Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הָאִישׁ מְכַסִּין אוֹתוֹ פֶּרֶק אֶחָד מִלְּפָנָיו, וְאִשָּׁה שְׁנֵי פְּרָקִים – בֵּין מִלְּפָנֶיהָ בֵּין מִלְּאַחֲרֶיהָ, מִפְּנֵי שֶׁכּוּלָּהּ עֶרְוָה. דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: הָאִישׁ נִסְקָל עָרוֹם, וְאֵין הָאִשָּׁה נִסְקֶלֶת עֲרוּמָּה.GUEMARA : Nos Maîtres ont enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : L'homme, on le couvre d'une pièce de tissu par-devant, et la femme de deux pièces, tant par-devant que par-derrière, parce que cette zone tout entière est nudité. Telles sont les paroles de Rabbi Yehouda. Mais les Sages disent : L'homme est lapidé nu, et la femme n'est pas lapidée nue.
- מַאי טַעְמַיְיהוּ דְּרַבָּנַן? אָמַר קְרָא: ״וְרָגְמוּ אֹתוֹ״. מַאי ״אוֹתוֹ״?Quel est le motif de nos Maîtres, pour distinguer l'homme de la femme ? Le verset dit : « Et ils le lapideront » (Lévitique 24, 14). Que vient enseigner l'insistance sur « le » ?
- אִילֵּימָא אוֹתוֹ וְלֹא אוֹתָהּ, וְהָכְתִיב: ״וְהוֹצֵאתָ אֶת הָאִישׁ הַהוּא אוֹ אֶת הָאִשָּׁה הָהִיא״? אֶלָּא מַאי ״אוֹתוֹ״? אוֹתוֹ בְּלֹא כְּסוּתוֹ, הָא אוֹתָהּ בִּכְסוּתָהּ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אוֹתוֹ בְּלֹא כְּסוּתוֹ, לָא שְׁנָא אִישׁ וְלָא שְׁנָא אִשָּׁה.Si l'on dit qu'on lapide « lui » et non « elle », c'est-à-dire que les femmes ne seraient pas lapidées, n'est-il pas écrit : « Et tu feras sortir cet homme-là ou cette femme-là » (Deutéronome 17, 5) ? Mais alors, que signifie « le » ? On lapide lui sans son vêtement, tandis qu'elle, on la lapide avec son vêtement. Rabbi Yehouda dit : Le mot enseigne qu'on lapide lui sans son vêtement, et pour le reste il n'y a pas de différence entre l'homme et la femme : la même halakha (loi) vaut pour les deux.
- לְמֵימְרָא דְּרַבָּנַן חָיְישִׁי לְהִרְהוּרָא, וְרַבִּי יְהוּדָה לָא חָיֵישׁ לְהִרְהוּרָא? וְהָא אִיפְּכָא שְׁמַעְנָא לְהוּ, דִּתְנַן: הַכֹּהֵן אוֹחֵז בִּבְגָדֶיהָ – אִם נִקְרְעוּ נִקְרְעוּ, וְאִם נִפְרְמוּ נִפְרְמוּ, עַד שֶׁמְּגַלֶּה אֶת לִבָּהּ וְסוֹתֵר אֶת שְׂעָרָהּ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם הָיָה לִבָּהּ נָאֶה לֹא הָיָה מְגַלֵּהוּ, וְאִם הָיָה שְׂעָרָהּ נָאֶה לֹא הָיָה סוֹתְרוֹ.Faut-il en conclure que nos Maîtres se soucient des pensées impures que la vue d'une femme dévêtue éveillerait chez les spectateurs, et que Rabbi Yehouda ne se soucie pas des pensées impures ? Or nous les avons entendus dire l'inverse, comme nous avons appris dans la Michna (Sota 7a) à propos de la sota, la femme soupçonnée d'adultère : Le Cohen (prêtre) saisit ses vêtements sans se soucier de ce qu'ils deviennent : s'ils se déchirent, qu'ils se déchirent ; s'ils se décousent, qu'ils se décousent, jusqu'à ce qu'il découvre sa poitrine et défasse sa chevelure. Rabbi Yehouda dit : Si sa poitrine était belle, il ne la découvrait pas, et si sa chevelure était belle, il ne la défaisait pas. C'est donc Rabbi Yehouda qui, là, se soucie des pensées impures.
- אָמַר רַבָּה: הָתָם הַיְינוּ טַעְמָא, שֶׁמָּא תֵּצֵא מִבֵּית דִּין זַכָּאָה וְיִתְגָּרוּ בָּהּ פִּירְחֵי כְּהוּנָּה. הָכָא הָא מִקַּטְלָא. וְכִי תֵּימָא: אָתֵי לְאִיתְגָּרוֹיֵי בְּאַחְרָנְיָיתָא? אָמַר רַבָּה: גְּמִירִי, אֵין יֵצֶר הָרָע שׁוֹלֵט אֶלָּא בְּמִי שֶׁעֵינָיו רוֹאוֹת.Rabba a dit : Là-bas, pour la sota, voici le motif de Rabbi Yehouda : peut-être sortira-t-elle du tribunal innocentée, et les jeunes Cohanim qui l'ont vue dévêtue seront excités par elle. Ici, elle est mise à mort, et cette crainte n'existe pas. Et si tu dis : les spectateurs en viendront à être excités par d'autres femmes ? Rabba a dit : Nous avons pour tradition que le mauvais penchant ne domine que sur ce que voient ses yeux.
- אָמַר רָבָא: דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה קַשְׁיָא, דְּרַבָּנַן אַדְּרַבָּנַן לָא קַשְׁיָא? אֶלָּא אָמַר רָבָא: דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה לָא קַשְׁיָא, כִּדְשַׁנִּין.Rava a dit : La contradiction entre un propos de Rabbi Yehouda et un autre de Rabbi Yehouda fait difficulté, et celle entre un propos de nos Maîtres et un autre de nos Maîtres ne ferait pas difficulté ? Eux aussi semblent se contredire, puisqu'ils ne s'inquiètent pas des pensées impures pour la sota et s'en inquiètent pour la lapidée. Mais Rava a dit ainsi : La contradiction entre les propos de Rabbi Yehouda ne fait pas difficulté, comme nous l'avons résolu à l'instant.
- דְּרַבָּנַן אַדְּרַבָּנַן נָמֵי לָא קַשְׁיָא. אָמַר קְרָא: ״וְנִוַּסְּרוּ כׇּל הַנָּשִׁים וְלֹא תַעֲשֶׂינָה כְּזִמַּתְכֶנָה״. הָכָא, אֵין לְךָ יִיסּוּר גָּדוֹל מִזֶּה.Celle entre les propos de nos Maîtres ne fait pas difficulté non plus. Pour la sota, le verset dit : « Et toutes les femmes seront averties et n'agiront pas selon votre impudicité » (Ézéchiel 23, 48) : on l'expose donc publiquement afin de servir d'avertissement, malgré le risque de pensées impures. Ici, pour la lapidation, il n'est pas d'avertissement plus grand que celui-ci : la mise à mort elle-même.
- וְכִי תֵּימָא: לֶיעְבֵּיד בַּהּ תַּרְתֵּי? אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: אָמַר קְרָא ״וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ״ – בְּרוֹר לוֹ מִיתָה יָפָה.Et si tu dis : Qu'on lui fasse les deux, la lapidation et l'humiliation ? Rav Na'hman a dit au nom de Rabba bar Avouh : Le verset dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19, 18) : choisis-lui une belle mort, c'est-à-dire une mort empreinte de compassion, même s'il est condamné.
- לֵימָא: דְּרַב נַחְמָן תַּנָּאֵי הִיא? לָא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא אִית לְהוּ דְּרַב נַחְמָן, וְהָכָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי: מָר סָבַר בִּזְיוֹנֵי דְאִינִישׁ עֲדִיף לֵיהּ טְפֵי מִנְּיָחָא דְגוּפֵיהּ, וּמָר סָבַר נְיָחָא דְגוּפֵיהּ עֲדִיף מִבִּזְיוֹנֵיהּ.Dirons-nous que la règle de Rav Na'hman est l'objet d'une divergence entre Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna), et que selon Rabbi Yehouda il n'y aurait pas lieu de choisir une mort compatissante ? Non, car tous admettent la règle de Rav Na'hman, et ici ils divergent sur ceci : L'un, nos Maîtres, pense que d'éviter l'humiliation de l'homme lui importe plus que le soulagement de son corps : aussi vaut-il mieux pour elle être lapidée vêtue, même si les vêtements amortissent les coups et prolongent son agonie. Et l'autre, Rabbi Yehouda, pense que le soulagement de son corps lui importe plus que d'éviter son humiliation : aussi préfère-t-on qu'elle soit dévêtue et meure plus vite.
- מַתְנִי׳ בֵּית הַסְּקִילָה הָיָה גָּבוֹהַּ שְׁתֵּי קוֹמוֹת. אֶחָד מִן הָעֵדִים דּוֹחֲפוֹ עַל מׇתְנָיו. נֶהְפַּךְ עַל לִבּוֹ, הוֹפְכוֹ עַל מׇתְנָיו. וְאִם מֵת בָּהּ – יָצָא.MICHNA : Le lieu de la lapidation, d'où l'on précipite le condamné, était haut de deux tailles d'homme. L'un des témoins le pousse sur les hanches, de sorte qu'il tombe sur le dos. S'il s'est retourné sur la poitrine, il le retourne sur les hanches. Et s'il en meurt, de cette chute, l'obligation de lapidation est remplie.
- וְאִם לָאו, הַשֵּׁנִי נוֹטֵל אֶת הָאֶבֶן וְנוֹתְנוֹ עַל לִבּוֹ. אִם מֵת בָּהּ – יָצָא, וְאִם לָאו – רְגִימָתוֹ בְּכׇל יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יַד הָעֵדִים תִּהְיֶה בּוֹ בָרִאשׁוֹנָה לַהֲמִיתוֹ וְיַד כׇּל הָעָם בָּאַחֲרוֹנָה״.Sinon, le second témoin prend la pierre et la pose sur sa poitrine, c'est-à-dire la jette sur lui. S'il en meurt, l'obligation est remplie ; sinon, sa lapidation est achevée par tout Israël présent, comme il est dit : « La main des témoins sera sur lui la première pour le mettre à mort, et la main de tout le peuple ensuite » (Deutéronome 17, 7).
- גְּמָ׳ תָּנָא: וְקוֹמָה שֶׁלּוֹ, הֲרֵי כָּאן שָׁלֹשׁ. וּמִי בָּעֵינַן כּוּלֵּי הַאי? וּרְמִינְהוּ: מָה בּוֹר שֶׁהוּא כְּדֵי לְהָמִית – עֲשָׂרָה טְפָחִים, אַף כֹּל כְּדֵי לְהָמִית – עֲשָׂרָה טְפָחִים.GUEMARA : Un Tanna a enseigné : Ces deux tailles et sa propre taille, puisqu'on le pousse debout : cela fait ici trois tailles d'homme. Faut-il donc tout cela pour le tuer ? On oppose à cela la Michna (Bava Kama 50b) sur les dommages causés par une fosse : De même qu'une fosse, qui suffit à faire mourir, a dix tefa'him (palmes), de même tout creusement suffisant pour faire mourir a dix tefa'him. Si une chute de dix tefa'him suffit à tuer, pourquoi une telle hauteur ?
- אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: אָמַר קְרָא ״וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ״, בְּרוֹר לוֹ מִיתָה יָפָה. אִי הָכִי, לַיגְבְּהֵיהּ טְפֵי! מִשּׁוּם דְּמִינַּוַּל.Rav Na'hman a dit au nom de Rabba bar Avouh : Le verset dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19, 18) : choisis-lui une belle mort, rapide. On prévoit donc une grande hauteur, bien qu'une moindre puisse suffire. S'il en est ainsi, qu'on l'élève davantage ! – On ne le fait pas parce qu'il serait défiguré par la chute.
- אֶחָד מִן הָעֵדִים דּוֹחֲפוֹ. תָּנוּ רַבָּנַן: מִנַּיִין שֶׁבִּדְחִיָּיה? תַּלְמוּד לוֹמַר ״יָרֹה״. וּמִנַּיִן שֶׁבִּסְקִילָה? תַּלְמוּד לוֹמַר ״סָקוֹל״.L'un des témoins le pousse, a-t-on appris dans la Michna. Nos Maîtres ont enseigné : D'où sait-on que la peine s'accomplit par la poussée ? Le verset dit à propos de ceux qui toucheraient le mont Sinaï : « précipité » (Exode 19, 13). Et d'où sait-on qu'elle s'accomplit par la lapidation proprement dite ? Le verset dit : « lapidé ».
- וּמִנַּיִן שֶׁבִּסְקִילָה וּבִדְחִיָּיה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״סָקוֹל יִסָּקֵל אוֹ יָרֹה יִיָּרֶה״. וּמִנַּיִן שֶׁאִם מֵת בִּדְחִיָּיה יָצָא? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אוֹ יָרֹה יִיָּרֶה״. מִנַּיִין שֶׁאַף לְדוֹרוֹת כֵּן?Et d'où sait-on qu'elle s'accomplit parfois à la fois par la lapidation et par la poussée, si le condamné n'est pas mort de sa chute ? Le verset dit : « Il sera lapidé ou il sera précipité » (Exode 19, 13). Et d'où sait-on que s'il est mort de la poussée, l'obligation est remplie ? Le verset dit : « ou il sera précipité », le mot « ou » indiquant qu'une seule des deux voies suffit. D'où sait-on qu'il en va ainsi aussi pour les générations futures, et non seulement au Sinaï ?
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.