Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: ״פְּרִי עֵץ הָדָר״, עֵץ שֶׁטַּעַם עֵצוֹ וּפִרְיוֹ שָׁוֶה — הֱוֵי אוֹמֵר זֶה אֶתְרוֹג.GUEMARA : Nos Maîtres ont enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : « le fruit de l'arbre splendide » (Lévitique 23, 40) désigne un arbre dont le goût du bois et celui du fruit sont identiques ; dis donc que c'est l'etrog (cédrat).
- וְאֵימָא פִּלְפְּלִין; כִּדְתַנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מִמַּשְׁמַע שֶׁנֶּאֱמַר ״וּנְטַעְתֶּם כׇּל עֵץ״, אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁהוּא עֵץ מַאֲכָל? מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״עֵץ מַאֲכָל״, עֵץ שֶׁטַּעַם עֵצוֹ וּפִרְיוֹ שָׁוֶה — הֱוֵי אוֹמֵר זֶה פִּלְפְּלִין. לְלַמֶּדְךָ שֶׁהַפִּלְפְּלִין חַיָּיבִין בְּעׇרְלָה. וְאֵין אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל חֲסֵרָה כְּלוּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תֶחְסַר כֹּל בָּהּ״.Mais dis plutôt qu'il s'agit du poivrier, dont le bois et le fruit ont aussi le même goût, comme il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Méïr disait : de ce qu'il est dit « et vous planterez tout arbre » (Lévitique 19, 23), ne sais-je pas qu'il s'agit d'un arbre fruitier ? Pourquoi le verset enseigne-t-il « arbre à nourriture » ? Pour inclure un arbre dont le goût du bois et celui du fruit sont identiques ; dis donc que c'est le poivrier. Cela t'apprend que les poivres sont soumis à la orla (interdit des fruits des trois premières années d'un arbre), et que la Terre d'Israël ne manque de rien, comme il est dit : « tu n'y manqueras de rien » (Deutéronome 8, 9). Peut-être alors le verset de la fête vise-t-il le poivre !
- הָתָם מִשּׁוּם דְּלָא אֶפְשָׁר, הֵיכִי נַעֲבֵיד? נִנְקוֹט חֲדָא — לָא מִינַּכְרָא לְקִיחָתַהּ. נִנְקוֹט תְּרֵי אוֹ תְּלָתָא — (אֶחָד) אָמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא שְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה פֵּירוֹת, הִלְכָּךְ לָא אֶפְשָׁר.Là-bas, pour les quatre espèces, le verset ne peut viser le poivre, parce que ce n'est pas possible. Comment ferions-nous ? Si nous en prenons un seul grain, sa prise ne se remarque pas en raison de sa petitesse. Si nous en prenons deux ou trois, le Miséricordieux a dit (un) seul fruit, et non deux ou trois fruits. C'est pourquoi ce n'est pas possible.
- רַבִּי אוֹמֵר: אַל תִּקְרֵי ״הָדָר״, אֶלָּא ״הַדִּיר״. מָה דִּיר זֶה יֵשׁ בּוֹ גְּדוֹלִים וּקְטַנִּים, תְּמִימִים וּבַעֲלֵי מוּמִין — הָכִי נָמֵי יֵשׁ בּוֹ גְּדוֹלִים וּקְטַנִּים, תְּמִימִים וּבַעֲלֵי מוּמִין. אַטּוּ שְׁאָר פֵּירוֹת לֵית בְּהוּ גְּדוֹלִים וּקְטַנִּים, תְּמִימִין וּבַעֲלֵי מוּמִין?! אֶלָּא הָכִי קָאָמַר: עַד שֶׁבָּאִין קְטַנִּים, עֲדַיִין גְּדוֹלִים קַיָּימִים.Rabbi (Rabbi Yehouda HaNassi) dit : ne lis pas hadar (splendide), mais ha-dir (l'enclos à bétail). De même que dans cet enclos il y a de grandes et de petites bêtes, des bêtes sans défaut et d'autres avec un défaut, de même sur cet arbre il y a de grands et de petits fruits, des fruits sans défaut et d'autres avec un défaut. Est-ce à dire que les autres fruits n'ont pas de grands et de petits, de sans défaut et d'autres avec un défaut ?! Voici plutôt ce qu'il veut dire : quand les petits arrivent, les grands sont encore là sur l'arbre, ce qui n'est pas le cas des autres arbres fruitiers.
- רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר: אַל תִּקְרֵי ״הָדָר״, אֶלָּא ״הַדָּר״ — דָּבָר שֶׁדָּר בְּאִילָנוֹ מִשָּׁנָה לְשָׁנָה. בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: אַל תִּקְרֵי ״הָדָר״, אֶלָּא ״אִידוֹר״, שֶׁכֵּן בְּלָשׁוֹן יְווֹנִי קוֹרִין לְמַיִם אִידוֹר, וְאֵיזוֹ הִיא שֶׁגָּדֵל עַל כׇּל מַיִם — הֱוֵי אוֹמֵר זֶה אֶתְרוֹג.Rabbi Abahou a dit : ne lis pas hadar, mais ha-dar (celui qui demeure) : une chose qui demeure sur son arbre d'une année à l'autre. Ben Azaï dit : ne lis pas hadar, mais idor, car en langue grecque on appelle l'eau idor. Et quel est celui qui pousse sur toutes les eaux, et non par la seule irrigation ou la seule pluie ? Dis donc que c'est l'etrog.
- שֶׁל אֲשֵׁרָה וְשֶׁל עִיר הַנִּדַּחַת — פָּסוּל. מַאי טַעְמָא? כֵּיוָן דְּלִשְׂרֵפָה קָאֵי — כַּתּוֹתֵי מְיכַתַּת שִׁיעוּרֵיהּ.Celui d'une achéra (arbre idolâtre) ou d'une ville égarée (dont les habitants ont été entraînés à l'idolâtrie) est invalide. Quelle en est la raison ? Puisqu'il est destiné à être brûlé, sa mesure est comme broyée : bien qu'il ne soit pas encore brûlé, il a déjà le statut de cendres et n'a plus la taille requise.
- וְשֶׁל עׇרְלָה פָּסוּל. מַאי טַעְמָא? פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי חִיָּיא בַּר אָבִין וְרַבִּי אַסִּי. חַד אָמַר: לְפִי שֶׁאֵין בָּהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה, וְחַד אָמַר: לְפִי שֶׁאֵין בָּהּ דִּין מָמוֹן.Et celui de orla est invalide. Quelle en est la raison ? Rabbi 'Hiya bar Avin et Rabbi Asi sont en désaccord à ce sujet. L'un dit : parce qu'il n'y a pas pour lui de permission de le manger ; or ce qu'on ne peut manger n'est pas réellement « à vous ». Et l'autre dit : parce qu'il n'a pas de statut de bien monétaire ; étant interdit de tout profit, il n'a aucune valeur et n'appartient donc pas à celui qui le tient.
- קָא סָלְקָא דַּעְתֵּיהּ מַאן דְּבָעֵי הֶיתֵּר אֲכִילָה לָא בָּעֵי דִּין מָמוֹן, וּמַאן דְּבָעֵי דִּין מָמוֹן לָא בָּעֵי הֶיתֵּר אֲכִילָה. תְּנַן: שֶׁל תְּרוּמָה טְמֵאָה — פְּסוּלָה, בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר לְפִי שֶׁאֵין בָּהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה — שַׁפִּיר. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר לְפִי שֶׁאֵין בָּהּ דִּין מָמוֹן — אַמַּאי? הֲרֵי מַסִּיקָהּ תַּחַת תַּבְשִׁילוֹ!La Guemara pense d'abord que celui qui exige la permission de manger n'exige pas le statut de bien monétaire, et que celui qui exige le statut de bien monétaire n'exige pas la permission de manger. Nous avons appris dans la Michna : celui de terouma (prélèvement donné au Cohen) impure est invalide. Cela se comprend selon celui qui dit : parce qu'il n'y a pas pour lui de permission de le manger, c'est bien, car la terouma impure ne se mange pas. Mais selon celui qui dit : parce qu'il n'a pas de statut de bien monétaire, pourquoi serait-il invalide ? Le Cohen peut bien le brûler sous sa marmite : il en tire profit, et il a donc une valeur !
- אֶלָּא: בְּהֶיתֵּר אֲכִילָה כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּבָעֵינַן, כִּי פְּלִיגִי בְּדִין מָמוֹן. מָר סָבַר: הֶיתֵּר אֲכִילָה בָּעֵינַן, דִּין מָמוֹן לָא בָּעֵינַן, וּמָר סָבַר: דִּין מָמוֹן נָמֵי בָּעֵינַן. מַאי בֵּינַיְיהוּ?Plutôt : sur la permission de manger, tout le monde est d'accord qu'elle est requise ; ils ne sont en désaccord que sur le statut de bien monétaire. Celui-ci pense : nous exigeons la permission de manger, nous n'exigeons pas le statut de bien monétaire ; et celui-là pense : nous exigeons aussi le statut de bien monétaire. Quelle est la différence entre eux ?
- אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ מַעֲשֵׂר שֵׁנִי שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם. אַלִּיבָּא דְּרַבִּי מֵאִיר, לְמַאן דְּאָמַר לְפִי שֶׁאֵין בָּהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה — הֲרֵי יֵשׁ בָּהּ הֶיתֵּר אֲכִילָה, לְמַאן דְּאָמַר לְפִי שֶׁאֵין בָּהּ דִּין מָמוֹן — מַעֲשֵׂר שֵׁנִי מָמוֹן גָּבוֹהַּ הוּא.La différence entre eux est le cas du ma'asser chéni (deuxième dîme) à Jérusalem selon Rabbi Méïr, pour qui il a le statut d'un bien consacré. Selon celui qui dit : parce qu'il n'y a pas pour lui de permission de le manger, il y a ici permission de le manger, et un tel etrog est donc valable. Selon celui qui dit : parce qu'il n'a pas de statut de bien monétaire, le ma'asser chéni est un bien du Très-Haut et n'appartient pas à son propriétaire ; il est donc invalide.
- תִּסְתַּיַּים דְּרַבִּי אַסִּי דְּאָמַר לְפִי שֶׁאֵין בָּהּ דִּין מָמוֹן. דְּאָמַר רַבִּי אַסִּי: אֶתְרוֹג שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי, לְדִבְרֵי רַבִּי מֵאִיר — אֵין אָדָם יוֹצֵא בּוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּיוֹם טוֹב, לְדִבְרֵי חֲכָמִים — אָדָם יוֹצֵא בּוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּיוֹם טוֹב. תִּסְתַּיַּים.Conclus que c'est Rabbi Asi qui a dit : parce qu'il n'a pas de statut de bien monétaire. Car Rabbi Asi a dit : avec un etrog de ma'asser chéni, selon les paroles de Rabbi Méïr, l'homme ne s'acquitte pas de son obligation pendant le Yom Tov (jour de fête) ; selon les paroles des Sages, l'homme s'en acquitte pendant le Yom Tov. Conclus-le donc.
- גּוּפָא. אָמַר רַבִּי אַסִּי: אֶתְרוֹג שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי, לְדִבְרֵי רַבִּי מֵאִיר — אֵין אָדָם יוֹצֵא בּוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּיוֹם טוֹב. לְדִבְרֵי חֲכָמִים — אָדָם יוֹצֵא בּוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּיוֹם טוֹב. מַצָּה שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר — אֵין אָדָם יוֹצֵא בָּהּ יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח, לְדִבְרֵי חֲכָמִים — אָדָם יוֹצֵא בָּהּ יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח. עִיסָּה שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי, לְדִבְרֵי רַבִּי מֵאִיר — פְּטוּרָה מִן הַחַלָּה, לְדִבְרֵי חֲכָמִים — חַיֶּיבֶת בַּחַלָּה.Revenons au sujet lui-même. Rabbi Asi a dit : avec un etrog de ma'asser chéni, selon les paroles de Rabbi Méïr, l'homme ne s'acquitte pas de son obligation pendant le Yom Tov ; selon les paroles des Sages, l'homme s'en acquitte pendant le Yom Tov. Avec une matsa de ma'asser chéni, selon les paroles de Rabbi Méïr, l'homme ne s'acquitte pas de son obligation à Pessa'h ; selon les paroles des Sages, l'homme s'en acquitte à Pessa'h. Une pâte de ma'asser chéni, selon les paroles de Rabbi Méïr, est exempte de la 'halla (prélèvement de pâte donné au Cohen) ; selon les paroles des Sages, elle est soumise à la 'halla.
- מַתְקֵיף לַהּ רַב פָּפָּא: בִּשְׁלָמָא עִיסָּה, כְּתִיב: ״רֵאשִׁית עֲרִיסוֹתֵיכֶם״. אֶתְרוֹג נָמֵי — כְּתִיב: ״לָכֶם״, מִשֶּׁלָּכֶם. אֶלָּא מַצָּה, מִי כְּתִיב ״מַצַּתְכֶם״? אָמַר רַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל, וְאִיתֵּימָא רַב יֵימַר בַּר שֶׁלֶמְיָא: אָתְיָא ״לֶחֶם״ ״לֶחֶם״. כְּתִיב הָכָא ״לֶחֶם עוֹנִי״, וּכְתִיב הָתָםRav Pappa objecte vivement à cela : cela se comprend pour la pâte, car il est écrit : « les prémices de vos pâtes » (Nombres 15, 20). Pour l'etrog aussi, il est écrit : « pour vous » (Lévitique 23, 40), c'est-à-dire de ce qui est à vous. Mais pour la matsa, est-il écrit « votre matsa » ? Rabba bar Chmouel a dit, et certains disent que c'est Rav Yemar bar Chélamya : cela se déduit par guezéra chava (analogie textuelle) de « pain » et « pain ». Il est écrit ici : « pain de misère » (Deutéronome 16, 3), et il est écrit là-bas, à propos de la 'halla :
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