Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 261 →- (א) בין השמשות - ואם נסתפק אם הגיע הזמן לבה"ש ג"כ אסור:(1) Bein hachmachot – et s'il a un doute sur le fait de savoir si le moment de bein hachmachot est arrivé, c'est également interdit.
séif katan 1
- (ב) אחר שקיעת החמה - היינו אחר סוף שקיעה דלדעת התוספות והשו"ע נמשך מתחילת השקיעה עד סופה יותר משלשה מילין וכדלקמן בס"ב ואח"כ מתחיל הזמן דבין השמשות ועיין לקמן במ"ב סק"כ:(2) Après le coucher du soleil – c'est-à-dire après la fin du coucher du soleil ; car selon l'avis de Tossefot et du Choulhan Aroukh, le coucher s'étend, de son début à sa fin, sur plus de trois mil (le temps de les parcourir), comme on le verra plus loin, au séif 2 ; et ensuite commence le moment de bein hachmachot. Et voir plus loin, dans la Michna Beroura, séif katan 20.
séif katan 2
- (ג) אין מעשרין - אפילו במעשר פירות דהוי דרבנן:(3) On ne prélève pas la dîme – même pour la dîme des fruits, qui est d'ordre rabbinique.
séif katan 3
- (ד) את הודאי - דה"ל כמתקן וה"ה שאסור להפריש חלה אף בחו"ל. וחמור חלת חו"ל יותר ממעשר דלענין מעשר אם אין לו מה יאכל בשבת תו הוי לצורך מצוה וקי"ל דלא גזרו על שבות בה"ש לצורך מצוה וכמו שפסק לקמיה ולענין חלה יש להחמיר בכל גווני שהרי חלת חו"ל יכול לאכול בלא הפרשת חלה ולשייר מעט עד אחר שבת ולהפריש מן המשויר ולכן כשחל שבת בע"פ ולא הפריש חלה מהמצה בע"ש מבעוד יום מותר להפריש אף בע"ש בין השמשות דא"א לאכול ולשייר חתיכה מכל מצה. וה"ה אם לא הפריש חלה מבעוד יום מהלחם חמץ שיאכל בבוקר בשבת:(4) Sur ce qui est certain – car c'est comme s'il réparait (rendait l'aliment consommable, metaken). Et de même, il est interdit de prélever la 'hala, même hors de la terre d'Israël. Et la 'hala de l'extérieur de la terre d'Israël est plus stricte que la dîme : car pour la dîme, s'il n'a rien d'autre à manger le Chabbat, c'est alors pour les besoins d'une mitsva, et nous tenons que les Sages n'ont pas décrété d'interdit sur un chevout (interdit rabbinique) pendant bein hachmachot pour les besoins d'une mitsva, comme le Choulhan Aroukh le tranche juste après ; mais pour la 'hala, il faut être strict dans tous les cas, car la 'hala de l'extérieur de la terre d'Israël, on peut en manger sans avoir prélevé la 'hala, laisser un peu du pain jusqu'après Chabbat et prélever la 'hala sur ce qui a été laissé. C'est pourquoi, lorsque Chabbat tombe la veille de Pessa'h et qu'il n'a pas prélevé la 'hala des matsot le vendredi, alors qu'il faisait encore jour, il est permis de la prélever même le vendredi pendant bein hachmachot, car il est impossible de manger les matsot en laissant un morceau de chaque matsa. Et il en va de même s'il n'a pas prélevé la 'hala, alors qu'il faisait jour, du pain levé qu'il mangera le Chabbat matin (avant l'heure de l'interdit du 'hamets).
séif katan 4
- (ה) ואין מטבילין וכו' - המחבר העתיק לשון המשנה [שבת ל"ד] אף שאין נוהג עתה דהמשנה איירי לענין להטביל כלים מטומאתן משום דנ"מ מזה לדידן לענין טבילת כלים חדשים הנקחין מן הא"י לדעת האוסרים להטבילן בשבת כדלקמן בסימן שכ"ג ס"ז דאסור נמי לדידהו להטבילן בין השמשות והטעם משום דנראה כמתקן את הכלי דע"י הטבילה מותר להשתמש בה אך אם הוא צריך לשבת ואין לו אחר יכול לטבול בין השמשות ולברך כדין:(5) Et on n'immerge pas, etc. – l'auteur du Choulhan Aroukh a recopié le langage de la Michna (Chabbat 34a), bien que cela ne s'applique pas actuellement, car la Michna parle d'immerger les ustensiles pour les purifier de leur impureté ; c'est parce qu'il en découle une conséquence pour nous, concernant l'immersion des ustensiles neufs achetés à un non-Juif, selon l'avis de ceux qui interdisent de les immerger le Chabbat, comme on le verra plus loin, au siman 323, séif 7 : selon eux, il est aussi interdit de les immerger pendant bein hachmachot. Et la raison en est que cela semble réparer l'ustensile, puisque par l'immersion il est permis de s'en servir. Toutefois, s'il en a besoin pour Chabbat et n'en a pas d'autre, il peut l'immerger pendant bein hachmachot et réciter la bénédiction comme il se doit.
séif katan 5
- (ו) ואין מדליקין - בזה אסור אפילו לצורך מצוה שיתבטל עי"ז מסעודת שבת וכה"ג דספיקא דאורייתא הוא. ואפילו בדיעבד אם הדליק או שעשה שאר איזה מלאכה בין השמשות אסור ליהנות ממנה כמו אם היה עושה אותה בשבת גופא דאסור אפילו אם עשה אותה בשוגג וכמבואר בסימן שי"ח [פמ"ג ועיין בבה"ל]:(6) Et on n'allume pas – dans ce cas, c'est interdit même pour les besoins d'une mitsva, par exemple s'il devait de ce fait être empêché de faire le repas de Chabbat, ou un cas semblable, car c'est un doute portant sur un interdit de la Torah. Et même bediavad (a posteriori), s'il a allumé ou fait un autre travail quelconque pendant bein hachmachot, il est interdit d'en tirer profit, comme s'il l'avait fait pendant le Chabbat lui-même, où c'est interdit même s'il l'a fait par inadvertance, comme c'est expliqué au siman 318 (Peri Megadim ; et voir le Biour Halakha).
séif katan 6
- (ז) ואין מערבין ע"ת - דבגמרא יש סמך לע"ת מקרא וע"כ חמיר דאפילו לדבר מצוה אסור כ"כ העו"ש ובלבוש מיקל לדבר מצוה [ושתי דעות האלו נמצאים בספר מאירי ע"ש שכותב דלדעה המתרת יהיה איירי הגמרא דאוסר לערב דוקא בדבר הרשות ובמערב ברגליו דבעלמא מותר אפילו לדבר הרשות [עיין בסימן תט"ו סק"ב במ"א] דבפת הא קי"ל דאפילו מבעוד יום אין מערבין אלא לדבר מצוה [וכמ"ש בסימן תט"ו ס"א] עכ"ל המאירי]:(7) Et on ne fait pas d'érouvé te'houmin – car dans la Guemara, il y a un appui pour les érouvé te'houmin dans un verset ; c'est pourquoi c'est plus strict, au point que même pour une chose de mitsva c'est interdit. Ainsi a écrit l'Olat Chabbat ; mais le Levouch est indulgent pour une chose de mitsva [et ces deux opinions se trouvent dans le livre du Méïri ; voir là-bas, où il écrit que selon l'opinion qui permet, la Guemara qui interdit de faire l'érouv parle uniquement d'une chose facultative et de celui qui fait l'érouv avec ses pieds (en se tenant sur place), qui, en temps normal, est permis même pour une chose facultative (voir le Maguen Avraham au siman 415, séif katan 2) ; car avec du pain, nous tenons que même lorsqu'il fait encore jour, on ne fait l'érouv que pour une chose de mitsva (comme écrit au siman 415, séif 1). Fin de citation du Méïri].
séif katan 7
- (ח) וע"ל סי' תט"ו - ר"ל דמבואר שם דבדיעבד עירובו עירוב וע"ש במ"א:(8) Et voir plus loin, siman 415 – il veut dire qu'il est expliqué là-bas que bediavad, son érouv est valable ; et voir là-bas le Maguen Avraham.
séif katan 8
- (ט) את הדמאי - דרוב עמי הארץ מעשרין הן ולא מקרי תיקון:(9) Sur le demaï – car la plupart des ignorants (amei haarets) prélèvent la dîme, et cela ne s'appelle pas réparer.
séif katan 9
- (י) וטומנין - בדבר שאינו מוסיף הבל כמ"ש בתחלת סימן רנ"ז עי"ש שמבואר כל פרטי הדין בטעמיהן. ולשאר דברים שאסור מדרבנן חוץ מאלו דקחשיב פה דין בה"ש כמו שבת עצמה אם לא שהוא לדבר מצוה או שאר דוחק וכמבואר לקמן בסימן שמ"ב עי"ש:(10) Et on enveloppe – dans une chose qui n'ajoute pas de chaleur, comme écrit au début du siman 257 ; voir là-bas, où sont expliqués tous les détails de la loi avec leurs raisons. Et pour les autres choses interdites d'ordre rabbinique, en dehors de celles qu'il énumère ici, la loi de bein hachmachot est comme celle du Chabbat lui-même, sauf si c'est pour une chose de mitsva ou en cas d'autre nécessité pressante, comme expliqué plus loin, au siman 342 ; voir là-bas.
séif katan 10
- (יא) ומערבין - ויכול ג"כ לברך ועיין בס"ד ובמה שכתבנו שם. ומ"מ לכתחלה יזהר שלא יאחר הע"ח עד בין השמשות [מ"א בסימן ר"ס סק"ג ע"ש]:(11) Et on fait l'érouv – et il peut aussi réciter la bénédiction ; et voir au séif 4 et ce que nous y avons écrit. Néanmoins, lekhat'hila (a priori), il prendra garde de ne pas retarder l'érouv 'hatsérot jusqu'à bein hachmachot (Maguen Avraham au siman 260, séif katan 3 ; voir là-bas).
séif katan 11
- (יב) סימן שצ"ג - היינו דשיתופי מבואות יש לו דין עירובי חצירות ועוד פרטי דינים ע"ש:(12) Siman 393 – c'est-à-dire que les chitoufei mevoot (associations des ruelles) ont la loi des érouvé 'hatsérot, ainsi que d'autres détails de lois ; voir là-bas.
séif katan 12
- (יג) לומר לא"י - דאמירה לא"י הוא בכלל שבות ולא גזרו על שבות בין השמשות לצורך מצוה וכדלקמן בסימן שמ"ב ע"ש:(13) De dire à un non-Juif – car le fait de dire à un non-Juif de faire un travail entre dans la catégorie du chevout (interdit rabbinique), et les Sages n'ont pas décrété sur un chevout pendant bein hachmachot pour les besoins d'une mitsva, comme on le verra plus loin, au siman 342 ; voir là-bas.
séif katan 13
- (יד) בין השמשות - המחבר אזיל לשיטתו דסבירא ליה לקמן בסימן ש"ז ס"ה דבשבת גופא אסור ע"י א"י במלאכה דאוריית' אפי' אם הוא לצורך שבת וע' לקמן בסימן רע"ו ס"ב בהגה"ה:(14) Pendant bein hachmachot – l'auteur du Choulhan Aroukh suit sa propre opinion, car il estime plus loin, au siman 307, séif 5, que pendant le Chabbat lui-même, c'est interdit par un non-Juif pour un travail interdit de la Torah, même si c'est pour les besoins du Chabbat (d'où la précision : pendant bein hachmachot). Et voir plus loin, au siman 276, séif 2, dans la glose (du Rema).
séif katan 14
- (טו) לצורך מצוה - אף שאיננה בשביל שבת וכדלקמן בסימן שמ"ב עי"ש ובמ"ב:(15) Pour les besoins d'une mitsva – même si ce n'est pas pour le Chabbat, comme on le verra plus loin, au siman 342 ; voir là-bas, ainsi que dans la Michna Beroura.
séif katan 15
- (טז) ונחפז עליה - כתב רש"ל היינו כל דבר שאם לא יהיה נעשה הוא מצטער בשבת שרי לעשות ע"י הא"י בין השמשות אבל לבי נוקף להחמיר אם אין לו בהן שום צורך בשבת רק לצורך חול אך אם הוא הפסד מרובה או לצורך גדול שרי שבותין בבה"ש ובפרט שבות דאמירה לא"י דלית ביה מעשה וע"כ מותר לומר לא"י בין השמשות להדליק נר יא"צ מאחר שהעולם נזהרין בו חשבינן כלצורך גדול עכ"ל בקיצור:(16) Et pressé de le faire – le Rachal a écrit : « c'est-à-dire toute chose telle que, si elle n'est pas faite, il en souffre le Chabbat : il est permis de la faire faire par un non-Juif pendant bein hachmachot. Mais mon cœur me pousse à être strict s'il n'en a aucun besoin le Chabbat, mais seulement pour un besoin profane ; toutefois, s'il s'agit d'une perte importante ou d'un grand besoin, les chevoutim sont permis pendant bein hachmachot, et en particulier le chevout de dire à un non-Juif, dans lequel il n'y a pas d'acte. C'est pourquoi il est permis de dire à un non-Juif, pendant bein hachmachot, d'allumer une lampe de yahrzeit (anniversaire de décès) : puisque tout le monde y est attentif, nous le considérons comme un grand besoin. » Fin de citation, en résumé.
séif katan 16
- (יז) שעה או ב' - דוקא שעה או ב' אבל חצי שעה סמוך לחשיכה דאז אפשר דבכל מקומות ישראל קבלו עליהן השבת חמירא טפי ואסור אפילו לומר לא"י שיעשה מלאכה מיהו לצורך מצוה שרי. ואפילו לפי מה שפוסק המחבר לקמן בס"ד דאחר קבלת שבת אסור לעבור אפילו על שבות במקום מצוה מ"מ לענין אמירה לא"י לא מחמרינן טפי מבין השמשות:(17) Une heure ou deux – précisément une heure ou deux ; mais une demi-heure avant la tombée de la nuit, où il est possible que dans tous les lieux où habitent des Juifs on ait déjà accepté sur soi le Chabbat, c'est plus strict, et il est interdit même de dire à un non-Juif de faire un travail ; toutefois, pour les besoins d'une mitsva, c'est permis. Et même selon ce que l'auteur du Choulhan Aroukh tranche plus loin, au séif 4, à savoir qu'après l'acceptation du Chabbat il est interdit de transgresser même un chevout (interdit rabbinique) pour une mitsva, néanmoins, en ce qui concerne le fait de dire à un non-Juif, nous ne sommes pas plus stricts que pour bein hachmachot.
séif katan 17
- (יח) לומר לא"י להדליק - אפילו שלא במקום מצוה דכיון שעוד היום גדול בודאי יש מקומות שעדיין לא קבלו עליהן שבת ועושין בעצמן מלאכה די לנו במה שע"י הקבלה נשבות בעצמנו ממלאכה. ודע דבעניננו איירינן שהצבור שבעירו קבלו עליהן השבת וחל קדושת שבת בע"כ אפילו אם אחד לא ירצה לקבל וע"כ כתב לומר לא"י וכו' ומטעם הנ"ל אבל ביחיד שקבל עליו השבת מותר אפילו לומר לישראל חברו שיעשה לו מלאכה וכדלקמן בסימן רס"ג סי"ז ע"ש הטעם במ"ב:(18) De dire à un non-Juif d'allumer – même lorsque ce n'est pas pour une mitsva ; car puisqu'il fait encore grand jour, il y a certainement des endroits où l'on n'a pas encore accepté sur soi le Chabbat et où l'on fait soi-même des travaux ; il nous suffit que, par l'acceptation, nous nous abstenions nous-mêmes de travail. Et sache que dans notre cas, nous parlons du cas où la communauté de sa ville a accepté sur elle le Chabbat, et la sainteté du Chabbat s'applique alors obligatoirement, même si l'un d'eux ne veut pas l'accepter ; c'est pourquoi le Rema a écrit : « de dire à un non-Juif, etc. », pour la raison mentionnée plus haut. Mais un particulier qui a accepté sur lui le Chabbat peut même dire à un Juif, son prochain, de lui faire un travail, comme on le verra plus loin, au siman 263, séif 17 ; voir là-bas la raison, dans la Michna Beroura.
séif katan 18
- (יט) שצריך להוסיף - בין בכניסתו ובין ביציאתו וכדאיתא לקמן בסימן רצ"ג ס"ב עי"ש. ואין על הזמן הזה לא לאו ולא כרת כ"א מ"ע מה"ת וילפינן [בגמרא ר"ה ט'] מדכתיב ביוה"כ ועניתם את נפשותיכם בתשעה לחודש בערב מערב עד ערב תשבתו שבתכם ואמרינן יכול בט' מתענין ת"ל בערב אי בערב יכול משתחשך ת"ל בתשעה הא כיצד מתחיל ומתענה מבעוד יום כדי להוסיף מחול על הקודש וגם ביציאתו מוסיף מדכתיב מערב עד ערב ומדכתיב תשבתו שבתכם ילפינן דכל מקום שנאמר שבות כמו שבת ויו"ט גם כן צריך להוסיף ולשבות ממלאכה. וזמן תוספת הוא ע"כ קודם בין השמשות דבבה"ש הוא ספק שמא הוא לילה וחייב עליה אשם תלוי ולא צריך קרא לאוסופי:(19) Qu'il faut ajouter – tant à son entrée qu'à sa sortie, comme il est rapporté plus loin, au siman 293, séif 2 ; voir là-bas. Et pour ce temps d'ajout, il n'y a ni interdit (lav) ni karet (retranchement), mais seulement un commandement positif de la Torah ; et nous l'apprenons (dans la Guemara, Roch Hachana 9a) de ce qu'il est écrit à propos de Yom Kippour : « Vous affligerez vos personnes, le neuf du mois au soir ; d'un soir à l'autre soir, vous observerez votre repos » (Lévitique 23, 32). Et nous disons : « Pourrait-on penser qu'on jeûne le neuf ? Le verset dit : ‹ au soir ›. Si c'est ‹ au soir ›, pourrait-on penser que ce soit à partir de la nuit tombée ? Le verset dit : ‹ le neuf ›. Comment donc ? On commence à jeûner alors qu'il fait encore jour. » Cela, afin d'ajouter du profane au sacré. Et aussi à sa sortie, on ajoute, puisqu'il est écrit : « d'un soir à l'autre soir ». Et de ce qu'il est écrit : « vous observerez votre repos », nous apprenons que partout où il est question de repos (chevout), comme le Chabbat et le Yom Tov, il faut aussi ajouter et s'abstenir de travail. Et le moment de l'ajout est forcément avant bein hachmachot, car bein hachmachot est un doute : peut-être fait-il nuit, et l'on est passible pour un travail fait alors d'un acham talouy (sacrifice de culpabilité pour un doute) ; on n'a donc pas besoin d'un verset pour l'ajouter.
séif katan 19
- (כ) מתחלת השקיעה - הוא דעת ר"ת וסייעתו דס"ל דשתי שקיעות הן מתחלה נכסית החמה מעינינו ושוקעת והוא הנקרא תחלת השקיעה ושוהה כדי ג' מילין ורביע מיל ועדיין יום הוא ומאז והלאה מתחיל השקיעה שניה שאז מתחיל להשקע האור לגמרי והוא נקרא סוף השקיעה ונמשך זמנה כדי שיעור מהלך ג' רבעי מיל שהוא אלף ות"ק אמות והוא בה"ש ואח"כ יוצאין ג' כוכבים בינונים שהם סימן ללילה ונמצא שלדעתו מתחלת השקיעה עד צאת הכוכבים היא ארבעת מילין ועיין מה שכתבנו בסמוך דהרבה פוסקים חולקין ע"ז וס"ל דמיד שנתכסה החמה מעינינו הוא בה"ש שהוא ספק יום ספק לילה:(20) Du début du coucher du soleil – c'est l'avis de Rabbénou Tam et de ceux qui le suivent, qui estiment qu'il y a deux couchers : d'abord, le soleil se dérobe à nos yeux et se couche, et c'est ce qu'on appelle le début du coucher ; cela dure le temps de parcourir trois mil et un quart de mil, et il fait encore jour. À partir de là commence le second coucher, où la lumière commence à disparaître complètement, et c'est ce qu'on appelle la fin du coucher ; sa durée s'étend sur le temps nécessaire pour parcourir trois quarts de mil, soit mille cinq cents coudées, et c'est bein hachmachot. Ensuite sortent trois étoiles moyennes, qui sont le signe de la nuit. Il en résulte que selon son avis, du début du coucher jusqu'à la sortie des étoiles, il y a le temps de parcourir quatre mil. Et voir ce que nous avons écrit juste après (séif katan 23) : de nombreux décisionnaires le contestent et estiment que dès que le soleil s'est dérobé à nos yeux, c'est bein hachmachot, qui est doute jour, doute nuit.
séif katan 20
- (כא) רצה לעשותו וכו' - היינו ע"י דיבור שהוא מקבלו עליו לשם תוספת שבת או ע"י אמירת ברכו וכדלקמן בס"ד. ואם מהני לזה קבלה בלב ע"ל בסי' תר"ח ס"ג בהג"ה ובמ"ב שם. וע"ל ברס"ג ס"י בהג"ה דמנהגנו שהאשה המדלקת נרות לשבת היא מקבלת שבת בהדלקה זו:(21) S'il veut en faire, etc. – c'est-à-dire par une parole, par laquelle il l'accepte sur lui à titre d'ajout au Chabbat, ou par la récitation de Barekhou, comme on le verra plus loin, au séif 4. Et pour savoir si une acceptation dans le cœur est efficace pour cela, voir plus loin, au siman 608, séif 3, dans la glose (du Rema), et dans la Michna Beroura là-bas. Et voir plus loin, au siman 263, séif 10, dans la glose : notre usage est que la femme qui allume les lumières de Chabbat accepte le Chabbat par cet allumage.
séif katan 21
- (כב) איזה זמן - ולא סגי בהוספה כ"ש אלא שצריך קצת יותר. ושיעור התוספת עם בין השמשות ביחד עולה כמעט חצי שעה ועיין בבה"ל:(22) Un certain temps – et il ne suffit pas d'ajouter un tout petit peu, mais il faut un peu plus. Et la durée de l'ajout, avec bein hachmachot, s'élève ensemble à presque une demi-heure ; et voir le Biour Halakha.
séif katan 22
- (כג) ג' רבעי מיל - והוא לערך רבע שעה. והנה השו"ע הזכיר בסעיף זה דעת ר"ת וסייעתו אבל הרבה מהראשונים ס"ל וגם הגר"א הסכים לשיטתם דבה"ש מתחיל תיכף אחר תחלת השקיעה היינו משעה שהחמה נתכסה מעינינו ונמשך זמנו כדי ג' רבעי מיל ואח"כ בסמוך לו יוצאין הג' כוכבים בינונים והוא לילה מה"ת לכל דבר. ולפ"ז יש ליזהר מאד שלא לעשות מלאכה אחר שהחמה נתכסה מעינינו ואפילו מלאכת מצוה כגון הדלקת הנרות לסעודת שבת ג"כ יזהר מאד לגמור הדלקתם קודם שתשקע החמה דלאח"כ הוא בכלל בה"ש ועיין לעיל בסק"ו. ולכתחלה אין להמתין עד הרגע האחרון רק יקדים הדלקתם משעה שהשמש בראשי האילנות כדלקמן ומי שמחמיר על עצמו ופורש עצמו ממלאכה חצי שעה או עכ"פ שליש שעה קודם שקיעה אשרי לו דהוא יוצא בזה ידי שיטת כל הראשונים. ולענין מוצ"ש עיין בבה"ל שבארנו בשם הפוסקים דלכ"ע השעור דג' רבעי מיל משתנה לפי הזמן והמקום ולא נאמר זה בגמרא אלא באופק בבל ובזמן ניסן ותשרי שהימים והלילות שוים ובמקומותינו שנוטה לצד צפון העולם מתארך הרבה יותר ע"כ יש ליזהר מאד שלא לעשות מלאכה במוצ"ש אף שנתאחר זמן רב אחר השקיעה עד שיראו ג' כוכבים קטנים וכדלקמן בסימן רצ"ג ס"ב ועי"ש במ"ב ובה"ל:(23) Trois quarts de mil – c'est environ un quart d'heure. Or le Choulhan Aroukh a mentionné dans ce séif l'avis de Rabbénou Tam et de ceux qui le suivent ; mais beaucoup de Richonim estiment, et le Gaon de Vilna aussi s'est rangé à leur position, que bein hachmachot commence aussitôt après le début du coucher du soleil, c'est-à-dire à partir du moment où le soleil s'est dérobé à nos yeux, et sa durée s'étend sur le temps de parcourir trois quarts de mil ; ensuite, juste après, sortent les trois étoiles moyennes, et c'est la nuit, selon la Torah, à tous égards. Selon cela, il faut faire très attention à ne pas faire de travail après que le soleil s'est dérobé à nos yeux ; et même un travail de mitsva, comme l'allumage des lumières pour le repas de Chabbat, on prendra aussi grand soin de terminer de les allumer avant que le soleil se couche, car ensuite c'est dans la catégorie de bein hachmachot ; et voir plus haut, séif katan 6. Et lekhat'hila (a priori), il ne faut pas attendre jusqu'au dernier instant, mais avancer leur allumage dès le moment où le soleil est au sommet des arbres, comme on le verra plus loin (séif 3). Et celui qui est strict envers lui-même et s'abstient de travail une demi-heure, ou du moins un tiers d'heure, avant le coucher du soleil, heureux est-il, car il s'acquitte ainsi selon la position de tous les Richonim. Et concernant la sortie du Chabbat, voir le Biour Halakha, où nous avons expliqué au nom des décisionnaires que, selon tous les avis, la mesure de trois quarts de mil varie selon la saison et le lieu ; cela n'a été dit dans la Guemara que pour l'horizon de Babylone et pour la période de Nissan et Tichri, où les jours et les nuits sont égaux ; et dans nos contrées, qui penchent vers le nord du monde, cela s'allonge beaucoup plus. C'est pourquoi il faut faire très attention à ne pas faire de travail à la sortie du Chabbat, même si un long moment s'est écoulé après le coucher du soleil, jusqu'à ce qu'on voie trois petites étoiles, comme on le verra plus loin, au siman 293, séif 2 ; et voir là-bas dans la Michna Beroura et le Biour Halakha.
séif katan 23
- (כד) קודם הלילה - לילה נקרא מה"ת לכל דבר משיראו ג' כוכבים ועיין בבה"ל:(24) Avant la nuit – on appelle nuit, selon la Torah, à tous égards, le moment où l'on voit trois étoiles ; et voir le Biour Halakha.
séif katan 24
- (כה) הרשות בידו - ונאסר בעשיית מלאכה אבל אם קיבל עליו השבת קודם פלג המנחה אין בקבלתו כלום ופלג המנחה נקרא שעה ורביע קודם הערב ועיין לעיל בסימן רל"ג דהוא שעות זמניות דהיינו בין שהיום ארוך או קצר מתחלק לי"ב חלקים וחלק ורביע קודם הערב הוא פלג המנחה. גם כתבנו שם דיש דעות בין הפוסקים אם שעה ורביע הזו הוא קודם השקיעה או קודם צאת הכוכבים ע"כ לעניננו בדיעבד אם קבל על עצמו לשם תוספת שבת עד שעה ורביע שקודם השקיעה יש להחמיר שלא לעשות מלאכה:(25) Il en a le droit – et il lui devient interdit de faire des travaux. Mais s'il a accepté sur lui le Chabbat avant plag haMin'ha, son acceptation n'a aucune valeur. Et on appelle plag haMin'ha le moment situé une heure et quart avant le soir ; et voir plus haut, au siman 233, qu'il s'agit d'heures relatives (chaot zmaniyot), c'est-à-dire que, que le jour soit long ou court, il se divise en douze parties, et une partie et quart avant le soir, c'est plag haMin'ha. Nous avons aussi écrit là-bas qu'il y a des avis divergents parmi les décisionnaires pour savoir si cette heure et quart se compte avant le coucher du soleil ou avant la sortie des étoiles. C'est pourquoi, pour notre sujet, bediavad (a posteriori), s'il a accepté sur lui le Chabbat à titre d'ajout au Chabbat, avant l'heure et quart qui précède le coucher du soleil (mais après celle qui précède la sortie des étoiles), il faut être strict et ne pas faire de travail.
séif katan 25
- (כו) בראש האילנות - או בראשי הגגות הגבוהים:(26) Au sommet des arbres – ou au sommet des toits élevés.
séif katan 26
- (כז) יום המעונן וכו' - וה"ה כשיש לו מורה שעות שהולך בטוב ויודע עי"ז אימתי הוא זמן השקיעה יכול לסמוך עליו [ברכי יוסף בסימן של"א]:(27) Un jour nuageux, etc. – et de même, lorsqu'il a une horloge qui fonctionne bien et qu'il sait par elle quand est le moment du coucher du soleil, il peut s'y fier (Birkei Yossef, au siman 331).
séif katan 27
- (כח) עניית ברכו - משום דהוא התחלת תפלת ערבית של שבת לכך הכל פורשין אז ממלאכה וכדלקמן בסימן רס"ג ס"י דהוא כמי שקבל עליו קדושת שבת בפירוש ואסור אז בכל הסייגים והגדרים שגדרו חז"ל לשבת כגון לכנוס למרחץ להזיע בעלמא וכ"ש ברחיצה בחמין וכה"ג בכל השבותין ובא המחבר להשמיענו דאפילו אותן דברים שהתירו בבין השמשות כגון עירובי חצרות והטמנה דהוא בודאי לצורך שבת וה"ה כל שבות שהוא לצורך מצוה אפ"ה אסור כאן והטעם דכיון דקבל עליו שבת בפירוש אף שהוא זמן הרבה קודם ביה"ש חמור מביה"ש בלי קבלה [ולפ"ז לא יצוייר ההיתירא דבין השמשות הנ"ל לענין ע"ח והטמנה וכה"ג רק אם הוא במקום שאין שם צבור דאל"ה בודאי רוב הצבור קבלו כבר שבת בבין השמשות והמיעוט נמשכין אחריהן בע"כ וכמ"ש בסימן רס"ג סי"ב וי"ג ע"ש] ועיין בביאור הלכה בשם הרבה אחרונים שכתבו דדוקא ע"י ברכו שהוא קבלת שבת של ציבור אבל אם יחיד קבל עליו שבת מבעוד יום לא חמיר מבין השמשות וכן משמע ממ"א סק"ז:(28) La réponse de Barekhou – parce que c'est le début de la prière du soir de Chabbat ; c'est pourquoi tous s'abstiennent alors de travail, comme on le verra plus loin, au siman 263, séif 10 ; c'est comme celui qui a accepté sur lui explicitement la sainteté du Chabbat, et il est alors interdit de transgresser toutes les barrières et clôtures que nos Sages ont établies pour le Chabbat, comme entrer au bain public simplement pour transpirer, et à plus forte raison se laver à l'eau chaude, et de même pour tous les chevoutim (interdits rabbiniques). Et l'auteur du Choulhan Aroukh vient nous apprendre que même les choses qui ont été permises pendant bein hachmachot, comme les érouvé 'hatsérot et la hatmana, qui sont assurément pour les besoins du Chabbat – et il en va de même de tout chevout qui est pour les besoins d'une mitsva – sont malgré tout interdites ici. La raison en est que, puisqu'il a accepté sur lui le Chabbat explicitement, même si c'est longtemps avant bein hachmachot, c'est plus strict que bein hachmachot sans acceptation [et selon cela, la permission de bein hachmachot mentionnée plus haut, concernant l'érouv 'hatsérot, la hatmana et ce qui leur ressemble, ne se conçoit que dans un endroit où il n'y a pas de communauté ; car sinon, assurément la majorité de la communauté a déjà accepté le Chabbat à bein hachmachot, et la minorité est entraînée à leur suite malgré elle, comme écrit au siman 263, séifim 12 et 13 ; voir là-bas]. Et voir le Biour Halakha, au nom de nombreux A'haronim qui ont écrit que cela ne vaut que par Barekhou, qui est une acceptation du Chabbat par la communauté ; mais si un particulier a accepté sur lui le Chabbat alors qu'il faisait encore jour, ce n'est pas plus strict que bein hachmachot ; et c'est aussi ce qui ressort du Maguen Avraham, séif katan 7.
séif katan 28
- (כט) שעדיין יום הוא - ר"ל אפילו הוא זמן הרבה קודם בין השמשות כל שהוא אחר פלג המנחה:(29) Bien qu'il fasse encore jour – il veut dire : même si c'est longtemps avant bein hachmachot, du moment que c'est après plag haMin'ha.
séif katan 29
- (ל) אין מערבין - אפילו לדבר מצוה:(30) On ne fait pas d'érouv – même pour une chose de mitsva.
séif katan 30
- (לא) כעניית ברכו - דמסתמא כיון שמזכיר שבת הוי כקבלה. וכתב המ"א ועתה נוהגין לומר מזמור שיר וגו' ואפ"ה עושין כל המלאכות עד ברכו [והיינו כשהזמן הוא קודם בין השמשות] והטעם משום דמעיקרא הכי קבלו עלייהו ואין מתכוונים בזה לקבלה. וכ"ז בזמן המג"א אבל במקומותינו המנהג כהיום מיד שאומרים מזמור שיר מקבלין הצבור שבת עלייהו ואסור בכל המלאכות אפילו עדיין היום גדול [פמ"ג ודה"ח] וכתב בספר דרך חכמה דה"ה במקומות שנוהגין לומר לכה דודי ומסיימין בואי כלה הוי קבלת שבת ממש ועיין בתו"ש:(31) Équivaut à la réponse de Barekhou – car vraisemblablement, puisqu'il mentionne le Chabbat, c'est comme une acceptation. Et le Maguen Avraham a écrit : « Et maintenant, on a l'usage de dire Mizmor chir, etc., et malgré cela on fait tous les travaux jusqu'à Barekhou [c'est-à-dire lorsque le moment est avant bein hachmachot] ; et la raison en est que, dès l'origine, c'est ainsi qu'ils l'ont accepté sur eux, et ils n'ont pas en cela l'intention d'une acceptation. » Mais tout cela valait à l'époque du Maguen Avraham ; dans nos contrées, l'usage d'aujourd'hui est que, dès qu'on dit Mizmor chir, la communauté accepte sur elle le Chabbat, et tous les travaux sont interdits, même s'il fait encore grand jour (Peri Megadim et Dérekh Ha'Hayim). Et l'auteur du livre Dérekh 'Hokhma a écrit qu'il en va de même dans les endroits où l'on a l'usage de dire Lekha dodi : lorsqu'on termine par « Boï kala » (Viens, ô fiancée), c'est une véritable acceptation du Chabbat. Et voir la Tossefet Chabbat.
séif katan 31