Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- תְּרוּמָה לְכֹהֵן, וּמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן לְלֵוִי, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה מַתִּירוֹ לְכֹהֵן. מַתִּירוֹ?! מִכְּלָל דְּאִיכָּא מַאן דְּאָסַר? אֶלָּא אֵימָא: נוֹתְנוֹ אַף לְכֹהֵן.La terouma (prélèvement) est pour le Cohen (prêtre) et la première dîme pour le Lévi (lévite), ce sont les paroles de Rabbi Méïr. Rabbi Élazar ben Azarya la permet au Cohen, car il est lui aussi de la tribu de Lévi. La Guemara s'étonne : « il la permet » ?! Il en ressort donc qu'il y a quelqu'un qui l'interdit au Cohen ? Or un Cohen n'est pas un étranger à la tribu ! Mais dis plutôt : on la donne aussi au Cohen, si l'on préfère ne pas la remettre à un Lévi.
- מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי מֵאִיר? אָמַר רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַבָּה מִשְּׁמֵיהּ דִּגְמָרָא: ״כִּי אֶת מַעְשַׂר בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֲשֶׁר יָרִימוּ לַה׳ תְּרוּמָה״. מָה תְּרוּמָה אֲסוּרָה לְזָרִים, אַף מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן אָסוּר לְזָרִים. אִי מָה תְּרוּמָה חַיָּיבִין עָלָיו מִיתָה וָחוֹמֶשׁ — אַף מַעֲשֵׂר חַיָּיבִין עָלָיו מִיתָה וָחוֹמֶשׁ?Quelle est la raison de Rabbi Méïr ? Rav A'ha fils de Rabba a dit, au nom de la tradition : il est écrit : « Car la dîme des enfants d'Israël, qu'ils prélèveront pour Hachem en terouma » (Nombres 18, 24). Puisque ce verset appelle la dîme terouma, on en déduit : de même que la terouma est interdite aux étrangers, de même la première dîme est interdite aux étrangers. La Guemara demande : si c'est ainsi, de même que pour la terouma on est passible de mort par le Ciel et de l'ajout du cinquième, faut-il dire que pour la dîme aussi on est passible de mort et du cinquième ?
- אָמַר קְרָא: ״וּמֵתוּ בוֹ כִּי יְחַלְּלֻהוּ״, ״וְיָסַף חֲמִישִׁיתוֹ עָלָיו״. ״בּוֹ״ — וְלֹא בְּמַעֲשֵׂר, ״עָלָיו״ — וְלֹא עַל מַעֲשֵׂר. וְרַבָּנַן, מָה תְּרוּמָה טוֹבֶלֶת, אַף מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן נָמֵי טוֹבֵל.Le verset dit : « et ils mourront par elle s'ils la profanent » (Lévitique 22, 9), et : « et il y ajoutera son cinquième » (Lévitique 22, 14). La Torah précise : « par elle », et non par la dîme ; « y », et non à la dîme. La Guemara demande : et nos Maîtres, qui sont en désaccord avec Rabbi Méïr, comment expliquent-ils la comparaison du verset ? Elle enseigne : de même que la terouma rend le produit tével (non prélevé, interdit à la consommation), de même la première dîme aussi rend le produit tével.
- וְכִדְתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: יָכוֹל לֹא יְהֵא חַיָּיב אֶלָּא עַל טֶבֶל שֶׁלֹּא הוּרַם מִמֶּנּוּ כׇּל עִיקָּר. הוּרַם מִמֶּנּוּ תְּרוּמָה גְּדוֹלָה וְלֹא הוּרַם מִמֶּנּוּ מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן וְלֹא מַעֲשֵׂר שֵׁנִי, וַאֲפִילּוּ מַעְשַׂר עָנִי, מִנַּיִן?Et c'est comme il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Yossé dit : on pourrait croire qu'on n'est passible que pour le tével dont rien n'a été prélevé du tout. Si l'on en a prélevé la grande terouma mais qu'on n'en a pas prélevé la première dîme ; la première dîme mais non la seconde dîme ; ou même seulement la dîme du pauvre, qui n'a aucune sainteté, d'où savons-nous que ce produit a encore statut de tével ?
- תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא תוּכַל לֶאֱכוֹל בִּשְׁעָרֶיךָ״, וּלְהַלָּן הוּא אוֹמֵר: ״וְאָכְלוּ בִשְׁעָרֶיךָ וְשָׂבֵעוּ״. מָה ״שְׁעָרֶיךָ״ הָאָמוּר לְהַלָּן — מַעְשַׂר עָנִי, אַף ״שְׁעָרֶיךָ״ הָאָמוּר כָּאן — מַעְשַׂר עָנִי, וְאָמַר רַחֲמָנָא ״לֹא תוּכַל״.Le verset enseigne : « Tu ne pourras pas manger dans tes portes » la dîme de ton blé (Deutéronome 12, 17), et plus loin il dit : « et ils mangeront dans tes portes et seront rassasiés » (Deutéronome 26, 12). De même que « tes portes » mentionné plus loin désigne la dîme du pauvre, de même « tes portes » mentionné ici désigne la dîme du pauvre, et le Miséricordieux a dit : « tu ne pourras pas » en manger avant ce prélèvement.
- וְאִי מֵהָתָם, הֲוָה אָמֵינָא לְלָאו, אֲבָל מִיתָה — לָא, קָא מַשְׁמַע לַן.Et si nous l'avions appris seulement de là, j'aurais dit que ce n'est qu'un simple interdit, mais non que l'on soit passible de mort. Il nous enseigne donc que la comparaison à la terouma rend passible de mort par le Ciel.
- לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא: מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן דְּטָבֵיל, מִדְּרַבִּי יוֹסֵי נָפְקָא! אִי מֵהַהִיא, הֲוָה אָמֵינָא לְלָאו, אֲבָל מִיתָה — לָא, קָא מַשְׁמַע לַן.Autre version : que la première dîme rende le produit tével se déduit de l'enseignement de Rabbi Yossé ; pourquoi donc faut-il la drasha (interprétation) du verset qui appelle la dîme terouma ? La Guemara répond : si l'on ne l'apprenait que de celui-là, j'aurais dit que ce n'est qu'un simple interdit, mais non que l'on soit passible de mort. Il nous enseigne donc que toutes les rigueurs du tével s'y appliquent.
- בְּמַאי אוֹקֵימְתַּהּ — כְּרַבִּי מֵאִיר, אֵימָא סֵיפָא: בַּת לֵוִי מְאוֹרֶסֶת לְכֹהֵן, וּבַת כֹּהֵן לְלֵוִי — לֹא תֹּאכַל לֹא בִּתְרוּמָה וְלֹא בְּמַעֲשֵׂר, הָכָא מַאי זָרוּת אִיכָּא! אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: מַאי ״אֵינָהּ אוֹכֶלֶת״ דְּקָתָנֵי — אֵינָהּ נוֹתֶנֶת רְשׁוּת לִתְרוֹם.Comment as-tu établi la Michna ? Selon Rabbi Méïr. Mais dis la fin : une fille de Lévi fiancée à un Cohen et une fille de Cohen fiancée à un Lévi ne mangera ni de la terouma ni de la dîme. Ici, quelle qualité d'étranger y a-t-il pour la dîme ? Même selon celui qui interdit la première dîme aux étrangers, cette femme appartient à la tribu de Lévi de part et d'autre ! Rav Chéchet a dit : que signifie « elle ne mange pas » qu'elle enseigne ? Elle ne donne pas permission de prélever : tant qu'elle n'est que fiancée, elle ne peut mandater quiconque pour prélever la terouma de la dîme de son fiancé.
- מִכְלָל דִּנְשׂוּאָה נוֹתֶנֶת רְשׁוּת? אִין, וְהָתַנְיָא: ״וַאֲכַלְתֶּם אוֹתוֹ בְּכׇל מָקוֹם אַתֶּם וּבֵיתְכֶם״ — לִימֵּד עַל נְשׂוּאָה בַּת יִשְׂרָאֵל שֶׁנּוֹתֶנֶת רְשׁוּת לִתְרוֹם.Il en ressort donc que la femme mariée donne permission ? Oui ! Et n'a-t-il pas été enseigné : « Et vous la mangerez en tout lieu, vous et vos maisons » (Nombres 18, 31) : cela enseigne, à propos d'une fille d'Israélite mariée à un Lévi, qu'elle donne permission de prélever.
- אַתָּה אוֹמֵר רְשׁוּת לִתְרוֹם, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא לֶאֱכוֹל? אָמְרַתְּ: תְּרוּמָה חֲמוּרָה אוֹכֶלֶת, מַעֲשֵׂר הַקַּל לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?! אֶלָּא לִימֵּד עַל נְשׂוּאָה בַּת יִשְׂרָאֵל שֶׁנּוֹתֶנֶת רְשׁוּת לִתְרוֹם.Tu dis : permission de prélever ; ou n'est-ce pas plutôt pour lui permettre de manger ? Tu pourrais dire : si elle mange la terouma, qui est grave, lorsqu'elle est mariée à un Cohen, à plus forte raison la dîme, qui est légère ?! Ce serait donc inutile à enseigner. Mais cela enseigne, à propos d'une fille d'Israélite mariée à un Lévi, qu'elle donne permission de prélever.
- מָר בְּרֵיהּ דְּרַבְנָא אָמַר: לוֹמַר שֶׁאֵין חוֹלְקִין לָהּ מַעֲשֵׂר בְּבֵית הַגְּרָנוֹת. הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר מִשּׁוּם יִיחוּד, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מִשּׁוּם גְּרוּשָׁה, גְּרוּשָׁה בַּת לֵוִי מִי לָא אָכְלָה בְּמַעֲשֵׂר?!Mar fils de Rabbana a dit : la Michna vient dire qu'on ne lui attribue pas de dîme dans les aires de battage. La Guemara demande : cela va bien selon celui qui dit que l'on ne distribue pas aux femmes dans l'aire de battage à cause de l'isolement avec un homme (plus loin, 100a). Mais selon celui qui dit : à cause de la divorcée, de crainte qu'elle ne soit répudiée et ne continue de recevoir, une divorcée, fille de Lévi, ne mange-t-elle donc pas de la dîme ?!
- וְלִיטַעְמָיךְ, גְּרוּשָׁה בַּת כֹּהֵן מִי לָא אָכְלָה בִּתְרוּמָה? אֶלָּא גְּזֵירָה מִשּׁוּם גְּרוּשָׁה בַּת יִשְׂרָאֵל.Et selon ta logique, une divorcée, fille de Cohen, ne mange-t-elle donc pas de la terouma ? Pourquoi ne recevrait-elle pas sa part dans l'aire de battage ? Mais c'est une mesure décrétée à cause de la divorcée fille d'Israélite, et étendue aux autres femmes ; de même a-t-on décrété pour la fille de Lévi.
- אִי הָכִי, מַאי אִירְיָא מְאוֹרֶסֶת? אֲפִילּוּ נְשׂוּאָה נָמֵי! אַיְּידֵי דִּתְנָא רֵישָׁא מְאוֹרֶסֶת, תְּנָא נָמֵי סֵיפָא מְאוֹרֶסֶת.S'il en est ainsi, pourquoi spécifier la fiancée ? Même une femme mariée aussi ! La Guemara répond : puisqu'il a enseigné « fiancée » au début, il a enseigné aussi « fiancée » à la fin, bien que la règle ne soit pas limitée à la fiancée.
- תָּנוּ רַבָּנַן: תְּרוּמָה לְכֹהֵן, וּמַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן לְלֵוִי, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמֵר:Nos Maîtres ont enseigné dans une baraïta : la terouma est pour le Cohen et la première dîme pour le Lévi, ce sont les paroles de Rabbi Akiva. Rabbi Élazar ben Azarya dit :
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