Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- תֵּשַׁע תְּקִיעוֹת בְּתֵשַׁע שָׁעוֹת בַּיּוֹם — יָצָא.Rabbi Yo'hanan a dit : celui qui a entendu les neuf sonneries de chofar (corne de bélier) requises en neuf heures de la journée, c'est-à-dire à neuf moments différents, s'est acquitté de son devoir, car il n'est pas nécessaire de les entendre à la suite.
- תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: שָׁמַע תֵּשַׁע תְּקִיעוֹת בְּתֵשַׁע שָׁעוֹת בַּיּוֹם — יָצָא. מִתִּשְׁעָה בְּנֵי אָדָם כְּאֶחָד — לֹא יָצָא. תְּקִיעָה מִזֶּה וּתְרוּעָה מִזֶּה — יָצָא. וַאֲפִילּוּ בְּסֵירוּגִין, וַאֲפִילּוּ כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ.Il a été enseigné de même dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : celui qui a entendu neuf sonneries en neuf heures de la journée s'est acquitté de son devoir. S'il les a entendues de neuf personnes en même temps, il ne s'est pas acquitté. S'il a entendu une tekia (son continu) de celui-ci et une teroua (son saccadé) de celui-là, l'un après l'autre, il s'est acquitté, car il n'est pas nécessaire d'entendre toutes les sonneries de la même personne. Et cela même s'il les a entendues par intervalles, et même s'il y a mis toute la journée.
- וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי? וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוֹצָדָק: בְּהַלֵּל וּבִמְגִילָּה, אִם שָׁהָה כְּדֵי לִגְמוֹר אֶת כּוּלָּהּ — חוֹזֵר לָרֹאשׁ! לָא קַשְׁיָא: הָא דִידֵיהּ, הָא דְרַבֵּיהּ.La Guemara demande : Rabbi Yo'hanan a-t-il vraiment dit cela ? Mais Rabbi Yo'hanan n'a-t-il pas dit au nom de Rabbi Chimon ben Yehotsadak : pour le Hallel (psaumes de louange) et pour la Méguila d'Esther, si l'on s'est interrompu assez longtemps pour terminer le tout, on revient au début ! Pourquoi le chofar serait-il différent ? Réponse : ce n'est pas difficile : ceci, la règle sur le chofar, est son opinion à lui, et cela, la règle sur le Hallel et la Méguila, est celle de son maître, Rabbi Chimon ben Yehotsadak.
- וְדִידֵיהּ לָא? וְהָא רַבִּי אֲבָהוּ הֲוָה שָׁקֵיל וְאָזֵיל בָּתְרֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן וַהֲוָה קָרֵי קְרִיאַת שְׁמַע, כִּי מְטָא לִמְבוֹאוֹת מְטוּנָּפוֹת, אִישְׁתִּיק, בָּתַר דַּחֲלֵיף אֲמַר לֵיהּ: מַהוּ לִגְמוֹר? אָמַר לוֹ: אִם שָׁהִיתָ כְּדֵי לִגְמוֹר אֶת כּוּלָּהּ — חֲזוֹר לָרֹאשׁ.La Guemara objecte : et cette règle n'est-elle pas aussi la sienne ? Mais voici que Rabbi Abbahou marchait derrière Rabbi Yo'hanan et récitait le Chema (lecture du Chema Israël). Lorsqu'il arriva à des ruelles souillées d'immondices, où il est interdit de prononcer des paroles de Torah, il se tut. Après qu'il les eut passées, il lui dit : qu'en est-il de terminer le Chema à partir de l'endroit où je me suis arrêté ? Rabbi Yo'hanan lui dit : si tu t'es interrompu assez longtemps pour le terminer en entier, reviens au début. Rabbi Yo'hanan semble donc tenir lui-même qu'une longue interruption oblige à recommencer.
- הָכִי קָאָמַר לֵיהּ: לְדִידִי — לָא סְבִירָא לִי, לְדִידָךְ, דִּסְבִירָא לָךְ: אִם שָׁהִיתָ כְּדֵי לִגְמוֹר אֶת כּוּלָּהּ — חֲזוֹר לָרֹאשׁ.La Guemara répond : voici ce qu'il voulait lui dire : pour moi, je ne pense pas ainsi ; mais pour toi, qui penses qu'une interruption pose problème, la règle est que si tu t'es interrompu assez longtemps pour le terminer en entier, reviens au début.
- תָּנוּ רַבָּנַן: תְּקִיעוֹת — אֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ. בְּרָכוֹת — אֵין מְעַכְּבוֹת זוֹ אֶת זוֹ. תְּקִיעוֹת וּבְרָכוֹת שֶׁל רֹאשׁ הַשָּׁנָה וְשֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים — מְעַכְּבוֹת.Nos Maîtres ont enseigné dans une baraïta : les sonneries de trompettes des jours de jeûne ne s'invalident pas l'une l'autre : si l'une manque, les autres restent valables. De même, les bénédictions ajoutées à l'Amida (la prière des dix-huit bénédictions) ces jours-là ne s'invalident pas l'une l'autre. Mais les sonneries et les bénédictions de Roch Hachana et de Yom Kippour s'invalident mutuellement.
- מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבָּה: אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, אִמְרוּ לְפָנַי בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה מַלְכִיּוֹת זִכְרוֹנוֹת וְשׁוֹפָרוֹת, מַלְכִיּוֹת — כְּדֵי שֶׁתַּמְלִיכוּנִי עֲלֵיכֶם, זִכְרוֹנוֹת — כְּדֵי שֶׁיָּבֹא לְפָנַי זִכְרוֹנֵיכֶם לְטוֹבָה, וּבַמֶּה — בְּשׁוֹפָר.Quelle en est la raison ? Rabba a dit : le Saint, béni soit-Il, a dit : dites devant Moi à Roch Hachana les versets de Malkhiyot (Royauté), Zikhronot (Souvenirs) et Chofarot (versets du chofar) : Malkhiyot, afin que vous Me proclamiez Roi sur vous ; Zikhronot, afin que votre souvenir monte devant Moi en bien ; et par quel moyen ? Par le chofar. Ces bénédictions forment donc un tout, et qui ne les a pas toutes récitées ne s'est pas acquitté.
- מִי שֶׁבֵּירַךְ וְאַחַר כָּךְ נִתְמַנָּה לוֹ שׁוֹפָר — תּוֹקֵעַ וּמֵרִיעַ וְתוֹקֵעַ. טַעְמָא דְּלָא הֲוָה לֵיהּ שׁוֹפָר מֵעִיקָּרָא, הָא הֲוָה לֵיהּ שׁוֹפָר מֵעִיקָּרָא, כִּי שָׁמַע לְהוּ — אַסֵּדֶר בְּרָכוֹת שָׁמַע לְהוּ.La Michna a enseigné : celui qui a récité les bénédictions de Moussaf et à qui un chofar est procuré ensuite sonne une tekia, sonne une teroua et sonne une tekia, trois fois. La Guemara en déduit : la raison en est qu'il n'avait pas de chofar au départ ; mais s'il avait eu un chofar au départ, lorsqu'il les entend, c'est selon l'ordre des bénédictions qu'il doit les entendre, une série après chaque bénédiction.
- רַב פָּפָּא בַּר שְׁמוּאֵל קָם לְצַלּוֹיֵי, אֲמַר לֵיהּ לְשַׁמָּעֵיהּ: כִּי נָהַירְנָא לָךְ תְּקַע לִי. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: לֹא אָמְרוּ אֶלָּא בְּחֶבֶר עִיר.Rav Pappa bar Chmouel se leva pour prier à Roch Hachana. Il dit à son serviteur : quand je te ferai signe que j'ai terminé une bénédiction, sonne pour moi. Rava lui dit : on ne l'a dit que dans un 'héver ir (assemblée de dix, communauté constituée), mais non pour un particulier.
- תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: כְּשֶׁהוּא שׁוֹמְעָן — שׁוֹמְעָן עַל הַסֵּדֶר, וְעַל סֵדֶר בְּרָכוֹת. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּחֶבֶר עִיר, אֲבָל שֶׁלֹּא בְּחֶבֶר עִיר — שׁוֹמְעָן עַל הַסֵּדֶר וְשֶׁלֹּא עַל סֵדֶר בְּרָכוֹת. וְיָחִיד שֶׁלֹּא תָּקַע — חֲבֵירוֹ תּוֹקֵעַ לוֹ, וְיָחִיד שֶׁלֹּא בֵּירַךְ — אֵין חֲבֵירוֹ מְבָרֵךְ עָלָיו.Il a été enseigné de même dans une baraïta : lorsqu'on les entend, ces sonneries, on les entend dans l'ordre (tekia, teroua, tekia) et selon l'ordre des bénédictions. De quel cas parle-t-on ? D'un 'héver ir ; mais hors d'un 'héver ir, on les entend dans l'ordre, mais non selon l'ordre des bénédictions. Et un particulier qui n'a pas sonné, son compagnon sonne pour lui ; mais un particulier qui n'a pas récité les bénédictions, son compagnon ne les récite pas pour lui.
- וּמִצְוָה בְּתוֹקְעִין יוֹתֵר מִן הַמְבָרְכִין. כֵּיצַד? שְׁתֵּי עֲיָירוֹת, בְּאַחַת תּוֹקְעִין, וּבְאַחַת מְבָרְכִין — הוֹלְכִין לִמְקוֹם שֶׁתּוֹקְעִין, וְאֵין הוֹלְכִין לִמְקוֹם שֶׁמְּבָרְכִין.Et la mitsva (commandement) de se joindre à ceux qui sonnent l'emporte sur celle de se joindre à ceux qui récitent les bénédictions. Comment cela ? S'il y a deux villes : dans l'une on sonne, c'est-à-dire qu'on sait sonner, et dans l'autre on récite les bénédictions, on va à l'endroit où l'on sonne, et l'on ne va pas à l'endroit où l'on récite les bénédictions.
- פְּשִׁיטָא — הָא דְּאוֹרָיְיתָא, הָא דְּרַבָּנַן! לָא צְרִיכָא, דְּאַף עַל גַּב דְּהָא וַדַּאי וְהָא סָפֵק.La Guemara demande : c'est évident ! Ceci, le chofar, est de la Torah, et cela, les bénédictions de Moussaf, est des Rabbanan ! Réponse : ce n'est nécessaire que pour enseigner que l'on va vers le chofar bien que ceci, la prière, soit certain et cela, la sonnerie, douteux.
- כְּשֵׁם שֶׁשְּׁלִיחַ צִבּוּר חַיָּיב, כָּךְ כׇּל יָחִיד וְיָחִיד וְכוּ׳. תַּנְיָא, אָמְרוּ לוֹ לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל: לִדְבָרֶיךָ, לָמָּה צִבּוּר מִתְפַּלְּלִין! אָמַר לָהֶם: כְּדֵי לְהַסְדִּיר שְׁלִיחַ צִבּוּר תְּפִלָּתוֹ,La Michna a enseigné : de même que l'officiant est obligé, ainsi chaque particulier est obligé, etc. Rabban Gamliel dit que l'officiant acquitte la communauté. Il a été enseigné dans une baraïta : les Sages dirent à Rabban Gamliel : selon tes paroles, pourquoi la communauté prie-t-elle à voix basse avant l'officiant ? Il leur dit : pour que l'officiant prépare sa prière.
- אָמַר לָהֶם רַבָּן גַּמְלִיאֵל: לְדִבְרֵיכֶם, לָמָּה שְׁלִיחַ צִבּוּר יוֹרֵד לִפְנֵי הַתֵּיבָה? אָמְרוּ לוֹ: כְּדֵי לְהוֹצִיא אֶת שֶׁאֵינוֹ בָּקִי. אָמַר לָהֶם: כְּשֵׁם שֶׁמּוֹצִיא אֶת שֶׁאֵינוֹ בָּקִי, כָּךְ מוֹצִיא אֶת הַבָּקִי.Rabban Gamliel leur dit : selon vos paroles, d'après lesquelles l'officiant n'acquitte pas la communauté, pourquoi l'officiant descend-il devant l'arche pour répéter la prière ? Ils lui dirent : pour acquitter celui qui n'est pas instruit de la prière. Il leur dit : de même qu'il acquitte celui qui n'est pas instruit, ainsi il acquitte celui qui est instruit.
- אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מוֹדִים חֲכָמִים לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל. וְרַב אֲמַר: עֲדַיִין הִיא מַחְלוֹקֶת. שַׁמְעַהּ רַבִּי חִיָּיא בְּרֵיהּ דְּרַבָּה בַּר נַחְמָנִי, אֲזַל, אַמְרַהּ לִשְׁמַעְתָּא קַמֵּיהּ דְּרַב דִּימִי בַּר חִינָּנָא. אֲמַר לֵיהּ, הָכִי אָמַר רַב: עֲדַיִין הִיא מַחְלוֹקֶת. אֲמַר לֵיהּ: רַבָּה בַּר בַּר חָנָה נָמֵי הָכִי קָאָמַר. כִּי אֲמַר רַבִּי יוֹחָנָן לְהָא שְׁמַעְתָּא, אִפְּלִיג עֲלֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ וַאֲמַר: עֲדַיִין הִיא מַחְלוֹקֶת.Rabba bar bar 'Hana a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : les Sages admettent en fin de compte l'opinion de Rabban Gamliel. Mais Rav a dit : c'est encore une machlokèt (divergence d'opinions). Rabbi 'Hiya, fils de Rabba bar Na'hmani, l'entendit et alla rapporter cet enseignement devant Rav Dimi bar 'Hinnana. Il lui dit : voici ce qu'a dit Rav : c'est encore une machlokèt. Rav Dimi lui dit : Rabba bar bar 'Hana a dit de même : lorsque Rabbi Yo'hanan a énoncé cet enseignement, Rech Lakich s'est opposé à lui et a dit : c'est encore une machlokèt.
- וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי? וְהָאָמַר רַבִּי חָנָה צִיפּוֹרָאָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הִלְכְתָא כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל, הִלְכְתָא מִכְּלָל דִּפְלִיגִי!La Guemara demande : Rabbi Yo'hanan a-t-il vraiment dit cela ? Mais Rabbi 'Hana de Tsippori n'a-t-il pas dit que Rabbi Yo'hanan a dit : la halakha (règle pratique) est conforme à Rabban Gamliel ? Or, s'il dit « la halakha », on en conclut qu'ils sont toujours en désaccord !
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