Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר אַבְנֵטוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל לֹא זֶהוּ אַבְנֵטוֹ שֶׁל כֹּהֵן הֶדְיוֹט. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר אַבְנֵטוֹ שֶׁל כֹּהֵן הֶדְיוֹט זֶהוּ אַבְנֵטוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?La Guemara (discussion des Amoraïm, Sages de l'époque de la Guemara) explique la difficulté : si la Michna (enseignement des Tannaïm, compilé par Rabbi Yehouda HaNassi) permet aux Cohanim (prêtres) de placer leurs vêtements sous leur tête, cela convient selon celui qui a dit que la ceinture du Cohen Gadol (grand prêtre) n'est pas la ceinture du Cohen ordinaire : celle du Cohen Gadol mêlait laine et lin, mais celle des Cohanim ordinaires, comme le reste de leurs vêtements, était tout en lin et ne contenait pas de kilayim (mélange interdit de laine et de lin). Mais selon celui qui a dit que la ceinture du Cohen ordinaire est la ceinture du Cohen Gadol, que peut-on dire ? Puisque la ceinture contenait des kilayim, comment la Michna pourrait-elle permettre de dormir sur ces vêtements ?
- וְכִי תֵּימָא: כִּלְאַיִם בַּעֲלִיָּה וּלְבִישָׁה הוּא דְּאָסוּר, אֲבָל מֵימַךְ תּוּתֵיהּ שַׁפִּיר דָּמֵי, וְהָתַנְיָא: ״לֹא יַעֲלֶה עָלֶיךָ״ – אֲבָל אַתָּה מַצִּיעוֹ תַּחְתֶּיךָ. אֲבָל אָמְרוּ חֲכָמִים: אָסוּר לַעֲשׂוֹת כֵּן, שֶׁמָּא תִּיכָּרֵךְ נִימָא אַחַת עַל בְּשָׂרוֹ.Et si tu dis que les kilayim, c'est le fait de les placer sur soi ou de les revêtir qui est interdit, mais que les étendre sous soi est permis, cela fait difficulté : mais voici qu'il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : le verset dit « Il ne montera pas sur toi » un vêtement de kilayim (Lévitique 19, 19), mais tu peux l'étendre sous toi pour t'y coucher. C'est la loi de la Torah, mais les Sages ont dit : il est interdit de faire ainsi, de peur qu'un seul fil ne s'enroule sur sa chair, et qu'il ne transgresse ainsi l'interdit de la Torah. Les Cohanim ne devraient donc pas pouvoir placer sous leur tête des vêtements de kilayim.
- וְכִי תֵּימָא דְּמַפְסֵיק מִידֵּי, וְהָאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בֶּן שָׁאוּל מִשּׁוּם קְהָלָא קַדִּישָׁא שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם: אֲפִילּוּ עֶשֶׂר מַצָּעוֹת זוֹ עַל גַּב זוֹ, וְכִלְאַיִם תַּחְתֵּיהֶן – אָסוּר לִישַׁן עֲלֵיהֶן. אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ, נֶגֶד רָאשֵׁיהֶן.Et si tu dis qu'il y a quelque chose qui sépare leur chair des vêtements, si bien que les fils ne peuvent s'enrouler sur elle, cela resterait interdit : mais voici que Rabbi Chimon a dit que Rabbi Yehochoua ben Lévi a dit que Rabbi Yossé ben Chaoul a dit au nom de la sainte assemblée de Jérusalem : même s'il y a dix matelas l'un sur l'autre et des kilayim dessous, il est interdit de dormir dessus, car le décret des Sages s'applique dans tous les cas, que la crainte qui l'a motivé existe ou non. Mais alors, déduis-en que la Michna ne permet de les placer qu'à côté de leur tête.
- וְאִי בָּעֵית אֵימָא: בְּאוֹתָן שֶׁאֵין בָּהֶן כִּלְאַיִם. רַב אָשֵׁי אָמַר: בִּגְדֵי כְהוּנָּה קָשִׁין הֵן, דְּאָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: הָא נַמְטָא גַּמְדָּא דְּנַרֶשׁ – שַׁרְיָא.La Guemara propose d'autres solutions : Et si tu veux, dis que la Michna permet bien de les placer sous la tête, car elle parle de ceux des vêtements qui ne contiennent pas de kilayim. Rav Achi a dit : la Michna permet de placer sous la tête même la ceinture faite de kilayim, car les vêtements de la prêtrise sont raides, et il n'est donc pas interdit de s'y coucher. Comme Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, a dit : ce feutre [namta] raide de Narech, fait de kilayim, est permis : l'interdit ne vise que ce qui ressemble à un vêtement dont on tire plaisir en le portant ; or une étoffe raide ne réchauffe pas.
- תָּא שְׁמַע: בִּגְדֵי כְהוּנָּה, הַיּוֹצֵא בָּהֶן לִמְדִינָה – אָסוּר. וּבַמִּקְדָּשׁ, בֵּין בִּשְׁעַת עֲבוֹדָה וּבֵין שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת עֲבוֹדָה – מוּתָּר. מִפְּנֵי שֶׁבִּגְדֵי כְהוּנָּה נִיתְּנוּ לֵיהָנוֹת בָּהֶן. שְׁמַע מִינַּהּ.La Guemara revient à la question de savoir s'il est permis de tirer profit des vêtements de la prêtrise : Viens et entends une baraïta : Les vêtements de la prêtrise : celui qui sort avec eux vers la province, c'est-à-dire hors du Temple, cela lui est interdit. Mais dans le Temple, que ce soit à l'heure du service ou non à l'heure du service, c'est permis, car les vêtements de la prêtrise ont été donnés pour qu'on en tire profit. Déduis-en qu'il est permis d'en tirer profit.
- וּבַמְּדִינָה לָא? וְהָתַנְיָא: בְּעֶשְׂרִים וְאֶחָד בּוֹ – יוֹם הַר גְּרִיזִים, דְּלָא לְמִיסְפַּד, כִּדְאִיתָא בְּיוֹמָא פֶּרֶק ״בָּא לוֹ כֹּהֵן גָּדוֹל קָרוֹב וְכוּ׳״?!Selon cette baraïta, on ne porte pas ces vêtements hors du Temple. La Guemara demande : Et en province, non ? Mais voici qu'il a été enseigné dans une baraïta, à propos d'une date de la Meguilat Taanit (liste des jours de fête et de jeûne) : Le vingt et un de ce mois de Tevet est le jour du mont Guerizim, où l'on ne doit pas prononcer d'oraison funèbre, car ce jour-là le Temple fut sauvé de la destruction grâce à Chimon HaTsadik, le Cohen Gadol, comme cela se trouve dans le traité Yoma, au chapitre « Le Cohen Gadol s'approchait, etc. » (Yoma 69a).
- עַד אִיבָּעֵית אֵימָא: רְאוּיִין הֵן לְבִגְדֵי כְהוּנָּה.La baraïta y raconte que Chimon HaTsadik alla à la rencontre d'Alexandre de Macédoine revêtu des vêtements de la prêtrise. La Guemara de Yoma cite le récit entier, jusqu'à l'explication de ce fait : Si tu veux, dis : ils étaient aptes à être des vêtements de la prêtrise, c'est-à-dire qu'il ne portait pas des vêtements consacrés, mais des habits de même matière et de même forme.
- וְאִי בָּעֵית אֵימָא: ״עֵת לַעֲשׂוֹת לַה׳ הֵפֵרוּ תּוֹרָתֶךָ״.Et si tu veux, dis qu'il portait bien les vêtements consacrés et que cela fut permis en vertu du principe : « Il est temps d'agir pour Hachem ; ils ont annulé Ta Torah » (Psaumes 119, 126) : en cas de grande nécessité, comme pour empêcher la destruction du Temple, on peut enfreindre la halakha (loi) pour l'amour du Ciel.
- אֵירַע קֶרִי בְּאֶחָד מֵהֶן [וְכוּ׳].La Michna (25b) enseigne : Si un kéri (émission séminale qui rend impur) est survenu à l'un d'eux, [etc.] il sortait de la salle du Foyer et passait par la galerie souterraine, car il ne pouvait traverser le parvis du Temple.
- מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר: מְחִילּוֹת לֹא נִתְקַדְּשׁוּ. בַּעַל קֶרִי מִשְׁתַּלֵּחַ חוּץ לִשְׁנֵי מַחֲנוֹת.La Guemara relève : Cela soutient Rabbi Yo'hanan, qui a dit : les galeries sous le mont du Temple n'ont pas été sanctifiées. On cite une autre parole de Rabbi Yo'hanan à ce sujet : Celui qui a eu un kéri est renvoyé hors des deux camps, le camp de la Présence divine et le camp des Léviim (lévites) ; il ne peut donc rester ni dans le parvis, ni sur le mont du Temple.
- וְהַנֵּרוֹת דּוֹלְקִין מִכָּאן וּמִכָּאן כּוּ׳. רַב סָפְרָא הֲוָה יָתֵיב בְּבֵית הַכִּסֵּא, אֲתָא רַבִּי אַבָּא נְחַר לֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: לֵיעוּל מָר!La Michna enseigne : Et les lampes brûlaient de ce côté-ci et de ce côté-là, etc. ; il y avait là des latrines d'honneur : si l'on trouvait la porte fermée, on savait que quelqu'un s'y trouvait. On raconte : Rav Safra était assis aux latrines. Rabbi Abba arriva et, faute de porte, se racla la gorge à son intention, pour savoir s'il pouvait entrer. Rav Safra lui dit : Que le Maître entre !
- בָּתַר דְּנָפֵיק, אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַבָּא: עַד כָּאן לָא סְלֵיקְתְּ לְשֵׂעִיר, גְּמַרְתְּ מִילֵּי דְּשֵׂעִיר?! לָאו הָכִי תְּנַן: מְצָאוֹ נָעוּל – בְּיָדוּעַ שֶׁיֵּשׁ שָׁם אָדָם! לְמֵימְרָא דְּלָא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמֵיעַל!Après qu'il fut sorti, Rabbi Abba lui dit : Jusqu'ici tu n'es pas monté à Séïr, le pays d'Édom, dont les habitants se conduisent sans pudeur, et tu as appris les manières de Séïr ?! N'avons-nous pas ainsi appris dans la Michna : Si on le trouvait fermé, on savait qu'il y avait là quelqu'un ! Cela revient à dire qu'on ne doit pas entrer !
- וְרַב סָפְרָא סָבַר: דִּלְמָא מְסוּכָּן הוּא. כִּדְתַנְיָא, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: עַמּוּד הַחוֹזֵר – מֵבִיא אֶת הָאָדָם לִידֵי הִדְרוֹקָן, סִילוֹן הַחוֹזֵר – מֵבִיא אֶת הָאָדָם לִידֵי יֵרָקוֹן.Et Rav Safra pensait : peut-être est-il en danger, s'il attend que je sorte, comme il a été enseigné dans une baraïta : Rabban Chimon ben Gamliel dit : La colonne de selles qui revient en arrière, parce qu'on se retient, amène l'homme à l'hydropisie [hidrokan] ; le jet d'urine qui revient amène l'homme à la jaunisse [yerakon].
- אֲמַר לֵיהּ רַב לְחִיָּיא בְּרֵיהּ, וְכֵן אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא לְרַבָּה בְּרֵיהּ: חַשֵּׁיךְ תַּקֵּין נַפְשָׁךְ, וּקְדֵים תַּקֵּין נַפְשָׁךְ – כִּי הֵיכִי דְּלָא תִּרְחַק. תּוּב וְגַלִּי. כַּסִּי וְקוּם.Rav a dit à son fils 'Hiya, et de même Rav Houna a dit à son fils Rabba : À la nuit tombée, soulage-toi, et avant l'aube, soulage-toi, même sans besoin particulier, car les rues sont alors vides, afin que tu n'aies pas à t'éloigner en pleine journée en te retenant, ce qui mettrait ta santé en danger. Et sois pudique : assieds-toi d'abord et seulement alors découvre-toi ; couvre-toi d'abord et seulement alors lève-toi.
- שְׁטוֹף וּשְׁתִי. [שְׁטוֹף] וְאַחֵית. וּכְשֶׁאַתָּה שׁוֹתֶה מַיִם – שְׁפוֹךְ מֵהֶן, וְאַחַר כָּךְ תֵּן לְתַלְמִידֶךָ.Pour la boisson, ces Amoraïm ont recommandé à leurs fils : quand tu bois du vin, rince la coupe et bois ; [rince]-la après avoir bu et repose-la à sa place. Et quand tu bois de l'eau, verses-en un peu pour rincer le bord de la coupe, et ensuite donne-la à ton élève, s'il veut boire.
- כִּדְתַנְיָא: לֹא יִשְׁתֶּה אָדָם מַיִם וְיִתֵּן לְתַלְמִידוֹ, אֶלָּא אִם כֵּן שָׁפַךְ מֵהֶן. וּמַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁשָּׁתָה מַיִם וְלֹא שָׁפַךְ מֵהֶן, וְנָתַן לְתַלְמִידוֹ, וְאוֹתוֹ תַּלְמִיד אִיסְטְנִיס הָיָה, וְלֹא רָצָה לִשְׁתּוֹת, וּמֵת בַּצָּמָא. בְּאוֹתָהּ שָׁעָה אָמְרוּ: לֹא יִשְׁתֶּה אָדָם מַיִם וְיִתֵּן לְתַלְמִידוֹ אֶלָּא אִם כֵּן שָׁפַךְ מֵהֶן. רַב אָשֵׁי אָמַר: הִילְכָּךְ, הַאי תַּלְמִידָא דְּשָׁפֵיךְ קַמֵּי רַבֵּיהּ – לֵית בֵּיהּ מִשּׁוּם אַפְקִירוּתָא.Comme il a été enseigné dans une baraïta : Un homme ne doit pas boire de l'eau et donner le reste à son élève, à moins d'en avoir versé un peu. Et il arriva qu'un homme but de l'eau, n'en versa pas et la donna à son élève. Or cet élève était délicat [istenis] et il ne voulut pas boire, et il mourut de soif. À cette heure-là, ils ont dit : Un homme ne doit pas boire de l'eau et la donner à son élève, à moins d'en avoir versé un peu. Rav Achi a dit : Par conséquent, cet élève qui verse de l'eau de la coupe de son maître devant son maître, il n'y a pas là de manque de respect [afkirouta].
- כׇּל מִילֵּי לָא תִּיפְלוֹט בְּאַפֵּי רַבָּךְ, בַּר מִקָּרָא וְדַיְיסָא, דְּכִפְתִילָה שֶׁל אֲבָר דָּמוּ.Pour la nourriture, ils ont recommandé : Quoi que ce soit que tu manges, si tu dois cracher ta salive, ne crache pas devant ton maître, sauf s'il s'agit de courge ou de bouillie, car leur salive ressemble à une mèche de plomb fondu, et se retenir de la cracher serait dangereux.
- תְּנַן הָתָם: אִישׁ הַר הַבַּיִת הָיָה מְחַזֵּר עַל כָּל מִשְׁמָר וּמִשְׁמָר, וַאֲבוּקוֹת דּוֹלְקוֹת לְפָנָיו. וְכׇל מִשְׁמָר שֶׁאֵינוֹ עוֹמֵד וְאוֹמֵר לוֹ: ״אִישׁ הַר הַבַּיִתNous avons appris ailleurs dans la Michna (Middot 1, 2) : L'homme du mont du Temple, chargé de surveiller les gardes, faisait le tour de chaque poste de garde, des torches allumées devant lui. Il vérifiait ainsi que les gardes veillaient. Et tout poste de garde où le garde ne se levait pas et ne lui disait pas : « Homme du mont du Temple,
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