Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
Choul'han Aroukh, Ora'h 'Hayim 244 →- (א) וקוצץ דמים - היינו קבלנות שמתנה עמו שיעשה לו איזה מלאכה בשכר דבר קצוב ואם עושה לו בטובת הנאה עיין לקמן בסימן רמ"ז ס"ד ובסימן רנ"ב ס"ב:(1) Et fixe un prix – c'est-à-dire l'entreprise à forfait (kablanout), où il stipule avec lui qu'il lui fasse un certain travail pour un salaire fixe. Et s'il le fait pour lui par faveur (sans salaire), vois plus loin, au siman 247, séif 4, et au siman 252, séif 2.
séif katan 1
- (ב) מותר - דכיון שקצץ אדעתיה דנפשיה קעביד למהר להשלים מלאכתו דלישראל אין קפידא בזה דאם לא יעשהו היום יעשהו למחר דאם קובע לו מלאכתו בשבת אסור כדלקמן סימן רמ"ז ס"א:(2) C'est permis – car puisqu'il a fixé un forfait, il agit dans son propre intérêt, pour se hâter d'achever son travail, car pour le Juif cela n'importe pas : s'il ne le fait pas aujourd'hui, il le fera demain. Car s'il lui fixe son travail à Chabbat, c'est interdit, comme plus loin, siman 247, séif 1.
séif katan 2
- (ג) בצינעה - היינו שהיא מלאכת צינעה לפי שאין הכל מכירין שהיא של ישראל וכמו שמפרש אבל אה"נ דאפילו אם הוא עושה אותה בפרהסיא שרי כיון דהמלאכה עצמה אין ידוע שהיא של ישראל:(3) En privé – c'est-à-dire que c'est un travail privé, parce que tout le monde ne sait pas qu'il est à un Juif, comme il l'explique ; mais en vérité, même s'il le fait en public, c'est permis, puisqu'on ne sait pas que le travail lui-même est à un Juif.
séif katan 3
- (ד) שאין מכירים הכל - ואפילו אם קצת יודעים שהיא מלאכת ישראל שרי ואף על גב דמבואר לקמן בהג"ה דיש לחוש לאורחים ובני ביתו שיחשדו אותו שם שהיא מלאכת מחובר וסתם מחובר שם בעליו נקרא עליו החמירו בו ביותר:(4) Quand tout le monde ne sait pas – Et même si quelques-uns savent que c'est le travail d'un Juif, c'est permis. Et bien qu'il soit expliqué plus loin, dans la glose (du Rema), qu'il faut craindre les visiteurs et les gens de sa maison, qu'ils ne le soupçonnent, là-bas c'est un travail sur ce qui est attaché au sol, et ce qui est attaché au sol porte d'ordinaire le nom de son propriétaire ; ils y ont donc été plus rigoureux.
séif katan 4
- (ה) לפיכך וכו' - ר"ל דסתם מחובר הוי כאלו ידוע ומפורסמת שהיא של ישראל:(5) C'est pourquoi, etc. – il veut dire que ce qui est attaché au sol est d'ordinaire comme s'il était connu et notoire qu'il est à un Juif.
séif katan 5
- (ו) חצירו או כותלו - ואפילו אם הוא עומד במקום שאין ידוע שהוא שלו ג"כ אסור דיש לחוש לשכניו שיודעים שהוא שלו ויחשדוהו ששכירו הוא לימים [מ"א וש"א]:(6) Sa cour ou son mur – Et même s'il se trouve dans un endroit où l'on ne sait pas qu'il est à lui, c'est aussi interdit, car il faut craindre ses voisins, qui savent qu'il est à lui et le soupçonneront (d'avoir engagé le non-Juif) comme journalier (Maguen Avraham et d'autres A'haronim).
séif katan 6
- (ז) לקצור לו שדהו - ואע"ג דדרך שדה לאריסות וא"כ יסברו שלקחה באריסות כמ"ש סימן רמ"ג ס"א מ"מ אסור דשאני התם דכשיחקרו הדבר ימצא שכן הוא שהאינו יהודי חולק בפירות אבל הכא שיראו בעת הקציר שאין האינו יהודי נוטל בריוח ידעו למפרע דלאו אריס היה ויחשדוהו ששכיר יום היה דשכיח לשכור פועלים לימים למלאכה. ואפילו אם מנהג העיר לשכור בקיבולת דעת הט"ז להחמיר שלא להניח להאינו יהודי לעשות בשדה בשבת ויו"ט וכ"ש בבנין בית דאכתי יחשדוהו בשכיר יום שגם זה הוא רגילות ויש שמקילין בזה כשמנהג כל העיר הוא בקיבולת [וקיבולת הוא דוקא כשכל המלאכה הוא בקיבולת לאפוקי אם רק האדריכל לבדו הוא קבלן ושאר המסייעים דרך לשכרם לפעמים ליום ואפילו אם הוא שכרם הכל בקבלנות ג"כ אסור] ועיין בבה"ל שביארנו דבשדה יש לסמוך על דבריהם במקום הפסד אבל בבית צ"ע אם יש להקל בזה דהוא נגד דעת כמה פוסקים ועיין בשע"ת בשם נו"ב סי' י"ב:(7) Moissonner son champ – Et bien qu'un champ se donne d'ordinaire en métayage, et qu'ainsi on pensera qu'il l'a pris en métayage, comme il est écrit au siman 243, séif 1, c'est néanmoins interdit ; car là-bas c'est différent : lorsqu'on examinera la chose, on trouvera qu'il en est ainsi, que le non-Juif partage les fruits ; mais ici, lorsqu'on verra au moment de la moisson que le non-Juif ne prend rien du profit, on saura rétroactivement qu'il n'était pas métayer, et on le soupçonnera (d'avoir employé le non-Juif) comme journalier, car il est fréquent d'engager des ouvriers à la journée pour ce travail. Et même si l'usage de la ville est d'engager à forfait, l'avis du Taz est d'être rigoureux, de ne pas laisser le non-Juif travailler dans le champ à Chabbat et à Yom Tov, et à plus forte raison pour la construction d'une maison, car on le soupçonnera encore (d'avoir employé le non-Juif) comme journalier, car cela aussi est habituel. Et certains sont indulgents en cela, lorsque l'usage de toute la ville est le forfait [et c'est un forfait seulement lorsque tout le travail est à forfait, à l'exclusion du cas où seul l'architecte est entrepreneur, et où les autres aides sont d'ordinaire engagés parfois à la journée ; et même s'il les a tous engagés à forfait, c'est aussi interdit]. Et vois le Biour Halakha, où nous avons expliqué que pour un champ, on peut s'appuyer sur leurs paroles dans un cas de perte ; mais pour une maison, la question demeure (tsarikh iyoun) de savoir s'il faut être indulgent, car c'est contre l'avis de plusieurs décisionnaires. Et vois le Chaarei Techouva au nom du Noda BiYehouda, siman 12.
séif katan 7
- (ח) במדינה - היינו בתוך העיר שקרוי מדינה לפעמים:(8) Dans la ville – c'est-à-dire à l'intérieur de la ville, qui est parfois appelée medina.
séif katan 8
- (ט) התחום - שרגילין אנשי העיר לפעמים לילך לשם:(9) Le te'houm – où les gens de la ville ont parfois l'habitude d'aller.
séif katan 9
- (י) להניחה - איתא בס"ח סימן שמ"ח מעשה באדם אחד ששכר אינו יהודי לבנות ביתו בקבלנות והיה האינו יהודי בונה בשבת והיו מתרעמים עליו ולא חשש לכך ולא היו ימים מועטים שלא נשאר הקרקע לא לו ולא לזרעו:(10) De le laisser – Il est rapporté dans le Sefer 'Hassidim, siman 348 : il arriva qu'un homme engagea un non-Juif pour construire sa maison à forfait, et le non-Juif construisait à Chabbat ; on s'en plaignait auprès de lui, et il ne s'en soucia pas ; et peu de jours passèrent avant que le terrain ne reste ni à lui ni à sa descendance.
séif katan 10
- (יא) אם דר וכו' - ר"ל שהוא דר מחוץ לתחום העיר וגם אין עיר אחרת בתוך תחומו אפ"ה אסור דיש לחוש לאורחים דמקלעי לגביה ויחשדוהו ומה דמקילין לקמיה מבחוץ לתחום היינו כשרק המלאכה היא שם אבל הוא בעצמו דר בעיר:(11) S'il habite, etc. – il veut dire qu'il habite hors du te'houm de la ville, et qu'il n'y a pas non plus d'autre ville dans son te'houm ; malgré cela c'est interdit, car il faut craindre les visiteurs qui passent chez lui et le soupçonneront. Et ce qu'on permet ci-après hors du te'houm, c'est quand seul le travail se trouve là, mais que lui-même habite en ville.
séif katan 11
- (יב) וגם אין עיר אחרת - וה"ה כשדר שם איזה יהודי בתוך התחום של מלאכה ג"כ אסור ויצוה להאינו יהודי קודם שבת שלא יעשה בשבת:(12) Et qu'il n'y a pas non plus d'autre ville – Et il en est de même lorsqu'un Juif habite là, à l'intérieur du te'houm du travail : c'est aussi interdit, et il ordonnera au non-Juif avant Chabbat de ne pas travailler à Chabbat.
séif katan 12
- (יג) מותר - דתו ליכא משום מראית העין ואינו יהודי כי קטרח בדידיה קטרח. והנה מתוך מה שנתבאר בזה הסעיף מוכח דאסור לשכור אינו יהודי בקבלנות לפנות זבלו מחצר והוא עושה בו בשבת דהוא מתקן החצר בזה והוא בכלל מלאכת מחובר ויש מקומות שנוהגין היתר לשכרו ליקח הזבל מרחוב אף שעושה בו בשבת וכתב המ"א דטעמם דבשל רבים ליכא חשדא אבל בשכיר יום פשיטא דאסור והאחרונים השיגו על טעמו ודעתם דאין נ"מ בזה הענין בין רבים ליחיד וגם הוא בעצמו כתב לבסוף דבמקום שאין נוהגין היתר ברחוב אין להקל ע"ש טעמו דיש ח"ה בדבר וכדלקמיה. והנה אפילו אם נאמר דבשל רבים ליכא חשדא מ"מ הסכים המ"א שאין להתיר לבנות בהכ"נ בשבת בקבלנות כי בזמנינו שאין האומות שכנינו מניחים לשום אדם לעשות מלאכה בפרהסיא ביום חגם איכא ח"ה אם נניח אנחנו לעשות ביום שבת ויו"ט ומ"מ כתבו כמה אחרונים דאם יש חשש ח"ו שיתבטל הבנין בהכ"נ לגמרי מותר להניח לאינו יהודי לבנותו כשהוא בקבלנות ובלבד שיהיה מפורסם לכל שהוא בקבלנות:(13) C'est permis – car il n'y a plus de problème d'apparence, et le non-Juif, quand il se donne de la peine, c'est pour lui-même qu'il se donne de la peine. Or, de ce qui a été expliqué dans ce séif, il ressort qu'il est interdit d'engager un non-Juif à forfait pour évacuer son fumier de la cour, s'il le fait à Chabbat, car il répare ainsi la cour, et cela fait partie du travail sur ce qui est attaché au sol. Et il y a des endroits qui ont l'usage de permettre de l'engager pour enlever le fumier de la rue, bien qu'il le fasse à Chabbat ; et le Maguen Avraham a écrit que leur raison est que pour ce qui appartient au public, il n'y a pas de soupçon ; mais pour un journalier, il est évident que c'est interdit. Et les A'haronim ont contesté sa raison, et leur avis est qu'il n'y a pas de différence en cette matière entre le public et le particulier ; et lui-même a écrit à la fin que dans un endroit où l'on n'a pas l'usage de permettre pour la rue, il ne faut pas être indulgent ; vois là-bas sa raison : il y a là une profanation du Nom divin ('hilloul Hachem), comme ci-après. Et même si l'on dit que pour ce qui appartient au public il n'y a pas de soupçon, le Maguen Avraham a néanmoins conclu qu'il ne faut pas permettre de construire une synagogue à Chabbat à forfait, car à notre époque, où les nations nos voisines ne laissent personne faire un travail en public le jour de leur fête, il y a une profanation du Nom divin si nous, nous laissons travailler le jour du Chabbat et de Yom Tov. Néanmoins, plusieurs A'haronim ont écrit que s'il y a une crainte, à D.ieu ne plaise, que la construction de la synagogue ne soit totalement annulée, il est permis de laisser le non-Juif la construire lorsque c'est à forfait, à condition qu'il soit notoire pour tous que c'est à forfait.
séif katan 13
- (יד) לפסול האבנים וכו' - ודוקא כשאבנים וקורות הם של ישראל ונתנם לאומן אינו יהודי לסתתם ולתקנם אבל אם האינו יהודי מסתת אבנים שלו ומתקן קורות שלו שהישראל עשה עמו קיבולת על הכל והברירה עוד ביד האינו יהודי לסתת אבנים אחרות ולהחזיק אלו לעצמו אפילו עושה זה לצורך ישראל אם אינו בביתו של ישראל אף שהוא מפורסם שעשה זה לצורך ישראל מותר שזה לא נקרא עדיין מלאכת ישראל כ"כ הדגמ"ר וכבר קדמו בתשובת הרדב"ז בחלק ששי סימן נ"ו אך שמסיים שם דאם היה האינו יהודי מסתת אותם בשבת סמוך לבנין אין נכון הדבר משום מראית העין שלא יאמרו שכירו הוא:(14) Tailler les pierres, etc. – Et cela seulement lorsque les pierres et les poutres sont au Juif, et qu'il les a données à un artisan non juif pour les tailler et les préparer ; mais si le non-Juif taille ses propres pierres et prépare ses propres poutres, le Juif ayant conclu avec lui un forfait pour le tout, et que le choix est encore entre les mains du non-Juif de tailler d'autres pierres et de garder celles-ci pour lui-même, alors même s'il le fait pour les besoins du Juif, si ce n'est pas dans la maison du Juif, même s'il est notoire qu'il le fait pour les besoins du Juif, c'est permis, car cela ne s'appelle pas encore le travail du Juif. Ainsi l'a écrit le Daguoul Merevava ; et la réponse du Radbaz, sixième partie, siman 56, l'avait déjà précédé ; mais il conclut là que si le non-Juif les taillait à Chabbat près du bâtiment, la chose n'est pas convenable, à cause de l'apparence, pour qu'on ne dise pas que c'est son employé.
séif katan 14
- (טו) דלצורך מחובר הוא - כדי לשקעם בהבנין ע"כ חשבוהו כמחובר וצריך למחות בידו אם הוא בתוך התחום אפילו עושה רחוק מהבנין:(15) Puisque c'est pour les besoins de ce qui est attaché au sol – pour les enchâsser dans le bâtiment ; c'est pourquoi ils l'ont considéré comme attaché au sol, et il faut protester (l'en empêcher) si c'est à l'intérieur du te'houm, même s'il le fait loin du bâtiment.
séif katan 15
- (טז) ואם עשו כן - עיין לקמיה מש"כ בזה:(16) Et s'ils l'ont fait – vois ci-après ce que nous avons écrit à ce sujet (séif katan 20).
séif katan 16
- (יז) ויש אומרים דאם אינו וכו' - הי"א קאי אכולהו דהיינו אף מחובר גמור לא אסרו בקבלנות אלא בסתמא דמסתמא שם הישראל נקרא עליו אבל בידוע לנו שאינו מפורסם הבנין על שם ישראל לא אסרו בקיבולת והא דציין הרמ"א הי"א על סיתות אבנים משום דבבנין ממש אין מצוי זה:(17) Et certains disent que s'il n'est pas, etc. – Ce « certains disent » se rapporte à tout, c'est-à-dire que même pour ce qui est totalement attaché au sol, ils n'ont interdit le forfait que dans le cas ordinaire, car d'ordinaire le nom du Juif est appelé sur lui ; mais lorsque nous savons que la construction n'est pas notoirement au nom du Juif, ils n'ont pas interdit le forfait. Et si le Rema a placé ce « certains disent » sur la taille des pierres, c'est parce que pour la construction elle-même, ce cas n'est pas fréquent.
séif katan 17
- (יח) שרי - היינו שאינו צריך למחות בא"י אם יעשה מלאכתו בשבת ובלבד שלא יאמר לו שיעשה בשבת. וכ"ז דוקא אם הא"י עושה בביתו או שיהיה עכ"פ רחוק מהבנין כדי שלא יהיה מינכר שהוא של ישראל וכנ"ל ומשמע בכמה אחרונים דסבירא לן לדינא דהי"א הזה לענין סיתות האבנין ואפשר דגם המחבר מודה ליה בזה אך לענין מחובר גופא אפילו אם הבנין עומד במקום שאין ידוע שהוא שלו ג"כ אין להקל דיש לחוש לשכניו או לבני ביתו שיודעים שהוא שלו ויחשדוהו וכמש"כ לעיל בסק"ו:(18) C'est permis – c'est-à-dire qu'il n'a pas besoin de protester auprès du non-Juif s'il fait son travail à Chabbat, à condition qu'il ne lui dise pas de le faire à Chabbat. Et tout cela, seulement si le non-Juif travaille dans sa maison, ou en tout cas loin du bâtiment, afin qu'il ne soit pas reconnaissable que c'est à un Juif, comme ci-dessus. Et il ressort de plusieurs A'haronim qu'ils retiennent en pratique ce « certains disent » pour la taille des pierres, et il est possible que l'auteur (le Choulhan Aroukh) aussi l'admette en cela ; mais pour ce qui est attaché au sol lui-même, même si le bâtiment se trouve dans un endroit où l'on ne sait pas qu'il est à lui, il ne faut pas non plus être indulgent, car il faut craindre ses voisins ou les gens de sa maison, qui savent qu'il est à lui et le soupçonneront, comme nous l'avons écrit plus haut, séif katan 6.
séif katan 18
- (יט) באיסור - היינו שהיה בקיבולת ובתוך התחום דהוא אסור רק משום מראית עין דבאמת אדעתיה דנפשיה עביד וכנ"ל אבל אם היו שכירי יום דמדינא אסור יש בזה איסור מצד הדין בדיעבד ולא נכון בלבד כ"כ המ"א וכן מוכח ג"כ דעת הב"ח לענין שכיר יום וכ"כ הח"א דבשכיר יום אסור מדינא בענין זה שהוא מילתא דפרהסיא לו לעולם ולאחרים בכדי שיעשו וכמו לקמן בסימן שכ"ה סי"ד ע"ש ויש מקילין דאף בכה"ג אינו אסור מדינא כ"א בכדי שיעשו וע' לקמן בסי' שכ"ה סי"ד שם במ"ב:(19) De manière interdite – c'est-à-dire que c'était à forfait et à l'intérieur du te'houm, ce qui n'est interdit qu'à cause de l'apparence, car en vérité il agit dans son propre intérêt, comme ci-dessus ; mais si c'étaient des journaliers, ce qui est interdit selon la stricte loi, il y a en cela un interdit selon la loi, même bediavad, et pas seulement une chose qui « convient » (d'être rigoureux) ; ainsi l'a écrit le Maguen Avraham. Et c'est aussi ce qui ressort de l'avis du Ba'h au sujet du journalier ; et le 'Hayé Adam a aussi écrit que pour un journalier, c'est interdit selon la stricte loi dans ce cas : puisque c'est une chose publique, c'est interdit pour lui pour toujours, et pour d'autres le temps qu'il faut pour le faire (bikhdei chéya'assou), comme plus loin au siman 325, séif 14 ; vois là-bas. Et certains sont indulgents : même dans un tel cas, ce n'est interdit selon la stricte loi que le temps qu'il faut pour le faire ; et vois plus loin, au siman 325, séif 14, là-bas dans la Michna Beroura.
séif katan 19
- (כ) נכון להחמיר - והאחרונים כתבו דבדיעבד יש לסמוך בקבלנות על דעת ר"ת ומותר לדור בו אפילו לעצמו וכן בסיתות האבנים ותיקון הקורות אם היה בקבלנות יש להתיר בדיעבד לשקעם בבנין:(20) Il convient d'être rigoureux – Et les A'haronim ont écrit que bediavad, pour un forfait, on peut s'appuyer sur l'avis de Rabbénou Tam, et il est permis d'y habiter, même pour lui-même ; et de même pour la taille des pierres et la préparation des poutres, si c'était à forfait, on peut permettre bediavad de les enchâsser dans le bâtiment.
séif katan 20
- (כא) שלא יכנסו בו - לעולם ואפילו אחרים אבל מ"מ מותר ליהנות ממנו ולמכרה לא"י:(21) Qu'on n'y entre pas – jamais, et même d'autres personnes ; mais néanmoins il est permis d'en tirer profit et de la vendre à un non-Juif.
séif katan 21
- (כב) בעל כרחו - ר"ל שעבר על תנאו שהתנה עמו מקודם על כן אין לו לחוש לזה דהיינו שאין צריך אפילו למחות לו עוד בעת שעושה המלאכה [כן מוכח במרדכי ורי"ו שהם מקור דין לזה שהובאו בב"י לקמן וכן מוכח מביאור הגר"א] ועיין במ"א שמפקפק מאד בדין זה דכיון שהוא מחובר והוי מילתא דפרהסיא איכא חשדא דרואים שלא ידעו שהתנה וכן בא"ר נתקשה על עיקר הדין של המרדכי וע"כ אין להקל בזה אלא יראה למחות לו ולמנעו מפעולתו וכתב הא"ר דמ"מ נראה שא"צ ליתן להם מעות כדי שיפסקו כיון שבכך התנה מתחלה ונרצו לכך עכ"ד ומשמע מלשונו דאם לא התנה מתחלה אין די במחאתו בלבד אלא צריך לפזר ממעותיו כדי שיפסקו ונראה שטעמו דפשע דה"ל להתנות מתחלה וצ"ע לדינא:(22) Contre sa volonté – il veut dire qu'il a transgressé la condition qu'il avait stipulée avec lui auparavant ; c'est pourquoi il n'a pas à s'en soucier, c'est-à-dire qu'il n'a même pas besoin de protester encore auprès de lui au moment où il fait le travail [c'est ce qui ressort du Mordekhaï et de Rabbénou Yero'ham, qui sont la source de cette loi, cités plus loin dans le Beit Yossef ; et cela ressort aussi du Biour du Gaon de Vilna]. Et vois le Maguen Avraham, qui doute beaucoup de cette loi : puisque c'est attaché au sol et que c'est une chose publique, il y a un soupçon, car ceux qui voient ne savent pas qu'il a stipulé. Et de même l'Eliya Rabba s'est interrogé sur le fondement même de la loi du Mordekhaï ; c'est pourquoi il ne faut pas être indulgent en cela, mais il veillera à protester auprès de lui et à l'empêcher de travailler. Et l'Eliya Rabba a écrit : néanmoins, il semble qu'il n'ait pas besoin de leur donner de l'argent pour qu'ils s'arrêtent, puisqu'il l'avait stipulé ainsi dès le début et qu'ils y avaient consenti. Fin de ses paroles. Et il ressort de sa formulation que s'il n'avait pas stipulé dès le début, sa seule protestation ne suffit pas, mais il doit dépenser de son argent pour qu'ils s'arrêtent ; et il semble que sa raison soit qu'il a été négligent, car il aurait dû stipuler dès le début ; et la question demeure (tsarikh iyoun) en pratique.
séif katan 22
- (כג) הידועה לישראל - אין מיירי שעושה אותה ברשות ישראל דא"ה אפילו היה דינו רק כמטלטלין דעלמא ג"כ היה אסור כדמוכח בסימן רנ"ב ס"ב דאף במטלטלין אסור אם עושה אותה ברשות ישראל אלא מיירי שלא בביתו ועיין במ"א ושארי אחרונים דדוקא אם לעושה את הספינה במקום גלוי ומפורסם דאם בצינעה אין להחמיר בה כדמוכח בסימן רנ"ב ס"ג:(23) Connu pour appartenir à un Juif – Il ne s'agit pas du cas où il le fait dans le domaine du Juif, car alors, même si sa loi n'était que celle d'objets mobiliers ordinaires, ce serait aussi interdit, comme il ressort du siman 252, séif 2, que même pour des objets mobiliers c'est interdit s'il le fait dans le domaine du Juif ; mais il s'agit du cas où ce n'est pas dans sa maison. Et vois le Maguen Avraham et les autres A'haronim : seulement s'il fait le bateau dans un endroit découvert et notoire ; car si c'est en privé, il ne faut pas être rigoureux, comme il ressort du siman 252, séif 3.
séif katan 23
- (כד) שיכתוב לו - כתב מ"א כונת הרמב"ם כדרך השרים שיש להם סופר מיוחד או חייט מיוחד שבכל עת שצריך השר לכתוב מחויב לו לכתוב ובעת שאין צריך לו יושב ובטל ולכן מותר לכתוב או לארוג בשבת שהוא עושה בכל עת שירצה שהרי הישראל אין אומר לו לעשות בשבת ואם רצה עושה למחר ואין הישראל מרויח במה שעושה בשבת אבל אם שכרו לארוג לו תמיד בשנה זו או לכתוב לו תמיד אסור אף להרמב"ם לכתוב לו בשבת אף שאין מדקדק עליו על ביטול איזה יום מ"מ הרי מרויח הישראל בעשייתו ומהט"ז משמע דגם בכה"ג חשוב להרמב"ם קבלנות כיון שאינו מקפיד עליו אם יבטל איזה יום דאם הוא מקפיד עליו שלא ישב איזה יום בטל אסור לכו"ע דהוי כאלו צוהו לעשות ביום השבת. עוד כתב הט"ז דאם שכרו לגמור ספר או בגד תוך אותו זמן הוא כמקפיד והיינו בשידוע דא"א לגמור אם לא שיעשה גם בשבת ואף שאם יאנוס עצמו וישב בלילה יוכל לגמור בחול אעפ"כ הוי זה כמצוה לו לעשות בשבת [כן ביאר הפ"מ כונתו והסכים עמו נגד הא"ר]:(24) Pour qu'il lui écrive – Le Maguen Avraham a écrit que l'intention du Rambam vise le cas des seigneurs qui ont un scribe attitré ou un tailleur attitré : chaque fois que le seigneur a besoin d'écrire, il est obligé d'écrire pour lui, et quand il n'a pas besoin de lui, il reste assis à ne rien faire ; c'est pourquoi il est permis d'écrire ou de tisser à Chabbat, car il travaille à tout moment qu'il veut, puisque le Juif ne lui dit pas de le faire à Chabbat, et s'il veut, il le fait le lendemain, et le Juif ne gagne rien à ce qu'il le fasse à Chabbat. Mais s'il l'a engagé pour lui tisser continuellement cette année, ou pour lui écrire continuellement, il est interdit, même selon le Rambam, d'écrire pour lui à Chabbat ; bien qu'il ne soit pas pointilleux avec lui sur le chômage d'un jour, néanmoins le Juif gagne à ce qu'il travaille. Et du Taz il ressort que même dans un tel cas, cela est considéré selon le Rambam comme un forfait, puisqu'il ne lui tient pas rigueur s'il chôme un jour ; car s'il lui tient rigueur pour qu'il ne reste pas un jour inactif, c'est interdit selon tous les avis, car c'est comme s'il lui avait ordonné de faire le travail le jour du Chabbat. Le Taz a encore écrit que s'il l'a engagé pour achever un livre ou un vêtement dans ce délai, c'est comme s'il lui tenait rigueur ; c'est-à-dire lorsqu'il est connu qu'il est impossible d'achever s'il ne travaille pas aussi à Chabbat ; et bien que s'il se contraignait et restait travailler la nuit, il pourrait achever en semaine, malgré cela c'est comme s'il lui ordonnait de travailler à Chabbat [ainsi le Peri Megadim a expliqué son intention, et il l'a approuvé contre l'Eliya Rabba].
séif katan 24
- (כה) או שיארוג לו ה"ז וכו' - כצ"ל:(25) Ou qu'il lui tisse, celui-ci, etc. – c'est ainsi qu'il faut lire (la version correcte du texte).
séif katan 25
- (כו) שלא יחשוב עמו - ר"ל שלא ידקדק עליו אם מבטל איזה יום ממלאכתו:(26) Qu'il ne compte pas avec lui – il veut dire qu'il ne soit pas pointilleux avec lui s'il chôme un jour de son travail.
séif katan 26
- (כז) בבית ישראל - דבזה אפילו קבלנות גמורה אסור כדלקמן בסימן רנ"ב:(27) Dans la maison du Juif – car dans ce cas, même un forfait complet est interdit, comme plus loin au siman 252.
séif katan 27
- (כח) ויש מי שאוסר - הוא דעת הראב"ד והנה לדעת הט"ז הנ"ל ניחא בפשיטות טעם הראב"ד דס"ל דאף שאינו מקפיד על ביטולו מ"מ הרי הישראל מרויח על ידו ולדעת המ"א הנ"ל ג"כ ניחא דס"ל להראב"ד דהישראל מרויח במה שעושה בשבת דשמא יצטרך גם למחר לכתוב ולא יוכל לעשות שניהם כאחד:(28) Et il y a un avis qui interdit – c'est l'avis du Raavad. Or, selon l'avis du Taz cité plus haut (séif katan 24), la raison du Raavad se comprend simplement : il pense que bien qu'il ne soit pas pointilleux sur son chômage, néanmoins le Juif gagne par lui. Et selon l'avis du Maguen Avraham cité plus haut, cela se comprend aussi : le Raavad pense que le Juif gagne à ce qu'il travaille à Chabbat, car peut-être aura-t-il besoin aussi le lendemain d'écrire, et il ne pourra pas faire les deux à la fois.
séif katan 28
- (כט) למלאכה מיוחדת - דבזה אפשר שלא יגיע לישראל ריוח עי"ז שהוא עושה בשבת כגון שלא יצטרך הישראל אריגה או כתיבה כ"כ אבל אם לכל המלאכות קרוב הדבר לודאי שיצטרך למחר מלאכה אחרת וא"כ מרויח הישראל במלאכת הא"י בשבת ולכך אפילו אם לא יחשוב עמו יום יום אסור:(29) Pour un travail particulier – car dans ce cas, il est possible qu'il ne revienne au Juif aucun profit du fait qu'il travaille à Chabbat, par exemple si le Juif n'a pas tellement besoin de tissage ou d'écriture ; mais si c'est pour tous les travaux, il est presque certain qu'il aura besoin le lendemain d'un autre travail, et ainsi le Juif gagne au travail du non-Juif à Chabbat ; c'est pourquoi, même s'il ne compte pas avec lui jour par jour, c'est interdit.
séif katan 29
- (ל) לכל המלאכות - ומטעם זה יש למחות ביד השפחות כשעושין מלאכת אדוניהן בשבת אפילו כשעושין שלא בבית ישראל ושלא בצווי בעליהן דהא הם שכורין לכל המלאכות וכ"ש כשעושין בבית ישראל דזה אסור אפילו בשכור למלאכה מיוחדת וכנ"ל. ועיין בט"ז סק"ך דמביא בשם רבינו שמחה דהוא אוסר להשפחה אפילו לעשות מלאכת עצמה בבית בעליה והטעם מפני הרואים שלא יאמרו מלאכה של ישראל היא עושה והא"ר הביא בשם סה"ת דמלאכת עצמה מותר ודעתו שגם רבינו שמחה מודה לזה ע"ש בדבריו והפמ"ג יישב דברי הט"ז ע"ש ועיין בספר ח"א כלל ס"ד דלתקן השפחה בגדיה לכו"ע מותר בבית בעה"ב שהוא ניכר שמלאכת עצמה היא עושה ועי"ש עוד מה שכתב בענין זה ועיין מה שכתבנו בס"ק ל"ה:(30) Pour tous les travaux – Et pour cette raison, il faut protester auprès des servantes lorsqu'elles font le travail de leurs maîtres à Chabbat, même lorsqu'elles le font hors de la maison du Juif et sans l'ordre de leurs maîtres, car elles sont engagées pour tous les travaux ; et à plus forte raison lorsqu'elles le font dans la maison du Juif, car cela est interdit même pour celui qui est engagé pour un travail particulier, comme ci-dessus. Et vois le Taz, séif katan 20, qui rapporte au nom de Rabbénou Sim'ha qu'il interdit à la servante même de faire son propre travail dans la maison de ses maîtres, et la raison est à cause de ceux qui voient, qu'ils ne disent pas qu'elle fait un travail du Juif ; et l'Eliya Rabba a rapporté au nom du Sefer HaTerouma que son propre travail est permis, et son avis est que Rabbénou Sim'ha aussi l'admet ; vois là-bas ses paroles. Et le Peri Megadim a justifié les paroles du Taz, vois là-bas. Et vois dans le livre 'Hayé Adam, principe 64, que pour la servante, réparer ses propres vêtements est permis selon tous les avis dans la maison du maître de maison, car il est reconnaissable que c'est son propre travail qu'elle fait ; et vois là-bas encore ce qu'il a écrit à ce sujet ; et vois ce que nous avons écrit au séif katan 35.
séif katan 30
- (לא) ומשכיר לו א"י - הלשון אינו מדויק כי הכונה הוא ששוכר את הא"י [אחרונים]:(31) Et qui engage un non-Juif – la formulation (« qui lui loue ») n'est pas précise, car l'intention est qu'il engage le non-Juif (les A'haronim).
séif katan 31
- (לב) אם הוא בקיבולת - דאז שרי מדינא כמו בעורות לעבדן בריש סימן רנ"ב דמותר ליתן לו קודם שקיעת החמה אם הוא בקיבולת משום דאדעתא דנפשיה קעביד אע"ג דאסור שם לקבוע לו מלאכתו בשבת ועוד דהוי מילתא דפרהסיא שהעסק היה ידוע לכל שהוא של ישראל וכמו שהיה עושה הא"י עתה בבית ישראל דמי דאסר שם מ"מ התירו בזה משום פסידא דאדם בהול על ממנו ואי לא שרית ליה אתי לגבות בעצמו ויבוא לידי איסורא דאורייתא דשמא יכתוב פתקא כדרך המוכסים [בית יוסף] ולפ"ז משמע דבמכ"ס שאין כותבין כגון אותן שלוקחין מיני מאכל במכס אסור אפילו ע"י א"י דלא יבא לידי איסור דאורייתא אפילו אי לא שרינן ליה אבל הט"ז ומ"א מסקי דאפילו באופן זה שרינן ע"י א"י משום פסידא. מיהו בעצמו אסור לקבל אף המכס של מיני מאכל אפילו אם לא הובא מחוץ לתחום ולא שייך בו חשש צידה ומחובר משום ממצוא חפצך וכמ"ש סימן ש"ו [א"ר]. יהודי ששכר בשול המלח מן השר מותר להשכיר לו פועלים בקיבולת שאם יעשה לו כך וכך מלח יתן לו כך וכך ואע"פ שהכלים והעצים הם של ישראל שרי [ובלבד שלא יביאו עצים מרשות הישראל בשבת שכל קבלנות אינה מותרת אא"כ מסר להם מע"ש כל מה שרוצה למסור לצורך המלאכה ויוציאום מרשותו מע"ש] אבל אין לו היתר לשכור א"י על שבת וחודש דמ"מ מרויח הישראל במלאכתו ואין לו היתר אלא בקבלנות [ח"א]:(32) Si c'est à forfait – car alors c'est permis selon la stricte loi, comme pour les peaux à tanner, au début du siman 252, où il est permis de les lui donner avant le coucher du soleil si c'est à forfait, parce qu'il agit dans son propre intérêt, bien qu'il soit interdit là de lui fixer son travail à Chabbat. Et de plus, c'est une chose publique, car l'affaire était connue de tous comme étant celle d'un Juif, et c'est comme si le non-Juif travaillait maintenant dans la maison du Juif, ce qu'il a interdit là-bas ; néanmoins ils l'ont permis ici à cause de la perte, car l'homme est anxieux pour son argent, et si tu ne le lui permets pas, il en viendra à percevoir lui-même et arrivera à un interdit de la Torah, car peut-être écrira-t-il un billet (reçu), comme le font les percepteurs (Beit Yossef). Et d'après cela, il ressort que pour les taxes où l'on n'écrit pas, par exemple celles où l'on prend des denrées alimentaires comme taxe, c'est interdit même par l'intermédiaire d'un non-Juif, car il n'arrivera pas à un interdit de la Torah, même si nous ne le lui permettons pas ; mais le Taz et le Maguen Avraham concluent que même de cette manière, nous permettons par l'intermédiaire d'un non-Juif, à cause de la perte. Toutefois, lui-même, il lui est interdit de percevoir même la taxe sur les denrées alimentaires, même si elles n'ont pas été apportées de hors du te'houm, et qu'il n'y a pas là de crainte de capture (d'animaux) ou de cueillette de ce qui est attaché au sol, à cause de « en recherchant tes affaires » (Isaïe 58, 13), comme il est écrit au siman 306 (Eliya Rabba). Un Juif qui a pris en location du seigneur la cuisson du sel, il lui est permis d'engager des ouvriers à forfait : s'ils lui produisent tant et tant de sel, il leur donnera tant et tant ; et bien que les ustensiles et le bois soient au Juif, c'est permis [à condition qu'on n'apporte pas de bois du domaine du Juif à Chabbat, car tout forfait n'est permis que s'il leur a remis dès la veille de Chabbat tout ce qu'il veut remettre pour les besoins du travail, et qu'ils le sortent de son domaine dès la veille de Chabbat] ; mais il n'a pas la permission d'engager un non-Juif à la semaine ou au mois, car de toute façon le Juif gagne à son travail, et il n'a de permission que par le forfait ('Hayé Adam).
séif katan 32
- (לג) אתן לך כך וכך - דהיינו שאין מזכיר לו יום השבת כלל אלא בסתמא אם תגבה כו"כ אתן לך סך כו"כ א"כ לא הוי שכיר יום וגם לית כאן שכר שבת כלל שכבר שכר מהשר המכס של כל השנה עם השבתות בכלל [פמ"ג]:(33) Je te donnerai tant et tant – c'est-à-dire qu'il ne lui mentionne pas du tout le jour du Chabbat, mais de manière générale : si tu perçois tant et tant, je te donnerai telle somme ; ainsi ce n'est pas un journalier, et il n'y a pas non plus ici de salaire de Chabbat du tout, car il a déjà loué du seigneur la taxe de toute l'année, Chabbatot comprises (Peri Megadim).
séif katan 33
- (לד) והא"י יקח וכו' - ר"ל דבזה ג"כ מדינא שרי דא"י כי עביד אדעתא דנפשיה עביד וכתב המ"א דגם משום שכר שבת לית בזה אף שהוא משכירו לשבת לחוד משום דהרי הוא כאלו קנה ממנו המכס [וה"ל כאלו יודע שיביאו לו א"י סחורה בשבת ומכרה בע"ש לא"י שהוא יקבלה ממנו בשבת דפשיטא דשרי] וכן גבי מטבע מוכר לו הורמנא בעלמא מה שיש לו מהמלך וכל הריוח יקח הא"י ואין בזה רק משום מראית העין שיאמרו שהוא עושה לצורך ישראל שישראל שכרו לכתוב בשבת ולקבל המכס וזהו שכתב הרמ"א ולא חיישינן וכו' דבמקום פסידא וכו' ולא הזכיר כלל משכר שבת ועיין בבה"ל:(34) Et le non-Juif prendra, etc. – il veut dire que dans ce cas aussi, c'est permis selon la stricte loi, car le non-Juif, quand il agit, agit dans son propre intérêt. Et le Maguen Avraham a écrit qu'il n'y a pas non plus en cela d'interdit de salaire de Chabbat, bien qu'il le lui loue pour le Chabbat seul, parce que c'est comme s'il lui avait acheté la taxe [et c'est comme s'il savait qu'on lui apportera de la marchandise à Chabbat par un non-Juif, et qu'il l'a vendue la veille de Chabbat à un non-Juif pour que celui-ci la reçoive de lui à Chabbat, ce qui est évidemment permis]. Et de même pour la monnaie, il lui vend simplement l'autorisation (hormana) qu'il a du roi, et tout le profit, le non-Juif le prendra ; et il n'y a en cela qu'un problème d'apparence, qu'on dise qu'il agit pour les besoins du Juif, que le Juif l'a engagé pour écrire à Chabbat et percevoir la taxe. Et c'est ce qu'a écrit le Rema : « Et on ne craint pas, etc., car dans un cas de perte, etc. », et il n'a pas du tout mentionné le salaire de Chabbat. Et vois le Biour Halakha.
séif katan 34
- (לה) לא חששו - דע דמשמע מכל הפוסקים דלא התירו אפי' במקום הפסד גדול אלא באופן זה שצייר השו"ע דהיינו או בקיבולת או שמשכיר לו את גוף הריוח דבכל זה העובד גלולים אדעתא דנפשיה קעביד אבל בשכיר יום ממש אסור בכל גווני ומזה תדע שאותן האנשים המחזיקים בית משקה שלוקחין מע"ש איזה א"י בביתן על יום השבת לעסוק במכירת המשקה שלא כדין הם עושין דאף אם נחשוב מניעת ריוח יום השבת להפסד גדול מ"מ הלא לא התירו בשכיר יום ממש וגם דאולי הוא רק בכלל מניעת הריוח כמו שכתבו האחרונים לענין תנור ומרחץ ועכ"פ אין להתיר אלא באופן שציירו השו"ע והרמ"א או שיקנה לו מע"ש כל הדברים שנותן לו למכור ואף דעכ"פ עדיין העסק נקרא על שם ישראל זה מותר משום פסידא ולפי מה שכתבנו לקמיה בשם הט"ז יהיה מותר בזה לישראל לישב מרחוק ולשמור שלא יגנוב הא"י מהעסק אך שיזהר שלא יתערב בהעסק ושלא ידבר עמו כלום מענינים ההם והוא דבר שקשה ליזהר שלא לדבר כלום כשיושב שם אך העולם נוהגין להתיר והנח להם מוטב שיהיו שוגגין ואל יהיו מזידין [תו"ש] והבוטח בה' ואינו מחפש צדדי קולות על שבת אשריו:(35) Ils ne s'en sont pas souciés – Sache qu'il ressort de tous les décisionnaires qu'ils n'ont permis, même en cas de grande perte, que de la manière que le Choulhan Aroukh a décrite, c'est-à-dire soit à forfait, soit en lui louant le profit lui-même, car dans tout cela le non-Juif (litt. l'idolâtre) agit dans son propre intérêt ; mais pour un véritable journalier, c'est interdit de toute manière. Et de là tu sauras que ces gens qui tiennent un débit de boissons, qui prennent dès la veille de Chabbat un non-Juif dans leur maison pour le jour du Chabbat, pour s'occuper de la vente de la boisson, n'agissent pas selon la loi ; car même si nous considérons la privation du profit du jour du Chabbat comme une grande perte, ils n'ont néanmoins pas permis pour un véritable journalier ; et aussi, peut-être cela n'entre-t-il que dans la catégorie de la privation de profit, comme l'ont écrit les A'haronim au sujet du four et du bain. En tout cas, il ne faut permettre que de la manière que le Choulhan Aroukh et le Rema ont décrite, ou qu'il lui vende dès la veille de Chabbat toutes les choses qu'il lui donne à vendre ; et bien que, en tout cas, l'affaire soit encore appelée du nom du Juif, cela est permis à cause de la perte. Et selon ce que nous avons écrit ci-après au nom du Taz, il sera permis dans ce cas au Juif de s'asseoir à distance pour surveiller que le non-Juif ne vole pas de l'affaire ; mais qu'il veille à ne pas se mêler de l'affaire et à ne lui parler de rien concernant ces sujets, et c'est une chose dont il est difficile de se garder, de ne rien dire quand on est assis là. Mais les gens ont l'usage de permettre, et laisse-les : mieux vaut qu'ils soient fautifs par inadvertance plutôt que délibérément (Tossefot Chabbat). Et celui qui place sa confiance en Hachem, et ne cherche pas des voies d'indulgence au sujet du Chabbat, heureux est-il !
séif katan 35
- (לו) דינו כדין וכו' - וע"כ מותר ליתן הכסף לא"י מבעוד יום בקיבולת שאם יעשה לו מן הכסף כו"כ יתן לו כו"כ או שישכיר לו הישראל הריוח שיעלה מזה בשבת להא"י וכנ"ל משום פסידא:(36) A la loi de, etc. – C'est pourquoi il est permis de donner l'argent (le métal) au non-Juif pendant qu'il fait encore jour, à forfait : s'il lui produit de l'argent tant et tant, il lui donnera tant et tant ; ou que le Juif loue au non-Juif le profit qui en résultera à Chabbat ; comme ci-dessus, à cause de la perte.
séif katan 36
- (לז) שלא ישב הישראל - שהשכיר לו או שלוחו וכתב הט"ז דמה שאסור לישב שם היינו כדי לידע מה היא ההתעסקות שעושה הא"י וכדי לקבל הימנו חשבון ע"ז למחר דזה אסור משום מצוא חפצך כדלקמן סימן ש"ו ס"א אבל אם אינו יושב שם אלא כדי לשמור את הא"י שלא יגנוב מן המכס מותר ומזה ניחא מה שנהגו מחזיקי רחיים מהשר להושיב שם ישראל אפילו בשבת רק יזהרו שלא ידבר כלום בהעסק עכ"ל וכ"כ שארי אחרונים:(37) Que le Juif ne s'asseye pas – celui qui le lui a loué, ou son émissaire. Et le Taz a écrit : ce qui est interdit, c'est de s'asseoir là pour savoir quelle est l'activité que fait le non-Juif, et pour recevoir de lui des comptes à ce sujet le lendemain, car cela est interdit à cause de « en recherchant tes affaires », comme plus loin au siman 306, séif 1 ; mais s'il ne s'assied là que pour surveiller le non-Juif, qu'il ne vole pas de la taxe, c'est permis. Et de là se comprend l'usage des tenanciers de moulins (loués) du seigneur, d'y installer un Juif même à Chabbat ; seulement, ils veilleront à ce qu'il ne dise rien de l'affaire. Fin de ses paroles. Et ainsi ont écrit les autres A'haronim.
séif katan 37