Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְלֵית לֵיהּ לְרַבִּי יוֹסֵי לְהַבְחִין?La Guemara demande : Mais Rabbi Yossé n'admet-il pas qu'il faille attendre trois mois pour distinguer la descendance du premier mari de celle du second ? D'après la correction apportée à ses propos, on ne voit en effet aucun cas où il appliquerait cette règle.
- לֵית לֵיהּ. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: לְעוֹלָם אִית לֵיהּ, וְאֵימָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כׇּל אֲרוּסוֹת גְּרוּשׁוֹת יִנָּשְׂאוּ.Elle répond : Il ne l'admet pas, effectivement. Et si tu veux, dis : en réalité il l'admet, pour une femme mariée puis divorcée ; et dis alors, en corrigeant la Michna : Rabbi Yossé dit : toutes les fiancées (aroussot, consacrées par les éroussin mais pas encore mariées) divorcées peuvent se marier dans les trois mois, car la raison d'attendre ne s'applique pas à elles.
- אִי הָכִי, הַיְינוּ רַבִּי יְהוּדָה? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ נְשׂוּאָה לֵיאָרֵס. רַבִּי יְהוּדָה סָבַר: נְשׂוּאָה מוּתֶּרֶת לֵיאָרֵס. וְרַבִּי יוֹסֵי סָבַר: נְשׂוּאָה אֲסוּרָה לֵיאָרֵס.S'il en est ainsi, l'opinion de Rabbi Yossé n'est-elle pas celle de Rabbi Yehouda ? On répond : Il y a une différence entre eux pour une femme qui était mariée à son premier mari et veut se fiancer. Rabbi Yehouda pense qu'une femme qui était mariée peut se fiancer sans attendre trois mois, et Rabbi Yossé pense qu'une femme qui était mariée a l'interdiction de se fiancer avant trois mois.
- וְסָבַר רַבִּי יוֹסֵי נְשׂוּאָה אֲסוּרָה לֵיאָרֵס? וְהָתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כׇּל הַנָּשִׁים יִתְאָרְסוּ, חוּץ מִן הָאַלְמָנָה מִפְּנֵי הָאִיבּוּל, וְכַמָּה אִיבּוּל שֶׁלָּהּ — שְׁלֹשִׁים יוֹם. וְכוּלָּן לֹא יִנָּשְׂאוּ עַד שֶׁיְּהוּ לָהֶן שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים.La Guemara objecte : Mais Rabbi Yossé pense-t-il vraiment qu'une femme qui était mariée a l'interdiction de se fiancer ? Or il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Rabbi Yossé dit : toutes les femmes peuvent se fiancer sans attendre, sauf la veuve, à cause du deuil qu'elle doit observer pour son mari ; et combien dure son deuil ? Trente jours. Et aucune d'elles ne se mariera avant d'avoir attendu trois mois.
- הַאי, מַאי קוּשְׁיָא? אִילֵּימָא דְּקָתָנֵי, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כׇּל הַנָּשִׁים יִתְאָרְסוּ — מִי אַלִּימָא מִמַּתְנִיתִין, דְּאוֹקֵימְנָא בַּאֲרוּסוֹת גְּרוּשׁוֹת יִנָּשְׂאוּ, הָכָא נָמֵי: כׇּל אֲרוּסוֹת גְּרוּשׁוֹת יִנָּשְׂאוּ.La Guemara précise : Cette baraïta, quelle difficulté pose-t-elle ? Si l'on dit que c'est parce qu'elle enseigne : Rabbi Yossé dit : toutes les femmes peuvent se fiancer, est-elle plus forte que la Michna, que nous avons établie comme portant sur des fiancées divorcées, qui peuvent se marier ? Ici aussi, on l'expliquerait ainsi : toutes les fiancées divorcées peuvent se marier.
- אֶלָּא מִסֵּיפָא, דְּקָתָנֵי: וְכוּלָּן לֹא יִנָּשְׂאוּ עַד שֶׁיְּהוּ לָהֶן שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים. אִינְּסוֹבֵי הוּא דְּלָא, הָא אִיתְּרוֹסֵי — שַׁפִּיר דָּמֵי!Mais la difficulté vient de la fin, qui enseigne : Et aucune d'elles ne se mariera avant d'avoir attendu trois mois : cela ne peut viser que les femmes qui étaient mariées, et l'on en déduit que c'est se marier qui leur est interdit ; mais se fiancer, c'est bien et permis, contrairement à ce qu'on a attribué à Rabbi Yossé.
- אָמַר רָבָא: תָּרֵיץ וְאֵימָא הָכִי, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כׇּל אֲרוּסוֹת גְּרוּשׁוֹת יִנָּשְׂאוּ, חוּץ מִן הָאַלְמָנָה, מִפְּנֵי הָאִיבּוּל. וְכַמָּה אִיבּוּל שֶׁלָּהּ — שְׁלֹשִׁים יוֹם. וּנְשׂוּאוֹת לֹא יִתְאָרְסוּ עַד שֶׁיְּהֵא לָהֶן שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים.Rava a dit : Corrige et dis ainsi : Rabbi Yossé dit : toutes les fiancées divorcées peuvent se marier dans les trois mois, sauf la veuve, à cause du deuil. Et combien dure son deuil ? Trente jours. Et les femmes qui étaient mariées ne se fianceront pas avant d'avoir attendu trois mois.
- וְאַלְמָנָה מִן הָאֵירוּסִין מִי אִית לַהּ אִיבּוּל? וְהָתָנֵי, רַבִּי חִיָּיא בַּר אַמֵּי: אִשְׁתּוֹ אֲרוּסָה — לֹא אוֹנֵן וְלֹא מִיטַּמֵּא לָהּ. וְכֵן הִיא — לֹא אוֹנֶנֶת וְלֹא מִיטַּמְּאָה לוֹ. מֵתָה — אֵינוֹ יוֹרְשָׁהּ. מֵת הוּא — גּוֹבָה כְּתוּבָּתָהּ!La Guemara objecte : Mais une veuve de fiançailles a-t-elle un deuil ? Or Rabbi 'Hiya bar Ami a enseigné : Si sa femme, simplement fiancée, meurt, il n'observe pas le deuil initial (aninout) et, s'il est Cohen, ne se rend pas impur pour elle. De même elle, s'il meurt, n'observe pas le deuil initial et ne se rend pas impure pour lui. Si elle meurt, il n'hérite pas d'elle. S'il meurt, elle perçoit sa ketouba (somme due par le contrat de mariage). Toute la lecture de Rabbi Yossé comme portant sur des fiancées tombe donc.
- אֶלָּא, תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא: מֵרֹאשׁ חֹדֶשׁ וְעַד הַתַּעֲנִית הָעָם מְמַעֲטִין מֵעִסְקֵיהֶן, מִלִּישָּׂא וּמִלִּיתֵּן, מִלִּבְנוֹת וְלִנְטוֹעַ, וּמִלֵּיאָרֵס וּמִלִּישָּׂא. שַׁבָּת שֶׁחָל תִּשְׁעָה בְּאָב בְּתוֹכָהּ — אָסוּר לְסַפֵּר וּלְכַבֵּס (וְאָסוּר לֵיאָרֵס). וְיֵשׁ אוֹמְרִים: כׇּל הַחֹדֶשׁ אָסוּר.Mais c'est une machlokèt (divergence d'opinions) entre Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna) sur le droit de se fiancer avant la semaine du neuf Av, comme il a été enseigné dans une baraïta : Depuis le début du mois d'Av et jusqu'au jeûne du neuf, le peuple réduit ses activités, celles de commerce, de construction et de plantation, ainsi que les fiançailles et les mariages. La semaine où tombe le neuf Av, il est interdit de se couper les cheveux et de laver le linge (et il est interdit de se fiancer). Et certains disent : c'est interdit tout le mois. Rabbi Yossé peut donc suivre l'opinion qui interdit les fiançailles en ce temps, et le raisonnement a fortiori tiré de l'autorisation ne le contredit pas.
- מַתְקֵיף לַהּ רַב אָשֵׁי: מִמַּאי דְּלֵיאָרֵס, לֵיאָרֵס מַמָּשׁ? דִּלְמָא לְמִיעְבַּד סְעוּדַת אֵירוּסִין הוּא דְּאָסוּר, הָא לֵיאָרֵס — שַׁפִּיר דָּמֵי.Rav Achi objecte fortement : D'où sais-tu que « se fiancer » désigne se fiancer à proprement parler ? Peut-être est-ce de faire un repas de fiançailles qui est interdit, mais se fiancer, c'est bien et permis.
- אִי הָכִי, מִלִּישָּׂא (לִינָּשֵׂא) נָמֵי, לְמֶיעְבַּד סְעוּדַת נִשּׂוּאִין הוּא דְּאָסוּר, הָא לִישָּׂא שַׁפִּיר דָּמֵי? הָכִי הַשְׁתָּא?! בִּשְׁלָמָא נִשּׂוּאִין בְּלֹא סְעוּדָה — אִיכָּא שִׂמְחָה, אֶלָּא אֵירוּסִין בְּלֹא סְעוּדָה — מִי אִיכָּא שִׂמְחָה?La Guemara questionne : S'il en est ainsi, pour « se marier » aussi, dira-t-on que c'est de faire un repas de mariage qui est interdit, mais se marier, c'est bien ? Elle répond : Comment comparer ! Certes, un mariage sans repas comporte malgré tout de la joie ; mais des fiançailles sans repas comportent-elles de la joie ? Ce n'est qu'un acte juridique.
- אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: שָׁאנֵי אֲבֵילוּת חֲדָשָׁה מֵאֲבֵילוּת יְשָׁנָה, וְשָׁאנֵי אֲבֵילוּת דְּרַבִּים מֵאֲבֵילוּת דְּיָחִיד.Mais Rav Achi a dit une autre réponse : Le deuil nouveau, pour un proche qui vient de mourir, diffère du deuil ancien, celui du Temple détruit, et le deuil de la collectivité diffère du deuil de l'individu. On ne peut donc pas conclure a fortiori du deuil d'Av à celui de la veuve.
- מַתְנִי׳ אַרְבָּעָה אַחִין נְשׂוּאִין אַרְבַּע נָשִׁים וָמֵתוּ, אִם רָצָה הַגָּדוֹל שֶׁבָּהֶם לְיַיבֵּם אֶת כּוּלָּן — הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ.MICHNA : Quatre frères mariés à quatre femmes, et ils sont morts sans enfants : leurs veuves sont alors soumises au yibboum (lévirat). Si l'aîné d'entre eux, parmi les survivants, veut accomplir le yibboum avec toutes, il en a le droit.
- מִי שֶׁהָיָה נָשׂוּי לִשְׁתֵּי נָשִׁים וּמֵת — בִּיאָתָהּ אוֹ חֲלִיצָתָהּ שֶׁל אַחַת מֵהֶן פּוֹטֶרֶת צָרָתָהּ.Celui qui était marié à deux femmes et qui est mort sans enfants : l'union ou la 'halitsa (cérémonie du déchaussement, qui dispense du lévirat) de l'une d'elles dispense sa coépouse (tsara).
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