Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 307 →- (א) אעשה למחר - ודוקא אם הוא דבר שאסור לעשותו בשבת ואפילו אם הוא רק איסור דרבנן. יש שכתבו דאפילו דבר מצוה כגון כתיבת ס"ת וכה"ג אסור לומר אעשה למחר אבל בא"ר וכן במאמר מרדכי וברכי יוסף חולקים עליהם וסוברים דכל לדבר מצוה שרי ומ"מ נכון לכתחלה להחמיר כשאין צורך לזה בדבורו היום [עיין בתו"ש] ואם מתיירא שיתרשל בדבר אז לכו"ע שרי לזרוזי נפשיה דאמירה לגבוה הוי כנדר [שם בתו"ש]. אסור לעכב האינו יהודי בשבת בשביל החוב דזהו הכל בכלל ממצוא חפצך אבל יכול לומר אח"כ בחול לשופט מדוע לא עכבת הא"י בשבת כדי שיבין ויעכבנו לשבת הבאה כשיזדמן לו ובתשובת הב"ח סימן קמ"ו מתיר מי שיש לו חוב אצל האנס ובשבת נודע לו שהוא ילך מן העיר ואפשר שלא ישוב עוד מותר לילך בשבת לקבול עליו אצל השר שיפרענו דבמקום פסידא לא גזרו. אינו יהודי שהיה תפוס אצל השופט בשביל יהודי שהיה חייב לו יוכל לומר להשופט שיקבל ערבות מאינו יהודי ויניח התפוס אבל לא יאמר לו שיכתוב בערכאות [אחרונים]. כתב בא"ר סימן רמ"ד אם אינו יהודי חייב לו וירא שמא יסע בשבת יכול להתראות אליו כדי שיתן בשבילו לחבירו הא"י. ואסור לעכב נכסי ראובן ביד שמעון בשבת [אחרונים]:(1) Je ferai demain – Et cela uniquement s'il s'agit d'une chose qu'il est interdit de faire le Chabbat, même s'il ne s'agit que d'un interdit d'ordre rabbinique. Certains ont écrit que même pour une chose de mitsva, comme l'écriture d'un Séfer Torah et ce qui est semblable, il est interdit de dire : « Je ferai demain » ; mais l'Eliya Rabba, ainsi que le Maamar Mordekhaï et le Birkei Yossef, les contestent et considèrent que pour une chose de mitsva tout est permis. Toutefois, il convient lekhat'hila (a priori) d'être rigoureux lorsqu'il n'y a pas besoin de le dire aujourd'hui (voir la Tossefet Chabbat) ; et s'il craint de se relâcher dans la chose, alors, de l'avis de tous, il est permis (de le dire) pour se stimuler, car une déclaration envers le Très-Haut équivaut à un vœu (ibid., Tossefet Chabbat). Il est interdit de faire retenir le non-Juif le Chabbat à cause de la dette, car tout cela est inclus dans l'interdit de « poursuivre tes affaires » (Isaïe 58, 13) ; mais il peut dire ensuite, en semaine, au juge : « Pourquoi n'as-tu pas retenu le non-Juif le Chabbat ? », afin qu'il comprenne et le retienne le Chabbat suivant, quand l'occasion se présentera. Et dans les responsa du Ba'h, siman 146, il permet : celui qui a une créance chez un homme violent, et apprend le Chabbat que celui-ci va quitter la ville et ne reviendra peut-être plus, il lui est permis d'aller le Chabbat porter plainte contre lui auprès du seigneur pour qu'il le paie, car en cas de perte (les Sages) n'ont pas décrété. Un non-Juif qui était détenu chez le juge à cause d'un Juif auquel il devait de l'argent : il (le Juif) peut dire au juge d'accepter une caution d'un non-Juif et de libérer le détenu, mais il ne lui dira pas d'inscrire cela dans les registres des tribunaux (A'haronim). L'Eliya Rabba a écrit, siman 244 : si un non-Juif lui doit de l'argent et qu'il craint qu'il ne parte en voyage le Chabbat, il peut se montrer à lui afin qu'il donne, pour lui, à son compagnon non-juif. Et il est interdit de faire retenir les biens de Réouven entre les mains de Chimon le Chabbat (A'haronim).
séif katan 1
- (ב) דברים בטלים - היינו שאין בהם זכר לעשיית מלאכה ולעסקים כלל וגם אין בהם דברי גנאי וקלות ראש דאל"ה אפילו מעט אסור:(2) Paroles futiles – c'est-à-dire qui ne contiennent aucune mention de travail à faire ni d'affaires, et qui ne contiennent pas non plus de paroles indécentes ni de légèreté ; car sinon, même un peu est interdit.
séif katan 2
- (ג) עונג להם - ואסור לספר בשבת איזה דבר שמצטער בו:(3) Un plaisir pour eux – Et il est interdit de raconter le Chabbat une chose qui l'attriste.
séif katan 3
- (ד) מותר וכו' - ומ"מ יזהר מלהמשיך הרבה בזה דאף בדבר שהוא עונג גמור כמו אכילה ושתיה ושינה מבואר בסימן ר"צ ובב"י בסימן רפ"ח דאין להמשיך הרבה דלאלו שאינם עוסקים בתורה בימות החול ניתן שבת עיקרו לד"ת ואפילו לת"ח היגעים בתורה כל ימות השבוע ג"כ איתא באחרונים שלא ירבו בו יותר מדאי משום בטול תורה:(4) Il est permis, etc. – Toutefois, il veillera à ne pas trop s'y étendre ; car même pour une chose qui est un plaisir complet, comme manger, boire et dormir, il est expliqué au siman 290 et dans le Beit Yossef au siman 288 qu'il ne faut pas trop s'y étendre, car à ceux qui ne s'occupent pas de Torah les jours de semaine, le Chabbat a été donné essentiellement pour les paroles de Torah ; et même pour les érudits qui peinent dans la Torah tous les jours de la semaine, il est rapporté aussi chez les A'haronim qu'ils ne doivent pas en faire trop, à cause de l'interruption de l'étude de la Torah (bitoul Torah).
séif katan 4
- (ה) לספרם וכו' - לאו משנת חסידים היא והנשמר מלדבר דברי חול קדוש יאמר לו. ואנשי מעשה נזהרים ביותר מזה שלא לדבר בשבת אפילו דברים הכרחיים כ"א בלשון הקודש [ונראה שטעמם הוא למגדר מלתא כדי שלא יבואו לשיחה בטלה] כ"כ בא"ר. איתא בשל"ה קבלתי אדם המבקר לחבירו בשבת בשחרית לא יאמר לו כדרך שאומר בחול צפרא טבא רק יאמר לו שבת טבא [בלשון קודש או בלשון חול כמנהגנו היום] כדי לקיים זכור את יום השבת:(5) De les raconter, etc. – Ce n'est pas l'enseignement des hommes pieux ; et celui qui se garde de prononcer des paroles profanes, on dira de lui : « saint ». Et les hommes d'action (scrupuleux) se gardent tout particulièrement de cela, au point de ne pas parler le Chabbat, même de choses nécessaires, autrement qu'en langue sainte (et il semble que leur raison soit de dresser une barrière, afin de ne pas en venir à des conversations futiles) ; ainsi l'a écrit l'Eliya Rabba. Il est rapporté dans le Chla : « J'ai reçu par tradition : une personne qui rend visite à son ami le Chabbat matin ne lui dira pas, comme on dit en semaine, tsafra tava (bonjour), mais lui dira Chabbat tava (bon Chabbat) (en langue sainte ou en langue profane, selon notre usage aujourd'hui), afin d'accomplir le verset « Souviens-toi du jour du Chabbat » (Exode 20, 8).
séif katan 5
- (ו) כדי שיתענג וכו' - דאין לו לעבור על ודבר דבר בשביל חבירו ואם הוא מתענג במה שהם מתענגים אפשר דיש להקל:(6) Pour que (son ami) en tire plaisir, etc. – Car il ne doit pas transgresser l'interdit de « dire une parole » pour son ami ; et s'il prend lui-même plaisir à ce qui leur fait plaisir, il se peut qu'on puisse être indulgent.
séif katan 6
- (ז) אסור וכו' - סעיף זה וכן הסעיפים דלקמן מה שאסור הוא משום ממצוא חפצך דהכל בכלל עשיית חפציו:(7) Il est interdit, etc. – Dans ce séif, ainsi que dans les séifim suivants, ce qui est interdit l'est en raison de « poursuivre tes affaires », car tout cela est inclus dans l'interdit de s'occuper de ses affaires.
séif katan 7
- (ח) לשכור לו פועלים - וה"ה כל דבר שאסור לישראל לעשות מצד הדין אסור לומר לא"י לעשותו אבל בדבר שאינו אלא מנהג וחומרא בעלמא שרי לומר לא"י לעשותו:(8) De lui engager des ouvriers – Et il en va de même de toute chose qu'il est interdit au Juif de faire selon la loi : il est interdit de dire à un non-Juif de la faire ; mais pour une chose qui n'est qu'un usage et une simple rigueur, il est permis de dire à un non-Juif de la faire.
séif katan 8
- (ט) בשבת - ואפילו אם יאמר לא"י שישכור לו פועלים אחר השבת ג"כ אסור [ח"א]:(9) Le Chabbat – Et même s'il dit le Chabbat au non-Juif de lui engager des ouvriers après le Chabbat, c'est également interdit ('Hayé Adam).
séif katan 9
- (י) אע"פ שמבין וכו' - ר"ל אפ"ה מותר כיון שאינו אומר לו בפירוש רק דרך רמז ולא דמי למה שכתב הרמ"א בהג"ה בסכ"ב דאפילו דרך רמז לעשות בשבת אסור התם כשמרמז לו בשבת גופא ע"ז חמיר טפי:(10) Bien qu'il comprenne, etc. – c'est-à-dire que malgré cela, c'est permis, puisqu'il ne le lui dit pas explicitement mais seulement par allusion. Et ce n'est pas comparable à ce qu'a écrit le Rema dans sa glose au séif 22, que même par allusion (il est interdit de faire signe) de faire un travail le Chabbat : là-bas, il lui fait l'allusion le Chabbat même, c'est pourquoi c'est plus grave.
séif katan 10
- (יא) שרצונו שיעשנה וכו' - ומ"מ לא יהנה הישראל מאותה מלאכה עד אחר השבת כדין א"י שעשה מלאכה לצורך ישראל א"נ מיירי בדבר שאין גוף הישראל נהנה ממנו כגון שכבר יש נר ואש והא"י מוסיף דאל"כ הא אפילו אם הא"י הדליקה מעצמו אסור לישראל ליהנות ממנו [אחרונים]:(11) Qu'il veut qu'il le fasse, etc. – Toutefois, le Juif ne profitera pas de ce travail avant le temps nécessaire après le Chabbat, selon la loi du non-Juif qui a fait un travail pour les besoins d'un Juif ; ou bien, on parle d'une chose dont le Juif lui-même ne tire pas profit, par exemple s'il y a déjà une lampe et un feu et que le non-Juif en ajoute ; car sinon, même si le non-Juif l'avait allumée de lui-même, il serait interdit au Juif d'en profiter (A'haronim).
séif katan 11
- (יב) מע"ש וכו' - וה"ה דאפילו מתחלת השבוע אסור כיון שייחד לו על שבת וכנ"ל בס"ב ואפילו קצץ לא מהני בזה אלא נקט מע"ש משום סיפא דאם אומר לו קנה לעצמך אפילו מע"ש מותר:(12) La veille du Chabbat, etc. – Et il en va de même : même dès le début de la semaine c'est interdit, puisqu'il le lui a fixé pour le Chabbat, comme plus haut au séif 2 ; et même s'il a fixé un salaire forfaitaire, cela n'aide pas ici. Il n'a mentionné « la veille du Chabbat » qu'en raison de la fin du séif : s'il lui dit « Achète pour toi-même », même la veille du Chabbat c'est permis.
séif katan 12
- (יג) אבל יכול וכו' - מקור דין זה נלמד מהא דלקמן סימן תמ"ח ס"ד לגבי חמץ ועיין בב"ח ובא"ר שמצדדים שם דאפילו אם מבטיחו שיקנה ממנו אח"כ ג"כ מותר כיון דעכשיו קונה לעצמו:(13) Mais il peut, etc. – La source de cette loi est apprise de ce qui est dit plus loin, siman 448, séif 4, au sujet du 'hamets (levain à Pessa'h) ; et voir le Ba'h et l'Eliya Rabba, qui penchent là-bas vers l'avis que même s'il lui promet de le lui acheter ensuite, c'est également permis, puisque maintenant il achète pour lui-même.
séif katan 13
- (יד) מע"ש לקנות לו - ודוקא בשקצץ לו שכר עבור זה דאז עושה אדעתיה דנפשיה דבלא"ה אסור וכמבואר סימן רמ"ה ס"ה ועיין בבה"ל:(14) La veille du Chabbat pour qu'il lui achète – Et uniquement lorsqu'il lui a fixé un salaire forfaitaire pour cela, car alors il agit pour son propre compte ; sinon c'est interdit, comme expliqué au siman 245, séif 5 ; et voir le Biour Halakha.
séif katan 14
- (טו) ובלבד שלא יאמר וכו' - ואם יום השוק שם בשבת ובאותו מקום אינו מצוי לקנות כ"א ביומא דשוקא כמו שרגיל בעיירות קטנות הו"ל כמזכיר לו יום השבת בפירוש בין שמבקשו לקנות עבורו או שנותן לו למכור ואפילו בתחלת השבוע אסור ובמקום שמצוי קצת גם בשאר ימים אין איסור אלא אם כן מזכיר בפירוש יום השבת וכן אם אמר לו הישראל ראה שאני צריך לילך לדרכי במו"ש הוי ג"כ כמזכיר יום השבת בפירוש. כתב הט"ז דמה שהתירו אם לא זכר לו שיקנה בשבת מ"מ לא יהנה הישראל ממנו באותה שבת דעכ"פ עשה בשביל ישראל דאף שמיירי בזה שקיצץ לו שכר כדלעיל בסקי"ד לא מהני אבל הא"ר והתו"ש חולקין עליו. כתב בס"ח אל ידור אדם בעיר שיום השוק הוא בשבת כי א"א שלא יחטא ואם השוק אינו בשכונתו שרי:(15) À condition qu'il ne dise pas, etc. – Et si le jour de marché, là-bas, tombe le Chabbat, et qu'en ce lieu on ne trouve à acheter que le jour du marché, comme c'est courant dans les petites villes, c'est comme s'il lui avait mentionné explicitement le jour du Chabbat, qu'il lui demande d'acheter pour lui ou qu'il lui donne une chose à vendre ; et même au début de la semaine, c'est interdit. Et là où l'on trouve un peu aussi les autres jours, il n'y a pas d'interdit, à moins qu'il ne mentionne explicitement le jour du Chabbat. Et de même, si le Juif lui a dit : « Vois, je dois me mettre en route à la sortie du Chabbat », c'est aussi comme s'il mentionnait explicitement le jour du Chabbat. Le Taz a écrit que, là où l'on a permis s'il ne lui a pas mentionné d'acheter le Chabbat, le Juif ne profitera néanmoins pas de l'achat ce Chabbat-là, car de toute façon le non-Juif l'a fait pour le Juif ; et bien qu'on parle ici du cas où il lui a fixé un salaire forfaitaire, comme plus haut au séif katan 14, cela n'aide pas ; mais l'Eliya Rabba et la Tossefet Chabbat le contestent. Le Séfer 'Hassidim a écrit : qu'une personne n'habite pas dans une ville où le jour de marché est le Chabbat, car il est impossible qu'elle ne faute pas ; et si le marché n'est pas dans son quartier, c'est permis.
séif katan 15
- (טז) מי ששכר וכו' - דאף שקצץ לו שכר עבור זה ולא יחד לו שיוליכנו בשבת וא"י אדעתא דנפשיה לוקח בשבת אפ"ה אסור כיון שלוקח מבית ישראל בשבת וכדלעיל בסימן רנ"ב ס"א. ובעניננו שהסחורה היא של ישראל אפילו יחד לו מקום והניח שם הסחורה לא מהני:(16) Celui qui a engagé, etc. – Car bien qu'il lui ait fixé un salaire forfaitaire pour cela, qu'il ne lui ait pas fixé de la transporter le Chabbat, et que le non-Juif la prenne le Chabbat pour son propre compte, c'est néanmoins interdit, puisqu'il la prend de la maison du Juif le Chabbat, comme plus haut au siman 252, séif 1. Et dans notre cas, où la marchandise appartient au Juif, même s'il lui a fixé un endroit et y a déposé la marchandise, cela n'aide pas.
séif katan 16
- (יז) מבית ישראל בשבת - אבל אם לקחה קודם שבת אע"פ שמפליג בשבת מחוץ לתחום שרי כיון שקצץ לו שכר ואדעתא דנפשיה קעביד כמו שנתבאר בסימן רנ"ב:(17) De la maison du Juif le Chabbat – Mais s'il l'a prise avant le Chabbat, même s'il voyage le Chabbat au-delà du té'houm, c'est permis, puisqu'il lui a fixé un salaire forfaitaire et qu'il agit pour son propre compte, comme expliqué au siman 252.
séif katan 17
- (יח) העושה - לפי עשרו בממון או במלקות אם אין לו ממון ואם טעה וסבר שמותר אין עונשין אותו ונאמן לומר שוגג הייתי [אחרונים]:(18) Celui qui l'a fait – selon sa richesse, par une amende, ou par des coups de fouet s'il n'a pas d'argent. Et s'il s'est trompé en pensant que c'était permis, on ne le punit pas, et il est cru s'il dit : « J'ai agi par inadvertance » (A'haronim).
séif katan 18
- (יט) אלא משום שבות - אבל דבר שאיסורו מה"ת אסור ע"י א"י אפילו לדבר מצוה כדלקמן בסימן של"א ס"ו וע"כ אסור לומר לא"י להדליק נר כדי ללמוד ולהתפלל:(19) Qu'en raison de chevout – Mais une chose dont l'interdit est de la Torah est interdite même par l'intermédiaire d'un non-Juif, même pour une mitsva, comme plus loin au siman 331, séif 6 ; c'est pourquoi il est interdit de dire à un non-Juif d'allumer une lampe pour étudier et prier.
séif katan 19
- (כ) והוא שיהיה שם וכו' - דכיון שהאיסור אינו אלא מדרבנן ואיסור אמירה לא"י הוא ג"כ רק מדרבנן והוי שבות דשבות לא גזרו באופנים אלו:(20) À condition qu'il y ait là, etc. – Car puisque l'interdit de l'acte n'est que d'ordre rabbinique, et que l'interdit de dire à un non-Juif de faire n'est lui aussi que d'ordre rabbinique, c'est un chevout dechevout (double interdit rabbinique), et (les Sages) n'ont pas décrété dans ces cas-là.
séif katan 20
- (כא) מקצת חולי - דאלו בחולי ממש הכולל כל הגוף או שיש בו סכנת אבר אפילו ישראל עושה שבות לחד דעה כמ"ש סימן שכ"ח סי"ז ודע שאין מדמין דבר לדבר בענין השבותין ואין לך בם להתיר אלא מה שאמרו חכמים דלגבי מילה לא התירו שבות דאמירה לא"י במקום מלאכה דאורייתא כמ"ש סימן של"א ס"ו וגבי לוקח בית בא"י מותר כמ"ש סימן ש"ו סי"א:(21) Un peu de maladie – Car pour une véritable maladie, qui touche tout le corps, ou s'il y a un danger pour un membre, même un Juif accomplit lui-même un chevout selon une opinion, comme écrit au siman 328, séif 17. Et sache qu'on ne compare pas une chose à une autre en matière de chevoutim, et tu ne peux permettre que ce que les Sages ont dit ; car pour la circoncision, ils n'ont pas permis le chevout de dire à un non-Juif (de faire) dans le cas d'une mélakha de la Torah, comme écrit au siman 331, séif 6, alors que pour celui qui achète une maison en Terre d'Israël c'est permis, comme écrit au siman 306, séif 11.
séif katan 21
- (כב) צורך הרבה - עיין במ"א שמסיק דדוקא במקום הפסד גדול אבל בלא"ה אין להקל כלל ובא"ר מפקפק אפילו באופן זה ועיין בסי"ט לענין סחורה הנפסדת ע"י גשמים:(22) Un grand besoin – Voir le Maguen Avraham, qui conclut que cela ne s'applique que dans un cas de grande perte, mais sinon on ne doit pas du tout être indulgent ; et l'Eliya Rabba émet un doute même dans ce cas ; et voir le séif 19 au sujet de la marchandise qui se perd à cause de la pluie.
séif katan 22
- (כג) ויש אוסרין - דס"ל דוקא במילה שרי הגמרא שבות דשבות [כגון להביא דרך חצר שאינה מעורבת האיזמל ע"י א"י למול בו] משום דהיא עצמה דחיא שבת אבל לא לצורך מצוה אחרת ועיין בלבוש ובא"ר דהלכה כדעה א':(23) Et certains l'interdisent – Car ils considèrent que la Guemara n'a permis un chevout dechevout que pour la circoncision (par exemple apporter le couteau par l'intermédiaire d'un non-Juif à travers une cour sans érouv, pour circoncire avec), parce qu'elle-même repousse le Chabbat, mais pas pour une autre mitsva. Et voir le Levouch et l'Eliya Rabba selon lesquels la halakha suit le premier avis.
séif katan 23
- (כד) אפילו במלאכה דאורייתא - ע"י א"י במקום מצוה מיהו כבר כתב רמ"א לעיל דיש להחמיר בזה וכן עיקר כי דעה זו היא רק דעת יחידאה והרי"ף והרא"ש והרמב"ם ועוד כמה גדולי ראשונים חולקין עליה ואך לענין מילה מצדד המ"א לקמן בסימן של"א לסמוך על דעה זו ועיין בא"ר שם. ודע דמה דקי"ל אמירה לא"י שבות הוא אפילו אם אומר לא"י שיאמר לא"י אחר לעשות לו מלאכה בשבת [הגאון מו"ה גרשון בעל עבודת הגרשוני] והחות יאיר בסימן נ"ג מצדד להקל בזה וכ"ש בדבר שאינו אלא משום שבות ועיין בספר החיים שכתב דבמקום הפסד גדול יש לסמוך על המקילין ועיין לעיל במה שכתבתי ס"ק י"א דשייך גם כן הכא:(24) Même pour une mélakha de la Torah – par l'intermédiaire d'un non-Juif, dans le cas d'une mitsva. Toutefois, le Rema a déjà écrit plus haut qu'il faut être rigoureux en cela, et c'est l'essentiel, car cette opinion n'est qu'un avis isolé, et le Rif, le Roch, le Rambam et plusieurs autres grands Richonim la contestent. Ce n'est qu'au sujet de la circoncision que le Maguen Avraham, plus loin au siman 331, penche pour s'appuyer sur cette opinion ; et voir l'Eliya Rabba là-bas. Et sache que ce que nous tenons, que dire à un non-Juif (de faire) est un chevout, s'applique même s'il dit à un non-Juif de dire à un autre non-Juif de lui faire un travail le Chabbat (le Gaon Rabbi Guerchon, auteur de l'Avodat HaGuerchouni) ; mais le 'Havot Yaïr, au siman 53, penche pour être indulgent en cela, et à plus forte raison pour une chose qui n'est interdite qu'en raison de chevout. Et voir le Séfer Ha'Hayim, qui a écrit qu'en cas de grande perte on peut s'appuyer sur ceux qui sont indulgents ; et voir plus haut ce que j'ai écrit au séif katan 11, qui s'applique aussi ici.
séif katan 24
- (כה) ודוקא שעדיין וכו' - דהא בעי למידע כמה צריך ליתן להם והו"ל חשבונות שצריכין ואסור מטעם ודבר דבר וכנ"ל בריש הסימן:(25) Et cela uniquement lorsque encore, etc. – Car il a besoin de savoir combien il doit leur donner ; ce sont donc des comptes nécessaires, et c'est interdit en raison de (l'interdit de) « dire une parole », comme plus haut au début du siman.
séif katan 25
- (כו) אצלו - ואפילו אם אח"כ נתברר לו ע"פ חשבונו שאין מגיע להם ממנו כלום מ"מ כיון דמתחלה לא נודע לו דבר זה והיה נצרך לחשבון לכך יש בו איסורא אבל אם גם מתחלה היה יודע שאין מגיע להם ממנו כלום הוי חשבונות של מה בכך ושרי ואם החשבונות האלו יש בהן צורך לחבירו וחושב החשבונות האלו לצרכו אסור:(26) Chez lui – Et même si, ensuite, il s'est avéré d'après son calcul qu'il ne leur doit rien, néanmoins, puisqu'au départ il ne le savait pas et avait besoin du compte, il y a là un interdit. Mais si dès le départ il savait qu'il ne leur doit rien, ce sont des comptes sans importance, et c'est permis. Et si ces comptes sont nécessaires à son prochain et qu'il fait ces comptes pour ses besoins, c'est interdit.
séif katan 26
- (כז) מותר - כתב הרמב"ם חשבונות שאין בהם צורך מותר לחשבן כיצד כמה סאין תבואה היה לנו בשנה פלונית כמה דינרין הוצאנו בחתונת בננו כך וכך חיילותיו של מלך וכיוצא באלו שהן שיחה בטלה שאין בהן צורך כלל עכ"ד ופי' המגיד משנה דרמז לנו שיש למנוע מזה מצד שיחה בטלה שאין שיחה בטלה ראוי ליראי חטא וגם בביאורי רש"ל כתב שאפילו בחול אינו יפה כ"כ לת"ח דהוי כמושב לצים ומבטל בהן לימודו [א"ר]:(27) C'est permis – Le Rambam a écrit : « Des comptes qui ne présentent aucune nécessité, il est permis de les calculer. Comment ? Combien de séa de grain avions-nous telle année, combien de dinars avons-nous dépensés au mariage de notre fils, tant et tant sont les soldats du roi, et ce qui est semblable, qui sont une conversation futile sans aucune nécessité. » Fin de ses paroles. Et le Maguid Michné a expliqué qu'il nous a fait allusion qu'il faut s'en abstenir en raison de la conversation futile, car la conversation futile ne sied pas à ceux qui craignent la faute. Et dans les Biourei Maharchal aussi, il a écrit que même en semaine ce n'est pas très convenable pour un érudit, car c'est comme participer à « l'assemblée des moqueurs », et il délaisse ainsi son étude (Eliya Rabba).
séif katan 27
- (כח) לחבירו - וה"ה לא"י:(28) À son ami – Et il en va de même à un non-Juif.
séif katan 28
- (כט) אע"פ שמתוך כך וכו' - כיון שאינו מפרש בהדיא רק בדרך רמז לצורך מו"ש הו"ל רק בכלל הרהור דמבואר לעיל בסימן ש"ו ס"ח דשרי ולא יאמר לו היה נכון עמי דזהו דבור ממש:(29) Bien que par là, etc. – Puisqu'il ne le précise pas explicitement, mais seulement par allusion, pour les besoins de la sortie du Chabbat, ce n'est que de l'ordre de la pensée, dont il est expliqué plus haut, au siman 306, séif 8, qu'elle est permise. Mais il ne lui dira pas : « Sois prêt à être avec moi », car c'est une véritable parole.
séif katan 29
- (ל) יכול לומר וכו' - דהנה מבואר בריש הסימן דדבר שאסור לעשות בשבת אסור לומר שיעשה זאת למחר וקאמר הכא דאף דבשבת אסור לילך מחוץ לתחום מ"מ מותר לומר לכרך פלוני אני הולך למחר כיון דעל עצם הליכה אין איסור אלא שמחוסר בורגנין מיהו אסור לומר אני רוכב למחר או שילך בקרון שקורין בל"א פאהרי"ן כיון דדבורו הוא דבר האסור בעצם ואין מועיל עצה לזה רק יאמר אני הולך למחר:(30) On peut dire, etc. – Car il est expliqué au début du siman qu'une chose qu'il est interdit de faire le Chabbat, il est interdit de dire qu'on la fera demain ; et il dit ici que, bien qu'il soit interdit le Chabbat d'aller au-delà du té'houm, il est néanmoins permis de dire : « Je vais demain à telle ville », puisque la marche elle-même n'est pas interdite, mais qu'il manque seulement des bourganin. Toutefois, il est interdit de dire : « Je chevaucherai demain », ou qu'il ira en voiture, ce qu'on appelle en langue vernaculaire fahren, puisque sa parole porte sur une chose interdite en soi, et aucun moyen n'est efficace pour cela ; il dira seulement : « Je vais demain. »
séif katan 30
- (לא) בורגנין - פי' סוכות של שומרים שעי"ז יוכל לילך בשבת אף כמה מילין אם הם מובלעים זה לזה בתוך שבעים אמה וד' טפחים כמבואר בסימן שצ"ח:(31) Bourganin – Explication : des cabanes de gardiens, grâce auxquelles on pourrait marcher le Chabbat même plusieurs mil, si elles sont englobées les unes dans les autres à moins de soixante-dix coudées et quatre téfa'him, comme expliqué au siman 398.
séif katan 31
- (לב) וכן כל כיו"ב וכו' - כגון שיאמר לחבירו שיביא לו למחר מחוץ לתחום פירות שנתלשו מכבר שאין עליהם איסור מוקצה אף דא"א להביאם היום מטעם איסור תחומין ומשום איסור רשויות אפ"ה מותר לומר כיון שיש בו צד היתר דאלו היה מחיצות היה יכול להביאם:(32) Et de même pour toute chose semblable, etc. – Par exemple, s'il dit à son ami de lui apporter demain, de l'extérieur du té'houm, des fruits cueillis depuis longtemps, sur lesquels ne pèse pas d'interdit de mouktsé : bien qu'il soit impossible de les apporter aujourd'hui en raison de l'interdit des té'houmin et de l'interdit des domaines (transport d'un domaine à l'autre), il est néanmoins permis de le dire, puisqu'il existe une manière permise, car s'il y avait des cloisons il pourrait les apporter.
séif katan 32
- (לג) שיעשנו למחר - ולעשותו היום אסור אפילו לא"י לומר ואפילו בדיעבד אם הביא מחוץ לתחום אסור להשתמש מהם וכדלקמן בסימן שכ"ה ס"ח:(33) De la faire demain – Mais la faire aujourd'hui, il est interdit de le dire même à un non-Juif ; et même bediavad (a posteriori), s'il les a apportés de l'extérieur du té'houm, il est interdit de s'en servir, comme plus loin au siman 325, séif 8.
séif katan 33
- (לד) חוץ לתחום פירות מוקצים - כתבו האחרונים דלאו דוקא בסוף התחום אלא ה"ה בתוך התחום כיון דא"א להביאם משום איסור מוקצה אלא דמשום סיפא נקט הכי דלהחשיך אינו אסור אלא בסוף התחום וכדלקמן בס"ט:(34) Hors du té'houm, des fruits mouktsé – Les A'haronim ont écrit que ce n'est pas spécifiquement au bout du té'houm, mais qu'il en va de même à l'intérieur du té'houm, puisqu'il est impossible de les apporter en raison de l'interdit de mouktsé ; il ne l'a formulé ainsi qu'en raison de la fin du séif, car attendre la tombée de la nuit n'est interdit qu'au bout du té'houm, comme plus loin au séif 9.
séif katan 34
- (לה) לילך שם להביאם - היינו אלו הפירות שהם מוקצים אבל פירות שאינם מוקצים כיון שמותר לומר לחבירו שיביאם לו לאחר השבת מותר נמי להחשיך בשבילם [גמרא]:(35) D'aller là-bas les apporter – c'est-à-dire ces fruits qui sont mouktsé ; mais pour des fruits qui ne sont pas mouktsé, puisqu'il est permis de dire à son ami de les lui apporter après le Chabbat, il est permis aussi d'attendre la tombée de la nuit pour eux (Guemara).
séif katan 35
- (לו) וכן לא יאמר וכו' - קאי על מה שכתב בתחלה דאסור לומר לחבירו שיביאם לו למחר וקמ"ל דלא נימא דדוקא כשמדבר עם חבירו ומתיעץ עמו הוא דאסור כיון שיש לו צורך בדבורו אבל לדבר בינו לבין עצמו שאין לו צורך בכך שרי קמ"ל כיון דהוא דבר האסור לעשות בשבת אף כשמדבר בינו לבין עצמו מקרי דבור חול ואסור וכנ"ל בריש הסימן:(36) Et de même, il ne dira pas, etc. – Cela se rapporte à ce qu'il a écrit au début, qu'il est interdit de dire à son ami de les lui apporter demain ; et il nous apprend qu'on ne doit pas dire que ce n'est interdit que lorsqu'il parle avec son ami et se concerte avec lui, puisqu'il a un besoin dans sa parole, mais que parler en lui-même, sans en avoir besoin, serait permis : il nous apprend que, puisque c'est une chose qu'il est interdit de faire le Chabbat, même lorsqu'il parle en lui-même, cela s'appelle une parole profane, et c'est interdit, comme plus haut au début du siman.
séif katan 36
- (לז) שאפילו היום וכו' - ר"ל נמצא שעצם השמירה הוי מלאכה המותרת בשבת ומחשיך בשביל דבר המותר ומה שהוא חוץ לתחום הלא היה יכול לילך ע"י בורגנין אם היה לו וכנ"ל:(37) Car même aujourd'hui, etc. – c'est-à-dire qu'il se trouve que la garde elle-même est un travail permis le Chabbat, et qu'il attend la tombée de la nuit pour une chose permise ; et quant au fait que c'est hors du té'houm, il aurait pu y aller au moyen de bourganin s'il en avait eu, comme plus haut.
séif katan 37
- (לח) אף להביאם - היינו אפילו אם הם מחוברים וצריך לתלשם מבערב כיון שעיקר כונתו בהחשכה היה בתחלה רק בשביל השמירה:(38) Même les apporter – c'est-à-dire même s'ils sont encore attachés au sol et qu'il doit les cueillir le soir, puisque l'essentiel de son intention, en attendant la nuit, était au départ uniquement pour la garde.
séif katan 38
- (לט) לתלוש פירות וכו' - ומיירי שאינו עומד אצל הגינה דאל"ה הרי מנכר מילתא ע"י עמידתו שרוצה לעשות בה איזה דבר במו"ש וכדלעיל בסימן ש"ו ס"א עי"ש במ"ב סק"א:(39) Pour cueillir des fruits, etc. – Et on parle du cas où il ne se tient pas près du jardin ; car sinon, la chose est reconnaissable par le fait qu'il s'y tient, qu'il veut y faire quelque chose à la sortie du Chabbat, comme plus haut au siman 306, séif 1 ; voir là-bas dans la Michna Beroura, séif katan 1.
séif katan 39
- (מ) משום דמינכרא מילתא - אבל בתוך התחום לא מינכרא מילתא על מה הוא מחשיך ולא דמי למש"כ סימן ש"ו ס"א דאסור לעיין בנכסיו כגון לילך בתוך שדהו וכדומה לזה לראות מה צריך לעשות למחר ואפילו אם היא בתוך התחום אסור שם דהתם מינכרא מילתא בכל גוונא שהוא מחשב לעשות בה איזה פעולה כגון שהוא סמוך לזמן חרישה או לזמן קצירה או לזמן ניכוש השדה וכדומה וזה אסור משום ממצוא חפצך ולכן אסרו ג"כ בגמרא לטייל על פתח המדינה כדי לצאת משחשכה למרחץ הסמוך לה [שהיה מנהגם להעמיד המרחץ אצל שער העיר בסופה] הכל מטעם זה משא"כ בעניננו לא מינכרא מילתא אלא כשמחשיך בסוף התחום שאז נראה שמחשיך כדי לעשות אח"כ במו"ש דבר שהיה אסור לעשותו בשבת ומ"מ אינו אסור אלא כשכונתו באמת לזה אבל אם כונתו להחשיך כדי לילך אח"כ בלילה מותר דעצם ההליכה אינו דבר איסור כדלעיל בס"ח:(40) Parce que la chose est reconnaissable – Mais à l'intérieur du té'houm, on ne reconnaît pas pourquoi il attend la tombée de la nuit. Et ce n'est pas comparable à ce qui est écrit au siman 306, séif 1, qu'il est interdit d'inspecter ses biens, par exemple aller dans son champ et ce qui est semblable, pour voir ce qu'il faut faire le lendemain, et que même si c'est à l'intérieur du té'houm c'est interdit là-bas : là-bas, la chose est reconnaissable de toute façon, qu'il projette d'y faire une action, par exemple si c'est proche du temps du labour, ou du temps de la moisson, ou du temps du sarclage du champ et ce qui est semblable, et cela est interdit en raison de « poursuivre tes affaires ». C'est pourquoi la Guemara a interdit aussi de se promener à l'entrée de la ville afin de sortir, à la tombée de la nuit, vers le bain qui en est proche (car leur usage était de placer le bain près de la porte de la ville, à son extrémité) ; tout cela pour cette raison. Ce qui n'est pas le cas dans notre sujet, où la chose n'est reconnaissable que lorsqu'il attend la nuit au bout du té'houm, car alors il apparaît qu'il attend la nuit pour faire ensuite, à la sortie du Chabbat, une chose qu'il était interdit de faire le Chabbat. Et néanmoins, ce n'est interdit que lorsque telle est réellement son intention ; mais si son intention est d'attendre la nuit pour marcher ensuite, la nuit, c'est permis, car la marche elle-même n'est pas une chose interdite, comme plus haut au séif 8.
séif katan 40
- (מא) שמור לי - היינו אפילו היום וקמ"ל דלא נימא דהוי כמו ששוכרו:(41) Garde-moi – c'est-à-dire même aujourd'hui ; et il nous apprend qu'on ne doit pas dire que c'est comme s'il l'engageait.
séif katan 41
- (מב) לזמן מרובה - דסתם הלואה ל' יום ויש לחוש שמא יכתוב המלוה הלואתו לזכרון אבל שאלה דזמנה לאלתר אין חשש שמא יכתוב. ובמקום שנוהגין שסתם הלואה רשאי לתבוע לאלתר כמו שנוהגין במדינתנו רשאי לומר הלויני [מ"א] ועיין בבה"ל שאין זה ברור:(42) De longue durée – Car un prêt non précisé est de trente jours, et il y a lieu de craindre que le prêteur n'inscrive son prêt pour s'en souvenir ; mais un emprunt d'usage (chééla), dont le terme est immédiat, il n'y a pas de crainte qu'il n'écrive. Et dans un lieu où l'usage est que, pour un prêt non précisé, on peut réclamer immédiatement, comme c'est l'usage dans notre pays, on peut dire halvéni (Maguen Avraham) ; et voir le Biour Halakha, selon lequel ce n'est pas clair.
séif katan 42
- (מג) ואיכא למיחש וכו' - כתב הפמ"ג בשם הרשב"א דבלשון הלואה לא מהני אפילו אם מתנה עמו שמלוהו רק לזמן מועט דלא פלוג רבנן עוד כתב הפמ"ג דאפילו אם לוה ספרים שהוא דבר מצוה ג"כ לא יאמר לשון הלואה:(43) Et il y a lieu de craindre, etc. – Le Peri Megadim a écrit au nom du Rachba qu'avec une expression de prêt, cela n'aide pas même s'il stipule qu'il ne lui prête que pour peu de temps, car les Sages n'ont pas fait de distinction. Le Peri Megadim a encore écrit que même s'il emprunte des livres, ce qui est une chose de mitsva, il n'emploiera pas non plus une expression de prêt.
séif katan 43
- (מד) תן לי - ומותר ג"כ לסיים ואחזור ואתן לך:(44) Donne-moi – Et il est permis aussi d'ajouter : « et je te le rendrai ».
séif katan 44
- (מה) יניח משכון אצלו - ודוקא יין ושמן ודבר שהוא צורך שבת אבל דבר שאינו צורך שבת אסור להניח עליו משכון:(45) Il déposera un gage chez lui – Et uniquement pour emprunter du vin, de l'huile ou une chose nécessaire au Chabbat ; mais pour une chose qui n'est pas nécessaire au Chabbat, il est interdit de déposer un gage.
séif katan 45
- (מו) כך אין פורעין - היינו אפילו אם לוה ממנו כדי יין ושמן לזמן מרובה אסור לפורעם בשבת דכשם שבהלואה גזרינן שמא יכתוב כך בפרעון גזרינן שמא ימחוק החוב מן הפנקס והתוספות כתבו דאם אומר בלשון חזרה ולא בלשון פריעה מותר דאית ליה הכירא ולא אתיא דבר זה לידי מחיקה. וכ"ז דוקא בדבר שהוא מאכל וצורך שבת אבל בלא"ה אסור בכל לשון [אחרונים]:(46) De même on ne rembourse pas – c'est-à-dire que même s'il lui a emprunté une mesure de vin et d'huile pour une longue durée, il est interdit de la lui rendre le Chabbat ; car de même que pour le prêt nous décrétons de peur qu'il n'écrive, de même pour le remboursement nous décrétons de peur qu'il n'efface la dette du registre. Et les Tossefot ont écrit que s'il le dit en termes de restitution et non en termes de remboursement, c'est permis, car il y a là un signe distinctif, et cela n'amène pas à effacer. Et tout cela uniquement pour une chose qui est un aliment et un besoin du Chabbat ; mais sinon, c'est interdit dans toute formulation (A'haronim).
séif katan 46
- (מז) אסור לקרותו - בגמרא איתא שני טעמים אחד שמא ימחוק מן האורחין ומן המגדים דהיינו שלפעמים רואה שלא הכין להם כל צרכם ומתחרט שזימן אורחים יותר מן הראוי ומוחק מן הכתב כדי שלא יקראם השמש וכן במיני מגדים ג"כ מתנחם לפעמים למעטם ועוד טעם שמא יבוא לקרות גם בשטרי הדיוטות וזה אסור כדלקמיה בסי"ג. ומה שנוהגין שהשמש קורא מתוך הכתב לסעודה יש מחמירים דנהי דלשמא ימחוק ליכא למיחש אלא כשבעל הסעודה בעצמו קורא ומטעם שכתבנו מ"מ הלא איכא למיגזר משום שמא יקרא בשטרי הדיוטות אך כשהסעודה היא של מצוה יש להקל הקריאה להשמש דהוי בכלל חפצי שמים דשרי כמ"ש סימן ש"ו ס"ו וכ"ש דמותר לשמש להכריז כרוז בבהמ"ד מתוך הכתב אמנם בשערי תשובה הביא ליישב המנהג להקל להשמש לקרוא מתוך הכתב אפילו לסעודת הרשות דעל השמש מעיקרא לא גזרו כדי שלא יטעה ויביא לידי חורבן ותקלה כעובדא דקמצא ובר קמצא:(47) Il est interdit de le lire – Dans la Guemara, deux raisons sont données : l'une, de peur qu'il n'efface des noms d'hôtes ou des friandises, c'est-à-dire que parfois il voit qu'il ne leur a pas préparé tout ce dont ils ont besoin, regrette d'avoir invité plus d'hôtes qu'il ne convenait, et efface de l'écrit pour que le serviteur ne les appelle pas ; et de même pour les sortes de friandises, il change parfois d'avis pour les réduire. Et une autre raison : de peur qu'il n'en vienne à lire aussi des documents profanes, ce qui est interdit, comme plus loin au séif 13. Et quant à l'usage que le serviteur (chamach) lise d'après l'écrit pour le repas, certains sont rigoureux : certes, la crainte qu'il n'efface ne s'applique que lorsque le maître du repas lit lui-même, pour la raison que nous avons écrite ; néanmoins, il faudrait décréter de peur qu'il ne lise des documents profanes. Mais lorsque le repas est un repas de mitsva, on peut être indulgent pour la lecture du serviteur, car cela entre dans la catégorie des « affaires du Ciel », qui sont permises, comme écrit au siman 306, séif 6 ; et à plus forte raison il est permis au serviteur de faire une annonce au beit hamidrach (maison d'étude) d'après un écrit. Toutefois, le Chaaré Techouva a rapporté une manière de justifier l'usage d'être indulgent pour que le serviteur lise d'après un écrit, même pour un repas facultatif : car pour le serviteur, on n'a pas décrété dès l'origine, afin qu'il ne se trompe pas et ne provoque pas une destruction et un malheur, comme dans l'histoire de Kamtsa et Bar Kamtsa.
séif katan 47
- (מח) גבוה הרבה - שאינו מגיע לשם למחוק:(48) Très haut – qu'il ne peut atteindre pour effacer.
séif katan 48
- (מט) חקק בכותל - דמשום שמא ימחוק ליכא דחקיקה כיון שהיא שוקעת קשה להמחק ומשום שמא יקרא בשטרי הדיוטות נמי לא גזרינן דלא מיחלף בשטר [דאף דאם כתב בכותל גבוה אסור משום שמא יקרא התם מכתיבה לכתיבה מיחלף אבל הכא מחקיקת הכותל לא אתי לאחלופי בכתיבת השטר] אבל טבלא ופנקס שהם מטלטלים מיחלף בשטרי הדיוטות:(49) S'il l'a gravé dans le mur – Car la crainte qu'il n'efface n'existe pas, puisqu'une gravure, étant en creux, est difficile à effacer ; et nous ne décrétons pas non plus de peur qu'il ne lise des documents profanes, car on ne confond pas cela avec un document (car bien que, s'il a écrit sur un mur élevé, ce soit interdit de peur qu'il ne lise, là-bas on confond d'écriture à écriture, mais ici, de la gravure du mur, on n'en viendra pas à confondre avec l'écriture d'un document) ; mais une tablette et un carnet, qui sont mobiles, se confondent avec des documents profanes.
séif katan 49
- (נ) חקיקה שוקעת - אבל בולטת אסור דגזרינן שמא ימחוק ואפילו גבוה הרבה שאינו מגיע לשם למחוק משום לא פלוג וכמ"ש סימן ער"ה. והפתקאות ששולחין הקונים שכתוב בהן מע"ש סכום היין והשכר שלוקחין שלא כדין הוא דאסור לקרות בהן בשבת כ"כ בא"ר ונראה דאם כתב בהן רק סימנא בעלמא שרי:(50) Une gravure en creux – Mais en relief, c'est interdit, car nous décrétons de peur qu'il n'efface, même si c'est très haut, là où il ne peut atteindre pour effacer, car (les Sages) n'ont pas fait de distinction, comme écrit au siman 275. Et les billets qu'envoient les acheteurs, sur lesquels est écrit depuis la veille du Chabbat le total du vin et de la bière qu'ils prennent, on a tort (de les lire), car il est interdit de les lire le Chabbat ; ainsi l'a écrit l'Eliya Rabba. Et il semble que s'il n'y est écrit qu'un simple signe, c'est permis.
séif katan 50
- (נא) שטרי חובות וחשבונות - י"א משום ממצוא חפצך וי"א משום שמא ימחוק:(51) Des reconnaissances de dettes et des comptes – Certains disent que c'est interdit en raison de « poursuivre tes affaires », et certains disent : de peur qu'il n'efface.
séif katan 51
- (נב) שאלת שלום - משום דמיחלף בשטרי הדיוטות:(52) De salutations – Parce qu'on les confond avec des documents profanes.
séif katan 52
- (נג) ואפילו לעיין בהם - דא"א כשמעיין שלא ישא ויתן בעניני השטרות [לבוש] ומיירי כשיודע מכבר מה כתיב בה וכדמוכח לקמיה:(53) Et même les examiner – Car il est impossible, en les examinant, de ne pas réfléchir aux affaires des documents (Levouch) ; et on parle du cas où il sait déjà ce qui y est écrit, comme on le démontre juste après.
séif katan 53
- (נד) מותר - דשמא יש בה דבר שהוא צורך הגוף ואינו דומה לשטרי הדיוטות שהם רק צורך ממונו והנה אף דיש שאוסרים גם באופן זה כמבואר בב"י סמך בזה להקל באופן שלא יקרא רק יעיין בלבד דבעיון בלבד ג"כ יש מתירים בשטרי הדיוטות:(54) Est permis – Car peut-être s'y trouve-t-il une chose qui concerne un besoin du corps, et ce n'est pas comparable aux documents profanes, qui ne concernent qu'un besoin d'argent. Et bien que certains l'interdisent même dans ce cas, comme expliqué dans le Beit Yossef, (le Choulhan Aroukh) s'est appuyé sur l'indulgence dans le cas où il ne lit pas mais examine seulement, car pour le simple examen, il y en a qui le permettent même pour des documents profanes.
séif katan 54
- (נה) טוב ליזהר וכו' - משום מוקצה שהובא מחוץ לתחום [דמלבד זה אין שם מוקצה עליהן אף דאינו כלי דהלא ראוי לצור ע"פ צלוחיתו] אלא יפתחנו הא"י והוא יעיין בה ואף דדבר שהובא מחוץ לתחום קי"ל דאסור ליהנות ממנה מי שהובא בשבילו ואף הכא הלא הקריאה והעיון הנאה היא לו התם טעמו משום גזירה שמא יאמר לא"י שיביא לו מחוץ לתחום אבל הכא באגרת לא שייך לומר כן שאינו יודע מי ישלח לו וגם י"ל דלא חשיב הנאה כיון שאינו נהנה מגופה של מלאכה:(55) Il est bon de veiller, etc. – En raison de l'interdit de mouktsé, car elle a été apportée de l'extérieur du té'houm (car en dehors de cela, la lettre n'a pas de statut de mouktsé, bien qu'elle ne soit pas un ustensile, puisqu'elle peut servir à fermer l'ouverture de sa fiole) ; c'est le non-Juif qui l'ouvrira, et lui l'examinera. Et bien que, pour une chose apportée de l'extérieur du té'houm, nous tenions qu'il est interdit à celui pour qui elle a été apportée d'en profiter, et qu'ici aussi la lecture et l'examen soient pour lui un profit, là-bas la raison est un décret, de peur qu'il ne dise au non-Juif de lui apporter des choses de l'extérieur du té'houm ; mais ici, pour une lettre, on ne peut pas dire cela, car il ne sait pas qui lui écrira. Et on peut dire aussi que ce n'est pas considéré comme un profit, puisqu'il ne profite pas de la substance même du travail.
séif katan 55
- (נו) שלא יגע בה - והאחרונים הסכימו דאין בזה משום מוקצה כלל כדקיי"ל בסימן תקט"ו דדבר הבא מחוץ לתחום אין בה איסור מוקצה אפילו למי שהובא בשבילו דאסור ליהנות ממנו הואיל וראוי לישראל אחר ליהנות ממנה ואם מקפיד על אגרת להשתמש בו כדרך הסוחרים המניחים אגרת המסחר במקום המוצנע שלא יאבדו הם מוקצים ואסור לטלטלם. כתבו האחרונים נהגו שלא לקבל האגרת מיד הא"י המביא בשבת אלא אומרים לו שיניח ע"ג קרקע או ע"ג שלחן כי חוששין שמא טרם שיעמוד לפוש יטול הישראל האגרת מידו ונמצא שהישראל יעשה גמר ההוצאה מרשות לרשות שהא"י עשה עקירה וישראל הנחה. ואם האגרת היא חתומה אומר לא"י איני יכול לקרותו כ"ז שאינו פתוח וממילא יבין הא"י ויפתחהו ולא יאמר לא"י בהדיא לפתחו אם לא לצורך גדול ועיין לקמן בסוף סימן ש"מ בבה"ל:(56) Ne pas la toucher – Et les A'haronim sont d'accord qu'il n'y a là aucun interdit de mouktsé, comme nous le tenons au siman 515, qu'une chose apportée de l'extérieur du té'houm n'est pas frappée d'un interdit de mouktsé, même pour celui pour qui elle a été apportée, à qui il est interdit d'en profiter, puisqu'elle est apte à ce qu'un autre Juif en profite. Mais s'il tient à une lettre pour s'en servir, comme les commerçants qui mettent les lettres d'affaires dans un endroit caché pour qu'elles ne se perdent pas, elles sont mouktsé et il est interdit de les déplacer. Les A'haronim ont écrit : on a l'usage de ne pas recevoir la lettre de la main du non-Juif qui l'apporte le Chabbat, mais on lui dit de la poser par terre ou sur la table, car on craint qu'avant qu'il ne s'arrête pour se reposer, le Juif ne prenne la lettre de sa main, et il se trouverait que le Juif accomplit la fin du transport d'un domaine à un autre, le non-Juif ayant fait l'akira (le soulèvement de l'objet) et le Juif la hana'ha (le dépôt). Et si la lettre est cachetée, il dit au non-Juif : « Je ne peux pas la lire tant qu'elle n'est pas ouverte », et le non-Juif comprendra de lui-même et l'ouvrira ; mais il ne dira pas explicitement au non-Juif de l'ouvrir, sauf en cas de grand besoin ; et voir plus loin, à la fin du siman 340, dans le Biour Halakha.
séif katan 56
- (נז) בשבת - גזירה שמא יקרא בשטרי הדיוטות:(57) Le Chabbat – C'est un décret, de peur qu'il ne lise des documents profanes.
séif katan 57
- (נח) חולין - ואין בכלל זה יוסיפון וספר יוחסין ודברי הימים של ר"י כהן ושבט יהודה שמהם ילמדו דברי מוסר ויראה וע"כ אפילו כתובים בלעז שרי:(58) Profane – Ne sont pas inclus dans cela le Yossipon, le Séfer You'hassin, les Chroniques de Rabbi Yossef HaCohen et le Chévet Yehouda, dont on apprend des paroles de morale et de crainte du Ciel ; c'est pourquoi, même s'ils sont écrits en langue étrangère, c'est permis.
séif katan 58
- (נט) משום מושב לצים - וכ"ש ההולך לטרטיאות וקרקסיאות [והם מיני שחוק כדאיתא בעבודת כוכבים דף י"ח] ושאר מיני תחבולות וגם בפורים אין מותר רק השחוק שעושים זכר לאחשורוש [מ"א] ובעו"ה כיום נעשה דבר זה כהפקר אצל איזה אנשים לילך לבית טרטיאות והכתוב צוח ואומר אל תשמח ישראל אל גיל וכו' וגם איכא בזה משום מגרי יצה"ר בנפשם ואחז"ל כל המתלוצץ נופל בגיהנם שנאמר וגו' ויסורין באין עליו שנאמר ועתה אל תתלוצצו פן יחזקו מוסריכם [ע"ש בגמרא עוד]:(59) À cause de « l'assemblée des moqueurs » – Et à plus forte raison celui qui va dans les théâtres et les cirques (ce sont des sortes de divertissements, comme il est rapporté dans le traité Avoda Zara, page 18) et autres sortes d'artifices ; et même à Pourim, n'est permis que le divertissement que l'on fait en souvenir d'A'hachvéroch (Maguen Avraham). Et à cause de nos nombreux péchés, aujourd'hui cette chose est devenue comme permise à tous chez certaines personnes, d'aller dans les théâtres ; or le verset crie et dit : « Ne te réjouis pas, Israël, jusqu'à l'allégresse, etc. » (Hochéa 9, 1) ; et il y a aussi en cela le fait d'exciter en eux-mêmes le mauvais penchant. Et nos Sages ont dit : quiconque se moque tombe dans le Guéhinnom, comme il est dit, etc. ; et des souffrances viennent sur lui, comme il est dit : « Et maintenant, ne vous moquez pas, de peur que vos liens ne se resserrent » (Isaïe 28, 22) (voir là-bas, dans la Guemara, la suite).
séif katan 59
- (ס) אל מדעתכם - אל אשר אתם עושים מדעת לבבכם [רש"י ע"ש]:(60) De votre propre pensée – vers ce que vous faites selon la pensée de votre cœur (Rachi, voir là-bas).
séif katan 60
- (סא) ואין צריך לומר המדפיסן - וכן מוכרי ספרים הסוחרים בענינים כאלו וממציאין אותם לקונים לקרות בהם הם בכלל זה ועיין בספר מחנה חיים בתשובה א' שהאריך בענין זה מאד ואחז"ל גדול המחטיא לאדם יותר מן ההורגו שההורגו הוא רק בעוה"ז והמחטיאו הוא גם בעוה"ב:(61) Et à plus forte raison celui qui les imprime – Et de même les libraires qui font commerce de ce genre de choses et les procurent aux acheteurs pour qu'ils les lisent sont inclus dans cela ; et voir le Séfer Ma'hané 'Hayim, dans le premier responsum, qui s'est très longuement étendu sur ce sujet. Et nos Sages ont dit : celui qui fait fauter une personne est pire que celui qui la tue, car celui qui la tue (ne la fait périr) que dans ce monde, alors que celui qui la fait fauter (la fait périr) aussi dans le monde futur.
séif katan 61
- (סב) לקרות בשיחת חולין וכו' - ובדברי חשק שהוא מגרה יצה"ר לכו"ע אסור אפילו בלה"ק וכל שאסור לקרותו אסור אפילו לטלטלו [ט"ז]:(62) De lire des conversations profanes, etc. – Mais des écrits amoureux, qui excitent le mauvais penchant, sont interdits de l'avis de tous, même en langue sainte ; et tout ce qu'il est interdit de lire, il est interdit même de le déplacer (Taz).
séif katan 62
- (סג) אבל בלשון הקודש וכו' - דהלשון בעצמו יש בו קדושה ולומד ממנו ד"ת ולפ"ז גם אגרת שלום הכתובה בלה"ק שרי לקרות דיש ללמוד מתוכו הלשון וגם כתוב בו כמה פסוקים של תורה אך שטרי חובות וחשבונות גם להרמ"א אסור אפילו בלה"ק [פמ"ג]. וגט מותר לטלטלו אע"פ שכתוב בלשון לעז דיכול ללמוד ממנו דיני גט. ולענין קריאת צייטונגי"ן בשבת אף שבתשובת שבות יעקב מקיל בזה הרבה אחרונים אוסרין מפני שיש בהם ידיעה מעניני משא ומתן:(63) Mais en langue sainte, etc. – Car la langue elle-même possède une sainteté, et on y apprend des paroles de Torah. D'après cela, une lettre de salutations écrite en langue sainte est aussi permise à la lecture, car on peut y apprendre la langue, et plusieurs versets de la Torah y sont aussi écrits. Mais les reconnaissances de dettes et les comptes sont interdits, même selon le Rema, même en langue sainte (Peri Megadim). Et un guet (acte de divorce) est permis au déplacement, bien qu'il soit écrit en langue étrangère, car on peut en apprendre les lois du guet. Et quant à la lecture des journaux le Chabbat, bien que dans les responsa Chevout Yaakov l'auteur soit indulgent en cela, de nombreux A'haronim l'interdisent, parce qu'ils contiennent des informations sur des affaires commerciales.
séif katan 63
- (סד) שרי - אבל האגודה והט"ז והב"ח ועוד הרבה אחרונים חולקין ע"ז ואוסרין וכן הוא ג"כ דעת הגר"א ולפ"ז גם באגרת שלום אין נ"מ בין לשון לעז ובין לשה"ק:(64) C'est permis – Mais l'Agouda, le Taz, le Ba'h et de nombreux autres A'haronim le contestent et l'interdisent, et tel est aussi l'avis du Gaon de Vilna ; d'après cela, pour une lettre de salutations non plus, il n'y a pas de différence entre la langue étrangère et la langue sainte.
séif katan 64
- (סה) ויש מי שמתיר - וכן נוהגין להקל וכתב בא"ר דירא שמים ראוי להחמיר בזה כי הרמב"ם והר"ן אוסרים:(65) Et il y a un avis qui le permet – Et tel est l'usage d'être indulgent ; et l'Eliya Rabba a écrit que celui qui craint le Ciel doit être rigoureux en cela, car le Rambam et le Ran l'interdisent.
séif katan 65
- (סו) מותר להביט באצטרלו"ב - הוא כלי של החוזים בכוכבים דמה לי להבין החכמה מן הספר או מן הכלי:(66) Il est permis de regarder dans un astrolabe – C'est un instrument de ceux qui observent les astres ; car quelle différence y a-t-il entre comprendre la science à partir d'un livre ou à partir de l'instrument ?
séif katan 66
- (סז) מה שמותר וכו' - ר"ל דיש דברים שאסורים אף בחול מפני שהם בכלל כשוף ויש דברים שאסורים מפני הסכנה לדעת ר' יוסי כדאיתא בגמרא וע"כ אמר דדברים המותרים בחול מותר אף בשבת ועיין במ"א ושארי אחרונים שהסכימו דדוקא משום רפואה שרי אבל בלא"ה אסור משום ממצוא חפצך:(67) Ce qui est permis, etc. – c'est-à-dire qu'il y a des choses interdites même en semaine, parce qu'elles relèvent de la sorcellerie, et il y a des choses interdites à cause du danger, selon l'avis de Rabbi Yossé, comme il est rapporté dans la Guemara ; c'est pourquoi il a dit que les choses permises en semaine sont permises aussi le Chabbat. Et voir le Maguen Avraham et les autres A'haronim, qui sont d'accord que ce n'est permis que pour une guérison, mais sinon c'est interdit en raison de « poursuivre tes affaires ».
séif katan 67
- (סח) סחורה הנפסדת וכו' - ומסיים ע"ז דיכול לקרות לא"י והיינו אפילו אם יצטרך לזה לעשות מלאכה דאורייתא כגון להוציא מרה"י לר"ה וכה"ג דאלו טלטול מוקצה בעלמא או מרה"י לכרמלית אפילו לצוות לא"י בהדיא שיעשה זה ג"כ מותר לפי המבואר לעיל בס"ה אם יש בזה הפסד גדול:(68) Une marchandise qui se perd, etc. – Et il conclut à ce sujet qu'il peut appeler un non-Juif, c'est-à-dire même s'il faudra pour cela faire une mélakha de la Torah, comme transporter du domaine privé au domaine public et ce qui est semblable ; car pour un simple déplacement de mouktsé, ou un transport du domaine privé à une karmelit (domaine intermédiaire d'ordre rabbinique), même ordonner explicitement au non-Juif de le faire est également permis, selon ce qui est expliqué plus haut au séif 5, s'il y a là une grande perte.
séif katan 68
- (סט) מותר לקרות וכו' - וכן מותר דמתוך שאדם בהול על ממונו אי לא שרית ליה אפילו באופנים אלו אתי להציל בעצמו ולעשות מלאכה דאורייתא:(69) Il est permis d'appeler, etc. – Et c'est permis, car puisqu'une personne est affolée pour son argent, si tu ne lui permets pas même de ces manières-là, il en viendra à sauver lui-même et à faire une mélakha de la Torah.
séif katan 69
- (ע) כל המציל וכו' - ולומר לו בלשון נוכח אם תציל לא תפסיד אסור [א"ר שהביא זה מש"ג וכן משמע ביו"ד רכ"א ס"ח]:(70) Quiconque sauve, etc. – Mais lui dire à la deuxième personne : « Si tu sauves, tu ne perdras rien », c'est interdit (Eliya Rabba, qui l'a rapporté des Chiltei HaGuibborim ; et c'est ce qui ressort aussi de Yoré Déa, siman 221, séif 8).
séif katan 70
- (עא) ויש מי שאומר וכו' - והמיקל לא הפסיד וכן סתם המחבר לקמן בסי' של"ד סכ"ו ולקרות לא"י להראות לו ולא לומר לו לכו"ע שרי:(71) Et il y a un avis selon lequel, etc. – Et celui qui est indulgent n'a rien perdu ; et c'est ainsi que l'auteur (du Choulhan Aroukh) a tranché sans mentionner d'autre avis, plus loin au siman 334, séif 26. Et appeler le non-Juif pour lui montrer (les dégâts) sans rien lui dire est permis de l'avis de tous.
séif katan 71
- (עב) בכדי שיעשו - ולא קודם כדי שלא יבוא לומר לא"י לעשות מלאכה בשבת ואם היה בפרהסיא שידעו בו רבים שנעשה בשביל ישראל אסור לעולם אפילו עשה הא"י מעצמו בשבילו [מ"א בשם הרמב"ם] וכדלקמן בסימן שכ"ה סי"ד וע"ש מה שכתבנו דעת הט"ז בשם הר"ן בענין זה:(72) Après le temps nécessaire pour le faire – Et pas avant, afin qu'il n'en vienne pas à dire à un non-Juif de faire un travail le Chabbat. Et si c'était en public, de sorte que beaucoup savaient que cela avait été fait pour un Juif, c'est interdit pour toujours, même si le non-Juif l'avait fait de lui-même pour lui (Maguen Avraham au nom du Rambam), comme plus loin au siman 325, séif 14 ; et voir là-bas ce que nous avons écrit de l'avis du Taz au nom du Ran à ce sujet.
séif katan 72
- (עג) אסור לומר לא"י וכו' - דכיון שאותו דבר שאומר לא"י לעשות בשביל עצמו הוא אינו יכול בעצמו לעשות הוא בכלל אמירה לא"י שבות ואסור אף על פי שאינו מתהנה הישראל כלל במלאכה זו ואעפ"כ מותר לומר לו לעשות מלאכה לעצמו כגון שיאמר לו קח בשר שלך ובשל אותו לצרכך וכה"ג דכיון שלא היה הדבר מעולם של ישראל כלל והא"י עושה אותה ג"כ רק בשביל עצמו לא גזרו עליו איסור דאמירה לא"י:(73) Il est interdit de dire à un non-Juif, etc. – Car puisque cette chose que le Juif dit au non-Juif de faire pour lui-même, il ne peut pas la faire lui-même, cela est inclus dans le chevout de dire à un non-Juif, et c'est interdit, bien que le Juif ne profite pas du tout de ce travail. Et malgré cela, il est permis de lui dire de faire un travail pour lui-même, par exemple s'il lui dit : « Prends ta viande et cuis-la pour tes besoins », et ce qui est semblable ; car puisque la chose n'a jamais du tout appartenu au Juif, et que le non-Juif ne la fait que pour lui-même, on n'a pas décrété à ce sujet l'interdit de dire à un non-Juif.
séif katan 73
- (עד) בשבת - עיין בא"ר שהוכיח מתוספות והרא"ש דאף בע"ש אסור ליתן לא"י ולומר לו שיבשל בשבת לעצמו:(74) Le Chabbat – Voir l'Eliya Rabba, qui a démontré à partir des Tossefot et du Roch que même la veille du Chabbat il est interdit de donner à un non-Juif (de la viande) en lui disant de la cuire le Chabbat pour lui-même.
séif katan 74
- (עה) אם היה טרוד - עיין לקמן בסימן שמ"ב במ"ב:(75) S'il était occupé – Voir plus loin, au siman 342, dans la Michna Beroura.
séif katan 75
- (עו) אסור לרמוז וכו' - דגם זה הוא בכלל אמירה לא"י כיון שע"י רמיזתו עושה בשבת וה"ה שאסור לומר לו בשבת איזה דבר שיבין מתוך כך שיעשה מלאכה וע"כ אסור לומר לא"י שיקנח חוטמו כדי שיבין שיסיר הפחם שבראש הנר אך כשאומר הרמיזה לא"י שלא בלשון צווי כגון שאומר הנר אינו מאיר יפה או איני יכול לקרות לאור הנר הזה שיש בו פחם ושומע הא"י ומתקנו שרי דאין זה בכלל אמירה ואין לאסור מטעם שנהנה ממלאכה שעשה הא"י בשבילו דאין זה הנאה כ"כ דגם מקודם היה יכול ע"פ הדחק לקרות לאורו [פמ"ג]:(76) Il est interdit de lui faire signe, etc. – Car cela aussi est inclus dans l'interdit de dire à un non-Juif (de faire), puisque c'est par son signe qu'il le fait le Chabbat. Et de même, il est interdit de lui dire le Chabbat une chose par laquelle il comprendra qu'il doit faire une mélakha ; c'est pourquoi il est interdit de dire à un non-Juif de se moucher le nez pour qu'il comprenne qu'il doit enlever la partie carbonisée au bout de la mèche. Mais lorsqu'il dit l'allusion au non-Juif sans formulation d'ordre, par exemple s'il dit : « La lampe n'éclaire pas bien », ou : « Je ne peux pas lire à la lumière de cette lampe, qui a une partie carbonisée », et que le non-Juif l'entend et la répare, c'est permis, car cela n'entre pas dans la catégorie de « dire ». Et on ne doit pas l'interdire pour la raison qu'il profite d'un travail que le non-Juif a fait pour lui, car ce n'est pas tellement un profit, puisque même auparavant il pouvait, avec difficulté, lire à sa lumière (Peri Megadim).
séif katan 76
- (עז) במלאכת עצמו וכו' - אבל אם התבואה של ישראל אסור לומר לא"י לפנותו וה"ה בכל דבר המוקצה דהו"ל שבות דשבות ואין מותר כ"א לצורך מצוה או קצת חולי וכנ"ל בס"ה [מ"א והט"ז לקמן בסימן ש"ח סק"ז חולק ע"ז ודעת הא"ר כהמ"א ועיין בפמ"ג מה שכתב אודות זה ובמה שכתבנו בסימן רע"ט ס"ד בהג"ה במ"ב]:(77) De son propre travail, etc. – Mais si le grain appartient au Juif, il est interdit de dire au non-Juif de le débarrasser ; et il en va de même pour toute chose mouktsé, car c'est un chevout dechevout, qui n'est permis que pour une mitsva ou pour un peu de maladie, comme plus haut au séif 5 (Maguen Avraham ; le Taz, plus loin au siman 308, séif katan 7, le conteste ; l'avis de l'Eliya Rabba est comme celui du Maguen Avraham ; et voir ce qu'a écrit le Peri Megadim à ce sujet, et ce que nous avons écrit au siman 279, séif 4, sur la glose, dans la Michna Beroura).
séif katan 77
- (עח) עד אחר המדידה ושיחשוב וכו' - ר"ל קודם המדידה והחשבון אינם שלו. א"י שהביא חפציו בשבת לבית ישראל אפילו הם אסורים בטלטול והביאם בשביל ישראל כיון שהם ביד א"י רשאי לומר לו לפנותן לאיזה מקום שירצה [מ"א בשם המ"מ]:(78) Avant la fin de la mesure, et il fera le compte, etc. – c'est-à-dire qu'avant la mesure et le compte, les grains ne sont pas à lui. Un non-Juif qui a apporté le Chabbat ses objets dans la maison d'un Juif, même s'ils sont interdits au déplacement et qu'il les a apportés pour le Juif, puisqu'ils sont dans la main du non-Juif, il peut lui dire de les mettre de côté à l'endroit qu'il voudra (Maguen Avraham au nom du Maguid Michné).
séif katan 78
- (עט) רואה ויקנה וכו' - ר"ל דאע"פ שהישראל עומד בעת עשיית גבינות ובעת חליבת החלב כדי שיוכל אח"כ לקנותם ממנו אפ"ה שרי דבעת העשייה הא"י אדעתיה דנפשיה קעביד:(79) Regarde, il les achètera, etc. – c'est-à-dire que, bien que le Juif se tienne là au moment de la fabrication des fromages et au moment de la traite du lait, afin de pouvoir ensuite les lui acheter, c'est néanmoins permis, car au moment de la fabrication, le non-Juif agit pour son propre compte.
séif katan 79
- (פ) ואדעתא למכרם וכו' - ואפילו אם הא"י אינו עושה הגבינות כ"א בשבת אם הישראל מקבלם בחובו ושאם לא יקבלם יפסיד חובו שרי דבעת העשייה עדיין הם שלו:(80) Et dans l'intention de les vendre, etc. – Et même si le non-Juif ne fabrique les fromages que le Chabbat, si le Juif les reçoit en paiement de sa créance, et que s'il ne les recevait pas il perdrait sa créance, c'est permis, car au moment de la fabrication ils appartiennent encore au non-Juif.
séif katan 80