Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- הָכִי נָמֵי מִיסְתַּבְּרָא דְּרַב כְּרַבִּי יְהוּדָה סְבִירָא לֵיהּ, דְּאָמַר רַב: מַנִּיחִין נֵר עַל גַּבֵּי דֶּקֶל בְּשַׁבָּת, וְאֵין מַנִּיחִין נֵר עַל גַּבֵּי דֶּקֶל בְּיוֹם טוֹב. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא דְּרַב כְּרַבִּי יְהוּדָה סְבִירָא לֵיהּ — הַיְינוּ דְּשָׁנֵי בֵּין שַׁבָּת לְיוֹם טוֹב. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סְבִירָא לֵיהּ, מָה לִי שַׁבָּת וּמָה לִי יוֹם טוֹב?La Guemara ajoute : de même, il est logique de dire que Rav est d'avis comme Rabbi Yehouda, qui admet l'interdit de mouktsé (objet mis de côté, interdit de déplacement), car Rav a dit : on pose une lampe au sommet d'un palmier la veille, pour qu'elle y brûle le Chabbat, mais on ne pose pas de lampe au sommet d'un palmier un Yom Tov (jour de fête). Si tu dis, certes, que Rav est d'avis comme Rabbi Yehouda, c'est ce qui explique qu'il distingue entre Chabbat et Yom Tov : le Chabbat la lampe est mouktsé et on ne viendra pas la reprendre, tandis qu'à Yom Tov, où l'on peut déplacer une lampe, on risque d'aller la chercher sur l'arbre et de se servir ainsi d'un végétal attaché au sol. Mais si tu dis qu'il est d'avis comme Rabbi Chimon, pour qui la lampe n'est pas mouktsé même le Chabbat, que m'importe le Chabbat et que m'importe Yom Tov ? Il ne devrait y avoir aucune différence entre les deux.
- וְרַב כְּרַבִּי יְהוּדָה סְבִירָא לֵיהּ? וְהָא בְּעוֹ מִינֵּיהּ דְּרַב מַהוּ לְטַלְטוֹלֵי שְׁרָגָא דַחֲנוּכְּתָא מִקַּמֵּי חַבָּרֵי בְּשַׁבְּתָא, וַאֲמַר לְהוּ: שַׁפִּיר דָּמֵי! — שְׁעַת הַדְּחָק שָׁאנֵי. דְּהָא אֲמַרוּ לְהוּ רַב כָּהֲנָא וְרַב אָשֵׁי לְרַב: הָכִי הִלְכְתָא? אֲמַר לְהוּ: כְּדַי הוּא רַבִּי שִׁמְעוֹן לִסְמוֹךְ עָלָיו בִּשְׁעַת הַדְּחָק.La Guemara demande : Et Rav est-il vraiment d'avis comme Rabbi Yehouda ? Mais voici qu'on a demandé à Rav : peut-on déplacer une lampe de 'Hanouka devant les 'havarei (prêtres zoroastriens perses, qui interdisaient d'allumer certains jours) le Chabbat ? Et il leur a dit : c'est bien permis ! Rav n'admettrait donc pas l'interdit de mouktsé. La Guemara répond : Un moment de contrainte est différent, et Rav n'a permis qu'en raison du danger. Car Rav Kahana et Rav Achi ont dit à Rav : est-ce ainsi la halakha (la règle pratique) ? Il leur a dit : Rabbi Chimon est digne qu'on s'appuie sur lui dans un moment de contrainte.
- בְּעָא מִינֵּיהּ רֵישׁ לָקִישׁ מֵרַבִּי יוֹחָנָן: חִטִּים שֶׁזְּרָעָן בְּקַרְקַע, וּבֵיצִים שֶׁתַּחַת תַּרְנְגוֹלֶת — מַהוּ? כִּי לֵית לֵיהּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן מוּקְצֶה — הֵיכָא דְּלָא דַּחְיֵיהּ בְּיָדַיִם, הֵיכָא דְּדַחְיֵיהּ בְּיָדַיִם — אִית לֵיהּ מוּקְצֶה, אוֹ דִילְמָא לָא שְׁנָא. אֲמַר לֵיהּ: אֵין מוּקְצֶה לְרַבִּי שִׁמְעוֹן אֶלָּא שֶׁמֶן שֶׁבַּנֵּר בְּשָׁעָה שֶׁהוּא דּוֹלֵק, הוֹאִיל וְהוּקְצָה לְמִצְוָתוֹ הוּקְצָה לְאִיסּוּרוֹ.Rech Lakich a demandé à Rabbi Yo'hanan : du blé qu'on a semé dans la terre et qui n'a pas encore pris racine, et des œufs placés sous une poule pour y être couvés, qu'en est-il ? Rabbi Chimon reconnaît-il ici un interdit ? Quand Rabbi Chimon n'admet-il pas le mouktsé ? Là où l'on n'a pas écarté l'objet de ses mains ; mais là où on l'a écarté de ses mains, comme en semant le blé ou en plaçant l'œuf sous la poule, il admet le mouktsé. Ou peut-être n'y a-t-il pas de différence. Rabbi Yo'hanan lui a dit : Il n'y a de mouktsé selon Rabbi Chimon que pour l'huile qui est dans la lampe au moment où elle brûle : puisqu'elle a été mise de côté pour sa mitsva (l'allumage de Chabbat), elle a été mise de côté pour son interdit, celui d'éteindre.
- וְלֵית לֵיהּ הוּקְצָה לְמִצְוָתוֹ? וְהָתַנְיָא: סִיכְּכָה כְּהִלְכָתָהּ וְעִיטְּרָה בִּקְרָמִים וּבִסְדִינִין הַמְצוּיָּירִין, וְתָלָה בָּהּ אֱגוֹזִין, אֲפַרְסְקִין, שְׁקֵדִים וְרִמּוֹנִין, וּפַרְכִּילֵי עֲנָבִים, וַעֲטָרוֹת שֶׁל שִׁבּוֹלִין, יֵינוֹת, שְׁמָנִים וּסְלָתוֹת — אָסוּר לְהִסְתַּפֵּק מֵהֶן עַד מוֹצָאֵי יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן. וְאִם הִתְנָה עֲלֵיהֶן — הַכֹּל לְפִי תְנָאוֹ.La Guemara demande : Et n'admet-il pas un objet mis de côté pour sa mitsva, sans autre interdit ? Or il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique hors de la Michna) : Si on l'a couverte selon sa règle – la soukka – et qu'on l'a ornée de tentures et de draps décorés, et qu'on y a suspendu des noix, des pêches, des amandes et des grenades, des grappes de raisin, des couronnes d'épis, des vins, des huiles et des fines farines, il est interdit de s'en servir jusqu'à la sortie du dernier jour de Yom Tov : tout cela a été mis de côté pour la mitsva de la soukka. Et si l'on a posé une condition à leur sujet en les suspendant, tout dépend de sa condition.
- וּמִמַּאי דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא — דְּתָנֵי רַבִּי חִיָּיא בַּר יוֹסֵף קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: אֵין נוֹטְלִין עֵצִים מִן הַסּוּכָּה בְּיוֹם טוֹב אֶלָּא מִן הַסָּמוּךְ לָהּ. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר. וְשָׁוִין בְּסוּכַּת הַחַג בֶּחָג שֶׁהִיא אֲסוּרָה, וְאִם הִתְנָה עָלֶיהָ — הַכֹּל לְפִי תְנָאוֹ. כְּעֵין שֶׁמֶן שֶׁבַּנֵּר קָאָמְרִינַן, הוֹאִיל וְהוּקְצָה לְמִצְוָתוֹ הוּקְצָה לְאִיסּוּרוֹ. אִיתְּמַר נָמֵי, אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין מוּקְצֶה לְרַבִּי שִׁמְעוֹן אֶלָּא כְּעֵין שֶׁמֶן שֶׁבַּנֵּר בְּשָׁעָה שֶׁהוּא דּוֹלֵק, הוֹאִיל וְהוּקְצָה לְמִצְוָתוֹ הוּקְצָה לְאִיסּוּרוֹ.Et d'où sait-on que cette baraïta est de Rabbi Chimon ? Car Rabbi 'Hiya bar Yossef a enseigné devant Rabbi Yo'hanan : On ne prend pas de bois de la soukka ordinaire, faite pour l'ombre, à Yom Tov, car il a été mis de côté avant la fête, mais seulement de ce qui est adossé à elle (des fagots posés contre ses parois). Et Rabbi Chimon permet d'en prendre, car il n'admet pas le mouktsé. Et ils s'accordent, pour la soukka de la fête (de Soukkot), pendant la fête, qu'elle est interdite. Et si l'on a posé une condition à son sujet, tout dépend de sa condition. Rabbi Chimon interdit donc un objet mis de côté pour une mitsva seule. La Guemara corrige les propos de Rabbi Yo'hanan : C'est d'un cas semblable à l'huile de la lampe que nous parlons, sans exiger qu'il s'y ajoute un interdit d'accomplir un travail : puisqu'elle a été mise de côté pour sa mitsva, elle a été mise de côté pour son interdit. Il a aussi été dit ainsi : Rabbi 'Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Il n'y a de mouktsé selon Rabbi Chimon que dans un cas semblable à l'huile de la lampe au moment où elle brûle : puisqu'elle a été mise de côté pour sa mitsva, elle a été mise de côté pour son interdit.
- אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: אֵין מוּקְצֶה לְרַבִּי שִׁמְעוֹן אֶלָּא גְּרוֹגְרוֹת וְצִימּוּקִים בִּלְבַד. וּמִידִּי אַחֲרִינָא לָא? וְהָתַנְיָא: הָיָה אוֹכֵל בִּתְאֵנִים וְהוֹתִיר וְהֶעֱלָן לַגַּג לַעֲשׂוֹת מֵהֶן גְּרוֹגְרוֹת, בַּעֲנָבִים וְהוֹתִיר וְהֶעֱלָן לַגַּג לַעֲשׂוֹת מֵהֶן צִימּוּקִין — לֹא יֹאכַל עַד שֶׁיַּזְמִין. וְכֵן אַתָּה אוֹמֵר בַּאֲפַרְסְקִין וַחֲבוּשִׁין וּבִשְׁאָר כׇּל מִינֵי פֵּירוֹת.Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : Il n'y a de mouktsé selon Rabbi Chimon que les figues sèches et les raisins secs seulement : ceux qu'on monte sur le toit pour les sécher, et qui deviennent entre-temps impropres à la consommation. La Guemara demande : Et aucune autre chose ? Or il a été enseigné dans une baraïta : Si quelqu'un mangeait des figues, en a laissé et les a montées sur le toit pour en faire des figues sèches, ou mangeait des raisins, en a laissé et les a montés sur le toit pour en faire des raisins secs, il n'en mangera pas le Chabbat à moins de les avoir désignés à cet effet avant Chabbat. Et tu diras de même pour les pêches, les coings et toutes les autres espèces de fruits.
- מַנִּי? אִילֵימָא רַבִּי יְהוּדָה — וּמָה הֵיכָא דְּלָא דַּחְיֵיהּ בְּיָדַיִם אִית לֵיהּ מוּקְצֶה, הֵיכָא דְּדַחְיֵיהּ בְּיָדַיִם לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?De qui est cette baraïta ? Si l'on dit Rabbi Yehouda, elle serait superflue : si, là où on n'a pas écarté l'objet de ses mains, il admet le mouktsé, là où on l'a écarté de ses mains, à plus forte raison !
- אֶלָּא לָאו רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא! לְעוֹלָם רַבִּי יְהוּדָה, וְאוֹכֵל אִצְטְרִיכָא לֵיהּ. סָלְקָא דַעְתָּךְ אָמֵינָא, כֵּיוָן דְּקָאָכֵיל וְאָזֵיל לָא לִיבְעֵי הַזְמָנָה. קָמַשְׁמַע לַן, כֵּיוָן דְּהֶעֱלָן לַגַּג אַסּוֹחֵי אַסְּחֵהּ לְדַעְתֵּיהּ מִינַּיְיהוּ.N'est-elle donc pas de Rabbi Chimon ? Il étendrait ainsi le mouktsé au-delà des figues et raisins secs. La Guemara rejette : En réalité, elle est de Rabbi Yehouda, et c'est le cas de celui qui mangeait qui lui était nécessaire. Tu aurais pu penser que, puisqu'il était en train de manger, il n'aurait pas besoin de désignation. La baraïta nous apprend que, puisqu'il les a montés sur le toit, il en a détourné son esprit.
- בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בַּר רַבִּי מֵרַבִּי:Rabbi Chimon bar Rabbi, fils de Rabbi Yehouda HaNassi, a demandé à Rabbi, son père :
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