Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- ״זוֹרוּ רְשָׁעִים מֵרָחֶם״. נְפַק מִינַּהּ שַׁבְּתַאי אָצַר פֵּירֵי.« Les méchants sont devenus étrangers dès le ventre maternel » (Psaumes 58, 4) : ils le sont déjà dans le sein de leur mère. Et de fait, d'elle est sorti Chabbetaï, l'accapareur de fruits, qui stockait les fruits en temps de disette pour en faire monter le prix aux dépens des pauvres.
- חוֹלֶה מַאֲכִילִין אוֹתוֹ עַל פִּי בְּקִיאִין. אָמַר רַבִּי יַנַּאי: חוֹלֶה אוֹמֵר צָרִיךְ, וְרוֹפֵא אוֹמֵר אֵינוֹ צָרִיךְ — שׁוֹמְעִין לַחוֹלֶה. מַאי טַעְמָא — ״לֵב יוֹדֵעַ מׇרַּת נַפְשׁוֹ״. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: רוֹפֵא קִים לֵיהּ טְפֵי, קָא מַשְׁמַע לַן.Il a été enseigné dans la Michna (enseignement des Tannaïm compilé par Rabbi Yehouda HaNassi) : si une personne est malade et risque un danger, on la fait manger sur l'avis d'experts en médecine. Rabbi Yannaï a dit : si le malade dit qu'il a besoin de manger et que le médecin dit qu'il n'en a pas besoin, on écoute le malade. Quelle en est la raison ? C'est que le verset dit : « Le cœur connaît l'amertume de son âme » (Proverbes 14, 10) : le malade connaît l'intensité de sa souffrance et de sa faiblesse. La Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) demande : c'est évident ! Chacun se connaît mieux que quiconque. Elle répond : tu aurais pu dire que le médecin est plus sûr de lui, car il a l'expérience de cette maladie ; elle nous enseigne donc que c'est tout de même le malade qui connaît le mieux sa propre souffrance.
- רוֹפֵא אוֹמֵר צָרִיךְ, וְחוֹלֶה אוֹמֵר אֵינוֹ צָרִיךְ — שׁוֹמְעִין לָרוֹפֵא. מַאי טַעְמָא — תּוּנְבָּא הוּא דְּנָקֵיט לֵיהּ.À l'inverse, si le médecin dit que le malade a besoin de manger et que le malade dit qu'il n'en a pas besoin, on écoute le médecin. Quelle en est la raison ? C'est que l'égarement (tounba) s'est emparé de lui à cause de sa maladie : son jugement est altéré et il ignore lui-même combien il a besoin de nourriture.
- תְּנַן: חוֹלֶה — מַאֲכִילִין אוֹתוֹ עַל פִּי בְּקִיאִין. עַל פִּי בְּקִיאִין — אִין, עַל פִּי עַצְמוֹ — לָא! עַל פִּי בְּקִיאִין — אִין, עַל פִּי בָּקִי אֶחָד — לָא!Nous avons appris dans la Michna : le malade, on le fait manger sur l'avis d'experts. On en déduit que sur l'avis d'experts, oui, on le fait manger, mais sur son propre avis, non, contrairement à Rabbi Yannaï. On en déduit aussi que sur l'avis d'experts, au pluriel, oui, mais sur l'avis d'un seul expert, non : il faudrait donc au moins deux médecins, ce qui contredit encore Rabbi Yannaï, pour qui l'avis d'un seul l'emporte sur celui du malade.
- הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן, דְּאָמַר לָא צְרִיכְנָא. וְלִיסְפּוֹ לֵיהּ עַל פִּי בָּקִי! לָא צְרִיכָא, דְּאִיכָּא אַחֲרִינָא בַּהֲדֵיהּ דְּאָמַר לָא צְרִיךְ — מַאֲכִילִין אוֹתוֹ עַל פִּי בְּקִיאִין.La Guemara répond : de quoi s'agit-il ici ? D'un cas où le malade dit : je n'en ai pas besoin. Elle objecte : mais qu'on le nourrisse sur l'avis d'un seul expert, puisque selon Rabbi Yannaï cela suffit dans un tel cas ! Elle répond : non, il fallait enseigner cette règle pour le cas où il y a un autre expert avec lui qui dit qu'il n'en a pas besoin. Dans ce cas, on le fait manger sur l'avis d'experts, c'est-à-dire de deux experts qui s'accordent à dire qu'il en a besoin.
- פְּשִׁיטָא, סְפֵק נְפָשׁוֹת הוּא, וּסְפֵק נְפָשׁוֹת לְהָקֵל! לָא צְרִיכָא, דְּאִיכָּא תְּרֵי אַחֲרִינֵי בַּהֲדֵיהּ דְּאָמְרִי לָא צְרִיךְ. וְאַף עַל גַּב דְּאָמַר רַב סָפְרָא: תְּרֵי כִּמְאָה וּמְאָה כִּתְרֵי, הָנֵי מִילֵּי לְעִנְיַן עֵדוּת, אֲבָל לְעִנְיַן אוּמְדָּנָא — בָּתַר דֵּעוֹת אָזְלִינַן.La Guemara objecte : c'est évident ! C'est un doute concernant la vie, et dans le doute concernant la vie on tranche avec indulgence ! Elle répond : non, il fallait l'enseigner pour le cas où il y a deux autres experts avec lui, avec le malade, qui disent qu'il n'en a pas besoin. Et bien que Rav Safra ait dit : deux témoins valent cent et cent valent deux, cela ne vaut qu'en matière de témoignage ; mais en matière d'estimation, nous suivons le nombre des avis. On aurait donc pu penser ici qu'on ne le nourrit pas, puisque deux médecins et le malade s'opposent aux deux autres médecins.
- וְהָנֵי מִילֵּי לְעִנְיַן אוּמְדָּנָא דְמָמוֹנָא, אֲבָל הָכָא סְפֵק נְפָשׁוֹת הוּא.Et cela ne vaut qu'en matière d'estimation d'ordre pécuniaire ; mais ici, c'est un doute concernant la vie : aussi, malgré la majorité contraire, on le fait manger.
- וְהָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: וְאִם אֵין שָׁם בְּקִיאִין מַאֲכִילִין אוֹתוֹ עַל פִּי עַצְמוֹ, מִכְּלָל דְּרֵישָׁא דְּאָמַר צָרִיךְ! חַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — דְּאָמַר לֹא צָרִיךְ אֲנִי, אֲבָל אָמַר צָרִיךְ אֲנִי, אֵין שָׁם בְּקִיאִין תְּרֵי אֶלָּא חַד דְּאָמַר לֹא צָרִיךְ — מַאֲכִילִין אוֹתוֹ עַל פִּי עַצְמוֹ.La Guemara objecte : mais du fait qu'il est enseigné dans la fin de la Michna : et s'il n'y a pas là d'experts, on le fait manger sur son propre avis, on déduit que le début traite du cas où il dit qu'il a besoin de manger, et que l'on suit alors les experts et non lui ! Elle répond : la Michna présente une lacune, et voici ce qu'elle enseigne : de quoi parle-t-on quand on exige des experts ? Du cas où il dit : je n'en ai pas besoin. Mais s'il dit : j'en ai besoin, et qu'il n'y a pas là deux experts mais un seul qui dit qu'il n'en a pas besoin, on le fait manger sur son propre avis.
- מָר בַּר רַב אָשֵׁי אָמַר: כֹּל הֵיכָא דְּאָמַר צָרִיךְ אֲנִי, אֲפִילּוּ אִיכָּא מְאָה דְּאָמְרִי לֹא צָרִיךְ לְדִידֵיהּ שָׁמְעִינַן — שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֵב יוֹדֵעַ מׇרַּת נַפְשׁוֹ״.Mar bar Rav Achi a dit : chaque fois qu'il dit : j'en ai besoin, même s'il y en a cent qui disent qu'il n'en a pas besoin, c'est lui que nous écoutons, comme il est dit : « Le cœur connaît l'amertume de son âme » (Proverbes 14, 10).
- תְּנַן: אִם אֵין שָׁם בְּקִיאִין — מַאֲכִילִין אוֹתוֹ עַל פִּי עַצְמוֹ. טַעְמָא דְּלֵיכָּא בְּקִיאִין, הָא אִיכָּא בְּקִיאִין לָא! הָכִי קָאָמַר: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — דְּאָמַר ״לֹא צָרִיךְ אֲנִי״, אֲבָל אָמַר ״צָרִיךְ אֲנִי״, אֵין שָׁם בְּקִיאִין כְּלָל — מַאֲכִילִין אוֹתוֹ עַל פִּי עַצְמוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֵב יוֹדֵעַ מׇרַּת נַפְשׁוֹ״.La Guemara objecte : nous avons appris dans la Michna : s'il n'y a pas là d'experts, on le fait manger sur son propre avis. La raison en est qu'il n'y a pas d'experts ; mais s'il y a des experts, non ! Elle répond : voici ce qu'elle veut dire : de quoi parle-t-on quand on suit les experts ? Du cas où il dit : « je n'en ai pas besoin ». Mais s'il dit : « j'en ai besoin », il n'y a là aucun expert du tout, c'est-à-dire que leur avis ne compte pas, et on le fait manger sur son propre avis, comme il est dit : « Le cœur connaît l'amertume de son âme » (Proverbes 14, 10).
- מַתְנִי׳ מִי שֶׁאֲחָזוֹ בּוּלְמוֹס — מַאֲכִילִין אוֹתוֹ אֲפִילּוּ דְּבָרִים טְמֵאִים, עַד שֶׁיֵּאוֹרוּ עֵינָיו. מִי שֶׁנְּשָׁכוֹ כֶּלֶב שׁוֹטֶה — אֵין מַאֲכִילִין אוֹתוֹ מֵחֲצַר כָּבֵד שֶׁלּוֹ. וְרַבִּי מַתְיָא בֶּן חָרָשׁ מַתִּיר.Michna : Celui qui est saisi de boulmous (maladie dangereuse, faim dévorante accompagnée d'un trouble de la vue), on le fait manger, même des aliments impurs, jusqu'à ce que ses yeux s'éclairent, signe qu'il se rétablit. Celui qu'un chien enragé a mordu, on ne lui fait pas manger du lobe du foie de ce chien, remède tenu pour inefficace. Et Rabbi Matia ben 'Harach le permet, car il le tient pour efficace.
- וְעוֹד אָמַר רַבִּי מַתְיָא בֶּן חָרָשׁ: הַחוֹשֵׁשׁ בִּגְרוֹנוֹ — מְטִילִין לוֹ סַם בְּתוֹךְ פִּיו בְּשַׁבָּת, מִפְּנֵי שֶׁהוּא סְפֵק נְפָשׁוֹת, וְכׇל סְפֵק נְפָשׁוֹת דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת.Et Rabbi Matia ben 'Harach a dit encore : à celui qui souffre de la gorge, on met un remède dans la bouche à Chabbat, parce que c'est un doute concernant la vie, et tout doute concernant la vie repousse le Chabbat.
- מִי שֶׁנָּפְלָה עָלָיו מַפּוֹלֶת, סָפֵק הוּא שָׁם סָפֵק אֵינוֹ שָׁם, סָפֵק חַי סָפֵק מֵת, סָפֵק גּוֹי סָפֵק יִשְׂרָאֵל, מְפַקְּחִין עָלָיו אֶת הַגַּל. מְצָאוּהוּ חַי — מְפַקְּחִין, וְאִם מֵת — יְנִיחוּהוּ.Celui sur qui un éboulement est tombé, et l'on doute s'il est là ou s'il n'est pas là, on doute s'il est vivant ou mort, on doute s'il est non-Juif ou Juif : on déblaie l'amas qui le recouvre. Si on le trouve vivant, on continue de déblayer jusqu'à le dégager ; et s'il est mort, on le laisse, car on ne profane pas le Chabbat pour un défunt.
- גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: מִנַּיִין הָיוּ יוֹדְעִין שֶׁהֵאִירוּ עֵינָיו — מִשֶּׁיַּבְחִין בֵּין טוֹב לָרַע. אָמַר אַבָּיֵי: וּבְטַעְמָא.Guemara : Nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta, enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : d'où savait-on que ses yeux s'étaient éclairés ? Dès qu'il distingue entre le bon et le mauvais. Abayé a dit : et au goût, c'est-à-dire lorsqu'il sait distinguer le goût d'un mets.
- תָּנוּ רַבָּנַן: מִי שֶׁאֲחָזוֹ בּוּלְמוֹס — מַאֲכִילִין אוֹתוֹ הַקַּל הַקַּל, טֶבֶל וּנְבֵילָה — מַאֲכִילִין אוֹתוֹ נְבֵילָה. טֶבֶל וּשְׁבִיעִית — שְׁבִיעִית.Nos Maîtres ont enseigné : celui qui est saisi de boulmous, on le fait manger de ce qui est le plus léger d'abord, en commençant par l'interdit le moins grave. Entre tével (produit dont on n'a pas prélevé les dîmes) et nevéla (bête morte sans abattage rituel), on lui fait manger la nevéla. Entre tével et produit de la septième année (chevi'it), la septième année.
- טֶבֶל וּתְרוּמָה — תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא: מַאֲכִילִין אוֹתוֹ טֶבֶל וְאֵין מַאֲכִילִין אוֹתוֹ תְּרוּמָה. בֶּן תֵּימָא אוֹמֵר: תְּרוּמָה וְלֹא טֶבֶל. אָמַר רַבָּה: הֵיכָא דְּאֶפְשָׁר בְּחוּלִּין, דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דִּמְתַקְּנִינַן לֵיהּ וּמַסְפִּינַן לֵיהּ.Entre tével et terouma (prélèvement donné au Cohen), c'est un point discuté entre Tannaïm, car il a été enseigné dans une baraïta : on lui fait manger du tével et on ne lui fait pas manger de terouma. Ben Téma dit : de la terouma et non du tével. Rabba a dit : là où il est possible de le nourrir de produit profane en prélevant les dîmes, tous s'accordent à dire que nous le rendons propre à la consommation et nous lui donnons à manger.
- כִּי פְּלִיגִי בִּדְלָא אֶפְשָׁר בְּחוּלִּין. מָר סָבַר טֶבֶל חָמוּר, וּמַר סָבַר תְּרוּמָה חֲמוּרָה. מָר סָבַר טֶבֶל חָמוּר — אֲבָל תְּרוּמָה חַזְיָא לְכֹהֵן. וּמַר סָבַר תְּרוּמָה חֲמוּרָה, אֲבָל טֶבֶל אֶפְשָׁר לְתַקּוֹנֵיהּ.Ils divergent là où ce n'est pas possible avec du produit profane. Un Maître pense que le tével est plus grave, et un Maître pense que la terouma est plus grave. Un Maître pense que le tével est plus grave, car il est interdit à tous, tandis que la terouma est propre au Cohen. Et un Maître pense que la terouma est plus grave, car un non-Cohen ne peut jamais en manger, tandis que le tével peut être rendu propre à la consommation.
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