Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- מַאי שְׁנָא מֵהָא דִּתְנַן: מִן הַנָּקוּב עַל שֶׁאֵין נָקוּב — תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה, וְלֹא תֵּאָכֵל עַד שֶׁיּוֹצִיא עָלֶיהָ תְּרוּמָה וּמַעֲשֵׂר מִמָּקוֹם אַחֵר.En quoi ce cas est-il différent de ce que nous avons appris dans la Michna (traité Demaï 5, 10) : si l'on prélève la terouma (part donnée au Cohen) de ce qui a poussé dans un pot percé pour ce qui a poussé dans un pot non percé, sa terouma est une terouma, mais elle ne sera pas mangée tant qu'on n'aura pas prélevé pour elle terouma et dîme d'un autre endroit ? Autrement dit, la part prélevée n'est pas pleinement consacrée, puisqu'il faut encore prélever pour elle ; alors que celui qui prélève une terouma impure n'a rien à prélever sur cette part elle-même.
- שָׁאנֵי הָכָא, דְּמִדְּאוֹרָיְיתָא תְּרוּמָה מְעַלַּיְיתָא הִיא, כִּדְרַבִּי אִלְעַאי. דְּאָמַר רַבִּי אִלְעַאי: מִנַּיִן לַתּוֹרֵם מִן הָרָעָה עַל הַיָּפָה שֶׁתְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה — דִּכְתִיב: ״וְלֹא תִשְׂאוּ עָלָיו חֵטְא בַּהֲרִימְכֶם אֶת חֶלְבּוֹ מִמֶּנּוּ״.La Guemara répond : ici, pour la terouma impure, c'est différent, car selon la Torah c'est une terouma à part entière, et ce sont les Sages qui l'ont pénalisé en l'obligeant à prélever de nouveau, conformément à l'opinion de Rabbi Ilaï. Car Rabbi Ilaï a dit : d'où savons-nous, pour celui qui prélève la terouma du produit de mauvaise qualité sur le produit de belle qualité, que sa terouma est une terouma ? Car il est écrit : « Vous ne porterez pas de péché à cause de cela, lorsque vous en aurez prélevé le meilleur » (Nombres 18, 32). Il en ressort que celui qui ne prélève pas le meilleur commet une faute.
- וְאִם אֵין קָדוֹשׁ — נְשִׂיאוּת חֵטְא לָמָּה? מִיכָּן לַתּוֹרֵם מִן הָרָעָה עַל הַיָּפָה — שֶׁתְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה.Or si la part de moindre qualité n'est pas sanctifiée comme terouma, pourquoi parler de porter un péché ? Il n'aurait rien fait du tout. De là nous apprenons, pour celui qui prélève du mauvais sur le beau, que sa terouma est une terouma. De même, la terouma prélevée de l'impur sur le pur est valable selon la Torah.
- אֲמַר לֵיהּ רַבָּה לְרַב חִסְדָּא: לְדִידָךְ דְּאָמְרַתְּ לֹא עָשָׂה וְלֹא כְּלוּם כׇּל עִיקָּר, דַּאֲפִילּוּ הָהוּא גְּרִיוָא הָדַר לְטִיבְלֵיהּ, מַאי טַעְמָא — גְּזֵירָה דִּלְמָא פָּשַׁע וְלָא מַפְרֵישׁ, מִי אִיכָּא מִידֵּי דְּמִדְּאוֹרָיְיתָא הָוֵי תְּרוּמָה, וּמִשּׁוּם דִּלְמָא פָּשַׁע אַפְּקוּהּ רַבָּנַן לְחוּלִּין? וְכִי בֵּית דִּין מַתְנִין לַעֲקוֹר דָּבָר מִן הַתּוֹרָה?Rabba a dit à Rav 'Hisda : selon toi, qui as dit qu'il n'a rien fait du tout, si bien que même cette séa (mesure de capacité) mise de côté redevient du tével (produit non prélevé), quelle est la raison de cela ? C'est un décret, de peur qu'il ne soit négligent et ne prélève pas une seconde fois. Mais existe-t-il une chose qui, selon la Torah, est terouma, comme l'a établi Rabbi Ilaï, et que, parce qu'il risque d'être négligent, les Sages aient fait sortir de ce statut pour la rendre profane ? Un tribunal peut-il donc stipuler de déraciner une chose de la Torah ?
- אֲמַר לֵיהּ: וְאַתְּ לָא תִּסְבְּרַאּ? וְהָתְנַן: הַוָּלָד מַמְזֵר מִזֶּה וּמִזֶּה. בִּשְׁלָמָא מִשֵּׁנִי מַמְזֵר — אֶלָּא מֵרִאשׁוֹן אַמַּאי? אִשְׁתּוֹ הִיא, וְיִשְׂרָאֵל מְעַלְּיָא הוּא, וְקָא שָׁרֵינַן לֵיהּ בְּמַמְזֶרֶת!Rav 'Hisda lui a dit : et toi, ne le penses-tu pas ? Or n'avons-nous pas appris dans la Michna : l'enfant est mamzer (né d'une union interdite) de l'un et de l'autre ? Certes, du second mari, il est mamzer, car il est né d'une femme mariée et d'un homme qui n'est pas son époux ; mais du premier, pourquoi le serait-il ? C'est sa femme, et leur fils est un Israélite à part entière ! Et nous lui permettrions une mamzérèt ! Ce n'est donc pas une simple rigueur : le décret des Sages déracine un interdit de la Torah.
- אֲמַר לֵיהּ, הָכִי אָמַר שְׁמוּאֵל: אָסוּר בְּמַמְזֶרֶת. וְכֵן כִּי אֲתָא רָבִין אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אָסוּר בְּמַמְזֶרֶת. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״מַמְזֵר״ — לְאוֹסְרוֹ בְּבַת יִשְׂרָאֵל.Rabba lui a dit : ainsi a dit Chmouel : l'enfant du premier mari a interdiction d'épouser une mamzérèt. Et de même, lorsque Ravin est venu de la terre d'Israël, il a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : il a interdiction d'épouser une mamzérèt. Et pourquoi la Michna l'appelle-t-elle mamzer ? Pour lui interdire une fille d'Israël. Les Sages ont donc seulement ajouté une rigueur, sans déraciner un commandement de la Torah.
- שְׁלַח לֵיהּ רַב חִסְדָּא לְרַבָּה בְּיַד רַב אַחָא בַּר רַב הוּנָא: וְאֵין בֵּית דִּין מַתְנִין לַעֲקוֹר דָּבָר מִן הַתּוֹרָה? וְהָתַנְיָא: מֵאֵימָתַי אָדָם יוֹרֵשׁ אֶת אִשְׁתּוֹ קְטַנָּה? בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: מִשֶּׁתַּעֲמוֹד בְּקוֹמָתָהּ, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: מִשֶּׁתִּכָּנֵס לַחוּפָּה, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מִשֶּׁתִּבָּעֵל. וְיוֹרְשָׁהּ, וּמִיטַּמֵּא לָהּ, וְאוֹכֶלֶת בְּגִינוֹ תְּרוּמָה.Rav 'Hisda a envoyé dire à Rabba par l'intermédiaire de Rav A'ha bar Rav Houna : un tribunal ne peut-il vraiment pas stipuler de déraciner une chose de la Torah ? Or n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : à partir de quand un homme hérite-t-il de sa femme mineure, mariée par sa mère ou son frère selon l'institution des Sages, mariage sans valeur selon la Torah ? Beit Chamaï disent : à partir du moment où elle se tient à sa taille d'adulte. Et Beit Hillel disent : à partir du moment où elle entre sous le dais nuptial. Rabbi Eliézer dit : à partir du moment où elle a des relations conjugales. Dès lors, elle a tous les statuts d'une épouse : il hérite d'elle, il se rend impur pour elle à sa mort, même s'il est Cohen, et elle mange de la terouma grâce à lui s'il est Cohen.
- בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: מִשֶּׁתַּעֲמוֹד בְּקוֹמָתָהּ. אַף עַל גַּב דְּלֹא נִכְנְסָה לַחוּפָּה? אֵימָא: מִשֶּׁתַּעֲמוֹד בְּקוֹמָתָהּ וְתִכָּנֵס לַחוּפָּה. וְהָכִי קָאָמְרוּ לֵיהּ בֵּית שַׁמַּאי לְבֵית הִלֵּל: דְּקָאָמְרִיתוּ מִשֶּׁתִּכָּנֵס לַחוּפָּה, אִי עָמְדָה בְּקוֹמָתָהּ — מַהְנְיָא לַהּ חוּפָּה, וְאִי לָא — לָא מַהְנְיָא לַהּ חוּפָּה.La Guemara examine d'abord cette baraïta. Beit Chamaï disent : à partir du moment où elle se tient à sa taille. Est-ce même si elle n'est pas entrée sous le dais nuptial ? Les fiançailles seules ne suffisent pourtant pas pour hériter d'une femme adulte, et à plus forte raison d'une mineure. Dis plutôt : à partir du moment où elle se tient à sa taille et entre sous le dais nuptial. Et voici ce que Beit Chamaï disent à Beit Hillel : ce que vous dites, à partir du moment où elle entre sous le dais nuptial, ne suffit pas : si elle se tient à sa taille, le dais nuptial est efficace pour elle ; et sinon, le dais nuptial n'est pas efficace pour elle.
- רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מִשֶּׁתִּבָּעֵל. וְהָאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: אֵין מַעֲשֵׂה קְטַנָּה כְּלוּם! אֵימָא: מִשֶּׁתַּגְדִּיל וְתִבָּעֵל.Rabbi Eliézer dit : à partir du moment où elle a des relations conjugales. Mais Rabbi Eliézer n'a-t-il pas dit : l'acte d'une mineure n'est rien ? Dis plutôt : à partir du moment où elle devient adulte et a des relations conjugales.
- קָתָנֵי מִיהַת יוֹרְשָׁהּ — וְהָא הָכָא, דְּמִדְּאוֹרָיְיתָא אֲבוּהָ יָרֵית לַהּ, וּמִדְּרַבָּנַן יָרֵית לַהּ בַּעַל?! הֶפְקֵר בֵּית דִּין הֶפְקֵר.La Guemara revient à son propos : en tout cas, il est enseigné qu'il hérite d'elle. Or voici un cas où, selon la Torah, c'est son père qui hérite d'elle, c'est-à-dire la famille de son père, puisqu'une orpheline mineure ne peut être mariée selon la Torah, et où, selon les Sages, c'est le mari qui hérite d'elle ! Les Sages ont donc déraciné une loi de la Torah. La Guemara répond : ce n'est pas une preuve, car en matière d'argent, ce que le tribunal déclare sans maître est sans maître.
- דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק: מִנַּיִן שֶׁהֶפְקֵר בֵּית דִּין הֶפְקֵר — שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּל אֲשֶׁר לֹא יָבֹא לִשְׁלֹשֶׁת הַיָּמִים בַּעֲצַת הַשָּׂרִים וְהַזְּקֵנִים יׇחֳרַם כׇּל רְכוּשׁוֹ וְהוּא יִבָּדֵל מִקְּהַל הַגּוֹלָה״.Car Rabbi Its'hak a dit : d'où savons-nous que ce que le tribunal déclare sans maître est sans maître ? Car il est dit : « Quiconque ne viendra pas dans les trois jours, selon le conseil des princes et des Anciens, tous ses biens seront confisqués, et lui-même sera séparé de l'assemblée de l'exil » (Ezra 10, 8). Le tribunal peut donc retirer ses biens à une personne.
- רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר, מֵהָכָא: ״אֵלֶּה הַנְּחָלוֹת אֲשֶׁר נִחֲלוּ אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן וִיהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן וְרָאשֵׁי הָאָבוֹת לְמַטּוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״, וְכִי מָה עִנְיַן רָאשִׁים אֵצֶל אָבוֹת? אֶלָּא לוֹמַר לָךְ: מָה אָבוֹת מַנְחִילִין בְּנֵיהֶם כׇּל מַה שֶּׁיִּרְצוּ — אַף רָאשִׁים מַנְחִילִין אֶת הָעָם כׇּל מַה שֶּׁיִּרְצוּ.Rabbi Elazar a dit : la preuve vient d'ici : « Tels sont les héritages que distribuèrent Elazar le Cohen, Yehochoua fils de Noun et les chefs des pères des tribus des Bnei Israël » (Yehochoua 19, 51). Quel rapport y a-t-il entre chefs et pères ? C'est plutôt pour te dire : de même que les pères font hériter à leurs fils tout ce qu'ils veulent, de même les chefs font hériter au peuple tout ce qu'ils veulent. Les dirigeants peuvent donc prendre un bien à l'un pour le donner à l'autre.
- וּמִיטַּמֵּא לָהּ. וְהָא הָכָא, דְּמִדְּאוֹרָיְיתָא אָבִיהָ מִיטַּמֵּא לָהּ, וּמִדְּרַבָּנַן מִיטַּמֵּא לָהּ בַּעַל! מִשּׁוּם דְּהָוְיָא לַהּ מֵת מִצְוָה.Il a été enseigné : et il se rend impur pour elle. Or voici un cas où, selon la Torah, c'est son père qui se rend impur pour elle, et où, selon les Sages, c'est le mari qui se rend impur pour elle ! La Guemara répond : c'est parce qu'elle a pour lui le statut de mèt mitsva (mort sans personne pour l'enterrer), pour lequel même un Cohen doit se rendre impur.
- וּמִי הָוְיָ[א] מֵת מִצְוָה? וְהָתַנְיָא: אֵי זֶהוּ מֵת מִצְוָה — כֹּל שֶׁאֵין לוֹ קוֹבְרִין. קוֹרֵא וַאֲחֵרִים עוֹנִין אוֹתוֹ — אֵין זֶה מֵת מִצְוָה! הָכָא נָמֵי, כֵּיוָן דְּלָא יָרְתִי לַהּ — קָרְיָא וְלָא עָנוּ לַהּ.Mais a-t-elle vraiment le statut de mèt mitsva ? N'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : qu'est-ce qu'un mèt mitsva ? Tout mort qui n'a personne pour l'enterrer. Si l'on appelle et que d'autres répondent, ce n'est pas un mèt mitsva ! Or cette jeune femme a de la famille. La Guemara répond : ici aussi, puisqu'ils n'héritent pas d'elle, elle appellerait et ils ne lui répondraient pas.
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