Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְעֵדִים רוֹאִין אוֹתוֹ מִבַּחוּץ, מַאי?et que des témoins le voient de l'extérieur en train de compter l'argent, qu'en est-il ? Leur témoignage est-il recevable ?
- אֲמַר לֵיהּ רַב הַמְנוּנָא: וְהַלָּה מָה טוֹעֵן? אִי אָמַר: ״לֹא הָיוּ דְבָרִים מֵעוֹלָם״ – הוּחְזַק כַּפְרָן! אִי אָמַר: ״אִין, שְׁקַלִי – וְדִידִי שְׁקַלִי״ – כִּי אָתוּ עֵדִים מַאי הָוֵי? אֲמַר לֵיהּ: הַמְנוּנָא אַתְּ? עוּל תָּא.Rav Hamnouna lui dit : Et l'autre, que soutient-il ? S'il dit : « Ces faits n'ont jamais existé », il est établi comme négateur de la vérité (kafrane), puisque les témoins l'ont vu recevoir l'argent ! S'il dit : « Oui, j'ai pris cet argent, mais c'est le mien que j'ai pris », lorsque des témoins viennent, qu'est-ce que cela change ? Leur témoignage ne contredit pas ses dires. Rav Yehouda lui dit : Es-tu Hamnouna ? Entre, viens dans la maison d'étude, car tu rends ton maître plus sage !
- הָהוּא דַּאֲמַר לֵיהּ לְחַבְרֵיהּ: ״מָנֶה מָנִיתִי לְךָ בְּצַד עַמּוּד זֶה״, אֲמַר לֵיהּ: ״לֹא עָבַרְתִּי בְּצַד עַמּוּד זֶה״. אֲתוֹ תְּרֵי סָהֲדִי, אַסְהִידוּ בֵּיהּ דְּהִשְׁתִּין מַיִם בְּצַד עַמּוּד זֶה. אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: הוּחְזַק כַּפְרָן.La Guemara rapporte un fait semblable : Un certain homme dit à son prochain : « J'ai compté pour toi cent pièces en prêt à côté de cette colonne. » Il lui répondit : « Je ne suis pas passé à côté de cette colonne. » Deux témoins vinrent et attestèrent à son sujet qu'il avait uriné à côté de cette colonne. Rech Lakich dit : Il est établi comme négateur.
- מַתְקֵיף לַהּ רַב נַחְמָן: הַאי דִּינָא פָּרְסָאָה הוּא! מִי קָאָמַר ״מֵעוֹלָם״?! בְּעֵסֶק זֶה קָאָמַר לֵיהּ!Rav Na'hman objecte à cela : C'est là un jugement perse ! Une telle décision n'est pas digne d'un tribunal juif. A-t-il dit « jamais » ?! C'est de cette affaire du prêt qu'il lui parlait !
- אִיכָּא דְּאָמְרִי, הָהוּא דַּאֲמַר לֵיהּ לְחַבְרֵיהּ: ״מָנֶה מָנִיתִי לְךָ בְּצַד עַמּוּד זֶה״, אֲמַר לֵיהּ: ״לֹא עָבַרְתִּי בְּצַד עַמּוּד זֶה מֵעוֹלָם״. נְפַקוּ בֵּיהּ סָהֲדִי דְּהִשְׁתִּין מַיִם בְּצַד עַמּוּד זֶה. אָמַר רַב נַחְמָן: הוּחְזַק כַּפְרָן.Certains disent que le fait s'est produit autrement : Un certain homme dit à son prochain : « J'ai compté pour toi cent pièces en prêt à côté de cette colonne. » Il lui répondit : « Je ne suis jamais passé à côté de cette colonne. » Des témoins se présentèrent et attestèrent à son sujet qu'il avait uriné à côté de cette colonne. Rav Na'hman dit : Il est établi comme négateur.
- אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: כֹּל מִילְּתָא דְּלָא רַמְיָא עֲלֵיהּ דְּאִינִישׁ, עָבֵיד לַהּ וְלָאו אַדַּעְתֵּיהּ.Rava dit à Rav Na'hman : Cela ne le prouve pas, car toute chose qui n'incombe pas à un homme de retenir, il la fait sans y prêter attention.
- רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: חִיֵּיב כָּאן וְחִיֵּיב בְּפִקָּדוֹן כּוּ׳.La Guemara en vient à la dernière opinion de la baraïta citée plus haut (33b) : Rabbi Chimon dit : Il a rendu passible ici, pour le serment de témoignage (chevouat haédout), et il a rendu passible pour le dépôt (chevouat hapikadon, le serment sur un dépôt), etc. : de même que là-bas il s'agit d'une réclamation d'argent, de même ici.
- מַחֲכוּ עֲלַהּ בְּמַעְרְבָא. מַאי חוּכָא?Ils s'en moquaient en Occident, en Terre d'Israël. Quelle est cette moquerie ?
- דְּקָתָנֵי: מָה לְפִקָּדוֹן, שֶׁכֵּן לֹא עָשָׂה בּוֹ מוּשְׁבָּע כַּנִּשְׁבָּע, מֵזִיד כַּשּׁוֹגֵג.C'est sur ce qu'enseigne la baraïta pour rejeter cette comparaison : Que dire du dépôt, pour lequel la Torah n'a pas rendu celui à qui l'on fait prêter serment comme celui qui jure lui-même, ni l'intentionnel comme l'involontaire ?
- מִכְּדֵי מוּשְׁבָּע מִפִּי עַצְמוֹ בְּעֵדוּת, לְרַבִּי שִׁמְעוֹן מְנָא לֵיהּ – דִּגְמַר מִפִּקָּדוֹן; פִּקָּדוֹן נָמֵי – מוּשְׁבָּע מִפִּי אֲחֵרִים, נִגְמַר מֵעֵדוּת!Or, puisque le cas de celui qui jure de sa propre bouche dans le témoignage, d'où Rabbi Chimon le tient-il ? Il l'a appris du dépôt ! Pour le dépôt aussi, celui qui jure par la bouche d'autrui, apprenons-le du témoignage !
- וּמַאי חוּכָא? דִּלְמָא רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּקַל וָחוֹמֶר מַיְיתֵי לַהּ: מִפִּי אֲחֵרִים חַיָּיב – מִפִּי עַצְמוֹ לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?!Mais quelle moquerie y a-t-il là ? Peut-être Rabbi Chimon le déduit-il par un kal va'homer (raisonnement a fortiori) : si, par la bouche d'autrui, il est passible, de sa propre bouche, à plus forte raison !
- אֶלָּא חוּכָא אַמֵּזִיד כַּשּׁוֹגֵג – דְּקָתָנֵי: מָה לְפִקָּדוֹן – שֶׁכֵּן לֹא עָשָׂה בּוֹ מוּשְׁבָּע כַּנִּשְׁבָּע, מֵזִיד כַּשּׁוֹגֵג.Mais en réalité la moquerie porte sur « l'intentionnel comme l'involontaire », puisqu'il enseigne : Que dire du dépôt, pour lequel la Torah n'a pas rendu celui à qui l'on fait prêter serment comme celui qui jure lui-même, ni l'intentionnel comme l'involontaire ?
- מִכְּדֵי מֵזִיד גַּבֵּי עֵדוּת מְנָא לֵיהּ – דְּלָא כְּתִיב בֵּיהּ ״וְנֶעֱלַם״; הָכָא נָמֵי לָא כְּתִיב בֵּיהּ ״וְנֶעֱלַם״!Or, puisque l'intentionnel, pour le témoignage, d'où le tient-il ? De ce qu'il n'y est pas écrit : « et cela lui a été caché ». Ici aussi, il n'y est pas écrit : « et cela lui a été caché » ! Il ne devrait donc y avoir aucune distinction pour le dépôt non plus.
- אֲמַר לְהוּ רַב הוּנָא: וּמַאי חוּכָא? דִּלְמָא מֵזִיד דְּלָאו כַּשּׁוֹגֵג בְּפִקָּדוֹן, מִמְּעִילָה רַבִּי שִׁמְעוֹן גָּמַר לַהּ!Rav Houna leur dit : Et quelle moquerie y a-t-il là ? Peut-être le fait que l'intentionnel n'est pas comme l'involontaire pour le dépôt, Rabbi Chimon l'apprend de la me'ila (détournement d'un bien consacré), pour laquelle seul l'acte involontaire impose une offrande !
- וְהַיְינוּ חוּכָא – אַדְּגָמַר לַהּ מִמְּעִילָה, נִגְמַר לַהּ מֵעֵדוּת!La Guemara répond : C'est justement cela, la moquerie : au lieu de l'apprendre de la me'ila, qu'il l'apprenne du témoignage !
- מִסְתַּבְּרָא מִמְּעִילָה הֲוָה לֵיהּ לְמֵילַף, שֶׁכֵּן מְעִילָה מִמְּעִילָה.La Guemara rejette cela : Il est logique qu'il aurait dû l'apprendre de la me'ila, car on déduit alors me'ila de me'ila, ce terme figurant dans les deux passages (Lévitique 5, 21 et 5, 15).
- אַדְּרַבָּה – מֵעֵדוּת הֲוָה לֵיהּ לְמֵילַף, שֶׁכֵּן ״תֶּחֱטָא״ מִ״תֶּחֱטָא״!Au contraire, il aurait dû l'apprendre du témoignage, car on déduit alors « pèchera » de « pèchera » !
- מִסְתַּבְּרָא מִמְּעִילָה הֲוָה לֵיהּ לְמֵילַף, שֶׁכֵּן מְעִילָה; בַּכֹּל; נֶהֱנֶה; בְּקָבוּעַ; חוֹמֶשׁ; וְאָשָׁם.Il est logique qu'il aurait dû l'apprendre de la me'ila, car ils ont de nombreux points communs, résumés ainsi : « me'ila » ; « en tous » ; « il profite » ; « avec une offrande fixe » ; « cinquième » ; « et acham ». Le terme me'ila figure dans les deux ; tous deux concernent tout le monde et non les seuls témoins aptes ; dans les deux, le fautif tire profit ; tous deux imposent une offrande fixe ; tous deux, l'ajout d'un cinquième ('homech) ; et tous deux, une offrande de culpabilité (acham).
- אַדְּרַבָּה – מֵעֵדוּת הֲוָה לֵיהּ לְמֵילַף, שֶׁכֵּן חֵטְא; הֶדְיוֹט; בִּשְׁבוּעָה; תַּבְעֵיהּ וְכַפְרֵיהּ; וְ״אוֹאִין״! הָנָךְ נְפִישִׁין.Au contraire, il aurait dû l'apprendre du témoignage, car ils ont d'autres points communs, résumés ainsi : « péché » ; « le profane » ; « par serment » ; « il le réclame et il le nie » ; « et les ou » ! Le mot « pèchera » figure dans les deux ; tous deux concernent les biens de particuliers ; tous deux passent par un serment ; tous deux supposent une réclamation et une dénégation ; et les multiples « ou » figurent dans les deux. La Guemara répond : Ceux-là, les points communs avec la me'ila, sont plus nombreux.
- אֶלָּא מַאי חוּכָא?Mais alors, quelle était la moquerie ?
- כִּי אֲתָא רַב פָּפָּא וְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ מִבֵּי רַב, אָמְרִי: הַיְינוּ חוּכָא – מִכְּדֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן גְּזֵירָה שָׁוָה גְּמִיר, לְמָה לֵיהּ דְּפָרֵיךְ: מָה לְפִקָּדוֹן שֶׁכֵּן לֹא עָשָׂה בּוֹ מוּשְׁבָּע כַּנִּשְׁבָּע, מֵזִיד כַּשּׁוֹגֵג?Lorsque Rav Pappa et Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, vinrent de la maison du maître, ils dirent : Voici la moquerie : Puisque Rabbi Chimon a reçu par tradition une guezéra chava (analogie textuelle) entre les deux « pèchera », pourquoi objecte-t-il : Que dire du dépôt, pour lequel la Torah n'a pas rendu celui à qui l'on fait prêter serment comme celui qui jure lui-même, ni l'intentionnel comme l'involontaire ?
- וּמַאי חוּכָא? דִּלְמָא כִּי פָּרֵיךְ – מִקַּמֵּי דְּתֵיקוּם לֵיהּ גְּזֵירָה שָׁוָה; בָּתַר דְּקָמָא לֵיהּ גְּזֵירָה שָׁוָה לָא פָּרֵיךְ!Mais quelle moquerie y a-t-il là ? Peut-être, lorsqu'il objecte, est-ce avant que la guezéra chava ne lui soit établie ; après que la guezéra chava lui a été établie, il n'objecte plus !
- וְלָא?! וְהָאָמַר לְהוּ רָבָא בַּר אִיתַּי לְרַבָּנַן: מַאן תָּנָא שְׁבוּעַת הַפִּקָּדוֹן לֹא נִיתַּן זְדוֹנָהּ לְכַפָּרָה – רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא!Et il n'objecte plus ?! Mais Rava bar Itaï n'a-t-il pas dit aux Sages : Quel Tanna (Sage de l'époque de la Michna) enseigne que le serment sur un dépôt, sa faute intentionnelle n'a pas été donnée à l'expiation par une offrande ? C'est Rabbi Chimon ! Il maintient donc cette distinction.
- דִּלְמָא מֵזִיד כַּשּׁוֹגֵג פָּרֵיךְ, דְּגָמַר לַהּ מִמְּעִילָה, דְּהָנָךְ נְפִישִׁין; אֲבָל מוּשְׁבָּע כַּנִּשְׁבָּע לָא פָּרֵיךְ.Peut-être est-ce sur l'intentionnel comme l'involontaire qu'il objecte, même après la guezéra chava, car il l'apprend de la me'ila, ces points communs étant plus nombreux ; mais sur « celui à qui l'on fait prêter serment comme celui qui jure », il n'objecte pas.
- וְתֶהְדַּר עֵדוּת וְתִגְמֵר לַהּ מִפִּקָּדוֹן, מֵזִיד דְּלָאו כַּשּׁוֹגֵג – מָה פִּקָּדוֹן, שׁוֹגֵג אִין מֵזִיד לָא; אַף עֵדוּת, שׁוֹגֵג אִין מֵזִיד לָא – כִּי הֵיכִי דְּיָלֵיף פִּקָּדוֹן מִמְּעִילָה!Mais que le témoignage revienne alors et l'apprenne du dépôt, que l'intentionnel n'est pas comme l'involontaire : de même que pour le dépôt, l'involontaire oui, l'intentionnel non, de même pour le témoignage, l'involontaire oui, l'intentionnel non, tout comme le dépôt l'apprend de la me'ila !
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