Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- מִיכָּן שֶׁפּוֹתְחִין בְּדִינֵי נְפָשׁוֹת תְּחִלָּה לִזְכוּת.De là on déduit que l'on ouvre, dans les affaires capitales, d'abord en faveur de l'acquittement : les délibérations commencent par un argument à décharge. Cet enseignement concorde avec l'explication d'Abayé et de Rava, selon laquelle on dit à l'accusé : si tu n'as pas tué, n'aie aucune crainte.
- דִּינֵי מָמוֹנוֹת מַחֲזִירִין כּוּ׳. וּרְמִינְהוּ: דָּן אֶת הַדִּין, זִיכָּה אֶת הַחַיָּיב, חִיֵּיב אֶת הַזַּכַּאי, טִימֵּא אֶת הַטָּהוֹר, טִיהֵר אֶת הַטָּמֵא – מַה שֶּׁעָשָׂה עָשׂוּי, וִישַׁלֵּם מִבֵּיתוֹ.La Michna (enseignement des Tannaïm, Sages de l'époque de la Michna) a enseigné : dans les affaires d'argent, on fait revenir le jugement, etc., si un nouvel élément apparaît, à décharge comme à charge. Et la Guemara oppose à cela une autre Michna (Bekhorot 28b) : si un juge a rendu un jugement et s'est trompé, a innocenté le coupable, condamné l'innocent, déclaré impur ce qui est pur ou déclaré pur ce qui est impur, ce qu'il a fait est fait – le jugement demeure – et il paiera de sa maison, c'est-à-dire de ses propres biens, le dommage causé. On voit donc que le jugement n'est pas révisé.
- אָמַר רַב יוֹסֵף: לָא קַשְׁיָא, כָּאן בְּמוּמְחֶה, כָּאן בְּשֶׁאֵינוֹ מוּמְחֶה. וּבְמוּמְחֶה מַחְזִירִין? וְהָקָתָנֵי: אִם הָיָה מוּמְחֶה לְבֵית דִּין – פָּטוּר מִלְּשַׁלֵּם!Rav Yossef a dit : ce n'est pas difficile. Ici, dans notre Michna qui permet de revenir sur le jugement, il s'agit d'un expert ; là, dans Bekhorot où ce qui est fait reste fait, il s'agit de celui qui n'est pas expert. La Guemara s'étonne : Et dans le cas d'un expert, on fait revenir le jugement ? Mais voici qu'il y est enseigné : s'il était un expert reconnu par le tribunal, il est exempt de payer ! Cela implique que le jugement reste en vigueur même lorsque le juge est expert, sinon il n'y aurait pas lieu de parler de paiement.
- אָמַר רַב נַחְמָן: כָּאן שֶׁיֵּשׁ גָּדוֹל הֵימֶנּוּ בְּחָכְמָה וּבְמִנְיָן, כָּאן שֶׁאֵין גָּדוֹל הֵימֶנּוּ בְּחָכְמָה וּבְמִנְיָן.Rav Na'hman a dit une autre explication : ici, on revient sur le jugement, car il s'agit d'un cas où il y a plus grand que lui en sagesse et en nombre de disciples, qui peut réviser sa décision ; là, ce qu'il a fait est fait, car il s'agit d'un cas où il n'y a pas plus grand que lui en sagesse et en nombre de disciples.
- רַב שֵׁשֶׁת אָמַר: כָּאן שֶׁטָּעָה בִּדְבַר מִשְׁנָה, כָּאן שֶׁטָּעָה בְּשִׁיקּוּל הַדַּעַת. דְּאָמַר רַב שֵׁשֶׁת אָמַר רַב אַסִּי: טָעָה בִּדְבַר מִשְׁנָה – חוֹזֵר, טָעָה בְּשִׁיקּוּל הַדַּעַת – אֵינוֹ חוֹזֵר.Rav Chéchèt a dit : ici, on revient sur le jugement, lorsqu'il s'est trompé sur une chose de la Michna, en oubliant une règle explicite ; là, ce qui est fait reste fait, lorsqu'il s'est trompé dans l'appréciation de son raisonnement. Car Rav Chéchèt a dit, au nom de Rav Assi : s'il s'est trompé sur une chose de la Michna, on revient sur le jugement ; s'il s'est trompé dans l'appréciation, on ne revient pas.
- אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: אֲפִילּוּ טָעָה בְּרַבִּי חִיָּיא וְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא? אֲמַר לֵיהּ: אִין. אֲפִילּוּ בִּדְרַב וּשְׁמוּאֵל? אֲמַר לֵיהּ: אִין. אֲפִילּוּ בְּדִידִי וְדִידָךְ? אֲמַר לֵיהּ: אַטּוּ אֲנַן קָטְלֵי קְנֵי בְּאַגְמָא אֲנַן?Ravina a dit à Rav Achi : l'erreur sur une chose de la Michna s'étend-elle même à celui qui s'est trompé sur un enseignement de Rabbi 'Hiya et de Rabbi Ochaya, parmi les derniers Tannaïm ? Il lui a dit : oui. – Même sur un enseignement de Rav et de Chmouel, premiers Amoraïm (Sages de l'époque de la Guemara) ? Il lui a dit : oui. – Même sur nos enseignements, le mien et le tien ? Il lui a dit : est-ce à dire que nous, nous sommes des coupeurs de roseaux dans le marais ? Nos paroles aussi font autorité.
- הֵיכִי דָּמֵי שִׁיקּוּל הַדַּעַת? אָמַר רַב פָּפָּא: כְּגוֹן תְּרֵי תַּנָּאֵי אוֹ תְּרֵי אָמוֹרָאֵי דִּפְלִיגִי אַהֲדָדֵי, וְלָא אִיתְּמַר הִלְכְתָא לָא כְּמָר וְלָא כְּמָר, וְאִיקְּרִי וַעֲבַד כְּחַד מִינַּיְיהוּ, וְסוּגְיָא דִּשְׁמַעְתָּא אָזְלִי כְּאִידַּךְ – הַיְינוּ שִׁיקּוּל הַדַּעַת.La Guemara précise : Comment se présente l'erreur d'appréciation ? Rav Pappa a dit : par exemple, deux Tannaïm ou deux Amoraïm en désaccord l'un avec l'autre, sans que la halakha (la règle pratique) ait été énoncée ni selon l'un ni selon l'autre ; il s'est trouvé que le juge a agi selon l'un d'eux, alors que le cours de l'étude va selon l'autre, c'est-à-dire que la plupart des juges tranchent dans l'autre sens : voilà l'erreur d'appréciation.
- אֵיתִיבֵיהּ רַב הַמְנוּנָא לְרַב שֵׁשֶׁת: מַעֲשֶׂה בְּפָרָה שֶׁל בֵּית מְנַחֵם שֶׁנִּיטְּלָה הָאֵם שֶׁלָּהּ, וְהֶאֱכִילָהּ רַבִּי טַרְפוֹן לִכְלָבִים.Rav Hamnouna a objecté à Rav Chéchèt à partir de la suite de la Michna citée (Bekhorot 28b) : Il arriva une affaire avec une vache de la maison de Mena'hem, dont on avait retiré la matrice ; Rabbi Tarfon l'ayant déclarée terefa (animal atteint d'une lésion mortelle, interdit à la consommation), Rabbi Tarfon la fit donner à manger aux chiens.
- וּבָא מַעֲשֶׂה לִפְנֵי חֲכָמִים בְּיַבְנֶה, וְהִתִּירוּהָ. שֶׁאָמַר תּוֹדוֹס הָרוֹפֵא: אֵין פָּרָה וַחֲזִירָה יוֹצֵאת מֵאֲלֶכְּסַנְדְּרִיָּא שֶׁל מִצְרַיִם אֶלָּא אִם כֵּן חוֹתְכִין הָאֵם שֶׁלָּהּ, כְּדֵי שֶׁלֹּא תֵּלֵד. אָמַר רַבִּי טַרְפוֹן: הָלְכָה חֲמוֹרְךָ, טַרְפוֹן! אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: פָּטוּר אַתָּה, שֶׁכׇּל הַמּוּמְחֶה לָרַבִּים פָּטוּר מִלְּשַׁלֵּם.Et l'affaire vint devant les Sages à Yavné, et ils la permirent, jugeant qu'elle n'était pas terefa, car Todos le médecin a dit : aucune vache ni truie ne sort d'Alexandrie d'Égypte sans qu'on lui coupe la matrice, afin qu'elle ne mette pas bas ailleurs – les races y étaient excellentes et l'on ne voulait pas qu'elles se répandent. Or ces bêtes vivent : la matrice ôtée ne les rend donc pas terefa. Rabbi Tarfon a dit : ton âne s'en est allé, Tarfon ! – il pensait devoir vendre son âne pour rembourser le propriétaire. Rabbi Akiva lui a dit : tu es exempt, car quiconque est expert pour le public est exempt de payer.
- וְאִי אִיתָא, לֵימָא לֵיהּ: טוֹעֶה בִּדְבַר מִשְׁנָה אַתָּה, וְטוֹעֶה בִּדְבַר מִשְׁנָה חוֹזֵר.Rav Hamnouna expose son objection : Or s'il en est ainsi, si l'on distingue entre les deux erreurs, qu'il lui dise plutôt : tu t'es trompé sur une chose de la Michna, car elle enseigne explicitement qu'une telle bête est permise, et celui qui se trompe sur une chose de la Michna, on revient sur sa décision !
- חֲדָא וְעוֹד קָאָמַר: חֲדָא, דְּטוֹעֶה בִּדְבַר מִשְׁנָה אַתָּה, וְטוֹעֶה בִּדְבַר מִשְׁנָה חוֹזֵר. וְעוֹד: אִי נָמֵי בְּשִׁיקּוּל הַדַּעַת טָעִיתָ – מוּמְחֶה לָרַבִּים אַתָּה, וְכׇל הַמּוּמְחֶה לָרַבִּים פָּטוּר מִלְּשַׁלֵּם.La Guemara répond : Rabbi Akiva a dit une chose et encore une autre. L'une : que tu t'es trompé sur une chose de la Michna, et celui qui se trompe sur une chose de la Michna, on revient sur sa décision. Et encore : même si tu t'étais trompé dans l'appréciation, tu es expert pour le public, et quiconque est expert pour le public est exempt de payer.
- אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לְרָבָא: מַאי קָא מוֹתֵיב רַב הַמְנוּנָא לְרַב שֵׁשֶׁת מִפָּרָה? פָּרָה הֲרֵי הֶאֱכִילָהּ לִכְלָבִים, וְלֵיתָא דְּתֶהְדַּר.Rav Na'hman bar Its'hak a dit à Rava : Qu'objecte donc Rav Hamnouna à Rav Chéchèt à partir de la vache ? Quant à la vache, voici qu'il l'a fait manger aux chiens, et elle n'existe plus pour qu'on puisse revenir sur la décision.
- הָכִי קָאָמַר לֵיהּ: אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא טָעָה בִּדְבַר מִשְׁנָה אֵינוֹ חוֹזֵר, אַלְמָא קָם דִּינָא – הַיְינוּ דְּקָא מְפַחֵיד רַבִּי טַרְפוֹן, וְקָאָמַר לֵיהּ אִיהוּ: מוּמְחֶה לְבֵית דִּין אַתָּה וְאַתָּה פָּטוּר מִלְּשַׁלֵּם. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ טָעָה בִּדְבַר מִשְׁנָה חוֹזֵר, לֵימָא לֵיהּ: כֵּיוָן דְּאִילּוּ הֲוַאי פָּרָה, דִּינָךְ לָאו דִּינָא וְלָא כְּלוּם עֲבַדְתְּ, הַשְׁתָּא נָמֵי לָא כְּלוּם עֲבַדְתְּ.Rava répond : Voici ce qu'il lui a dit : Cela se comprend si tu dis que celui qui s'est trompé sur une chose de la Michna, on ne revient pas sur sa décision, d'où il ressort que le jugement tient : c'est pourquoi Rabbi Tarfon a pris peur de devoir payer, et que lui, Rabbi Akiva, lui a dit : tu es expert pour le tribunal, et tu es exempt de payer. Mais si tu dis que celui qui s'est trompé sur une chose de la Michna, on revient sur sa décision, qu'il lui dise : puisque, si la vache existait encore, ton jugement ne serait pas un jugement et tu n'aurais rien fait, à présent non plus tu n'as rien fait, et tu ne dois rien, car c'est le propriétaire lui-même qui a causé la perte.
- רַב חִסְדָּא אָמַר: כָּאן – שֶׁנָּטַל וְנָתַן בַּיָּד, כָּאן – שֶׁלֹּא נָטַל וְנָתַן בַּיָּד.Rav 'Hisda a dit autrement pour résoudre la contradiction : ici, dans Bekhorot, ce qui est fait reste fait, car il s'agit d'un cas où le juge a pris et donné de sa main l'objet du litige ; là, dans notre Michna, on revient sur le jugement, car il s'agit d'un cas où il n'a pas pris et donné de sa main, mais a seulement statué.
- בִּשְׁלָמָא חִיֵּיב אֶת הַזַּכַּאי, כְּגוֹן שֶׁנָּטַל וְנָתַן בַּיָּד. אֶלָּא זִיכָּה אֶת הַחַיָּיב, הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? דַּאֲמַר לֵיהּ: ״פָּטוּר אַתָּה״, וְהָא לֹא נָטַל וְנָתַן בַּיָּד! כֵּיוָן דְּאָמַר ״פָּטוּר אַתָּה״, כְּמוֹ שֶׁנָּטַל וְנָתַן בַּיָּד דָּמֵי.La Guemara s'interroge : Cela se comprend pour le cas où il a condamné l'innocent : c'est le cas où il a pris et donné de sa main. Mais le cas où il a innocenté le coupable, comment le trouves-tu ? Il s'agit de celui qui lui a dit : « tu es exempt », et voici qu'il n'a pas pris et donné de sa main ! La Guemara répond : Dès lors qu'il a dit : « tu es exempt », c'est comme s'il avait pris et donné de sa main.
- אֶלָּא מַתְנִיתִין דְּקָתָנֵי: דִּינֵי מָמוֹנוֹת מַחְזִירִין בֵּין לִזְכוּת בֵּין לְחוֹבָה, בִּשְׁלָמָא לִזְכוּת מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ, דַּאֲמַר לֵיהּ מֵעִיקָּרָא: ״חַיָּיב אַתָּה״, וְלֹא נָטַל וְלֹא נָתַן בַּיָּד. אֶלָּא לְחוֹבָה הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? דְּאָמַר לֵיהּ: ״פָּטוּר אַתָּה״? וְהָאָמְרַתְּ: כֵּיוָן דְּאָמַר לֵיהּ ״פָּטוּר אַתָּה״, כְּמוֹ שֶׁנָּטַל וְנָתַן בַּיָּד דָּמֵי!Mais alors, la Michna de chez nous, qui enseigne : dans les affaires d'argent, on fait revenir le jugement aussi bien pour exempter que pour condamner : pour exempter, on trouve aisément le cas, où il lui a dit au départ : « tu es condamné », sans avoir pris et donné de sa main. Mais pour condamner, comment trouves-tu ce cas ? Ce serait le cas où il lui a dit : « tu es exempt » ? Or tu viens de dire : dès lors qu'il lui a dit : « tu es exempt », c'est comme s'il avait pris et donné de sa main !
- חֲדָא קָתָנֵי: דִּינֵי מָמוֹנוֹת מַחְזִירִין לִזְכוּת, שֶׁהִיא חוֹבָה. דִּכְוָותַהּ גַּבֵּי נְפָשׁוֹת: מַחְזִירִין לִזְכוּת,La Guemara répond : Elle n'enseigne qu'une seule chose : dans les affaires d'argent, on fait revenir le jugement pour exempter l'un, ce qui est une condamnation pour l'autre. De même, pour les affaires capitales : on fait revenir pour acquitter,
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