Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- תִּיפְשׁוֹט דְּבָעֵי רָבָא: ״שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אוֹכַל״ וְאָכַל עָפָר, בְּכַמָּה? תִּפְשׁוֹט עַד דְּאִיכָּא כְּזַיִת! כִּי קָאָמְרִינַן – בְּמִידֵּי דְּבַר אֲכִילָה קָאָמְרִינַן.Tranche alors la question que Rava a posée : si quelqu'un a dit « Serment que je ne mangerai pas », et qu'il a mangé de la terre, pour quelle quantité est-il passible ? Tranche qu'il n'est passible que lorsqu'il y a la quantité d'une olive (kazayit, mesure minimale de ce qui compte comme manger) ! La Guemara répond : lorsque nous disons dans la Michna qu'on ne trouve pas de cas où l'on soit passible pour moins qu'une mesure, nous parlons d'une chose comestible, et non de la terre.
- וַהֲרֵי קוּנָּמוֹת! קוּנָּמוֹת נָמֵי כִּמְפָרֵשׁ דָּמֵי.La Guemara objecte : mais voici les konamot (vœux par lesquels on s'interdit un objet à la manière d'une offrande), où l'on est passible pour moins qu'une olive ! Elle répond : les konamot aussi sont comme le cas de celui qui précise que toute quantité lui est interdite.
- אָמַר לָהֶן: הֵיכָן מָצִינוּ בִּמְדַבֵּר וּמֵבִיא קׇרְבָּן, שֶׁזֶּה מְדַבֵּר וּמֵבִיא קׇרְבָּן. וְלָא?! וַהֲרֵי מְגַדֵּף! מְדַבֵּר וְאוֹסֵר קָאָמְרִינַן, וְהַאי מְדַבֵּר וְחוֹטֵא הוּא.La Michna a enseigné que Rabbi Akiva leur a dit (aux Sages) : où trouvons-nous qu'un homme qui parle apporte une offrande, comme celui-ci qui parle (qui prête serment) et apporte une offrande ? La Guemara s'étonne : et n'en trouve-t-on pas ? Mais voici le blasphémateur, qui, selon Rabbi Akiva, apporte une offrande ! Elle répond : nous parlons de celui qui parle et interdit quelque chose par sa parole, et celui-ci, le blasphémateur, est quelqu'un qui parle et pèche, sans rien interdire.
- וַהֲרֵי נָזִיר! מֵבִיא קׇרְבָּנוֹ עַל דִּבּוּרוֹ קָאָמְרִינַן, וְהַאי מֵבִיא קׇרְבָּן – לְאִשְׁתְּרוֹיֵי לֵיהּ חַמְרָא הוּא דְּקָא מַיְיתֵי.Mais voici le nazir (celui qui a fait vœu d'abstinence), qui s'interdit le vin par la parole et apporte une offrande ! La Guemara répond : nous parlons de celui qui apporte son offrande pour sa parole même, et celui-ci, s'il apporte une offrande à la fin de son naziréat, c'est pour se permettre le vin qu'il l'apporte.
- וַהֲרֵי הֶקְדֵּשׁ! אוֹסֵר לְעַצְמוֹ קָאָמְרִינַן, וְהַאי אוֹסֵר עַל כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ הוּא.Mais voici le hékdèch (bien consacré au Temple) : on interdit l'objet par la parole, et celui qui en profite apporte une offrande ! La Guemara répond : nous parlons de celui qui interdit une chose à lui-même, et celui-ci, qui consacre, interdit la chose au monde entier.
- הֲרֵי קוּנָּמוֹת! קָסָבַר אֵין מְעִילָה בְּקוּנָּמוֹת.Mais voici les konamot, où l'on s'interdit une chose à soi seul, et où l'on apporterait une offrande en en profitant ! La Guemara répond : Rabbi Akiva estime qu'il n'y a pas de me'ila (profanation d'un bien consacré, qui oblige à une offrande) pour les konamot.
- אָמַר רָבָא: מַחֲלוֹקֶת בִּסְתָם, אֲבָל בִּמְפָרֵשׁ – דִּבְרֵי הַכֹּל בְּכׇל שֶׁהוּא. מַאי טַעְמָא? מְפָרֵשׁ נָמֵי כִּבְרִיָּה דָּמֵי.Rava a dit : la machlokèt (divergence) entre Rabbi Akiva et les Sages porte sur le cas où il a prêté serment sans préciser de quantité, mais lorsqu'il précise que le serment vise toute quantité, tous s'accordent à dire qu'il est passible pour une quantité quelconque. Quelle en est la raison ? Celui qui précise aussi est comme celui qui mange une créature entière, pour laquelle on est passible quelle qu'en soit la taille.
- וְאָמַר רָבָא: מַחְלוֹקֶת בְּ״שֶׁלֹּא אוֹכַל״, אֲבָל בְּ״שֶׁלֹּא אֶטְעוֹם״ – דִּבְרֵי הַכֹּל בְּכׇל שֶׁהוּא. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: לִיטְעוֹם נָמֵי – כִּדְאָמְרִי אִינָשֵׁי; קָא מַשְׁמַע לַן.Et Rava a dit : la machlokèt porte sur le cas où il a dit « que je ne mangerai pas », mais s'il a dit « que je ne goûterai pas », tous s'accordent à dire qu'il est passible pour une quantité quelconque. La Guemara demande : c'est évident ! Elle répond : Rava l'a enseigné pour que tu n'ailles pas dire que « goûter » aussi signifie manger, comme le disent les gens ; il nous apprend donc qu'il n'en est rien.
- אָמַר רַב פָּפָּא: מַחְלוֹקֶת בִּשְׁבוּעוֹת, אֲבָל בְּקוּנָּמוֹת – דִּבְרֵי הַכֹּל בְּכׇל שֶׁהוּא. מַאי טַעְמָא? קוּנָּמוֹת נָמֵי, כֵּיוָן דְּלָא קָא מַדְכַּר שְׁמָא דַּאֲכִילָה, כְּדִמְפָרֵשׁ דָּמֵי.Rav Pappa a dit : la machlokèt porte sur les serments, mais pour les konamot, tous s'accordent à dire qu'on est passible pour une quantité quelconque. Quelle en est la raison ? Les konamot aussi, puisqu'il n'y mentionne pas le mot « manger », sont comme le cas de celui qui précise toute quantité.
- מֵיתִיבִי: שְׁנֵי קוּנָּמוֹת מִצְטָרְפִין, שְׁתֵּי שְׁבוּעוֹת אֵין מִצְטָרְפוֹת. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: קוּנָּמוֹת כִּשְׁבוּעוֹת. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ חַיָּיב בְּכׇל שֶׁהוּא, לְמָה לִי לְצָרֵף?On a objecté d'une baraïta : deux konamot s'additionnent pour former une mesure, deux serments ne s'additionnent pas. Rabbi Méïr dit : les konamot sont comme les serments. Or s'il te vient à l'esprit que, pour les konamot, on est passible pour une quantité quelconque, pourquoi ai-je besoin d'additionner ?
- דְּאָמַר: ״אֲכִילָה מִזּוֹ עָלַי קוּנָּם״, ״אֲכִילָה מִזּוֹ עָלַי קוּנָּם״. אִי הָכִי, אַמַּאי מִצְטָרְפוֹת? סוֹף סוֹף – זִיל לְהָכָא לֵיכָּא שִׁיעוּרָא, וְזִיל לְהָכָא לֵיכָּא שִׁיעוּרָא! דְּאָמַר: ״אֲכִילָה מִשְּׁתֵּיהֶן עָלַי קוּנָּם״.La Guemara répond : il s'agit du cas où il a dit : « Manger de celle-ci m'est konam », « Manger de celle-là m'est konam » : puisqu'il a mentionné le manger, il faut une olive. Elle demande : s'il en est ainsi, pourquoi s'additionnent-elles ? En fin de compte, va ici : il n'y a pas la mesure, et va là : il n'y a pas la mesure ! Elle répond : il s'agit du cas où il a dit : « Manger de toutes les deux m'est konam ».
- דִּכְוָותַהּ גַּבֵּי שְׁבוּעוֹת – דְּאָמַר: ״שְׁבוּעָה שֶׁלֹּא אוֹכַל מִשְּׁתֵּיהֶן״, אַמַּאי אֵין מִצְטָרְפִין? אָמַר רַב פִּנְחָס: שָׁאנֵי שְׁבוּעוֹת, מִתּוֹךְ שֶׁחֲלוּקוֹת לְחַטָּאוֹת, אֵין מִצְטָרְפוֹת.La Guemara demande : dans le cas correspondant, à propos des serments, où il a dit : « Serment que je ne mangerai pas de toutes les deux », pourquoi ne s'additionnent-elles pas ? Rav Pin'has a dit : les serments sont différents ; du fait qu'elles se divisent quant aux 'hatatot (offrandes expiatoires), chaque aliment entraînant sa propre offrande, elles ne s'additionnent pas.
- אִי הָכִי, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: קוּנָּמוֹת כִּשְׁבוּעוֹת – בִּשְׁלָמָא שְׁבוּעוֹת, הוֹאִיל וַחֲלוּקוֹת לְחַטָּאוֹת; אֶלָּא קוּנָּמוֹת, אַמַּאי לָא? אֵיפוֹךְ – רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: שְׁבוּעוֹת כְּקוּנָּמוֹת. וְלֵית לֵיהּ לִדְרַב פִּנְחָס.S'il en est ainsi, Rabbi Méïr dit : les konamot sont comme les serments. Certes, pour les serments cela se comprend, puisqu'ils se divisent quant aux 'hatatot ; mais les konamot, pourquoi ne s'additionneraient-ils pas ? La Guemara répond : inverse la formule : Rabbi Méïr dit : les serments sont comme les konamot et s'additionnent eux aussi, et il n'admet pas l'enseignement de Rav Pin'has.
- רָבִינָא אָמַר: כִּי קָאָמַר רַב פָּפָּא – לְעִנְיַן מַלְקוֹת; כִּי תַּנְיָא הָהִיא – לְעִנְיַן קׇרְבָּן, דְּבָעֵינַן שָׁוֶה פְּרוּטָה.Ravina a dit : lorsque Rav Pappa a parlé d'une quantité quelconque pour les konamot, c'était à propos de la flagellation (malkot) ; lorsque cette baraïta a été enseignée sur l'addition, c'était à propos de l'offrande de me'ila, pour laquelle il nous faut la valeur d'une perouta (la plus petite pièce de monnaie).
- לְמֵימְרָא דְּסָבְרִי רַבָּנַן יֵשׁ מְעִילָה בְּקוּנָּמוֹת?! וְהָתַנְיָא: ״כִּכָּר זוֹ הֶקְדֵּשׁ״, וַאֲכָלָהּ – בֵּין הוּא בֵּין חֲבֵירוֹ מָעַל; לְפִיכָךְ יֵשׁ לָהּ פִּדְיוֹן. ״כִּכָּר זוֹ עָלַי הֶקְדֵּשׁ״ – הֲרֵי הוּא מָעַל, חֲבֵירוֹ לֹא מָעַל; לְפִיכָךְ אֵין לָהּ פִּדְיוֹן. דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.La Guemara demande : cela revient à dire que les Sages estiment qu'il y a me'ila pour les konamot ! Or n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : si quelqu'un a dit « Ce pain est hékdèch », et l'a mangé, lui comme son prochain ont commis une me'ila ; c'est pourquoi il peut être racheté. S'il a dit « Ce pain m'est hékdèch », lui a commis une me'ila, son prochain n'a pas commis de me'ila ; c'est pourquoi il ne peut pas être racheté. Telles sont les paroles de Rabbi Méïr.
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