Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 318 →- (א) המבשל וכו' - אחד המבשל את המאכל או את הסממנין או המחמם את המים [ר"ל אף דמים ראוי לשתיה בלא בישול וה"ה חלב מ"מ חייב כיון דמשתבח ע"י הבישול] ואחד האופה את הפת הכל ענין אחד הוא [דאפיה הוא מענין בישול אלא שאפיה הוא בפת ובישול הוא בשארי דברים]. המתיך אחד ממיני מתכות כל שהוא או המחמם את המתכות עד שתעשה גחלת ה"ז תולדת מבשל [שהרי בחימומו הוא מרככו שיהא ראוי לתקנו ולעשות ממנו כלי והרי הוא מרפה דבר הקשה] וכן הממסס את הדונג [שעוה] או את החלב או את הזפת והכופר והגפרית וכיוצא בהן ה"ז תולדת מבשל וחייב וכן המבשל כלי אדמה עד שיעשו חרס חייב משום מבשל [דקודם שמתחזק הכלי ונצרף בהכבשן ונעשה חרס כראוי מתבשל בה טיט של הכלי] וכן הנותן חתיכת עץ בתנור כדי שיתייבש וידוע שמתחלה הוא מתרפה ויוצא ממנו הלחלוחית חייב משום מבשל כללו של דבר בין שרפה גוף קשה באש או שהקשה גוף רך ה"ז חייב משום מבשל [רמב"ם בפ"ט] וע"כ יש ליזהר מאד שלא להניח עצים לחים על התנור ליבשן אחר שקיעת החמה דהוא חשש דאורייתא. הניח בשר ע"ג גחלים אם נצלה צליה גמורה כשיעור גרוגרת חייב ואפילו הגרוגרת אינה במקום אחד אלא מתלקט משנים ושלשה מקומות ג"כ חייב ואפילו אם לא היה צליה גמורה רק כמאב"ד ג"כ חייב אלא דבזה שאינו צליה גמורה צריך שיהיה הבשר צלוי משני הצדדים של הבשר דוקא וא"ל פטור [כן כתב הרמב"ם שם בהלכה ה'] וכ"ז הוא לענין חטאת אבל איסורא יש בכל גווני וכן מה שכתב הרמב"ם מתחלה לענין צליה השיעור גרוגרת הוא ג"כ רק לענין חיוב חטאת אבל איסור דאורייתא יש בכל גווני כדקי"ל חצי שיעור אסור מן התורה [שבת ע"ד גמ' ורש"י שם]:(1) Celui qui cuit, etc. – Que l'on cuise un aliment ou des herbes (ingrédients de teinture), ou que l'on chauffe de l'eau [c'est-à-dire : bien que l'eau soit bonne à boire sans cuisson, et il en va de même du lait, on est néanmoins passible, puisqu'elle s'améliore par la cuisson], ou que l'on cuise du pain au four, tout cela est une seule et même chose [car la cuisson au four relève de la cuisson ; simplement, « cuire au four » se dit du pain, et « cuire » des autres choses]. Celui qui fond l'une des sortes de métaux, si peu que ce soit, ou qui chauffe un métal jusqu'à ce qu'il devienne braise, accomplit un dérivé (tolada) de la cuisson [car en le chauffant il l'amollit pour qu'il soit apte à être travaillé et qu'on en fasse un ustensile : il ramollit ainsi une chose dure]. De même, celui qui fait fondre la cire (donag) [c'est-à-dire la cire], ou le suif, ou la poix, le bitume (kofer), le soufre et autres choses semblables, accomplit un dérivé de la cuisson et il est passible. De même, celui qui cuit des ustensiles de terre jusqu'à ce qu'ils deviennent de la céramique est passible au titre de la cuisson [car avant que l'ustensile ne se durcisse, ne soit affiné dans le four et ne devienne de la céramique comme il convient, l'argile de l'ustensile y cuit]. De même, celui qui met un morceau de bois dans le four pour qu'il sèche — or on sait qu'au début il s'amollit et que son humidité en sort — est passible au titre de la cuisson. La règle générale : qu'on ait amolli un corps dur par le feu, ou durci un corps mou, on est passible au titre de la cuisson [Rambam, chapitre 9 des lois de Chabbat]. C'est pourquoi il faut faire très attention à ne pas poser du bois humide sur le poêle pour le sécher après le coucher du soleil (la veille de Chabbat), car il y a là une crainte d'interdit de la Torah. S'il a posé de la viande sur des braises : si elle a rôti d'un rôtissage complet sur la mesure d'une figue sèche (grogueret), il est passible ; et même si la mesure de la figue sèche ne se trouve pas en un seul endroit mais se rassemble de deux ou trois endroits, il est aussi passible ; et même si ce n'était pas un rôtissage complet, mais seulement comme la nourriture de Ben Drossaï (cuisson partielle, qui rend l'aliment tout juste mangeable), il est aussi passible ; seulement, dans ce cas où le rôtissage n'est pas complet, il faut que la viande soit rôtie précisément des deux côtés, sinon il est exempt [ainsi l'a écrit le Rambam, là-bas, halakha 5]. Tout cela concerne l'obligation d'apporter un sacrifice expiatoire ('hatat), mais l'interdit existe de toute façon. De même, ce que le Rambam a écrit au début au sujet du rôtissage, la mesure d'une figue sèche, ne vaut aussi que pour l'obligation du 'hatat ; mais l'interdit de la Torah existe de toute façon, comme nous l'établissons : une demi-mesure est interdite par la Torah [Chabbat 74, Guemara et Rachi là-bas].
séif katan 1
- (ב) בשבת - וכל שיש ספק פלוגתא בזה אי הוי בכלל בישול או לאו או בשאר מלאכות כה"ג אין לאסור בדיעבד דכל האיסור הזה הוא רק מדרבנן שקנסוהו וספיקא דרבנן לקולא [פמ"ג באות יו"ד וכעין זה כתב המג"א בסימן שכ"ג סקי"א ועיין בסקל"ב וצע"ק]:(2) Le Chabbat – Et chaque fois qu'il y a un doute dû à une divergence entre décisionnaires sur ce point — si cela relève ou non de la cuisson —, ou pour d'autres travaux de ce genre, il ne faut pas interdire bediavad (a posteriori), car tout cet interdit (de profiter du résultat) n'est que d'ordre rabbinique, une amende qu'ils lui ont infligée, et un doute dans une règle rabbinique se tranche avec indulgence [Peri Megadim, lettre 10 ; et dans le même sens a écrit le Maguen Avraham au siman 323, séif katan 11 ; voir aussi au séif katan 32, et cela demande un peu d'examen].
séif katan 2
- (ג) אחת משאר מלאכות - ואם היא מלאכה דרבנן עיין בביאור הגר"א שהאריך להוכיח דלכו"ע אם עשה אותה בשוגג אין לאסור בדיעבד ליהנות ממנה ועיין בבה"ל:(3) L'un des autres travaux – Et s'il s'agit d'un travail d'ordre rabbinique, voir le Biour du Gaon de Vilna, qui démontre longuement que, selon tous les avis, si on l'a fait par inadvertance (beshogueg), il ne faut pas interdire bediavad d'en profiter ; et voir le Biour Halakha.
séif katan 3
- (ד) לעולם - ליהנות מאותה מלאכה דקנסוהו רבנן ומ"מ מותר לו ליהנות מדמיה של המלאכה. כתב המג"א בשם הרשב"א דגם הקדירה שבישל בה בשבת אסורה לו לבשל בה מפני שהיא בלועה מדבר האסור לו ודוקא המבשל לבריא אבל המבשל לחולה מותרת הקדרה:(4) Pour toujours – de profiter de ce travail, car les Rabbanim lui ont infligé une amende ; néanmoins il lui est permis de profiter de la valeur du travail. Le Maguen Avraham a écrit au nom du Rachba que même la marmite dans laquelle il a cuit le Chabbat lui est interdite pour y cuisiner, car elle a absorbé une chose qui lui est interdite. Et cela seulement pour celui qui cuit pour une personne bien portante ; mais pour celui qui cuit pour un malade, la marmite est permise.
séif katan 4
- (ה) מותר למו"ש מיד - ואפילו למי שנתבשל בשבילו דלא בעינן להמתין בכדי שיעשו אלא במלאכה הנעשית ע"י א"י בשביל ישראל משום דקל בעיניו איסור דאמירה לעו"ג ויבוא לעשות כן פעם אחרת כדי שיהיה מוכן לו במו"ש מיד אבל דבר שנעשה ע"י ישראל בידים ודאי ליכא למיחש דעי"ז שנתיר למו"ש מיד יבא פעם אחרת לומר לישראל לבשל לו בשבת בשביל זה ועוד שהישראל לא ישמע לו דאין אדם חוטא ולא לו. אם היה במו"ש יו"ט אפילו בישל בהיתר כגון שבישל בשבת לחולה מ"מ אסור לבריא גם ביו"ט ראשון דאין שבת מכין ליו"ט. אם נתערב בשבת אותו דבר שנתבשל במזיד באחרים דעת המ"א דאינו מתבטל ואסור לו בשבת ליהנות מזה דכיון דלמו"ש יהיה מותר לאחרים מקרי דבר שיש לו מתירין דאינו בטל אפילו באלף ומה שכתב ביו"ד סוף סימן קי"ב היפוך זה נדחק המ"א לישבו ועיין בחות דעת שם שחולק עליו וכ"ז להמבשל בעצמו אבל לענין אחרים לכו"ע מקרי דבר שיש לו מתירין:(5) Permis à l'issue du Chabbat, immédiatement – Et même à celui pour qui on l'a cuit. Car on n'exige d'attendre le temps nécessaire pour le faire (bikhdei cheyaassou) que pour un travail accompli par un non-Juif pour un Juif, parce que l'interdit de demander à un non-Juif lui paraît léger, et il risquerait de recommencer une autre fois afin que ce soit prêt pour lui dès l'issue du Chabbat. Mais pour une chose faite de ses propres mains par un Juif, il n'y a certainement pas à craindre que, parce que nous permettons immédiatement à l'issue du Chabbat, il vienne une autre fois demander pour cela à un Juif de lui cuire le Chabbat ; de plus, le Juif ne l'écouterait pas, car un homme ne pèche pas sans profit pour lui-même. Si l'issue du Chabbat était un Yom Tov (jour de fête), même s'il a cuit de façon permise — par exemple, il a cuit le Chabbat pour un malade —, c'est néanmoins interdit à un bien portant même le premier jour de Yom Tov, car le Chabbat ne prépare pas pour le Yom Tov. Si, le Chabbat, l'aliment cuit délibérément s'est mélangé à d'autres, l'avis du Maguen Avraham est qu'il ne s'annule pas et qu'il lui est interdit d'en profiter le Chabbat : puisqu'à l'issue du Chabbat il sera permis aux autres, cela s'appelle « une chose qui deviendra permise » (davar cheyech lo matirin), qui ne s'annule même pas dans mille. Quant à ce qui est écrit dans le Yoré Déa, à la fin du siman 112, à l'opposé de cela, le Maguen Avraham s'est efforcé de le concilier ; et voir le 'Havat Daat, là-bas, qui le conteste. Tout cela concerne celui qui a cuit lui-même ; mais pour les autres, selon tous les avis, cela s'appelle une chose qui deviendra permise.
séif katan 5
- (ו) ובשוגג - שגג בדין או שכח כ"ז בכלל שוגג הוא:(6) Et par inadvertance – Qu'il se soit trompé sur la loi ou qu'il ait oublié que c'était Chabbat, tout cela entre dans la catégorie de l'inadvertance.
séif katan 6
- (ז) גם לאחרים - הנה בגמרא פליגי בענין שוגג ומזיד ר"מ ור' יהודה ודעת השו"ע הוא דעת ר' יהודה שכן הסכימו הרי"ף והרמב"ם והגאונים והגר"א הסכים בבאורו לשיטת התוספות וסייעתם דפסקו כר' מאיר דבמזיד אסור בין לו בין לאחרים עד מו"ש ובשוגג מותר גם לו מיד. ובמקום הצורך יש לסמוך על זה בבשול בשוגג:(7) Aussi pour les autres – Dans la Guemara, Rabbi Méïr et Rabbi Yehouda divergent au sujet de l'inadvertance et de l'acte délibéré, et l'avis du Choulhan Aroukh est celui de Rabbi Yehouda, car ainsi l'ont tranché le Rif, le Rambam et les Guéonim. Mais le Gaon de Vilna, dans son Biour, s'est rangé à la méthode des Tossefot et de ceux qui les suivent, qui ont tranché comme Rabbi Méïr : en cas d'acte délibéré, c'est interdit aussi bien à lui qu'aux autres jusqu'à l'issue du Chabbat, et en cas d'inadvertance, c'est permis même à lui immédiatement. En cas de besoin, on peut s'appuyer sur cela pour une cuisson faite par inadvertance.
séif katan 7
- (ח) שחלה היום - ולא אמרינן דהבהמה היא מוקצה מחמת איסור דאיתקצאי בבה"ש מחמת איסור שחיטה שבאותו פעם לא היה חולה עדיין שיהיה דעתו עליה לשחטה דהא אנן קיי"ל כר' שמעון דלית לו מוקצה אלא היכי דדחיה בידים כגון נר שהדליקו עליו באותו שבת דדחיה בידים שלא להשתמש בו באותה שבת כיון שהדליק בו אבל גבי בהמה לא דחיה בידים ועיין עוד בב"י:(8) Qui est tombé malade aujourd'hui – Et l'on ne dit pas que l'animal est mouktsé (écarté de l'usage) en raison d'un interdit, du fait qu'il a été écarté au crépuscule (bein hachemachot) à cause de l'interdit d'abattage, puisqu'à ce moment-là le malade n'était pas encore malade pour qu'on ait l'intention de l'abattre. Car nous établissons comme Rabbi Chimon, qui n'admet le mouktsé que lorsqu'on l'a écarté de ses mains, comme une lampe qu'on a allumée ce Chabbat-là : on l'a écartée de ses mains de l'usage pendant ce Chabbat puisqu'on l'a allumée ; mais l'animal, on ne l'a pas écarté de ses mains. Voir aussi le Beit Yossef.
séif katan 8
- (ט) מותר הבריא וכו' - הטעם כיון דעיקר השחיטה לצורך החולה דאי אפשר לכזית בשר בלא שחיטה ולא שייך בזה שמא ירבה בשבילו:(9) Le bien portant est permis, etc. – La raison : puisque l'abattage est essentiellement pour le besoin du malade, car il est impossible d'obtenir un kezayit (volume d'une olive) de viande sans abattage, la crainte qu'il n'en ajoute pour lui (le bien portant) ne s'applique pas ici.
séif katan 9
- (י) חי בשבת - ובלא מליחה דאסור למלוח בשבת והדחה בעי משום דם בעין משא"כ דם הבלוע בו ליכא איסור כ"ז שלא פירש:(10) Cru, le Chabbat – Et sans salage, car il est interdit de saler le Chabbat ; mais il faut un rinçage, à cause du sang apparent ; en revanche, le sang absorbé dans la viande n'est pas interdit tant qu'il n'en est pas sorti.
séif katan 10
- (יא) לחולה אסור - אבל במו"ש מותר מיד ולא בעינן לזה בכדי שיעשה. וטעימה אם התבשיל יפה בשביל החולה מותר גם בשבת:(11) Pour le malade, est interdit – Mais à l'issue du Chabbat c'est permis immédiatement, et on n'exige pas pour cela d'attendre le temps nécessaire pour le faire. Quant à goûter pour vérifier si le plat est bon pour le malade, c'est permis même le Chabbat.
séif katan 11
- (יב) שאין בו סכנה - דגם הוא כבריא לענין זה שאסור מן התורה לבשל עבורו ע"י ישראל וחיישינן שאם נתירו לאכול מזה שמא ירבו בשבילו:(12) Qui n'est pas en danger – Car lui aussi est comme un bien portant à cet égard : il est interdit par la Torah qu'un Juif cuise pour lui ; et nous craignons que, si nous lui permettions de manger de ce qui a été cuit pour un malade en danger, on n'en ajoute pour lui.
séif katan 12
- (יג) שמא ירבה בשבילו - ליתן בשר לתוך הקדרה וזהו איסור דאורייתא כשמרבה בשבילו אפילו הוא מרבה בפעם אחת קודם שיתן הקדירה על האש וי"א דהוי דרבנן כיון שהוא בפעם אחת עיין ב"י [מ"א ועיין בספרי אהבת חסד בפ"ז שביררנו ראיה מהגמרא דהעיקר כדעה הראשונה]:(13) De peur qu'il n'en ajoute pour lui – c'est-à-dire qu'il ne mette davantage de viande dans la marmite. Et c'est un interdit de la Torah lorsqu'il en ajoute pour lui, même s'il ajoute en une seule fois avant de mettre la marmite sur le feu ; certains disent que c'est seulement rabbinique, puisque c'est en une seule fois ; voir le Beit Yossef [Maguen Avraham ; et voir mon livre Ahavat 'Hessed, chapitre 7, où nous avons établi par une preuve tirée de la Guemara que l'essentiel est comme le premier avis].
séif katan 13
- (יד) אסור בשבת - לבריא ליהנות ממנו אבל במו"ש מותר מיד וטעמו דכיון דהא"י בישל בהיתר לא בעי להמתין בכדי שיעשו וגם לא גזרו בזה משום בישולי א"י [הגר"א]:(14) Est interdit le Chabbat – au bien portant d'en profiter ; mais à l'issue du Chabbat c'est permis immédiatement. La raison : puisque le non-Juif a cuit de façon permise (pour le malade), il n'est pas nécessaire d'attendre le temps nécessaire pour le faire ; et on n'a pas non plus décrété ici à cause de l'interdit des mets cuits par un non-Juif (bichoulei goyim) [Gaon de Vilna].
séif katan 14
- (טו) מבעוד יום - ר"ל והיה בדעתו מבע"י לקצוץ הפרי בשבת אפ"ה אסור מפני שאין הכנה מועלת כלל במחובר כיוצא בזה שהוא גדל והולך בשבת אבל פרי שנגמר בשולו ושוב אין גדל והולך מועלת בו הכנה אע"פ שהוא מחובר אבל חולה שנחלה היום אסור בכל גווני ליהנות לבריא משום מוקצה דמחובר:(15) Pendant qu'il faisait encore jour – C'est-à-dire : même s'il avait l'intention, dès la veille pendant le jour, de cueillir le fruit le Chabbat, c'est néanmoins interdit, car la préparation (l'intention préalable, hakhana) n'a aucun effet sur ce qui est attaché au sol et qui, comme ici, continue de croître pendant le Chabbat. Mais un fruit dont la maturation est achevée et qui ne continue plus de croître, la préparation est efficace pour lui bien qu'il soit attaché au sol. En revanche, pour un malade tombé malade aujourd'hui, il est interdit de toute façon au bien portant d'en profiter, à cause du mouktsé de ce qui est attaché au sol.
séif katan 15
- (טז) שגדל והולך - עיין במ"א שמקשה דליבטל הגידולים בעיקר שהוא הרוב של היתר ויהא מותר לבריא כשנחלה מבע"י ובביאור הגר"א מצדד ג"כ כן להלכה:(16) Qui continue de croître – Voir le Maguen Avraham, qui objecte : que la croissance survenue le Chabbat s'annule dans le fruit principal, qui est la majorité permise, et que ce soit permis au bien portant lorsque le malade est tombé malade la veille pendant le jour ! Et dans le Biour du Gaon de Vilna, il penche aussi ainsi pour la halakha.
séif katan 16
- (יז) בתולדת האור - והמבשל בו חייב לפיכך המניח פירות או מים על התנור או בתוך [הקאכלין] לאחר שהוסק התנור ונתבשלו שם חייב ומדרבנן אסור להניח אפילו קודם שהוסק וכדלקמיה. וכל דיני בישול הנזכרים בסימן זה שייכים גם בדבר שנתבשל ע"י תולדת האור:(17) Par un dérivé du feu – Et celui qui y cuit est passible. C'est pourquoi celui qui pose des fruits ou de l'eau sur le poêle ou dans [les carreaux de faïence (kakhlin) du poêle] après que le poêle a été chauffé, et qu'ils y ont cuit, est passible ; et d'ordre rabbinique, il est interdit de les poser même avant qu'on ait chauffé le poêle, comme il sera dit plus loin. Et toutes les lois de la cuisson mentionnées dans ce siman s'appliquent aussi à une chose cuite par un dérivé du feu.
séif katan 17
- (יח) ואפילו בתולדת חמה - ואפילו בדיעבד אסור ואפשר דלאחר שבת מותר אף למבשל עצמו [חידושי רע"א]:(18) Et même par un dérivé du soleil – Et même bediavad c'est interdit ; et il est possible qu'après Chabbat ce soit permis même à celui qui a cuit lui-même ['Hidouchei Rabbi Akiva Eiger].
séif katan 18
- (יט) להטמינה וכו' - ואפילו מבע"י דחול הוא דבר המוסיף הבל כמבואר לעיל בסימן רנ"ז ס"ג ואסור להטמין בו אפילו מבע"י כמבואר שם [הרא"ש] ובחידושי רע"א הביא בשם הרשב"א דמותר להטמין בו מבע"י דכל שהוחם בע"ש מן החמה מצטנן לגמרי בליל שבת:(19) De l'enfouir, etc. – Et même pendant qu'il fait encore jour (la veille), car le sable est une chose qui ajoute de la chaleur, comme expliqué plus haut au siman 257, séif 3, et il est interdit d'y enfouir un plat même pendant le jour, comme expliqué là-bas [le Roch]. Mais dans les 'Hidouchei Rabbi Akiva Eiger, il rapporte au nom du Rachba qu'il est permis d'y enfouir pendant le jour, car tout ce qui a été chauffé par le soleil la veille de Chabbat refroidit complètement la nuit de Chabbat.
séif katan 19
- (כ) בחול - ואפילו אם לא יטמין אלא יגלגלה בשבת ע"ג חול החם כדי שתצלה נמי אסור דגזירה אטו תולדת האור וע"כ אסור לצלות ביצה על גג רותח מחמה - המבשל בחמי טבריא פטור מחטאת דהוי כתולדת חמה אבל חייב מכת מרדות דאיסור יש בזה הלכך אסור להעמיד מאכל ע"ג חמי טבריא בשבת אבל להשהות עליהן מע"ש מותר ולהניח בתוכן אסור משום הטמנה בדבר המוסיף הבל כמ"ש סימן שכ"ו ס"ג:(20) Dans le sable – Et même s'il ne l'enfouit pas mais la fait rouler (l'œuf) le Chabbat sur du sable chaud pour qu'il rôtisse, c'est aussi interdit, par décret à cause du dérivé du feu. C'est pourquoi il est interdit de rôtir un œuf sur un toit brûlant de soleil. Celui qui cuit dans les sources chaudes de Tibériade est exempt du 'hatat, car c'est comme un dérivé du soleil, mais il est passible de coups de rébellion (makat mardout, sanction rabbinique), car il y a là un interdit. C'est pourquoi il est interdit de placer un aliment sur les sources chaudes de Tibériade le Chabbat ; mais l'y laisser depuis la veille de Chabbat est permis ; et le mettre dedans est interdit au titre de l'enfouissement dans une chose qui ajoute de la chaleur, comme écrit au siman 326, séif 3.
séif katan 20
- (כא) אבל בחמה עצמה - ולא גזרינן אטו אור דחמה באור לא מיחלף:(21) Mais dans le soleil lui-même – Et l'on ne décrète pas à cause du feu, car on ne confond pas le soleil avec le feu.
séif katan 21
- (כב) יש בו וכו' - וכל דינים האסורין משום בשול אפילו ליתן על הכירה להתנור קודם היסק אסור כמ"ש סימן רנ"ג:(22) Il y a, etc. – Et pour toutes les choses interdites au titre de la cuisson, même les mettre sur le réchaud ou dans le poêle avant qu'on l'allume est interdit, comme écrit au siman 253.
séif katan 22
- (כג) בשול - וע"כ אסור מן התורה להניח התבשיל הזה בשבת במקום חם שהיד סולדת בו ולערב אותו בתבשיל רותח בכלי שני יש להקל [אחרונים]:(23) Cuisson – C'est pourquoi il est interdit par la Torah de poser ce plat, le Chabbat, dans un endroit chaud où la main se rétracte (yad solédet : chaleur dont la main se retire) ; quant à le mélanger à un plat bouillant dans un keli chéni (récipient secondaire, dans lequel on a transvasé depuis le récipient chauffé), on peut être indulgent [A'haronim].
séif katan 23
- (כד) אם נצטנן - היינו שאין היד סולדת בו אף שהוא קצת חם עדיין אבל אם היד סולדת בו אף שנצטנן מרתיחתו לא שייך בו בישול עוד דבכלל רותח הוא ואין בישול אחר בישול [ודוקא לענין להחזירו לתנור כשהוא גרוף מן הגחלים או שהם עמומין אבל לתנור כשאינו גרוף וכ"ש על האש ממש אסור להחזיר לכו"ע אפילו רותח גמור וכדלעיל ברנ"ג] וכ"ז הוא דעת המחבר אבל הרמ"א לקמן בסט"ו בהג"ה כתב דכל זמן שלא נצטנן לגמרי נהגו להקל דאין בו משום בישול וע"ש:(24) S'il a refroidi – c'est-à-dire que la main ne s'y rétracte pas, bien qu'il soit encore un peu chaud. Mais si la main s'y rétracte, bien qu'il ait refroidi de son ébullition, la cuisson ne s'applique plus à lui, car il est compté comme bouillant, et il n'y a pas de cuisson après cuisson [et cela seulement pour le remettre dans le four quand il est vidé des braises ou qu'elles sont couvertes ; mais dans un four non vidé, et à plus forte raison sur le feu même, il est interdit de le remettre selon tous les avis, même s'il est tout à fait bouillant, comme plus haut au siman 253]. Tout cela est l'avis de l'auteur (le Choulhan Aroukh) ; mais le Rema, plus loin au séif 15 dans sa glose, a écrit que tant qu'il n'a pas complètement refroidi, on a l'usage d'être indulgent, car il n'y a pas là d'interdit de cuisson ; voir là-bas.
séif katan 24
- (כה) ויפה לו - אבל אם מצטמק ורע לו מותר להניח סמוך למדורה אפילו במקום שהיס"ב ועיין בב"ח שפסק כסברא הראשונה דאין חילוק בזה וכן משמע בביאור הגר"א:(25) Et cela lui est bon – Mais s'il se réduit et que cela lui est nuisible, il est permis de le poser près du feu, même à un endroit où la main se rétracte. Voir le Ba'h, qui a tranché comme le premier avis, qu'il n'y a pas de distinction à ce sujet ; et c'est aussi ce qui ressort du Biour du Gaon de Vilna.
séif katan 25
- (כו) כמאכל ב"ד - וה"ה יותר עד שיגמר בישולו שייך בו בישול מן התורה:(26) Comme la nourriture de Ben Drossaï – Et il en est de même au-delà, jusqu'à ce que la cuisson soit achevée : la cuisson de la Torah s'y applique.
séif katan 26
- (כז) אפילו בעודו רותח - ופשוט דאפילו ע"י א"י אסור לגמור הבישול ונראה דבדיעבד אין לאסור התבשיל דיש לסמוך על הפוסקים שסוברים דכיון שנתבשל כמאכל ב"ד שוב אין בזה משום בישול:(27) Même pendant qu'il est bouillant – Et il est évident que même par un non-Juif il est interdit d'achever la cuisson. Et il semble que bediavad il ne faille pas interdire le plat, car on peut s'appuyer sur les décisionnaires qui pensent que, puisqu'il a été cuit comme la nourriture de Ben Drossaï, il n'y a plus là d'interdit de cuisson.
séif katan 27
- (כח) והני מילי וכו' - ר"ל הא דאמרן דבנצטנן שייך בישול בכל גוונא:(28) Et cela vaut seulement, etc. – c'est-à-dire ce que nous avons dit, que lorsqu'il a refroidi la cuisson s'applique dans tous les cas.
séif katan 28
- (כט) מרק - דבדבר לח כיון שאזיל חמימותו ונצטנן בטל ממנו שם בישולו הראשון:(29) Un bouillon – Car pour une chose liquide, puisque sa chaleur s'en est allée et qu'elle a refroidi, le statut de sa première cuisson disparaît.
séif katan 29
- (ל) אבל דבר וכו' - היינו בנתבשל כל צרכו:(30) Mais une chose, etc. – c'est-à-dire lorsqu'elle a été cuite complètement.
séif katan 30
- (לא) שנתבשל כבר - דוקא שנתבשל אבל אם לא נתבשל אלא נשרה מע"ש בכלי ראשון שהיס"ב אסור לשרותו בחמין שהיס"ב בשבת דאע"ג דאין כאן תוספת בישול מ"מ כ"ז שלא נתבשל ממש אלא היה בכלי ראשון ניתוסף בו קצת בישול כשמניחו פעם שני בחמין ויש מקילין בדבר ודעת הפמ"ג דהמקילין מיירי בדבר שדרכו וטבעו קל להגמר בישולו אף בכלי ראשון שהוסר מן האש אבל דבר שאין דרכו להתבשל לגמרי בכלי ראשון לכו"ע אסור וטוב להחמיר בכל גוונא ע"ש וכ"ז לענין לשרותו בכלי ראשון אבל לשרותו בכ"ש אף שהיס"ב יש להקל בכל גוונא כיון שבע"ש נשרה בחמין שהיס"ב:(31) Qui a déjà été cuit – Précisément s'il a été cuit ; mais s'il n'a pas été cuit, mais seulement trempé la veille de Chabbat dans un keli richon (récipient primaire, chauffé sur le feu) où la main se rétracte, il est interdit de le tremper le Chabbat dans de l'eau chaude où la main se rétracte. Car bien qu'il n'y ait pas ici d'ajout de cuisson, néanmoins, tant qu'il n'a pas été réellement cuit mais seulement placé dans un keli richon, un peu de cuisson s'y ajoute lorsqu'on le met une seconde fois dans l'eau chaude. Certains sont indulgents en la matière, et l'avis du Peri Megadim est que ceux qui sont indulgents parlent d'une chose dont la nature est de cuire facilement complètement même dans un keli richon retiré du feu ; mais pour une chose qui n'a pas pour nature de cuire complètement dans un keli richon, c'est interdit selon tous les avis ; et il est bien d'être rigoureux dans tous les cas ; voir là-bas. Et tout cela concerne le fait de le tremper dans un keli richon ; mais le tremper dans un keli chéni, même si la main s'y rétracte, on peut être indulgent dans tous les cas, puisque la veille de Chabbat il a été trempé dans de l'eau chaude où la main se rétracte.
séif katan 31
- (לב) והוא יבש - ר"ל שהריקו המרק ממנו:(32) Et il est sec – c'est-à-dire qu'on en a vidé le bouillon.
séif katan 32
- (לג) מותר לשרותו - אפילו בכלי ראשון רותח כדי שיהיה נימוח שם ויהיה דבר לח דאין בישול אחר בישול אבל לא יתנו לכ"ר שעומד על גבי האש:(33) Il est permis de le tremper – même dans un keli richon bouillant, pour qu'il s'y dissolve et devienne une chose liquide, car il n'y a pas de cuisson après cuisson ; mais il ne le mettra pas dans un keli richon qui se trouve sur le feu.
séif katan 33
- (לד) אותו בחמין - שהיד סולדת בהן ואפילו אם לא יניחו שם עד שיהיה נימוח ואפילו בכלי שני נמי אסור לשרות דמיחזי כמבשל ולא דמי לתבלין בסעיף ט' דלא אסר אלא בכלי ראשון דתבלין עשויין למתק הקדירה ולא מיחזי כמבשל:(34) Le tremper dans de l'eau chaude – où la main se rétracte ; et même s'il ne l'y laisse pas jusqu'à ce qu'il se dissolve, et même dans un keli chéni, il est aussi interdit de le tremper, car cela a l'air de cuire. Et ce n'est pas comparable aux épices du séif 9, où on n'a interdit que dans un keli richon : les épices sont faites pour assaisonner la marmite, et cela n'a pas l'air de cuire.
séif katan 34
- (לה) מדיחין אותו - והיינו שמערה עליו מכ"ש דמכ"ר אסור לערות עליו דעירוי ככ"ר ומבשל כדי קליפה כמו שכתוב סעיף יו"ד וה"ה דשרי לערות מכ"ש ע"ג דבר לח צונן דה"ל כהדחה בעלמא [אחרונים]:(35) On le rince – c'est-à-dire qu'on verse sur lui depuis un keli chéni ; car depuis un keli richon il est interdit de verser sur lui, puisque le versement (irouy) est comme un keli richon et cuit l'épaisseur d'une pelure (kedei kelipa), comme écrit au séif 10. Et de même il est permis de verser depuis un keli chéni sur une chose liquide froide, car c'est comme un simple rinçage [A'haronim].
séif katan 35
- (לו) חוץ מן המליח הישן - דג מלוח של שנה שעברה וקולייס האיספנין הוא שם דג שאוכלין אותו מחמת מלחו ע"י הדחה בחמין וע"כ אפילו הדחה נמי לא שזהו גמר מלאכתן והוי בישול ואיתא בגמרא דאם הדיחן בחמין חייב חטאת והנה כמה אחרונים כתבו דטבע של אלו הדברים שאין יכולין לאכלו כ"ז שלא הודח בחמין וע"כ הדחה שלהן חשיבא בישול דמשוי לה אוכל וה"ה שאר דבר מלוח כיוצא בזה שאין יכולין לאכול כלל בלי הדחה אבל דברים שיכולין לאכלן ע"י הדחת מים צוננים אין איסור להדיחן בחמין מכלי שני ולפ"ז דג מלוח שבמקומנו שנקרא הערינ"ג שיכולין לאכול ע"י הדחת צוננים ולפעמים אף בלי הדחה מותר להדיחו אף במים חמין ומהט"ז משמע דיש ליזהר שלא להדיחו בחמין וכן כתב בספר שלחן עצי שטים ובח"א וכן נכון לנהוג למעשה ועיין בה"ל:(36) Sauf le vieux poisson salé – poisson salé de l'année passée ; et le kolias espagnol est le nom d'un poisson qu'on mange, à cause de son sel, après un rinçage à l'eau chaude. C'est pourquoi même le rinçage n'est pas permis, car c'est l'achèvement de leur préparation et c'est une cuisson ; et il est dit dans la Guemara que celui qui les rince à l'eau chaude est passible d'un 'hatat. Plusieurs A'haronim ont écrit que la nature de ces choses est qu'on ne peut les manger tant qu'elles n'ont pas été rincées à l'eau chaude ; c'est pourquoi leur rinçage est considéré comme une cuisson, puisqu'il en fait un aliment. Il en va de même pour toute autre chose salée de ce genre, qu'on ne peut pas du tout manger sans rinçage ; mais les choses qu'on peut manger après un rinçage à l'eau froide, il n'est pas interdit de les rincer à l'eau chaude depuis un keli chéni. D'après cela, le poisson salé de nos contrées, appelé hareng, qu'on peut manger après un rinçage à l'eau froide et parfois même sans rinçage, il est permis de le rincer même à l'eau chaude. Mais du Taz il ressort qu'il faut veiller à ne pas le rincer à l'eau chaude, et ainsi l'ont écrit le livre Choul'han Atsei Chittim et le 'Hayé Adam ; et c'est ainsi qu'il convient d'agir en pratique ; et voir le Biour Halakha.
séif katan 36
- (לז) והדחתן וכו' - ר"ל בחמין אבל בצונן מותר להדיחו ואף לשרותו ואפילו בדבר שע"י שריה בצונן נעשה ראוי לאכילה שכל דבר שאינו אוכל מותר לעשותו אוכל בשבת כמ"ש בסימן שכ"ד:(37) Et leur rinçage, etc. – c'est-à-dire à l'eau chaude ; mais à l'eau froide il est permis de le rincer et même de le faire tremper, même pour une chose qui, par le trempage dans l'eau froide, devient propre à être mangée, car toute chose qui n'est pas un aliment, il est permis d'en faire un aliment le Chabbat, comme écrit au siman 324.
séif katan 37
- (לח) וה"ה כל דבר קשה - ר"ל דבר שהוא ראוי לאכול חי בלא בישול אך שהוא יבש וקשה מאד עד שאינו ראוי לאכול כלל מחמת זה בלא שריה בחמין דאסור לשרותו ולכאורה למה צריך הרמ"א לסיים דהוי גמר מלאכה תיפוק ליה דכל דבר יבש שלא נתבשל מבעוד יום אסור לשרותו בחמין בשבת וכנ"ל י"ל דרוצה להשמיענו דבזה שהוא גמר מלאכתו יש איסור בשריה מדאורייתא כמו בהדחת מליח הישן ועיין בה"ל:(38) Et de même toute chose dure – c'est-à-dire une chose propre à être mangée crue sans cuisson, mais si sèche et si dure qu'elle n'est, de ce fait, pas du tout propre à être mangée sans trempage dans l'eau chaude : il est interdit de la tremper. A priori, pourquoi le Rema a-t-il besoin de conclure que c'est l'achèvement du travail ? On le déduirait déjà du fait que toute chose sèche qui n'a pas été cuite pendant le jour (la veille) est interdite à tremper dans l'eau chaude le Chabbat, comme dit plus haut. On peut répondre qu'il veut nous apprendre que, dans ce cas où c'est l'achèvement de son travail, il y a dans le trempage un interdit de la Torah, comme pour le rinçage du vieux poisson salé ; et voir le Biour Halakha.
séif katan 38
- (לט) דאסור לשרותו - אפילו בכלי שני וה"ה אם הוא דבר שיהיה נעשה ראוי לאכילה ע"י הדחת חמין בעלמא גם ההדחה אסור וכנ"ל לענין דג מליח. ועתה נבאר דין בישול עלי הטיי"א השייך בכמה ענינים לסעיף זה. הנה טיי"א בשבת פשוט בפוסקים דיש בו משום בישול ובמזיד יש בו איסור סקילה ובשוגג חיוב חטאת וע"כ יש ליזהר בו מאד ובעו"ה רבים נכשלים בו ומקילין לעצמן בקולות שאין בהם ממש וע"כ מוכרח אני לבאר אופני ההיתר והאיסור בזה בעזה"י. הנה לערות מכלי ראשון על עלי הטיי"א יש בזה בודאי חשש אב מלאכה דקי"ל דעירוי מבשל כדי קליפה כדלקמן בסעיף יו"ד וכ"ש אם יעמידנו אח"כ על התנור או בתוך הקאכלין עד שיהיה היד סולדת בו בודאי יבוא לכו"ע לידי איסור סקילה עי"ז ואפילו אם ירצה ליתן את עלי הטיי"א לתוך הכלי אחר שיערה החמין לתוכה כדי שיהיה על המים שם כלי שני ג"כ אסור כדקי"ל בסעיף זה דדבר שלא בא בחמין מלפני השבת אין שורין בשבת אפילו בכ"ש וכ"ש לפי מה שמבואר בסעיף זה דיש דברים רכים קלי הבישול שמתבשלים אפילו בהדחה מכלי שני אפשר דיש בהעלים ג"כ חשש איסור דאורייתא אפילו באופן זה וע"כ הסכימו האחרונים דיש לערות עליהם מע"ש רותחין מכלי ראשון כדי שעי"ז יהיה נקרא הטיי"א מבושל במקצת דעירוי מבשל כדי קליפה ויהפך בעת העירוי את הטיי"א היטב בתוך הרותחים מלמעלה למטה ומלמטה למעלה [ויותר טוב שיהיה מבושל ממש ע"י העמדה במקום שמתבשל] ואח"כ יריק את העסענס לכלי אחר כדי שישארו עלי הטיי"א יבשים ויהיה מותר לו לערות אח"כ בשבת עליהם מים חמין מכלי ראשון כיון שכבר נתבשלו מע"ש כדין דבר יבש דקי"ל בסעיף זה דאין בו בישול אחר בישול אפילו אם נצטנן [ואח"כ מותר לו להחזיר גם מי העסענ"ס אלו הצוננים לתוך הכלי זה גופא וכמו שכתבנו לעיל דדבר לח שנצטנן מותר לו ליתנו בתוך כלי שני רותח] דאם ישאר בו משקה העסענ"ס הרי קיי"ל דבלח יש בישול אחר בישול אם נצטנן אם לא שמי העסענס הצוננים הם מרובין שלא יתחממו ע"י המים שמערה עליהן למחר וכן הדין לענין קאוו"י יזהר שלא יערה עליהם מים חמין מכלי ראשון אם לא שעירה עליהם מאתמול והריק את המים מעליהן והטעם ככל הנ"ל [עיין בתשובות חתם סופר סימן ע"ד ובפ"ת על או"ח]. ודע דאף שהתרנו לערות חמין על עלי הטיי"א והקאוו"י אם נתן עליהם מאתמול מים מכ"ר אעפ"כ יזהר שלא יעמיד את הטיי"א והקאוו"י בתנור או בקאכלין אחר ששפך עליהם מים דהא אין עירוי מבשל רק כדי קליפה וא"כ לא נתבשל אתמול רק כדי קליפה ועכשיו ע"י העמדה בתנור יתבשל לגמרי. והנה אופן זה שבארנו אף שאין למחות ביד הנוהגים בו מ"מ כתבו האחרונים עצה המובחרת מזה דהיינו שיתקן העסענס מע"ש לגמרי שלא יצטרך לערות לתוכו עוד רותחין למחר בשבת ולמחר כשיצטרך לשתות יתן העסענס הצונן לתוך הכוס ששותה בו אחר שעירו המים חמין לתוכו ונעשה כ"ש וה"ה שמותר לתת לתוך הכוס הזה שהוא כ"ש חלב שנצטנן אבל אסור לערות עליהם מכ"ר וכדלעיל בס"ד וכשהעסענס שלו אינו צונן הוא בודאי טוב לצאת בזה ידי כל הדעות:(39) Qu'il est interdit de le tremper – même dans un keli chéni. Et de même, s'il s'agit d'une chose qui deviendrait propre à être mangée par un simple rinçage à l'eau chaude, même le rinçage est interdit, comme dit plus haut au sujet du poisson salé. Et maintenant, nous allons expliquer la loi de la cuisson des feuilles de thé, qui touche à plusieurs aspects de ce séif. Le thé, le Chabbat : il est simple chez les décisionnaires qu'il y a là un interdit de cuisson ; délibérément, il y a là un interdit passible de lapidation, et par inadvertance, l'obligation d'un 'hatat. C'est pourquoi il faut y faire très attention ; et, à cause de nos nombreuses fautes, beaucoup y trébuchent et s'accordent des indulgences sans fondement. C'est pourquoi je suis contraint d'expliquer les modalités du permis et de l'interdit en la matière, avec l'aide de D.ieu. Verser depuis un keli richon sur les feuilles de thé comporte certainement un risque de travail principal (av melakha), puisque nous établissons que le versement cuit l'épaisseur d'une pelure, comme plus loin au séif 10 ; et à plus forte raison s'il le pose ensuite sur le poêle ou dans les carreaux de faïence jusqu'à ce que la main s'y rétracte, il en viendra certainement par là, selon tous les avis, à un interdit passible de lapidation. Et même s'il veut mettre les feuilles de thé dans le récipient après y avoir versé l'eau chaude, pour que l'eau ait là le statut de keli chéni, c'est aussi interdit, comme nous l'établissons dans ce séif : une chose qui n'a pas été dans l'eau chaude avant Chabbat, on ne la trempe pas le Chabbat même dans un keli chéni ; et à plus forte raison selon ce qui est expliqué dans ce séif, qu'il y a des choses tendres, faciles à cuire, qui cuisent même par un rinçage depuis un keli chéni : il est possible que, pour les feuilles aussi, il y ait un risque d'interdit de la Torah même de cette manière. C'est pourquoi les A'haronim ont convenu qu'il faut verser sur elles, la veille de Chabbat, de l'eau bouillante depuis un keli richon, afin que le thé soit ainsi appelé partiellement cuit, puisque le versement cuit l'épaisseur d'une pelure ; et qu'au moment du versement il retourne bien le thé dans l'eau bouillante, de haut en bas et de bas en haut [et il est encore mieux qu'il soit réellement cuit, en le plaçant dans un endroit où il cuit]. Ensuite, il videra l'essence (l'infusion concentrée) dans un autre récipient, pour que les feuilles de thé restent sèches ; et il lui sera alors permis de verser sur elles, le Chabbat, de l'eau chaude depuis un keli richon, puisqu'elles ont déjà été cuites la veille, selon la loi d'une chose sèche, au sujet de laquelle nous établissons dans ce séif qu'il n'y a pas de cuisson après cuisson même si elle a refroidi [et ensuite il lui est permis de remettre aussi cette essence froide dans ce même récipient, comme nous l'avons écrit plus haut : une chose liquide qui a refroidi, il est permis de la mettre dans un keli chéni bouillant]. Car si l'infusion y restait, nous établissons que pour un liquide il y a cuisson après cuisson s'il a refroidi — à moins que l'essence froide ne soit en grande quantité, de sorte qu'elle ne se réchauffe pas par l'eau qu'il versera dessus le lendemain. Et la loi est la même pour le café : il veillera à ne pas verser dessus de l'eau chaude depuis un keli richon, à moins d'en avoir versé dessus la veille et d'avoir vidé l'eau ; la raison est comme tout ce qui précède [voir les Responsa du 'Hatam Sofer, siman 74, et le Pit'hei Techouva sur l'Ora'h 'Hayim]. Sache que, bien que nous ayons permis de verser de l'eau chaude sur les feuilles de thé et le café si on a versé dessus la veille de l'eau d'un keli richon, il faut néanmoins veiller à ne pas placer le thé ou le café dans le poêle ou dans les carreaux de faïence après y avoir versé l'eau ; car le versement ne cuit que l'épaisseur d'une pelure : ainsi, la veille, il n'a cuit que l'épaisseur d'une pelure, et maintenant, en le plaçant dans le poêle, il cuirait complètement. Et bien qu'on ne doive pas protester contre ceux qui pratiquent cette manière que nous avons expliquée, les A'haronim ont néanmoins écrit un conseil meilleur que celui-ci : préparer l'essence complètement la veille de Chabbat, de sorte qu'on n'ait plus besoin d'y verser de l'eau bouillante le lendemain, le Chabbat ; et le lendemain, quand il aura besoin de boire, il mettra l'essence froide dans le verre dans lequel il boit, après y avoir versé l'eau chaude, qui devient ainsi un keli chéni. Et de même il est permis de mettre dans ce verre, qui est un keli chéni, du lait qui a refroidi ; mais il est interdit de verser sur eux depuis un keli richon, comme plus haut au séif 4. Et lorsque son essence n'est pas froide, c'est certainement bien, pour satisfaire ainsi tous les avis.
séif katan 39
- (מ) אם בשלו אח"כ במשקה - ר"ל שנתנו בקדרה כשמתבשלת עם רוטב דאם נותנו במשקים צוננים תיפוק ליה דיש בו משום בישול עבור המשקים:(40) S'il l'a cuit ensuite dans un liquide – c'est-à-dire qu'il l'a mis dans une marmite pendant qu'elle cuit avec du bouillon ; car s'il le met dans des liquides froids, on le déduirait déjà du fait qu'il y a là un interdit de cuisson à cause des liquides.
séif katan 40
- (מא) משום בישול - דאע"ג דאין בישול אחר בישול בדבר יבש מ"מ יש בישול אחר צלי ואפילו עדיין רותח מחמת הצליה [אחרונים] וה"ה דלשיטה זו יש צלי אחר בישול ולכן אסור ליתן דבר שנתבשל אצל האש בלי רוטב [מ"א] ולאו דוקא אצל האש דה"ה בכל מקום שיוכל להצלות מחום התנור ולכן צריך ליזהר שלא להחזיר בשר מבושל בלי רוטב לתוך התנור במקום החום שהיד סולדת בו ואפילו אם יעמידנו ע"ג קדרה המפסקת אבל לכו"ע אין צלי אחר צלי ודבר שנצלה מותר ליתנו אצל האש אפילו אם נצטנן ובלבד שלא יקרבנו ביותר כדי שלא יבוא לחתות וגם לא יעמידנו על קרקעית התנור אלא ע"י הפסק כלי ריקנית תחתיה כדי שלא יהיה נראה כמבשל ועיין לעיל בסימן רנ"ג ס"ה וה"ה באפיה כה"ג דאין אפיה אחר אפיה:(41) Au titre de la cuisson – Car bien qu'il n'y ait pas de cuisson après cuisson pour une chose sèche, il y a néanmoins cuisson après rôtissage, et même si elle est encore bouillante du rôtissage [A'haronim]. Et de même, selon cette méthode, il y a rôtissage après cuisson ; c'est pourquoi il est interdit de mettre une chose cuite près du feu sans bouillon [Maguen Avraham]. Et pas seulement près du feu, mais de même en tout endroit où elle pourrait rôtir par la chaleur du poêle ; c'est pourquoi il faut veiller à ne pas remettre de la viande cuite sans bouillon dans le poêle, à l'endroit de la chaleur où la main se rétracte, même s'il la pose sur une marmite qui fait séparation. Mais selon tous les avis il n'y a pas de rôtissage après rôtissage, et une chose rôtie, il est permis de la mettre près du feu même si elle a refroidi, pourvu qu'il ne l'approche pas trop, afin de ne pas en venir à attiser les braises, et qu'il ne la pose pas non plus sur le sol du poêle, mais avec la séparation d'un récipient vide en dessous, afin que cela n'ait pas l'air de cuire ; et voir plus haut, siman 253, séif 5. Et de même pour la cuisson au four dans un cas semblable : il n'y a pas de cuisson au four après cuisson au four.
séif katan 41
- (מב) ואסור ליתן פת וכו' - הוסיף בזה דין אחר והטעם דסבירא ליה לדעה זו דיש דברים שמתבשלים אפילו בכלי שני מפני שהם רכים ואין אנו בקיאים וע"כ הוסיף לאסור ליתן פת האפוי דהוא רכיך אפילו בכלי שני וה"ה דלדעה זו יש להחמיר נמי בשאר דברים שלא ליתנם בכלי שני ועיין לקמן בס"ט אודות תבלין:(42) Et il est interdit de mettre du pain, etc. – Il ajoute ici une autre loi. La raison : selon cet avis, il y a des choses qui cuisent même dans un keli chéni parce qu'elles sont tendres, et nous ne sommes pas experts pour les distinguer ; c'est pourquoi il a ajouté l'interdiction de mettre le pain cuit au four, qui est tendre, même dans un keli chéni. Et de même, selon cet avis, il faut être rigoureux aussi pour les autres choses et ne pas les mettre dans un keli chéni ; et voir plus loin au séif 9 au sujet des épices.
séif katan 42
- (מג) מתירין בכלי שני - ס"ל דאין כלי שני מבשל בשום דבר:(43) Permettent dans un keli chéni – Ils pensent qu'un keli chéni ne cuit rien du tout.
séif katan 43
- (מד) אפילו בכלי ראשון - ס"ל דאין שייך שם בישול אחר אפיה או צליה וה"ה להיפך:(44) Même dans un keli richon – Ils pensent que la notion de cuisson ne s'applique pas après la cuisson au four ou le rôtissage, et de même inversement.
séif katan 44
- (מה) ונהגו ליזהר וכו' - פי' שאין נותנים לחם במרק של הטשאלינ"ט בקערה שהיא כלי שני וכ"ש שיזהר שלא לערות עליהם מכלי ראשון ואותם שחותכים הבצלים ונותנין לתוך המרק בקערה לא ישימו רק אחר שלא תהיה היד סולדת בהמרק דבלחם יש קולא מחמת שנאפה כבר ואפ"ה נזהרים כ"ש בבצלים שצריך ליזהר כי אין אנו בקיאין במידי דמקרי רכיך וכנ"ל וכ"ש לפי מה שנוהגין ליתן הבצלים לתוך התבשיל שהוא דבר גוש בודאי יש ליזהר בזה דיש פוסקים שסוברים דדבר גוש שמונח בכלי שני דינו ככ"ר. ואפילו אם ימתין עד שיהיה המרק שבקערה אין היד סולדת בו מ"מ יזהר שלא ישפוך אח"כ על שיורי בצלים שנשאר בקערה מן המרק שבקדרה אם היד סולדת בהן דעירוי מבשל כדי קליפה כדקי"ל בסעיף י' ויש בזה חשש דאורייתא. וכן מה שנוהגין איזה אנשים כשעושין חמין מרגלי בהמה לחתוך חתיכת פת בכלי ולערות עליהם המרק של הרגלים מכ"ר לא יפה הם עושין דאפילו אם לא יתן הפת בתחלה עד שיערה המרק תחלה בכלי כדי שיעשה כ"ש הלא כתב רמ"א דיש ליזהר בזה אלא אם רוצה ליתן פת ימתין עד שלא יהיה היד סולדת במרק או שלכל הפחות ישאב בכף מן הקדרה כדי שתהיה הקערה כלי שלישי וכ"ש אם רוצה ליתן בצלים ושומים לתוך החמין האלו בודאי יזהר מאד לעשות כן דאם יערה עליהם מכלי ראשון שהיד סולדת בהן יש בזה חשש אב מלאכה וכנ"ל:(45) Et on a l'usage d'être prudent, etc. – Explication : on ne met pas de pain dans le bouillon du tcholent dans une assiette qui est un keli chéni ; et à plus forte raison veillera-t-on à ne pas verser sur eux (les morceaux de pain) depuis un keli richon. Et ceux qui coupent des oignons et les mettent dans le bouillon dans l'assiette ne les mettront qu'une fois que la main ne se rétracte plus au contact du bouillon ; car pour le pain il y a un allègement, du fait qu'il a déjà été cuit au four, et malgré cela on est prudent ; à plus forte raison pour les oignons faut-il être prudent, car nous ne sommes pas experts pour savoir ce qui est appelé tendre, comme dit plus haut. Et à plus forte raison selon l'usage de mettre les oignons dans le plat, qui est une chose solide (davar gouch) : il faut certainement y être prudent, car certains décisionnaires pensent qu'une chose solide posée dans un keli chéni a le statut d'un keli richon. Et même s'il attend que la main ne se rétracte plus au contact du bouillon de l'assiette, il veillera néanmoins à ne pas verser ensuite, sur les restes d'oignons restés dans l'assiette, du bouillon de la marmite si la main s'y rétracte, car le versement cuit l'épaisseur d'une pelure, comme nous l'établissons au séif 10, et il y a là un risque d'interdit de la Torah. De même, ce que certaines personnes ont l'usage de faire lorsqu'elles préparent un plat chaud de pieds de bétail — couper un morceau de pain dans un récipient et verser dessus le bouillon des pieds depuis un keli richon —, elles ne font pas bien ; car même s'il ne met le pain qu'après avoir d'abord versé le bouillon dans le récipient, pour qu'il devienne un keli chéni, le Rema a bien écrit qu'il faut être prudent à ce sujet. Mais s'il veut mettre du pain, qu'il attende que la main ne se rétracte plus au contact du bouillon, ou au moins qu'il puise avec une louche dans la marmite, pour que l'assiette soit un keli chlichi (récipient tertiaire). Et à plus forte raison s'il veut mettre des oignons et de l'ail dans ce plat chaud, il veillera certainement beaucoup à faire ainsi, car s'il verse sur eux depuis un keli richon où la main se rétracte, il y a là un risque de travail principal, comme dit plus haut.
séif katan 45
- (מו) לכתחלה וכו' - ובדיעבד אפילו בכ"ר אין לאסור דיש לסמוך איש מקילין:(46) Lekhat'hila, etc. – Et bediavad, même dans un keli richon, il ne faut pas interdire, car on peut s'appuyer sur ceux qui sont indulgents.
séif katan 46
- (מז) אפילו בכ"ש - ובכלי שלישי מצדד הפמ"ג בסקל"ה להקל עי"ש:(47) Même dans un keli chéni – Et dans un keli chlichi, le Peri Megadim, au séif katan 35, penche vers l'indulgence ; voir là-bas.
séif katan 47
- (מח) כ"ז שהיד סולדת בו - עיין בח"א שכתב דהיכא שהיד נכוית בו לכו"ע מבשל אפילו בכלי שני:(48) Tant que la main s'y rétracte – Voir le 'Hayé Adam, qui a écrit que lorsque la main s'y brûle, cela cuit selon tous les avis, même dans un keli chéni.
séif katan 48
- (מט) דבר חם שהיד סולדת וכו' - המחבר אזיל לשיטתיה בס"ד דאם נצטנן קצת עד שאין היד סולדת בו יש בו עוד משום בישול אבל לפי מה שכתב רמ"א בהג"ה בסט"ו דנוהגים להתיר אם לא נצטנן לגמרי א"כ לא בעינן יד סולדת בו:(49) Une chose chaude où la main se rétracte, etc. – L'auteur suit sa méthode du séif 4 : s'il a un peu refroidi, au point que la main ne s'y rétracte plus, la cuisson s'y applique encore. Mais d'après ce que le Rema a écrit dans sa glose au séif 15, qu'on a l'usage de permettre s'il n'a pas complètement refroidi, on n'exige donc pas que la main s'y rétracte.
séif katan 49
- (נ) בו - ואפילו לא נתבשל כל צרכו דאמרינן לעיל בס"ד דיש בו משום בישול אפילו ברותח שאני הכא דלא יבוא עי"ז לידי בישול גמור רק שישתמר חומו בתוכו [ט"ז] אבל הרבה אחרונים חולקין עליו וס"ל דאינו מותר רק בנתבשל כל צרכו דיש לחוש שמא יתוסף מעט בישול ע"י החום וכתב בספר מאמר מרדכי דבכל צרכו אפי' יהיה מצטמק ויפה לו ע"י העמדה זו ג"כ שרי:(50) Dedans – Et même s'il n'a pas été cuit complètement : bien que nous ayons dit plus haut au séif 4 que la cuisson s'y applique même s'il est bouillant, ici c'est différent, car cela ne mènera pas à une cuisson complète, mais seulement à ce que sa chaleur se conserve à l'intérieur [Taz]. Mais beaucoup d'A'haronim le contestent et pensent que ce n'est permis que s'il a été cuit complètement, car il faut craindre qu'un peu de cuisson ne s'ajoute par la chaleur. Et le livre Maamar Mordekhaï a écrit que, s'il est cuit complètement, même s'il se réduit et que cela lui est bon par ce placement, c'est aussi permis.
séif katan 50
- (נא) להניחו וכו' הטמונה - בבגדים מבע"י ואשמועינן דמותר להניח הכלי תחת הבגדים שכיסו בהן הקדרה ואף שאין טומנין בשבת אפי' בדבר שאינו מוסיף הבל הכא כיון דעיקר הטמנה היה מבע"י לצורך הקדרה דזה מותר ולכן אם נתגלתה הקדרה דמותר לכסותה מותר לכסות דרך אגב גם הכלי שיש בו הדבר חם:(51) Le poser, etc. enfouie – dans des vêtements, pendant qu'il faisait encore jour. Il nous apprend qu'il est permis de mettre le récipient sous les vêtements dont on a couvert la marmite ; et bien qu'on n'enfouisse pas le Chabbat, même dans une chose qui n'ajoute pas de chaleur, ici, puisque l'enfouissement principal a été fait pendant le jour pour le besoin de la marmite, c'est permis. C'est pourquoi, si la marmite s'est découverte, puisqu'il est permis de la recouvrir, il est permis de couvrir par la même occasion aussi le récipient qui contient la chose chaude.
séif katan 51
- (נב) פיו בבצק - כדי שלא יצא חומו ומיירי בשאינו מוקצה כגון דצריך הבצק לתרנגולין שבביתו. ועיין במ"א דדוקא בבצק שהוא אינו בר מירוח אבל בשעוה וזפת או טיט שהוא דבר המתמרח אסור משום ממרח וכענין דאיתא לעיל בסימן שי"ד סי"א דאסור ליתן שעוה בנקב החבית לסתמו מפני שהוא ממרח והט"ז כתב דבצק נמי בר מירוח הוא אלא הטעם דאין בזה משום מירוח לפי שאין מקפיד עליו לדבק אותו בטוב רק שלא יהיה מגולה לגמרי שלא יתקרר אבל שם גבי נקב החבית קפיד עליה לדבק היטב ולהחליקו סביב הנקב שלא יזוב היין החוצה עכ"ד ולפי זה אף בטיט ושעוה מותר בעניננו אבל להמ"א הנ"ל אסור:(52) Son ouverture avec de la pâte – afin que sa chaleur ne s'échappe pas ; et il s'agit d'une pâte qui n'est pas mouktsé, par exemple s'il a besoin de la pâte pour les poules de sa maison. Voir le Maguen Avraham : c'est seulement avec de la pâte, qui ne s'étale pas ; mais avec de la cire, de la poix ou de la boue, qui sont des choses qui s'étalent, c'est interdit au titre d'étaler (memare'ah), à l'image de ce qui est dit plus haut au siman 314, séif 11, qu'il est interdit de mettre de la cire dans le trou d'un tonneau pour le boucher, car c'est étaler. Mais le Taz a écrit que la pâte aussi peut s'étaler ; la raison du permis est plutôt qu'il n'y a pas ici d'étalement, parce qu'on ne tient pas à la coller soigneusement, mais seulement à ce que le récipient ne soit pas complètement découvert, pour qu'il ne refroidisse pas ; alors que là-bas, pour le trou du tonneau, on tient à la coller soigneusement et à la lisser autour du trou pour que le vin ne s'écoule pas dehors — fin de ses propos. D'après cela, même avec de la boue et de la cire c'est permis dans notre cas ; mais selon le Maguen Avraham cité, c'est interdit.
séif katan 52
- (נג) אבל אין מניחין וכו' - דתבשיל שנצטנן קי"ל בס"ד דיש בישול אחר בישול וע"כ אסור אפילו לא הטמינם כלל בשום דבר וה"מ בדבר לח אבל בדבר יבש אפילו נצטנן לגמרי שרי וכדלקמיה בס"ח:(53) Mais on ne pose pas, etc. – Car pour un plat qui a refroidi, nous établissons au séif 4 qu'il y a cuisson après cuisson ; c'est pourquoi c'est interdit même s'il ne les a pas du tout enfouis dans quoi que ce soit. Et cela vaut pour une chose liquide ; mais pour une chose sèche, même complètement refroidie, c'est permis, comme il sera dit plus loin au séif 8.
séif katan 53
- (נד) שהעליון יכול להתחמם וכו' - היינו אפילו אם אין בדעתו להשהות שם כ"כ חיישינן דילמא מישתלי וכדלקמיה בסי"ד:(54) Que celui du dessus puisse se réchauffer, etc. – c'est-à-dire même s'il n'a pas l'intention de le laisser là si longtemps, nous craignons qu'il n'oublie, comme il sera dit plus loin au séif 14.
séif katan 54
- (נה) אפילו כלי התחתון וכו' - הטעם דכיון שהקדרה מפסקת איכא היכרא טובא ואינו נראה כמבשל ומיירי שהיה הכלי מבושל כל צרכה:(55) Même le récipient du dessous, etc. – La raison : puisque la marmite fait séparation, il y a une nette distinction et cela n'a pas l'air de cuire. Et il s'agit d'un cas où le contenu du récipient était cuit complètement.
séif katan 55
- (נו) על האש וכו' - ס"ל דע"י קדרה המפסקת הוי כמו כירה גרופה דאסור להניח עליה לכתחלה ועיין מה שכתבנו לקמיה דהלכה כדעה הראשונה:(56) Sur le feu, etc. – Ils pensent que, par la marmite qui fait séparation, c'est comme un réchaud vidé de ses braises, sur lequel il est interdit de poser lekhat'hila ; et voir ce que nous avons écrit ci-après, que la halakha est comme le premier avis.
séif katan 56
- (נז) להניח דבר קר - סעיף זה וסעיף זיי"ן ענין אחד הוא ואלו השתי דעות שבסעיף זה הם עצמן שבסעיף זיי"ן אלא דשם מיירי בדבר לח דאם היה מצטנן יש בו משום בישול לכך כתב כלי שיש בו דבר חם והכא איירי בדבר יבש דאפילו נצטנן אין בו עוד משום בישול וכדלעיל בס"ד:(57) Poser une chose froide – Ce séif et le séif 7 sont un même sujet, et les deux avis de ce séif sont ceux-là mêmes du séif 7 ; seulement, là-bas il s'agit d'une chose liquide, qui, si elle refroidit, est soumise à la cuisson — c'est pourquoi il a écrit « un récipient contenant une chose chaude » —, alors qu'ici il s'agit d'une chose sèche, qui, même refroidie, n'est plus soumise à la cuisson, comme plus haut au séif 4.
séif katan 57
- (נח) וכל דבר שמותר להניחו וכו' - דהיינו כל מה שנתבאר בסעיף ד' דאין בו משום בישול כגון ביבש אפילו נצטנן ומותר לשרותו בכלי ראשון ה"ה דמותר להניחו נגד המדורה רחוק קצת דלא חיישינן לחיתוי וכמבואר בסט"ו:(58) Et toute chose qu'il est permis de poser, etc. – c'est-à-dire tout ce qui a été expliqué au séif 4 comme non soumis à la cuisson — par exemple une chose sèche, même refroidie, qu'il est permis de tremper dans un keli richon —, de même il est permis de la poser face au feu, un peu à distance, car on ne craint pas qu'il attise, comme expliqué au séif 15.
séif katan 58
- (נט) מיחם שעל גבי האש - ואע"ג דאפילו בכירה גרופה מן האש לא שרי בסימן רנ"ג אלא חזרה אבל להניח לכתחלה אסור כמבואר שם בס"ה בהג"ה וא"כ הכא אע"פ שהמיחם שלמטה מפסיק בין הכלי ובין האש מאי הוי צ"ל דס"ל לדעה זו דהפסקת המיחם אפי' באינה גרופה עדיף מכירה גרופה דהתם הקדרה עומדת ע"ג כירה שהוא מקום שדרך לבשל תמיד ונראה כמבשל אבל בכאן שעומדת ע"ג קדרה שאין דרך בישול בכך ולכן שרי אף להניח לכתחלה:(59) Un chauffe-eau qui est sur le feu – Bien que même sur un réchaud vidé du feu on n'ait permis, au siman 253, que de remettre, mais que poser lekhat'hila soit interdit, comme expliqué là-bas au séif 5 dans la glose — si c'est ainsi, ici, bien que le chauffe-eau du dessous sépare le récipient du feu, qu'est-ce que cela change ? Il faut dire que, selon cet avis, la séparation par le chauffe-eau, même lorsque le réchaud n'est pas vidé, vaut mieux qu'un réchaud vidé : là-bas, la marmite se trouve sur un réchaud, qui est l'endroit où l'on cuit habituellement toujours, et cela a l'air de cuire ; mais ici, elle se trouve sur une marmite, ce qui n'est pas une manière de cuire ; c'est pourquoi il est permis même de poser lekhat'hila.
séif katan 59
- (ס) וראשון נראה עיקר - וכן פסק הא"ר והגר"א וקאי גם על הא דסעיף זיי"ן דענין אחד הוא וכמו שכתבנו למעלה:(60) Et le premier avis paraît l'essentiel – Et ainsi ont tranché l'Eliya Rabba et le Gaon de Vilna ; et cela se rapporte aussi au séif 7, car c'est un même sujet, comme nous l'avons écrit plus haut.
séif katan 60
- (סא) רוטב - דכיון שיש בו רוטב כבר פסק המחבר לעיל בס"ד דבנצטנן יש בישול אחר בישול וממילא אסור ליתנו ע"ג מיחם חם אף אם אינו ע"ג האש וכנ"ל בס"ו:(61) Du bouillon – Puisqu'il contient du bouillon, l'auteur a déjà tranché plus haut au séif 4 que s'il a refroidi il y a cuisson après cuisson ; il est donc interdit de le poser sur un chauffe-eau chaud même s'il n'est pas sur le feu, comme dit plus haut au séif 6.
séif katan 61
- (סב) ומצטמק ויפה לו - דע דכל לשון הסעיף הזה הוא מלשון רי"ו ואזיל לשיטתיה הנזכר לעיל בס"ד בהג"ה דדוקא במצטמק ויפה לו אז יש בישול אחר בישול ולדינא כבר כתבנו לעיל בס"ד דהלכה כשאר פוסקים דאין מחלקין בזה ואף המחבר אפשר דסובר כן כמו שסתם שם אלא דלישנא דרי"ו נקיט ואזיל:(62) Et il se réduit, et cela lui est bon – Sache que toute la formulation de ce séif est celle de Rabbénou Yerou'ham, et il suit sa méthode mentionnée plus haut au séif 4 dans la glose : c'est seulement lorsqu'il se réduit et que cela lui est bon qu'il y a cuisson après cuisson. Quant à la loi, nous avons déjà écrit plus haut au séif 4 que la halakha suit les autres décisionnaires, qui ne font pas de distinction à ce sujet ; et même l'auteur pense peut-être ainsi, comme il l'a écrit sans précision là-bas ; seulement, il reprend ici la formulation de Rabbénou Yerou'ham.
séif katan 62
- (סג) כל זמן וכו' - היינו אפילו כבר פסק רתיחתו ממנו:(63) Tant que, etc. – c'est-à-dire même si son ébullition a déjà cessé.
séif katan 63
- (סד) שהיד סולדת בו - אבל אם אין היד סולדת בו אפילו כלי ראשון אינו מבשל. ואם לא העבירוהו מעל האש אסור ליתן לתוכו תבלין ואפי' מלח בכל גוונא ואפי' דעתו לסלק את הקדרה מהר משם פן ישכח עד שיתבשל וכדלקמן בסי"ד:(64) Où la main se rétracte – Mais si la main ne s'y rétracte pas, même un keli richon ne cuit pas. Et si on ne l'a pas retiré du feu, il est interdit d'y mettre des épices, et même du sel, dans tous les cas, et même s'il a l'intention de retirer rapidement la marmite de là, de peur qu'il n'oublie jusqu'à ce qu'elle cuise, comme il sera dit plus loin au séif 14.
séif katan 64
- (סה) לתוכו תבלין - אבל בכלי שני מותר לתת תבלין אפי' יד סולדת בו דאין מתבשל שם ואם מונח בכלי שני דבר גוש שהיד סולדת בו יש ליזהר בזה דיש פוסקים שסוברין דדבר גוש כ"ז שהיס"ב דינו ככלי ראשון:(65) Dedans des épices – Mais dans un keli chéni il est permis de mettre des épices même si la main s'y rétracte, car elles n'y cuisent pas. Et si une chose solide où la main se rétracte est posée dans un keli chéni, il faut y être prudent, car certains décisionnaires pensent qu'une chose solide, tant que la main s'y rétracte, a le statut d'un keli richon.
séif katan 65
- (סו) כיון שהעבירו - דעל האש אפי' בישרא דתורא מתבשל:(66) Puisqu'on l'a retiré – Car sur le feu, même la viande de bœuf cuit.
séif katan 66
- (סז) כבשרא דתורא - ואף שנימוח אף בכלי שני מיחויו אינו בישולו שאף בצונן אתה רואה כן:(67) Comme la viande de bœuf – Et bien que le sel se dissolve même dans un keli chéni, sa dissolution n'est pas sa cuisson, car même dans l'eau froide on le voit se dissoudre ainsi.
séif katan 67
- (סח) בשר מלוח - ר"ל בשר שנמלח והודח כדין:(68) De la viande salée – c'est-à-dire de la viande qui a été salée et rincée selon la règle (pour en extraire le sang).
séif katan 68
- (סט) של שור - דנהי דהבשר אינו מתבשל הלחלוחית שבו מתבשל [טור]:(69) De bœuf – Car bien que la viande ne cuise pas, l'humidité qu'elle contient cuit [Tour].
séif katan 69
- (ע) דבלא מלוח וכו' - היינו דלא נטעה לומר דהטעם שאוסר הוא משום דהמלח מרכך הבשר ומתבשל אח"כ בכלי ראשון אלא דאפי' בלא נמלח כלל היה אסור לתתנו מפני הלחלוחית וכנ"ל והא דנקט המחבר מלוח דאי לא היה מלוח היה אסור לתתנו מפני איסור דם בכלי רותח בלא איסור שבת:(70) Car sans être salée, etc. – c'est-à-dire : qu'on ne se trompe pas en disant que la raison pour laquelle il interdit est que le sel amollit la viande et qu'elle cuit ensuite dans le keli richon ; au contraire, même sans être salée du tout, il serait interdit de la mettre, à cause de l'humidité, comme dit plus haut. Et si l'auteur a parlé de viande salée, c'est que, si elle n'était pas salée, il serait interdit de la mettre dans un récipient bouillant à cause de l'interdit du sang dans un récipient bouillant, indépendamment de l'interdit de Chabbat.
séif katan 70
- (עא) ויש אוסרים וכו' - בגמרא איכא תרי לישני בזה ללישנא בתרא הוי מלח לקולא דקשה להתבשל כבישרא דתורא מש"ה מותר אפי' בכלי ראשון כשהעבירוהו מהאש וללישנא קמא הוי מלח לחומרא דאפי' בכלי שני מתבשל ופסקו רוב הפוסקים כלישנא בתרא אלא מפני שיש מחמירין לכן כתב דהמחמיר תבא עליו ברכה. וה"מ במלח שחופרין אבל מלח שעושין ממים שמבשלין אותם אין בו משום בישול לכו"ע דאין בישול אחר בישול וכדלקמן בסט"ו [מ"א וש"א] וכן בצוקע"ר מותר מהאי טעמא ליתנו בכ"ר לאחר שהעבירוהו מן האש ויש שמפקפקין בזה. וטוב ליזהר מכלי ראשון לכתחלה:(71) Et certains interdisent, etc. – Dans la Guemara il y a deux versions à ce sujet. Selon la dernière version, le sel est traité avec indulgence, car il est difficile à cuire comme la viande de bœuf ; c'est pourquoi il est permis même dans un keli richon qu'on a retiré du feu. Selon la première version, le sel est traité avec rigueur, car il cuit même dans un keli chéni. La plupart des décisionnaires ont tranché selon la dernière version ; mais parce que certains sont rigoureux, il a écrit : « celui qui est rigoureux, que la bénédiction vienne sur lui ». Et cela vaut pour le sel qu'on extrait du sol ; mais le sel qu'on fabrique à partir d'eau qu'on fait bouillir n'est pas soumis à la cuisson selon tous les avis, car il n'y a pas de cuisson après cuisson, comme il sera dit plus loin au séif 15 [Maguen Avraham et d'autres A'haronim]. De même, pour cette raison, il est permis de mettre le sucre dans un keli richon après qu'on l'a retiré du feu ; mais certains ont des doutes à ce sujet. Et il est bien de s'en garder lekhat'hila dans un keli richon.
séif katan 71
- (עב) אפילו הוא וכו' - דע"ג האש אפי' לפסק השו"ע אסור וכנ"ל:(72) Même s'il est, etc. – Car sur le feu, même selon la décision du Choulhan Aroukh, c'est interdit, comme dit plus haut.
séif katan 72
- (עג) דהמלח בטל - ואע"ג דמידי דעביד לטעמא לא בטיל שאני הכא דהוי זה וזה גורם דהכא מיירי שנמלח ג"כ מכבר בע"ש וגם מיירי דהמלח שנתן עכשיו לא היה בה כדי ליתן טעם בקדרה זולת המלח של אתמול אבל אם היה במלח של עכשיו לבדו כדי ליתן טעם אסור המאכל עד מו"ש אם נתן בהכלי כשעומד על האש וה"מ במלח שנעשה מחפירה אבל במלח שנעשה ממים שמבשלין אין לאסור המאכל וכנ"ל:(73) Car le sel s'annule – Et bien qu'une chose qui sert à donner du goût ne s'annule pas, ici c'est différent, car c'est le cas de « ceci et cela causent » (zé vazé gorèm) : il s'agit d'un plat qui avait déjà été salé auparavant, la veille de Chabbat, et aussi d'un cas où le sel mis maintenant n'aurait pas suffi à donner du goût à la marmite sans le sel de la veille. Mais si le sel de maintenant suffisait à lui seul à donner du goût, l'aliment est interdit jusqu'à l'issue du Chabbat, s'il l'a mis dans le récipient alors qu'il était sur le feu. Et cela vaut pour le sel extrait du sol ; mais pour le sel fabriqué à partir d'eau qu'on fait bouillir, il ne faut pas interdire l'aliment, comme dit plus haut.
séif katan 73
- (עד) מכלי ראשון - דאף דתבלין אין מתבשל בכ"ש וכנ"ל מ"מ העירוי מכ"ר קי"ל דהוא מבשל כדי קליפה ואפי' בדיעבד אסור אם עירה להדיא עליהן שלא נפסק הקילוח:(74) D'un keli richon – Car bien que les épices ne cuisent pas dans un keli chéni, comme dit plus haut, néanmoins, pour le versement depuis un keli richon, nous établissons qu'il cuit l'épaisseur d'une pelure ; et même bediavad c'est interdit, s'il a versé directement sur elles sans que le jet ne soit interrompu.
séif katan 74
- (עה) מלאה מים חמין - ואפי' בחמי טבריא אסור ליתן צוננים באמבטי שהומשך מן המעין לתוכה אלא צריך ליטול מהאמבטי בכ"ש ואח"כ יתן המים לתוכה אפילו המים צוננים מועטין מן החמים וכדלקמיה בסי"ב:(75) Remplie d'eau chaude – Et même s'il s'agit des sources chaudes de Tibériade, il est interdit de mettre de l'eau froide dans la baignoire où elles ont été amenées depuis la source ; il faut plutôt prendre de l'eau de la baignoire avec un keli chéni, et ensuite il mettra l'eau froide dedans, même de l'eau froide en quantité moindre que la chaude, comme il sera dit plus loin au séif 12.
séif katan 75
- (עו) אע"פ שהיא כ"ש - דכיון שהן לרחיצה מסתמא חיממן הרבה ומתבשלין הצוננים שמתערבין בהם אע"פ שהאמבטי היא כ"ש [טור] וזהו שכתב שהרי מחממן הרבה:(76) Bien qu'elle soit un keli chéni – Car puisqu'elle sert au bain, on l'a vraisemblablement beaucoup chauffée, et l'eau froide qui s'y mélange cuit, bien que la baignoire soit un keli chéni [Tour] ; c'est ce qu'il a écrit : « car il la chauffe beaucoup ».
séif katan 76
- (עז) אין נותנים לה מים צונן - עיין באחרונים שכתבו דדוקא מים מועטין שאפשר שיתבשלו שם אבל אם נותן הרבה כ"כ עד שהחמין נעשים פושרים עי"ז שרי וכמו לקמיה בסוף סי"ב ונראה דאם היה האמבטי כלי ראשון יש לחוש לדעת הר"ן ורבינו ירוחם שכתבו דבאמבטי אסור ליתן אפי' צונן מרובים:(77) On n'y met pas d'eau froide – Voir les A'haronim, qui ont écrit que c'est seulement pour une petite quantité d'eau, qui pourrait y cuire ; mais s'il en met tellement que l'eau chaude devient ainsi tiède, c'est permis, comme plus loin à la fin du séif 12. Et il semble que si la baignoire était un keli richon, il faille tenir compte de l'avis du Ran et de Rabbénou Yerou'ham, qui ont écrit que dans une baignoire il est interdit de mettre même de l'eau froide en grande quantité.
séif katan 77
- (עח) אבל נותן וכו' - ואפי' אם האמבטי הוא כ"ר מותר לערות לתוך מים צוננים אם הם מרובין על החמין ואע"ג דאסור לערות על תבלין כמ"ש בס"י דהוי ככלי ראשון זהו דוקא על דבר גוש אבל הכא שאני שמתערבין החמין עם הצונן ומתבטל חמימותן כיון שהצונן מרובים. וליתן חתיכת בשר רותח לתוך רוטב צונן אסור דכיון שאינו מתערב מבשל כדי קליפה [מ"א]:(78) Mais il met, etc. – Et même si la baignoire est un keli richon, il est permis d'en verser dans de l'eau froide, si celle-ci est plus abondante que la chaude. Et bien qu'il soit interdit de verser sur des épices, comme écrit au séif 10, parce que c'est comme un keli richon, cela ne vaut que sur une chose solide ; mais ici c'est différent, car la chaude se mélange à la froide et sa chaleur s'annule, puisque la froide est plus abondante. Mais mettre un morceau de viande bouillant dans un bouillon froid est interdit : puisqu'il ne s'y mélange pas, il cuit l'épaisseur d'une pelure [Maguen Avraham].
séif katan 78
- (עט) לתוך אמבטי אחר - לרבותא נקט דאע"פ שהוא אמבטי לא גזרו וכ"ש לתוך כלי אחר שיש בו צונן:(79) Dans une autre baignoire – Il l'a dit pour la nouveauté : bien que ce soit une baignoire, on n'a pas décrété ; et à plus forte raison dans un autre récipient contenant de l'eau froide.
séif katan 79
- (פ) מים צונן מרובים וכו' - אבל מועטין שיוכלו להתחמם מחום המיחם עד שתהא היד סולדת בהן אסור אבל מרובין מותר אפי' אם ימלא את כל הכלי במים צוננים וע"י זה יוכל הכלי לבוא לידי צירוף [דהיינו כשהכלי מתכות חם ונותנין לתוכו צונן מחזקים את הכלי וזה הוא גמר מלאכת הצורפין שרתיחת האור מפעפעתו וקרוב להשבר והמים מצרפין פעפועיו] אפ"ה שרי כיון שאין מתכוין לזה ולאו פסיק רישיה הוא דאפשר שלא יגיע הכלי עי"ז לידי צירוף. והמכוין לצרף י"א שהוא חייב מדאורייתא וי"א שהוא מדרבנן:(80) De l'eau froide en abondance, etc. – Mais une quantité petite, qui pourrait se réchauffer par la chaleur du chauffe-eau jusqu'à ce que la main s'y rétracte, est interdite ; mais en abondance c'est permis, même s'il remplit tout le récipient d'eau froide et que, de ce fait, le récipient puisse en venir au tseirouf (trempe du métal) [c'est-à-dire : quand un récipient de métal est chaud et qu'on y met de l'eau froide, on renforce le récipient ; c'est l'achèvement du travail des orfèvres, car l'ardeur du feu le fissure et il est près de se briser, et l'eau ressoude ses fissures] ; malgré cela c'est permis, puisqu'il n'en a pas l'intention et que ce n'est pas une conséquence inévitable (pessik reicha), car il est possible que le récipient n'en vienne pas ainsi au tseirouf. Et celui qui a l'intention de tremper le métal : certains disent qu'il est passible selon la Torah, et certains disent que c'est un interdit rabbinique.
séif katan 80
- (פא) לתוך מים צונן או צונן וכו' - ובשניהן אפי' המים צוננים מועטין שעדיין היד סולדת בהן אחר התערובות ג"כ שרי כיון שהוא בכלי שני קי"ל דכלי שני אינו מבשל כדלעיל בס"ט:(81) Dans de l'eau froide, ou de l'eau froide, etc. – Et dans les deux cas, même si l'eau froide est en petite quantité, de sorte que la main s'y rétracte encore après le mélange, c'est aussi permis, puisque c'est dans un keli chéni, et nous établissons qu'un keli chéni ne cuit pas, comme plus haut au séif 9.
séif katan 81
- (פב) שלא יהיו בכ"ר - דאם החמין הם בכלי ראשון אסור לצוק בתוכם מים צוננים וה"ה דאסור לערות מהם לתוך מים צוננים מועטים שיתבשלו על ידם:(82) Qu'elle ne soit pas dans un keli richon – Car si l'eau chaude est dans un keli richon, il est interdit d'y verser de l'eau froide ; et de même il est interdit d'en verser dans une petite quantité d'eau froide, qui cuirait par elle.
séif katan 82
- (פג) ואם המים מרובין - קאי אצונן לתוך חמין וכן אם חמין לתוך צונן היה הצונן מרובים שרי. ועין בח"א שכתב דבצונן לחמין דוקא ששופך בשפיכה גדולה הכל בפעם אחת אבל מעט מעט אסור לערות שהרי מבשל תיכף ומה יועיל מה שמצטנן אח"כ:(83) Et si l'eau est abondante – Cela se rapporte à l'eau froide versée dans de l'eau chaude ; et de même, si l'on verse de l'eau chaude dans de l'eau froide et que la froide est abondante, c'est permis. Et voir le 'Hayé Adam, qui a écrit que pour l'eau froide versée dans la chaude, c'est seulement s'il verse d'un grand jet, tout en une seule fois ; mais peu à peu il est interdit de verser, car cela cuit aussitôt, et à quoi sert qu'elle refroidisse ensuite ?
séif katan 83
- (פד) רק שיפיגו צינתן - ואפי' חמין קצת כעין פושרין שרי רק שלא יהיה היד סולדת בהן:(84) Seulement pour en ôter le froid – Et même si elle devient un peu chaude, comme tiède, c'est permis, pourvu que la main ne s'y rétracte pas.
séif katan 84
- (פה) רק שלא יהיה על האש - וה"ה סמוך לאש במקום שיכול להתבשל פן ישכח ויניחנו שם וכדלקמיה בסי"ד:(85) Seulement qu'il ne soit pas sur le feu – Et de même près du feu, à un endroit où il pourrait cuire, de peur qu'il n'oublie et ne l'y laisse, comme il sera dit plus loin au séif 14.
séif katan 85
- (פו) קיתון של מים - אף דמים בלבד בלא כלי ג"כ מותר לערב בתוך כלי שני וכנ"ל בסי"ב נקט ע"י כלי משום סיפא לאשמועינן דבכלי ראשון אפי' ע"י הפסקת כלי אסור:(86) Une cruche d'eau – Bien que de l'eau seule, sans récipient, il soit aussi permis de la mélanger dans un keli chéni, comme dit plus haut au séif 12, il parle d'un récipient à cause de la suite, pour nous apprendre que dans un keli richon, même avec la séparation d'un récipient, c'est interdit.
séif katan 86
- (פז) בכלי שני - כ"ש מיקרי כשעירו מן כלי ראשון שהרתיחו החמין בתוכו לתוך כלי זה ומותר אפי' אם היד סולדת בו אבל אם שואב בכלי ריקן מתוך כלי ראשון י"א דדינו ככלי ראשון ובפרט אם משהה הכלי ריקן בתוכו עד שמעלה רתיחה ודאי מקרי כ"ר [אחרונים]:(87) Dans un keli chéni – On appelle keli chéni le cas où l'on a versé l'eau chaude, depuis le keli richon où elle a bouilli, dans ce récipient ; et c'est permis même si la main s'y rétracte. Mais s'il puise avec un récipient vide dans le keli richon, certains disent qu'il a le statut d'un keli richon ; et surtout s'il laisse le récipient vide dedans jusqu'à ce qu'il se mette à bouillir, il s'appelle certainement keli richon [A'haronim].
séif katan 87
- (פח) בענין שאינו יכול וכו' - היינו שאפי' אם יעמדו שם המים והמשקין זמן מרובה לא יתחממו כ"כ:(88) De sorte qu'il ne puisse, etc. – c'est-à-dire que même si l'eau et les boissons restent là longtemps, elles ne se réchaufferont pas tant que cela (au point que la main s'y rétracte).
séif katan 88
- (פט) דהיינו מקום שכריסו וכו' - דלא נוכל לשער ביד דיש שסולד מרתיחה מועטת ויש שאינו סולד:(89) C'est-à-dire un endroit où le ventre, etc. – Car nous ne pouvons pas évaluer avec la main, puisque certains se rétractent d'une petite chaleur et d'autres ne se rétractent pas.
séif katan 89
- (צ) כיון שיכול וכו' - וחיישינן דילמא מישתלי ליטלו:(90) Puisqu'il peut, etc. – Et nous craignons qu'il n'oublie de l'enlever.
séif katan 90
- (צא) וה"ה בפירות - היינו שאסור להניחן במקום החום להפיג צינתן פן ישכח עד שיצלו ואף שנאכלין כמות שהן חיין ג"כ אסור דשייך בהן שם בישול שהם משתבחין עי"ז אבל ליתנן רחוק מהאש אפי' דבר שאין נאכל כמות שהוא חי שרי. ומ"מ מותר ליתן אלונטית וכלי עופרת סמוך לאש לחממו [היינו שיש בהכלי תבשיל שלא נצטנן ורוצה שיהיה חם] אף אם הוא קרוב כ"כ עד שיוכל הכלי להיות ניתך שם או לשרוף האלונטית דכיון דלא ניחא ליה בהכי הוי דבר שאין מתכוין וגם מסתמא לא ישכח ויזהר הרבה ליקח אותו משם קודם שיתיך או ישרוף:(91) Et de même pour les fruits – c'est-à-dire qu'il est interdit de les poser à l'endroit de la chaleur pour en ôter le froid, de peur qu'il n'oublie jusqu'à ce qu'ils rôtissent ; et bien qu'ils se mangent tels quels, crus, c'est aussi interdit, car la notion de cuisson s'applique à eux, puisqu'ils s'améliorent ainsi. Mais les poser loin du feu est permis, même pour une chose qui ne se mange pas crue telle quelle. Néanmoins, il est permis de poser une serviette (alountit) ou un récipient de plomb près du feu pour le chauffer [c'est-à-dire que le récipient contient un plat qui n'a pas refroidi et qu'il veut qu'il reste chaud], même s'il est si près que le récipient pourrait y fondre ou la serviette y brûler ; car puisque cela ne lui convient pas, c'est une chose non intentionnelle (davar cheeino mitkaven) ; et aussi, vraisemblablement, il n'oubliera pas et veillera beaucoup à l'enlever de là avant qu'il ne fonde ou ne brûle.
séif katan 91
- (צב) דבר שנתבשל וכו' - הטעם דכיון שכבר נתבשל שוב אין בזה משום חשש בישול ומיהו על האש ממש אסור מדרבנן מפני שנראה כמבשל אבל בזה שמעמידו כנגד המדורה שאין דרך בני אדם ברוב פעמים לבשל כך אפי' איסור דרבנן ליכא [הרשב"א] ועיין מה שכתבנו לקמיה בשם הרא"ש שסובר דסמוך למדורה ג"כ אסור אלא צריך להרחיק קצת:(92) Une chose qui a été cuite, etc. – La raison : puisqu'elle a déjà été cuite, il n'y a plus là de crainte de cuisson. Toutefois, sur le feu même, c'est interdit d'ordre rabbinique, parce que cela a l'air de cuire ; mais ici, où il la place face au feu, ce qui n'est pas, la plupart du temps, la manière des gens de cuire, il n'y a même pas d'interdit rabbinique [Rachba]. Et voir ce que nous avons écrit ci-après au nom du Roch, qui pense que près du feu c'est aussi interdit, mais qu'il faut s'éloigner un peu.
séif katan 92
- (צג) כל צרכו והוא יבש - דאי לא הוי כל צרכו אפי' אם היה דבר יבש והוא רותח יש בו עוד משום בישול כנ"ל בס"ד וממילא אסור להעמידו במקום שהיס"ב ואי הוי דבר לח אפי' בכל צרכו יש בו עוד משום בישול אם נצטנן לפי מה שפסק המחבר בריש ס"ד:(93) Complètement, et elle est sèche – Car si elle n'était pas cuite complètement, même s'il s'agit d'une chose sèche et bouillante, la cuisson s'y applique encore, comme plus haut au séif 4 ; il est donc interdit de la placer à un endroit où la main se rétracte. Et s'il s'agit d'une chose liquide, même cuite complètement, la cuisson s'y applique encore si elle a refroidi, selon ce que l'auteur a tranché au début du séif 4.
séif katan 93
- (צד) כנגד המדורה - נקט נגד המדורה ולא אצל המדורה להורות שצריך להרחיק קצת מן המדורה ולכן לא חיישינן שיבוא לחתות באש דכיון שהצריכו חכמים להרחיק קצת אית ליה הכירא ולא אתי לחתויי [הרא"ש]. וראיתי איזה אחרונים שכתבו דמיירי שהיה עשוי מדורה בפני עצמה אבל כשמדורת עצים הוא בתוך התנור אסור להכניס שם קדירה אפי' אם מרחיק קצת מן המדורה כיון שהוא מקום שהיד סולדת בו ולא גרע ממה שמבואר בסימן רנ"ג דאסור להכניס קדרה לכירה כשאינה גרופה דהוא אפי' אם אינו מעמידו סמוך להאש. אך אם אינו מעמיד את הקדרה על קרקעית התנור כ"א על איזה כלי המפסיק אז יש להקל וכנ"ל בסימן רנ"ג ס"ג:(94) Face au feu – Il a dit « face au feu » et non « à côté du feu » pour enseigner qu'il faut s'éloigner un peu du feu ; c'est pourquoi on ne craint pas qu'il en vienne à attiser le feu : puisque les Sages ont exigé de s'éloigner un peu, il a une marque distinctive et n'en viendra pas à attiser [Roch]. J'ai vu certains A'haronim qui ont écrit qu'il s'agit d'un feu fait à part ; mais lorsque le feu de bois est à l'intérieur du poêle, il est interdit d'y introduire une marmite, même en s'éloignant un peu du feu, puisque c'est un endroit où la main se rétracte ; et ce n'est pas moins grave que ce qui est expliqué au siman 253, qu'il est interdit d'introduire une marmite dans un réchaud non vidé de ses braises, même s'il ne la place pas près du feu. Toutefois, s'il ne place pas la marmite sur le sol du poêle, mais sur un récipient qui fait séparation, alors on peut être indulgent, comme plus haut au siman 253, séif 3.
séif katan 94
- (צה) ואפי' נצטנן כבר - לפרש דברי המחבר בא דמיירי בנצטנן ולהכי לא התיר אלא ביבש:(95) Et même si elle a déjà refroidi – Il vient expliquer les paroles de l'auteur : il s'agit d'une chose refroidie, et c'est pourquoi il n'a permis que pour une chose sèche.
séif katan 95
- (צו) רותח - היינו שהיס"ב:(96) Bouillant – c'est-à-dire que la main s'y rétracte.
séif katan 96
- (צז) ויש מקילין לומר - פליג אמחבר דס"ל דדוקא כשהוא יבש אבל בדבר לח שנצטנן יש בישול אחר בישול ודעה זו ס"ל דאין בישול אחר בישול בכל גווני ואפי' נצטנן לגמרי:(97) Et certains sont indulgents en disant – Il conteste l'auteur, qui pense que c'est permis seulement pour une chose sèche, mais que pour une chose liquide qui a refroidi il y a cuisson après cuisson ; alors que cet avis pense qu'il n'y a pas de cuisson après cuisson, dans aucun cas, même si elle a complètement refroidi.
séif katan 97
- (צח) על גבי האש וכו' - דאם נותן ע"ג ממש אף שאין בו איסור דאורייתא לדידהו עכ"פ אסור מדרבנן מפני שנראה כמבשל וגם דאתי לחתות בגחלים:(98) Sur le feu, etc. – Car s'il le pose vraiment dessus, bien qu'il n'y ait pas d'interdit de la Torah selon eux, c'est en tout cas interdit d'ordre rabbinique, parce que cela a l'air de cuire, et aussi parce qu'il risquerait d'attiser les braises.
séif katan 98
- (צט) אם לא וכו' - אף דלדעת המחבר כיון שנצטנן מעט מחמימותו ואין היס"ב שוב יש בו משום בישול וכמו שכתבנו לעיל בס"ד המנהג להקל בזה דסומכין בזה איש מקילין כ"ז שלא נצטנן לגמרי:(99) Si ce n'est, etc. – Bien que, selon l'avis de l'auteur, puisqu'il a un peu refroidi de sa chaleur et que la main ne s'y rétracte plus, la cuisson s'y applique encore, comme nous l'avons écrit plus haut au séif 4, l'usage est d'être indulgent en cela, car on s'appuie ici sur ceux qui sont indulgents tant qu'il n'a pas complètement refroidi.
séif katan 99
- (ק) אינפאנדא וכו' - הוא פשטיד"א הנזכר בכמה מקומות והוא פת כפולה הממולא בחתיכות שומן ונותנו שם כדי לחממו והטעם שמותר דכיון שהוא יבש אף שנצטנן לא שייך ביה בישול עוד וכמ"ש בסט"ו ואע"פ שהשומן חוזר ונימוח מ"מ מקרי יבש כיון שבשעה שנותנו לחממו לא נמחה עדיין:(100) Infanda, etc. – C'est la pachtida (tourte) mentionnée en plusieurs endroits : c'est un pain double farci de morceaux de graisse, et on la met là pour la chauffer. La raison pour laquelle c'est permis : puisqu'elle est sèche, même si elle a refroidi, la cuisson ne s'y applique plus, comme écrit au séif 15. Et bien que la graisse fonde à nouveau, cela s'appelle néanmoins sec, puisqu'au moment où on la pose pour la chauffer elle n'a pas encore fondu.
séif katan 100
- (קא) כנגד האש - היינו ע"ג איזה כלי המפסיק דאל"כ אסור וכנ"ל בסימן רנ"ג ס"ג וס"ה:(101) Face au feu – c'est-à-dire sur un récipient qui fait séparation, sinon c'est interdit, comme plus haut au siman 253, séifim 3 et 5.
séif katan 101
- (קב) ואע"פ וכו' - ולא דמי לריסוק שלג וברד המבואר לקמן בסימן ש"כ ס"ט דאסור מטעם נולד שמוליד המים וה"נ הרי מתחלה היה עב וקפוי ועכשיו נעשה זך וצלול דשאני הכא דלא עביד כלום בידים אלא ממילא הוא נמחה וגבי ברד נמי תניא אבל נותן הוא לתוך הכוס של יין לצננו ואינו חושש ואע"פ שנימוח כיון שהוא ממילא:(102) Et bien que, etc. – Et ce n'est pas comparable à l'écrasement de la neige et de la grêle, expliqué plus loin au siman 320, séif 9, qui est interdit pour la raison de nolad (création d'une chose nouvelle), parce qu'on fait naître l'eau — et ici aussi, au début c'était épais et figé, et maintenant c'est devenu clair et limpide ; ici c'est différent, car il ne fait rien de ses mains : cela fond de soi-même. Et à propos de la grêle aussi, il a été enseigné : « mais il la met dans une coupe de vin pour le rafraîchir, et il ne craint rien », bien qu'elle fonde, puisque c'est de soi-même.
séif katan 102
- (קג) וכ"ש קדירה וכו' - דבזה כשהוא נימוח מתערב השומן עם הרוטב ואינו ניכר ודמי ממש להא דאמרינן אבל נותן לתוך הכוס משום דאינו ניכר כשנימוח הברד לתוכו:(103) Et à plus forte raison une marmite, etc. – Car dans ce cas, quand elle fond, la graisse se mélange au bouillon et n'est pas reconnaissable ; c'est tout à fait semblable à ce que nous disons : « mais il la met dans la coupe », parce que la grêle n'est pas reconnaissable quand elle fond dedans.
séif katan 103
- (קד) דשרי - היינו רק לענין איסור נולד דלא שייך בזה אבל לענין איסור בישול הכא חמיר מדלעיל דהא רוטב הוא דבר לח ודבר לח שנצטנן שייך בו בישול כמ"ש המחבר בסט"ו וע"כ אינו מותר הכא רק אם יעמיד הקדרה במקום שאין היד סולדת בו:(104) Que c'est permis – c'est-à-dire seulement en ce qui concerne l'interdit de nolad, qui ne s'applique pas ici ; mais en ce qui concerne l'interdit de cuisson, ici c'est plus grave que plus haut, puisque le bouillon est une chose liquide, et une chose liquide qui a refroidi est soumise à la cuisson, comme l'a écrit l'auteur au séif 15. C'est pourquoi ici ce n'est permis que s'il place la marmite à un endroit où la main ne se rétracte pas.
séif katan 104
- (קה) ויש מחמירין - ס"ל דגם בזה שייך איסור נולד ואפי' בקדרה שהשומן מעורב עם המרק ולא דמי להא דאמרינן אבל נותן הוא לתוך הכוס דהתם אין הברד ניכר כלל כשנמחה בהכוס אבל שומן שנמחה צף למעלה וניכר הוא ואפי' להניחו בחמה שיהיה נמחה ג"כ אסור לדעה זו. ודע דאפי' להיש מחמירין אינו אסור כ"א כשיש הרבה שומן על הפשטיד"א שכשיהיה נימוח יהיה זב לחוץ ויהיה מינכר בפ"ע אבל אם אין על הפשטיד"א כ"כ שומן או שמעמידו כ"כ בריחוק מקום מן החום שלא יהיה נימוח עד שיזוב לחוץ אלא מעט ממנו יהיה נימוח בתוכו לבד או אם השליך לחוץ השומן שעליו מותר לחמם הפשטיד"א לכו"ע ואף שעדיין נפשר וזב מבשר שומן שבתוכו דבר מועט הוא ושרי לכו"ע וכן מותר להחם בשבת חתיכת בשר שמן אע"פ שמקצתו זב כיון דדבר מועט הוא הנפשר לא חשיב ושרי. כתבו האחרונים כד של מים או שאר משקין שנקרש מלמעלה שרי לכו"ע להעמידו במקום שלא יגיע ליד סולדת בו דהקרח כשימס יהיה מתערב תיכף תוך המשקים שתחתיו ואינו ניכר:(105) Et certains sont rigoureux – Ils pensent que l'interdit de nolad s'applique aussi ici, même pour une marmite où la graisse est mélangée au bouillon ; et ce n'est pas comparable à ce que nous disons : « mais il la met dans la coupe », car là, la grêle n'est pas du tout reconnaissable quand elle fond dans la coupe, alors que la graisse fondue surnage et est reconnaissable. Et même la poser au soleil pour qu'elle fonde est aussi interdit selon cet avis. Sache que, même selon ceux qui sont rigoureux, ce n'est interdit que lorsqu'il y a beaucoup de graisse sur la pachtida, de sorte qu'en fondant elle coulera à l'extérieur et sera reconnaissable en elle-même ; mais s'il n'y a pas tant de graisse sur la pachtida, ou qu'il la place si loin de la chaleur qu'elle ne fondra pas au point de couler à l'extérieur, mais qu'un peu seulement fondra à l'intérieur, ou s'il a jeté dehors la graisse qui était dessus, il est permis de chauffer la pachtida selon tous les avis ; et bien qu'un peu de la viande grasse à l'intérieur fonde encore et coule, c'est une petite quantité, et c'est permis selon tous les avis. De même, il est permis de chauffer le Chabbat un morceau de viande grasse, bien qu'une partie coule, car ce qui fond étant une petite quantité, cela ne compte pas, et c'est permis. Les A'haronim ont écrit : une cruche d'eau ou d'autres boissons qui a gelé en surface, il est permis selon tous les avis de la placer à un endroit où elle n'atteindra pas une chaleur où la main se rétracte, car la glace, en fondant, se mélangera aussitôt aux boissons en dessous et ne sera pas reconnaissable.
séif katan 105
- (קו) להחמיר - ומ"מ קודם שהוסק התנור מותר להניח הפשטיד"א כיון דיש מתירין אפי' אח"כ ואין לעשות כן בפני ע"ה [מ"א וש"א]:(106) D'être rigoureux – Néanmoins, avant que le poêle ne soit chauffé, il est permis de poser la pachtida, puisque certains permettent même après ; mais on ne le fera pas devant un ignorant (am haarets) [Maguen Avraham et d'autres A'haronim].
séif katan 106
- (קז) במקום צורך יש לסמוך - היינו דאז אפי' לכתחלה מותר ובדיעבד בכל בכל גווני אין לאסור:(107) En cas de besoin, on peut s'appuyer – c'est-à-dire qu'alors c'est permis même lekhat'hila (a priori) ; et bediavad, dans tous les cas, il ne faut pas interdire.
séif katan 107
- (קח) אסור ליתן צונן וכו' - לפי מה דמסיק הרמ"א לעיל בסט"ו בהג"ה יש להקל בזה אם היה דבר מבושל ולא נצטנן לגמרי:(108) Il est interdit de mettre une chose froide, etc. – D'après la conclusion du Rema plus haut au séif 15 dans la glose, on peut être indulgent en cela s'il s'agissait d'une chose cuite qui n'a pas complètement refroidi.
séif katan 108
- (קט) הרבה - דחיישינן שמא ישכח ויניחנו שם עד שיתבשל:(109) Longtemps – Car nous craignons qu'il n'oublie et ne l'y laisse jusqu'à ce qu'elle cuise.
séif katan 109
- (קי) כדין מניח וכו' - ר"ל ומבואר לעיל בסי"ד דאפילו להפיג צינתו אסור אם יכול לבוא לידי בישול:(110) Selon la loi de celui qui pose, etc. – c'est-à-dire : et il a été expliqué plus haut au séif 14 que même pour en ôter le froid c'est interdit, s'il peut en venir à cuire.
séif katan 110
- (קיא) ואם אינו וכו' - ואם המיחם עומד ע"ג האש עיין לעיל בס"ח:(111) Et s'il n'est pas, etc. – Et si le chauffe-eau se trouve sur le feu, voir plus haut au séif 8.
séif katan 111
- (קיב) מותר - אפי' אם הצונן הוא דבר שלא נתבשל מעולם:(112) C'est permis – même si la chose froide est une chose qui n'a jamais été cuite.
séif katan 112
- (קיג) שהעבירן מרותחין - נקט שהעבירן לרבותא דאפי' בזה אסור כשלא נתבשל כל צרכו ובנתבשל כל צרכו אפי' עומד ע"ג האור מותר להוציא בכף כן משמע בב"י אבל בא"ר מסיק דיש לאסור בזה:(113) Qu'il a retirées bouillantes – Il a dit « qu'il a retirées » pour la nouveauté : même dans ce cas c'est interdit lorsque le plat n'a pas été cuit complètement ; et lorsqu'il a été cuit complètement, même s'il se trouve sur le feu, il est permis d'en retirer avec une louche — c'est ce qui ressort du Beit Yossef ; mais l'Eliya Rabba conclut qu'il faut l'interdire dans ce cas.
séif katan 113
- (קיד) שנמצא מגיס וכו' - וכ"ש להגיס ממש דאסור ויש חיוב חטאת בזה לפי מה שפסק השו"ע לעיל בס"ד דבזה מסייע ומקרב להבישול וחשיב כמבשל:(114) Car il se trouve remuer, etc. – Et à plus forte raison remuer vraiment est interdit, et il y a là l'obligation d'un 'hatat, selon ce qu'a tranché le Choulhan Aroukh plus haut au séif 4, car par là il aide et accélère la cuisson, et c'est considéré comme cuire.
séif katan 114
- (קטו) כל צרכו מותר - אפי' להגיס בו דאין בישול אחר בישול וכדלעיל בס"ד:(115) Complètement, c'est permis – même d'y remuer, car il n'y a pas de cuisson après cuisson, comme plus haut au séif 4.
séif katan 115
- (קטז) אסור להגיס בו - משום צובע שכן הוא מלאכת הצביעה להגיס תמיד כדי שלא יתחרך גם ע"י הגסה נקלט הצבע בצמר יותר:(116) Il est interdit d'y remuer – au titre de teindre, car tel est le travail de la teinture : remuer constamment pour que cela ne brûle pas ; et aussi, en remuant, la teinture pénètre davantage dans la laine.
séif katan 116
- (קיז) אף בקדירה וכו' - אלא יהפוך הקדירה לקערה ולא יוציא בכף ועיין באחרונים דלא נהיגין להחמיר בזה דבאמת העיקר כמו שכתבנו מתחלה דמבושל כל צרכו אפי' להגיס מותר וכמבואר לקמן בסימן שכ"א סוף סי"ט והרוצה להחמיר יחמיר בהגסה ממש אבל להוציא בכף אין להחמיר כלל בנתבשלה כל צרכה ואינה על האש:(117) Même dans une marmite, etc. – mais il renversera la marmite dans l'assiette et ne retirera pas avec une louche. Et voir les A'haronim : on n'a pas l'usage d'être rigoureux en cela, car en vérité l'essentiel est comme nous l'avons écrit au début : ce qui est cuit complètement, même le remuer est permis, comme expliqué plus loin au siman 321, à la fin du séif 19. Celui qui veut être rigoureux sera rigoureux pour le remuage proprement dit ; mais pour retirer avec une louche, il ne faut pas du tout être rigoureux, lorsque le plat a été cuit complètement et n'est pas sur le feu.
séif katan 117
- (קיח) כנגד המדורה - לאו דוקא דה"ה במעביר את השפוד שתחוב עליו הצלי מהאש כ"ז שהוא רותח שהיס"ב אסור לטוח עליו ואפילו אם הניח אח"כ על הקערה שהוא כ"ש ג"כ אסור דהא כמה פוסקים סוברים דדבר גוש כ"ז שהיס"ב אפילו בכ"ש מבשל ומ"מ בדיעבד אין לאסור כשהוא מונח בכלי שני דסמכינן על הפוסקים דכלי שני אינו מבשל בכל גווני וכ"ז בשום ושמן דהוא דבר חי שלא נתבשל אבל בשומן שנקפא מותר לטוח אפילו כנגד המדורה דאין בו שוב משום בישול כיון שכבר נתבשל וכמו שכתבנו למעלה בסט"ז דדבר יבש שכבר נתבשל אין בו שוב משום בישול ומשום נולד ליכא כיון דנבלע בהבשר ואינו בעין ובלבד שלא ירסקנו בידים רק יניחנו עליו מעט מעט והוא נימוח מאליו וה"ה דמותר לטוח מטעם זה בשומן אווז שנקפא ע"ג מיני קמחים וקטניות [כגון לאקשי"ן ערביזי"ן היר"ז] שנתנום ע"ג קערה אף שהוא רותח ורק שיניחנו עליו מעט מעט והוא נימוח מאליו וכנ"ל. איתא בתוספתא אחד נתן את האור ואחד נתן את העצים ואחד נתן את הקדרה ואחד נתן את המים ואחד נתן את הבשר ואחד את התבלין ובא אחר והגיס כולם חייבים [היינו שהנותן האור חייב משום מבעיר דכשהוא מוליך גחלת ממקום למקום הוא מתלבה מרוח הליכתו והנותן העצים ג"כ חייב משום מבעיר כ"כ רש"י ואידך כולהו משום מבשל וגם מגיס נמי מטעם זה שכל העושה דבר מצרכי בישול ה"ז מבשל וכמו שכתב הרמב"ם והנותן את הקדרה מיירי בחדשה וחייב משום שמתלבן ומתחזק הקדרה ע"י שנותנה על האש. גמרא שם ועיין במגדול עוז] אחד נתן את הקדרה ואחד נתן את המים ואחד נתן את הבשר ואחד נתן את התבלין ואחד נתן את העצים ואחד הביא את האור ובא אחר והגיס שנים האחרונים חייבים [כן הוא הגירסא הנכונה כפי מה שהגיה הגר"א בהגהותיו על התוספתא וכן הוא לפי מה שמצא הב"י מוגה בספרי הרמב"ם וא"צ עתה לשום דוחק שנדחק מהר"י בי רב בהכ"מ ע"ש] וכתב הרב המגיד דלד"ה כל שאין בבישולו חיוב כגון במבושלת כל צרכו אין בהגסתו חיוב וב"י כתב בשם הכלבו דכשהיא על האש חייב בהגסה אפילו במבושל כל צרכו. כלי בישול שלנו שקורין סאמאווא"ר שהוקם מע"ש אסור ליטול ממנו מים בשבת כשאינו גרוף מן הגחלים [כ"כ בספר תוספת ירושלים לעיל בסימן רנ"ג ע"ש שהביא זה בשם ירושלמי דקאמר שם דמוליאר שאינו גרוף אין שותין ממנו בשבת הטעם מפני שהוא עשוי פרקים הוא מתיירא שמא יתאכל פירוקו והוא מוסיף מים] ולפ"ז יש ליזהר כשישב לשתות מן הכלי בישול שלנו קודם שקיעה ובאמצע קידש עליו היום שלא לשתות ממנו עוד:(118) Face au feu – Pas précisément ; car de même, celui qui retire du feu la broche sur laquelle est piqué le rôti : tant qu'il est bouillant, de sorte que la main s'y rétracte, il est interdit de l'enduire (d'ail et d'huile) ; et même s'il l'a posé ensuite sur l'assiette, qui est un keli chéni, c'est aussi interdit, car plusieurs décisionnaires pensent qu'une chose solide, tant que la main s'y rétracte, cuit même dans un keli chéni. Néanmoins, bediavad, il ne faut pas interdire lorsqu'il est posé dans un keli chéni, car on s'appuie sur les décisionnaires selon lesquels un keli chéni ne cuit en aucun cas. Et tout cela concerne l'ail et l'huile, qui sont une chose crue, non cuite ; mais avec de la graisse figée, il est permis d'enduire même face au feu, car il n'y a plus là d'interdit de cuisson, puisqu'elle a déjà été cuite, comme nous l'avons écrit plus haut au séif 16 : une chose sèche déjà cuite n'est plus soumise à la cuisson ; et il n'y a pas d'interdit de nolad, puisqu'elle est absorbée dans la viande et n'est pas visible — pourvu qu'il ne l'écrase pas de ses mains, mais qu'il la pose dessus peu à peu, et elle fond d'elle-même. Et de même il est permis, pour cette raison, d'enduire de graisse d'oie figée des plats de farineux et de légumineuses [comme des nouilles (lokchen), des pois chiches, du millet] qu'on a mis sur une assiette, même s'ils sont bouillants, pourvu seulement qu'il la pose dessus peu à peu et qu'elle fonde d'elle-même, comme dit plus haut. Il est rapporté dans la Tossefta : l'un a mis le feu, l'un a mis le bois, l'un a mis la marmite, l'un a mis l'eau, l'un a mis la viande, l'un les épices, et un autre est venu et a remué : tous sont passibles [c'est-à-dire que celui qui a mis le feu est passible au titre d'allumer, car lorsqu'il transporte une braise d'un endroit à un autre, elle s'attise par le vent de son déplacement ; et celui qui a mis le bois est aussi passible au titre d'allumer — ainsi l'a écrit Rachi ; et tous les autres au titre de cuire ; et celui qui a remué aussi pour cette raison, car quiconque fait une chose nécessaire à la cuisson, c'est celui qui cuit, comme l'a écrit le Rambam. Et celui qui a mis la marmite : il s'agit d'une neuve, et il est passible parce que la marmite blanchit et se durcit lorsqu'on la met sur le feu. Guemara là-bas ; et voir le Migdal Oz]. L'un a mis la marmite, l'un a mis l'eau, l'un a mis la viande, l'un a mis les épices, l'un a mis le bois, l'un a apporté le feu, et un autre est venu et a remué : les deux derniers sont passibles [telle est la version correcte, selon la correction du Gaon de Vilna dans ses gloses sur la Tossefta ; et c'est aussi ainsi selon ce que le Beit Yossef a trouvé corrigé dans les livres du Rambam ; et il n'est plus besoin maintenant de l'interprétation forcée du Mahari Beirav dans le Kessef Michné ; voir là-bas]. Et le Rav HaMaguid a écrit que, selon tous les avis, chaque fois que la cuisson du plat n'entraîne pas de culpabilité — par exemple lorsqu'il est cuit complètement —, le fait de le remuer n'entraîne pas de culpabilité ; mais le Beit Yossef a écrit au nom du Kolbo que lorsqu'il est sur le feu, on est passible pour le remuage, même s'il est cuit complètement. Notre ustensile de cuisson qu'on appelle samovar, installé la veille de Chabbat : il est interdit d'y prendre de l'eau le Chabbat quand il n'est pas vidé de ses braises [ainsi l'a écrit le livre Tossefet Yerouchalayim, plus haut au siman 253 ; voir là-bas : il l'a rapporté au nom du Yerouchalmi, qui dit là : « un mouliar (bouilloire) non vidé de ses braises, on n'en boit pas le Chabbat » ; la raison : parce qu'il est fait de pièces assemblées, on craint que ses jointures ne se dessoudent, et il ajoutera de l'eau]. D'après cela, il faut prendre garde, lorsqu'on s'est assis pour boire de notre ustensile de cuisson avant le coucher du soleil et qu'au milieu le jour de Chabbat a été sanctifié pour lui, de ne plus en boire.
séif katan 118