Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- עַד שֶׁיִּשְׁמְעוּ מִפִּי הַתּוֹבֵעַ!jusqu'à ce qu'ils entendent la demande de témoigner directement de la bouche du demandeur ! Pourquoi donc Chmouel avait-il besoin de l'énoncer ?
- רָץ אַחֲרֵיהֶן אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ; סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: כֵּיוָן דְּרָץ אַחֲרֵיהֶן – כְּמַאן דְּאָמַר לְהוּ דָּמֵי; קָא מַשְׁמַע לַן.La Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) répond : le cas où le demandeur court derrière eux, il — Chmouel — en avait besoin ; car il te serait venu à l'esprit de dire : puisqu'il court derrière eux, cela équivaut à celui qui le leur a dit expressément. Il nous enseigne donc que, même si son intention est claire, les témoins ne sont passibles que s'il le leur dit explicitement.
- וְהָא נָמֵי תְּנֵינָא: שְׁבוּעַת הָעֵדוּת כֵּיצַד? אָמַר לְעֵדִים ״בּוֹאוּ וְהַעִידוּנִי״, ״שְׁבוּעָה״ כּוּ׳ – אָמַר אִין, לָא אָמַר לָא!La Guemara objecte : mais cela aussi, nous l'avons appris dans la Michna : le serment de témoignage, comment entraîne-t-il le sacrifice ? S'il a dit aux témoins : « Venez et témoignez pour moi », et qu'ils ont répondu : « Serment que nous ne savons rien », etc. On en déduit : s'il a dit, oui, ils sont passibles ; s'il n'a pas dit, non !
- ״אָמַר״ לָאו דַּוְקָא.La Guemara rejette cette preuve : « a dit » n'est pas à prendre au sens strict : il en irait de même s'il avait exprimé sa demande sans parole.
- דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, גַּבֵּי פִּקָּדוֹן דְּקָתָנֵי: שְׁבוּעַת הַפִּקָּדוֹן כֵּיצַד? אָמַר לוֹ: ״תֵּן לִי פִּקָּדוֹן שֶׁיֵּשׁ לִי בְּיָדְךָ״ ; הָכָא נָמֵי – אָמַר אִין, לָא אָמַר לָא?! הָא ״וְכִחֶשׁ בַּעֲמִיתוֹ״ כֹּל דְּהוּ!Car si tu ne dis pas cela, et que tu soutiens que l'expression de la Michna est précise, alors à propos du dépôt, où il est enseigné (36b) : le serment du dépôt, comment entraîne-t-il le sacrifice ? S'il lui a dit : « Donne-moi le dépôt que j'ai entre tes mains », dirais-tu ici aussi que s'il a dit, oui, il est passible, et que s'il n'a pas dit, non ?! Or le verset « et il nie envers son prochain » (Lévitique 5, 21) rend le dépositaire passible pour toute négation, quelle qu'elle soit !
- אֶלָּא ״אָמַר״ לָאו דַּוְקָא; הָכָא נָמֵי לָאו דַּוְקָא.Mais alors, pour le dépôt, « a dit » n'est pas à prendre au sens strict ; ici aussi, pour le serment de témoignage, ce n'est pas à prendre au sens strict.
- הַאי מַאי? אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא ״אָמַר״ דְּהָכָא דַּוְקָא – תְּנָא הָתָם אַטּוּ הָכָא. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לָא ״אָמַר״ דְּהָתָם דַּוְקָא וְלָא ״אָמַר״ דְּהָכָא דַּוְקָא – ״אָמַר״ ״אָמַר״ לְמָה לִי לְמִיתְנְיַיהּ?La Guemara demande : qu'est-ce que cette comparaison ? Cela se comprend si tu dis que le « a dit » d'ici, pour le serment de témoignage, est au sens strict : le Tanna (Sage de l'époque de la Michna) a enseigné là-bas, pour le dépôt, la même expression à cause d'ici, par souci d'uniformité. Mais si tu dis que ni le « a dit » de là-bas n'est au sens strict, ni le « a dit » d'ici n'est au sens strict, « a dit », « a dit », pourquoi ai-je besoin de l'enseigner ?
- דִּלְמָא אוֹרְחָא דְּמִילְּתָא קָא מַשְׁמַע לַן.La Guemara répond : peut-être le Tanna nous enseigne-t-il simplement la manière habituelle dont la chose se passe : d'ordinaire, on formule sa demande en paroles. La Michna ne prouve donc rien, et l'enseignement de Chmouel reste nécessaire.
- תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל: רָאוּהוּ שֶׁבָּא אַחֲרֵיהֶן, אָמְרוּ לוֹ: ״מָה אַתָּה בָּא אַחֲרֵינוּ? שְׁבוּעָה שֶׁאֵין אָנוּ יוֹדְעִין לָךְ עֵדוּת״ – פְּטוּרִין. וְאִם בְּפִקָּדוֹן – חַיָּיבִים.Il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) conformément à Chmouel : s'ils ont vu le demandeur venir derrière eux et lui ont dit : « Pourquoi viens-tu derrière nous ? Serment que nous ne connaissons pas de témoignage pour toi », ils sont exempts. Et si c'est à propos d'un dépôt, c'est-à-dire si le propriétaire poursuit les dépositaires et qu'ils nient, ils sont passibles, car on est passible pour toute négation d'un dépôt.
- הִשְׁבִּיעַ עֲלֵיהֶן חֲמִשָּׁה פְּעָמִים כּוּ׳.La Michna a enseigné : s'il les a adjurés cinq fois, hors du tribunal, et qu'ils ont nié au tribunal, ils sont passibles pour chaque serment, etc.
- מְנָלַן דְּאַכְּפִירָה בְּבֵית דִּין הוּא דִּמְחַיְּיבִי, אַחוּץ לְבֵית דִּין לָא מִחַיְּיבִי?La Guemara demande : d'où savons-nous que c'est pour la négation au tribunal qu'ils sont passibles, et que pour une négation hors du tribunal ils ne sont pas passibles ?
- אָמַר אַבָּיֵי, אָמַר קְרָא: ״אִם לוֹא יַגִּיד וְנָשָׂא עֲוֹנוֹ״ – לֹא אָמַרְתִּי לְךָ אֶלָּא בִּמְקוֹם שֶׁאִילּוּ מַגִּיד זֶה, מִתְחַיֵּיב זֶה מָמוֹן.Abayé a dit : le verset dit : « s'il ne déclare pas, il portera sa faute » (Lévitique 5, 1) : je ne te l'ai dit que là où, si celui-ci déclarait, celui-là deviendrait redevable d'argent, c'est-à-dire au tribunal.
- אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: אִי הָכִי, אֵימָא שְׁבוּעָה גּוּפַאּ – בְּבֵית דִּין אֵין, וְשֶׁלֹּא בְּבֵית דִּין לָא!Rav Pappa a dit à Abayé : s'il en est ainsi, dis que c'est le serment lui-même qui est concerné : prêté au tribunal, oui, il rend passible, et prêté hors du tribunal, non !
- לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דְּתַנְיָא: ״לְאַחַת״ – לְחַיֵּיב עַל כׇּל אַחַת וְאַחַת. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ בְּבֵית דִּין, מִי מְחַיֵּיב עַל כׇּל אַחַת וְאַחַת?! וְהָתְנַן: הִשְׁבִּיעַ עֲלֵיהֶן חֲמִשָּׁה פְּעָמִים בִּפְנֵי בֵּית דִּין וְכָפְרוּ – אֵין חַיָּיבִין אֶלָּא אַחַת. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: מָה טַעַם? הוֹאִיל וְאֵינָם יְכוֹלִין לַחְזוֹר וּלְהוֹדוֹת. אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ: שְׁבוּעָה – חוּץ לְבֵית דִּין, כְּפִירָה – בְּבֵית דִּין?Abayé répond : cela ne te vient pas à l'esprit, car il a été enseigné dans une baraïta : « de l'une » (Lévitique 5, 5) vient pour rendre passible pour chacune et chacune des fautes. Or, s'il te venait à l'esprit que le serment doit être prêté au tribunal, serait-il passible pour chacun et chacun des serments ?! Mais nous avons appris dans la Michna : s'il les a adjurés cinq fois devant le tribunal et qu'ils ont nié, ils ne sont passibles que d'un seul sacrifice. Rabbi Chimon a dit : quelle en est la raison ? Puisqu'ils ne peuvent plus revenir sur leur négation et reconnaître. Mais alors, n'en déduis-tu pas que le serment se fait hors du tribunal, et la négation au tribunal ?
- כָּפְרוּ שְׁנֵיהֶן כְּאַחַת – חַיָּיבִין. הָא אִי אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם?La Michna a enseigné : s'ils ont nié tous deux ensemble, ils sont passibles. La Guemara demande : mais il est impossible de faire coïncider exactement deux événements !
- אָמַר רַב חִסְדָּא: הָא מַנִּי – רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי הִיא, דְּאָמַר אֶפְשָׁר לְצַמְצֵם.Rav 'Hisda a dit : selon qui est cet enseignement ? C'est Rabbi Yossé HaGuelili, qui dit qu'il est possible de faire coïncider exactement deux événements.
- רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבָּנַן, כְּגוֹן שֶׁכָּפְרוּ שְׁנֵיהֶן בְּתוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר – וְתוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר כְּדִיבּוּר דָּמֵי.Rabbi Yo'hanan a dit : tu peux même dire que c'est l'avis des Sages qui divergent de Rabbi Yossé HaGuelili : il s'agit d'un cas où tous deux ont nié dans l'intervalle d'une parole — le temps de prononcer une courte formule —, et ce qui se fait dans l'intervalle d'une parole équivaut à la parole elle-même. Bien que les deux négations ne coïncident pas exactement, elles sont considérées comme simultanées.
- אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא מִדִּיפְתִּי לְרָבִינָא: מִכְּדִי תּוֹךְ כְּדֵי דִיבּוּר כַּמָּה הָוֵי – כְּדֵי שְׁאֵילַת תַּלְמִיד לָרַב, אִיכָּא דְּאָמְרִי: כְּדֵי שְׁאֵילַת הָרַב לַתַּלְמִיד; עַד דְּאָמְרִי ״שְׁבוּעָה שֶׁאֵין אָנוּ יוֹדְעִין לָךְ עֵדוּת״, טוּבָא הָוֵי! אֲמַר לֵיהּ: כׇּל אֶחָד וְאֶחָד תּוֹךְ דִּיבּוּרוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ.Rav A'ha de Difti a dit à Ravina : en définitive, combien dure l'intervalle d'une parole ? Le temps de la salutation d'un élève à son maître (« Chalom alékha, Rabbi »). Certains disent : le temps de la salutation du maître à l'élève (« Chalom alékha »). Le temps qu'ils disent : « Serment que nous ne connaissons pas de témoignage pour toi », c'est bien plus long ! Ravina lui a dit : il s'agit d'un cas où chacun et chacun commence à parler dans l'intervalle de parole de son compagnon, à compter de la fin de la phrase de celui-ci.
- בְּזֶה אַחַר זֶה – הָרִאשׁוֹן חַיָּיב וְהַשֵּׁנִי פָּטוּר. מַתְנִיתִין דְּלָא כִּי הַאי תַּנָּא – דְּתַנְיָא: מַשְׁבִּיעַ עֵד אֶחָד – פָּטוּר, וְרַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן מְחַיֵּיב.La Michna a enseigné : s'ils ont nié l'un après l'autre, le premier est passible et le second est exempt, car une fois que le premier a nié, le second n'est plus qu'un témoin isolé, dont le témoignage ne suffit pas. La Michna n'est pas conforme à ce Tanna-ci, car il a été enseigné dans une baraïta : celui qui adjure un seul témoin — le témoin est exempt ; et Rabbi Élazar fils de Rabbi Chimon le rend passible.
- לֵימָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי – דְּמָר סָבַר: עֵד אֶחָד כִּי אָתֵא – לִשְׁבוּעָה הוּא דְּקָא אָתֵא; וּמָר סָבַר: עֵד אֶחָד כִּי אֲתָא – לְמָמוֹנָא קָא אָתֵא?Disons qu'ils divergent sur ceci : un Maître (le premier Tanna) pense qu'un témoin unique, lorsqu'il vient, c'est pour le serment qu'il vient — il oblige seulement le défendeur à prêter serment ; et un Maître (Rabbi Élazar fils de Rabbi Chimon) pense qu'un témoin unique, lorsqu'il vient, c'est pour l'argent qu'il vient ?
- וְתִיסְבְּרָא?! הָאָמַר אַבָּיֵי: הַכֹּל מוֹדִים בְּעֵד סוֹטָה, וְהַכֹּל מוֹדִים בְּעֵדֵי סוֹטָה, וּמַחְלוֹקֶת בְּעֵדֵי סוֹטָה; הַכֹּל מוֹדִים בְּעֵד אֶחָד, וְהַכֹּל מוֹדִים בְּעֵד שֶׁכְּנֶגְדּוֹ חָשׁוּד עַל הַשְּׁבוּעָה.La Guemara rejette : et peux-tu le penser ?! Abayé n'a-t-il pas dit : tous reconnaissent à propos du témoin de la sota (femme soupçonnée d'adultère), tous reconnaissent à propos des témoins de la sota, et il y a divergence à propos des témoins de la sota ; tous reconnaissent à propos d'un témoin unique, et tous reconnaissent à propos d'un témoin dont la partie adverse est suspecte quant au serment. Ces cas seront expliqués plus loin ; il en ressort que le témoin unique peut rendre passible même selon les Sages.
- אֶלָּא דְּכוּלֵּי עָלְמָא עֵד אֶחָד כִּי אָתֵי – לִשְׁבוּעָה קָא אָתֵי; וְהָכָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי: מָר סָבַר דָּבָר הַגּוֹרֵם לְמָמוֹן – כְּמָמוֹן דָּמֵי, וּמָר סָבַר לָאו כְּמָמוֹן דָּמֵי.Mais alors, tous pensent qu'un témoin unique, lorsqu'il vient, c'est pour le serment qu'il vient ; et ici, ils divergent sur ceci : un Maître (Rabbi Élazar fils de Rabbi Chimon) pense qu'une chose qui cause une perte d'argent équivaut à de l'argent, car le défendeur préférera parfois payer plutôt que de jurer ; et un Maître (le premier Tanna) pense qu'elle n'équivaut pas à de l'argent.
- גּוּפָא – אָמַר אַבָּיֵי: הַכֹּל מוֹדִים בְּעֵד סוֹטָה, וְהַכֹּל מוֹדִים בְּעֵדֵי סוֹטָה, וּמַחְלוֹקֶת בְּעֵדֵי סוֹטָה; הַכֹּל מוֹדִים בְּעֵד אֶחָד, וְהַכֹּל מוֹדִים בְּעֵד שֶׁכְּנֶגְדּוֹ חָשׁוּד עַל הַשְּׁבוּעָה.Revenons au sujet lui-même. Abayé a dit : tous reconnaissent à propos du témoin de la sota, tous reconnaissent à propos des témoins de la sota, et il y a divergence à propos des témoins de la sota ; tous reconnaissent à propos d'un témoin unique, et tous reconnaissent à propos d'un témoin dont la partie adverse est suspecte quant au serment.
- הַכֹּל מוֹדִים בְּעֵד סוֹטָה – שֶׁחַיָּיב, בְּעֵד טוּמְאָה; דְּרַחֲמָנָא הֵימְנֵיהּ, דִּכְתִיב ״וְעֵד אֵין בָּהּ״ – כֹּל שֶׁיֵּשׁ בָּהּ.Tous reconnaissent à propos du témoin de la sota qu'il est passible, s'agissant du témoin d'impureté, qui atteste que la femme, avertie par son mari puis isolée avec l'homme désigné, a eu une relation avec lui ; car le Miséricordieux lui a accordé crédit, comme il est écrit : « et il n'y a pas de témoin contre elle » (Nombres 5, 13) : tout témoin qu'il y a contre elle suffit à l'interdire à son mari et à lui faire perdre sa ketouba (contrat de mariage). Ce témoin porte donc directement sur de l'argent.
- וְהַכֹּל מוֹדִים בְּעֵדֵי סוֹטָה – שֶׁפָּטוּר, בְּעֵדֵי קִינּוּי; דְּהָוֵה גּוֹרֵם דְּגוֹרֵם.Et tous reconnaissent à propos des témoins de la sota que chacun est exempt, s'agissant des témoins d'avertissement, qui attestent que le mari l'a mise en garde ; car c'est la cause d'une cause de la perte d'argent : il faudrait encore des témoins d'isolement, puis un témoin de la faute ou l'épreuve des eaux amères.
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