Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְכוּלָּן רַשָּׁאִין כֹּהֲנִים לְשַׁנּוֹת בַּאֲכִילָתָן – לְאָכְלָן צְלוּיִין שְׁלוּקִין וּמְבוּשָּׁלִין, וְלָתֵת לְתוֹכָן תַּבְלֵי חוּלִּין וְתַבְלֵי תְרוּמָה. דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל. אֲמַר לֵיהּ: הַנַּח לִתְרוּמַת תַּבְלִין – דְּרַבָּנַן.Et tous les sacrifices, les Cohanim (prêtres) ont le droit de modifier la manière de les consommer – les manger rôtis, bouillis ou cuits, et y mettre des épices profanes ou des épices de terouma (prélèvement donné au Cohen). Telles sont les paroles de Rabbi Ichmaël. Il en ressort qu'on peut, dès le départ, assaisonner un sacrifice avec des épices de terouma, bien que cela réduise le temps imparti pour manger cette terouma. Rabba lui dit à Abayé : Laisse de côté la terouma des épices, qui n'est que d'ordre rabbinique, et non de la Torah.
- אֵיתִיבֵיהּ: אֵין לוֹקְחִין תְּרוּמָה בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר, מִפְּנֵי שֶׁמְּמַעֵט בַּאֲכִילָתָהּ; וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר! אִישְׁתִּיק לֵיהּ.Abayé lui objecta à partir d'une Michna (Ma'asser Chéni 3, 2) : On n'achète pas de terouma avec l'argent du ma'asser (le second prélèvement, consommé à Jérusalem), car on restreint ainsi les conditions de sa consommation : la terouma se mange partout et même par un endeuillé du premier jour, alors que le ma'asser et ce qui est acheté avec son argent se mangent uniquement à Jérusalem et sont interdits à l'endeuillé. Mais Rabbi Chimon permet cet achat ! Rabbi Chimon admet donc qu'on amène de la terouma à un état d'invalidité. Rabba se tut devant lui et ne répondit pas.
- כִּי אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף, אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי לָא תּוֹתְבֵיהּ מֵהָא – אֵין מְבַשְּׁלִין יָרָק שֶׁל שְׁבִיעִית בְּשֶׁמֶן שֶׁל תְּרוּמָה, שֶׁלֹּא יָבִיאוּ קָדָשִׁים לְבֵית הַפְּסוּל; וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר!Quand Abayé vint devant Rav Yossef et lui rapporta cet échange, celui-ci lui dit : Pourquoi ne lui as-tu pas objecté à partir de cette Michna (Chevi'it 8, 7) : On ne cuit pas des légumes de la septième année (l'année sabbatique) dans de l'huile de terouma, afin de ne pas amener des choses saintes, à savoir la terouma, à l'état d'invalidité, puisque l'huile devrait alors être consommée avant le temps de l'évacuation des produits de la septième année ; mais Rabbi Chimon permet de les cuire ainsi ! Rabbi Chimon admet donc qu'on amène des choses saintes à l'invalidité dès le départ.
- אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְלָאו מִי אוֹתְבִיתֵיהּ מֵהָא דְּתַבְלִין, וְאָמַר לִי: הַנַּח לִתְרוּמַת תַּבְלִין דְּרַבָּנַן? הָכָא נָמֵי (תְּרוּמָה) תְּרוּמַת יָרָק דְּרַבָּנַן. אִי הָכִי, אִיפְּכָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ לְמִיתְנֵי: יָרָק שֶׁל תְּרוּמָה בְּשֶׁמֶן שֶׁל שְׁבִיעִית!Abayé lui dit : Ne lui ai-je pas objecté à partir de celle des épices, et il m'a répondu : Laisse de côté la terouma des épices, qui est d'ordre rabbinique ? Ici aussi, il répondrait que l'huile dont parle cette Michna est une terouma de légumes, c'est-à-dire de l'huile de légumes, et non d'olive, dont la terouma n'est que d'ordre rabbinique. Rav Yossef répliqua : S'il en est ainsi, si l'on parle d'une terouma de légumes, il aurait fallu enseigner l'inverse : des légumes de terouma dans de l'huile de la septième année ! Puisque le Tanna parle d'huile de terouma, il s'agit forcément d'une terouma de la Torah, l'huile d'olive.
- וְלָאו מִי אוֹתְבִיתֵיהּ מִמַּתְנִיתִין דְּמַתִּיר רַבִּי שִׁמְעוֹן, וְאָמַר לִי דְּאִיעָרַב? הָכָא נָמֵי דְּאִיעָרַב.Abayé reprit : Et ne lui ai-je pas objecté à partir de notre Michna, où Rabbi Chimon permet d'amener des sacrifices à l'invalidité, et il m'a répondu que cela ne vaut que lorsque l'acham (sacrifice de culpabilité) et le chelamim (sacrifice de paix) se sont déjà mélangés ? Ici aussi, il répondrait qu'il s'agit d'un cas où l'huile de terouma et les légumes se sont déjà mélangés, et non d'une permission de les cuire ensemble dès le départ.
- אִי דְּאִיעָרַב, מַאי טַעְמַיְיהוּ דְּרַבָּנַן? מִידֵי דְּהָוֵה אַאָשָׁם וּשְׁלָמִים.La Guemara demande : S'il s'agit d'un cas où ils se sont déjà mélangés, quelle est la raison des Rabbanane, qui interdisent de les cuire ? Réponse : Il en va comme de l'acham et du chelamim mélangés, pour lesquels, même une fois le mélange survenu, on n'amène pas la viande du chelamim à l'invalidité.
- מִי דָּמֵי?! הָתָם אָשָׁם – אִית לֵיהּ תַּקַּנְתָּא בִּרְעִיָּיה; הָא – לֵית לֵיהּ תַּקַּנְתָּא בִּרְעִיָּיה!La Guemara s'étonne : Est-ce comparable ?! Là-bas, l'acham a un remède par le pâturage : on laisse les bêtes paître jusqu'à ce qu'elles contractent un défaut, et on rachète chacune en se fondant sur la valeur de la meilleure ; celui-ci, le mélange d'huile et de légumes, n'a pas de remède par le pâturage !
- הָא לָא דָּמֵי אֶלָּא לַחֲתִיכָה שֶׁבַּחֲתִיכוֹת – כֵּיוָן דְּלֵית תַּקַּנְתָּא, דְּאוֹכֵל כְּחָמוּר שֶׁבָּהֶן.Ce cas n'est comparable qu'au morceau de sacrifice très saint mélangé parmi des morceaux de sainteté moindre : puisqu'il n'y a pas de remède, même les Rabbanane admettent qu'on mange le tout selon la règle du plus strict d'entre eux, sans l'interdire. Eux aussi devraient donc permettre le mélange d'huile et de légumes ; on ne peut pas dire que leur divergence porte sur un mélange déjà survenu.
- מַתְקֵיף לַהּ רָבִינָא: מִי דָּמֵי?! חֲתִיכָה שֶׁבַּחֲתִיכוֹת – לֵית לַהּ תַּקַּנְתָּא כְּלָל; הַאי – אִית לֵיהּ תַּקַּנְתָּא בִּסְחִיטָה!Ravina objecta à cela : Est-ce comparable ?! Le morceau parmi les morceaux n'a absolument aucun remède, tandis que celui-ci, l'huile de terouma, a un remède par l'essorage : on peut extraire l'huile des légumes en les pressant. Ce cas ressemble donc à l'acham et au chelamim mélangés, qui ont un remède, et c'est pourquoi les Rabbanane interdisent.
- וְרַב יוֹסֵף – הֵיכִי נִסְחוֹט? נִסְחוֹט טוּבָא – קָא מַפְסֵיד בִּשְׁבִיעִית; נִסְחוֹט פּוּרְתָּא – סוֹף סוֹף אִיעָרוֹבֵי מִיעָרַב.Et Rav Yossef, comment répond-il ? Pour lui, l'essorage n'est pas un remède : Comment presserait-on ? Si l'on presse beaucoup, on abîme un produit de la septième année ; si l'on presse un peu, en fin de compte le mélange demeure mélangé. Il n'y a donc pas de remède : la Michna doit parler d'avant le mélange, et Rabbi Chimon permet bien d'amener des choses saintes à l'invalidité dès le départ.
- אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לַמׇּחֳרָת מֵבִיא אֲשָׁמוֹ וְלוּגּוֹ עִמּוֹ, וְאוֹמֵר: אִם שֶׁל מְצוֹרָע – הֲרֵי זֶה אֲשָׁמוֹ וְזֶה לוּגּוֹ,Rav Yossef lui objecta à Rabba à partir de cette baraïta (enseignement tannaïtique extérieur à la Michna), au sujet d'un metsora (lépreux) douteux, dont on ignore s'il a été déclaré lépreux confirmé : Rabbi Chimon dit : Le lendemain, au terme de ses sept jours de purification, il apporte son acham et son log d'huile avec lui, et il dit : Si je suis un metsora, voici son acham et voici son log,
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