Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אָמַר רַבִּי אַמֵּי: זִיבַּח וְקִיטֵּר וְנִיסֵּךְ בְּהֶעְלֵם אֶחָד, אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת. אָמַר אַבָּיֵי: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי אַמֵּי? אָמַר קְרָא ״לֹא תָעׇבְדֵם״, הַכָּתוּב עֲשָׂאָן כּוּלָּן עֲבוֹדָה אַחַת.Rabbi Ami a dit : S'il a sacrifié, fait brûler de l'encens et versé une libation à une idole, le tout en une seule inadvertance, il n'est passible que d'un seul sacrifice expiatoire. Abayé a dit : Quelle est la raison de Rabbi Ami ? Le verset dit : « Et tu ne les serviras pas » (Exode 20, 5) : l'Écriture a fait de tous ces actes un seul service.
- וּמִי אָמַר אַבָּיֵי הָכִי? וְהָאָמַר אַבָּיֵי: שָׁלֹשׁ הִשְׁתַּחֲוָאוֹת בַּעֲבוֹדָה זָרָה לָמָּה?La Guemara demande : Abayé a-t-il vraiment dit cela ? Or Abayé n'a-t-il pas dit : Les trois mentions de la prosternation dans l'idolâtrie, pourquoi sont-elles écrites (Exode 20, 5 ; 23, 24 ; 34, 14) ?
- אַחַת לִכְדַרְכָּהּ, וְאַחַת שֶׁלֹּא כְּדַרְכָּהּ, וְאַחַת לְחַלֵּק.L'une pour l'idole dont c'est le mode de culte, l'une pour celle dont ce n'est pas le mode de culte, et l'une pour diviser (pour rendre passible d'un sacrifice distinct pour chaque type de culte). Abayé ne suit donc pas Rabbi Ami !
- לִדְבָרָיו דְּרַבִּי אַמֵּי קָאָמַר, וְלֵיהּ לָא סְבִירָא לֵיהּ.La Guemara répond : C'est selon les propos de Rabbi Ami qu'il parle, mais lui-même ne partage pas cet avis.
- גּוּפָא, אָמַר אַבָּיֵי: שָׁלֹשׁ הִשְׁתַּחֲוָאוֹת בַּעֲבוֹדָה זָרָה לָמָּה? אַחַת לִכְדַרְכָּהּ, וְאַחַת שֶׁלֹּא כְּדַרְכָּהּ, וְאַחַת לְחַלֵּק.Revenons au sujet lui-même : Abayé a dit : Les trois mentions de la prosternation dans l'idolâtrie, pourquoi sont-elles écrites ? L'une pour l'idole dont c'est le mode de culte, l'une pour celle dont ce n'est pas le mode de culte, et l'une pour diviser.
- לִכְדַרְכָּהּ, מֵ״אֵיכָה יַעַבְדוּ הַגּוֹיִם הָאֵלֶּה״ נָפְקָא.On objecte : Pourquoi faut-il un verset pour l'idole dont c'est le mode de culte ? Cela se déduit de : « Comment ces nations servent-elles leurs dieux ? » (Deutéronome 12, 30).
- אֶלָּא, אַחַת כְּדַרְכָּהּ וְשֶׁלֹּא כְּדַרְכָּהּ, וְאַחַת לְשֶׁלֹּא כְּדַרְכָּהּ, וְאַחַת לְחַלֵּק.Mais plutôt : L'une pour l'idole où la prosternation est conforme à son mode de culte (honorifique) sans être son mode propre, l'une pour celle où elle n'a rien de conforme à son mode de culte, et l'une pour diviser.
- הַמְקַבְּלוֹ עָלָיו בֶּאֱלוֹהַּ, הָאוֹמֵר לוֹ ״אֵלִי אַתָּה״. אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ אָמַר רַב: כֵּיוָן שֶׁאָמַר לוֹ ״אֵלִי אַתָּה״ – חַיָּיב.La Michna (enseignement des Tannaïm, Sages de l'époque de la Michna, compilé par Rabbi Yehouda HaNassi) a cité : Celui qui l'accepte sur lui comme dieu, celui qui lui dit : « Tu es mon dieu ». Rav Na'hman a dit que Rabba bar Avouh a dit que Rav a dit : Dès lors qu'il lui a dit : « Tu es mon dieu », il est passible, même sans l'avoir servie.
- לְמַאי? אִי לִקְטָלָא, מַתְנִיתִין הִיא! אֶלָּא לְקׇרְבָּן.Passible de quoi ? Si c'est de mort, c'est déjà dit dans notre Michna ! Mais plutôt il est passible d'un sacrifice, s'il a agi par inadvertance.
- וַאֲפִילּוּ לְרַבָּנַן? וְהָתַנְיָא: אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא עַל דָּבָר שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מַעֲשֶׂה, כְּגוֹן זִיבּוּחַ וְקִיטּוּר וְנִיסּוּךְ וְהִשְׁתַּחֲוָאָה. וְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: מַאן תְּנָא הִשְׁתַּחֲוָאָה? רַבִּי עֲקִיבָא הִיא, דְּאָמַר לָא בָּעֵינַן מַעֲשֶׂה. מִכְּלָל דְּרַבָּנַן סָבְרִי בָּעֵינַן מַעֲשֶׂה.Et cela, même selon les Rabbanan (les Sages) ? Or il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : On n'est passible d'un sacrifice que pour une chose qui comporte une action, comme le fait de sacrifier, de brûler de l'encens, de verser une libation ou de se prosterner. Et Rech Lakich a dit : Quel Tanna a enseigné la prosternation ? C'est Rabbi Akiva, qui dit que nous n'exigeons pas une véritable action. On en déduit que les Rabbanan estiment que nous exigeons une véritable action ; à plus forte raison la parole seule ne suffit pas.
- כִּי קָאָמַר רַב נָמֵי, לְרַבִּי עֲקִיבָא קָאָמַר.La Guemara répond : Lorsque Rav a parlé, lui aussi, c'est selon Rabbi Akiva qu'il a parlé.
- לְרַבִּי עֲקִיבָא, פְּשִׁיטָא! הַיְינוּ מְגַדֵּף.On objecte : Si c'est selon Rabbi Akiva, c'est évident ! C'est le cas du blasphémateur, que Rabbi Akiva oblige à un sacrifice bien qu'il n'y ait pas d'action.
- מַהוּ דְּתֵימָא: עַד כָּאן לָא מְחַיֵּיב רַבִּי עֲקִיבָא קׇרְבָּן אֶלָּא בִּמְגַדֵּף, דִּכְתִיב בֵּיהּ כָּרֵת. אֲבָל הָכָא, דְּלָא כְּתִיב בֵּיהּ כָּרֵת, אֵימָא לָא.On répond : Tu aurais pu dire : Rabbi Akiva n'oblige à un sacrifice que dans le cas du blasphémateur, au sujet duquel est écrit le karet (retranchement). Mais ici, où le karet n'est pas écrit, dis que non.
- קָא מַשְׁמַע לַן דְּאִתַּקּוֹשֵׁי אִתַּקּוּשׁ, דִּכְתִיב: ״וַיִּשְׁתַּחֲווּ לוֹ וַיִּזְבְּחוּ לוֹ וַיֹּאמְרוּ וְגוֹ׳״.Il nous enseigne donc qu'ils sont bel et bien rapprochés par un hékech (rapprochement de deux sujets dans un même verset), comme il est écrit : « Ils se sont prosternés devant lui, lui ont sacrifié et ont dit, etc. » (Exode 32, 8) : le fait de le déclarer dieu est mis sur le même plan que le culte.
- אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אִלְמָלֵא וָיו שֶׁבְּ״הֶעֱלוּךָ״, נִתְחַיְּיבוּ שׂוֹנְאֵיהֶם שֶׁל יִשְׂרָאֵל כְּלָיָיה.À propos de ce verset, Rabbi Yo'hanan a dit : N'était le vav de « hééloukha » (« qui t'ont fait monter », au pluriel, Exode 32, 4), les ennemis d'Israël (euphémisme pour Israël lui-même) auraient été condamnés à l'anéantissement.
- כְּתַנָּאֵי: אֲחֵרִים אוֹמְרִים, אִלְמָלֵא וָיו שֶׁבְּ״הֶעֱלוּךָ״, נִתְחַיְּיבוּ שׂוֹנְאֵיהֶם שֶׁל יִשְׂרָאֵל כְּלָיָיה.C'est comme une discussion entre Tannaïm : D'autres disent : N'était le vav de « hééloukha », les ennemis d'Israël auraient été condamnés à l'anéantissement.
- אָמַר לוֹ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי: וַהֲלֹא כׇּל הַמְשַׁתֵּף שֵׁם שָׁמַיִם וְדָבָר אַחֵר נֶעֱקָר מִן הָעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר ״בִּלְתִּי לַה׳ לְבַדּוֹ״! אֶלָּא מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֲשֶׁר הֶעֱלוּךָ״? שֶׁאִיוּוּ אֱלוֹהוֹת הַרְבֵּה.Rabbi Chimon ben Yo'haï lui a dit : Mais quiconque associe le Nom du Ciel à autre chose n'est-il pas déraciné du monde, comme il est dit : « Sauf à Hachem seul » (Exode 22, 19) ? Mais alors, qu'est-ce que le verset vient dire par « qui t'ont fait monter » ? Qu'ils ont désiré de nombreuses divinités.
- אֲבָל הַמְגַפֵּף וְהַמְנַשֵּׁק, הַמְכַבֵּד וְהַמְרַבֵּץ כּוּ׳. כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: עַל כּוּלָּם לוֹקֶה, חוּץ מֵהַנּוֹדֵר בִּשְׁמוֹ וְהַמְקַיֵּים בִּשְׁמוֹ.Mais celui qui étreint, celui qui embrasse, celui qui balaie et celui qui asperge devant l'idole, etc. enfreint seulement un interdit. Quand Rav Dimi est venu de la terre d'Israël, il a rapporté que Rabbi Elazar a dit : Pour tous ces cas on reçoit les coups de fouet, sauf celui qui fait un vœu en son nom et celui qui confirme par serment en son nom.
- מַאי שְׁנָא הַנּוֹדֵר בִּשְׁמוֹ וְהַמְקַיֵּים בִּשְׁמוֹ דְּלָא לָקֵי? מִשּׁוּם דְּהָוֵה לֵיהּ לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה. הָנֵי נָמֵי לָאו שֶׁבִּכְלָלוֹת הוּא, וְאֵין לוֹקִין עַל לָאו שֶׁבִּכְלָלוֹת.En quoi diffèrent celui qui fait un vœu en son nom et celui qui confirme en son nom, pour qu'ils ne reçoivent pas les coups de fouet ? Parce que c'est un interdit sans action. Or ceux-là aussi (étreindre, embrasser, etc.) relèvent d'un interdit général (lav chebikhlalot, un seul interdit englobant plusieurs choses), et l'on ne reçoit pas les coups de fouet pour un interdit général !
- דְּתַנְיָא: מִנַּיִן לְאוֹכֵל מִן הַבְּהֵמָה קוֹדֶם שֶׁתֵּצֵא נַפְשָׁהּ שֶׁהוּא בְּלֹא תַעֲשֶׂה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא תֹאכְלוּ עַל הַדָּם״.Comme il a été enseigné dans une baraïta : D'où savons-nous que celui qui mange d'une bête avant que son âme ne soit sortie transgresse un interdit ? Le verset dit : « Vous ne mangerez pas sur le sang » (Lévitique 19, 26).
- דָּבָר אַחֵר: ״לֹא תֹאכְלוּ עַל הַדָּם״ – לֹא תֹּאכְלוּ בָּשָׂר, וַעֲדַיִן דָּם בְּמִזְרָק.Autre explication : « Vous ne mangerez pas sur le sang » : vous ne mangerez pas la viande d'un sacrifice tant que le sang est encore dans le bassin, avant d'avoir été aspergé sur l'autel.
- רַבִּי דּוֹסָא אוֹמֵר: מִנַּיִין שֶׁאֵין מַבְרִין עַל הֲרוּגֵי בֵּית דִּין? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא תֹאכְלוּ עַל הַדָּם״.Rabbi Dossa dit : D'où savons-nous qu'on n'offre pas le repas de deuil pour les condamnés à mort par le tribunal ? Le verset dit : « Vous ne mangerez pas sur le sang ».
- רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: מִנַּיִן לְסַנְהֶדְרִין שֶׁהָרְגוּ אֶת הַנֶּפֶשׁ, שֶׁאֵין טוֹעֲמִין כְּלוּם כׇּל אוֹתוֹ הַיּוֹם? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא תֹאכְלוּ עַל הַדָּם״.Rabbi Akiva dit : D'où savons-nous, pour un Sanhédrin qui a fait mourir une personne, que ses juges ne goûtent rien de toute cette journée ? Le verset dit : « Vous ne mangerez pas sur le sang ».
- אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אַזְהָרָה לְבֵן סוֹרֵר וּמוֹרֶה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא תֹאכְלוּ עַל הַדָּם״.Rabbi Yo'hanan a dit : L'avertissement (l'interdit explicite) concernant le fils dévoyé et rebelle, d'où le tire-t-on ? Le verset dit : « Vous ne mangerez pas sur le sang » : ne mangez pas d'une manière qui entraîne la peine de mort.
- וְאָמַר רַבִּי אָבִין בַּר חִיָּיא, וְאִיתֵּימָא רַבִּי אָבִין בַּר כָּהֲנָא: עַל כּוּלָּם אֵינוֹ לוֹקֶה, מִשּׁוּם דְּהָוֵה לֵיהּ לָאו שֶׁבִּכְלָלוֹת.Et Rabbi Avin bar 'Hiya a dit, et certains disent Rabbi Avin bar Kahana : Pour aucun d'eux on ne reçoit les coups de fouet, parce que c'est un interdit général. Il en va donc de même pour celui qui étreint ou embrasse une idole, contrairement à Rav Dimi.
- אֶלָּא, כִּי אֲתָא רָבִין אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: עַל כּוּלָּן אֵינוֹ לוֹקֶה, חוּץ מִן הַנּוֹדֵר בִּשְׁמוֹ וְהַמְקַיֵּים בִּשְׁמוֹ.Mais plutôt, quand Ravin est venu de la terre d'Israël, il a rapporté que Rabbi Elazar a dit : Pour aucun d'eux on ne reçoit les coups de fouet, sauf celui qui fait un vœu en son nom et celui qui confirme par serment en son nom.
- מַאי שְׁנָא אַהָנָךְ דְּלָא לָקֵי? דְּהָוֵה לֵיהּ לָאו שֶׁבִּכְלָלוֹת. הָנֵי נָמֵי לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה נִינְהוּ.En quoi diffèrent ceux-là, pour qu'on ne reçoive pas les coups de fouet ? Parce que c'est un interdit général. Or ceux-ci aussi (le vœu et le serment) sont un interdit sans action : pourquoi seraient-ils punis ?
- הָהוּא כְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר: לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה – לוֹקִין עָלָיו.On répond : Cela est conforme à Rabbi Yehouda, qui dit : Pour un interdit sans action, on reçoit les coups de fouet.
- דְּתַנְיָא: ״לֹא תוֹתִירוּ מִמֶּנּוּ עַד בֹּקֶר״ – בָּא הַכָּתוּב לִיתֵּן עֲשֵׂה אַחַר לֹא תַעֲשֶׂה,Comme il a été enseigné dans une baraïta : « Vous n'en laisserez rien jusqu'au matin » (Exode 12, 10) : l'Écriture vient donner un commandement positif après l'interdit,
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