Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 302 →- (א) חדשה - וחדשה מיקרי אם לא נשתמש בה עדיין הרבה שעוד נראה בה חידושו:(1) Neuf – et on l'appelle « neuf » s'il n'a pas encore été beaucoup utilisé, de sorte que sa nouveauté s'y voit encore.
séif katan 1
- (ב) שחורה - אבל חיוורי וסומקי לית לן בה והטעם דבחדשה ושחורה מינכר היפוי ע"י הניעור ומש"כ שמקפיד עליה הטעם דאז חשיבא הניעור כמו הכיבוס אבל אם אין דרכו להקפיד ולובשו לפעמים בלי ניעור מותר לנער אף לכתחלה:(2) Noir – mais pour les vêtements blancs et rouges, nous n'avons pas de problème ; et la raison est que dans un vêtement neuf et noir, l'embellissement dû au secouage se remarque. Et ce qu'il a écrit : « qu'il y tienne », la raison est qu'alors le secouage est considéré comme un lavage ; mais s'il n'a pas l'habitude d'y tenir et le porte parfois sans le secouer, il est permis de le secouer même lekhat'hila (a priori).
séif katan 2
- (ג) גשמים וכו' - ובזה אין חילוק בין שחור לשאר צבעונים כמו בטל לעיל דדוקא שם שהוא מועט אין מקפיד לנער אלא באוכמי אבל בכאן שהמים מרובין הדרך להקפיד לנער בכל הבגדים ויש בזה משום סחיטה:(3) La pluie, etc. – et dans ce cas, il n'y a pas de distinction entre le noir et les autres couleurs, comme pour la rosée plus haut ; car c'est seulement là, pour la rosée, qui est peu abondante, qu'on ne tient à secouer que les vêtements noirs ; mais ici, où l'eau est abondante, on a l'habitude de tenir à secouer tous les vêtements, et il y a là un interdit d'essorage.
séif katan 3
- (ד) חדש שמקפיד עליו - ר"ל דמסתמא הוא מקפיד עליו לנער לפי שמתקצר ע"י מים. ואפילו אם הבגד ישן צריך ליזהר מלנערו מן המים בחוזק בענין שיבוא לידי סחיטה באותו הניעור כידוע כשהבגד בלוע ממים הוא נסחט יפה ע"י הניעור [ש"ג והביאו הא"ר]:(4) Neuf auquel on tient – c'est-à-dire que vraisemblablement on tient à le secouer, parce qu'il rétrécit par l'eau. Et même si le vêtement est vieux, il faut se garder de le secouer de l'eau avec force, de manière à en venir à l'essorer par ce secouage même, comme on le sait : quand le vêtement est imbibé d'eau, il s'essore bien par le secouage [Chiltei HaGuiborim, rapporté par l'Eliya Rabba].
séif katan 4
- (ה) דאסור לנער - הוא דעת רש"י וסייעתו דסברי דהא דאמרינן בגמרא אמר רב הונא המנער טליתו בשבת חייב חטאת דהיינו כשמנער טליתו מן האבק והעפר שנבלע בו וחייב משום מלבן ודוקא בחדתי ובאוכמי אבל בעתיקי או בחיוורי וסומקי לית לן בה כמבואר שם וכמו לעיל לענין טל וכונת הרב נמי דוקא בחדתי ובאוכמי והאי דנקט בלשון איסור לאשמעינן דאם אינו מקפיד אפילו איסורא לית בה:(5) Il est interdit de secouer – c'est l'avis de Rachi et de ceux qui le suivent, qui estiment que ce que nous disons dans la Guemara : « Rav Houna a dit : celui qui secoue son châle le Chabbat est passible d'un sacrifice expiatoire ('hatat) », c'est lorsqu'il secoue son châle de la poussière et de la terre qui s'y sont incrustées, et il est passible au titre de « blanchir » ; et uniquement pour un vêtement neuf et noir, mais pour un vieux, ou pour un blanc ou un rouge, nous n'avons pas de problème, comme il est expliqué là-bas, et comme plus haut au sujet de la rosée. Et l'intention du Rav (le Rema) aussi vise uniquement un vêtement neuf et noir ; et s'il a employé l'expression « interdit », c'est pour nous apprendre que s'il n'y tient pas, il n'y a même pas d'interdit.
séif katan 5
- (ו) וטוב וכו' - עיין בא"ר שכתב דמדינא יש איסור בזה כי הרבה ראשונים סוברין כשיטת רש"י ע"ש ומ"מ נראה דיש לסמוך על דעה ראשונה להקל ע"י א"י ובפרט דאיכא לפעמים משום כבוד הבריות בזה. וטוב ליזהר כשבא שחרית בשבת לבה"מ להניח כובעו ובגדיו במקום שימור כדי שלא יפלו לארץ ויעלו אבק עליהם ויבא לחילול שבת:(6) Et il est bien, etc. – voir l'Eliya Rabba, qui écrit que selon la stricte loi il y a là un interdit, car beaucoup de Richonim pensent comme la méthode de Rachi, voir là-bas. Néanmoins, il semble qu'on puisse s'appuyer sur le premier avis pour être indulgent en le faisant faire par un non-Juif, d'autant qu'il y a parfois là une question de dignité humaine. Et il est bien de prendre garde, quand on arrive le matin du Chabbat à la synagogue, de poser son chapeau et ses vêtements dans un endroit protégé, afin qu'ils ne tombent pas par terre, ne se couvrent pas de poussière, et qu'on n'en vienne pas à profaner le Chabbat (en les secouant).
séif katan 6
- (ז) מותר להסיר וכו' - שאין זה דומה לליבון שאין הנוצות תחובין בתוכו כמו המים והעפר אלא עומדין מלמעלה ולכן מותר אפילו בחדש ומקפיד עליו:(7) Il est permis d'ôter, etc. – car cela ne ressemble pas au blanchissage, puisque les plumes ne sont pas incrustées dedans comme l'eau et la terre, mais restent en surface ; c'est pourquoi c'est permis même pour un vêtement neuf auquel on tient.
séif katan 7
- (ח) הלוקט יבולות - לשון יבלת שפירושו גבשושית וה"ה קשין וקסמין דקין שנארגו בבגד בלי מתכוין דינן כיבלת. כתבו האחרונים דה"ה דאסור להסיר השלל [שקורין שטריגיוואנע] שעושין החייטים בתחלת התפירה כדי לחבר החתוכים ואפשר דחיוב נמי יש בזה שדרך האומנין להסיר בעת גמר מלאכה:(8) Celui qui ôte les nœuds (yabbolot) – de l'expression yabbélèt (verrue), qui signifie une bosse. Et de même, les brins de paille et les fines échardes tissés dans le vêtement sans intention ont la même règle que le nœud. Les A'haronim ont écrit qu'il est de même interdit d'ôter le faufil [qu'on appelle strigivane] que font les tailleurs au début de la couture pour réunir les pièces coupées ; et peut-être y a-t-il même là une culpabilité (de la Torah), car les artisans ont l'habitude de l'ôter à l'achèvement du travail.
séif katan 8
- (ט) משום מכה בפטיש - כל העושה דבר שעי"ז נגמר המלאכה חייב משום מכה בפטיש שכן דרך האומן להכות בפטיש על הכלי אחר שנגמרה להשוות עקמימותה:(9) Au titre de « frapper du marteau » – quiconque fait une chose par laquelle le travail s'achève est passible au titre de « frapper du marteau », car tel est l'usage de l'artisan de frapper du marteau sur l'objet une fois achevé, pour en aplanir les irrégularités.
séif katan 9
- (י) והוא שיקפיד עליהם - פירוש שמסירם בכונה כדי ליפות הבגד ולא כמתעסק אע"פ שלא היה נמנע מללבשו אם לא היה מסירם חייב משום דהך דהכא הוי מלאכה טפי מהאי דסעיף א' ולכן אינו פטור אלא במתעסק. כתב הרמב"ם המנער טלית חדשה שחורה כדי לנאותה ולהסיר הצהוב הלבן הנתלה בה כדרך שהאומנין עושין חייב משום מכה בפטיש ואם אינו מקפיד מותר עכ"ד ופירוש מקפיד לענין זה ג"כ כל שכוונתו כדי ליפות וכמו לענין יבלת:(10) Et cela à condition qu'il y tienne – c'est-à-dire qu'il les ôte intentionnellement pour embellir le vêtement, et non distraitement ; même s'il ne se serait pas abstenu de le porter s'il ne les avait pas ôtés, il est passible, car le cas présent est davantage un travail que celui du séif 1 ; c'est pourquoi il n'est exempt que s'il agit distraitement. Le Rambam a écrit : « Celui qui secoue un châle neuf et noir pour l'embellir et en ôter le duvet blanc qui y est accroché, comme le font les artisans, est passible au titre de “frapper du marteau” ; et s'il n'y tient pas, c'est permis. » Fin de ses paroles. Et le sens de « y tenir » à cet égard est aussi : dès lors que son intention est d'embellir, comme pour le nœud.
séif katan 10
- (יא) פטור - בספר הזכרונות כתב דאיסור יש בזה. כתוב בהלכות גדולות ישב לו זרע פשתן או תבשיל על כסותו מותר לקלפו ונראה דאם הוא בגד חדש ושחור אינו מותר לקלפו רק באינו מקפיד ואם הוא לח מקנחו בסמרטוט וכדלקמן:(11) Il est exempt – dans le Sefer HaZikhronot, il a écrit qu'il y a là un interdit. Il est écrit dans les Halakhot Guedolot : si une graine de lin ou un mets s'est déposé sur son vêtement, il est permis de le décoller. Et il semble que s'il s'agit d'un vêtement neuf et noir, il n'est permis de le décoller que s'il n'y tient pas ; et si c'est humide, il l'essuie avec un chiffon, comme il est dit plus loin (séif 9).
séif katan 11
- (יב) לצורך שבת - דאם אין מקפלים רגילים שמתקמטים:(12) Pour les besoins du Chabbat – car si on ne les plie pas, ils ont tendance à se froisser.
séif katan 12
- (יג) ללבשם בו ביום - ולכן אסור לקפל הטלית אע"פ שמצות ציצית כל היום ויכול להתעטף בו מ"מ כיון שאין בדעתו להתעטף בו אסור אם לא במקום שנהגו להתעטף בטליתות במנחה:(13) Afin de les porter le jour même – c'est pourquoi il est interdit de plier le châle de prière (talit) ; bien que la mitsva des tsitsit s'applique toute la journée et qu'il puisse s'en envelopper, néanmoins, puisqu'il n'a pas l'intention de s'en envelopper, c'est interdit, sauf dans un endroit où l'on a l'usage de s'envelopper des châles à Min'ha.
séif katan 13
- (יד) באדם אחד - אבל לא בשני בני אדם משום דבשנים מתפשטין הקמטים ונראה כמתקן מנא ואם מקפל על הספסל דינו כמקפל בשנים:(14) Par une seule personne – mais pas par deux personnes, car à deux les plis s'étendent parfaitement, et cela paraît comme « réparer un objet » ; et si l'on plie sur le banc, la règle est la même que si l'on pliait à deux.
séif katan 14
- (טו) לא נתכבסו - לפי שכל שלא נתכבסו הם קשים ואין ממהרין לקמוט ואין חשוב הקיפול תיקון כ"כ עד שיהיה נראה כמתקן מנא:(15) Qui n'ont pas été lavés – car tant qu'ils n'ont pas été lavés, ils sont raides et ne se froissent pas vite, et le pliage n'est pas une réparation si importante qu'il paraisse comme « réparer un objet ».
séif katan 15
- (טז) ולבנים - דבצבועים הקיפול מתקן יותר:(16) Et blancs – car pour les vêtements teints, le pliage les répare davantage.
séif katan 16
- (יז) ואין לו להחליף - אבל אם יש לו להחליף בגד אחר לשבת אע"פ שאין יפה כזה לא התירו לו לקפלו וכ"ש אם אין דעתו ללבוש כלל בו ביום דאסור וכנ"ל בסקי"ג. ומ"מ ביו"ט שחל בע"ש מותר לקפל טליתו כשפושטו אם היא חדשה ולבנה אף שאין דעתו ללבשו בו ביום והיינו כשעשה עירובי תבשילין דאל"ה הרי אסור לו להכין לצורך מחר כ"כ בא"ר אבל בחידושי רע"א הוכיח דאף בלא הניח ע"ת שרי אם היא סמוכה לשבת:(17) Et s'il n'en a pas d'autres pour se changer – mais s'il a un autre vêtement pour se changer pour le Chabbat, même s'il n'est pas aussi beau que celui-ci, on ne lui a pas permis de le plier ; et à plus forte raison s'il n'a pas du tout l'intention de le porter le jour même, c'est interdit, comme ci-dessus au séif katan 13. Néanmoins, le Yom Tov qui tombe la veille de Chabbat, il est permis de plier son châle quand on l'ôte, s'il est neuf et blanc, bien qu'on n'ait pas l'intention de le porter le jour même ; et cela lorsqu'il a fait un érouv tavchiline, car sinon il lui est interdit de préparer pour les besoins du lendemain. Ainsi a écrit l'Eliya Rabba ; mais dans les 'Hidouchei Rabbi Akiva Eiger, il a démontré que même sans avoir posé d'érouv tavchiline, c'est permis puisque c'est proche du Chabbat.
séif katan 17
- (יח) מותר בכל ענין - שאין לקיפול זה שום קיום ואין כאן מתקן כלל ולפיכך מותר אפילו אין בו אחד מאלו הד' פרטים ואפילו אין דעתו ללבשו בו ביום:(18) Est permis dans tous les cas – car ce pliage n'a aucune durabilité, et il n'y a ici aucune réparation ; c'est pourquoi c'est permis même si aucun de ces quatre détails n'est réuni, et même s'il n'a pas l'intention de le porter le jour même.
séif katan 18
- (יט) ונראין דבריו - וכן סתמו האחרונים לדינא. ומ"מ מי שרוצה להחמיר על עצמו שלא לקפל כלל ודאי עדיף [מחה"ש]. מציעין את המטות מלילי שבת לשבת ולכתחלה טוב יותר שיציע מע"ש אבל אין מציעין משבת למוצאי שבת ומ"מ אם המטה עומדת בביתו והוא דבר מגונה ובזיון לשבת שיעמוד כך מותר להציע דמקרי צורך שבת [מ"א וש"א]:(19) Et ses paroles paraissent justes – et ainsi les A'haronim l'ont-ils tranché sans réserve. Néanmoins, celui qui veut être rigoureux pour lui-même en ne pliant pas du tout, c'est assurément préférable [Ma'hatsit HaChekel]. On fait les lits du soir du Chabbat pour le Chabbat (le jour), et lekhat'hila il vaut mieux les faire dès la veille de Chabbat ; mais on ne fait pas les lits du Chabbat pour la sortie du Chabbat. Néanmoins, si le lit se trouve dans sa maison (la pièce où l'on séjourne) et que c'est une chose inconvenante et un manque d'égard pour le Chabbat qu'il reste ainsi défait, il est permis de le faire, car cela s'appelle un besoin du Chabbat [Maguen Avraham et d'autres A'haronim].
séif katan 19
- (כ) לצורך השבת - אבל שלא לצורך שבת לא וה"ה דאין כובשין בו בגדים שהוא צורך חול:(20) Pour les besoins du Chabbat – mais pas sans besoin pour le Chabbat ; et de même, on n'y presse pas de vêtements, car c'est un besoin de semaine.
séif katan 20
- (כא) בחזקה - ואם היה מותר המכבש קצת מע"ש י"א דאעפ"כ אסור להתיר כולו ולשמוט כליו משם ויש מקילין אבל אם היה מותר כולו לכו"ע מותר לשמוט כליו משם [חדושי רע"א]:(21) Fortement – et si la presse avait été un peu desserrée dès la veille de Chabbat, certains disent que malgré cela il est interdit de la desserrer entièrement et d'en retirer ses vêtements, et certains sont indulgents ; mais si elle était entièrement desserrée, selon tous il est permis d'en retirer ses vêtements ['Hidouchei Rabbi Akiva Eiger].
séif katan 21
- (כב) מותר וכו' - אבל אסור לגלגל ע"י כלי כמנהג וכן אסור לעשות קמטים בדברים המכובסים ע"י כלים העשויים לכך:(22) Il est permis, etc. – mais il est interdit de rouler (calandrer le linge) au moyen d'un instrument, selon la coutume (de semaine) ; et de même, il est interdit de faire des plis dans les effets lavés au moyen d'instruments faits pour cela.
séif katan 22
- (כג) אבל סודר אסור - בין לשפשף מבפנים בין לשפשף מבחוץ:(23) Mais un foulard, c'est interdit – que ce soit le frotter par l'intérieur ou le frotter par l'extérieur.
séif katan 23
- (כד) מפני וכו' - כי הוא מקפיד על ליבונו וזיהורו של סודר יותר מכתונת דשם אמרינן דאינו מכוין אלא לרככו [רש"י] ונראה דאם מתכוין בחלוק לצחצחו אסור כמו בסודר:(24) Car, etc. – car on tient à la blancheur et à l'éclat du foulard plus qu'à ceux de la tunique, pour laquelle nous disons qu'on n'a l'intention que de l'assouplir [Rachi]. Et il semble que si l'on a l'intention, pour la tunique, de la faire briller, c'est interdit comme pour le foulard.
séif katan 24
- (כה) וכובעים - היינו של פשתן והטעם שהחמירו בכלי פשתן מפני שהם קשים אחר רחיצתן וריכוכן זהו ליבונן ומ"מ בחלוק מותר אפילו בשל פשתן מפני שהוא מלבוש תחתון ואינו נראה מבחוץ מסתמא הוא מתכוין לרככו:(25) Et les bonnets – c'est-à-dire de lin ; et la raison pour laquelle on a été rigoureux pour les effets de lin est qu'ils sont raides après leur lavage, et les assouplir, c'est leur blanchissage. Néanmoins, pour la tunique, c'est permis même si elle est de lin, car c'est un vêtement de dessous qui ne se voit pas de l'extérieur ; vraisemblablement on a l'intention de l'assouplir (et non de la faire briller).
séif katan 25
- (כו) או על מנעליו - ולא דמי למה דאיתא בס"ח אין מגרדין מנעל בין חדש בין ישן והיינו אפילו יש טיט על גביו וכונתו להסיר הטיט וכמו שכתבנו שם דשם לא אסרינן אלא בגב סכין שע"י הגרירה ממחק העור משא"כ בקינוח בכותל או בקורה אין הכרח שיהיה מוחק עי"ז [ב"י] וכתב הט"ז ולפ"ז הא דיש בחצר שלפני פתחי בתי כנסיות על הקרקע ברזל אחד והוא חד למעלה ושם מקנחין המנעלים קודם שיכנס בבהכ"נ אסור לעשות כן בשבת דזה דומה לגב הסכין ואסור לכו"ע וכו' עי"ש. והמ"א מחמיר אפילו היה הברזל עב ורחב בראשו ולא היה לו חוד דלא גרע מגב הסכין אלא יקנח בכותל או בקורה או בחידודי המדרגות אך אם הוא מקנח בנחת אין להחמיר בכ"ז דלא שייך בזה החשש דממחק העור ובפרט אם הטיט לח בודאי אין להחמיר:(26) Ou sur ses chaussures – et ce n'est pas comparable à ce qui est dit au séif 8 : « On ne gratte pas une chaussure, qu'elle soit neuve ou vieille », c'est-à-dire même s'il y a de la boue dessus et que son intention est d'ôter la boue, comme nous l'avons écrit là-bas ; car là, nous n'interdisons qu'avec le dos d'un couteau, parce que par le grattage on lisse le cuir, tandis qu'en essuyant contre un mur ou une poutre, il n'est pas inévitable qu'on lisse le cuir par là [Beit Yossef]. Et le Taz a écrit : d'après cela, ce qu'il y a dans la cour devant les entrées des synagogues, sur le sol, une barre de fer tranchante en haut, contre laquelle on essuie les chaussures avant d'entrer à la synagogue, il est interdit de le faire le Chabbat, car cela ressemble au dos du couteau et c'est interdit selon tous, etc. ; voir là-bas. Et le Maguen Avraham est rigoureux même si le fer était épais et large à son sommet et n'avait pas de tranchant, car ce n'est pas moins grave que le dos du couteau ; on doit plutôt essuyer contre un mur, une poutre ou les arêtes des marches. Mais si l'on essuie doucement, il n'y a pas lieu d'être rigoureux dans tout cela, car la crainte de lisser le cuir ne s'applique pas ici ; et surtout si la boue est humide, il n'y a assurément pas lieu d'être rigoureux.
séif katan 26
- (כז) אף בכותל - של אבנים משום דמחזי כמוסיף על הבנין ומחזקו ולדידיה אין מקנחין אלא בקורה או ע"ג אבן וה"ה דשרי בכותל של עץ:(27) Même contre le mur – de pierres, car cela paraît comme ajouter à la construction et la renforcer ; et selon lui, on n'essuie que contre une poutre ou sur une pierre (posée) ; et il en est de même : c'est permis contre un mur de bois.
séif katan 27
- (כח) בשניהם - דלמוסיף על הבנין לא חיישינן משום דבנין חקלאה הוא [בנין גרוע של בעלי הכפרים] ולשמא יקנח במקום הגומא וישוונה ג"כ לא חיישינן. ומ"מ אפילו לדידהו צריך ליזהר כשמקנח בקרקע שלא יקנח במקום גומא שעי"ז ישוונה. ולענין הלכה הט"ז כתב דבמידי דרבנן יש לסמוך על המקילין דמותר בשניהם ויש מן האחרונים שסוברין דנכון להחמיר לאסור בשניהם ונראה דבכותל בודאי יש לסמוך להתיר כדעת המחבר שכן דעת רוב הראשונים:(28) Dans les deux cas – car on ne craint pas qu'on soit considéré comme ajoutant à la construction, parce que c'est une « construction de paysan » [une construction médiocre des villageois] ; et on ne craint pas non plus qu'il essuie à l'endroit d'un trou et le nivelle. Néanmoins, même selon eux, il faut prendre garde, quand on essuie sur le sol, de ne pas essuyer à l'endroit d'un trou, car on le nivellerait par là. Et quant à la halakha, le Taz a écrit que, dans une affaire d'ordre rabbinique, on peut s'appuyer sur ceux qui sont indulgents, selon lesquels c'est permis dans les deux cas ; et certains A'haronim pensent qu'il convient d'être rigoureux et d'interdire dans les deux cas. Et il semble que contre un mur, on peut assurément s'appuyer sur l'avis permissif, selon l'opinion de l'auteur (le Choulhan Aroukh), car tel est l'avis de la majorité des Richonim.
séif katan 28
- (כט) במעט חרס - ובזה לכו"ע שרי:(29) Avec un petit tesson – et dans ce cas, c'est permis selon tous.
séif katan 29
- (ל) הראוי לטלטול - עיין לקמן סימן ש"ח ס"ז איזה חרס ראוי לטלטל:(30) Qu'il est permis de déplacer – voir plus loin, siman 308, séif 7, quel tesson il est permis de déplacer.
séif katan 30
- (לא) שעל בגדו וכו' - ואין חילוק בכל זה בין משי לפשתן וצמר:(31) Qui est sur son vêtement, etc. – et dans tout cela, il n'y a pas de distinction entre la soie, le lin et la laine.
séif katan 31
- (לב) משפשפו מבפנים - היינו שאוחז הבגד בפנים נגד מקום הטיט ומשפשף זה בזה עד שנופל הטיט ואף דלעיל בס"ה אסר בסודר לשפשפו ולא מחלקינן בין מבפנים למבחוץ התם הוא מכוין לצחצחו משא"כ כאן שאין כונתו אלא להסיר הטיט [הגר"א]:(32) On la frotte par l'intérieur – c'est-à-dire qu'on saisit le vêtement par l'intérieur, face à l'endroit de la boue, et qu'on frotte les parties l'une contre l'autre jusqu'à ce que la boue tombe. Et bien que plus haut, au séif 5, il ait interdit de frotter le foulard, sans que nous distinguions entre l'intérieur et l'extérieur, là on a l'intention de le faire briller, tandis qu'ici, l'intention n'est que d'ôter la boue [le Gaon de Vilna].
séif katan 32
- (לג) דדמי למלבן - שמתיפה הבגד עי"ז ומלבן ממש לא הוי דאין נותן עליו מים:(33) Car cela ressemble à un blanchissage – car le vêtement en est embelli ; mais ce n'est pas un véritable blanchissage, puisqu'on ne met pas d'eau dessus.
séif katan 33
- (לד) ומגררו בצפורן - מבחוץ דזה לא נחשב ליבון וה"ה דמותר לגררו בגב סכין ואפשר דאפילו בחודו [ב"י]:(34) Et on la gratte avec l'ongle – par l'extérieur, car cela n'est pas considéré comme un blanchissage ; et de même, il est permis de la gratter avec le dos d'un couteau, et peut-être même avec son tranchant [Beit Yossef].
séif katan 34
- (לה) אבל יבש - בין לגרר בין לכסכס אפילו מבפנים:(35) Mais si elle est sèche – c'est interdit, que ce soit gratter ou frotter, même par l'intérieur.
séif katan 35
- (לו) דהוי טוחן - אע"ג דהוי מלאכה שאינה צריכה לגופה עכ"פ איסורא מיהא איכא לכו"ע וע"י א"י מותר. כתב הט"ז נ"ל דוקא ביש ממשות טיט על הבגד וכשהוא מגרד שם אז נופלים פרורי הטיט זה דומה לטוחן אבל אם אין שם אלא מראה הטיט והוא מגרר שם לבטל המראה אין זה דומה לטוחן ומטעם זה יש להתיר למי שחלוק שלו מטונף קצת ואין שם ממשות צואה והוא יבש יוכל לגרר בצפורן ולהסיר המראה כדי שיתפלל בנקיות עכ"ל הט"ז ולענ"ד יש לעיין בזה טובא דנהי דמשום טוחן ליכא הרי עכ"פ מכוין בזה ליפות הבגד ולצחצחו שלא ישאר עליו שום רושם לכלוך והוי כמלבן ועיין בביאור הלכה שהארכנו בזה ודע עוד דפשוט דאפילו לדעת הט"ז אינו מותר רק לגרר בצפורן או לכסכסו מבפנים אבל לכסכס מבחוץ אסור בכל גווני:(36) Car c'est moudre – bien que ce soit un travail qui n'est pas nécessaire pour lui-même (mélakha chééna tsrikha legoufa), il y a en tout cas au moins un interdit selon tous ; et par l'intermédiaire d'un non-Juif, c'est permis. Le Taz a écrit : « Il me semble que c'est uniquement lorsqu'il y a de la boue concrète sur le vêtement, et qu'en grattant là des miettes de boue tombent, que cela ressemble à moudre ; mais s'il n'y a là que l'apparence (la trace) de la boue, et qu'il gratte pour en effacer l'apparence, cela ne ressemble pas à moudre. Et pour cette raison, il y a lieu de permettre à celui dont la tunique est un peu salie, sans qu'il y ait là de substance d'excrément, et que c'est sec, de gratter avec l'ongle et d'en ôter la trace, afin de prier dans la propreté. » Fin des paroles du Taz. Et selon mon humble avis, il y a beaucoup à examiner en cela : admettons qu'il n'y ait pas d'interdit de moudre, il a néanmoins en tout cas l'intention d'embellir le vêtement et de le faire briller, afin qu'il n'y reste aucune trace de salissure, et c'est comme blanchir ; et voir dans le Biour Halakha, où nous nous sommes étendus là-dessus. Et sache encore qu'il est évident que même selon l'avis du Taz, il n'est permis que de gratter avec l'ongle ou de frotter par l'intérieur, mais frotter par l'extérieur est interdit dans tous les cas.
séif katan 36
- (לז) אין מגרדין - אפילו היה עליו טיט וכונתו להסיר הטיט דפסיק רישא הוא:(37) On ne gratte pas – même s'il y avait de la boue dessus et que son intention est d'ôter la boue, car c'est un pessik reicha (conséquence inévitable : le cuir sera forcément lissé).
séif katan 37
- (לח) בסכין - היינו אפילו בגב הסכין וע"כ נכון ליזהר שיעשה הברזל שלפני בהכ"נ שמקנחין בו המנעלים עב ורחב ולא חד ועיין לעיל בס"ק כ"ו. ולקנח בכותל שרי וכנ"ל בסעיף ו':(38) Avec un couteau – c'est-à-dire même avec le dos du couteau ; c'est pourquoi il convient de veiller à ce que la barre de fer devant la synagogue, contre laquelle on essuie les chaussures, soit faite épaisse et large et non tranchante ; et voir plus haut, au séif katan 26. Et essuyer contre un mur est permis, comme ci-dessus au séif 6.
séif katan 38
- (לט) מותר וכו' - הנה כדי לבאר את דברי אלו השני סעיפים צריך להקדים הקדמה קטנה וזו היא. א) המלבן הוא מאבות מלאכות ולבון שייך בין בצמר ובין בפשתן ובכל שאר מינים שדרכן להתלבן ולבון מקרי בכל דבר שדרך הצמר והפשתן להתלבן עי"ז [ומה שנוהגין שמניח חתיכת פשתן לאחר אריגתו בחמה וזורק עליו מים כדי שתתלבן גם זה הוא בכלל מלבן] ושיעורו בחוט שהוא ארוך ד' טפחים. ב) המכבס בגדים הוי תולדת מלבן וחייב וכן הסוחטן שהסחיטה ג"כ מצרכי כיבוס היא וה"ה דכיבוס שייך בעורות הרכין וי"א אף בקשין אך יש חילוק בין עורות לבגד דבעורות לא מקרי כבוס עד שיהיה כיבוס גמור ובבגדים קיי"ל דשרייתן במים זו היא כיבוסן וחייב משום מכבס ל"ש בבגדים לבנים ולא שנא צבועים [אחרונים]. ג) והנה בהא דקי"ל דשרייתן היא כיבוסן יש דעות בפוסקים י"א דדוקא כשיש איזה דבר לכלוך על הבגד דהשרייה מעביר הלכלוך אבל אם אין שם לכלוך ואפילו הושחר מחמת לבישה לא מקרי כבוס ע"י שרייה לבד אם לא שמכבסן ממש או שסוחט את מימיהן ומ"מ אסור לשרותן מדרבנן גזירה שמא יבוא לסחיטה וי"א דאפילו אין עליהם לכלוך כלל אמרינן דשרייתן היא כיבוסן אך כ"ז דוקא אם הוא דרך כבוס אבל אם הוא דרך לכלוך כגון שנטל ידיו במים ומקנחן במפה ואפילו אם היו המים טפוחים הרבה על ידיו וע"י קינוחו הוטפח המפה אפ"ה לא שייך בזה שרייתו היא כיבוסו דדרך לכלוך הוא ויש מחמירין עוד שאם היו המים מרובין אפילו כשהוא דרך לכלוך אמרינן שרייתו היא כיבוסו וע"כ הם סוברים דכשנוטל ידיו ורוצה לנגבן במפה יראה לנער ידיו עד שלא ישאר עליהם רק מעט מים ואז מותר ועתה נבוא לבאר את הסעיפים:(39) Il est permis, etc. – voici que, pour expliquer les paroles de ces deux séifim (9 et 10), il faut faire précéder une petite introduction, que voici. a) « Blanchir » est l'un des travaux principaux (avot mela'khot), et le blanchissage s'applique aussi bien à la laine qu'au lin et à toutes les autres matières qu'on a l'habitude de blanchir ; et s'appelle « blanchissage » toute chose par laquelle la laine et le lin ont coutume d'être blanchis [et ce qu'on a l'usage de poser une pièce de lin, après son tissage, au soleil et de l'asperger d'eau pour qu'elle blanchisse, cela aussi est inclus dans « blanchir »] ; et sa mesure (pour être passible) est un fil long de quatre téfa'him. b) Celui qui lave des vêtements accomplit un dérivé (toldà) de « blanchir » et est passible ; de même celui qui les essore, car l'essorage aussi fait partie des nécessités du lavage. Et de même, le lavage s'applique aux cuirs souples, et certains disent même aux cuirs durs ; mais il y a une différence entre les cuirs et le vêtement : pour les cuirs, cela ne s'appelle lavage que s'il y a un lavage complet, tandis que pour les vêtements, nous tenons que les tremper dans l'eau, c'est là les laver, et l'on est passible au titre de « laver », que ce soit des vêtements blancs ou teints [A'haronim]. c) Or, sur ce que nous tenons que les tremper, c'est les laver, il y a des opinions chez les décisionnaires. Certains disent que c'est uniquement lorsqu'il y a quelque salissure sur le vêtement, car le trempage enlève la salissure ; mais s'il n'y a pas de salissure, même s'il a noirci du fait d'avoir été porté, cela ne s'appelle pas lavage par le seul trempage, à moins qu'on ne le lave vraiment ou qu'on n'en essore l'eau ; néanmoins, il est interdit de les tremper d'ordre rabbinique, par mesure préventive de peur qu'on en vienne à essorer. Et certains disent que même s'il n'y a aucune salissure sur eux, nous disons que les tremper, c'est les laver. Mais tout cela uniquement si c'est à la manière d'un lavage ; mais si c'est à la manière de salir, par exemple s'il s'est lavé les mains avec de l'eau et les essuie avec une serviette, et même si l'eau était abondante sur ses mains et que par l'essuyage la serviette a été bien mouillée, néanmoins on n'applique pas ici « le tremper, c'est le laver », car c'est une manière de salir. Et certains sont encore plus rigoureux : si l'eau était abondante, même à la manière de salir, nous disons que le tremper, c'est le laver ; c'est pourquoi ils pensent que lorsqu'on se lave les mains et veut les essuyer avec une serviette, on veillera à secouer ses mains jusqu'à ce qu'il n'y reste qu'un peu d'eau, et alors c'est permis. Et maintenant, venons-en à expliquer les séifim.
séif katan 39
- (מ) לשכשכו - ר"ל כשיש על מנעל איזה דבר לכלוך נותן עליו מים עד שיכלה הלכלוך וזה נקרא שכשוך:(40) Pour la rincer – c'est-à-dire que lorsqu'il y a quelque salissure sur la chaussure, on verse de l'eau dessus jusqu'à ce que la salissure disparaisse, et cela s'appelle « rincer » (chikhchoukh).
séif katan 40
- (מא) שמשפשף וכו' - כדרך המכבסים. והנה מלשון זה משמע דסתם כיבוס במנעל אפילו איסורא ליכא ועיין בביאור הלכה שביארנו דמשמע מדעת הרבה פוסקים דאיסורא איכא אפילו בכיבוס בעלמא ואינו מותר רק בשכשוך בלבד אך בכלי עץ לכו"ע אין בו שום חשש כיבוס ועיין מה שכתבנו לקמיה בס"ק נ"א:(41) Frotter, etc. – à la manière des blanchisseurs. Or, il ressort de cette formulation qu'un simple lavage pour une chaussure n'est même pas interdit au niveau de la Torah ; et voir dans le Biour Halakha, où nous avons expliqué qu'il ressort de l'avis de beaucoup de décisionnaires qu'il y a un interdit même pour un simple lavage, et que seul le rinçage est permis. Mais pour les ustensiles de bois, selon tous, il n'y a aucune crainte de lavage ; et voir ce que nous avons écrit plus loin, au séif katan 51.
séif katan 41
- (מב) אסור - וחיובא נמי איכא דכיבוס שייך אף בעורות:(42) C'est interdit – et il y a même une culpabilité (de la Torah), car le lavage s'applique aussi aux cuirs.
séif katan 42
- (מג) לכלוך - אפילו רוק בעלמא:(43) Une salissure – même une simple salive.
séif katan 43
- (מד) לשכשכו - פי' שאסור ליתן עליו מים כלל ואפילו מועטים:(44) Le rincer – c'est-à-dire qu'il est interdit de verser de l'eau dessus du tout, même un peu.
séif katan 44
- (מה) דזהו כיבוסו - ר"ל בגד שרייתו זהו כיבוסו והוי בכלל מלבן וחייב משא"כ מנעל אף דשייך בו כיבוס מ"מ שרייתן אין זה כיבוסן אא"כ מכבס ממש וכנ"ל:(45) Car c'est là son lavage – c'est-à-dire que pour un vêtement, le tremper, c'est le laver, et c'est inclus dans « blanchir », et l'on est passible ; ce qui n'est pas le cas de la chaussure : bien que le lavage s'y applique, néanmoins les tremper n'est pas les laver, à moins qu'on ne les lave vraiment, comme ci-dessus.
séif katan 45
- (מו) לתת עליו מים - דשריה לא הוי כיבוס אלא כשיש עליו לכלוך ומ"מ אסור במרובים משום חשש דשמא יסחוט. ודע דאם מכוין בנתינת המים לכבסו אפילו במים מועטין אסור [כן מוכח בהדיא בספר התרומה וכן משמע ג"כ בסמ"ג אח"כ מצאתי שכ"כ בא"ר בסימן ש"א ס"ק ע"ז]:(46) Verser dessus de l'eau – car le trempage n'est un lavage que lorsqu'il y a une salissure dessus ; néanmoins, c'est interdit avec beaucoup d'eau, à cause de la crainte qu'on en vienne à essorer. Et sache que si l'on a l'intention, en versant l'eau, de le laver, c'est interdit même avec peu d'eau [cela ressort explicitement du Sefer HaTeroumah, et c'est aussi ce qui ressort du Semag ; ensuite, j'ai trouvé que c'est ce qu'a écrit l'Eliya Rabba au siman 301, séif katan 77].
séif katan 46
- (מז) ולא מרובים - ואם הוא דבר שאין מקפיד על מימיו ומניחו כמה זמן עם המים לא גזרינן שמא יסחוט בזה כמ"ש סימן ש"א סמ"ו:(47) Mais pas beaucoup – et si c'est une chose dont on ne tient pas à enlever l'eau, et qu'on la laisse un certain temps avec l'eau, nous n'avons pas décrété de peur qu'on en vienne à essorer, comme il est écrit au siman 301, séif 46.
séif katan 47
- (מח) ויש אוסרין - ס"ל דמה דאמרינן שרייתן זהו כיבוסן הוא אפילו בבגד שאין עליו לכלוך ולכן אפילו במועטין אסור משום כיבוס ומ"מ אם נתינת מים על הבגד הוא דרך לכלוך שרי כמ"ש בסעיף יו"ד בהג"ה ויש לחוש לדעה זו להחמיר בשל תורה:(48) Et certains interdisent – ils pensent que ce que nous disons, « les tremper, c'est les laver », vaut même pour un vêtement sans salissure ; c'est pourquoi même avec peu d'eau, c'est interdit au titre de lavage. Néanmoins, si le fait de verser de l'eau sur le vêtement est une manière de salir, c'est permis, comme il est écrit au séif 10 dans la glose (du Rema). Et il y a lieu de tenir compte de cet avis pour être rigoureux, dans ce qui relève de la Torah.
séif katan 48
- (מט) טוב וכו' - אבל מדינא שרי לשתי דעות הנ"ל בהג"ה לקנח במפה וכמ"ש בהג"ה:(49) Il est bien, etc. – mais selon la stricte loi, il est permis selon les deux avis mentionnés ci-dessus dans la glose d'essuyer avec une serviette, comme il est écrit dans la glose.
séif katan 49
- (נ) לנגבם בכח - הוא כדי לצאת גם דעת היש מחמירין שכתבנו למעלה בסס"ק ל"ט דס"ל דבכל גווני אמרינן שרייתו זו היא כיבוסו אף שהוא דרך לכלוך אלא דאם הוא מעט מים סוברין דאין בזה משום חשש כיבוס אך משום דאין אנו בקיאין איזה מיקרי מעט לכך כתבו דמנהג כשר שינגב ידיו בכח:(50) Qu'il les essuie avec force – c'est pour satisfaire aussi l'avis de ceux qui sont rigoureux, que nous avons mentionné plus haut à la fin du séif katan 39, qui pensent que dans tous les cas nous disons « le tremper, c'est le laver », même si c'est à la manière de salir ; seulement, s'il s'agit de peu d'eau, ils pensent qu'il n'y a pas là de crainte de lavage. Mais comme nous ne sommes pas experts pour savoir ce qui s'appelle « peu », ils ont écrit que c'est un usage convenable d'essuyer (frotter) ses mains avec force.
séif katan 50
- (נא) דרך לכלוך - שידיו מלוכלכות ומטנף בהם את המפה ודוקא במפה וכיוצא בהן שאין דרך להקפיד על המים הטפוחים אבל לנגב בדבר שדרך להקפיד בחול על מימיו הבלועים בו אסור מטעם שמא יבוא לידי סחיטה וכמש"כ סימן ש"א סמ"ו כ"כ המ"א ועיין בפמ"ג שהכריע דדוקא במים מרובים אבל במים מועטים כמו שמצוי ע"י סיפוג הידים לא חיישינן לסחיטה כלל וכ"פ הא"ר ותו"ש להקל בסיפוג הידים ע"ש טעמייהו אבל אם נשפך מים על השלחן וכיוצא בו לכו"ע אסור לקנחו בבגד שמקפיד עליו אם הוא מים מרובים שמא יבוא לידי סחיטה:(51) Une manière de salir – car ses mains sont sales et il en salit la serviette. Et uniquement avec une serviette et choses semblables, dont on n'a pas l'habitude de tenir à enlever l'eau dont elles sont mouillées ; mais essuyer avec une chose dont on a l'habitude, en semaine, de tenir à enlever l'eau qui s'y est imbibée est interdit, de peur qu'on en vienne à essorer, comme il est écrit au siman 301, séif 46 ; ainsi a écrit le Maguen Avraham. Et voir le Peri Megadim, qui a tranché que c'est uniquement avec beaucoup d'eau, mais avec peu d'eau, comme c'est courant lorsqu'on essuie les mains, nous ne craignons pas du tout l'essorage ; et ainsi ont tranché l'Eliya Rabba et le Tossefet Chabbat, pour être indulgent pour l'essuyage des mains ; voir là-bas leur raison. Mais si de l'eau s'est renversée sur la table ou chose semblable, selon tous il est interdit de l'essuyer avec un tissu auquel on tient, s'il s'agit de beaucoup d'eau, de peur qu'on en vienne à essorer.
séif katan 51
- (נב) לנגב ידיו - שנוטל ידיו במים ומנגבם בהבגד:(52) De s'essuyer les mains – c'est-à-dire qu'il se lave les mains avec de l'eau et les essuie avec le vêtement.
séif katan 52
- (נג) מי רגלים - אבל כשיש עליו צואה אסור להעבירו אפילו ע"י ניגוב הידים דאע"פ שהוא דרך לכלוך מ"מ כיבוס הוא דהבגד היה מלוכלך יותר מקודם ועתה מעבירו משא"כ מי רגלים אין מאיס כ"כ וגם שם אין מתירין אלא משום דכונתו רק כדי לבטלן ולא לכבס וללבן הבגד:(53) Uriné – mais lorsqu'il y a un excrément dessus, il est interdit de l'enlever, même au moyen de l'essuyage des mains ; car bien que ce soit une manière de salir, c'est néanmoins un lavage, puisque le vêtement était plus sale qu'auparavant et que maintenant on l'enlève ; ce qui n'est pas le cas de l'urine, qui n'est pas si repoussante. Et même là, on ne le permet que parce que son intention est seulement de l'annuler, et non de laver et blanchir le vêtement.
séif katan 53
- (נד) כדי לבטלם - ותוכל להתפלל ולברך. וכגון שהמי רגלים מועטים כמו שדרך התינוק להטיל בבגדיו שמעוטף בו ואין נוזל לבגד האם כ"א טיפת דבר מועט וסגי ליה לבטלו בקינוח ידים [ב"י] ועיין לעיל בסימן ע"ז במ"ב סק"ז:(54) Afin de l'annuler – et de pouvoir prier et réciter des bénédictions. Et il s'agit d'un cas où l'urine est peu abondante, comme l'enfant a l'habitude d'uriner dans les vêtements dans lesquels il est enveloppé, et seule une goutte, une petite quantité, coule sur le vêtement de la mère, et il suffit de l'annuler par l'essuyage des mains [Beit Yossef]. Et voir plus haut, au siman 77, dans la Michna Beroura, séif katan 7.
séif katan 54
- (נה) מים ממש - ואפילו ליטול ידיו עליהם אף דנעשים שופכים מ"מ כיון שאין בהם לכלוך חזו לכיבוס ואף דאין מכוין לכבס רק לבטל המי רגלים מ"מ פסיק רישא הוא דשרייתו זהו כיבוסו. ולכן טוב שלא ליקח תינוק בחיקו בשבת אם לא על כר פן ישתין [ס"ח]. והנה לפי המבואר בסעיפים אלו דבגד שיש בו לכלוך לכו"ע שרייתו זהו כיבוסו צריך ליזהר שלא לשפוך שום מים לתוך כלי ששרויים בו בגדים לכבסן אם לא שהמי משרה עולים מכבר למעלה על הבגדים מסתברא דמותר וכ"ש שיזהר שלא להטיל בגד למים ולכן הרוחץ תינוק לא ישים בגדיו במים ועיין מה שכתבנו בבה"ל:(55) De l'eau à proprement parler – et même se laver les mains au-dessus (de l'urine) ; bien qu'elles deviennent des eaux usées, néanmoins, puisqu'il n'y a pas de salissure en elles, elles sont aptes au lavage ; et bien qu'on n'ait pas l'intention de laver, mais seulement d'annuler l'urine, c'est néanmoins un pessik reicha (conséquence inévitable), car le tremper, c'est le laver. C'est pourquoi il est bien de ne pas prendre un enfant sur ses genoux le Chabbat, sinon sur un coussin, de peur qu'il n'urine [Sefer 'Hassidim]. Or, d'après ce qui est expliqué dans ces séifim, qu'un vêtement qui porte une salissure, selon tous, le tremper c'est le laver, il faut prendre garde à ne verser aucune eau dans un récipient où trempent des vêtements pour être lavés ; à moins que l'eau de trempage ne recouvre déjà les vêtements : il est raisonnable de dire que c'est permis. Et à plus forte raison, qu'on prenne garde à ne pas jeter un vêtement dans l'eau ; c'est pourquoi celui qui baigne un enfant ne mettra pas ses vêtements dans l'eau ; et voir ce que nous avons écrit dans le Biour Halakha.
séif katan 55
- (נו) המי רגלים - שבבגד אבל שבארץ מותר [ש"ת]:(56) L'urine – qui est dans le vêtement ; mais celle qui est par terre, c'est permis [Chaarei Techouva].
séif katan 56
- (נז) ובמפה הקשה - וכן בסמרטוט שאין מקפיד עליו אם יתלכלך או בכותל וכדלעיל:(57) Et sur une étoffe rugueuse – et de même sur un chiffon dont on ne se soucie pas qu'il se salisse, ou contre un mur, comme ci-dessus (séif 6).
séif katan 57
- (נח) או יין - עיין במ"א שכתב דבשאר משקין מותר לנגב את הכוס ואין חוששין שמא יבוא לסחיטה וכדלקמן בסימן שי"ט ס"י וסימן של"ד סכ"ד ודעת הרבה אחרונים דאף ביין אין לחוש ובכוס צר יש להחמיר אף בשאר משקין:(58) Ou du vin – voir le Maguen Avraham, qui a écrit que pour les autres boissons, il est permis d'essuyer le verre et on ne craint pas qu'on en vienne à essorer, comme plus loin au siman 319, séif 10, et au siman 334, séif 24. Et l'avis de beaucoup d'A'haronim est que même pour le vin il n'y a pas lieu de craindre ; et pour un verre étroit, il y a lieu d'être rigoureux même pour les autres boissons.
séif katan 58
- (נט) משום וכו' - ר"ל אפילו להפוסקים לעיל בס"ט דלא אמרינן בזה שרייתו זהו כיבוסו משום דהמפה היה נקי מתחלה ולא היה בה לכלוך וגם דקינוח זה דרך לכלוך הוא ולא דרך כיבוס אפ"ה אסור משום שמא יבוא לידי סחיטה ובתשובת רדב"ז סימן רי"ג כתב לענין ניגוב כוס וקערה דהעולם אין נזהרין בזה ולדינא אין לחוש דאין דבוק בדופני הכלי מים כ"כ שיבוא לידי סחיטה אא"כ מנגב בה כלים הרבה דאז קרוב הדבר שיבוא לידי סחיטה בין כלי לכלי ראוי לגער בו שלא יעשה כן עי"ש והביאו בברכי יוסף ובסמרטוט המיוחד לכך שאין מקפיד עליו לסוחטו לכו"ע שרי ונראה דאף לנגב בה כלים הרבה שרי דאם יהיה הסמרטוט לח מצד אחד ע"י הניגוב ינגב בה מצד אחר:(59) Car, etc. – c'est-à-dire que même selon les décisionnaires cités plus haut au séif 9, selon qui nous ne disons pas ici « le tremper, c'est le laver », parce que la serviette était propre au départ et n'avait pas de salissure, et aussi parce que cet essuyage est une manière de salir et non une manière de laver, c'est malgré tout interdit, de peur qu'on en vienne à essorer. Et dans les responsa du Radbaz, siman 213, il a écrit, à propos de l'essuyage d'un verre et d'une assiette, que les gens n'y prennent pas garde, et que selon la stricte loi il n'y a pas lieu de craindre, car il ne reste pas sur les parois de l'ustensile une quantité d'eau telle qu'on en vienne à essorer ; à moins qu'on n'y essuie beaucoup d'ustensiles, car alors il est probable qu'on en vienne à essorer entre un ustensile et l'autre ; il convient de le réprimander pour qu'il ne le fasse pas ; voir là-bas. Et le Birkei Yossef l'a rapporté. Et avec un chiffon destiné à cela, qu'on ne tient pas à essorer, selon tous c'est permis ; et il semble que même pour y essuyer beaucoup d'ustensiles c'est permis, car si le chiffon devient humide d'un côté par l'essuyage, il essuiera avec l'autre côté.
séif katan 59
- (ס) דאתי לידי סחיטה - עיין באחרונים שסתמו דבכוס שהוא צר אין לנגבו אפילו בסמרטוט המיוחד לכך דא"א שלא לבוא לידי סחיטה אבל דבר רחב כגון שנשפך מים על שלחן וספסל לכו"ע מותר לקנחו בדבר שאין מקפיד עליו ועיין בבה"ל:(60) Car on en viendrait à essorer – voir les A'haronim, qui ont tranché sans réserve qu'un verre étroit, on ne doit pas l'essuyer, même avec un chiffon destiné à cela, car il est impossible de ne pas en venir à essorer ; mais une chose large, par exemple si de l'eau s'est renversée sur une table ou un banc, selon tous il est permis de l'essuyer avec une chose à laquelle on ne tient pas ; et voir le Biour Halakha.
séif katan 60
- (סא) שהיא חריפה - ר"ל ששפת המראה חדה ועשויה לשם כך להסיר בה בחול את הנימין המדולדלין מראשו כשרואה שהן מדולדלין ויש לחוש בשבת שמא ישכח ויעשה כדרכו בחול:(61) Qui est tranchant – c'est-à-dire que le bord du miroir est aiguisé et fait exprès pour ôter avec lui, en semaine, les poils qui pendent de la tête quand on voit qu'ils pendent ; et il y a à craindre, le Chabbat, qu'on oublie et qu'on fasse comme on en a l'habitude en semaine.
séif katan 61
- (סב) קבוע בכותל - שלא יוכל להשיר בה ג"כ אסור דלא חלקו חכמים במראה של מתכות בין קבוע לשאינה קבוע:(62) Fixé au mur – de sorte qu'on ne puisse pas couper avec lui, c'est également interdit, car les Sages n'ont pas distingué, pour le miroir de métal, entre celui qui est fixé et celui qui ne l'est pas.
séif katan 62
- (סג) שאין בה וכו' - כגון במראה של זכוכית כעין שלנו וה"ה במראה של מתכות כשאינה עשויה חריפה והטעם כיון דאינה עשויה כלל להשיר בה נימין לא גזרו כלל עליה ולא חיישינן שמא כשיראה במראה שהן מדולדלין ילך אחר מספרים כדי להעבירם דאדהכי והכי מדכר שהוא שבת:(63) Qui ne présente pas, etc. – par exemple un miroir de verre comme les nôtres ; et de même un miroir de métal lorsqu'il n'est pas fait tranchant. Et la raison est que, puisqu'il n'est pas du tout fait pour couper des poils avec lui, on n'a pas du tout décrété à son sujet ; et nous ne craignons pas que, lorsqu'il verra dans le miroir qu'ils pendent, il aille chercher des ciseaux pour les ôter, car entre-temps il se souviendra que c'est Chabbat.
séif katan 63
- (סד) חשש זה - עיין ביו"ד סימן קנ"ו באיזה אופן מותר להסתכל במראה:(64) Cette crainte – voir dans Yoré Dé'a, siman 156, de quelle manière il est permis de se regarder dans un miroir (pour un homme).
séif katan 64