Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 248 →- הנה קודם שנכנוס בביאור דברי השו"ע נעתיק לשון הברייתא הנאמר בזה בגמרא דף י"ט ת"ר אין מפליגין בספינה פחות מג' ימים קודם לשבת בד"א לדבר הרשות אבל לדבר מצוה שפיר דמי ופוסק עמו ע"מ לשבות ואינו שובת דברי רבי רשב"ג אומר אינו צריך ומצור לצידון [שהוא מהלך יום אחד] אפילו בע"ש מותר ע"כ לשון הברייתא. והנה הרבה טעמים נאמרו ע"ז בפוסקים י"א הטעם שמא יצטרך הישראל לעשות מלאכה בעצמו בשבת משום פיקוח נפש דמקום סכנה הוא או שיעשה הא"י בעל הספינה עבורו מלאכה בקשירת הקלע ושאר חילולים או משום איסור תחומין כמבואר בב"י באריכות והרי"ף ס"ל דאי משום חשש מלאכה או תחומין ודאי היה אסור אף קודם ג' ימים וגם לדבר מצוה לא היה מותר אלא דעיקר האיסור משום ביטול מצות עונג שבת דכל ג' ימים הראשונים יש להם צער מחמת נענוע הספינה שגופו משתבר וכדכתיב יחוגו וינועו כשכור וגם מחמת סרחון העולה מן הימים המלוחין ואין רוחו חוזרת לבוא עד אחר ג' ימים שהורגל בזה וכמ"ש ס"ב וי"א דהטעם שאסרו להפליג בספינה הוא מפני שנראה כאלו צף ושט ע"פ המים בשבת וזהו אסור לכו"ע מפני גזירה שמא יעשה חבית של שייטין וכדלקמן בסימן של"ט וקודם ג' ימים שרי דע"י שהוצרך להפליג זמן הרבה קודם שבת אית ליה היכרא ולא יבוא לעשות חבית של שייטין ואותן הפוסקים הנ"ל דס"ל דהטעם הוא משום מלאכה או משום תחומין מה שחילק הברייתא לדידהו בין תוך ג' ימים לקודם ג' ימים הוא משום דשלשה ימים קודם שבת מקרי קמא שבתא וחל עליו להזהר שלא יבוא לידי חילול שבת אבל קודם ג' ימים דהם מקרי בתר שבת העבר עדיין לא חל עליו אזהרת שבת הבאה ושרי להפליג בהם ואז אף אם יצטרך אח"כ לבוא לידי חילול שבת משום פיקוח נפש שרי. והנה המחבר אף שנמשך בס"ב אחר הרי"ף שהעתיק פירושו מ"מ גם הוא ס"ל כהפוסקים דקודם ג' ימים שרי אף במקום שיצטרך אח"כ לבוא לידי חילול שבת ע"י מלאכה וכמ"ש ס"ד [ועיין במה שכתבנו שם] אלא דס"ל דאף אי לא היה בו שום חשש מלאכה ותחומין [כגון שהיא כולה של א"י דכשנעשה בה מלאכה מסתמא אדעתיה דא"י נעשה וגם היא במקום שעמוק יותר מעשרה טפחים דאין בזה משום איסור תחומין להרבה פוסקים וכדלקמן בסימן ת"ד ע"ש] אפ"ה אסור משום ביטול עונג שבת לחוד. ועתה נבוא לבאר בעז"ה את דברי השו"ע:Voici, avant d'entrer dans l'explication des paroles du Choulhan Aroukh, nous recopions le texte de la baraïta dite à ce sujet dans la Guemara, (Chabbat) page 19 : nos Maîtres ont enseigné : on ne prend pas la mer en bateau moins de trois jours avant Chabbat. Quand cela est-il dit ? Pour une affaire facultative ; mais pour une mitsva, c'est bien. Et il convient avec lui (le batelier) de s'arrêter le Chabbat, et s'il ne s'arrête pas, il ne s'arrête pas – paroles de Rabbi. Rabban Chimon ben Gamliel dit : ce n'est pas nécessaire. Et de Tyr à Sidon [qui est un trajet d'un jour], même la veille de Chabbat c'est permis. Fin du texte de la baraïta. Or de nombreuses raisons ont été dites à ce sujet par les décisionnaires. Certains disent que la raison est que peut-être le Juif devra faire lui-même une mélakha (travail interdit) le Chabbat à cause du pikoua'h néfech (sauvegarde de la vie), car c'est un lieu de danger ; ou que le non-Juif propriétaire du bateau fera pour lui une mélakha, en attachant la voile, et autres profanations ; ou à cause de l'interdit des te'houmim (limites de déplacement du Chabbat), comme cela est expliqué longuement dans le Beit Yossef. Et le Rif pense que s'il s'agissait de la crainte d'une mélakha ou des te'houmim, ce serait certainement interdit même avant trois jours, et même pour une mitsva ce ne serait pas permis ; mais l'essentiel de l'interdit est à cause de l'annulation de la mitsva du oneg Chabbat (délice du Chabbat), car durant tous les trois premiers jours on souffre du balancement du bateau, qui brise le corps, comme il est écrit : « Ils tournoient et chancellent comme un homme ivre » (Psaumes 107, 27), et aussi à cause de la puanteur qui monte des mers salées ; et l'esprit ne revient qu'après trois jours, lorsqu'on s'y est habitué, comme l'auteur l'a écrit au séif 2. Et certains disent que la raison pour laquelle on a interdit de prendre la mer en bateau est que cela paraît comme si l'on flottait et nageait sur l'eau le Chabbat, ce qui est interdit selon tous, par décret de peur que l'on ne fabrique un tonneau de nageurs (un flotteur), comme plus loin au siman 339 ; et avant trois jours c'est permis, car du fait qu'il a dû embarquer longtemps avant Chabbat, il y a un signe distinctif, et il n'en viendra pas à fabriquer un tonneau de nageurs. Et pour ces décisionnaires mentionnés, qui pensent que la raison est la mélakha ou les te'houmim, la distinction que fait la baraïta entre le départ dans les trois jours et avant trois jours vient de ce que les trois jours avant Chabbat sont appelés « avant le Chabbat », et il lui incombe de prendre garde de ne pas en venir à profaner le Chabbat ; mais les jours d'avant les trois jours, qui sont appelés « après le Chabbat passé », l'avertissement du Chabbat qui vient ne lui incombe pas encore, et il est permis d'embarquer durant ces jours ; et alors, même s'il doit ensuite en venir à profaner le Chabbat à cause du pikoua'h néfech, c'est permis. Or l'auteur, bien qu'il ait suivi au séif 2 le Rif en recopiant son explication, pense néanmoins lui aussi comme ces décisionnaires qu'avant trois jours c'est permis, même là où il faudra ensuite en venir à profaner le Chabbat par une mélakha, comme il l'a écrit au séif 4 [et voir ce que nous avons écrit là-bas] ; mais il pense que même s'il n'y avait aucune crainte de mélakha ni de te'houmim [par exemple si le bateau appartient entièrement à un non-Juif, de sorte que lorsqu'une mélakha y est faite, elle est sans doute faite à l'intention du non-Juif ; et aussi qu'il se trouve dans un endroit plus profond que dix téfa'him (palmes), où il n'y a pas d'interdit de te'houmim selon de nombreux décisionnaires, comme plus loin au siman 404, voir là-bas], c'est néanmoins interdit à cause de la seule annulation du oneg Chabbat. Et maintenant venons expliquer, avec l'aide de D.ieu, les paroles du Choulhan Aroukh.
séif katan 1
- (א) אפילו בע"ש - היינו אף דבודאי לא יקיים עונג שבת עי"ז כמ"ש המחבר בס"ב אפ"ה מותר כיון דלצורך מצוה הוא וקי"ל דעוסק במצוה פטור מן המצוה ולא מבעיא אם הספינה הולכת במקום שהמים עמוקים יותר מעשרה טפחים דמותר ואין לחוש ליציאת חוץ לתחום דקי"ל אין תחומין למעלה מעשרה טפחים אלא אפילו יש מקומות שהמים מועטין פחות מעשרה טפחים ג"כ מותר לצאת בע"ש בספינה כיון שהוא לדבר מצוה [א"ר]:(1) Même la veille de Chabbat – c'est-à-dire : bien que certainement il n'accomplira pas le oneg Chabbat de ce fait, comme l'a écrit l'auteur au séif 2, c'est néanmoins permis, puisque c'est pour le besoin d'une mitsva, et nous tenons que celui qui est occupé à une mitsva est exempt d'une autre mitsva. Et non seulement si le bateau va dans un endroit où l'eau est profonde de plus de dix téfa'him, où c'est permis et l'on ne craint pas la sortie hors du te'houm, car nous tenons qu'il n'y a pas de te'houmim au-dessus de dix téfa'him ; mais même s'il y a des endroits où l'eau est peu profonde, moins de dix téfa'him, il est aussi permis de partir la veille de Chabbat en bateau, puisque c'est pour une mitsva [Eliya Rabba].
séif katan 2
- (ב) ופוסק עמו וכו' - כתב המ"א דבשבת אסור להפליג אפילו לדבר מצוה דהא לא יוכל לפסוק עמו שישבות ולא ילך ויש שמצדדים דאפילו בשבת שרי לדבר מצוה ועיין בשע"ת סוף סימן זה ובח"א כלל ד':(2) Et il convient avec lui, etc. – le Maguen Avraham a écrit que le Chabbat même il est interdit de prendre la mer, même pour une mitsva, car il ne pourra pas convenir avec lui de s'arrêter et de ne pas avancer ; et certains penchent à dire que même le Chabbat c'est permis pour une mitsva. Voir le Chaarei Techouva à la fin de ce siman, et le 'Hayé Adam, règle 4.
séif katan 3
- (ג) שישבות - בין אם הוא מפליג מע"ש בין מקודם כיון שהוא תוך ג' ימים הסמוך לשבת [ט"ז]. בספר עו"ש נסתפק אם א"א לו לפסוק כגון שהא"י אומר לו שלא ישבות וכה"ג אי מעכב או לא והסכימו רוב האחרונים דהפסיקה הוא רק למצוה בעלמא ואינו מעכב:(3) De s'arrêter – qu'il embarque la veille de Chabbat ou avant, puisque c'est dans les trois jours proches du Chabbat [Taz]. Le livre Olat Chabbat a eu un doute : s'il lui est impossible de convenir ainsi, par exemple si le non-Juif lui dit qu'il ne s'arrêtera pas, ou un cas semblable, cela empêche-t-il le départ ou non ? Et la plupart des A'haronim ont conclu que la convention n'est qu'une simple mitsva et n'est pas indispensable.
séif katan 4
- (ד) פחות משלשה ימים - דהיינו ביום רביעי בשבת אסור [מ"א בשם הרבה אחרונים] אבל הגר"א הביא בשם הרבה ראשונים דהג' ימים נחשבין עם השבת גופא וביום רביעי מותר ועי"ש שכתב שכן מוכח בתוספתא ובירושלמי:(4) Moins de trois jours – c'est-à-dire que le mercredi c'est interdit [Maguen Avraham, au nom de nombreux A'haronim] ; mais le Gaon de Vilna a rapporté au nom de nombreux Richonim que les trois jours sont comptés avec le Chabbat lui-même, et le mercredi c'est permis ; voir là-bas, où il a écrit que cela ressort de la Tossefta et du Yerouchalmi.
séif katan 5
- (ה) קודם השבת - וה"ה קודם יו"ט דיו"ט ושבת שוין וכן ביו"ט שני אין מפליגין:(5) Avant le Chabbat – de même avant Yom Tov, car Yom Tov et Chabbat sont égaux sur ce point ; et de même, le second jour de Yom Tov, on ne prend pas la mer.
séif katan 6
- (ו) אפילו בספינה וכו' - ר"ל דלא נימא דדמי להליכה בקרון דאסור ליסע בשבת אפילו אם ישב בהקרון קודם ג' ימים ועיין בס"ב בהג"ה דלפי מה שרגילין למשוך הספינות בבהמות בנהרות אפילו בתוך ג' ימים מותר להפליג אלא דנקט קודם ג' ימים משום שאר ספינות [הגר"א]:(6) Même en bateau, etc. – il veut dire : qu'on ne dise pas que c'est comparable au voyage en chariot, où il est interdit de voyager le Chabbat même si l'on s'est assis dans le chariot avant trois jours. Et voir au séif 2, dans la glose du Rema, que, selon l'habitude de tirer les bateaux par des bêtes sur les fleuves, même dans les trois jours il est permis d'embarquer ; mais l'auteur a mentionné « avant trois jours » à cause des autres bateaux [Gaon de Vilna].
séif katan 7
- (ז) ואפילו אין בגובה וכו' - דהו"א דאסור משום תחומין קמ"ל דלא והטעם כיון שהתחיל קודם ג' ימים וכמש"כ לקמיה:(7) Et même s'il n'y a pas en hauteur, etc. – car on aurait pu penser que c'est interdit à cause des te'houmim ; il nous enseigne que non. Et la raison est qu'il a commencé le voyage avant trois jours, comme nous l'écrivons ci-après.
séif katan 8
- (ח) ואפילו במקום וכו' - הטעם כמו שכתבנו למעלה דשלשה ימים קודם השבת שייכים לשבת הבא וחל עליו להזהר שלא יבוא לידי חילול שבת וכשיצא בתוך הזמן הזה הרי הוא כאלו מתנה לחלל עליו את השבת אבל קודם לזה שייכים לשבת שעבר וכיון שהפליג בהיתר אין לו להמנע מחמת שבת הבא שאז אם יארע לו סכנה ויצטרך לחללו משום פיקוח נפש אין כאן חילול ועיין לקמן בסקכ"ה מה שנכתוב בזה:(8) Et même dans un endroit, etc. – la raison est comme nous l'avons écrit plus haut : les trois jours avant le Chabbat appartiennent au Chabbat qui vient, et il lui incombe de prendre garde de ne pas en venir à profaner le Chabbat ; et s'il part durant ce temps, c'est comme s'il stipulait de profaner le Chabbat. Mais les jours d'avant appartiennent au Chabbat passé, et puisqu'il a embarqué de manière permise, il n'a pas à s'abstenir à cause du Chabbat qui vient ; car alors, s'il lui arrive un danger et qu'il doive le profaner à cause du pikoua'h néfech, il n'y a pas là de profanation. Et voir plus loin, au séif katan 25, ce que nous écrirons à ce sujet.
séif katan 9
- (ט) לעשות אח"כ וכו' - היינו דאין לו למנוע מחמת זה מלישב בספינה כיון שהוא קודם ג' ימים אבל מ"מ כל מה שיכול לעשות שלא יצטרך בעצמו לחלל את השבת כגון ע"י א"י וכדומה פשיטא דמחויב לעשות כן:(9) De faire ensuite, etc. – c'est-à-dire qu'il n'a pas à s'abstenir pour cela de s'installer dans le bateau, puisque c'est avant trois jours ; mais néanmoins, tout ce qu'il peut faire pour ne pas devoir profaner lui-même le Chabbat, par exemple en le faisant faire par un non-Juif ou autre, il est évident qu'il est obligé de le faire.
séif katan 10
- (י) בבוקר - דאם ימשך שעה ושתים על היום אסור דלא יגיע לשם קודם השבת [ב"י]:(10) Le matin – car si le départ se prolonge d'une heure ou deux dans la journée, c'est interdit, car il n'arrivera pas là-bas avant le Chabbat [Beit Yossef].
séif katan 11
- (יא) מפני שאפשר וכו' - ר"ל כשיש רוח טוב הולכין ביום אחד לכן שרי להלוך בע"ש לפי שאפשר שיהיה רוח טוב:(11) Parce qu'il est possible, etc. – il veut dire : quand il y a un bon vent, on fait le trajet en un jour ; c'est pourquoi il est permis de partir la veille de Chabbat, car il est possible qu'il y ait un bon vent.
séif katan 12
- (יב) אפילו בע"ש - ואין צריך לפסוק עמו שישבות ולענין להפליג בשבת עיין בס"ג:(12) Même la veille de Chabbat – et il n'est pas nécessaire de convenir avec lui de s'arrêter. Et quant à prendre la mer le Chabbat même, voir au séif 3.
séif katan 13
- (יג) והוא שלא וכו' - דכיון דתחומין דרבנן הוא ואפילו תחומין די"ב מיל קי"ל דבימים ונהרות אין בהן איסור דאורייתא לד"ה שאין דומין לדגלי מדבר לפיכך תלינן בספיקו להקל ואמרינן דעמוק עשרה טפחים מקרקע הספינה לקרקע המים ואין תחומין למעלה מעשרה:(13) Et à condition que ne, etc. – car puisque les te'houmim sont d'ordre rabbinique – et même pour les te'houmim de douze mil, nous tenons que sur les mers et les fleuves il n'y a pas d'interdit de la Torah selon tous les avis, car ils ne sont pas comparables aux camps (« drapeaux ») du désert – c'est pourquoi, dans le doute, on penche vers l'allègement, et l'on dit qu'il y a une profondeur de dix téfa'him du fond du bateau au fond de l'eau ; et il n'y a pas de te'houmim au-dessus de dix.
séif katan 14
- (יד) שמקרקע הספינה - פי' אע"פ שהמים עמוקים עשרה אם הספינה משוקעת במים שאין בין קרקע הספינה לקרקע המים י"ט לא מבעיא אם הוא יושב בספינה למטה מיו"ד נמצא מהלך למטה מיו"ד אלא אפילו אם הוא יושב בספינה במקום גבוה שהוא למעלה מיו"ד מקרקעית המים ג"כ אסור כיון שהספינה רחבה ארבעה וניחא להילוך כעומד למטה דמיא ויש מתירין כשהוא יושב למעלה מיו"ד טפחים ואין רגליו תלויות למטה מיו"ד טפחים ויש לסמוך על דבריהם כשהוא צריך לכך:(14) Que du fond du bateau – explication : bien que l'eau soit profonde de dix téfa'him, si le bateau est enfoncé dans l'eau de sorte qu'il n'y a pas, entre le fond du bateau et le fond de l'eau, dix téfa'him – non seulement s'il est assis dans le bateau en dessous de dix téfa'him, de sorte qu'il se déplace en dessous de dix, c'est interdit, mais même s'il est assis dans le bateau à un endroit élevé, au-dessus de dix téfa'him du fond de l'eau, c'est aussi interdit : puisque le bateau est large de quatre téfa'him et commode pour le déplacement, c'est comme s'il se tenait en bas. Et certains permettent quand il est assis au-dessus de dix téfa'him et que ses pieds ne pendent pas en dessous de dix téfa'him ; et l'on peut s'appuyer sur leurs paroles quand on en a besoin.
séif katan 15
- (טו) אסור לצאת וכו' - היינו בכל הג' ימים שקודם שבת אם יודע שיזדמן לו שם בשבת מקום ההוא ויצטרך לעבור עליו על איסור תחומין אבל קודם לזה מותר וכמו שכתוב בס"א בהג"ה:(15) Il est interdit de partir, etc. – c'est-à-dire durant tous les trois jours avant le Chabbat, s'il sait qu'il se trouvera dans cet endroit le Chabbat et devra y transgresser l'interdit des te'houmim ; mais avant cela c'est permis, comme cela est écrit au séif 1 dans la glose.
séif katan 16
- (טז) לידי מלאכה - אפילו מלאכה דרבנן [אחרונים]:(16) À une mélakha – même une mélakha d'ordre rabbinique [A'haronim].
séif katan 17
- (יז) ליכנס בה שלשה ימים - הטעם כמו שכתבנו למעלה בסק"ח:(17) D'y entrer trois jours – la raison est comme nous l'avons écrit plus haut, au séif katan 8.
séif katan 18
- (יח) אין איסור במה שהבהמות וכו' - ר"ל דאם לא היה איסור אחר כגון בנהרות הנובעים ולמעלה מעשרה וגם לא יצטרך הישראל לעשות מלאכה שם אין לאסור ליסע בספינה היכא שהבהמות מושכות הספינה דיהיה דומה כאלו יושב בקרון והבהמה מושכת אותו דאסור לא אמרינן הכי דהתם הטעם שמא יחתוך זמורה להנהיגה אבל הכא הבהמות הולכות ברחוק ממנו וע"כ מותר אפילו בתוך ג' ימים:(18) Il n'y a pas d'interdit dans le fait que les bêtes, etc. – il veut dire : s'il n'y avait pas d'autre interdit, par exemple sur les fleuves qui coulent (de source) et au-dessus de dix téfa'him, et que le Juif n'aura pas non plus à faire de mélakha là-bas, il n'y a pas lieu d'interdire de voyager en bateau là où les bêtes tirent le bateau. Qu'il soit comparable à celui qui est assis dans un chariot que la bête tire, ce qui est interdit – on ne dit pas cela : car là-bas la raison est de peur qu'il ne coupe une branche pour la conduire, mais ici les bêtes vont loin de lui ; c'est pourquoi c'est permis même dans les trois jours.
séif katan 19
- (יט) היכא דמותר וכו' - פי' דהמחבר לא קאמר לעיל להתיר אפילו בנהרות הנובעים ולמעלה מעשרה אלא להפליג בע"ש אבל בשבת לא וכאן אתי לאורויי דלפעמים אף בשבת מותר להפליג בהם:(19) Là où il est permis, etc. – explication : l'auteur n'a dit plus haut de permettre, même sur les fleuves qui coulent et au-dessus de dix téfa'him, que de prendre la mer la veille de Chabbat, mais pas le Chabbat ; et ici il vient enseigner que parfois, même le Chabbat, il est permis d'y prendre la mer.
séif katan 20
- (כ) שביתה - היינו שישב שם כל בין השמשות עד שתחשך:(20) Chevita (lieu de repos du Chabbat) – c'est-à-dire qu'il y reste assis pendant tout le bein hachemachot (crépuscule) jusqu'à la nuit.
séif katan 21
- (כא) והוא שלא יצא - דאל"ה אסור ליכנס בה בשבת מפני שנראה כשט ע"פ המים וזה אסור כמ"ש סימן של"ט:(21) Et à condition qu'il ne sorte pas – car sinon, il est interdit d'y entrer le Chabbat, car cela paraît comme nager sur l'eau, ce qui est interdit, comme cela est écrit au siman 339.
séif katan 22
- (כב) דמאחר שקנה בה וכו' - היינו דעי"ז הו"ל הספינה כביתו ואינו נראה כשט כשנכנס בה בשבת ואפילו לדעה זו אינו מועיל הקנין שביתה אלא שיהיה מותר לכנוס בהספינה בשבת אבל כשמגיע אח"כ ליבשה אסור לו לזוז מד' אמותיו כמ"ש בסימן ת"ד [ואם הגיעה הספינה לעיר המוקפת מחיצות עי"ש בהג"ה] אבל אם לא יצא מהספינה מעת שקנה שביתה מותר אח"כ לילך במקום שיגיע ליבשה עד אלפים לכל רוח והני מילי כשהיתה הספינה לעולם למעלה מעשרה טפחים וכמבואר שם ובספינה גופא מהלך את כולה אפילו אם יצא מבערב לביתו אחר שקנה שביתה כיון ששבת באויר מחיצות מבעוד יום ואם לא קנה שביתה כלל מבע"י עיין לקמן בסי' ת"ה ס"ז במ"ב כי שם בארנו כל פרטי הדינים האלו:(22) Puisqu'il y a acquis, etc. – c'est-à-dire que de ce fait, le bateau est pour lui comme sa maison, et cela ne paraît pas comme nager quand il y entre le Chabbat. Et même selon cet avis, l'acquisition de la chevita ne sert qu'à ce qu'il soit permis d'entrer dans le bateau le Chabbat ; mais quand il arrive ensuite à la terre ferme, il lui est interdit de bouger de ses quatre coudées, comme cela est écrit au siman 404 [et si le bateau est arrivé à une ville entourée de murailles, voir là-bas dans la glose]. Mais s'il n'est pas sorti du bateau depuis le moment où il a acquis la chevita, il lui est permis ensuite de marcher, à l'endroit où il arrive à terre, jusqu'à deux mille coudées dans chaque direction ; et cela vaut seulement quand le bateau était tout le temps au-dessus de dix téfa'him, comme cela est expliqué là-bas. Et dans le bateau lui-même, il peut le parcourir en entier, même s'il en est sorti la veille au soir pour aller chez lui après avoir acquis la chevita, puisqu'il a commencé le Chabbat dans l'espace de cloisons alors qu'il faisait encore jour. Et s'il n'a pas du tout acquis la chevita de jour, voir plus loin au siman 405, séif 7, dans la Michna Beroura, car là-bas nous avons expliqué tous les détails de ces lois.
séif katan 23
- (כג) שביתה מע"ש - ואפילו אם חל יו"ט ע"ש שרי לקנות שביתה ואין בזה משום הכנה מיו"ט לשבת [מ"א] ואינו מועיל לזה הקנין שביתה שקנה מעיו"ט ועיין בסימן תט"ז באיזה אופן אין בו משום הכנה:(23) Chevita dès la veille de Chabbat – et même si Yom Tov tombe la veille de Chabbat, il est permis d'acquérir la chevita, et il n'y a pas là d'interdit de préparation de Yom Tov pour le Chabbat [Maguen Avraham] ; et l'acquisition de la chevita faite dès la veille de Yom Tov ne sert pas pour cela (pour le Chabbat). Et voir au siman 416 de quelle manière il n'y a pas d'interdit de préparation.
séif katan 24
- (כד) שעושין קידוש - גם לדעת זו בעינן שישב שם כל בין השמשות לקנין שביתה אלא שסוברין דלכתחלה נכון לעשות שם ג"כ קידוש ולאכול מעט כדי לפרסם הדבר שקנו שם שביתה ולא יבואו לחשדם:(24) Qu'on fait le kiddouch – même selon cet avis, il faut qu'il y reste assis pendant tout le bein hachemachot pour l'acquisition de la chevita ; mais ils pensent que, lekhat'hila (a priori), il est bon d'y faire aussi le kiddouch et de manger un peu, afin de rendre public le fait qu'ils y ont acquis la chevita, et qu'on n'en vienne pas à les soupçonner.
séif katan 25
- (כה) לחלל שבת - אפילו באיסור דרבנן [מ"א בשם הריב"ש]:(25) Profaner le Chabbat – même par un interdit d'ordre rabbinique [Maguen Avraham, au nom du Rivach].
séif katan 26
- (כו) וביום ראשון ובשני ובשלישי - כבר נתבאר הטעם משום דהם נקראים על שם שבת העבר ואין צריך להזהר עתה שלא יבוא לידי חילול שבת הבא ובכנה"ג כתב בשם הריב"ל דכשיודע בודאי שיבוא לידי חילול שבת אסור אף בכה"ג וכ"כ הרדב"ז ועפ"ז סומכין עכשיו שמסכנים בעצמם קצת שלא לחלל שבת כדי שלא יהיה איסור למפרע על מה שיצא:(26) Et le dimanche, le lundi et le mardi – la raison a déjà été expliquée : c'est qu'ils sont appelés du nom du Chabbat passé, et il n'a pas besoin de prendre garde maintenant de ne pas en venir à profaner le Chabbat qui vient. Et le Knesset HaGuedola a écrit au nom du Ribal que lorsqu'il sait avec certitude qu'il en viendra à profaner le Chabbat, c'est interdit même dans ce cas ; et ainsi a écrit le Radbaz. Et c'est sur cette base qu'on s'appuie aujourd'hui pour se mettre un peu en danger afin de ne pas profaner le Chabbat, pour qu'il n'y ait pas d'interdit rétroactif sur le fait d'être parti.
séif katan 27
- (כז) ואם אח"כ יארע וכו' - ר"ל כיון דממילא נסבב הדבר לבסוף ובאונס של פיקוח נפש אין כאן חילול. ופשוט דלכו"ע אסור לו להבטיח לשיירא בעת שישתתף עמם שיסייעם באיזה עשיית מלאכה בשבת ואפילו מלאכה דרבנן אף שעי"ז תתבטל הנסיעה שלו שלא ירצו להשתתף עמו ואפילו אם הוא דבר מצוה דהרי הוא מתנה בהדיא לחלל את השבת:(27) Et si ensuite il arrive, etc. – il veut dire : puisque la chose s'est produite d'elle-même à la fin, et sous la contrainte du pikoua'h néfech, il n'y a pas là de profanation. Et il est évident que, selon tous, il lui est interdit de promettre à la caravane, au moment où il s'associe à eux, qu'il les aidera dans quelque mélakha le Chabbat, même une mélakha d'ordre rabbinique – même si de ce fait son voyage sera annulé, parce qu'ils ne voudront pas s'associer à lui, et même si c'est pour une mitsva –, car il stipule explicitement de profaner le Chabbat.
séif katan 28
- (כח) והעולה לארץ ישראל - י"א דה"ד כדי להתיישב בה וי"א דאפילו ע"מ להחזיר דלהלוך בה הילוך ד"א נמי הוי מצוה ובפרט לפי מה שהקיל רמ"א בסוף הסימן בהג"ה ודאי דגם זה הוא בכלל דבר מצוה:(28) Et celui qui monte en Erets Israël – certains disent : c'est précisément pour s'y installer ; et certains disent : même avec l'intention de revenir, car marcher là-bas, même un trajet de quatre coudées, est aussi une mitsva. Et surtout selon l'allègement du Rema à la fin du siman, dans la glose, il est certain que cela aussi fait partie des affaires de mitsva.
séif katan 29
- (כט) ופוסק עמהם לשבות - והפסיקה הוא לעיכובא ואם לא יתרצו בזה לא ילך עמם וכמו שבארתי בבה"ל:(29) Et il convient avec eux de s'arrêter – et cette convention est indispensable ; et s'ils n'y consentent pas, il n'ira pas avec eux, comme je l'ai expliqué dans le Biour Halakha.
séif katan 30
- (ל) יכול ללכת וכו' - אם מתיירא להתעכב במדבר שמא יפגשו בו חיות רעות או יפגעו בו לסטים ויגזלו ממנו בהמתו ולא יוכל ללכת ברגליו ויסתכן או יקחו ממונו ולא יוכל להחיות את עצמו במדבר או שיקחו ממנו מלבושיו בזמן הקור כולם הוא בכלל ספק פיקוח נפש ומותר לילך עמהם:(30) Il peut aller, etc. – s'il craint de s'attarder dans le désert, de peur que des bêtes sauvages ne le rencontrent, ou que des brigands ne l'attaquent et ne lui volent sa bête, et qu'il ne puisse marcher à pied et soit en danger ; ou qu'ils ne lui prennent son argent et qu'il ne puisse se maintenir en vie dans le désert ; ou qu'ils ne lui prennent ses vêtements en période de froid – tout cela entre dans le cadre du doute de pikoua'h néfech, et il est permis d'aller avec eux.
séif katan 31
- (לא) חוץ לתחום - וה"ה אפילו חוץ לי"ב מיל נמי שרי עד שיגיע למקום שאין שם שוב חשש סכנת נפשות ויפרד מהם וישבות שם ויש לו משם אלפים לכל רוח [אחרונים]:(31) Hors du te'houm – de même, même au-delà de douze mil, c'est aussi permis, jusqu'à ce qu'il arrive à un endroit où il n'y a plus de crainte de danger de mort ; alors il se séparera d'eux et s'arrêtera là, et il a à partir de là deux mille coudées dans chaque direction [A'haronim].
séif katan 32
- (לב) ואם נכנס וכו' - דכיון דבאונס יצא חוץ לתחום מפני פיקוח נפש וגם מתחלתו ברשות נפק ע"כ לא הוי כשאר יצא חוץ לתחום דאין לו אלא ד"א וכתב המ"א דדוקא כשהלך לדבר מצוה גמורה ולא כשהלך לסחורה דאף דדעת ההג"ה שגם זה מקרי צורך מצוה מ"מ לענין שיהיה יכול להלוך בתוך כל העיר וכן במה שכתב המחבר ואפילו וכו' יש לו אלפים לכל רוח אין לסמוך ע"ז כיון שהרבה פוסקים חולקין ע"ז:(32) Et s'il est entré, etc. – puisqu'il est sorti hors du te'houm par contrainte, à cause du pikoua'h néfech, et qu'au départ aussi il est sorti avec permission, il n'est donc pas comme les autres personnes sorties hors du te'houm, qui n'ont que quatre coudées. Et le Maguen Avraham a écrit : cela vaut seulement quand il est parti pour une véritable mitsva, et non quand il est parti pour du commerce ; car bien que l'avis de la glose soit que cela aussi est appelé un besoin de mitsva, néanmoins, quant à pouvoir marcher dans toute la ville – et de même pour ce qu'a écrit l'auteur : « et même, etc., il a deux mille coudées dans chaque direction » – on ne doit pas s'appuyer sur cela, puisque de nombreux décisionnaires le contestent.
séif katan 33
- (לג) דכיון דלדבר מצוה וכו' - אבל אם יצא מתחלה לדבר הרשות אף שעתה היה מותר לו ללכת עמהם חוץ לתחום מפני פ"נ מ"מ כיון שעבר מתחלה על דעת חכמים במה שיצא תוך ג' ימים הרי הוא כשאר יוצא חוץ לתחום דאין לו אלא ד"א ואם יצא קודם ג' ימים אפילו לדבר הרשות כיון דהשתא היה צריך לצאת מפני פיקוח נפש יש לו אלפים אמה לכל רוח כמ"ש סימן ת"ז [מ"א]. עוד כתב דאם הלך תוך ג' ימים מפני שסבר שמותר לילך תוך ג' ימים הו"ל שוגג ויש לו אלפים אמה לכל רוח וכ"כ ש"א:(33) Car puisque pour une mitsva, etc. – mais s'il était parti au départ pour une affaire facultative, bien que maintenant il lui soit permis d'aller avec eux hors du te'houm à cause du pikoua'h néfech, néanmoins, puisqu'il a transgressé au départ l'avis des Sages en partant dans les trois jours, il est comme tout autre homme sorti hors du te'houm, qui n'a que quatre coudées. Et s'il est parti avant trois jours, même pour une affaire facultative, puisque maintenant il a dû sortir à cause du pikoua'h néfech, il a deux mille coudées dans chaque direction, comme cela est écrit au siman 407 [Maguen Avraham]. Il a encore écrit que s'il est parti dans les trois jours parce qu'il pensait qu'il était permis de partir dans les trois jours, il est considéré comme chogueg (ayant agi par erreur) et il a deux mille coudées dans chaque direction ; et ainsi ont écrit d'autres A'haronim.
séif katan 34
- (לד) לסחורה - אפילו יש לו מזונות והולך לסחורה להרוחה ולגבות מעות מא"י שהוא חולה כל עוד שאינו גוסס לא מקרי פסידא ודאית [מ"א] והא"ר מיקל בזה דלא גרע מהולך לסחורה וע"כ מותר להפליג עבור זה בתוך ג' ימים ועיין לקמן בסימן של"ט במ"א סקי"ג ובמ"ב שם:(34) Pour du commerce – même s'il a de quoi se nourrir et part pour du commerce afin de gagner davantage. Quant à partir récupérer de l'argent d'un non-Juif qui est malade : tant qu'il n'est pas agonisant, cela n'est pas appelé une perte certaine [Maguen Avraham] ; mais l'Eliya Rabba est indulgent sur ce point, car ce n'est pas moins que de partir pour du commerce, et c'est pourquoi il est permis de prendre la mer pour cela dans les trois jours. Et voir plus loin au siman 339, dans le Maguen Avraham, séif katan 13, et dans la Michna Beroura là-bas.
séif katan 35
- (לה) והליכת שיירא - ודעת מ"א בשם כמה פוסקים דבהליכת שיירא אין להקל:(35) Et le voyage en caravane – et l'avis du Maguen Avraham, au nom de plusieurs décisionnaires, est que pour le voyage en caravane il n'y a pas lieu d'être indulgent.
séif katan 36
- (לו) ואין למחות וכו' - אבל במקום שלא נהגו להקל אין כדאי לכתחלה להקל דכמה פוסקים סוברים דבעינן מצוה גמורה:(36) Et on ne doit pas protester, etc. – mais là où l'on n'a pas l'usage d'être indulgent, il ne convient pas lekhat'hila d'être indulgent, car plusieurs décisionnaires pensent qu'il faut une véritable mitsva.
séif katan 37