Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְאוֹכְלָן בְּטוּמְאַת עַצְמָן לוֹקֶה, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בַּתְּרוּמָה — לָא קָתָנֵי. אַלְמָא תָּנֵי וְשַׁיַּיר.et celui qui les mange – la seconde dîme (maasser chéni) et les prémices (bikourim) – alors qu'ils sont eux-mêmes impurs, bien que lui-même soit pur, reçoit les coups de fouet, ce qui n'est pas le cas pour la terouma (prélèvement donné au Cohen). Or ces différences, le Tanna (Sage de l'époque de la Michna) ne les enseigne pas dans notre Michna. Il apparaît donc que le Tanna a enseigné certaines différences et en a omis d'autres ; l'omission de la règle de l'incirconcis ne prouve donc pas qu'il lui soit permis de manger de la seconde dîme.
- וַאֲסוּרִין לְאוֹנֵן, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר. מְנָא לְהוּ — דִּכְתִיב: ״לֹא תוּכַל לֶאֱכוֹל בִּשְׁעָרֶיךָ מַעְשַׂר דְּגָנְךָ וְתִירֹשְׁךָ וְיִצְהָרֶךָ וְגוֹ׳ וּתְרוּמַת יָדֶךָ״, וְאָמַר מָר: ״תְּרוּמַת יָדֶךָ״ — אֵלּוּ בִּכּוּרִים, וְאִיתַּקַּשׁ בִּכּוּרִים לְמַעֲשֵׂר: מָה מַעֲשֵׂר אָסוּר לְאוֹנֵן — אַף בִּכּוּרִים אָסוּר לְאוֹנֵן.La Guemara commente à présent cet enseignement. Il y est dit que la seconde dîme et les prémices sont interdites à l'onen (endeuillé dont le mort n'est pas encore enterré), et Rabbi Chimon permet les prémices à l'onen. D'où les Sages le savent-ils ? Comme il est écrit : « Tu ne pourras pas manger dans tes portes la dîme de ton blé, de ton vin et de ton huile, etc., ni le prélèvement de ta main » (Deutéronome 12, 17). Et le Maître a dit : « Le prélèvement de ta main », ce sont les prémices. Et les prémices sont rapprochées de la dîme par ce verset (hékech) : de même que la dîme est interdite à l'onen, de même les prémices sont interdites à l'onen.
- וְרַבִּי שִׁמְעוֹן: תְּרוּמָה קְרִינְהוּ רַחֲמָנָא, מָה תְּרוּמָה מוּתֶּרֶת לְאוֹנֵן — אַף בִּכּוּרִים מוּתָּרִים לְאוֹנֵן.Et Rabbi Chimon répond : le Miséricordieux les a appelées « terouma » (« prélèvement ») ; de même que la terouma est permise à l'onen, de même les prémices sont permises à l'onen.
- וְחַיָּיבִין בְּבִיעוּר, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר. מָר מַקֵּישׁ וּמָר לָא מַקֵּישׁ.La baraïta poursuit : et elles sont soumises à l'élimination (biour) avant Pessa'h de la quatrième et de la septième année du cycle, et Rabbi Chimon exempte les prémices. Un Maître, les Sages, opère le rapprochement entre les prémices et la dîme, et l'autre Maître, Rabbi Chimon, n'opère pas le rapprochement.
- וְאָסוּר לְבַעֵר מֵהֶן בְּטוּמְאָה, וְאוֹכְלָן בְּטוּמְאַת עַצְמָן לוֹקֶה, מְנָלַן — דְּתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: ״לֹא בִעַרְתִּי מִמֶּנּוּ בְּטָמֵא״, בֵּין שֶׁאֲנִי טָמֵא וְהוּא טָהוֹר, בֵּין שֶׁאֲנִי טָהוֹר וְהוּא טָמֵא.Et il est interdit d'en brûler en état d'impureté, et celui qui les mange alors qu'ils sont eux-mêmes impurs reçoit les coups de fouet. D'où le savons-nous ? Comme il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Chimon dit : le verset de la confession des dîmes déclare : « Je n'en ai pas brûlé en état d'impureté » (Deutéronome 26, 14), ce qui signifie : que je sois impur et elle pure, ou que je sois pur et elle impure.
- וְהֵיכָא מוּזְהָר עַל אֲכִילָתוֹ אֵינִי יוֹדֵעַ. טוּמְאַת הַגּוּף בְּהֶדְיָא כְּתִיב בֵּיהּ: ״נֶפֶשׁ אֲשֶׁר תִּגַּע בּוֹ וְטָמְאָה עַד הָעָרֶב וְלֹא יֹאכַל מִן הַקֳּדָשִׁים כִּי אִם רָחַץ בְּשָׂרוֹ בַּמָּיִם״!Le Tanna ajoute : Et où est-on mis en garde contre le fait de la manger, je ne le sais pas. La Guemara s'étonne : à propos de l'impureté du corps, il est explicitement écrit : « La personne qui y touchera sera impure jusqu'au soir, et elle ne mangera pas des choses saintes à moins d'avoir lavé sa chair dans l'eau » (Lévitique 22, 6), verset qui concerne la seconde dîme, comme on l'expliquera plus loin (74b) !
- הָכִי קָמִיבַּעְיָא לֵיהּ: טוּמְאַת עַצְמוֹ מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא תוּכַל לֶאֱכוֹל בִּשְׁעָרֶיךָ מַעְשַׂר דְּגָנְךָ״, וּלְהַלָּן הוּא אוֹמֵר ״בִּשְׁעָרֶיךָ תֹּאכְלֶנּוּ הַטָּמֵא וְהַטָּהוֹר יַחְדָּו כַּצְּבִי וְכָאַיָּל״, וְתָנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: אֲפִילּוּ טָמֵא וְטָהוֹר אוֹכְלִין עַל שׁוּלְחָן אֶחָד בִּקְעָרָה אַחַת וְאֵינָן חוֹשְׁשִׁין, וְקָאָמַר רַחֲמָנָא: הָהוּא דַּאֲמַרִי לָךְ הָתָם ״בִּשְׁעָרֶיךָ תֹּאכְלֶנּוּ״ — הָכָא לָא תֵּיכוֹל.Voici ce qu'il se demande : l'impureté de la dîme elle-même, d'où la tirons-nous ? Le verset enseigne : « Tu ne pourras pas manger dans tes portes la dîme de ton blé » (Deutéronome 12, 17), et plus loin il dit, à propos des offrandes disqualifiées : « Dans tes portes tu le mangeras, l'impur et le pur ensemble, comme la gazelle et le cerf » (Deutéronome 15, 22). Et un Sage de l'école de Rabbi Ichmaël a enseigné : même un impur et un pur peuvent manger à une même table, dans un même plat, sans s'inquiéter. Et le Miséricordieux dit : ce que je t'ai dit là-bas, « Dans tes portes tu le mangeras », sans égard à l'impureté de l'aliment, ici, pour la seconde dîme, ne le mange pas.
- מַה שֶּׁאֵין כֵּן בַּתְּרוּמָה. מְנָא לַן? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר קְרָא: ״לֹא בִעַרְתִּי מִמֶּנּוּ בְּטָמֵא״ — מִמֶּנּוּ אִי אַתָּה מַבְעִיר, אֲבָל אַתָּה מַבְעִיר שֶׁמֶן שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנִּטְמָא.Ce qui n'est pas le cas pour la terouma. D'où le savons-nous, qu'il est permis de brûler de la terouma impure ? Rabbi Abahou a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : car le verset dit : « Je n'en ai pas brûlé en état d'impureté » ; « d'elle », la dîme, tu ne brûles pas, mais tu brûles de l'huile de terouma devenue impure.
- וְאֵימָא: מִמֶּנּוּ אִי אַתָּה מַבְעִיר, אֲבָל אַתָּה מַבְעִיר שֶׁמֶן שֶׁל קֹדֶשׁ שֶׁנִּטְמָא! לָאו קַל וָחוֹמֶר הוּא? וּמָה מַעֲשֵׂר הַקַּל אָמְרָה תּוֹרָה ״לֹא בִעַרְתִּי מִמֶּנּוּ בְּטָמֵא״ — קֹדֶשׁ חָמוּר לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?!Mais dis plutôt : d'elle tu ne brûles pas, mais tu brûles de l'huile consacrée devenue impure ! La Guemara rejette cela : N'est-ce pas un kal va'homer (raisonnement a fortiori) ? Si pour la dîme, qui est légère, la Torah a dit : « Je n'en ai pas brûlé en état d'impureté », pour ce qui est consacré, qui est grave, à plus forte raison !
- אִי הָכִי, תְּרוּמָה נָמֵי קַל וָחוֹמֶר הוּא! הָא כְּתִיב ״מִמֶּנּוּ״!S'il en est ainsi, pour la terouma aussi, c'est un kal va'homer ! La Guemara répond : mais il est écrit « d'elle », terme qui exclut nécessairement quelque chose !
- וּמָה רָאִיתָ? מִסְתַּבְּרָא קֹדֶשׁ לָא מְמַעֵיטְנָא שֶׁכֵּן פנקעכ״ס:Et qu'as-tu vu pour conclure que « d'elle » exclut la terouma plutôt que ce qui est consacré ? Il est logique que je n'exclue pas ce qui est consacré, car il a les rigueurs dont le moyen mnémotechnique est פנקעכ״ס :
- פִּגּוּל, נוֹתָר, קׇרְבָּן, מְעִילָה, כָּרֵת, וְאָסוּר לְאוֹנֵן.piggoul (offrande rendue invalide par une intention de la consommer hors du temps prescrit), notar (reste de l'offrande au-delà du temps permis), korban (statut d'offrande apportée à D.ieu), meïla (profanation : celui qui en jouit par inadvertance doit apporter une offrande), karèt (retranchement, pour qui en mange en état d'impureté), et interdit à l'onen. Aucune de ces rigueurs ne s'applique à la terouma.
- אַדְּרַבָּה, תְּרוּמָה לָא מְמַעֵיטְנָא שֶׁכֵּן מחפ״ז: מִיתָה וָחוֹמֶשׁ, וְאֵין לָהּ פִּדְיוֹן, וַאֲסוּרָה לְזָרִים!Au contraire, c'est la terouma que je n'exclus pas, car elle a les rigueurs dont le moyen mnémotechnique est מחפ״ז : la mort (mita) par la main du Ciel pour celui qui en mange de manière interdite, le cinquième ('homech) ajouté à la restitution par l'étranger qui en a mangé par inadvertance, et elle n'a pas de rachat (pidyon), et elle est interdite aux étrangers (zarim, les non-Cohanim) !
- הָנָךְ נְפִישָׁן. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: כָּרֵת עֲדִיפָא.Celles-là, les rigueurs de ce qui est consacré, sont plus nombreuses. Et si tu veux, dis : le karèt l'emporte sur la mort par la main du Ciel.
- וְאוֹכְלָן בְּטוּמְאַת עַצְמָן לוֹקֶה, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בַּתְּרוּמָה. מִילְקָא הוּא דְּלָא לָקֵי, הָא אִיסּוּרָא אִיכָּא — מְנָלַן? אָמַר קְרָא: ״בִּשְׁעָרֶיךָ תֹּאכְלֶנּוּ״ — לָזֶה וְלֹא לְאַחֵר. וְלָאו הַבָּא מִכְּלַל עֲשֵׂה — עֲשֵׂה.Et celui qui les mange alors qu'ils sont eux-mêmes impurs reçoit les coups de fouet, ce qui n'est pas le cas pour la terouma. On en déduit : c'est le fouet qu'il ne reçoit pas pour la terouma impure, mais il y a un interdit. D'où le savons-nous ? Le verset dit : « Dans tes portes tu le mangeras » (Deutéronome 15, 22) : celui-ci, l'offrande disqualifiée, peut être mangé en état d'impureté, et non un autre aliment saint. Et un interdit qui découle d'un commandement positif a le statut d'un commandement positif, pour lequel on ne reçoit pas le fouet.
- אָמַר רַב אָשֵׁי: מֵרֵישָׁא נָמֵי שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ דִּתְנָא וְשַׁיַּיר — מִדְּלָא קָתָנֵיRav Achi a dit : de la première partie aussi de la Michna citée par Rav Chéchèt, tu peux déduire qu'il a enseigné et omis : du fait qu'il n'enseigne pas la différence suivante :
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