Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְלֹא מִתְיַיבֶּמֶת. [אָמַר לְךָ רַב:] אָמֵינָא לָךְ אֲנָא סוֹטָה וַדַּאי, וְאָמְרַתְּ לִי אַתְּ סוֹטָה סָפֵק! וּמַאי שְׁנָא סוֹטָה וַדַּאי (מַאי טַעְמָא) — מִשּׁוּם דִּכְתִיב בָּהּ טוּמְאָה,et n'accomplit pas le yiboum (lévirat). Le lien du lévirat s'applique donc à la sota (femme soupçonnée d'infidélité), ce qui contredit Rav. La Guemara répond : [Rav te dira :] Moi, je te parle d'une sota certaine, et toi, tu me parles d'une sota douteuse ! Rien ne prouve que celle-ci ait été infidèle ; à cause du doute, elle doit encore accomplir la 'halitsa (cérémonie du déchaussement qui libère du lévirat). La Guemara objecte : Et en quoi une sota certaine est-elle différente ? (Quelle est la raison ?) Parce que l'impureté est écrite à son sujet ?
- סוֹטָה סָפֵק נָמֵי טוּמְאָה כְּתִיבָא בַּהּ! דְּתַנְיָא: רַבִּי יוֹסֵי בֶּן כִּיפָּר אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר: הַמַּחְזִיר גְּרוּשָׁתוֹ מִן הַנִּישּׂוּאִין — אֲסוּרָה, מִן הָאֵירוּסִין — מוּתֶּרֶת, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַחֲרֵי אֲשֶׁר הֻטַּמָּאָה״.Pour la sota douteuse aussi, l'impureté est écrite ! Car il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Rabbi Yossé ben Kippar dit au nom de Rabbi Elazar : Celui qui reprend sa divorcée : après un mariage complet avec un autre, elle est interdite ; après de simples fiançailles avec un autre, elle est permise, parce qu'il est dit : « après qu'elle a été souillée » (Deutéronome 24, 4) ; or une femme seulement fiancée n'a pas été souillée.
- וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אַחַת זוֹ וְאַחַת זוֹ — אֲסוּרָה, אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״אַחֲרֵי [אֲשֶׁר] הֻטַּמָּאָה״ — לְרַבּוֹת סוֹטָה שֶׁנִּסְתְּרָה.Et les Sages disent : L'une comme l'autre est interdite. Mais comment alors expliquer « après [qu']elle a été souillée » ? Cela vient inclure la sota qui s'est isolée, interdite à son mari de crainte qu'elle n'ait été infidèle. Cette baraïta montre qu'une sota est appelée « souillée », bien que son cas soit douteux.
- וּמַאי ״נִסְתְּרָה״ — נִבְעֲלָה. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ נִסְתְּרָה — לִישָּׁנָא מְעַלְּיָא נָקֵט. נִבְעֲלָה, טוּמְאָה בְּהֶדְיָא כְּתִיב בַּהּ, ״וְנִסְתְּרָה וְהִיא נִטְמָאָה״?La Guemara rejette cet argument : Et que signifie « qui s'est isolée » ? Qu'elle a eu une relation. Et pourquoi l'appelle-t-on « qui s'est isolée » ? La baraïta a employé un euphémisme. La Guemara demande : Si elle a eu une relation, l'impureté est explicitement écrite à son sujet : « elle s'est cachée et s'est souillée » (Nombres 5, 13) ! Pourquoi alors la déduire d'une autre source ?
- לְמֵיקַם עֲלַהּ בְּלָאו. וְרַבִּי יוֹסֵי בֶּן כִּיפָּר — לָאו בְּסוֹטָה לֵית לֵיהּ, וַאֲפִילּוּ זַנַּאי נָמֵי.Pour lui appliquer un simple interdit : le verset du Deutéronome établit que le mari qui s'unit à elle transgresse un interdit. Et Rabbi Yossé ben Kippar n'admet pas d'interdit pour la sota, même si elle a certainement été infidèle.
- מַאי טַעְמָא — הֲוָיָה וְאִישׁוּת כְּתִיב בַּהּ.Quelle est la raison ? Selon lui, « après qu'elle a été souillée » ne se rapporte pas à la sota, car « devenir » et « être épouse » sont écrits à ce sujet : « elle deviendra la femme d'un autre » (Deutéronome 24, 2) et « ou si meurt le dernier homme qui l'a prise pour femme » (Deutéronome 24, 3). Il s'agit donc d'un mariage valide, ce qui ne convient pas à une sota.
- בְּעָא מִינֵּיהּ רַב יְהוּדָה מֵרַב שֵׁשֶׁת: הַמַּחְזִיר גְּרוּשָׁתוֹ מִשֶּׁנִּיסֵּת, וּמֵת, צָרָתָהּ מַהוּ? אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי בֶּן כִּיפָּר לָא תִּיבְּעֵי לָךְ, כֵּיוָן דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בֶּן כִּיפָּר טוּמְאָה בְּמַחֲזִיר גְּרוּשָׁתוֹ הוּא דִּכְתִיבָא — צָרָתָהּ כְּמוֹתָהּ.Rav Yehouda a demandé à Rav Chéchèt : Celui qui reprend sa divorcée après qu'elle s'est mariée, et qui meurt sans enfant : qu'en est-il de sa coépouse ? Selon Rabbi Yossé ben Kippar, ne te pose pas la question : puisque Rabbi Yossé ben Kippar a dit que l'impureté est écrite à propos de celui qui reprend sa divorcée, sa coépouse est comme elle.
- וְאִי מִשּׁוּם דִּכְתִיב בָּהּ ״תּוֹעֵבָה הִיא״, הִיא תּוֹעֵבָה וְאֵין בָּנֶיהָ תּוֹעֲבִין — הָא צָרָתָהּ תּוֹעֵבָה.Et si tu objectes parce qu'il est écrit à son sujet : « elle est une abomination » (Deutéronome 24, 4), ce qui limiterait la loi à elle seule, on interprète : elle est une abomination, mais ses enfants ne sont pas des abominations, ils ne sont pas disqualifiés pour la prêtrise ; sa coépouse est donc bien une abomination.
- כִּי תִּיבְּעֵי לָךְ אַלִּיבָּא דְּרַבָּנַן: אַף עַל גַּב דַּאֲמוּר רַבָּנַן טוּמְאָה בְּסוֹטָה הוּא דִּכְתִיב — אֵין מִקְרָא יוֹצֵא מִידֵי פְּשׁוּטוֹ,Là où tu peux te poser la question, c'est selon les Sages : Bien que les Sages aient dit que l'impureté est écrite à propos de la sota, un verset ne sort pas de son sens simple, et il enseignerait donc qu'il y a aussi impureté pour celle que l'on reprend après son divorce,
- אוֹ דִלְמָא כֵּיוָן דְּאִיעֲקַר — אִיעֲקַר. אִיכָּא דְּאָמְרִי: אַלִּיבָּא דְּרַבָּנַן לָא תִּיבְּעֵי לָךְ, כֵּיוָן דְּאִיתְעֲקַר — אִיעֲקַר.ou peut-être, une fois qu'il a été déraciné de son contexte, il est déraciné et n'enseigne plus rien sur ce sujet ? Certains disent : Selon les Sages, ne te pose pas la question : une fois qu'il a été déraciné, il est déraciné.
- כִּי תִּיבְּעֵי לָךְ — אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי בֶּן כִּיפָּר, מַאי? אַף עַל גַּב דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בֶּן כִּיפָּר טוּמְאָה בְּמַחֲזִיר גְּרוּשָׁתוֹ הוּא דִּכְתִיבָא — מִיעֵט רַחֲמָנָא הִיא תּוֹעֵבָה וְאֵין צָרָתָהּ תּוֹעֵבָה, אוֹ דִלְמָא: הִיא תּוֹעֵבָה וְאֵין בָּנֶיהָ תּוֹעֲבִין, הָא צָרָתָהּ — תּוֹעֵבָה?Là où tu peux te poser la question, c'est selon Rabbi Yossé ben Kippar : Qu'en est-il ? Bien que Rabbi Yossé ben Kippar ait dit que l'impureté est écrite à propos de celui qui reprend sa divorcée, le Miséricordieux a-t-il limité : « elle est une abomination », et sa coépouse n'est pas une abomination ? Ou peut-être : elle est une abomination, mais ses enfants ne sont pas des abominations, tandis que sa coépouse est une abomination ?
- אֲמַר לֵיהּ, תְּנֵיתוּהָ: הָיְתָה אַחַת כְּשֵׁרָה וְאַחַת פְּסוּלָה, אִם הָיָה חוֹלֵץ — חוֹלֵץ לַפְּסוּלָה, וְאִם הָיָה מְיַיבֵּם — מְיַיבֵּם לַכְּשֵׁרָה.Rav Chéchèt lui a dit : Vous l'avez enseigné dans une baraïta : Lorsque deux yevamot (veuves soumises au lévirat) se présentent devant le yavam (frère soumis au lévirat) : Si l'une était apte et l'autre disqualifiée, s'il accomplit la 'halitsa, il l'accomplit avec la disqualifiée ; et s'il accomplit le yiboum, il l'accomplit avec l'apte.
- מַאי ״כְּשֵׁרָה״ וּמַאי ״פְּסוּלָה״? אִילֵּימָא ״כְּשֵׁרָה״ — כְּשֵׁרָה לְעָלְמָא, ״פְּסוּלָה״ — פְּסוּלָה לְעָלְמָא. כֵּיוָן דִּלְדִידֵיהּ חַזְיָא — מַאי נָפְקָא לֵיהּ מִינַּהּ?Que signifient « apte » et « disqualifiée » ? Si l'on dit : « apte », apte pour tout le monde ; « disqualifiée », disqualifiée pour tout le monde, par exemple une divorcée, disqualifiée pour tout Cohen : puisqu'elle lui convient à lui, quelle différence cela fait-il pour lui ?
- אֶלָּא לָאו: ״כְּשֵׁרָה״ — כְּשֵׁרָה לֵיהּ, ״פְּסוּלָה״ — פְּסוּלָה לֵיהּ, וּמַאי נִיהוּ — מַחֲזִיר גְּרוּשָׁתוֹ, וְקָתָנֵי: וְאִם הָיָה מְיַיבֵּם — מְיַיבֵּם לַכְּשֵׁרָה!Mais n'est-ce pas : « apte », apte pour lui ; « disqualifiée », disqualifiée pour lui. Et de quel cas s'agit-il ? De celui qui reprend sa divorcée : le frère défunt a repris sa divorcée après qu'elle s'est mariée à un autre, et elle est disqualifiée pour ce yavam. Et la baraïta enseigne : « s'il accomplit le yiboum, il l'accomplit avec l'apte » ! La coépouse de la divorcée reprise est donc apte au yiboum.
- לָא, לְעוֹלָם ״כְּשֵׁרָה״ — כְּשֵׁרָה לְעָלְמָא, ״פְּסוּלָה״ — פְּסוּלָה לְעָלְמָא. וּדְקָאָמְרַתְּ: כֵּיוָן דִּלְדִידֵיהּ חַזְיָא, מַאי נָפְקָא לֵיהּ מִינַּהּ — מִשּׁוּם דְּרַב יוֹסֵף.La Guemara rejette : Non, en réalité, « apte » : apte pour tout le monde ; « disqualifiée » : disqualifiée pour tout le monde. Et quant à ce que tu as dit : « Puisqu'elle lui convient à lui, quelle différence cela fait-il pour lui ? », c'est à cause de l'enseignement de Rav Yossef.
- דְּאָמַר רַב יוֹסֵף: כָּאן שָׁנָה רַבִּי: לֹא יִשְׁפּוֹךְ אָדָם מֵי בוֹרוֹ, וַאֲחֵרִים צְרִיכִים לָהֶם.Car Rav Yossef a dit : Ici, Rabbi a enseigné : Qu'un homme ne verse pas l'eau de sa citerne alors que d'autres en ont besoin. Si le yavam accomplit la 'halitsa, peu lui importe avec laquelle ; mais avec l'apte, il la disqualifierait pour la prêtrise, la 'haloutsa (femme ayant accompli la 'halitsa) ayant le statut d'une divorcée. Il est donc préférable de l'accomplir avec celle qui est déjà disqualifiée.
- תָּא שְׁמַע: הַמַּחְזִיר גְּרוּשָׁתוֹ מִשֶּׁנִּשֵּׂאת — הִיא וְצָרָתָהּ חוֹלֶצֶת. הִיא וְצָרָתָהּ סָלְקָא דַּעְתָּךְ? [אֶלָּא] אֵימָא: אוֹ הִיא, אוֹ צָרָתָהּ.Viens et entends une autre baraïta : Celui qui reprend sa divorcée après qu'elle s'est mariée : elle et sa coépouse accomplissent la 'halitsa. « Elle et sa coépouse », peux-tu le penser ? Une seule femme du défunt accomplit la 'halitsa, et non deux ! [Mais] dis : soit elle, soit sa coépouse. Cela indiquerait que toutes deux sont inaptes au yiboum.
- וְלָאו תָּרוֹצֵי קָמְתָרְצַתְּ לַהּ?! תָּרֵיץ הָכִי: הִיא — חוֹלֶצֶת, צָרָתָהּ — אוֹ חוֹלֶצֶת אוֹ מִתְיַיבֶּמֶת.La Guemara rejette : Ne l'as-tu pas déjà rectifiée ? Rectifie-la ainsi : Elle accomplit la 'halitsa ; sa coépouse accomplit soit la 'halitsa, soit le yiboum.
- אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא, רַבִּי יוֹחָנָן בָּעֵי: הַמַּחְזִיר גְּרוּשָׁתוֹ מִשֶּׁנִּיסֵּת, צָרָתָהּ מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַמֵּי: וְתִיבְּעֵי לָךְ הִיא גּוּפַהּ? הִיא גּוּפַהּ לָא קָמִיבַּעְיָא לִי,Rabbi 'Hiya bar Abba a dit : Rabbi Yo'hanan a demandé : Celui qui reprend sa divorcée après qu'elle s'est mariée, qu'en est-il de sa coépouse ? Rabbi Ami lui a dit : Et pose-toi donc la question pour elle-même ? Il lui a répondu : Pour elle-même, je ne me pose pas la question,
- דְּאָמְרִינַן קַל וָחוֹמֶר: בַּמּוּתָּר לָהּ — אֲסוּרָה, בָּאָסוּר לָהּ — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?! כִּי קָא מִיבַּעְיָא לִי: צָרָתָהּ, מַאי? מִי אַלִּים קַל וָחוֹמֶר לְמִידְחֵי צָרָה, אוֹ לָא?car nous disons un kal va'homer (raisonnement a fortiori) : à celui qui lui était permis, elle est interdite ; à celui qui lui était interdit, le yavam, à plus forte raison ! Là où je me pose la question, c'est pour sa coépouse : qu'en est-il ? Le kal va'homer est-il assez fort pour écarter la coépouse, ou non ?
- רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק מַתְנֵי הָכִי: אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא, בָּעֵי רַבִּי יוֹחָנָן: הַמַּחְזִיר גְּרוּשָׁתוֹ מִשֶּׁנִּיסֵּת, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַמֵּי: וְתִיבְּעֵי לָךְ צָרָתָהּ? צָרָתָהּ לָא קָמִיבַּעְיָא לִי, דְּלָא אַלִּים קַל וָחוֹמֶר לְמִידְחֵי צָרָה. אֶלָּא כִּי קָמִיבַּעְיָא לִי, הִיא גּוּפַהּ מַאי: מִי אַלִּים קַל וָחוֹמֶר בִּמְקוֹם מִצְוָה, אוֹ לָא?Rav Na'hman bar Yits'hak enseignait ainsi : Rabbi 'Hiya bar Abba a dit : Rabbi Yo'hanan a demandé : Celui qui reprend sa divorcée après qu'elle s'est mariée, qu'en est-il ? Rabbi Ami lui a dit : Et pose-toi donc la question pour sa coépouse ? Pour sa coépouse, je ne me pose pas la question, car le kal va'homer n'est pas assez fort pour écarter la coépouse. Mais là où je me pose la question, c'est pour elle-même : qu'en est-il ? Le kal va'homer est-il fort dans un cas de mitsva (commandement) du lévirat, ou non ?
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