Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- ״וַיִּמְשְׁחוּ לַה׳ לְנָגִיד וּלְצָדוֹק״, מַקִּישׁ נָגִיד לְצָדוֹק: מָה צָדוֹק – מֶחֱצָה לוֹ וּמֶחֱצָה לְאֶחָיו, אַף נָגִיד – מֶחֱצָה לוֹ וּמֶחֱצָה לְאֶחָיו.« Ils firent roi Chlomo, fils de David, une seconde fois, et ils l'oignirent pour Hachem comme chef, et Tsadok comme prêtre » (I Chroniques 29, 22). Ce verset rapproche le chef, c'est-à-dire le roi Chlomo, de Tsadok, le Cohen Gadol (grand prêtre) : de même que pour Tsadok, la moitié des pains de proposition revient à lui et la moitié à ses frères, les autres Cohanim (prêtres), de même pour le chef, la moitié du butin revient à lui et la moitié à ses frères, le reste de l'armée.
- וְצָדוֹק גּוּפֵיהּ מְנָלַן? דְּתַנְיָא: רַבִּי אוֹמֵר: ״וְהָיְתָה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו״ – מֶחֱצָה לְאַהֲרֹן וּמֶחֱצָה לְבָנָיו.La Guemara demande : Et pour Tsadok lui-même, d'où le savons-nous, que le Cohen Gadol prend la moitié ? Comme il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Rabbi Yehouda HaNassi dit : La Torah dit des pains de proposition : « Et ils seront pour Aharon et pour ses fils » (Lévitique 24, 9), ce dont on déduit : la moitié pour Aharon et la moitié pour ses fils.
- מַתְנִי׳ ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״, אֶלָּא שְׁמֹנֶה עֶשְׂרֵה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מַרְבֶּה הוּא לוֹ, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהוּ מְסִירוֹת אֶת לִבּוֹ. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֲפִילּוּ אַחַת וּמְסִירָה אֶת לִבּוֹ – הֲרֵי זֶה לֹא יִשָּׂאֶנָּה. אִם כֵּן, לָמָּה נֶאֱמַר ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״? דַּאֲפִילּוּ כַּאֲבִיגַיִל.MICHNA : Le roi, « il ne multipliera pas pour lui les femmes » (Deutéronome 17, 17), mais il peut en avoir jusqu'à dix-huit. Rabbi Yehouda dit : Il peut en multiplier pour lui, à condition qu'elles ne détournent pas son cœur de la crainte de D.ieu. Rabbi Chimon dit : Même une seule femme, si elle détourne son cœur, il ne l'épousera pas. S'il en est ainsi, pourquoi est-il dit : « Il ne multipliera pas pour lui les femmes » ? Pour enseigner que c'est interdit même si elles sont comme Avigaïl, qui était une femme juste et qui a empêché David de fauter (voir I Samuel 25).
- גְּמָ׳ לְמֵימְרָא דְּרַבִּי יְהוּדָה דָּרֵישׁ טַעְמָא דִּקְרָא, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן לָא דָּרֵישׁ טַעְמָא דִּקְרָא? וְהָא אִיפְּכָא שָׁמְעִינַן לְהוּ!GUEMARA : La Guemara demande : Faut-il en déduire que Rabbi Yehouda interprète la raison du verset et en tire des conséquences pour la halakha, et que Rabbi Chimon n'interprète pas la raison du verset ? Or nous les avons entendus soutenir l'inverse !
- דְּתַנְיָא: אַלְמָנָה, בֵּין שֶׁהִיא עֲנִיָּה בֵּין שֶׁהִיא עֲשִׁירָה, אֵין מְמַשְׁכְּנִין אוֹתָהּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תַחֲבֹל בֶּגֶד אַלְמָנָה״ – דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: עֲשִׁירָה – מְמַשְׁכְּנִין אוֹתָהּ, עֲנִיָּיה – אֵין מְמַשְׁכְּנִין אוֹתָהּ, וְאַתָּה חַיָּיב לְהַחְזִיר לָהּ, וְאַתָּה מַשִּׂיאָהּ שֵׁם רַע בִּשְׁכֵנוֹתֶיהָ.Comme il a été enseigné dans une baraïta : Une veuve, qu'elle soit pauvre ou qu'elle soit riche, on ne prend pas de gage sur elle pour un prêt, comme il est dit : « Tu ne prendras pas en gage le vêtement d'une veuve » (Deutéronome 24, 17). Telles sont les paroles de Rabbi Yehouda. Rabbi Chimon dit : Une riche, on prend un gage sur elle ; une pauvre, on ne prend pas de gage sur elle, et tu es tenu de le lui rendre, et tu lui fais une mauvaise réputation auprès de ses voisines.
- וְאָמְרִינַן: מַאי קָאָמַר? הָכִי קָאָמַר: מִתּוֹךְ שֶׁאַתָּה מְמַשְׁכְּנָהּ, אַתָּה חַיָּיב לְהַחֲזִיר לָהּ, וְאַתָּה מַשִּׂיאָהּ שֵׁם רַע בִּשְׁכֵנוֹתֶיהָ. אַלְמָא, רַבִּי יְהוּדָה לָא דָּרֵישׁ טַעְמָא דִּקְרָא, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן דָּרֵישׁ טַעְמָא דִּקְרָא.Et nous avons dit à ce sujet : Que dit-il, Rabbi Chimon ? Voici ce qu'il veut dire : Du fait que tu prends un gage sur elle, tu es tenu de le lui rendre chaque soir et chaque matin, selon la loi du gage pris sur un pauvre (Deutéronome 24, 12-13), et tu lui fais une mauvaise réputation auprès de ses voisines, qui te verront entrer chez elle matin et soir. Il apparaît donc que Rabbi Yehouda n'interprète pas la raison du verset, et que Rabbi Chimon interprète la raison du verset.
- בְּעָלְמָא, רַבִּי יְהוּדָה לָא דָּרֵישׁ טַעְמָא דִּקְרָא, וְשָׁאנֵי הָכָא דִּמְפָרֵשׁ טַעְמָא דִקְרָא: מַה טַּעַם ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״? מִשּׁוּם דְּ״לֹא יָסוּר לְבָבוֹ״.La Guemara répond : En général, Rabbi Yehouda n'interprète pas la raison du verset, mais ici c'est différent, car le verset lui-même explicite la raison du verset : Quelle est la raison de « il ne multipliera pas pour lui les femmes » ? Parce que, comme il le dit ensuite, « son cœur ne se détournera pas ».
- וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אָמַר לָךְ: מִכְּדִי בְּעָלְמָא דָּרְשִׁינַן טַעְמָא דִּקְרָא, אִם כֵּן לִכְתּוֹב קְרָא ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״ וְלִישְׁתּוֹק, וַאֲנָא אָמֵינָא: מָה טַעַם ״לֹא יַרְבֶּה״? מִשּׁוּם דְּ״לֹא יָסוּר״. ״לֹא יָסוּר״ לְמָה לִי? אֲפִילּוּ אַחַת וּמְסִירָה אֶת לִבּוֹ – הֲרֵי זוֹ לֹא יִשָּׂאֶנָּה. אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״לֹא יַרְבֶּה״? דַּאֲפִילּוּ כַּאֲבִיגַיִל.Et Rabbi Chimon te dira : Puisque, en général, nous interprétons la raison du verset, alors, si la pensée de la Torah était celle que tu dis, que le verset écrive seulement : « Il ne multipliera pas pour lui les femmes », et qu'il se taise ; et moi, je dirais de moi-même : Quelle est la raison de « il ne multipliera pas » ? Pour que « son cœur ne se détourne pas ». Pourquoi ai-je besoin de « il ne se détournera pas » ? Pour enseigner que même une seule femme, si elle détourne son cœur, il ne l'épousera pas. Mais alors, comment est-ce que j'accomplis « il ne multipliera pas » ? Cela interdit d'en multiplier même si elles sont comme Avigaïl.
- הָנֵי שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה מְנָלַן? דִּכְתִיב: ״וַיִּוָּלְדוּ לְדָוִד בָּנִים בְּחֶבְרוֹן וַיְהִי בְכוֹרוֹ אַמְנוֹן לַאֲחִינֹעַם הַיִּזְרְעֵאלִית. וּמִשְׁנֵהוּ כִלְאָב לַאֲבִיגַיִל אֵשֶׁת נָבָל הַכַּרְמְלִי וְהַשְּׁלִישִׁי אַבְשָׁלוֹם בֶּן מַעֲכָה ... וְהָרְבִיעִי אֲדֹנִיָּה בֶן חַגִּית וְהַחֲמִישִׁי שְׁפַטְיָה בֶן אֲבִיטָל. וְהַשִּׁשִּׁי יִתְרְעָם לְעֶגְלָה אֵשֶׁת דָּוִד אֵלֶּה יֻלְּדוּ לְדָוִד בְּחֶבְרוֹן״.Ces dix-huit femmes que le roi peut épouser, d'où le savons-nous ? Comme il est écrit : « Des fils naquirent à David à 'Hevron ; son premier-né fut Amnon, d'A'hinoam de Yizréel ; son deuxième, Kilav, d'Avigaïl, femme de Naval du Carmel ; le troisième, Avchalom, fils de Maakha, fille de Talmaï, roi de Guechour ; le quatrième, Adoniya, fils de 'Haguit ; le cinquième, Chefatya, fils d'Avital ; le sixième, Yitréam, d'Egla, femme de David. Ceux-là naquirent à David à 'Hevron » (II Samuel 3, 2-5). Six épouses sont donc citées ici.
- וְקָאָמַר לֵיהּ נָבִיא: ״אִם מְעַט, וְאֹסִיפָה לְּךָ כָּהֵנָּה וְכָהֵנָּה״. ״כָּהֵנָּה״ – שֵׁית, ״וְכָהֵנָּה״ – שֵׁית, דְּהָווּ לְהוּ תַּמְנֵי סְרֵי.Et le prophète Natan lui a dit en le réprimandant : « Si c'est trop peu, Je t'ajouterai autant que celles-ci et autant que celles-là » (II Samuel 12, 8). « Autant que celles-ci » : encore six ; « et autant que celles-là » : encore six, ce qui fait dix-huit.
- מַתְקֵיף לַהּ רָבִינָא: אֵימַר, ״כָּהֵנָּה״ – תַּרְתֵּי סְרֵי, ״וְכָהֵנָּה״ – עֶשְׂרִין וְאַרְבַּע.Ravina y objecte : Dis plutôt : « Autant que celles-ci » : six de plus, soit douze au total ; « et autant que celles-là » : autant que tout ce qui précède, soit vingt-quatre !
- תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״ – יוֹתֵר מֵעֶשְׂרִים וְאַרְבַּע. לְמַאן דְּדָרֵישׁ וָיו, אַרְבָּעִים וּשְׁמֹנֶה הָווּ. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״לֹא יַרְבֶּה לוֹ נָשִׁים״ – יוֹתֵר מֵאַרְבָּעִים וּשְׁמֹנֶה.La Guemara ajoute : Il a aussi été enseigné ainsi dans une baraïta : « Il ne multipliera pas pour lui les femmes » : au-delà de vingt-quatre. Selon celui qui interprète le vav (la lettre signifiant « et ») de « et autant que celles-là », lequel vient ajouter encore, il y en a quarante-huit. Il a aussi été enseigné ainsi dans une baraïta : « Il ne multipliera pas pour lui les femmes » : au-delà de quarante-huit.
- וְתַנָּא דִּידַן, מַאי טַעְמֵיהּ? אָמַר רַב כָּהֲנָא: מַקִּישׁ ״כָּהֵנָּה״ בָּתְרָא לְ״כָּהֵנָּה״ קַמָּא: מָה ״כָּהֵנָּה״ קַמָּא – שֵׁית, אַף ״כָּהֵנָּה״ בָּתְרָא – שֵׁית.Et le Tanna (Sage de l'époque de la Michna) de notre Michna, quelle est sa raison de s'en tenir à dix-huit ? Rav Kahana a dit : Le verset rapproche le dernier « autant » du premier « autant » : de même que le premier « autant » désigne six, de même le dernier « autant » désigne six.
- וְהָא הֲוַאי מִיכַל! אָמַר רַב: עֶגְלָה זוֹ מִיכַל, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ עֶגְלָה? שֶׁחֲבִיבָה עָלָיו כְּעֶגְלָה. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״לוּלֵי חֲרַשְׁתֶּם בְּעֶגְלָתִי וְגוֹ׳״.La Guemara objecte : Mais il y avait aussi Mikhal, ce qui ferait sept épouses ! Rav a dit : Egla, c'est Mikhal. Et pourquoi a-t-elle été appelée Egla ? Parce qu'elle lui était chère comme une génisse (egla). Et ainsi il est dit : « Si vous n'aviez pas labouré avec ma génisse, etc. » (Juges 14, 18), expression par laquelle Chimchon désigne son épouse.
- וּמִי הֲווֹ לְמִיכַל בְּנֵי? וְהָכְתִיב: ״וּלְמִיכַל בַּת שָׁאוּל לֹא הָיָה לָהּ וָלָד עַד יוֹם מוֹתָהּ״! אָמַר רַב חִסְדָּא: עַד יוֹם מוֹתָהּ לֹא הָיָה לָהּ, בְּיוֹם מוֹתָהּ הָיָה לָהּ.La Guemara objecte : Mikhal a-t-elle eu des fils ? Or il est écrit : « Et Mikhal, fille de Chaoul, n'eut pas d'enfant jusqu'au jour de sa mort » (II Samuel 6, 23) ! Rav 'Hisda a dit : Jusqu'au jour de sa mort, elle n'en a pas eu ; le jour de sa mort, elle en a eu un.
- מִכְּדֵי, בָּנִים הֵיכָא קָא חָשֵׁיב לְהוּ? בְּחֶבְרוֹן. וְאִילּוּ מַעֲשֶׂה דְּמִיכַל בִּירוּשָׁלַיִם הֲוָה, דִּכְתִיב: ״וּמִיכַל בַּת שָׁאוּל נִשְׁקְפָה בְּעַד הַחַלּוֹן וַתֵּרֶא אֶת הַמֶּלֶךְ דָּוִד מְפַזֵּז וּמְכַרְכֵּר לִפְנֵי ה׳ וַתִּבֶז״. וְאָמַר רַב יְהוּדָה, וְאִיתֵּימָא רַב יוֹסֵף: שְׁקַלְתֵּהּ מִיכַל לְמִיטְרַפְסַהּ! אֶלָּא אֵימָא: עַד אוֹתוֹ מַעֲשֶׂה – הָיָה לָהּ, מִכָּאן וְאֵילָךְ – לֹא הָיָה לָהּ.La Guemara objecte : Or ces fils, où les compte-t-on ? À 'Hevron. Tandis que l'épisode de Mikhal a eu lieu à Jérusalem, comme il est écrit : « Mikhal, fille de Chaoul, regarda par la fenêtre et vit le roi David sauter et danser devant Hachem, et elle le méprisa » (II Samuel 6, 16). Et Rav Yehouda a dit, et certains disent Rav Yossef : Mikhal a reçu son châtiment sur-le-champ ! Ainsi, ce fils de 'Hevron ne peut pas être celui du jour de sa mort. Dis plutôt : Jusqu'à cet épisode, elle a eu un enfant ; à partir de là, elle n'en a plus eu.
- וְהָכְתִיב: ״וַיִּקַּח דָּוִד עוֹד פִּלַגְשִׁים וְנָשִׁים בִּירוּשָׁלַיִם״? לְמַלּוֹיֵי שְׁמוֹנָה עֶשְׂרֵה. מַאי ״נָשִׁים״ וּמַאי ״פִּלַגְשִׁים״? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: נָשִׁים – בִּכְתוּבָּה וּבְקִידּוּשִׁין, פִּלַגְשִׁים – בְּלֹא כְּתוּבָּה וּבְלֹא קִידּוּשִׁין.La Guemara objecte : Or il est écrit : « David prit encore des concubines et des femmes à Jérusalem » (II Samuel 5, 13) ! Elle répond : C'était pour compléter dix-huit, et pas davantage. La Guemara demande : Que sont les « femmes » et que sont les « concubines » ? Rav Yehouda a dit au nom de Rav : Les femmes sont prises avec ketouba (contrat de mariage) et avec kidouchin (consécration du mariage) ; les concubines, sans ketouba et sans kidouchin.
- אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אַרְבַּע מֵאוֹת יְלָדִים הָיוּ לוֹ לְדָוִד, וְכוּלָּן בְּנֵי יְפַת תּוֹאַר הָיוּ, וּמְגַדְּלֵי בְלוֹרִיּוֹת הָיוּ, וְכוּלָּן יוֹשְׁבִין בִּקְרוֹנוֹת שֶׁל זָהָב, וּמְהַלְּכִין בְּרָאשֵׁי גְיָיסוֹת הָיוּ, וְהֵם הָיוּ בַּעֲלֵי אֶגְרוֹפִין שֶׁל בֵּית דָּוִד.Rav Yehouda a dit au nom de Rav : David avait quatre cents enfants dans son armée, et tous étaient fils de yefat toar (femmes captives de guerre, voir Deutéronome 21, 10-14) ; ils laissaient pousser une coiffure à la manière des non-Juifs, tous siégeaient dans des chars d'or, ils marchaient à la tête des troupes, et ils étaient les hommes de main de la maison de David.
- וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: תָּמָר בַּת יְפַת תּוֹאַר הָיְתָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעַתָּה דַּבֶּר נָא אֶל הַמֶּלֶךְ כִּי לֹא יִמְנָעֵנִי מִמֶּךָּ״. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ בַּת נִישּׂוּאִין הֲוַאי, אֲחָתֵיהּ מִי הֲוָה שַׁרְיָא לֵיהּ? אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ: בַּת יְפַת תּוֹאַר הָיְתָה.Et Rav Yehouda a dit au nom de Rav : Tamar était la fille d'une yefat toar, née avant la conversion de sa mère, et n'était donc pas légalement la fille de David. La preuve : ce qu'elle a dit à Amnon, fils de David, comme il est dit : « Et maintenant, parle donc au roi, car il ne me refusera pas à toi » (II Samuel 13, 13). Et s'il te vient à l'esprit qu'elle était la fille d'une femme légitimement mariée, sa sœur lui aurait-elle été permise ? Déduis-en donc qu'elle était la fille d'une yefat toar.
- ״וּלְאַמְנוֹן רֵעַ וּשְׁמוֹ יוֹנָדָב בֶּן שִׁמְעָה אֲחִי דָוִד וְיוֹנָדָב אִישׁ חָכָם וְגוֹ׳״. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אִישׁ חָכָם לְרִשְׁעָה.« Amnon avait un ami nommé Yonadav, fils de Chimea, frère de David, et Yonadav était un homme sage, etc. » (II Samuel 13, 3). Rav Yehouda a dit au nom de Rav : Un homme sage pour le mal.
- ״וַיֹּאמֶר ... מַדּוּעַ אַתָּה כָּכָה דַּל בֶּן הַמֶּלֶךְ ... וַיֹּאמֶר לוֹ יוֹנָדָב שְׁכַב עַל מִשְׁכָּבְךָ וְהִתְחָל וְגוֹ׳״, עַד ״וְעָשְׂתָה לְעֵינַי אֶת הַבִּרְיָה״. ״וַתִּקַּח הַמַּשְׂרֵת וַתִּצֹק לְפָנָיו״. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: שֶׁעָשְׂתָה לוֹ מִינֵי טִיגּוּן.« Il lui dit : Pourquoi es-tu ainsi amaigri, fils du roi ?... Yonadav lui dit : Couche-toi sur ton lit et feins d'être malade, etc. », jusqu'à « et qu'elle prépare sous mes yeux le mets » (II Samuel 13, 4-5). « Elle prit la poêle et versa devant lui » (II Samuel 13, 9). Rav Yehouda a dit au nom de Rav : Elle lui a préparé diverses sortes de fritures.
- ״וַיִּשְׂנָאֶהָ אַמְנוֹן שִׂנְאָה גְּדוֹלָה מְאֹד״. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבִּי יִצְחָק: נִימָא נִקְשְׁרָה לוֹ וַעֲשָׂאַתּוּ כְּרוּת שׇׁפְכָה. וְכִי נִקְשְׁרָה לוֹ, אִיהִי מַאי עֲבַדָה? אֶלָּא אֵימָא: קָשְׁרָה לוֹ נִימָא וַעֲשָׂאַתּוּ כְּרוּת שׇׁפְכָה.« Amnon la prit en haine, d'une très grande haine » (II Samuel 13, 15). Quelle en est la raison ? Rabbi Yits'hak a dit : Lors du viol, un cheveu s'est noué autour de lui, c'est-à-dire de son membre, et l'a rendu mutilé. Mais si le cheveu s'est noué de lui-même, elle, qu'a-t-elle fait pour qu'il la haïsse ? Dis plutôt : Elle a noué un cheveu autour de lui et l'a rendu mutilé.
- אִינִי? וְהָא דָּרֵשׁ רָבָא: מַאי דִּכְתִיב ״וַיֵּצֵא לָךְ שֵׁם בַּגּוֹיִם בְּיׇפְיֵךְ״? שֶׁאֵין לָהֶן לִבְנוֹת יִשְׂרָאֵל לֹא שְׂעַר בֵּית הַשֶּׁחִי וְלָא בֵּית הָעֶרְוָה! שָׁאנֵי תָּמָר, דְּבַת יְפַת תּוֹאַר הֲוַאי.Est-ce vrai ? Or Rava a enseigné : Que signifie ce qui est écrit : « Ta renommée s'est répandue parmi les nations à cause de ta beauté » (Ézéchiel 16, 14) ? Que les femmes d'Israël n'ont ni poils sous les bras ni poils à l'aine ! Tamar n'aurait donc pas eu un tel cheveu. La Guemara répond : Tamar est différente, car elle était la fille d'une yefat toar, une femme non juive.
- ״וַתִּקַּח תָּמָר אֵפֶר עַל רֹאשָׁהּ וְאֶת כְּתֹנֶת הַפַּסִּים אֲשֶׁר עָלֶיהָ קָרָעָה״. תָּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה: גָּדֵר גָּדוֹל גָּדְרָה תָּמָר בְּאוֹתָהּ שָׁעָה. אָמְרוּ: לִבְנוֹת מְלָכִים כָּךְ, לִבְנוֹת הֶדְיוֹטוֹת עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה. אִם לַצְּנוּעוֹת כָּךְ, לַפְּרוּצוֹת עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: בְּאוֹתָהּ שָׁעָה גָּזְרוּ« Tamar mit de la cendre sur sa tête et déchira la tunique à rayures qu'elle portait » (II Samuel 13, 19). Il a été enseigné au nom de Rabbi Yehochoua ben Kor'ha : Tamar a établi une grande barrière à ce moment-là par sa protestation publique. On a dit : Si cela arrive aux filles de rois, à plus forte raison aux filles de gens ordinaires. Si cela arrive aux femmes pudiques, à plus forte raison aux femmes dévergondées. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : À ce moment-là, ils ont décrété
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