Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- דְּלֵית לֵיהּ גִּידּוּדֵי, הָא דְּאִית לֵיהּ גִּידּוּדֵי.Cet interdit de se baigner vise un plan d'eau qui n'a pas de berges surélevées : il ressemble alors à un fleuve. Celui-là, où Rabbi Abahou s'est baigné, est un plan d'eau qui a des berges et ressemble à un récipient.
- וְאָמַר רַבִּי זֵירָא: אֲנָא חֲזִיתֵיהּ לְרַבִּי אֲבָהוּ שֶׁהִנִּיחַ יָדָיו כְּנֶגֶד פָּנָיו שֶׁל מַטָּה, וְלָא יָדַעְנָא אִי נְגַע אִי לָא נְגַע. פְּשִׁיטָא דְּלָא נְגַע, דְּתַנְיָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: כׇּל הָאוֹחֵז בָּאַמָּה וּמַשְׁתִּין — כְּאִילּוּ מֵבִיא מַבּוּל לָעוֹלָם.Et Rabbi Zeira a dit : Moi, j'ai vu Rabbi Abahou qui a placé ses mains devant sa nudité (litt. « devant sa face d'en bas ») en se baignant, par pudeur, et je ne sais pas s'il a touché ce membre ou s'il n'a pas touché. La Guemara (discussion des Amoraïm, Sages de l'époque de la Guemara, sur la Michna) s'étonne : C'est évident qu'il n'a pas touché, car il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Rabbi Eliézer dit : Quiconque tient son membre et urine, c'est comme s'il amenait un déluge sur le monde, car ce contact risque de l'exciter, et telle fut la faute de la génération du déluge.
- אָמַר אַבָּיֵי: עֲשָׂאוּהָ כְּבוֹלֶשֶׁת. דִּתְנַן: בּוֹלֶשֶׁת שֶׁנִּכְנְסָה לָעִיר, בִּשְׁעַת שָׁלוֹם — חָבִיּוֹת פְּתוּחוֹת אֲסוּרוֹת, סְתוּמוֹת מוּתָּרוֹת. בִּשְׁעַת מִלְחָמָה — אֵלּוּ וְאֵלּוּ מוּתָּרוֹת, לְפִי שֶׁאֵין פְּנַאי לְנַסֵּךְ. אַלְמָא כֵּיוָן דִּבְעִיתִי לָא מְנַסְּכִי. הָכָא נָמֵי, כֵּיוָן דִּבְעִית לָא אָתֵי לְהַרְהוֹרֵי. הָכָא מַאי בִּיעֲתוּתָא? בִּיעֲתוּתָא דְנַהְרָא.Abayé a dit : Cela ne prouve rien, car peut-être l'ont-ils traité comme une troupe militaire (bolèchèt), car nous avons appris dans la Michna : Une troupe qui est entrée dans une ville : en temps de paix, les barriques de vin ouvertes sont interdites, car on craint que les soldats idolâtres n'en aient fait une libation, et les bouchées sont permises. En temps de guerre, les unes et les autres sont permises, parce qu'ils n'ont pas le loisir de faire des libations. Il en ressort que, puisqu'ils ont peur, ils ne font pas de libations. Ici aussi, pour celui qui se baigne, puisqu'il a peur, il n'en viendra pas à des pensées impures. Ici, quelle peur y a-t-il ? La peur du fleuve : il doit prendre garde que l'eau ne l'emporte, et il n'a pas l'esprit à autre chose.
- אִינִי?! וְהָאָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: כׇּל הַמַּנִּיחַ יָדָיו כְּנֶגֶד פָּנָיו שֶׁל מַטָּה כְּאִילּוּ כּוֹפֵר בִּבְרִיתוֹ שֶׁל אַבְרָהָם אָבִינוּ! לָא קַשְׁיָא: הָא כִּי נָחֵית, הָא כִּי סָלֵיק. כִּי הָא דְּרָבָא שָׁחֵי. רַבִּי זֵירָא זָקֵיף. רַבָּנַן דְּבֵי רַב אָשֵׁי, כִּי קָא נָחֲתִי — זָקְפִי, כִּי קָא סָלְקִי — שָׁחוּ.La Guemara questionne le récit lui-même : Est-ce vrai ? Mais Rabbi Abba n'a-t-il pas dit que Rav Houna a dit que Rav a dit : Quiconque place ses mains devant sa nudité, c'est comme s'il reniait l'alliance d'Avraham notre père ! Il semble en effet avoir honte de sa circoncision. Ce n'est pas difficile : ceci, l'interdit, s'applique quand il descend dans le fleuve, le visage tourné vers l'eau, sans raison de pudeur ; cela, la permission, quand il remonte, le visage tourné vers les gens. Comme cette pratique : Rava se courbait. Rabbi Zeira se tenait droit, par égard pour la parole de Rav. Les Sages de l'école de Rav Achi, quand ils descendaient, se tenaient droits ; quand ils remontaient, ils se courbaient.
- רַבִּי זֵירָא הֲוָה קָא מִשְׁתְּמִיט מִדְּרַב יְהוּדָה, דְּבָעֵי לְמִיסַּק לְאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה: כׇּל הָעוֹלֶה מִבָּבֶל לְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל עוֹבֵר בַּעֲשֵׂה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בָּבֶלָה יוּבָאוּ וְשָׁמָּה יִהְיוּ״. אֲמַר: אֵיזִיל וְאֶשְׁמַע מִינֵּיהּ מִילְּתָא וְאֵיתֵי וְאֶיסַּק. אֲזַל, אַשְׁכְּחֵיהּ דְּקָאֵי בֵּי בָאנֵי וְקָאָמַר לֵיהּ לְשַׁמָּעֵיהּ: הָבִיאוּ לִי נֶתֶר, הָבִיאוּ לִי מַסְרֵק, פִּתְחוּ פּוּמַּיְיכוּ וְאַפִּיקוּ הַבְלָא, וְאִשְׁתוּ מִמַּיָּא דְּבֵי בָאנֵי. אֲמַר: אִילְמָלֵא לֹא בָּאתִי אֶלָּא לִשְׁמוֹעַ דָּבָר זֶה דַּיִּי.Rabbi Zeira évitait Rav Yehouda, car il voulait monter en terre d'Israël, et son maître s'y opposait. Car Rav Yehouda a dit : Quiconque monte de Babylone en terre d'Israël transgresse un commandement positif, comme il est dit : « Ils seront emmenés à Babylone et là ils resteront » (Jérémie 27, 22). Il s'est dit : Rabbi Zeira ne voulait pas lui désobéir ouvertement ; pourtant il s'est dit : J'irai, j'entendrai de lui une parole, je reviendrai et je monterai. Il est allé et l'a trouvé qui se tenait dans l'établissement de bains et qui disait à son serviteur : Apportez-moi du natron (nèter) pour me laver, apportez-moi un peigne, ouvrez la bouche et faites sortir la vapeur, et buvez de l'eau de l'établissement de bains. Rabbi Zeira a dit : Si je n'étais venu que pour entendre cette chose, cela me suffirait.
- בִּשְׁלָמָא ״הָבִיאוּ נֶתֶר, הָבִיאוּ מַסְרֵק״ — קָמַשְׁמַע לַן דְּבָרִים שֶׁל חוֹל מוּתָּר לְאוֹמְרָם בִּלְשׁוֹן קֹדֶשׁ. ״פִּתְחוּ פּוּמַּיְיכוּ וְאַפִּיקוּ הַבְלָא״ — נָמֵי כְּדִשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: הַבְלָא מַפֵּיק הַבְלָא. אֶלָּא ״אִשְׁתוּ מַיָּא דְּבֵי בָאנֵי״ מַאי מְעַלְּיוּתָא? דְּתַנְיָא אָכַל וְלֹא שָׁתָה — אֲכִילָתוֹ דָּם, וְזֶהוּ תְּחִילַּת חוֹלִי מֵעַיִים. אָכַל וְלֹא הָלַךְ אַרְבַּע אַמּוֹת — אֲכִילָתוֹ מַרְקֶבֶת, וְזֶהוּ תְּחִילַּת רֵיחַ רַע. הַנִּצְרָךְ לִנְקָבָיו וְאָכַל — דּוֹמֶה לְתַנּוּר שֶׁהִסִּיקוּהוּ עַל גַּבֵּי אֶפְרוֹ, וְזֶהוּ תְּחִילַּת רֵיחַ זוּהֲמָא. רָחַץ בְּחַמִּין וְלֹא שָׁתָה מֵהֶן — דּוֹמֶה לְתַנּוּר שֶׁהִסִּיקוּהוּ מִבְּחוּץ וְלֹא הִסִּיקוּהוּ מִבִּפְנִים. רָחַץ בְּחַמִּין וְלֹא נִשְׁתַּטֵּף בְּצוֹנֵן — דּוֹמֶה לְבַרְזֶל שֶׁהִכְנִיסוּהוּ לָאוּר וְלֹא הִכְנִיסוּהוּ לְצוֹנֵן. רָחַץ וְלֹא סָךְ — דּוֹמֶה לְמַיִם עַל גַּבֵּי חָבִית.La Guemara analyse ces paroles. Certes, « apportez du natron, apportez un peigne » nous enseigne que des choses profanes, il est permis de les dire dans l'établissement de bains, même en langue sainte. « Ouvrez la bouche et faites sortir la vapeur » est aussi conforme à Chmouel, car Chmouel a dit : La vapeur fait sortir la vapeur : la vapeur inhalée provoque la sueur. Mais « buvez de l'eau de l'établissement de bains », quel avantage cela a-t-il ? Car il a été enseigné dans une baraïta : S'il a mangé et n'a pas bu, sa nourriture devient du sang, et c'est le début d'une maladie des intestins. S'il a mangé et n'a pas marché quatre coudées, sa nourriture pourrit, et c'est le début de la mauvaise odeur. Celui qui a besoin d'aller à la selle et qui a mangé ressemble à un four qu'on a allumé sur ses cendres, et c'est le début de l'odeur de crasse. S'il s'est baigné dans de l'eau chaude et n'en a pas bu, il ressemble à un four qu'on a allumé de l'extérieur et qu'on n'a pas allumé de l'intérieur : voilà pourquoi Rav Yehouda ordonnait de boire de cette eau. S'il s'est baigné dans de l'eau chaude et ne s'est pas rincé à l'eau froide, il ressemble à du fer qu'on a mis au feu et qu'on n'a pas mis dans l'eau froide. S'il s'est baigné et ne s'est pas enduit d'huile, il ressemble à de l'eau versée sur une barrique et non dedans.
- מַתְנִי׳ מוּלְיָאר הַגָּרוּף שׁוֹתִין הֵימֶנּוּ בְּשַׁבָּת. אַנְטִיכֵי, אַף עַל פִּי שֶׁגְּרוּפָה אֵין שׁוֹתִין הֵימֶנָּה.MICHNA : Un mouliar (bouilloire de bronze à deux compartiments) balayé de ses braises, on en boit le Chabbat. Une antikhi (récipient de chauffe d'une autre forme), même si elle est balayée, on n'en boit pas.
- גְּמָ׳ הֵיכִי דָּמֵי מוּלְיָאר הַגָּרוּף? תָּנָא, מַיִם מִבִּפְנִים וְגֶחָלִים מִבְּחוּץ. אַנְטִיכֵי: רַבָּה אָמַר — בֵּי כִירֵי. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר — בֵּי דוּדֵי. מַאן דְּאָמַר בֵּי דוּדֵי כָּל שֶׁכֵּן בֵּי כִירֵי, וּמַאן דְּאָמַר בֵּי כִירֵי אֲבָל בֵּי דוּדֵי — לָא. תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַב נַחְמָן: אַנְטִיכֵי אַף עַל פִּי שֶׁגְּרוּפָה וּקְטוּמָה אֵין שׁוֹתִין הֵימֶנָּה מִפְּנֵי שֶׁנְּחוּשְׁתָּהּ מְחַמַּמְתָּהּ.GUEMARA : De quoi s'agit-il, dans un mouliar balayé ? Il a été enseigné : L'eau est à l'intérieur et les braises à l'extérieur. Une antikhi : Rabba a dit : un foyer (bei kirei), dont la paroi comporte une cavité remplie d'eau. Rav Na'hman bar Yits'hak a dit : un double chaudron (bei doudei), avec les braises sous l'eau. Celui qui dit « un double chaudron » l'interdit à plus forte raison pour un foyer ; et celui qui dit « un foyer », pour un double chaudron, non. Il a été enseigné conformément à Rav Na'hman : Une antikhi, même balayée et recouverte de cendres, on n'en boit pas, parce que son cuivre la chauffe.
- מַתְנִי׳ הַמֵּיחַם שֶׁפִּינָּהוּ לֹא יִתֵּן לְתוֹכוֹ צוֹנֵן בִּשְׁבִיל שֶׁיֵּחַמּוּ. אֲבָל נוֹתֵן הוּא לְתוֹכוֹ אוֹ לְתוֹךְ הַכּוֹס כְּדֵי לְהַפְשִׁירָן.MICHNA : Une bouilloire qu'on a vidée, on ne mettra pas dedans de l'eau froide pour qu'elle chauffe. Mais on en met dedans ou dans la coupe pour la tiédir.
- גְּמָ׳ מַאי קָאָמַר? אָמַר רַב אַדָּא בַּר מַתְנָא, הָכִי קָאָמַר: הַמֵּיחַם שֶׁפִּינָּה מִמֶּנּוּ מַיִם חַמִּין לֹא יִתֵּן לְתוֹכָן מַיִם מוּעָטִים כְּדֵי שֶׁיֵּחַמּוּ, אֲבָל נוֹתֵן לְתוֹכוֹ מַיִם מְרוּבִּים כְּדֵי לְהַפְשִׁירָן.GUEMARA : La Michna paraît se contredire : Que dit-elle ? Rav Adda bar Matna a dit : Voici ce qu'elle veut dire : Une bouilloire d'où l'on a vidé l'eau chaude, on n'y mettra pas un peu d'eau pour qu'elle chauffe, mais on y met beaucoup d'eau pour la tiédir.
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