Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- כׇּל אַחַת וְאַחַת, בִּפְנֵי בֵּית דִּין וְשֶׁלֹּא בִּפְנֵי בֵּית דִּין – אֵינוֹ מְדַבֵּר אֶלָּא בִּתְבִיעַת מָמוֹן; עֵדוּת שֶׁלֹּא עָשָׂה בָּהּ נָשִׁים כַּאֲנָשִׁים, קְרוֹבִים כִּרְחוֹקִים, פְּסוּלִין כִּכְשֵׁרִים; וְאֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת בִּפְנֵי בֵּית דִּין – אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא יְהֵא מְדַבֵּר אֶלָּא בִּתְבִיעַת מָמוֹן?!chacun et chacun des serments qu'on lui a fait prêter dans le cas du serment sur un dépôt (chevouat hapikadon), qu'ils soient prononcés devant un tribunal ou hors d'un tribunal, et malgré la portée si large de cette loi, le verset ne parle que d'une réclamation d'argent ; alors pour un témoignage (chevouat haédout, le serment de témoignage), pour lequel la Torah n'a pas rendu les femmes comme les hommes, les proches comme les non-proches, les inaptes à témoigner comme les aptes, et où l'on n'est passible que d'une seule offrande, même si l'on a été adjuré plusieurs fois, devant un tribunal, n'est-il pas logique qu'il ne parle que d'une réclamation d'argent ?!
- מָה לְפִקָּדוֹן – שֶׁכֵּן לֹא עָשָׂה בּוֹ מוּשְׁבָּע כַּנִּשְׁבָּע וּמֵזִיד כַּשּׁוֹגֵג; תֹּאמַר בְּעֵדוּת – שֶׁכֵּן עָשָׂה בָּהּ מוּשְׁבָּע כַּנִּשְׁבָּע וּמֵזִיד כַּשּׁוֹגֵג?!La baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) rejette ce raisonnement : Que dire du dépôt, qui est particulier en ceci qu'à son sujet la Torah n'a pas rendu celui à qui l'on fait prêter serment par la bouche d'autrui comme celui qui jure de lui-même, ni le serment faux prononcé avec intention comme celui prononcé par inadvertance ? Diras-tu la même chose du témoignage, pour lequel la Torah a rendu celui à qui l'on fait prêter serment comme celui qui jure de lui-même, et le serment prononcé avec intention comme celui prononcé par inadvertance ?!
- תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תֶּחֱטָא״–״תֶּחֱטָא״ לִגְזֵירָה שָׁוָה – נֶאֱמַר כָּאן ״תֶּחֱטָא״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״תֶּחֱטָא״; מָה לְהַלָּן אֵינוֹ מְדַבֵּר אֶלָּא בִּתְבִיעַת מָמוֹן, אַף כָּאן אֵינוֹ מְדַבֵּר אֶלָּא בִּתְבִיעַת מָמוֹן.C'est pourquoi le verset dit : « pèchera » et « pèchera », pour enseigner une guezéra chava (analogie textuelle fondée sur un même mot dans deux versets). Il est dit ici, à propos du serment de témoignage : « pèchera » (Lévitique 5, 1), et il est dit là-bas, à propos du serment sur un dépôt : « pèchera » (Lévitique 5, 21). De même que là-bas le verset ne parle que d'une réclamation d'argent, de même ici il ne parle que d'une réclamation d'argent.
- מַתְקֵיף לַהּ רַבָּה בַּר עוּלָּא: ״אוֹ״ ״אוֹ״ בִּיטּוּי יוֹכִיחוּ – שֶׁהֵן ״אוֹאִין״, וְיֵשׁ עִמָּהֶן שְׁבוּעָה, וְאֵין עִמָּהֶן כֹּהֵן – וּמְדַבְּרִים שֶׁלֹּא בִּתְבִיעַת מָמוֹן!La Guemara examine maintenant les opinions de la baraïta, en commençant par celle de Rabbi Eliézer, qui tirait du serment sur un dépôt la limite à la réclamation d'argent en se fondant sur les multiples occurrences du mot « ou », accompagnées d'un serment et sans mention d'un Cohen. Rabba bar Oulla objecte à cela : « Ou » et « ou » du serment d'énonciation (chevouat bitouï : « ou si quelqu'un jure d'énoncer de ses lèvres de faire le mal ou le bien », Lévitique 5, 4) le prouveront, car ce sont aussi de multiples « ou », et il y a avec eux un serment, et il n'y a pas avec eux de Cohen, et pourtant ils ne parlent pas d'une réclamation d'argent !
- מִסְתַּבְּרָא מִפִּקָּדוֹן הֲוָה לֵיהּ לְמֵילַף, שֶׁכֵּן ״תֶּחֱטָא״ מִ״תֶּחֱטָא״.La Guemara répond : Il est logique qu'il aurait dû déduire la loi du serment de témoignage du dépôt, car on déduit alors « pèchera » de « pèchera » par une analogie textuelle.
- אַדְּרַבָּה – מִבִּיטּוּי הֲוָה לֵיהּ לְמֵילַף, שֶׁכֵּן חַטָּאת מֵחַטָּאת!Au contraire, il aurait dû déduire de l'énonciation, car on déduit alors une offrande expiatoire ('hatat) d'une offrande expiatoire, ces deux serments en imposant une, alors que le serment sur un dépôt impose une offrande de culpabilité (acham) !
- אֶלָּא מִסְתַּבְּרָא מִפִּקָּדוֹן הֲוָה לֵיהּ לְמֵילַף – שֶׁכֵּן חֵטְא; בְּמֵזִיד; תַּבְעֵיהּ וְכַפְרֵיהּ; וְעַבְרֵיהּ.Mais en réalité il est logique qu'il aurait dû déduire du dépôt, car ils ont de nombreux points communs, résumés par le moyen mnémotechnique suivant : « péché » ; « avec intention » ; « il le réclame et il le nie » ; « et son passé ». Le mot « pèchera » figure dans les deux passages ; dans les deux, on est passible pour un faux serment intentionnel ; dans les deux, il y a réclamation et dénégation ; et les deux portent sur un fait passé.
- אַדְּרַבָּה, מִבִּיטּוּי הֲוָה לֵיהּ לְמֵילַף, שֶׁכֵּן חַטָּאת שֶׁיָּרְדָה לְחוֹמֶשׁ! הָנָךְ נְפִישָׁן.Au contraire, il aurait dû déduire de l'énonciation, car ils ont d'autres points communs, résumés ainsi : « offrande expiatoire » ; « qui descend » ; « au cinquième ». Tous deux imposent une 'hatat ; tous deux une offrande variable selon les moyens (olé véyored, « qui monte et descend ») ; et ni l'un ni l'autre n'impose d'ajouter un cinquième ('homech), contrairement au serment sur un dépôt ! La Guemara répond : Ceux-là, les points communs avec le dépôt, sont plus nombreux.
- רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״וְהָיָה כִי יֶאְשַׁם לְאַחַת מֵאֵלֶּה״ – יֵשׁ מֵאֵלֶּה שֶׁהוּא חַיָּיב, וְיֵשׁ מֵאֵלֶּה שֶׁהוּא פָּטוּר. הָא כֵּיצַד? תְּבָעוֹ מָמוֹן – חַיָּיב, תְּבָעוֹ דָּבָר אַחֵר – פָּטוּר.Rabbi Akiva dit : il est écrit : « Et il adviendra, lorsqu'il se rendra coupable de l'une de celles-ci » (Lévitique 5, 5). L'expression « de celles-ci » est restrictive : il y en a parmi celles-ci pour lesquelles il est passible, et il y en a parmi celles-ci pour lesquelles il est exempt. Comment cela ? S'il lui a réclamé un témoignage portant sur de l'argent, il est passible ; s'il lui a réclamé un témoignage sur autre chose, il est exempt.
- אֵיפוֹךְ אֲנָא!La Guemara objecte : Puisque le verset ne précise pas quel cas est visé, j'inverse, moi, et je dirai qu'on n'est passible que lorsque la réclamation ne porte pas sur de l'argent !
- רַבִּי עֲקִיבָא אַ״אוֹאִין״ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר סְמִיךְ.La Guemara répond : Rabbi Akiva s'appuie sur les « ou » de Rabbi Eliézer, qui limitent déjà la loi aux réclamations d'argent ; et de « celles-ci » il déduit que certaines réclamations d'argent elles-mêmes sont exclues.
- מַאי בֵּינַיְיהוּ בֵּין רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וּבֵין רַבִּי עֲקִיבָא?Quelle différence y a-t-il entre eux, entre Rabbi Eliézer et Rabbi Akiva ?
- אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ מַשְׁבִּיעַ עֵדֵי קַרְקַע – לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר חַיָּיבִין, לְרַבִּי עֲקִיבָא פְּטוּרִין.Il y a entre eux le cas de celui qui adjure des témoins au sujet d'un terrain : selon Rabbi Eliézer ils sont passibles s'ils jurent faussement, selon Rabbi Akiva ils sont exempts, ce cas étant exclu par « celles-ci ».
- וּלְרַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר הָתָם: מַשְׁבִּיעַ עֵדֵי קַרְקַע אֲפִילּוּ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר פְּטוּרִין – הָכָא מַאי אִיכָּא בֵּין רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְרַבִּי עֲקִיבָא?Mais selon Rabbi Yo'hanan, qui dit là-bas (plus loin, 37b) que celui qui adjure des témoins au sujet d'un terrain : ils sont exempts même selon Rabbi Eliézer, quelle différence y a-t-il ici entre Rabbi Eliézer et Rabbi Akiva ?
- אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ עֵדֵי קְנָס.Il y a entre eux le cas de témoins adjurés au sujet d'une amende (kenass) : selon Rabbi Eliézer ils sont passibles, selon Rabbi Akiva ils sont exempts.
- רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: ״וְהוּא עֵד אוֹ רָאָה אוֹ יָדָע״ – בְּעֵדוּת הַמִּתְקַיֶּימֶת בִּרְאִיָּה בְּלֹא יְדִיעָה וּבִידִיעָה בְּלֹא רְאִיָּה הַכָּתוּב מְדַבֵּר.Rabbi Yossé HaGuelili dit : il est écrit à propos du serment de témoignage : « Et il est témoin, ou il a vu, ou il a su » (Lévitique 5, 1) : c'est d'un témoignage qui s'établit par la vue sans la connaissance du fait, et par la connaissance sans la vue, que parle le verset ; il s'agit donc d'un témoignage en matière d'argent, car tout autre témoignage exige à la fois la vue et la connaissance.
- אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: לֵימָא רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי לֵית לֵיהּ דְּרַבִּי אַחָא? דְּתַנְיָא, רַבִּי אַחָא אוֹמֵר: גָּמָל הָאוֹחֵר בֵּין הַגְּמַלִּים וְנִמְצָא גָּמָל הָרוּג בְּצִידּוֹ – בְּיָדוּעַ שֶׁזֶּה הֲרָגוֹ. דְּאִי אִית לֵיהּ דְּרַבִּי אַחָא, בְּדִינֵי נְפָשׁוֹת נָמֵי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ – כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן שָׁטַח!Rav Pappa dit à Abayé : Dirons-nous que Rabbi Yossé HaGuelili n'admet pas l'opinion de Rabbi A'ha ? Car il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi A'ha dit : Un chameau en rut qui se déchaîne parmi les chameaux, et l'on trouve un chameau tué à ses côtés : il est certain que celui-ci l'a tué, et le propriétaire doit payer. Rabbi A'ha admet donc qu'on juge d'après des indices. Car s'il admettait l'opinion de Rabbi A'ha, tu trouverais aussi dans les affaires capitales un témoignage par la connaissance sans la vue, comme dans le cas de Rabbi Chimon ben Chéta'h !
- דְּתַנְיָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן שָׁטַח: אֶרְאֶה בְּנֶחָמָה אִם לֹא רָאִיתִי אֶחָד שֶׁרָץ אַחַר חֲבֵירוֹ לְחוּרְבָּה, וְרַצְתִּי אַחֲרָיו, וּמָצָאתִי סַיִיף בְּיָדוֹ וְדָם מְטַפְטֵף וְהָרוּג מְפַרְפֵּר; אָמַרְתִּי לוֹ: רָשָׁע! מִי הֲרָגוֹ לָזֶה? אוֹ אֲנִי, אוֹ אַתָּה!Car il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Chimon ben Chéta'h a dit sous forme de serment : Que je ne voie pas la consolation d'Israël si je n'ai pas vu un homme courir derrière son prochain vers une ruine ; j'ai couru après lui, et j'ai trouvé une épée dans sa main, du sang qui gouttait et la victime qui se convulsait. Je lui ai dit : Scélérat ! Qui a tué celui-ci ? Ou moi, ou toi !
- אֲבָל מָה אֶעֱשֶׂה, שֶׁאֵין דָּמְךָ מָסוּר בְּיָדִי, שֶׁהֲרֵי אָמְרָה תּוֹרָה: ״עַל פִּי שְׁנַיִם עֵדִים אוֹ שְׁלֹשָׁה עֵדִים יוּמַת הַמֵּת״. אֶלָּא הַמָּקוֹם יִפָּרַע מִמְּךָ. אָמְרוּ: לֹא זָזוּ מִשָּׁם עַד שֶׁנְּשָׁכוֹ נָחָשׁ וָמֵת.Mais que puis-je faire, puisque ton sang n'est pas remis entre mes mains, car la Torah a dit : « Sur la déposition de deux témoins ou de trois témoins, celui qui doit mourir sera mis à mort » (Deutéronome 17, 6) ? Mais le Lieu (l'Omniprésent) se fera payer de toi. Ils ont dit : Ils n'avaient pas bougé de là qu'un serpent le mordit et il mourut.
- אֲפִילּוּ תֵּימָא אִית לֵיהּ דְּרַבִּי אַחָא; בִּשְׁלָמָא יְדִיעָה בְּלֹא רְאִיָּה – מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ; אֶלָּא רְאִיָּה בְּלֹא יְדִיעָה – הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? מִי לָא בָּעֵי מִידָּע אִם גּוֹי הָרַג אוֹ יִשְׂרָאֵל הָרַג, אִם אָדָם טְרֵפָה הָרַג אוֹ שָׁלֵם הָרַג?La Guemara répond : Tu peux même dire qu'il admet l'opinion de Rabbi A'ha. Certes, la connaissance sans la vue, tu la trouves dans les affaires capitales ; mais la vue sans la connaissance, comment la trouves-tu ? Ne faut-il pas savoir si l'homme a tué un non-Juif ou s'il a tué un Juif, s'il a tué un homme tréfa (atteint d'une lésion mortelle) ou s'il a tué un homme intact ?
- שְׁמַע מִינַּהּ, קָסָבַר רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי: מַשְׁבִּיעַ עֵדֵי קְנָס – פָּטוּר; דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ חַיָּיב, נְהִי דִּידִיעָה בְּלֹא רְאִיָּה – אַשְׁכְּחַן לַהּ; רְאִיָּה בְּלֹא יְדִיעָה – מִי לָא בָּעֵי מִידָּע גּוֹיָה בָּעַל בַּת יִשְׂרָאֵל בָּעַל, בְּתוּלָה בָּעַל בְּעוּלָה בָּעַל?La Guemara ajoute : Déduis-en que Rabbi Yossé HaGuelili pense que celui qui adjure des témoins au sujet d'une amende : il en est exempt. Car s'il te venait à l'esprit qu'il est passible, admettons que la connaissance sans la vue, nous la trouvons ; mais la vue sans la connaissance ? Ne faut-il pas savoir si le coupable a eu une relation avec une non-Juive ou s'il a eu une relation avec une fille d'Israël, s'il a eu une relation avec une vierge ou s'il a eu une relation avec une non-vierge ?
- יָתֵיב רַב הַמְנוּנָא קַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה, וְיָתֵיב רַב יְהוּדָה וְקָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ: ״מָנֶה מְנִיתִיךְ בִּפְנֵי פְּלוֹנִי וּפְלוֹנִי״,À propos de la vue sans la connaissance, la Guemara rapporte : Rav Hamnouna était assis devant Rav Yehouda, et Rav Yehouda était assis et il se posait la question : Si quelqu'un réclame à un autre en disant : « J'ai compté pour toi et je t'ai remis cent pièces devant untel et untel »,
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