Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- עִמָּךְ״, ״עִמָּךְ״ – וְאַתְּ בַּהֲדַיְיהוּ. וְרַבִּי יְהוּדָה: ״עִמָּךְ״ מִשּׁוּם שְׁכִינָה.« avec toi » (Nombres 11, 16) : « avec toi » signifie et toi avec eux – Moché est compté parmi eux, ce qui fait soixante et onze membres. Et Rabbi Yehouda, comment l'explique-t-il ? Selon lui, « avec toi » est dit à cause de la Chekhina (la Présence divine) qui reposait sur Moché : il devait se tenir avec les soixante-dix Anciens pour qu'elle repose aussi sur eux, sans faire partie du tribunal, lequel compte donc soixante-dix membres.
- וְרַבָּנַן, אָמַר קְרָא: ״וְנָשְׂאוּ אִתְּךָ בְּמַשָּׂא הָעָם״, ״אִתְּךָ״ – וְאַתְּ בַּהֲדַיְיהוּ. וְרַבִּי יְהוּדָה: ״אִתְּךָ״ – בְּדוֹמִין לָךְ.Et les Rabbanan, que répondent-ils à ce raisonnement ? Le verset dit : « Et ils porteront avec toi le fardeau du peuple » (Nombres 11, 17) : « avec toi » signifie et toi avec eux. Et Rabbi Yehouda, que répond-il ? Pour lui, « avec toi » veut dire semblables à toi : les Anciens nommés devaient être d'une lignée irréprochable et exempts de tout défaut, comme Moché.
- וְרַבָּנַן, מִ״וְהָקֵל מֵעָלֶיךָ וְנָשְׂאוּ אִתָּךְ״ נָפְקָא. וְיָלְפָא סַנְהֶדְרִי גְּדוֹלָה מִסַּנְהֶדְרִי קְטַנָּה.Et les Rabbanan, d'où tirent-ils cette règle ? Ils la tirent de ce qui est dit de la nomination des chefs de milliers et de centaines : « Allège ta charge, et ils porteront avec toi » (Exode 18, 22), où « avec toi » signifie : semblables à toi. Et la règle du grand Sanhédrin (la cour suprême de soixante et onze juges) s'apprend du petit Sanhédrin, c'est-à-dire de ces chefs nommés par Moché.
- תָּנוּ רַבָּנַן: ״וַיִּשָּׁאֲרוּ שְׁנֵי אֲנָשִׁים בַּמַּחֲנֶה״. יֵשׁ אוֹמְרִים: בַּקַּלְפִּי נִשְׁתַּיְּירוּ.À propos de la nomination des Anciens par Moché : nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta, enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : « Et il resta deux hommes dans le camp » (Nombres 11, 26). Où restèrent-ils ? Certains disent : ils restèrent, c'est-à-dire que leurs noms ne sortirent pas, dans l'urne.
- שֶׁבְּשָׁעָה שֶׁאָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה: ״אֶסְפָה לִּי שִׁבְעִים אִישׁ מִזִּקְנֵי יִשְׂרָאֵל״, אָמַר מֹשֶׁה: כֵּיצַד אֶעֱשֶׂה? אֶבְרוֹר שִׁשָּׁה מִכׇּל שֵׁבֶט וְשֵׁבֶט – נִמְצְאוּ שְׁנַיִם יְתֵירִים. אֶבְרוֹר חֲמִשָּׁה חֲמִשָּׁה מִכׇּל שֵׁבֶט וְשֵׁבֶט – נִמְצְאוּ עֲשָׂרָה חֲסֵרִים. אֶבְרוֹר שִׁשָּׁה מִשֵּׁבֶט זֶה וַחֲמִשָּׁה מִשֵּׁבֶט זֶה – הֲרֵינִי מֵטִיל קִנְאָה בֵּין הַשְּׁבָטִים.Car au moment où le Saint, béni soit-Il, dit à Moché : « Rassemble-Moi soixante-dix hommes parmi les Anciens d'Israël » (Nombres 11, 16), Moché dit : comment vais-je faire ? Si je choisis six Anciens de chaque tribu, cela en fera soixante-douze : il s'en trouvera deux de trop. Si je choisis cinq de chaque tribu, cela en fera soixante : il s'en trouvera dix de moins. Si je choisis six de telle tribu et cinq de telle autre, je jetterai la jalousie entre les tribus.
- מָה עָשָׂה? בֵּירַר שִׁשָּׁה שִׁשָּׁה, וְהֵבִיא שִׁבְעִים וּשְׁנַיִם פִּיתְקִין. עַל שִׁבְעִים כָּתַב ״זָקֵן״, וּשְׁנַיִם הִנִּיחַ חָלָק. בְּלָלָן וּנְתָנָן בְּקַלְפִּי. אָמַר לָהֶם: בּוֹאוּ וּטְלוּ פִּיתְקֵיכֶם! כׇּל מִי שֶׁעָלָה בְּיָדוֹ ״זָקֵן״, אָמַר: כְּבָר קִידֶּשְׁךָ שָׁמַיִם. מִי שֶׁעָלָה בְּיָדוֹ חָלָק, אָמַר: הַמָּקוֹם לֹא חָפֵץ בְּךָ, אֲנִי מָה אֶעֱשֶׂה לָךְ?Qu'a-t-il fait ? Il choisit six Anciens de chaque tribu et apporta soixante-douze billets. Sur soixante-dix il écrivit « Ancien », et il en laissa deux vierges. Il les mélangea et les plaça dans une urne. Il leur dit : venez et prenez vos billets ! À quiconque tirait de sa main un billet portant « Ancien », il disait : le Ciel t'a déjà consacré. À celui qui tirait de sa main un billet vierge, il disait : l'Omniprésent ne veut pas de toi, moi, que puis-je faire pour toi ?
- כְּיוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״וְלָקַחְתָּ חֲמֵשֶׁת חֲמֵשֶׁת שְׁקָלִים לַגֻּלְגֹּלֶת״. אָמַר מֹשֶׁה: כֵּיצַד אֶעֱשֶׂה לָהֶן לְיִשְׂרָאֵל? אִם אוֹמַר לוֹ: תֵּן לִי פִּדְיוֹנְךָ וָצֵא, יֹאמַר לִי: כְּבָר פְּדָאַנִי בֶּן לֵוִי.De la même manière, tu diras au sujet du rachat des premiers-nés par les Léviim (lévites), à propos du verset : « Tu prendras cinq chékalim par tête » (Nombres 3, 47). Moché dit : comment vais-je faire avec les Bnei Israël ? Si je dis à l'un des premiers-nés : donne-moi ton rachat et pars, car tu fais partie des deux cent soixante-treize premiers-nés en surnombre, il me dira : un Lévi m'a déjà racheté.
- מָה עָשָׂה? הֵבִיא עֶשְׂרִים וּשְׁנַיִם אֲלָפִים פִּיתְקִין, וְכָתַב עֲלֵיהֶן ״בֶּן לֵוִי״, וְעַל שְׁלֹשָׁה וְשִׁבְעִים וּמָאתַיִם כָּתַב עֲלֵיהֶן ״חֲמִשָּׁה שְׁקָלִים״. בְּלָלָן וּנְתָנָן בְּקַלְפִּי. אָמַר לָהֶן: טְלוּ פִּיתְקֵיכֶם. מִי שֶׁעָלָה בְּיָדוֹ ״בֶּן לֵוִי״, אָמַר לוֹ: כְּבָר פְּדָאֲךָ בֶּן לֵוִי. מִי שֶׁעָלָה בְּיָדוֹ ״חֲמֵשֶׁת שְׁקָלִים״, אָמַר לוֹ: תֵּן פִּדְיוֹנְךָ וָצֵא.Qu'a-t-il fait ? Il apporta vingt-deux mille billets et y écrivit « Lévi », et sur deux cent soixante-treize autres il écrivit « cinq chékalim ». Il les mélangea et les plaça dans une urne. Il leur dit : prenez vos billets. À celui qui tirait de sa main « Lévi », il disait : un Lévi t'a déjà racheté. À celui qui tirait de sa main « cinq chékalim », il disait : donne ton rachat et pars.
- רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: בַּמַּחֲנֶה נִשְׁתַּיְּירוּ. בְּשָׁעָה שֶׁאָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה ״אֶסְפָה לִּי שִׁבְעִים אִישׁ״, אָמְרוּ אֶלְדָּד וּמֵידָד: אֵין אָנוּ רְאוּיִין לְאוֹתָהּ גְּדוּלָּה. אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: הוֹאִיל וּמִיעַטְתֶּם עַצְמְכֶם, הֲרֵינִי מוֹסִיף גְּדוּלָּה עַל גְּדוּלַּתְכֶם. וּמָה גְּדוּלָּה הוֹסִיף לָהֶם? שֶׁהַנְּבִיאִים כּוּלָּן נִתְנַבְּאוּ וּפָסְקוּ, וְהֵם נִתְנַבְּאוּ וְלֹא פָּסְקוּ.Rabbi Chimon dit : ils restèrent dans le camp, car ils ne voulurent pas se présenter au tirage. Au moment où le Saint, béni soit-Il, dit à Moché : « Rassemble-Moi soixante-dix hommes », Eldad et Médad dirent : nous ne sommes pas dignes de cette grandeur. Le Saint, béni soit-Il, dit : puisque vous vous êtes amoindris vous-mêmes, Je vais ajouter de la grandeur à votre grandeur. Et quelle grandeur leur a-t-Il ajoutée ? Tous les prophètes, c'est-à-dire les autres Anciens qui reçurent la prophétie, prophétisèrent et cessèrent, tandis qu'eux prophétisèrent et ne cessèrent pas.
- וּמָה נְבוּאָה נִתְנַבְּאוּ? אָמְרוּ: מֹשֶׁה מֵת, יְהוֹשֻׁעַ מַכְנִיס אֶת יִשְׂרָאֵל לָאָרֶץ. אַבָּא חָנִין אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: עַל עִסְקֵי שְׂלָיו הֵן מִתְנַבְּאִים: עֲלִי שְׂלָיו, עֲלִי שְׂלָיו.Et quelle prophétie ont-ils prophétisée ? Ils dirent : Moché va mourir, et Yehochoua fera entrer Israël dans le Pays. Abba 'Hanin dit au nom de Rabbi Eliézer : ils prophétisaient au sujet des cailles : ils disaient « Monte, caille ! Monte, caille ! », et les cailles vinrent ensuite (Nombres 11, 31-33).
- רַב נַחְמָן אָמַר: עַל עִסְקֵי גּוֹג וּמָגוֹג הָיוּ מִתְנַבְּאִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳ אֱלֹהִים הַאַתָּה הוּא אֲשֶׁר דִּבַּרְתִּי בְּיָמִים קַדְמוֹנִים בְּיַד עֲבָדַי נְבִיאֵי יִשְׂרָאֵל הַנִּבְּאִים בַּיָּמִים הָהֵם שָׁנִים לְהָבִיא אֹתְךָ עֲלֵיהֶם וְגוֹ׳״. אַל תִּיקְרֵי ״שָׁנִים״ אֶלָּא ״שְׁנַיִם״. אֵילּוּ הֵן שְׁנַיִם נְבִיאִים שֶׁנִּתְנַבְּאוּ בְּפֶרֶק אֶחָד נְבוּאָה אַחַת? הֱוֵי אוֹמֵר: אֶלְדָּד וּמֵידָד.Rav Na'hman a dit : ils prophétisaient au sujet de Gog et Magog, comme il est dit : « Ainsi parle Hachem D.ieu : Es-tu celui dont J'ai parlé dans les temps anciens par la main de Mes serviteurs, les prophètes d'Israël, qui ont prophétisé en ces jours-là, des années [chanim], que Je te ferais venir contre eux, etc. » (Ézéchiel 38, 17). Ne lis pas « années [chanim] », mais « deux [chenaïm] ». Qui sont les deux prophètes qui ont prophétisé au même moment une même prophétie ? Tu dois dire : Eldad et Médad.
- אָמַר מָר: כׇּל הַנְּבִיאִים כּוּלָּן נִתְנַבְּאוּ וּפָסְקוּ, וְהֵן נִתְנַבְּאוּ וְלֹא פָּסְקוּ. מְנָא לַן דְּפָסְקוּ? אִילֵּימָא מִדִּכְתִיב: ״וַיִּתְנַבְּאוּ וְלֹא יָסָפוּ״? אֶלָּא מֵעַתָּה: ״קוֹל גָּדוֹל וְלֹא יָסָף״ – הָכִי נָמֵי דְּלָא אוֹסֵיף הוּא? אֶלָּא דְּלָא פְּסַק הוּא!Le Maître a dit : tous les prophètes prophétisèrent et cessèrent, tandis qu'eux prophétisèrent et ne cessèrent pas. D'où savons-nous qu'ils ont cessé ? Si l'on dit que c'est de ce qui est écrit : « Ils prophétisèrent et ne continuèrent pas [velo yassafou] » (Nombres 11, 25), mais alors il est aussi écrit, lors du don de la Torah : « une grande voix, velo yassaf » (Deutéronome 5, 19) : dirais-tu de même qu'elle n'a pas continué ? Au contraire, elle n'a pas cessé ! Le mot peut donc se rattacher à sof (fin) ; il pourrait en aller de même des Anciens.
- אֶלָּא, הָכָא כְּתִיב: ״וַיִּתְנַבְּאוּ״, הָתָם כְּתִיב: ״מִתְנַבְּאִים״. עֲדַיִין מִתְנַבְּאִים וְהוֹלְכִים.Plutôt, ici il est écrit : « ils prophétisèrent » (Nombres 11, 25) au passé, à propos des soixante-dix, et là il est écrit : « Eldad et Médad prophétisent dans le camp » (Nombres 11, 27) : ils continuaient encore de prophétiser.
- בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר מֹשֶׁה מֵת, הַיְינוּ דִּכְתִיב ״אֲדֹנִי מֹשֶׁה כְּלָאֵם״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר הָנָךְ תַּרְתֵּי, מַאי ״אֲדֹנִי מֹשֶׁה כְּלָאֵם״? דְּלָאו אוֹרַח אַרְעָא, דְּהָוֵה לֵיהּ כְּתַלְמִיד הַמּוֹרֶה הֲלָכָה לִפְנֵי רַבּוֹ.Cela se comprend selon celui qui dit que leur prophétie était « Moché va mourir » : c'est ce qui est écrit : Yehochoua dit « Mon maître Moché, kela'em (emprisonne-les) ! » (Nombres 11, 28), car cette prophétie semblait une rébellion contre Moché. Mais selon celui qui dit l'une de ces deux autres opinions, que signifie « Mon maître Moché, emprisonne-les » ? On répond : parce que ce n'était pas une conduite convenable de prophétiser à proximité de Moché, car ils étaient comme un élève qui enseigne une halakha (règle de loi) devant son maître.
- בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר הָנָךְ תַּרְתֵּי, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״מִי יִתֵּן״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מֹשֶׁה מֵת, מֵינָח הֲוָה נִיחָא לֵיהּ? לָא סַיְּימוּהָ קַמֵּיהּ.Cela se comprend selon celui qui dit l'une de ces deux opinions : c'est ce qui est écrit : Moché répondit « Puisse tout le peuple de Hachem être prophète ! » (Nombres 11, 29). Mais selon celui qui dit que la prophétie était « Moché va mourir », cela lui aurait-il été agréable ? On répond : ils ne l'ont pas achevée devant lui : Moché savait seulement qu'ils prophétisaient, sans en connaître le contenu.
- מַאי ״כְּלָאֵם״? אֲמַר לֵיהּ: הַטֵּל עֲלֵיהֶן צׇרְכֵי צִיבּוּר, וְהֵן כָּלִין מֵאֵילֵיהֶן.Que signifie kela'em ? Yehochoua lui dit : impose-leur les besoins de la communauté, et ils cesseront [kalin] de prophétiser d'eux-mêmes, accablés par cette charge.
- מִנַּיִין לְהָבִיא עוֹד שְׁלֹשָׁה?La Michna (enseignement des Tannaïm) a déduit des mots « l'assemblée jugera » et « l'assemblée sauvera » (Nombres 35, 24-25) vingt juges, puis a demandé : d'où savons-nous qu'il faut en amener encore trois ? Du verset « Tu ne suivras pas la majorité pour le mal » (Exode 23, 2), dont elle déduit que la condamnation exige une majorité de deux.
- סוֹף סוֹף, לְרָעָה עַל פִּי שְׁנַיִם לָא מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ. אִי אַחַד עָשָׂר מְזַכִּין וּשְׁנֵים עָשָׂר מְחַיְּיבִין – אַכַּתִּי חַד הוּא. אִי עֲשָׂרָה מְזַכִּין וּשְׁלֹשָׁה עָשָׂר מְחַיְּיבִין – תְּלָתָא הָווּ. אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: אִי אַתָּה מוֹצֵא אֶלָּא בְּמוֹסִיפִין, וְדִבְרֵי הַכֹּל, וּבְסַנְהֶדְרִי גְּדוֹלָה, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר שִׁבְעִים.La Guemara objecte : en fin de compte, la condamnation pour le mal à une majorité de deux, tu ne la trouves pas. Si onze acquittent et douze condamnent, il n'y a encore qu'une voix d'écart. Si dix acquittent et treize condamnent, il y en a trois. Rabbi Abahou a dit : tu ne trouves ce cas que lorsqu'on ajoute des juges, un juge s'étant abstenu et les autres s'étant partagés, et cela selon tous les Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna) ; ou au grand Sanhédrin selon Rabbi Yehouda, qui dit qu'il compte soixante-dix membres, nombre pair.
- וְאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: בְּמוֹסִיפִין עוֹשִׂין בֵּית דִּין שָׁקוּל לְכַתְּחִילָּה. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: הַאי דְּקָאָמַר ״אֵינִי יוֹדֵעַ״ כְּמַאן דְּאִיתֵיהּ דָּמֵי, וְאִי אָמַר מִילְּתָא – שָׁמְעִינַן לֵיהּ; קָא מַשְׁמַע לַן דְּהַאי דְּקָאָמַר ״אֵינִי יוֹדֵעַ״ כְּמַאן דְּלֵיתֵיהּ דָּמֵי, וְאִי אָמַר טַעְמָא – לָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ.Et Rabbi Abahou a dit : lorsqu'on ajoute des juges, on constitue d'emblée un tribunal de nombre pair. N'est-ce pas évident ? On répond : on aurait pu dire que celui qui a dit « je ne sais pas » est considéré comme étant encore présent, et que s'il dit quelque chose par la suite, nous l'écoutons, de sorte que le tribunal resterait impair. Il nous enseigne donc que celui qui a dit « je ne sais pas » est considéré comme n'étant plus là, et que s'il donne une raison, nous ne l'écoutons pas.
- אָמַר רַב כָּהֲנָא: סַנְהֶדְרִי שֶׁרָאוּ כּוּלָּן לְחוֹבָה – פּוֹטְרִין אוֹתוֹ. מַאי טַעְמָא? כֵּיוָן דִּגְמִירִי הֲלָנַת דִּין לְמֶעְבַּד לֵיהּ זְכוּתָא, וְהָנֵי תּוּ לָא חָזוּ לֵיהּ.Rav Kahana a dit : un Sanhédrin dont tous les membres ont conclu à la culpabilité acquitte l'accusé. Quelle en est la raison ? Puisque nous avons reçu par tradition que le report du verdict au lendemain sert à lui trouver un motif d'acquittement, et que ceux-ci ne peuvent plus lui en trouver – aucun d'eux ne plaidant en sa faveur –, il ne peut être condamné.
- אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין מוֹשִׁיבִין בְּסַנְהֶדְרִי אֶלָּא בַּעֲלֵי קוֹמָה, וּבַעֲלֵי חׇכְמָה, וּבַעֲלֵי מַרְאֶה, וּבַעֲלֵי זִקְנָה, וּבַעֲלֵי כְשָׁפִים, וְיוֹדְעִים בְּשִׁבְעִים לָשׁוֹן – שֶׁלֹּא תְּהֵא סַנְהֶדְרִי שׁוֹמַעַת מִפִּי הַמְתוּרְגְּמָן.Rabbi Yo'hanan a dit : on ne fait siéger au Sanhédrin que des hommes de haute stature, de sagesse, de belle apparence, d'âge avancé, connaisseurs en sorcellerie – pour pouvoir juger les sorciers – et sachant les soixante-dix langues, afin que le Sanhédrin n'entende pas les témoins par la bouche d'un interprète.
- אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אֵין מוֹשִׁיבִין בְּסַנְהֶדְרִין אֶלָּא מִי שֶׁיּוֹדֵעַ לְטַהֵר אֶת הַשֶּׁרֶץ מִן הַתּוֹרָה. אָמַר רַב: אֲנִי אָדוּן וַאֲטַהֲרֶנּוּ.Rav Yehouda a dit au nom de Rav : on ne fait siéger au Sanhédrin que celui qui sait déclarer pur le reptile à partir de la Torah, c'est-à-dire qui est si habile qu'il peut construire un raisonnement convaincant déclarant pur ce que la Torah déclare explicitement tamé (impur). Rav a dit : moi, je raisonnerai et je le déclarerai pur :
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.