Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- שֶׁאֵינוֹ נוֹקֵם וְנוֹטֵר כְּנָחָשׁ — אֵינוֹ תַּלְמִיד חָכָם. וְהָכְתִיב: ״לֹא תִקּוֹם וְלֹא תִטּוֹר״? הָהוּא, בְּמָמוֹן הוּא דִּכְתִיב, דְּתַנְיָא: אֵיזוֹ הִיא נְקִימָה וְאֵיזוֹ הִיא נְטִירָה? נְקִימָה — אָמַר לוֹ: הַשְׁאִילֵנִי מַגָּלְךָ, אָמַר לוֹ: לָאו. לְמָחָר אָמַר לוֹ הוּא: הַשְׁאִילֵנִי קַרְדּוּמְּךָ, אָמַר לוֹ: אֵינִי מַשְׁאִילְךָ, כְּדֶרֶךְ שֶׁלֹּא הִשְׁאַלְתַּנִי — זוֹ הִיא נְקִימָה.qui ne se venge pas et ne garde pas rancune comme un serpent, lorsqu'on l'offense, n'est pas un talmid 'hakham (un érudit en Torah), car il lui faut défendre l'honneur de la Torah. Mais n'est-il pas écrit : « Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas rancune » (Lévitique 19, 18) ? Cela, c'est en matière d'argent que c'est écrit, et non pour les offenses personnelles, comme il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Qu'est-ce que la vengeance et qu'est-ce que la rancune ? La vengeance : quelqu'un lui a dit à son prochain : « Prête-moi ta faucille », et celui-ci lui a dit : « Non. » Le lendemain, lui, celui qui avait refusé, lui a dit : « Prête-moi ta hache », et l'autre lui a dit : « Je ne te prête pas, de même que tu ne m'as pas prêté » : c'est cela la vengeance.
- וְאֵיזוֹ הִיא נְטִירָה? אָמַר לוֹ: הַשְׁאִילֵנִי קַרְדּוּמְּךָ, אָמַר לוֹ: לֹא. לְמָחָר אָמַר לוֹ: הַשְׁאִילֵנִי חֲלוּקְךָ! אָמַר לוֹ: הֵילָךְ, אֵינִי כְּמוֹתְךָ שֶׁלֹּא הִשְׁאַלְתַּנִי. זוֹ הִיא נְטִירָה.Et qu'est-ce que la rancune ? Quelqu'un lui a dit : « Prête-moi ta hache », et celui-ci lui a dit : « Non. » Le lendemain, il lui a dit : « Prête-moi ta tunique ! » Et le premier lui a dit : « Tiens, je ne suis pas comme toi, qui ne m'as pas prêté » : c'est cela la rancune. Bien qu'il ne rende pas la pareille, il garde la chose en lui et la fait sentir. La baraïta montre donc que l'interdit vise les affaires d'argent, comme le prêt d'objets.
- וְצַעֲרָא דְגוּפָא לָא? וְהָא תַּנְיָא: הַנֶּעֱלָבִין וְאֵינָן עוֹלְבִין, שׁוֹמְעִין חֶרְפָּתָן וְאֵינָן מְשִׁיבִין, עוֹשִׂין מֵאַהֲבָה וּשְׂמֵחִין בְּיִסּוּרִין, עֲלֵיהֶן הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״וְאוֹהֲבָיו כְּצֵאת הַשֶּׁמֶשׁ בִּגְבוּרָתוֹ״!Et la souffrance du corps (l'offense personnelle) n'est-elle pas concernée par l'interdit ? Mais n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : Ceux qui sont offensés et n'offensent pas, qui entendent leur opprobre et ne répliquent pas, qui agissent par amour de D.ieu et se réjouissent dans les souffrances, c'est à leur sujet que le verset dit : « Et ceux qui L'aiment sont comme le soleil lorsqu'il se lève dans sa puissance » (Juges 5, 31) ! On doit donc pardonner aussi les offenses personnelles.
- לְעוֹלָם דְּנָקֵיט לֵיהּ בְּלִיבֵּיהּ. וְהָאָמַר רָבָא: כׇּל הַמַּעֲבִיר עַל מִדּוֹתָיו — מַעֲבִירִין לוֹ עַל כׇּל פְּשָׁעָיו! דִּמְפַיְּיסוּ לֵיהּ וּמִפַּיַּיס.En réalité, l'interdit vaut aussi pour la souffrance personnelle, mais le talmid 'hakham a le droit de ne pas oublier : il s'agit du cas où il garde cela dans son cœur, sans agir ni le rappeler à l'autre. Mais Rava n'a-t-il pas dit : Quiconque passe outre à ses griefs envers autrui, on passe outre, au Ciel, à tous ses péchés ! Ce dicton concerne le cas où on cherche à l'apaiser et il se laisse apaiser : si l'autre lui demande pardon, il doit pardonner ; sinon, il peut garder la chose en son cœur, pour l'honneur de la Torah.
- וּמָה הֵן מוֹצִיאִין — אַחַת אוֹ שְׁתַּיִם וְכוּ׳. הַשְׁתָּא שְׁתַּיִם מוֹצִיאִין, אַחַת מִבַּעְיָא?Il a été enseigné dans la Michna : « Et que sortent-ils pour le tirage au sort (le payis) entre les Cohanim ? Un doigt ou deux, etc. » La Guemara demande : Maintenant qu'ils sortent deux doigts, est-il besoin de dire qu'ils en sortent un ?
- אָמַר רַב חִסְדָּא, לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּבָרִיא, כָּאן בְּחוֹלֶה. וְהָתַנְיָא: אַחַת — מוֹצִיאִין, שְׁתַּיִם — אֵין מוֹצִיאִין. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּבָרִיא, אֲבָל בְּחוֹלֶה — אֲפִילּוּ שְׁתַּיִם מוֹצִיאִין. וְהַיְּחִידִין מוֹצִיאִין שְׁתַּיִם, וְאֵין מוֹנִין לָהֶן אֶלָּא אַחַת.Rav 'Hisda a dit : Ce n'est pas difficile. Ici, un doigt, il s'agit d'un bien portant ; là, deux doigts, il s'agit d'un malade, qui a du mal à n'en sortir qu'un. Et de fait, il a été enseigné dans une baraïta : Ils sortent un doigt ; ils n'en sortent pas deux. À propos de quoi ces paroles ont-elles été dites ? À propos d'un bien portant ; mais pour un malade, ils en sortent même deux. Et ceux qui se tiennent à part (les Cohanim malades, assis ou couchés à l'écart) sortent deux doigts, mais on ne leur en compte qu'un.
- וְאֵין מוֹנִין לוֹ אֶלָּא אַחַת? וְהָתַנְיָא: אֵין מוֹצִיאִין לֹא שָׁלִישׁ וְלֹא גּוּדָל מִפְּנֵי הָרַמָּאִים. וְאִם הוֹצִיא שָׁלִישׁ — מוֹנִין לוֹ, גּוּדָל — אֵין מוֹנִין לוֹ, וְלֹא עוֹד, [אֶלָּא] שֶׁלּוֹקֶה מִן הַמְמוּנֶּה בַּפְּקִיעַ.Et on ne lui en compte qu'un ? Mais n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : On ne sort ni le troisième doigt (le majeur) ni le pouce en plus de l'index, à cause des tricheurs, qui, voyant le compte approcher d'eux, ajouteraient ou retireraient un doigt pour que le sort tombe sur eux. Et s'il a sorti le troisième, on le lui compte ; s'il a sorti le pouce, on ne le lui compte pas, et ce n'est pas tout : [mais] il reçoit des coups de la part du préposé au pakia. Il ressort de cette baraïta que les deux doigts sont comptés lorsqu'on sort le majeur.
- מַאי מוֹנִין לוֹ — נָמֵי אַחַת.Que signifie « on le lui compte » ? Également un seul : les deux doigts sont comptés pour un.
- מַאי פְּקִיעַ? אָמַר רַב: מַדְרָא. מַאי מַדְרָא? אָמַר רַב פָּפָּא: מַטְרְקָא דְטַיָּיעֵי דִּפְסִיק רֵישֵׁיהּ.Qu'est-ce que le pakia ? Rav a dit : Un madra. Qu'est-ce qu'un madra ? Rav Pappa a dit : Le fouet des Arabes, dont le bout est fendu en plusieurs lanières.
- אָמַר אַבָּיֵי: מֵרֵישׁ הֲוָה אָמֵינָא הָא דִּתְנַן: בֶּן בֵּיבַאי מְמוּנֶּה עַל הַפְּקִיעַ, אָמֵינָא פְּתִילָתָא. כְּדִתְנַן: מִבְּלָאֵי מִכְנְסֵי הַכֹּהֲנִים וּמֵהֶמְיָינֵיהֶן, מֵהֶן הָיוּ מַפְקִיעִין וּבָהֶן הָיוּ מַדְלִיקִין. כֵּיוָן דִּשְׁמַעְנָא לְהָא דְּתַנְיָא: וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁלּוֹקֶה מִן הַמְמוּנֶּה בַּפְּקִיעַ, אָמֵינָא: מַאי פְּקִיעַ — נַגְדָּא.Abayé a dit : Au début, je disais, à propos de ce que nous avons appris dans la Michna : « Ben Bevaï est préposé au pakia », je disais qu'il s'agissait des mèches, comme nous avons appris dans une autre Michna : « Des pantalons usés des Cohanim et de leurs ceintures, ils déchiraient (mafkiin) des bandes, et avec elles ils allumaient » les lampes de la fête du puisage de l'eau. Lorsque j'ai entendu ce qui a été enseigné : « Et ce n'est pas tout, mais il reçoit des coups de la part du préposé au pakia », j'ai dit : Qu'est-ce que le pakia ? Les coups de lanière. Ben Bevaï était donc chargé des châtiments corporels au Temple.
- מַעֲשֶׂה שֶׁהָיוּ שְׁנֵיהֶן שָׁוִין וְרָצִין וְעוֹלִין בַּכֶּבֶשׁ. תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בִּשְׁנֵי כֹהֲנִים שֶׁהָיוּ שְׁנֵיהֶן שָׁוִין, וְרָצִין וְעוֹלִין בַּכֶּבֶשׁ, קָדַם אֶחָד מֵהֶן לְתוֹךְ אַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁל חֲבֵירוֹ, נָטַל סַכִּין וְתָקַע לוֹ בְּלִבּוֹ.Il a été enseigné dans la Michna : « Il arriva que deux Cohanim étaient à égalité, courant et montant sur la rampe », et que l'un poussa l'autre, qui tomba et se brisa la jambe. Nos Maîtres ont enseigné dans une baraïta : Il arriva que deux Cohanim étaient à égalité, courant et montant sur la rampe. L'un d'eux devança l'autre dans les quatre coudées de son compagnon ; celui-ci, de colère, prit un couteau et le lui planta dans le cœur.
- עָמַד רַבִּי צָדוֹק עַל מַעֲלוֹת הָאוּלָם, וְאָמַר: אָחִינוּ בֵּית יִשְׂרָאֵל שִׁמְעוּ! הֲרֵי הוּא אוֹמֵר ״כִּי יִמָּצֵא חָלָל בָּאֲדָמָה ... וְיָצְאוּ זְקֵנֶיךָ וְשׁוֹפְטֶיךָ״. אָנוּ, עַל מִי לְהָבִיא עֶגְלָה עֲרוּפָה? עַל הָעִיר, אוֹ עַל הָעֲזָרוֹת? גָּעוּ כׇּל הָעָם בִּבְכִיָּה.Rabbi Tsadok se leva sur les marches de l'Oulam (le vestibule du Sanctuaire) et dit : « Nos frères de la maison d'Israël, écoutez ! Il est dit : « Si l'on trouve un mort sur la terre… tes Anciens et tes juges sortiront » (Deutéronome 21, 1-2). Nous, pour qui devons-nous amener la égla aroufa (la génisse à la nuque brisée, apportée pour un meurtre non élucidé) ? Pour la ville, ou pour les parvis ? » Autrement dit : l'obligation incombe-t-elle à Jérusalem ou aux Cohanim du Temple ? Tout le peuple éclata en pleurs.
- בָּא אָבִיו שֶׁל תִּינוֹק וּמְצָאוֹ כְּשֶׁהוּא מְפַרְפֵּר. אָמַר: הֲרֵי הוּא כַּפָּרַתְכֶם, וַעֲדַיִין בְּנִי מְפַרְפֵּר, וְלֹא נִטְמְאָה סַכִּין. לְלַמֶּדְךָ שֶׁקָּשָׁה עֲלֵיהֶם טׇהֳרַת כֵּלִים יוֹתֵר מִשְּׁפִיכוּת דָּמִים. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְגַם דָּם נָקִי שָׁפַךְ מְנַשֶּׁה [הַרְבֵּה מְאֹד] עַד אֲשֶׁר מִלֵּא [אֶת] יְרוּשָׁלִַים פֶּה לָפֶה״.Le père du jeune homme vint et le trouva encore agité de spasmes. Il dit : « Qu'il soit votre expiation ! Mon fils est encore agité de spasmes, et le couteau n'est pas devenu tamé (impur) », car l'impureté du mort ne l'a pas encore atteint : retirez-le vite. Le récit commente : Cela vient t'apprendre que la pureté des ustensiles leur était plus grave que l'effusion de sang. Et de même il est dit : « Et Menaché versa aussi [en très grande quantité] du sang innocent, jusqu'à emplir Jérusalem d'un bout à l'autre » (II Rois 21, 16).
- הַי מַעֲשֶׂה קָדֵים? אִילֵּימָא דִּשְׁפִיכוּת דָּמִים, הַשְׁתָּא אַשְּׁפִיכוּת דָּמִים לָא תַּקִּינוּ פַּיְיסָא, אַנִּשְׁבְּרָה רַגְלוֹ תַּקִּינוּ?! אֶלָּא, דְּנִשְׁבְּרָה רַגְלוֹ קָדֵים.Quel événement a précédé ? Celui de la jambe brisée, rapporté dans la Michna, ou celui du meurtre ? Si l'on dit que c'est celui de l'effusion de sang, cela fait difficulté : maintenant, pour une effusion de sang, ils n'ont pas institué le payis (le tirage au sort), et pour une jambe brisée ils l'auraient institué ?! Mais plutôt, c'est celui de la jambe brisée qui a précédé.
- וְכֵיוָן דְּתַקִּינוּ פַּיְיסָא, אַרְבַּע אַמּוֹת מַאי עֲבִידְתַּיְיהוּ? אֶלָּא, לְעוֹלָם דִּשְׁפִיכוּת דָּמִים קָדֵים, וּמֵעִיקָּרָא סְבוּר אַקְרַאי בְּעָלְמָא הוּא. כֵּיוָן דַּחֲזוֹ אֲפִילּוּ מִמֵּילָא אָתוּ לִידֵי סַכָּנָה — תַּקִּינוּ רַבָּנַן פַּיְיסָא.Mais une fois qu'ils ont institué le payis, que faisaient-ils aux quatre coudées, à courir encore ? Mais plutôt, en réalité, c'est l'effusion de sang qui a précédé. Au début, ils pensaient que ce n'était qu'un simple accident isolé, et ils ne supprimèrent pas la course. Lorsqu'ils virent que même d'eux-mêmes ils en venaient au danger (comme lorsque l'un fut poussé et se brisa la jambe), nos Maîtres instituèrent le payis.
- עָמַד רַבִּי צָדוֹק עַל מַעֲלוֹת הָאוּלָם וְאָמַר: אַחֵינוּ בֵּית יִשְׂרָאֵל שִׁמְעוּ! הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״כִּי יִמָּצֵא חָלָל בָּאֲדָמָה״, אֲנַן, עַל מִי לְהָבִיא? עַל הָעִיר, אוֹ עַל הָעֲזָרוֹת? וִירוּשָׁלַיִם בַּת אֵתוֹיֵי עֶגְלָה עֲרוּפָה הִיא? וְהָתַנְיָא: עֲשָׂרָה דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ בִּירוּשָׁלַיִם, וְזוֹ אַחַת מֵהֶן:La Guemara revient sur l'épisode : « Rabbi Tsadok se leva sur les marches de l'Oulam et dit : Nos frères de la maison d'Israël, écoutez ! Il est dit : « Si l'on trouve un mort sur la terre » ; nous, pour qui devons-nous l'amener ? Pour la ville, ou pour les parvis ? » Mais Jérusalem est-elle sujette à l'apport de la égla aroufa ? N'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : Dix choses ont été dites à propos de Jérusalem, et celle-ci en fait partie :
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