Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- גְּמָ׳ אָמַר שְׁמוּאֵל: לְדִבְרֵי רַבִּי טַרְפוֹן, הַמִּתְנַדֵּב שֶׁמֶן – קוֹמְצוֹ וּשְׁיָרָיו נֶאֱכָלִין. מַאי טַעְמָא? אָמַר קְרָא: ״קׇרְבַּן מִנְחָה״ – מְלַמֵּד שֶׁמִּתְנַדְּבִין שֶׁמֶן; וְכִי מִנְחָה – מָה מִנְחָה קוֹמְצָהּ וּשְׁיָרֶיהָ נֶאֱכָלִין, אַף שֶׁמֶן קוֹמְצוֹ וּשְׁיָרָיו נֶאֱכָלִין.Guemara : Chmouel a dit : selon les paroles de Rabbi Tarfon, qui admet que l'huile peut être offerte seule, celui qui fait don d'huile : le Cohen (prêtre) en prélève une poignée, qu'il brûle sur l'autel, et son reste est mangé par les Cohanim. Quelle en est la raison ? Le verset dit : « Une offrande de min'ha » (Lévitique 2, 1) ; le mot superflu korban (« offrande ») enseigne que l'on fait don d'huile, et que son statut est comme celui d'une min'ha (offrande de farine) : de même que d'une min'ha on prélève une poignée et que son reste est mangé, de même de l'huile on prélève une poignée et son reste est mangé.
- אָמַר רַבִּי זֵירָא: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: אִם רָאִיתָ שֶׁמֶן שֶׁמִּתְחַלֵּק בַּעֲזָרָה – אִי אַתָּה צָרִיךְ לִשְׁאוֹל מַהוּ; אֶלָּא מוֹתַר רְקִיקֵי מִנְחוֹת יִשְׂרָאֵל וְלוֹג שֶׁמֶן שֶׁל מְצוֹרָע, שֶׁאֵין מִתְנַדְּבִין. מִכְּלָל דְּמַאן דְּאָמַר מִתְנַדְּבִין – מִתְחַלֵּק.Rabbi Zeira a dit : nous aussi, nous l'avons appris dans la Michna (enseignement des Tannaïm, les Sages de cette époque) : Rabbi Chimon a dit : si tu as vu de l'huile que l'on distribue dans la cour du Temple, tu n'as pas besoin de demander ce que c'est ; mais c'est le surplus des galettes des min'hot d'Israël et le log (mesure de capacité) d'huile du lépreux, car on ne fait pas de don d'huile seule. On en déduit que, selon celui qui dit que l'on en fait don, cette huile est distribuée aux Cohanim pour être mangée, et n'est pas entièrement brûlée.
- אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי, אֵימָא סֵיפָא: אִם רָאִיתָ שֶׁמֶן שֶׁנִּיתָּן עַל גַּבֵּי אִישִּׁים – אִי אַתָּה צָרִיךְ לִשְׁאוֹל מַהוּ; אֶלָּא מוֹתַר רְקִיקֵי מִנְחַת כֹּהֲנִים וּמִנְחַת כֹּהֵן מָשִׁיחַ, שֶׁאֵין מִתְנַדְּבִין שֶׁמֶן. מִכְּלָל דִּלְמַאן דְּאָמַר מִתְנַדֵּב – כּוּלָּן לָאִישִּׁים. לְאַבָּיֵי קַשְׁיָא רֵישָׁא, לְרַבִּי זֵירָא קַשְׁיָא סֵיפָא!Abayé lui a dit : dis alors la fin de cet enseignement : si tu as vu de l'huile que l'on place sur les feux de l'autel, tu n'as pas besoin de demander ce que c'est ; mais c'est le surplus des galettes de la min'ha des Cohanim et de la min'ha du Cohen oint, car on ne fait pas de don d'huile. On en déduit que, selon celui qui dit que l'on en fait don, tout va aux feux de l'autel, contrairement à ce qu'a dit Chmouel. Pour Abayé, le début est difficile ; pour Rabbi Zeira, la fin est difficile !
- בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי זֵירָא – רֵישָׁא בְּשִׁירַיִם, סֵיפָא בְּקוֹמֶץ. אֶלָּא לְאַבָּיֵי – קַשְׁיָא! תְּנָא רֵישָׁא אַטּוּ סֵיפָא.Cela se comprend pour Rabbi Zeira : le début parle du reste de l'huile, et la fin de la poignée. Mais pour Abayé, c'est difficile ! Réponse : on ne peut rien déduire du début, car le Tanna a enseigné le début à cause de la fin, pour que les deux parties aient la même formulation.
- בִּשְׁלָמָא סֵיפָא – תָּנֵי מִשּׁוּם רֵישָׁא; אֶלָּא רֵישָׁא מִשּׁוּם סֵיפָא מִי תָּנֵי?! אִין; אָמְרִי בְּמַעְרְבָא: תְּנָא רֵישָׁא מִשּׁוּם סֵיפָא.Cela se comprend pour la fin, qu'on l'enseigne à cause du début ; mais le début, l'enseigne-t-on à cause de la fin ?! Oui ; on dit en Occident (en Erets Israël) : le Tanna a enseigné le début à cause de la fin.
- תָּא שְׁמַע: יַיִן כְּדִבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא – לַסְּפָלִים, שֶׁמֶן כְּדִבְרֵי רַבִּי טַרְפוֹן – לָאִישִּׁים. מַאי, לָאו מִדְּיַיִן כּוּלּוֹ לַסְּפָלִים, שֶׁמֶן כּוּלּוֹ לָאִישִּׁים? מִידֵּי אִירְיָא? הָא כִּדְאִיתַהּ וְהָא כִּדְאִיתַהּ.Viens et entends une preuve d'une baraïta (enseignement tannaïtique extérieur à la Michna) : le vin offert en don, selon les paroles de Rabbi Akiva, qui l'admet, va aux coupes situées au coin de l'autel ; l'huile, selon les paroles de Rabbi Tarfon, qui l'admet, va aux feux. N'est-ce pas qu'on en déduit : de même que le vin va tout entier aux coupes, l'huile va tout entière aux feux, contre Chmouel ? Réponse : Est-ce une preuve ? Ce cas-ci est tel qu'il est et ce cas-là est tel qu'il est ; les deux règles n'ont pas à se ressembler.
- אָמַר רַב פָּפָּא, כְּתַנָּאֵי: שֶׁמֶן לֹא יִפְחוֹת מִלּוֹג. רַבִּי אוֹמֵר: שְׁלֹשֶׁת לוּגִּין. בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא: דּוּן מִינַּהּ וּמִינַּהּ דּוּן מִינַּהּ וְאוֹקֵי בְּאַתְרַהּ אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ.Rav Pappa a dit : la règle de Chmouel correspond à une opinion dans une discussion de Tannaïm : l'huile : on n'en offrira pas moins d'un log. Rabbi (Yehouda HaNassi) dit : trois log. Sur quoi porte leur divergence ? Les Sages l'ont dit devant Rav Pappa : la règle « déduis-en et encore déduis-en » (le cas dérivé est semblable à sa source en tout point), ou la règle « déduis-en, et établis la chose à sa place » (la source n'enseigne qu'un point, et pour le reste le cas garde ses propres lois) : voilà ce qui les sépare.
- דְּרַבָּנַן סָבְרִי: מָה מִנְחָה מִתְנַדְּבִין, אַף שֶׁמֶן מִתְנַדְּבִין [וּמִינַּהּ – מָה מִנְחָה לוֹג שֶׁמֶן, אַף כָּאן לוֹג שֶׁמֶן. וּמָה מִנְחָה קוֹמְצָהּ וּשְׁיָרֶיהָ נֶאֱכָלִין, אַף שֶׁמֶן קוֹמְצוֹ וּשְׁיָרָיו נֶאֱכָלִין].Car les Sages pensent : déduis-en et encore déduis-en : de même que la min'ha s'offre en don, de même l'huile s'offre en don ; et déduis-en encore : de même que la min'ha comporte un log d'huile, de même ici un log d'huile ; et de même que d'une min'ha on prélève une poignée et que son reste est mangé, de même de l'huile on prélève une poignée et son reste est mangé.
- וְאִידַּךְ – מִמִּנְחָה: מָה מִנְחָה מִתְנַדְּבִין, אַף שֶׁמֶן מִתְנַדְּבִין; וְאוֹקֵי בְּאַתְרַהּ – כִּנְסָכִים: מָה נְסָכִים שְׁלֹשֶׁת לוּגִּין [אַף שֶׁמֶן (שלש) [שְׁלֹשָׁה] לוּגִּין, וּמָה נְסָכִים כּוּלָּן לַסְּפָלִין] – אַף שֶׁמֶן (כּוּלָּן) [כּוּלּוֹ] לָאִישִּׁים.Et l'autre, Rabbi, pense : déduis-en, et établis la chose à sa place : de la min'ha on déduit : de même que la min'ha s'offre en don, de même l'huile s'offre en don ; et établis la chose à sa place, comme les libations de vin, auxquelles l'huile ressemble : de même que les libations comportent trois log, de même l'huile trois log ; et de même que les libations vont tout entières aux coupes, de même l'huile va tout entière aux feux.
- אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: אִי מִמִּנְחָה מַיְיתֵי לַהּ [רַבִּי], דְּכוּלֵּי עָלְמָא דּוּן מִינַּהּ וּמִינַּהּ! אֶלָּא רַבִּי מֵ״אֶזְרָח״ גָּמַר לַהּ.Rav Pappa a dit à Abayé : si Rabbi le tirait de la min'ha, tous admettraient « déduis-en et encore déduis-en » ! Mais Rabbi l'apprend du mot « l'autochtone » (Nombres 15, 13), dans le passage des libations ; c'est pourquoi il compare l'huile aux libations.
- אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן לְרַב פָּפָּא: מִי מָצֵית אָמְרַתְּ הָכִי?! וְהָתַנְיָא: ״קׇרְבַּן מִנְחָה״ – מְלַמֵּד שֶׁמִּתְנַדְּבִין שֶׁמֶן. וְכַמָּה? שְׁלֹשָׁה לוּגִּין. וּמַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר שְׁלֹשָׁה לוּגִּין – רַבִּי הִיא; וְקָא מַיְיתֵי לַהּ מִ״קׇּרְבָּן״! אֲמַר לֵיהּ: אִי תַּנְיָא תַּנְיָא.Rav Houna, fils de Rav Natan, a dit à Rav Pappa : peux-tu vraiment parler ainsi ?! Or n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : « Une offrande de min'ha » (Lévitique 2, 1) enseigne que l'on fait don d'huile. Et combien ? Trois log. Et qui as-tu entendu dire trois log ? C'est Rabbi ; et il le tire du mot « offrande » ! Rav Pappa lui a dit : si cela a été enseigné, cela a été enseigné, et je n'ai rien à y opposer.
- אָמַר שְׁמוּאֵל: הַמִּתְנַדֵּב יַיִן, מֵבִיא וּמְזַלְּפוֹ עַל גַּבֵּי הָאִישִּׁים. מַאי טַעְמָא? אָמַר קְרָא: ״וְיַיִן תַּקְרִיב לַנֶּסֶךְ חֲצִי הַהִין אִשֵּׁה רֵיחַ נִיחֹחַ לַה׳״. וְהָא קָא מְכַבֵּי! כִּיבּוּי בְּמִקְצָת לָא שְׁמֵיהּ כִּיבּוּי.Chmouel a dit : celui qui fait don de vin l'apporte et le répand en gouttes sur les feux de l'autel. Quelle en est la raison ? Le verset dit : « Et tu offriras du vin pour la libation, un demi-hin, sacrifice par le feu, d'agréable odeur pour Hachem » (Nombres 15, 10) ; il existe donc une libation de vin qui va au feu. Mais il éteint ainsi le feu de l'autel, ce que la Torah interdit (Lévitique 6, 6) ! Réponse : une extinction partielle ne s'appelle pas une extinction.
- אִינִי?! וְהָאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: הַמּוֹרִיד גַּחֶלֶת מֵעַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ וְכִיבָּהּ – חַיָּיב, דְּלֵיכָּא אֶלָּא הַאי! אִיבָּעֵית אֵימָא: כִּיבּוּי דְּמִצְוָה שָׁאנֵי.Est-ce vrai ?! Rav Na'hman n'a-t-il pas dit, au nom de Rabba bar Avouh : celui qui descend une braise de dessus l'autel et l'éteint est passible ? Réponse : il s'agit d'un cas où il n'y a que celle-ci sur l'autel. Si tu veux, dis : une extinction pour une mitsva (commandement) est différente, et elle est permise.
- תָּא שְׁמַע, דְּתָנָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב: כְּלַפֵּי שֶׁנִּתְּנָה תּוֹרָה לִתְרוֹם, יָכוֹל יְכַבֶּה וְיִתְרוֹם? אָמְרַתְּ: לֹא יְכַבֶּה! שָׁאנֵי הָתָם, אֶפְשָׁר דְּיָתֵיב וְנָטַר.Viens et entends, car Rabbi Eliézer ben Yaakov a enseigné : puisque la Torah a donné le commandement de prélever la cendre de l'autel, on pourrait croire qu'il peut éteindre les braises et prélever ? Tu as dit : il n'éteindra pas ! Réponse : c'est différent là-bas, car il est possible de s'asseoir et d'attendre que les braises se consument, alors que pour le vin il n'y a pas d'autre moyen.
- תָּא שְׁמַע: יַיִן כְּדִבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא – לַסְּפָלִים, שֶׁמֶן כְּדִבְרֵי רַבִּי טַרְפוֹן – לָאִישִּׁים! וְעוֹד תַּנְיָא: יַיִן (נסך) – [לְנַסֵּךְ] לַסְּפָלִים. אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא לָאִישִּׁים? אָמַרְתָּ: לֹא יְכַבֶּה!Viens et entends : le vin, selon les paroles de Rabbi Akiva, va aux coupes ; l'huile, selon les paroles de Rabbi Tarfon, va aux feux ! Et il a encore été enseigné : le vin sert à faire la libation aux coupes. Ou bien n'irait-il qu'aux feux ? Tu as dit : il n'éteindra pas ! C'est donc une objection à Chmouel.
- לָא קַשְׁיָא; הָא רַבִּי יְהוּדָה, הָא רַבִּי שִׁמְעוֹן. לְמֵימְרָא דִּשְׁמוּאֵל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סְבִירָא לֵיהּ?! וְהָאָמַר שְׁמוּאֵל: מְכַבִּין גַּחֶלֶת שֶׁל מַתֶּכֶת בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, בִּשְׁבִיל שֶׁלֹּא יִזּוֹקוּ בָּהּ רַבִּים.Ce n'est pas difficile : celle-ci, la baraïta, est selon Rabbi Yehouda, qui interdit un acte non intentionnel ; celle-là, la règle de Chmouel, est selon Rabbi Chimon, qui le permet. Est-ce à dire que Chmouel pense comme Rabbi Chimon ?! Chmouel n'a-t-il pas dit : on éteint une braise de métal dans le domaine public à Chabbat, afin que la multitude n'en soit pas blessée ;
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