Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- ״וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל עָשׂוּ כַּאֲשֶׁר צִוָּה ה׳ אֶת מֹשֶׁה״.Il est écrit à la fin du récit du blasphémateur : « Et les Bnei Israël firent comme Hachem l'avait ordonné à Moché » (Lévitique 24, 23). L'ordre d'exécuter est donc déjà tout entier inclus dans ces mots, et « ils firent sortir » vient ajouter un camp.
- אֶלָּא מֵעַתָּה: ״וַיִּרְגְּמוּ אֹתוֹ אָבֶן״ מַאי עָבְדִי לֵיהּ? הָהוּא מִבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: ״וַיִּרְגְּמוּ אֹתוֹ בָּאָבֶן״ – ״אֹתוֹ״ וְלֹא בִּכְסוּתוֹ, ״אָבֶן״ שֶׁאִם מֵת בְּאֶבֶן אַחַת יָצָא.La Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) demande : Mais alors, à partir de maintenant, si tout est inclus dans ces mots, « Et ils le lapidèrent avec une pierre » (ibid.), que font-ils de ces mots, qui semblent superflus ? La Guemara répond : Celui-là est nécessaire pour ce qui a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : « Et ils le lapidèrent avec la pierre » : « le » enseigne qu'on le lapide lui seul, nu, et non dans son vêtement ; « pierre », au singulier et non « pierres », enseigne que s'il est mort d'une seule pierre, on est quitte de l'obligation.
- וְאִצְטְרִיךְ לְמִיכְתַּב ״אָבֶן״, וְאִיצְטְרִיךְ לְמִיכְתַּב ״אֲבָנִים״. דְּאִי כְּתַב רַחֲמָנָא ״אָבֶן״, הֲוָה אָמֵינָא: הֵיכָא דְּלָא מֵת בַּחֲדָא, לָא נַיְתֵי אַחֲרִיתִי וְנִיקְטְלֵיהּ. כְּתַב רַחֲמָנָא ״אֲבָנִים״. וְאִי כְּתַב רַחֲמָנָא ״אֲבָנִים״, הֲוָה אָמֵינָא: מֵעִיקָּרָא נַיְיתֵי תַּרְתֵּי. כְּתַב רַחֲמָנָא ״אָבֶן״.Et il a fallu écrire à propos du blasphémateur « pierre », au singulier, et il a fallu écrire à propos de celui qui ramassait du bois le Chabbat « pierres », au pluriel (Nombres 15, 36). Car si le Miséricordieux avait écrit seulement « pierre », j'aurais dit : là où il n'est pas mort d'une seule pierre, qu'on n'en apporte pas une autre pour le tuer. C'est pourquoi le Miséricordieux a écrit « pierres ». Et si le Miséricordieux avait écrit seulement « pierres », j'aurais dit : dès le début, qu'on en apporte deux. C'est pourquoi le Miséricordieux a écrit « pierre ».
- וְהָא הַאי תַּנָּא ״נֶאֱמַר״ קָאָמַר? ״אִילּוּ לֹא נֶאֱמַר״ קָאָמַר, וְהָכִי קָאָמַר: אִילּוּ לֹא נֶאֱמַר קְרָא, הָיִיתִי אוֹמֵר גְּזֵירָה שָׁוָה. עַכְשָׁיו שֶׁנֶּאֱמַר קְרָא, גְּזֵירָה שָׁוָה לָא צְרִיךְ.La Guemara objecte à la déduction de Rav Pappa : Mais voici que ce Tanna (Sage de l'époque de la Michna) de la baraïta citée plus haut dit : « Il a été dit » ici et il a été dit ailleurs, fondant ainsi sa déduction sur une guezéra chava (analogie textuelle : même mot dans deux versets) entre le blasphémateur et les taureaux brûlés. Comment Rav Pappa, un Amora, peut-il le contredire en tirant cela directement du verset ? La Guemara répond : Selon Rav Pappa, le Tanna dit : « S'il n'avait pas été dit », et voici ce qu'il veut dire : Si un verset n'avait pas été dit dont on tire directement que le condamné est lapidé hors des trois camps, j'aurais dit qu'on l'apprend par une guezéra chava. Maintenant qu'un verset a été dit, la guezéra chava n'est pas nécessaire.
- רַב אָשֵׁי אָמַר: מֹשֶׁה הֵיכָא הֲוָה יָתֵיב? בְּמַחֲנֵה לְוִיָּיה. וַאֲמַר לֵיהּ רַחֲמָנָא: ״הוֹצֵא אֶת הַמְקַלֵּל״ – חוּץ לְמַחֲנֵה לְוִיָּיה. ״אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״ – חוּץ לְמַחֲנֵה יִשְׂרָאֵל. ״וַיּוֹצִיאוּ אֶת הַמְקַלֵּל״ – לַעֲשִׂיָּיה.Rav Achi a dit : On tire le lieu de la lapidation du même passage, mais autrement. Où Moché siégeait-il quand le cas du blasphémateur lui fut présenté ? Dans le camp des Léviim (lévites). Et le Miséricordieux lui a dit : « Fais sortir le blasphémateur » (Lévitique 24, 14), c'est-à-dire hors du camp des Léviim, vers le camp d'Israël ; « hors du camp » (ibid.), c'est-à-dire hors du camp d'Israël. Quant au verset ultérieur : « Et ils firent sortir le blasphémateur » (ibid. 24, 23), il enseigne qu'on se réfère à l'exécution de l'ordre divin.
- עֲשִׂיָּיה בְּהֶדְיָא כְּתִיב בְּהוּ: ״וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל עָשׂוּ כַּאֲשֶׁר צִוָּה ה׳ אֶת מֹשֶׁה״. הָהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ, חַד לִסְמִיכָה וְחַד לִדְחִיָּיה.La Guemara objecte : L'exécution est explicitement écrite à leur sujet dans la suite du verset : « Et les Bnei Israël firent comme Hachem l'avait ordonné à Moché ! » La Guemara répond : Celui-là est nécessaire pour enseigner que le reste des instructions divines fut également accompli : l'un pour l'imposition des mains des témoins sur la tête du condamné (ibid. 24, 14), et l'autre pour la poussée du condamné par les témoins du haut de l'estrade.
- אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרַב אָשֵׁי: לְדִידָךְ, כֹּל הָנֵי ״הוֹצִיא״ דִּכְתִיבִי בְּפָרִים הַנִּשְׂרָפִים, מַאי דָּרְשַׁתְּ בְּהוּ? קַשְׁיָא.Les Sages ont dit à Rav Achi : Selon toi, pour qui « faire sortir » à lui seul signifie hors d'un camp et « hors du camp » hors d'un camp supplémentaire, tous ces « fera sortir » qui sont écrits à propos des taureaux brûlés, que déduis-tu d'eux ? La Guemara conclut : C'est une difficulté pour l'opinion de Rav Achi.
- אֶחָד עוֹמֵד כּוּ׳. אָמַר רַב הוּנָא: פְּשִׁיטָא לִי, אֶחָד אֶבֶן שֶׁנִּסְקָל בָּהּ, וְאֶחָד עֵץ שֶׁנִּתְלֶה בּוֹ, וְאֶחָד סַיִיף שֶׁנֶּהֱרָג בּוֹ, וְאֶחָד סוּדָר שֶׁנֶּחְנָק בּוֹ – כּוּלָּן מִשֶּׁל צִבּוּר. מַאי טַעְמָא? דְּמִדִּידֵיהּ לָא אָמְרִינַן לֵיהּ: ״זִיל וְלֵיתֵיהּ וְלִיקְטוֹל נַפְשֵׁיהּ״.La Michna (enseignement des Tannaïm compilé par Rabbi Yehouda HaNassi) enseigne : « Un homme se tient à l'entrée du tribunal, des linges à la main, etc. » Rav Houna a dit : Il est évident pour moi que la pierre avec laquelle le condamné est lapidé, le bois auquel il est pendu après sa mort, l'épée avec laquelle il est tué et l'étoffe avec laquelle il est étranglé proviennent tous des biens de la communauté. Quelle en est la raison ? Car nous ne lui disons pas : « Va apporter cela de tes propres biens et tue-toi toi-même. »
- בָּעֵי רַב הוּנָא: סוּדָר שֶׁמְּנִיפִין בּוֹ, וְסוּס שֶׁרָץ וּמַעֲמִידָן – מִשֶּׁל מִי הוּא? כֵּיוָן דְּהַצָּלָה דִּידֵיהּ, מִדִּידֵיהּ הוּא? אוֹ דִילְמָא, כֵּיוָן דְּבֵי דִּינָא מְחַיְּיבִין לְמֶעְבַּד לֵיהּ הַצָּלָה, מִדִּידְהוּ?Rav Houna a demandé : L'étoffe que l'on agite et le cheval qui court et les arrête, pour empêcher les envoyés du tribunal de procéder à l'exécution, aux frais de qui sont-ils ? La Guemara explique les deux côtés de la question : Puisque le sauvetage est le sien, sont-ils à ses frais ? Ou peut-être, puisque le tribunal est tenu de lui assurer le sauvetage, sont-ils à leurs frais, ceux de la communauté ?
- וְתוּ, הָא דְּאָמַר רַב חִיָּיא בַּר רַב אָשֵׁי אָמַר רַב חִסְדָּא: הַיּוֹצֵא לֵיהָרֵג מַשְׁקִין אוֹתוֹ קוֹרֶט שֶׁל לְבוֹנָה בְּכוֹס שֶׁל יַיִן כְּדֵי שֶׁתִּטָּרֵף דַּעְתּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תְּנוּ שֵׁכָר לְאוֹבֵד וְיַיִן לְמָרֵי נָפֶשׁ״. וְתַנְיָא: נָשִׁים יְקָרוֹת שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם הָיוּ מִתְנַדְּבוֹת וּמְבִיאוֹת אוֹתָן. לֹא הִתְנַדְּבוּ נָשִׁים יְקָרוֹת, מִשֶּׁל מִי? הָא וַדַּאי מִסְתַּבְּרָא מִשֶּׁל צִבּוּר, כֵּיוָן דִּכְתִיב ״תְּנוּ״ – מִדִּידְהוּ.Et encore une question du même ordre : Ce qu'a dit Rav 'Hiya bar Rav Achi, au nom de Rav 'Hisda : À celui qui sort pour être mis à mort, on fait boire un grain d'encens dans une coupe de vin, afin que son esprit se trouble et que sa peur soit atténuée, comme il est dit : « Donnez de la boisson forte à celui qui va périr, et du vin à ceux dont l'âme est amère » (Proverbes 31, 6). Et il a été enseigné dans une baraïta : Les femmes de valeur de Jérusalem en faisaient don et les apportaient. Si les femmes de valeur n'en ont pas fait don, aux frais de qui est-ce ? La Guemara répond : Ceci, assurément, il est logique que ce soit aux frais de la communauté, puisqu'il est écrit « Donnez », au pluriel : c'est-à-dire à leurs frais.
- בְּעָא מִינֵּיהּ רַב אַחָא בַּר הוּנָא מֵרַב שֵׁשֶׁת: אָמַר אֶחָד מִן הַתַּלְמִידִים ״יֵשׁ לִי לְלַמֵּד עָלָיו זְכוּת״, וְנִשְׁתַּתֵּק, מַהוּ? מְנַפַּח רַב שֵׁשֶׁת בִּידֵיהּ. נִשְׁתַּתֵּק? אֲפִילּוּ אֶחָד בְּסוֹף הָעוֹלָם נָמֵי! הָתָם לָא קָאָמַר, הָכָא קָאָמַר. מַאי?Rav A'ha bar Houna a demandé à Rav Chéchèt : Si l'un des disciples siégeant devant les juges a dit : « J'ai de quoi plaider son acquittement », puis est devenu muet, qu'en est-il ? Faut-il tenir compte de ses paroles ? Rav Chéchèt a soufflé sur ses mains en signe de dédain, et a dit : Il est devenu muet ? S'il fallait s'en inquiéter, il faudrait craindre aussi qu'il y ait quelqu'un au bout du monde qui puisse plaider en sa faveur ! La Guemara rejette : Là, il n'a rien dit ; ici, il a dit avoir une raison d'acquitter. La question demeure donc : Qu'en est-il ?
- תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: אֶחָד מִן הַתַּלְמִידִים שֶׁזִּיכָּה וָמֵת, רוֹאִין אוֹתוֹ כְּאִילּוּ חַי וְעוֹמֵד בִּמְקוֹמוֹ. זִיכָּה – אִין, לֹא זִיכָּה – לָא.La Guemara propose : Viens et entends une preuve, car Rabbi Yossé bar 'Hanina a dit : L'un des disciples qui a plaidé l'acquittement puis est mort, on le considère comme s'il était vivant et se tenait à sa place, votant pour l'acquittement. On en déduit : S'il a plaidé l'acquittement en exposant ses raisons, oui ; s'il n'a pas plaidé l'acquittement, non.
- זִיכָּה – פְּשִׁיטָא לִי; אָמַר – תִּיבְּעֵי לָךְ.La Guemara rejette cette preuve : S'il a plaidé l'acquittement, c'est évident pour moi ; s'il a seulement dit qu'il voulait le faire, que la question te reste posée. La question demeure donc en suspens.
- אֲפִילּוּ הוּא כּוּ׳. וַאֲפִילּוּ פַּעַם רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה? וְהָתַנְיָא: פַּעַם רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה, בֵּין שֶׁיֵּשׁ מַמָּשׁ בִּדְבָרָיו בֵּין שֶׁאֵין מַמָּשׁ בִּדְבָרָיו – מַחְזִירִין אוֹתוֹ. מִכָּאן וָאֵילָךְ, אִם יֵשׁ מַמָּשׁ בִּדְבָרָיו – מַחְזִירִין אוֹתוֹ, אֵין מַמָּשׁ בִּדְבָרָיו – אֵין מַחְזִירִין אוֹתוֹ.La Michna enseigne : « Même lui, etc. » : même le condamné lui-même, s'il dit avoir de quoi plaider son acquittement, on le ramène, jusqu'à quatre ou cinq fois, à condition qu'il y ait de la substance dans ses paroles. La Guemara demande : Et même la première et la deuxième fois faut-il qu'il y ait de la substance ? Or il a été enseigné dans une baraïta : La première et la deuxième fois, qu'il y ait de la substance dans ses paroles ou qu'il n'y ait pas de substance dans ses paroles, on le ramène. À partir de là et au-delà, s'il y a de la substance dans ses paroles, on le ramène ; s'il n'y a pas de substance dans ses paroles, on ne le ramène pas.
- אָמַר רַב פָּפָּא: תַּרְגּוּמַהּ מִפַּעַם שְׁנִיָּה וְאֵילָךְ.Rav Pappa a dit : Explique que la Michna parle à partir de la deuxième fois et au-delà.
- מְנָא יָדְעִי? אָמַר אַבָּיֵי: דְּמָסְרִינַן לֵיהּ זוּגָא דְּרַבָּנַן. אִי אִיכָּא מַמָּשׁ בִּדְבָרָיו – אִין, אִי לָא – לָא.La Guemara demande : D'où savent-ils s'il y a de la substance ? Abayé a dit : Car nous lui adjoignons une paire de Sages qui évaluent ses arguments. S'il y a de la substance dans ses paroles, oui, on le ramène ; sinon, non.
- וְלִימְסַר לֵיהּ מֵעִיקָּרָא? אַגַּב דִּבְעִית, לָא מָצֵי אָמַר כֹּל מַאי דְּאִית לֵיהּ.La Guemara demande : Mais qu'on les lui adjoigne dès le début ! La Guemara répond : Du fait qu'il est effrayé par la mort qui l'attend, il ne peut pas dire tout ce qu'il a à dire. Les deux premières fois, on le ramène donc sans examen préalable.
- מַתְנִי׳ מָצְאוּ לוֹ זְכוּת – פְּטָרוּהוּ, וְאִם לָאו – יוֹצֵא לִיסָּקֵל. וְכָרוֹז יוֹצֵא לְפָנָיו: ״אִישׁ פְּלוֹנִי בֶּן פְּלוֹנִי יוֹצֵא לִיסָּקֵל עַל שֶׁעָבַר עֲבֵירָה פְּלוֹנִית, וּפְלוֹנִי וּפְלוֹנִי עֵדָיו. כׇּל מִי שֶׁיּוֹדֵעַ לוֹ זְכוּת יָבֹא וִילַמֵּד עָלָיו״.Michna : S'ils lui ont trouvé une raison d'acquittement, ils l'ont libéré ; sinon, il sort pour être lapidé. Et un crieur sort devant lui et proclame : « Untel, fils d'Untel, sort pour être lapidé parce qu'il a commis telle transgression, et Untel et Untel sont ses témoins. Quiconque connaît un argument en sa faveur, qu'il vienne le présenter pour lui. »
- גְּמָ׳ אָמַר אַבָּיֵי: וְצָרִיךְ לְמֵימַר בְּיוֹם פְּלוֹנִי, וּבְשָׁעָה פְּלוֹנִית, וּבְמָקוֹם פְּלוֹנִי. דִּילְמָא אִיכָּא דְּיָדַעי וְאָתֵי וּמַזֵּים לְהוּ.Guemara : Abayé a dit : Et il faut dire aussi : « tel jour, à telle heure et en tel lieu », car il se peut qu'il y ait des gens qui sachent que les témoins n'étaient pas là à ce moment, et viennent les confondre comme faux témoins.
- וְכָרוֹז יוֹצֵא לְפָנָיו. לְפָנָיו – אִין, מֵעִיקָּרָא – לָא. וְהָתַנְיָא: בְּעֶרֶב הַפֶּסַח תְּלָאוּהוּ לְיֵשׁוּ הַנּוֹצְרִי, וְהַכָּרוֹז יוֹצֵא לְפָנָיו אַרְבָּעִים יוֹם: ״יֵשׁוּ הַנּוֹצְרִי יוֹצֵא לִיסָּקֵל עַל שֶׁכִּישֵּׁף וְהֵסִית וְהִדִּיחַ אֶת יִשְׂרָאֵל. כׇּל מִי שֶׁיּוֹדֵעַ לוֹ זְכוּת יָבוֹא וִילַמֵּד עָלָיו״. וְלֹא מָצְאוּ לוֹ זְכוּת, וּתְלָאוּהוּ בְּעֶרֶב הַפֶּסַח.La Michna enseigne : « Et un crieur sort devant lui. » On en déduit : Devant lui, tandis qu'on le conduit à l'exécution, oui ; dès le début, avant, non. La Guemara objecte : Or il a été enseigné dans une baraïta : La veille de Pessa'h, ils ont pendu Yéchou HaNotsri (Jésus de Nazareth), après l'avoir mis à mort, et un crieur était sorti devant lui quarante jours durant : « Yéchou HaNotsri sort pour être lapidé parce qu'il a pratiqué la sorcellerie, a incité et a dévoyé Israël. Quiconque connaît un argument en sa faveur, qu'il vienne le présenter pour lui. » Et ils ne lui ont pas trouvé d'argument en sa faveur, et ils l'ont pendu la veille de Pessa'h.
- אָמַר עוּלָּא: וְתִסְבְּרָא? יֵשׁוּ הַנּוֹצְרִי בַּר הַפּוֹכֵי זְכוּת הוּא? מֵסִית הוּא, וְרַחֲמָנָא אָמַר: ״לֹא תַחְמֹל וְלֹא תְכַסֶּה עָלָיו!״ אֶלָּא שָׁאנֵי יֵשׁוּ, דְּקָרוֹב לְמַלְכוּת הֲוָה.Oula a dit : Et tu le penses vraiment ? Yéchou HaNotsri méritait-il qu'on cherche à le disculper ? C'était un incitateur à l'idolâtrie, et le Miséricordieux a dit : « Tu n'auras pas pitié et tu ne le couvriras pas » (Deutéronome 13, 9) ! Mais le cas de Yéchou était différent, car il était proche du pouvoir ; le tribunal lui a donc laissé toute possibilité de se disculper, pour qu'on ne puisse pas dire qu'il avait été condamné à tort.
- תָּנוּ רַבָּנַן: חֲמִשָּׁה תַּלְמִידִים הָיוּ לוֹ לְיֵשׁוּ הַנּוֹצְרִי – מַתַּאי, נַקַּאי, נֶצֶר, וּבוּנִי, וְתוֹדָה. אַתְיוּהּ לְמַתַּי. אֲמַר לְהוּ: מַתַּי יֵהָרֵג? הָכְתִיב ״מַתַּי אָבוֹא וְאֵרָאֶה פְּנֵי אֱלֹהִים״? אָמְרוּ לוֹ: אִין, מַתַּי יֵהָרֵג, דִּכְתִיב: ״מָתַי יָמוּת וְאָבַד שְׁמוֹ״.À propos de ce procès, la Guemara cite une autre baraïta. Nos Maîtres ont enseigné : Yéchou HaNotsri avait cinq disciples : Mataï, Nakaï, Nétsèr, Bouni et Toda. Ils ont amené Mataï en jugement. Il leur a dit : Mataï serait-il mis à mort ? N'est-il pas écrit : « Quand [mataï] viendrai-je et paraîtrai-je devant D.ieu ? » (Psaumes 42, 3). Ils lui ont dit : Si, Mataï sera mis à mort, car il est écrit : « Quand [mataï] mourra-t-il et son nom périra-t-il ? » (Psaumes 41, 6).
- אַתְיוּהּ לְנַקַּאי. אֲמַר לְהוּ: נַקַּאי יֵהָרֵג? הָכְתִיב ״וְנָקִי וְצַדִּיק אַל תַּהֲרֹג״? אָמְרוּ לוֹ: אִין, נַקַּאי יֵהָרֵג, דִּכְתִיב: ״בַּמִּסְתָּרִים יַהֲרֹג נָקִי״.Ils ont amené Nakaï. Il leur a dit : Nakaï serait-il mis à mort ? N'est-il pas écrit : « Et l'innocent [naki] et le juste, ne les tue pas » (Exode 23, 7) ? Ils lui ont dit : Si, Nakaï sera mis à mort, car il est écrit : « Dans les lieux cachés il tue l'innocent [naki] » (Psaumes 10, 8).
- אַתְיוּהּ לְנֶצֶר. אָמַר: נֶצֶר יֵהָרֵג? הָכְתִיב ״וְנֵצֶר מִשׇּׁרָשָׁיו יִפְרֶה״? אָמְרוּ לוֹ: אִין, נֶצֶר יֵהָרֵג, דִּכְתִיב: ״וְאַתָּה הׇשְׁלַכְתָּ מִקִּבְרְךָ כְּנֵצֶר נִתְעָב״.Ils ont amené Nétsèr. Il a dit : Nétsèr serait-il mis à mort ? N'est-il pas écrit : « Et un rejeton [nétsèr] de ses racines fructifiera » (Isaïe 11, 1) ? Ils lui ont dit : Si, Nétsèr sera mis à mort, car il est écrit : « Et toi, tu as été jeté hors de ta tombe comme un rejeton [nétsèr] abominable » (Isaïe 14, 19).
- אַתְיוּהּ לְבוּנִי. אָמַר: בּוּנִי יֵהָרֵג? הָכְתִיב ״בְּנִי בְכֹרִי יִשְׂרָאֵל״! אָמְרוּ לוֹ: אִין, בּוּנִי יֵהָרֵג, דִּכְתִיב: ״הִנֵּה אָנֹכִי הוֹרֵג אֶת בִּנְךָ בְּכֹרֶךָ״.Ils ont amené Bouni. Il a dit : Bouni serait-il mis à mort ? N'est-il pas écrit : « Mon fils [beni] premier-né, Israël » (Exode 4, 22) ! Ils lui ont dit : Si, Bouni sera mis à mort, car il est écrit : « Voici que Je vais tuer ton fils [bin'kha] premier-né » (Exode 4, 23).
- אַתְיוּהּ לְתוֹדָה. אָמַר: תּוֹדָה יֵהָרֵג? הָכְתִיב ״מִזְמוֹר לְתוֹדָה״? אָמְרוּ לוֹ: אִין, תּוֹדָה יֵהָרֵג, דִּכְתִיב: ״זֹבֵחַ תּוֹדָה יְכַבְּדָנְנִי״.Ils ont amené Toda. Il a dit : Toda serait-il mis à mort ? N'est-il pas écrit : « Psaume pour l'action de grâce [toda] » (Psaumes 100, 1) ? Ils lui ont dit : Si, Toda sera mis à mort, car il est écrit : « Celui qui sacrifie une action de grâce [toda] M'honorera » (Psaumes 50, 23).
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