Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- הֲוָה אָמֵינָא מֵחַיִּים, אֲבָל לְאַחַר מִיתָה — פָּקְעָה לַהּ זִיקָה, קָא מַשְׁמַע לַן דְּזִיקָה בִּכְדִי לָא פָּקְעָה. לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: יְבִמְתּוֹ שֶׁמֵּתָה — מוּתָּר בַּאֲחוֹתָהּ. בַּאֲחוֹתָהּ אִין, בְּאִמָּהּ לָא!j'aurais dit que le lien du lévirat (zika, le lien qui unit la veuve sans enfant, la yevama, à son beau-frère, le yavam) n'existe que de son vivant, mais qu'après sa mort, la zika s'est éteinte. Il nous enseigne donc que la zika ne s'éteint pas sans raison : il faut un acte pour y mettre fin. Dirons-nous qu'un enseignement le soutient, celui de Rav Yehouda : Si sa yevama est morte, il lui est permis d'épouser sa sœur. On en déduit : sa sœur, oui ; sa mère, non !
- הוּא הַדִּין דַּאֲפִילּוּ בְּאִמָּהּ, וְאַיְּידֵי דִּתְנָא רֵישָׁא: אִשְׁתּוֹ שֶׁמֵּתָה — מוּתָּר בַּאֲחוֹתָהּ, דַּוְקָא בַּאֲחוֹתָהּ, אֲבָל בְּאִמָּהּ לָא, דְּהָוְיָא לַהּ אִיסּוּרָא דְּאוֹרָיְיתָא — תְּנָא נָמֵי סֵיפָא מוּתָּר בַּאֲחוֹתָהּ.Réponse de la Guemara : Il en va de même, et même sa mère lui est permise. Mais puisqu'il a enseigné au début de la baraïta (enseignement tannaïtique extérieur à la Michna) : Si sa femme est morte, il lui est permis d'épouser sa sœur, précisément sa sœur, mais pas sa mère, car elle est un interdit de la Torah, il a aussi enseigné dans la fin de ce texte : il lui est permis d'épouser sa sœur.
- מֵתִיב רַב הוּנָא בַּר חִיָּיא: עָשָׂה בָּהּ מַאֲמָר וּמֵת — שְׁנִיָּה חוֹלֶצֶת וְלֹא מִתְיַיבֶּמֶת. טַעְמָא דַּעֲבַד בַּהּ מַאֲמָר, הָא לָא עֲבַד בַּהּ מַאֲמָר — שְׁנִיָּה נָמֵי יַבּוֹמֵי מְיַיבְּמָה, וְאִי אָמְרַתְּ יֵשׁ זִיקָה, הָוְיָא לַהּ צָרַת אֵשֶׁת אָחִיו שֶׁלֹּא הָיָה בְּעוֹלָמוֹ בְּזִיקָה!Rav Houna bar 'Hiya a objecté à partir de la Michna : Si il a accompli avec elle un ma'amar (fiançailles du lévirat, faites par les Sages) et qu'il est mort, la seconde femme accomplit la 'halitsa (cérémonie qui libère la veuve du lévirat) et ne contracte pas le yiboum (mariage du lévirat). La raison est donc qu'il a accompli avec elle un ma'amar ; mais s'il n'avait pas accompli avec elle de ma'amar, la seconde pourrait, elle aussi, contracter le yiboum. Or, si tu dis qu'il y a une zika réelle, elle serait la tsara (coépouse) de la femme de son frère qui n'était pas dans son monde (un frère mort avant la naissance du yavam, dont la veuve lui est interdite), et cela par la zika ! Elle devrait donc être interdite comme elle.
- אָמַר רַבָּה: הוּא הַדִּין דְּאַף עַל גַּב דְּלָא עֲבַד בַּהּ מַאֲמָר — שְׁנִיָּה מִחְלָץ חָלְצָה, יַבּוֹמֵי לָא מִיַּיבְּמָה.Rabba a dit : Il en va de même, même s'il n'a pas accompli avec elle de ma'amar : la seconde accomplit la 'halitsa, mais elle ne contracte pas le yiboum, car la zika fait d'elle une telle tsara.
- וְהָא דְּקָתָנֵי מַאֲמָר, לְאַפּוֹקֵי מִבֵּית שַׁמַּאי, דְּאָמְרִי: מַאֲמָר קוֹנֶה קִנְיָן גָּמוּר — קָא מַשְׁמַע לַן.Et si la Michna enseigne précisément le cas du ma'amar, c'est pour exclure l'opinion de Beit Chamaï, qui disent : Le ma'amar acquiert d'une acquisition complète, si bien que même la 'halitsa serait inutile. Voilà ce qu'il nous enseigne : même avec un ma'amar, elle a besoin de la 'halitsa.
- אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: שְׁנֵי אַחִין בְּעוֹלָם אֶחָד, וָמֵת אֶחָד מֵהֶן בְּלֹא וָלָד, וְעָמַד הַשֵּׁנִי הַזֶּה לַעֲשׂוֹת מַאֲמָר בִּיבִמְתּוֹ, וְלֹא הִסְפִּיק לַעֲשׂוֹת בָּהּ מַאֲמָר עַד שֶׁנּוֹלַד לוֹ אָח, וּמֵת. הָרִאשׁוֹנָה — יוֹצְאָה מִשּׁוּם אֵשֶׁת אָחִיו שֶׁלֹּא הָיָה בְּעוֹלָמוֹ, וּשְׁנִיָּה — אוֹ חוֹלֶצֶת אוֹ מִתְיַיבֶּמֶת. וְאִי אָמְרַתְּ יֵשׁ זִיקָה, הָוְיָא לַהּ צָרַת אֵשֶׁת אָחִיו שֶׁלֹּא הָיָה בְּעוֹלָמוֹ בְּזִיקָה!Abayé lui a objecté à partir d'une baraïta : Deux frères vivaient dans un même monde, et l'un d'eux est mort sans enfant ; le second s'est levé pour accomplir un ma'amar avec sa yevama, mais il n'a pas eu le temps d'accomplir avec elle le ma'amar avant que ne lui naisse un frère, et ce second frère, qui avait aussi une épouse, est mort. Toutes deux tombent devant le nouveau-né : la première sort sans yiboum ni 'halitsa en tant que femme de son frère qui n'était pas dans son monde, et la seconde soit accomplit la 'halitsa, soit contracte le yiboum. Or, si tu dis qu'il y a une zika, elle serait la tsara de la femme de son frère qui n'était pas dans son monde, par la zika !
- הָא מַנִּי — רַבִּי מֵאִיר הִיא, דְּאָמַר: אֵין זִיקָה. וּמִי סְבִירָא לֵיהּ לְרַבִּי מֵאִיר אֵין זִיקָה? וְהָתְנַן: אַרְבָּעָה אַחִים, שְׁנַיִם מֵהֶן נְשׂוּאִים שְׁתֵּי אֲחָיוֹת, וּמֵתוּ הַנְּשׂוּאִין הָאֲחָיוֹת — הֲרֵי אֵלּוּ חוֹלְצוֹת וְלֹא מִתְיַיבְּמוֹת.Réponse de la Guemara : Selon qui est cette baraïta ? C'est Rabbi Méïr, qui a dit : Il n'y a pas de zika. La Guemara demande : Mais Rabbi Méïr pense-t-il vraiment qu'il n'y a pas de zika ? Or, nous avons appris dans la Michna (26a) : Quatre frères, dont deux sont mariés à deux sœurs, et ceux qui étaient mariés aux sœurs sont morts : celles-ci accomplissent la 'halitsa et ne contractent pas le yiboum, car chacune est liée aux deux frères restants.
- וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ סָבַר רַבִּי מֵאִיר אֵין זִיקָה, הָנֵי מִתְּרֵי בָּתֵּי קָאָתְיָין, הַאי לְיַיבֵּם חֲדָא וְהַאי לְיַיבֵּם חֲדָא!Or, si tu penses que Rabbi Méïr est d'avis qu'il n'y a pas de zika, elles viennent de deux maisons différentes : que celui-ci épouse par yiboum l'une, et celui-là épouse par yiboum l'autre !
- לְעוֹלָם אֵין זִיקָה. מִשּׁוּם דְּקָסָבַר אָסוּר לְבַטֵּל מִצְוַת יְבָמִין — דְּדִלְמָא אַדִּמְיַיבֵּם חַד, מָיֵית אִידַּךְ, וְקָא בָּטְלָת מִצְוַת יְבָמִין.Réponse de la Guemara : En vérité, il n'y a pas de zika. Si elles ne contractent pas le yiboum, c'est parce qu'il pense qu'il est interdit d'annuler la mitsva du yiboum : peut-être, pendant que l'un accomplit le yiboum, l'autre mourra-t-il avant d'avoir épousé la sienne, et tu auras annulé la mitsva du yiboum, puisque cette femme tomberait alors devant le frère restant comme sœur de sa femme.
- וְאִי אֵין זִיקָה — תִּיבְטַל! דְּהָא רַבָּן גַּמְלִיאֵל אָמַר: אֵין זִיקָה, וּמוּתָּר לְבַטֵּל מִצְוַת יְבָמִין.La Guemara objecte : Mais s'il n'y a pas de zika, qu'elle soit annulée ! Car celui qui n'admet pas la zika ne craint pas non plus l'annulation du yiboum. En effet, Rabban Gamliel a dit : Il n'y a pas de zika, et il est permis d'annuler la mitsva du yiboum.
- דִּתְנַן, רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אִם מֵאֲנָה — מֵאֲנָה, וְאִם לֹא מֵאֲנָה — תַּמְתִּין עַד שֶׁתַּגְדִּיל, וְתֵצֵא הַלֵּזוּ, מִשּׁוּם אֲחוֹת אִשָּׁה.Comme nous avons appris dans la Michna (109a), au sujet de deux frères mariés à deux sœurs, l'une adulte et l'autre mineure, lorsque le mari de l'adulte est mort : Rabban Gamliel dit : Si la mineure a refusé son mari (mioun, annulation par la mineure d'un mariage rabbinique), elle a refusé et la sœur adulte peut contracter le yiboum ; mais si elle n'a pas refusé, qu'elle attende de devenir adulte, et celle-là sortira sans yiboum ni 'halitsa en tant que sœur de sa femme. Rabban Gamliel ne craint donc pas d'annuler le yiboum.
- אֲמַר לֵיהּ: דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל אַדְּרַבִּי מֵאִיר קָרָמֵית?! לָא, הָכִי קָאָמְרִינַן: רַבִּי מֵאִיר חָיֵישׁ אֲפִילּוּ לִסְפֵיקָא, רַבָּן גַּמְלִיאֵל אֲפִילּוּ לְוַדַּאי לָא חָיֵישׁ! דִּלְמָא מַאן דְּלָא חָיֵישׁ — אֲפִילּוּ לְוַדַּאי לָא חָיֵישׁ, וּמַאן דְּחָיֵישׁ — אֲפִילּוּ לִסְפֵיקָא חָיֵישׁ.Rabba lui a dit : Tu opposes les paroles de Rabban Gamliel à celles de Rabbi Méïr ?! Deux Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna) n'ont pas à s'accorder. Abayé répondit : Non, voici ce que nous disons : Rabbi Méïr se préoccuperait même d'un doute d'annulation, et Rabban Gamliel ne se préoccuperait même pas d'une certitude ! L'écart est étonnant. Rabba répondit : Peut-être celui qui ne se préoccupe pas de l'annulation ne s'en préoccupe même pas lorsqu'elle est certaine, et celui qui s'en préoccupe s'en préoccupe même en cas de doute.
- אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: הָא דְּרַב יְהוּדָה — דִּשְׁמוּאֵל הִיא. דִּתְנַן:Abayé a dit à Rav Yossef : Cet enseignement de Rav Yehouda, selon lequel la mère de la yevama morte reste interdite, vient de Chmouel et non de Rav, ses deux maîtres. Comme nous avons appris dans la Michna (41a) :
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