ou un autre liquide s'est renversé sur la nappe qui est sur la table, et qu'il veut les racler avec une cuillère ou un couteau pour nettoyer la nappe, qu'il fasse attention à ne pas les racler avec force, afin de ne pas en venir à presser, et qu'il enlève seulement le liquide qui flotte en surface ; [et si les liquides sont colorés, qu'il fasse attention à ce que les autres endroits de la nappe ne soient pas teints par son raclage, comme au séif 20]. Et à plus forte raison, si de l'eau s'est renversée sur la nappe, il doit certainement faire très attention à cela, car presser de l'eau est un dérivé de blanchir, comme dit plus haut. Celui qui presse des cheveux ou une peau est exempt, mais c'est interdit [Rambam] ; c'est pourquoi celui qui se trempe (au mikvé) le Chabbat doit faire attention à ne pas presser ses cheveux pour les sécher.
séif katan 55
- (נו) מותר - וכן מותר ליתן יין אדום בתוך יין לבן ואע"פ שמתאדם [ואפילו אם מכוין לכתחלה לעשות מראה בהמאכל או בהמשקה ג"כ מסתברא דאין להחמיר כן נראה מהפמ"ג ולפי מה שכתב בנ"א נכון למנוע מזה] ומ"מ אין רשאי לעשות מראה ביי"ש ודבש שיקנו ממנו [פמ"ג ע"ש טעמו וגם בלא"ה הוא עובדא דחול] וכ"ש שלא להשים סממנים בצלוחית מים להעמיד בחלון נגד השמש ויש בזה חשש חיוב חטאת [שם בפמ"ג]:(56) C'est permis – et de même, il est permis de mettre du vin rouge dans du vin blanc, bien qu'il rougisse [et même s'il a l'intention, lekhat'hila, de donner une couleur à l'aliment ou à la boisson, il semble aussi logique qu'il n'y a pas lieu d'être rigoureux ; c'est ce qui ressort du Peri Megadim ; et selon ce qu'a écrit le Nichmat Adam, il convient de s'en abstenir]. Néanmoins, il n'est pas permis de donner une couleur à de l'eau-de-vie et à du miel pour qu'on les achète [Peri Megadim, voir là sa raison ; et même sans cela, c'est une activité profane (ouvda de'hol)] ; et à plus forte raison, il ne faut pas mettre des teintures dans une fiole d'eau pour la placer à la fenêtre face au soleil, et il y a là une crainte d'obligation de 'hatat [là, dans le Peri Megadim].
séif katan 56
- (נז) צריך ליזהר - היינו להפוסקים לעיל בסי"ח דפ"ר דלא ניחא אסור ואע"ג דמקלקל הוא מ"מ איסורא מיהו איכא:(57) Il faut faire attention – c'est-à-dire selon les décisionnaires cités plus haut, au séif 18, selon lesquels un pessik reicha dont la conséquence ne lui convient pas est interdit ; et bien qu'il détériore (mekalkel), il y a néanmoins un interdit.
séif katan 57
- (נח) שלא יגע - ואע"ג דצובע פניו וידיו ליכא למיחש דאין צביעה אלא בדבר שדרכו לצבוע ול"ד לסימן ש"ג סכ"ה דאיתא שם דאשה לא תעביר סרק על פניה מפני שצובעת אשה שאני שדרכה בכך להתיפות:(58) Qu'il ne touche pas – et quant au fait de teindre son visage et ses mains, il n'y a pas lieu de craindre, car il n'y a de teinture que pour une chose qu'on a l'habitude de teindre ; et ce n'est pas comparable au siman 303, séif 25, où il est rapporté qu'une femme ne doit pas passer du fard (sarak) sur son visage, parce qu'elle teint : une femme est différente, car c'est son habitude d'agir ainsi pour s'embellir.
séif katan 58
- (נט) בבגדיו וכו' - ובבגד אדום כ"ש דאסור לקנחו דמתקן הוא [מ"א] ויש מקילין בכל זה כיון שהוא דרך לכלוך ויש לסמוך עליהם היכא דאי אפשר לו ליזהר בזה. הצובע חוט שארכו ד"ט או דבר שאפשר לטוות ממנו חוט כזה חייב ודוקא צבע והמתקיים אבל צבע שאינו מתקיים כלל כגון שהעביר סרק או ששר על גבי ברזל או נחשת וצבעו פטור שהרי אתה מעבירו לשעתו ואינו צובע כלום. העושה עין צבע כגון שנתן קנקנתום לתוך מי עפצא שנעשה הכל שחור או שנתן איסטיס לתוך מי כרכום שנעשה הכל ירוק חייב [רמב"ם פ"ט] והראב"ד סובר שאינו חייב משום צובע אלא כשצובע בהצבע דבר אחר שע"י זה נגמר מלאכת הצבע אבל צביעת מים שהוא עין הצבע לא. ונתינת דיו וסממנים לתוך המים אסור משום לש עכ"ל בקיצור:(59) Avec ses vêtements, etc. – et avec un vêtement rouge, à plus forte raison il est interdit de s'essuyer, car il l'améliore [Maguen Avraham] ; et certains sont indulgents en tout cela, puisque c'est une manière de salir, et on peut s'appuyer sur eux là où il lui est impossible de faire attention. Celui qui teint un fil long de quatre téfa'him (palmes), ou une chose dont on peut filer un tel fil, est passible ; et ce, seulement avec une teinture durable ; mais avec une teinture pas du tout durable, par exemple s'il a passé du fard (sarak) ou du vermillon (chachar) sur du fer ou du cuivre et l'a teint, il est exempt, car on l'enlève sur le moment, et il ne teint rien. Celui qui fait la substance de la teinture, par exemple s'il a mis du vitriol (kankantom) dans de l'eau de noix de galle, de sorte que tout devient noir, ou s'il a mis de l'isatis (pastel) dans de l'eau de safran, de sorte que tout devient vert, est passible [Rambam, chapitre 9] ; et le Raavad considère qu'on n'est passible au titre de tsovéa (teindre) que lorsqu'on teint avec la teinture une autre chose, par laquelle le travail de teinture est achevé, mais pas pour la coloration de l'eau, qui est la substance de la teinture. Et mettre de l'encre et des teintures dans l'eau est interdit au titre de lach (pétrir). Fin de citation, en résumé.
séif katan 59