Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וַעֲבוֹדָה דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת — מִילָה דּוֹחָה אוֹתָהּ. שַׁבָּת שֶׁנִּדְחֵית מִפְּנֵי הָעֲבוֹדָה, אֵינוֹ דִּין שֶׁתְּהֵא מִילָה דּוֹחָה אוֹתָהּ?et le service du Temple repousse le Chabbat, puisque les sacrifices du Chabbat sont offerts à leur heure fixe, et pourtant la circoncision la repousse, c'est-à-dire qu'elle repousse la tsaraat (la lèpre biblique) : si des marques de tsaraat se trouvent sur le prépuce, on circoncit l'enfant malgré l'interdit de les couper. Le Chabbat, qui est repoussé devant le service du Temple, n'est-il pas logique que la circoncision, assez puissante pour repousser la tsaraat, le repousse lui aussi ? Tel était le raisonnement initial du Tanna (Sage de l'époque de la Michna).
- וּמַאי ״אוֹ אֵינוֹ״ דְּקָאָמַר — הֲדַר אָמַר: וּמִמַּאי דְּצָרַעַת חֲמוּרָה? דִילְמָא שַׁבָּת חֲמוּרָה, שֶׁכֵּן יֵשׁ בָּהּ עוֹנָשִׁין וְאַזְהָרוֹת הַרְבֵּה. אִי נָמֵי: וּמִמַּאי מִשּׁוּם דַּחֲמִירָא צָרַעַת הִיא, דִּילְמָא מִשּׁוּם גַּבְרָא הוּא דְּלָא חֲזֵי. וּמָה אֲנִי מְקַיֵּים ״שְׁמִינִי יִמּוֹל״ — חוּץ מִשַּׁבָּת. תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בַּיּוֹם״ — אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת.Et que signifie le « ou bien n'est-ce pas ainsi » qu'il a dit pour mettre en doute sa propre affirmation ? Il s'est ravisé et a dit : et d'où sais-tu que la tsaraat est plus grave que le Chabbat ? Peut-être le Chabbat est-il plus grave, puisqu'il comporte des châtiments sévères, le karèt (retranchement) et la lapidation, et de nombreuses mises en garde dans la Torah. Ou bien encore : et d'où sais-tu que c'est parce que la tsaraat est grave qu'elle l'emporte sur le service du Temple ? Peut-être est-ce parce que l'homme atteint n'est pas apte au service, et non à cause de la gravité de l'interdit. Et dans ce cas, comment appliquer le verset : « Le huitième jour sera circoncise la chair de son prépuce » (Lévitique 12, 3) ? Il s'appliquerait à tous les jours, sauf le Chabbat. C'est pourquoi le Tanna ajoute : le verset dit : « le jour », pour enseigner qu'on circoncit même le Chabbat.
- תָּנוּ רַבָּנַן: מִילָה דּוֹחָה אֶת הַצָּרַעַת, בֵּין בִּזְמַנָּהּ בֵּין שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּהּ. יוֹם טוֹב אֵינָהּ דּוֹחָה אֶלָּא בִּזְמַנָּהּ בִּלְבַד.Nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta, enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : la circoncision repousse la tsaraat, c'est-à-dire qu'on coupe le prépuce même s'il porte une marque de tsaraat, qu'elle ait lieu en son temps, le huitième jour, ou non en son temps, après le huitième jour. Mais elle ne repousse le Yom Tov (jour de fête) que lorsqu'elle a lieu en son temps seulement.
- מְנָהָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״יִמּוֹל בְּשַׂר עׇרְלָתוֹ״, וְאַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ שָׁם בַּהֶרֶת, יָקוֹץ. וּמָה אֲנִי מְקַיֵּים ״הִשָּׁמֶר בְּנֶגַע הַצָּרַעַת״ — בִּשְׁאָר מְקוֹמוֹת חוּץ מִמִּילָה.La Guemara demande : d'où savons-nous cela ? Car nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta) à propos du verset : « Le huitième jour sera circoncise la chair de son prépuce » (Lévitique 12, 3) : ce verset, général, enseigne que même s'il s'y trouve une bahérèt (tache blanche de tsaraat), on la coupera. Et comment appliquer le verset : « Prends garde à la plaie de tsaraat, pour observer avec grand soin et agir selon tout ce que vous enseigneront les Cohanim » (Deutéronome 24, 8), d'où l'on tire l'interdit de couper une marque de tsaraat ? Il s'applique aux autres endroits du corps, à l'exception de l'endroit de la circoncision.
- אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא אֲפִילּוּ מִילָה, וּמָה אֲנִי מְקַיֵּים ״יִמּוֹל בְּשַׂר עׇרְלָתוֹ״ — בִּזְמַן שֶׁאֵין בָּהּ בַּהֶרֶת. תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בָּשָׂר״, וְאַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ שָׁם בַּהֶרֶת.Le Tanna s'interroge : ou bien n'est-ce pas ainsi, mais l'interdit vaut même à l'endroit de la circoncision ? Et comment appliquer alors le verset : « Sera circoncise la chair de son prépuce » ? Il s'appliquerait lorsqu'il ne s'y trouve pas de bahérèt. Pour écarter cela, le verset dit : « la chair », mot superflu (il aurait suffi de dire « son prépuce »), pour enseigner qu'on circoncit même s'il s'y trouve une bahérèt.
- אָמַר רָבָא: הַאי תַּנָּא מֵעִיקָּרָא מַאי נִיחָא לֵיהּ וּלְבַסּוֹף מַאי קַשְׁיָא לֵיהּ?Rava a dit : ce Tanna, au début, qu'est-ce qui lui convenait et à la fin, qu'est-ce qui lui a fait difficulté ? Il supposait d'abord que la circoncision l'emportait, puis a rejeté cette supposition sans explication.
- הָכִי קָאָמַר: ״יִמּוֹל בְּשַׂר עׇרְלָתוֹ״ — וְאַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ [שָׁם] בַּהֶרֶת, וּמָה אֲנִי מְקַיֵּים ״הִשָּׁמֶר בְּנֶגַע הַצָּרַעַת״ — בִּשְׁאָר מְקוֹמוֹת חוּץ מִמִּילָה. אֲבָל מִילָה דּוֹחָה אֶת הַצָּרַעַת, מַאי טַעְמָא? דְּאָתְיָא מִקַּל וְחוֹמֶר: וּמָה שַׁבָּת חֲמוּרָה, מִילָה דּוֹחָה אוֹתָהּ, צָרַעַת לֹא כׇּל שֶׁכֵּן.Voici ce qu'il veut dire : « Sera circoncise la chair de son prépuce » : même s'il s'y trouve une bahérèt. Et comment appliquer « Prends garde à la plaie de tsaraat » ? Il s'applique aux autres endroits, à l'exception de la circoncision. Mais la circoncision repousse la tsaraat. Quelle en est la raison ? Parce que cela se déduit d'un kal va'homer (raisonnement a fortiori) : si le Chabbat, qui est grave, la circoncision le repousse, à plus forte raison la tsaraat, moins grave que le Chabbat.
- וּמַאי ״אוֹ אֵינוֹ״ דְּקָאָמַר — הֲדַר קָאָמַר: מִמַּאי דְּשַׁבָּת חֲמִירָא? דִילְמָא צָרַעַת חֲמִירָא, שֶׁכֵּן דּוֹחָה אֶת הָעֲבוֹדָה, וַעֲבוֹדָה דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת! תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בָּשָׂר״ — וְאַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ שָׁם בַּהֶרֶת.Et que signifie le « ou bien n'est-ce pas ainsi » qu'il a dit ? Il s'est ravisé et a dit : d'où sais-tu que le Chabbat est plus grave ? Peut-être la tsaraat est-elle plus grave, puisqu'elle repousse le service du Temple, et que le service repousse le Chabbat ! C'est pourquoi le verset dit : « la chair », pour enseigner qu'on circoncit même s'il s'y trouve une bahérèt.
- לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא. מִילָה דּוֹחָה אֶת הַצָּרַעַת, מַאי טַעְמָא? דְּאָתֵי עֲשֵׂה וְדָחֵי לֹא תַעֲשֶׂה. וּמַאי ״אוֹ אֵינוֹ״ דְּקָאָמַר — הֲדַר קָאָמַר: אֵימַר דְּאָמְרִינַן דְּאָתֵי עֲשֵׂה וְדָחֵי אֶת לֹא תַעֲשֶׂה — לֹא תַעֲשֶׂה גְּרֵידָא, הַאי עֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה הוּא. וּמָה אֲנִי מְקַיֵּים ״יִמּוֹל בְּשַׂר עׇרְלָתוֹ״ — בִּזְמַן שֶׁאֵין בָּהּ בַּהֶרֶת, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בָּשָׂר״ — וְאַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ שָׁם בַּהֶרֶת.Autre version des propos de Rava : au début, le Tanna pensait que la circoncision repousse la tsaraat. Quelle en est la raison ? Parce que vient un commandement positif et il repousse un commandement négatif. Et que signifie le « ou bien n'est-ce pas ainsi » qu'il a dit ? Il s'est ravisé et a dit : admettons que nous disions que vient un commandement positif et il repousse un commandement négatif, lorsqu'il s'agit d'un commandement négatif seul. Mais ici, c'est à la fois un commandement positif et un commandement négatif. Et comment appliquer alors « Sera circoncise la chair de son prépuce » ? Il s'appliquerait lorsqu'il ne s'y trouve pas de bahérèt. Le verset dit : « la chair », même s'il s'y trouve une bahérèt.
- תִּינַח גָּדוֹל, דִּכְתִיב בֵּיהּ ״בָּשָׂר״. קָטָן נָמֵי, כְּתִיב בֵּיהּ ״בָּשָׂר״. בֵּינוֹנִי מְנָלַן?La Guemara demande : cela convient pour l'adulte, à propos duquel est écrit le mot « chair » : « Et le mâle incirconcis qui ne circoncira pas la chair de son prépuce, cette âme sera retranchée de son peuple » (Genèse 17, 14). Pour le petit enfant circoncis le huitième jour, il est aussi écrit le mot « chair ». Mais pour le cas intermédiaire, un enfant qui n'a pas été circoncis le huitième jour et qui n'est pas encore majeur, d'où le savons-nous ?
- אָמַר אַבָּיֵי, אָתְיָא מִבֵּינַיָּא: מִגָּדוֹל לָא אָתְיָא, שֶׁכֵּן עָנוּשׁ כָּרֵת. מִקָּטָן לָא אָתְיָא, שֶׁכֵּן מִילָה בִּזְמַנָּהּ. הַצַּד הַשָּׁוֶה שֶׁבָּהֶן — שֶׁכֵּן נִימּוֹלִין וְדוֹחִין אֶת הַצָּרַעַת, אַף כֹּל שֶׁנִּימּוֹלִין — דּוֹחִין אֶת הַצָּרַעַת.Abayé a dit : cela se déduit de ce qui est entre les deux, c'est-à-dire du point commun aux deux cas. De l'adulte seul, on ne pourrait pas le déduire, puisqu'il est passible de karèt s'il ne se circoncit pas. Du petit enfant seul, on ne pourrait pas le déduire, puisque c'est une circoncision en son temps. Le point commun entre eux : ils sont circoncis et leur circoncision repousse la tsaraat ; de même, tous ceux qui sont circoncis repoussent la tsaraat.
- רָבָא אָמַר: מִילָה בִּזְמַנָּהּ דּוֹחָה לָא צְרִיכָא קְרָא, מִקַּל וָחוֹמֶר אָתְיָא: וּמָה שַׁבָּת דַּחֲמִירָא דּוֹחָה — צָרַעַת לֹא כׇּל שֶׁכֵּן.Rava a dit : que la circoncision en son temps repousse la tsaraat, cela n'a pas besoin d'un verset, cela se déduit d'un kal va'homer : si le Chabbat, qui est grave, elle le repousse, à plus forte raison la tsaraat.
- אֲמַר לֵיהּ רַב סָפְרָא לְרָבָא: מִמַּאי דְּשַׁבָּת חֲמִירָא? דִּילְמָא צָרַעַת חֲמִירָא, שֶׁכֵּן דּוֹחָה אֶת הָעֲבוֹדָה, וַעֲבוֹדָה דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת! הָתָם, לָאו מִשּׁוּם דַּחֲמִירָא צָרַעַת, אֶלָּא מִשּׁוּם דְּגַבְרָא הוּא דְּלָא חֲזִי. אַמַּאי: וְיָקוֹץ בַּהַרְתּוֹ וְיַעֲבוֹד! מְחוּסָּר טְבִילָה הוּא.Rav Safra a dit à Rava : d'où sais-tu que le Chabbat est plus grave ? Peut-être la tsaraat est-elle plus grave, puisqu'elle repousse le service du Temple, et que le service repousse le Chabbat ! Rava a répondu : là, ce n'est pas parce que la tsaraat est grave qu'elle l'emporte sur le service, mais parce que l'homme atteint n'est pas apte. Rav Safra a demandé : pourquoi ? Qu'il coupe sa bahérèt et qu'il officie ! Rava a répondu : il lui manque l'immersion ; il reste donc inapte à officier ce jour-là.
- תִּינַח נְגָעִים טְמֵאִים. נְגָעִים טְהוֹרִים, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?Rav Safra a objecté : cela convient pour les plaies impures, qui exigent une immersion. Mais pour les plaies pures, que l'on n'a pas le droit de couper non plus, mais qui n'imposent aucune immersion une fois coupées, que peut-on dire ?
- אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: הֵיכָא אָמְרִינַן דְּאָתֵי עֲשֵׂה וְדָחֵי לֹא תַעֲשֶׂה — כְּגוֹן מִילָה בְּצָרַעַת, אִי נָמֵי צִיצִית וְכִלְאַיִם, דִּבְעִידָּנָא דְּמִתְעֲקַר לָאו — קָא מוֹקֵים עֲשֵׂה. הָכָא, בְּעִידָּנָא דְּמִתְעֲקַר לְלָאו — לָא קָא מוֹקֵים עֲשֵׂה.Mais alors, Rav Achi a dit : voici pourquoi la tsaraat repousse le service du Temple. Dans quel cas disons-nous que vient un commandement positif et il repousse un commandement négatif ? Dans un cas comme celui de la circoncision sur la tsaraat, ou bien celui des tsitsit (franges rituelles) et des kilayim (mélange interdit de laine et de lin), où, au moment même où est déraciné l'interdit, on accomplit le commandement positif. Ici, en revanche, au moment où est déraciné l'interdit, on n'accomplit pas encore le commandement positif : couper la marque ne fait que préparer le service du Temple, et ce commandement positif ne l'emporte donc pas sur l'interdit.
- וְהָא, דְּרָבָא וְרַב סָפְרָאEt cette discussion, celle de Rava et de Rav Safra,
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