Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- תְּהֵא לוּטָא, וְלָא תְּהֵא לָאטָא.Sois celui qui est maudit, et ne sois pas celui qui maudit, car la malédiction finit par retomber sur celui qui l'a proférée.
- אַתְיוּהּ לְיוֹאָב, דַּיְּינֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: מַאי טַעְמָא קְטַלְתֵּיהּ לְאַבְנֵר? אֲמַר לֵיהּ: גּוֹאֵל הַדָּם דַּעֲשָׂאֵל הֲוַאי. עֲשָׂאֵל רוֹדֵף הֲוָה. אֲמַר לֵיהּ: הָיָה לוֹ לְהַצִּילוֹ בְּאֶחָד מֵאֵבָרָיו.La Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) revient à l'épisode de Yoav : on amena Yoav devant Chlomo, qui le jugea. Il lui dit : pourquoi as-tu tué Avner ? Il lui répondit : j'étais le vengeur du sang d'Assahel, mon frère, tué par Avner. Chlomo répliqua : mais Assahel était un poursuivant qui cherchait à tuer Avner, lequel a donc agi en état de légitime défense. Yoav lui dit : Avner aurait dû se sauver de lui en le blessant à l'un de ses membres ; ne l'ayant pas fait, il était coupable de meurtre.
- אֲמַר לֵיהּ: לָא יְכֵיל לֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: הַשְׁתָּא בְּדוֹפֶן חֲמִישִׁית כַּיוֵּן לֵיהּ, דִּכְתִיב ״וַיַּכֵּהוּ אַבְנֵר בְּאַחֲרֵי הַחֲנִית אֶל הַחֹמֶשׁ״, וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּדוֹפֶן חֲמִישִׁית, בְּמָקוֹם שֶׁמָּרָה וְכָבֵד תְּלוּיִין בּוֹ. בְּאֶחָד מֵאֵבָרָיו לָא יְכֵיל לֵיהּ?Chlomo lui dit : Avner n'en était pas capable, car il ne pouvait viser avec précision. Yoav lui dit : or voici qu'il a visé et atteint Assahel précisément à la cinquième côte, comme il est écrit : « Et Avner le frappa avec l'arrière de la lance au 'homech » (II Samuel 2, 23), et Rabbi Yo'hanan a dit : cela signifie à la cinquième côte, à l'endroit où sont suspendus la vésicule et le foie. S'il a pu viser ainsi, à l'un de ses membres il n'aurait pas pu le toucher ?
- אֲמַר לֵיהּ: נֵיזִיל אַבְנֵר, מַאי טַעְמָא קְטַלְתֵּיהּ לַעֲמָשָׂא? אֲמַר לֵיהּ: עֲמָשָׂא מוֹרֵד בַּמַּלְכוּת הֲוָה, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר הַמֶּלֶךְ לַעֲמָשָׂא הַזְעֶק לִי אֶת אִישׁ יְהוּדָה שְׁלֹשֶׁת יָמִים וְגוֹ׳ וַיֵּלֶךְ עֲמָשָׂא לְהַזְעִיק אֶת יְהוּדָה וַיּוֹחֶר וְגוֹ׳״.Chlomo lui dit : laissons Avner, car tu as un argument convaincant à son sujet. Mais pourquoi as-tu tué Amassa ? Yoav lui répondit : Amassa s'était révolté contre la royauté, comme il est écrit : « Et le roi dit à Amassa : rassemble-moi les hommes de Yehouda dans les trois jours, etc. Et Amassa alla rassembler Yehouda, mais il tarda, etc. » (II Samuel 20, 4-5).
- אֲמַר לֵיהּ: עֲמָשָׂא ״אַכִּין״ וְ״רַקִּין״ דְּרַשׁ.Chlomo lui dit : Amassa n'était pas un rebelle, car il interprétait de façon restrictive les mots akh et rak (« seulement »), qui limitent l'autorité du roi.
- אַשְׁכְּחִינְהוּ דִּפְתִיחַ לְהוּ בְּמַסֶּכְתָּא. אֲמַר: כְּתִיב ״כׇּל אִישׁ אֲשֶׁר יַמְרֶה אֶת פִּיךָ וְלֹא יִשְׁמַע אֶת דְּבָרֶיךָ לְכֹל אֲשֶׁר תְּצַוֶּנּוּ יוּמָת״. יָכוֹל אֲפִילּוּ לְדִבְרֵי תוֹרָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״רַק חֲזַק וֶאֱמָץ״.En effet, il les avait trouvés — les hommes de Yehouda — en train de commencer un traité de la Torah. Il dit : il est écrit : « Tout homme qui se rebellera contre ton ordre et n'écoutera pas tes paroles en tout ce que tu lui commanderas sera mis à mort » (Josué 1, 18). On pourrait penser qu'il en est ainsi même lorsque l'ordre du roi s'oppose aux paroles de la Torah. C'est pourquoi le verset enseigne : « Seulement (rak), sois fort et courageux ! » : le mot rak restreint l'autorité du roi lorsque son ordre ferait cesser l'étude de la Torah.
- אֶלָּא, הָהוּא גַּבְרָא מוֹרֵד בַּמַּלְכוּת הֲוָה, דִּכְתִיב: ״וְהַשְּׁמֻעָה בָּאָה עַד יוֹאָב כִּי יוֹאָב נָטָה אַחֲרֵי אֲדֹנִיָּה וְאַחֲרֵי אַבְשָׁלוֹם לֹא נָטָה״.Chlomo poursuivit : c'est plutôt cet homme-là — toi-même, Yoav — qui s'est révolté contre la royauté, comme il est écrit : « Et la nouvelle parvint à Yoav, car Yoav avait suivi Adoniyahou, et il n'avait pas suivi Avchalom » (I Rois 2, 28) : en suivant Adoniyahou, il s'est révolté contre Chlomo, le roi légitime.
- מַאי ״לֹא נָטָה״? אָמַר רַב יְהוּדָה: שֶׁבִּיקֵּשׁ לִנְטוֹת וְלֹא נָטָה. וּמַאי טַעְמָא לָא נָטָה? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: עֲדַיִין לִיחְלוּחִית שֶׁל דָּוִד קַיֶּימֶת.Que signifie « il n'avait pas suivi » Avchalom ? Rav Yehouda a dit : cela enseigne qu'il voulut le suivre, mais ne le suivit pas. Et pourquoi ne l'a-t-il pas suivi ? Rabbi Elazar a dit : parce que la sève de David subsistait encore : David conservait sa vigueur, et Yoav le craignait.
- רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא אָמַר: עֲדַיִין אִיצְטַגְנִינֵי שֶׁל דָּוִד קַיָּימִין, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אַרְבַּע מֵאוֹת יְלָדִים הָיוּ לוֹ לְדָוִד, כּוּלָּן בְּנֵי יְפַת תּוֹאַר הָיוּ, וּמְגַדְּלֵי בְלוֹרִית הָיוּ, וּמְהַלְּכִין בְּרָאשֵׁי הַגְּיָיסוֹת הָיוּ, וְהֵן הֵן בַּעֲלֵי אֶגְרוֹפִין שֶׁל דָּוִד.Rabbi Yossé fils de Rabbi 'Hanina a dit : les itstagninim de David — selon Rachi, ses hommes de main, sur lesquels il s'appuyait comme d'autres se fient aux astres — étaient encore en place. Car Rav Yehouda a dit au nom de Rav : David avait quatre cents jeunes gens, tous fils de belles captives ; ils portaient une longue chevelure à la manière des païens, marchaient à la tête des troupes, et c'étaient eux les hommes forts de David, sur la loyauté desquels reposait sa royauté.
- וּפְלִיגָא דְּרַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא, דְּאָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא: אִילְמָלֵא דָּוִד לֹא עָשָׂה יוֹאָב מִלְחָמָה, וְאִילְמָלֵא יוֹאָב לֹא עָסַק דָּוִד בַּתּוֹרָה. דִּכְתִיב: ״וַיְהִי דָוִד עֹשֶׂה מִשְׁפָּט וּצְדָקָה לְכׇל עַמּוֹ וְיוֹאָב בֶּן צְרוּיָה עַל הַצָּבָא״. מָה טַעַם ״דָוִד עֹשֶׂה מִשְׁפָּט וּצְדָקָה לְכׇל עַמּוֹ״? מִשּׁוּם דְּ״יוֹאָב עַל הַצָּבָא״. וּמָה טַעַם ״יוֹאָב עַל הַצָּבָא״? מִשּׁוּם דְּ״דָוִד עֹשֶׂה מִשְׁפָּט וּצְדָקָה לְכׇל עַמּוֹ״.Et cela contredit l'opinion de Rabbi Abba bar Kahana, car Rabbi Abba bar Kahana a dit : sans David, qui étudiait la Torah, Yoav n'aurait pas fait la guerre avec succès, et sans Yoav, David ne se serait pas consacré à la Torah. Comme il est écrit : « David exerçait le droit et la justice envers tout son peuple, et Yoav fils de Tserouya commandait l'armée » (II Samuel 8, 15-16). Pourquoi « David exerçait-il le droit et la justice envers tout son peuple » ? Parce que « Yoav commandait l'armée ». Et pourquoi « Yoav commandait-il l'armée » ? Parce que « David exerçait le droit et la justice envers tout son peuple ».
- ״וַיֵּצֵא יוֹאָב מֵעִם דָּוִד וַיִּשְׁלַח מַלְאָכִים אַחֲרֵי אַבְנֵר וַיָּשִׁבוּ אֹתוֹ מִבּוֹר הַסִּרָה״. מַאי ״בּוֹר הַסִּירָה״? אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא: בּוֹר וְסִירָה גָּרְמוּ לוֹ לְאַבְנֵר שֶׁיֵּהָרֵג.« Yoav sortit de chez David et envoya des messagers après Avner, et ils le ramenèrent de Bor Sira » (II Samuel 3, 26). Que signifie « Bor Sira » ? Rabbi Abba bar Kahana a dit : une citerne (bor) et une épine (sira) ont causé la mort d'Avner : par ces mots sont évoquées deux occasions de réconcilier Chaoul et David qu'il a laissées passer, comme l'explique Rachi — la cruche d'eau et le pan de manteau.
- ״וַיַּטֵּהוּ יוֹאָב אֶל תּוֹךְ הַשַּׁעַר לְדַבֵּר אִתּוֹ בַּשֶּׁלִי״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁדָּנוֹ דִּין סַנְהֶדְרִי. אֲמַר לֵיהּ: מַאי טַעְמָא קְטַלְתֵּיהּ לַעֲשָׂאֵל? עֲשָׂאֵל רוֹדֵף הָיָה. הָיָה לְךָ לְהַצִּילוֹ בְּאֶחָד מֵאֵבָרָיו! לָא יְכֵילִי לֵיהּ. הַשְׁתָּא בְּדוֹפֶן חֲמִישִׁית כַּוֵּונְתְּ לֵיהּ, בְּאֶחָד מֵאֵבָרָיו לָא יְכֵלְתְּ לֵיהּ?« Et Yoav le prit à l'écart, à l'intérieur de la porte, pour lui parler discrètement (bachéli) » (II Samuel 3, 27). Rabbi Yo'hanan a dit : cela enseigne qu'il le jugea selon la procédure du Sanhédrin (la haute cour), lequel siégeait à la porte de la ville. Il lui dit : pourquoi as-tu tué Assahel ? Avner répondit : Assahel était un poursuivant. Yoav reprit : tu aurais dû te sauver en le blessant à l'un de ses membres ! Avner répondit : je n'en étais pas capable. Yoav dit : or voici que tu as visé la cinquième côte, et à l'un de ses membres tu n'aurais pas pu viser ?
- ״לְדַבֵּר אִתּוֹ בַּשֶּׁלִי״, אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: עַל עִיסְקֵי שָׁלוּ. ״וַיַּכֵּהוּ שָׁם אֶל הַחֹמֶשׁ״, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּדוֹפֶן חֲמִישִׁית, מָקוֹם שֶׁמָּרָה וְכָבֵד תְּלוּיִין בּוֹ.« Pour lui parler bachéli » : Rav Yehouda a dit au nom de Rav : c'est-à-dire au sujet de l'affaire du chalou — selon Rachi, du déchaussement de la 'halitsa (rite libérant une veuve du lévirat). « Et il le frappa là au 'homech » (II Samuel 3, 27) : Rabbi Yo'hanan a dit : à la cinquième côte, l'endroit où sont suspendus la vésicule et le foie.
- ״וְהֵשִׁיב ה׳ אֶת דָּמוֹ עַל רֹאשׁוֹ אֲשֶׁר פָּגַע בִּשְׁנֵי אֲנָשִׁים צַדִּקִים טוֹבִים מִמֶּנּוּ״. ״טוֹבִים״ – שֶׁהָיוּ דּוֹרְשִׁין ״אַכִּין״ וְ״רַקִּין״, וְהוּא לֹא דָּרַשׁ. ״צַדִּיקִים״ – שֶׁהֵן בַּפֶּה וְלֹא עָשׂוּ, וְהוּא בְּאִיגֶּרֶת עָשָׂה.Il est écrit à propos de Yoav : « Et Hachem fera retomber son sang sur sa tête, car il s'est jeté sur deux hommes plus justes et meilleurs que lui » (I Rois 2, 32). « Meilleurs » : car ils interprétaient les akh et les rak, alors que lui ne les a pas interprétés. « Plus justes » : car eux reçurent l'ordre de vive voix et ne l'exécutèrent pas — l'ordre de Chaoul de tuer les Cohanim (prêtres) de Nov —, tandis que lui l'exécuta sur un simple ordre par lettre, celui de David concernant Ouriya.
- ״וַעֲמָשָׂא לֹא נִשְׁמַר בַּחֶרֶב אֲשֶׁר בְּיַד יוֹאָב״. אָמַר רַב: שֶׁלֹּא חֲשָׁדוֹ.« Et Amassa ne prit pas garde à l'épée qui était dans la main de Yoav » (II Samuel 20, 10). Rav a dit : c'est qu'il ne le soupçonnait pas de vouloir le tuer.
- ״וַיִּקָּבֵר בְּבֵיתוֹ בַּמִּדְבָּר״. אַטּוּ בֵּיתוֹ מִדְבָּר הוּא? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: כַּמִּדְבָּר, מָה מִדְבָּר מוּפְקָר לַכֹּל, אַף בֵּיתוֹ שֶׁל יוֹאָב מוּפְקָר לַכֹּל. דָּבָר אַחֵר: כַּמִּדְבָּר, מָה מִדְבָּר מְנוּקֶּה מִגָּזֵל וַעֲרָיוֹת, אַף בֵּיתוֹ שֶׁל יוֹאָב מְנוּקֶּה מִגָּזֵל וַעֲרָיוֹת. ״וְיוֹאָב יְחַיֶּה אֶת שְׁאָר הָעִיר״. אָמַר רַב יְהוּדָה: אֲפִילּוּ מוּנִינֵי וְצַחֲנָתָא טָעֵים פָּרֵיס לְהוּ.« Et il fut enterré dans sa maison, dans le désert » (I Rois 2, 34). Sa maison était-elle donc un désert ? Rav Yehouda a dit au nom de Rav : elle était comme le désert : de même que le désert est ouvert à tous, de même la maison de Yoav était ouverte à tous les pauvres. Autre explication : comme le désert : de même que le désert est exempt de vol et d'immoralité, de même la maison de Yoav était exempte de vol et d'immoralité. Il est écrit : « Et Yoav fit vivre le reste de la ville » (I Chroniques 11, 8). Rav Yehouda a dit : même des petits poissons, les mouninei et les tsa'hanata, il les goûtait et les leur distribuait : il veillait à ce que les pauvres ne manquent de rien.
- הֲדַרַן עֲלָךְ נִגְמַר הַדִּיןNous reviendrons à toi, chapitre Nigmar HaDin (« Le jugement est terminé »).
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