Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה? דְּאָמַר קְרָא: ״עֵד אֶחָד לֹא יַעֲנֶה בְנֶפֶשׁ לָמוּת״. לָמוּת הוּא דְּאֵינוֹ עוֹנֶה, אֲבָל לִזְכוּת עוֹנֶה. וְרַבָּנַן? אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: מִשּׁוּם דְּמִיחֲזֵי כְּנוֹגֵעַ בְּעֵדוּתוֹ.La Guemara explique : Quelle est la raison de Rabbi Yossé bar Yehouda ? Car le verset dit : « Et un seul témoin ne répondra pas contre une personne pour qu'elle meure » (Nombres 35, 30). C'est pour faire mourir qu'il ne répond pas, mais pour acquitter il répond. Et les Rabbanan ? Pourquoi le lui interdisent-ils ? Rech Lakich a dit : parce qu'il paraît avoir un intérêt dans son témoignage : si l'accusé est condamné, le témoin peut craindre d'être convaincu de faux, et il a donc intérêt à l'acquittement.
- וְרַבָּנַן, הַאי ״לָמוּת״ מַאי דָּרְשִׁי בֵּיהּ? מוֹקְמִי לֵיהּ בְּאֶחָד מִן הַתַּלְמִידִים. כִּדְתַנְיָא: אָמַר אֶחָד מִן הָעֵדִים ״יֵשׁ לִי לְלַמֵּד עָלָיו זְכוּת״, מִנַּיִין שֶׁאֵין שׁוֹמְעִין לוֹ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״עֵד אֶחָד לֹא יַעֲנֶה״. מִנַּיִין לְאֶחָד מִן הַתַּלְמִידִים שֶׁאָמַר ״יֵשׁ לִי לְלַמֵּד עָלָיו חוֹבָה״, מִנַּיִין שֶׁאֵין שׁוֹמְעִין לוֹ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֶחָד לֹא יַעֲנֶה בְנֶפֶשׁ לָמוּת״.Et les Rabbanan, que déduisent-ils de ce mot « pour qu'elle meure » ? La Guemara répond : Ils l'appliquent à l'un des disciples, comme il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique extérieur à la Michna) : Si l'un des témoins a dit : « j'ai à apporter en sa faveur un argument à décharge », d'où sait-on qu'on ne l'écoute pas ? Le verset dit : « Un seul témoin ne répondra pas ». Si l'un des disciples a dit : « j'ai à apporter contre lui un argument à charge », d'où sait-on qu'on ne l'écoute pas ? Le verset dit : « Un seul ne répondra pas contre une personne pour qu'elle meure ».
- דִּינֵי נְפָשׁוֹת: הַמְלַמֵּד כּוּ׳. אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בִּשְׁעַת מַשָּׂא וּמַתָּן, אֲבָל בִּשְׁעַת גְּמַר דִּין – מְלַמֵּד זְכוּת חוֹזֵר וּמְלַמֵּד חוֹבָה.La Michna (enseignement des Tannaïm, Sages de l'époque de la Michna) a enseigné : Dans les affaires capitales, celui qui apporte un argument à charge peut ensuite en apporter un à décharge, etc., mais non l'inverse. Rav a dit : On ne l'a enseigné que pour le moment de la délibération, mais au moment du prononcé du jugement, celui qui a apporté un argument à décharge peut revenir et en apporter un à charge.
- מֵיתִיבִי: לְמׇחֳרָת מַשְׁכִּימִין וּבָאִין. הַמְזַכֶּה אוֹמֵר: ״אֲנִי הַמְזַכֶּה, וּמְזַכֶּה אֲנִי בִּמְקוֹמִי״. הַמְחַיֵּיב אוֹמֵר: ״אֲנִי הַמְחַיֵּיב, וּמְחַיֵּיב אֲנִי בִּמְקוֹמִי״. הַמְלַמֵּד חוֹבָה מְלַמֵּד זְכוּת, אֲבָל הַמְלַמֵּד זְכוּת אֵינוֹ יָכוֹל לַחֲזוֹר וּלְלַמֵּד חוֹבָה.On a objecté à partir d'une Michna (plus loin, 40a) : Le lendemain, ils se lèvent tôt et viennent au tribunal. Celui qui acquitte dit : « c'est moi qui acquittais, et j'acquitte à ma place » – je maintiens ma position. Celui qui condamne dit : « c'est moi qui condamnais, et je condamne à ma place ». Celui qui a apporté un argument à charge peut en apporter un à décharge, mais celui qui a apporté un argument à décharge ne peut pas revenir et en apporter un à charge.
- וְהָא לַמׇּחֳרָת גְּמַר דִּין הוּא, וְלִיטַעְמָיךְ, לַמׇּחֳרָת מַשָּׂא וּמַתָּן מִי לֵיכָּא? כִּי קָתָנֵי בִּשְׁעַת מַשָּׂא וּמַתָּן.Or le lendemain, c'est le prononcé du jugement, et il ne peut pourtant pas revenir ! La Guemara répond : Et selon ta raison, n'y a-t-il pas de délibération le lendemain ? Il y en a. Lorsqu'elle enseigne qu'il ne peut pas se dédire, c'est donc au moment de la délibération.
- תָּא שְׁמַע: דָּנִין אֵלּוּ כְּנֶגֶד אֵלּוּ, עַד שֶׁיִּרְאֶה אֶחָד מִן הַמְחַיְּיבִין דִּבְרֵי הַמְזַכִּין. וְאִם אִיתַהּ, לִיתְנֵי נָמֵי אִיפְּכָא! תַּנָּא אַזְּכוּת קָא מְהַדַּר, אַחוֹבָה לָא קָא מְהַדַּר.Viens et entends une preuve de la suite de cette Michna : Ils débattent, ceux-ci face à ceux-là, jusqu'à ce que l'un de ceux qui condamnent se range à l'avis de ceux qui acquittent. Or s'il en est ainsi, si l'on peut revenir pour condamner, qu'elle enseigne aussi l'inverse ! La Guemara répond : Le Tanna s'attache à l'acquittement, il ne s'attache pas à la condamnation. Il préfère évoquer le cas favorable, mais la règle vaut aussi dans l'autre sens.
- תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: אֶחָד מִן הַתַּלְמִידִים שֶׁזִּיכָּה וָמֵת – רוֹאִין אוֹתוֹ כְּאִילּוּ חַי וְעוֹמֵד בִּמְקוֹמוֹ. וְאַמַּאי? נֵימָא: אִילּוּ הֲוָה קַיָּים, [הֲוָה] הָדַר בֵּיהּ! הַשְׁתָּא מִיהָא לָא הֲדַר בֵּיהּ.Viens et entends, car Rabbi Yossé bar 'Hanina a dit : L'un des disciples qui a acquitté et qui est mort, on le considère comme s'il était vivant et se tenait à sa place, et sa voix compte pour l'acquittement. Mais pourquoi ? Disons : s'il était vivant, il se serait peut-être rétracté ! La Guemara répond : En tout cas, à présent il ne s'est pas rétracté.
- וְהָא שְׁלַחוּ מִתָּם: לְדִבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא, מוּצָא מִכְּלַל רַבֵּינוּ! ״אֵין מוּצָא״ אִיתְּמַר.Mais voici qu'on a envoyé de là-bas, de la terre d'Israël : d'après les paroles de Rabbi Yossé bar 'Hanina, il y a une exclusion de l'avis de notre maître Rav ! La Guemara répond : C'est « il n'y a pas d'exclusion » qui a été dit.
- תָּא שְׁמַע: שְׁנֵי סוֹפְרֵי הַדַּיָּינִין עוֹמְדִין לִפְנֵיהֶן, אֶחָד מִן הַיָּמִין וְאֶחָד מִן הַשְּׂמֹאל, וְכוֹתְבִין דִּבְרֵי הַמְזַכִּין וְדִבְרֵי הַמְחַיְּיבִין.Viens et entends une baraïta : Les deux scribes des juges se tiennent devant eux, l'un à droite et l'autre à gauche, et ils écrivent les paroles de ceux qui acquittent et les paroles de ceux qui condamnent.
- בִּשְׁלָמָא דִּבְרֵי הַמְחַיְּיבִין, לִמְחַר חָזוּ טַעְמָא אַחֲרִינָא וּבָעוּ לְמֶעְבַּד הֲלָנַת דִּין. אֶלָּא דִּבְרֵי הַמְזַכִּין, מַאי טַעְמָא? לָאו מִשּׁוּם דְּאִי חָזוּ טַעְמָא אַחֲרִינָא לְחוֹבָה, לָא מַשְׁגְּחִינַן בְּהוּ?La Guemara précise la preuve : Cela se comprend pour les paroles de ceux qui condamnent : le lendemain, ils peuvent voir une autre raison de condamner, et il faudra faire une halanat dine (report du verdict au lendemain). Mais les paroles de ceux qui acquittent, quelle en est la raison ? N'est-ce pas parce que, s'ils voyaient une autre raison à charge, nous n'y prêterions pas attention ?
- לֹא, כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ שְׁנַיִם טַעַם אֶחָד מִשְּׁנֵי מִקְרָאוֹת. כְּדִבְעָא מִינֵּיהּ רַבִּי אַסִּי מֵרַבִּי יוֹחָנָן: אָמְרוּ שְׁנַיִם טַעַם אֶחָד מִשְּׁנֵי מִקְרָאוֹת, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: אֵין מוֹנִין לָהֶן אֶלָּא אֶחָד.La Guemara répond : Non, c'est pour que deux juges ne disent pas une seule raison à partir de deux versets, ce qui ne compterait que pour une voix. Comme l'a demandé Rabbi Assi à Rabbi Yo'hanan : Si deux juges ont dit une seule raison à partir de deux versets, qu'en est-il ? Il lui a dit : on ne leur compte qu'une voix.
- מְנָהָנֵי מִילֵּי? אָמַר אַבָּיֵי: דְּאָמַר קְרָא ״אַחַת דִּבֶּר אֱלֹהִים שְׁתַּיִם זוּ שָׁמָעְתִּי כִּי עֹז לֵאלֹהִים״. מִקְרָא אֶחָד יוֹצֵא לְכַמָּה טְעָמִים, וְאֵין טַעַם אֶחָד יוֹצֵא מִכַּמָּה מִקְרָאוֹת. דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל תָּנָא: ״וּכְפַטִּישׁ יְפֹצֵץ סָלַע״ – מָה פַּטִּישׁ זֶה מִתְחַלֵּק לְכַמָּה נִיצוֹצוֹת, אַף מִקְרָא אֶחָד יוֹצֵא לְכַמָּה טְעָמִים.D'où savons-nous cela ? Abayé a dit : Car le verset dit : « D.ieu a parlé une fois, j'ai entendu deux choses, que la force appartient à D.ieu » (Psaumes 62, 12). Un seul verset donne plusieurs raisons, mais une seule raison ne sort pas de plusieurs versets. L'école de Rabbi Ichmaël a enseigné : « Et comme un marteau qui fait éclater le roc » (Jérémie 23, 29) : de même que ce marteau se divise en plusieurs éclats, de même un seul verset donne plusieurs raisons.
- הֵיכִי דָּמֵי טַעַם אֶחָד מִשְּׁנֵי מִקְרָאוֹת? אָמַר רַב זְבִיד, כְּדִתְנַן: מִזְבֵּחַ מְקַדֵּשׁ אֶת הָרָאוּי לוֹ.La Guemara demande : Comment se présente une seule raison à partir de deux versets ? Rav Zevid a dit : Comme nous avons appris dans une Michna (Zeva'him 83a) : L'autel sanctifie ce qui lui convient. Ainsi, ce qui y est monté alors qu'il est disqualifié n'en redescend pas, à condition de lui convenir.
- רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: כׇּל הָרָאוּי לָאִשִּׁים, אִם עָלָה – לֹא יֵרֵד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הָעֹלָה עַל מוֹקְדָה״. מָה עוֹלָה שֶׁהִיא רְאוּיָה לָאִשִּׁים, אִם עָלְתָה – לֹא תֵּרֵד, אַף כֹּל שֶׁהוּא רָאוּי לָאִשִּׁים, אִם עָלָה – לֹא יֵרֵד.Rabbi Yehochoua dit : Tout ce qui convient aux feux de l'autel, s'il y est monté, n'en redescendra pas, comme il est dit : « L'holocauste sur son foyer » (Lévitique 6, 2). De même que l'holocauste, qui convient aux feux, s'il est monté ne redescendra pas, de même tout ce qui convient aux feux, s'il est monté ne redescendra pas.
- רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: כׇּל הָרָאוּי לַמִּזְבֵּחַ, אִם עָלָה – לֹא יֵרֵד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִיא הָעֹלָה עַל מוֹקְדָה עַל הַמִּזְבֵּחַ״. מָה עוֹלָה שֶׁהִיא רְאוּיָה לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ – אִם עָלְתָה לֹא תֵּרֵד, אַף כֹּל שֶׁהוּא רָאוּי לְמִזְבֵּחַ – אִם עָלָה לֹא יֵרֵד.Rabban Gamliel dit : Tout ce qui convient à l'autel, s'il y est monté, n'en redescendra pas, comme il est dit : « C'est l'holocauste sur son foyer, sur l'autel » (Lévitique 6, 2). De même que l'holocauste, qui convient à l'autel, s'il est monté ne redescendra pas, de même tout ce qui convient à l'autel, s'il est monté ne redescendra pas.
- וְתַרְוַיְיהוּ מַאי קָמְרַבּוּ? פְּסוּלִין. מָר מַיְיתֵי לַהּ מִ״מּוֹקְדָה״, וּמָר מַיְיתֵי לַהּ מִ״מִּזְבֵּחַ״.Et que viennent inclure tous deux ? Les offrandes disqualifiées, qui ne redescendent pas. L'un le déduit de « foyer » et l'autre le déduit d'« autel ». Voilà une seule raison tirée de deux versets.
- וְהָא הָתָם מִיפְלָג פְּלִיגִי, דְּקָתָנֵי סֵיפָא: אֵין בֵּין דִּבְרֵי רַבָּן גַּמְלִיאֵל לְדִבְרֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אֶלָּא הַדָּם וְהַנְּסָכִים, שֶׁרַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: לֹא יֵרְדוּ, וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: יֵרְדוּ.La Guemara objecte : Mais là, ils sont bel et bien en désaccord, car il est enseigné à la fin de cette Michna : Il n'y a de différence entre les paroles de Rabban Gamliel et celles de Rabbi Yehochoua que pour le sang et les libations disqualifiés, car Rabban Gamliel dit : ils ne redescendront pas, et Rabbi Yehochoua dit : ils redescendront.
- אֶלָּא אָמַר רַב פָּפָּא: כִּדְתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: מִתּוֹךְ שֶׁנֶּאֱמַרMais Rav Pappa a dit : L'exemple est comme il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Yossé HaGuelili dit : Du fait qu'il est dit
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