Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אֲבָל הָכָא, ״זִכְרוֹן תְּרוּעָה״ כְּתִיב, וְהַאי מִתְעַסֵּק בְּעָלְמָא הוּא — קָא מַשְׁמַע לַן. אַלְמָא קָסָבַר רָבָא: מִצְוֹת אֵין צְרִיכוֹת כַּוָּונָה.Mais ici, pour le chofar (corne sonnée à Roch Hachana), il est écrit : « un souvenir de sonnerie » (Lévitique 23, 24), ce qui pourrait laisser entendre qu'une intention consciente est requise, et celui-ci n'a fait qu'agir machinalement, sans aucune intention d'accomplir la mitsva (commandement). Rava nous enseigne donc que même pour le chofar, l'absence d'intention n'empêche pas de s'acquitter. Il en ressort que Rava est d'avis que les mitsvot n'exigent pas d'intention.
- אֵיתִיבֵיהּ: הָיָה קוֹרֵא בַּתּוֹרָה וְהִגִּיעַ זְמַן הַמִּקְרָא, אִם כִּוֵּון לִבּוֹ — יָצָא, וְאִם לָאו — לֹא יָצָא. מַאי לָאו, כִּוֵּון לִבּוֹ: לָצֵאת!On lui a objecté à partir d'une Michna (enseignement des Tannaïm) : s'il était en train de lire dans la Torah le passage du Chema et que le temps de la lecture du Chema est arrivé, s'il a dirigé son cœur, il s'est acquitté, et sinon, il ne s'est pas acquitté. N'est-ce pas qu'il faut comprendre : s'il a dirigé son cœur pour s'acquitter ? Cela prouverait que les mitsvot exigent une intention !
- לֹא: לִקְרוֹת. לִקְרוֹת?! הָא קָא קָרֵי! בְּקוֹרֵא לְהַגִּיהַּ.La Guemara rejette : Non : il s'agit de diriger son cœur pour lire. On s'étonne : Pour lire ?! Mais il est déjà en train de lire ! On répond : il s'agit de celui qui lit pour corriger le rouleau, en balbutiant les mots ; s'il a l'intention de les lire vraiment, il s'acquitte.
- תָּא שְׁמַע: הָיָה עוֹבֵר אֲחוֹרֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת, אוֹ שֶׁהָיָה בֵּיתוֹ סָמוּךְ לְבֵית הַכְּנֶסֶת, וְשָׁמַע קוֹל שׁוֹפָר אוֹ קוֹל מְגִילָּה, אִם כִּוֵּון לִבּוֹ — יָצָא, וְאִם לָאו — לֹא יָצָא. מַאי לָאו, אִם כִּוֵּון לִבּוֹ לָצֵאת?Viens et entends une autre preuve, tirée de notre Michna : s'il passait derrière une synagogue, ou que sa maison était proche de la synagogue, et qu'il a entendu le son du chofar ou le son de la Méguila (rouleau d'Esther), s'il a dirigé son cœur, il s'est acquitté, et sinon, il ne s'est pas acquitté. N'est-ce pas qu'il faut comprendre : s'il a dirigé son cœur pour s'acquitter ?
- לֹא — לִשְׁמוֹעַ. לִשְׁמוֹעַ?! וְהָא שָׁמַע! סְבוּר, חֲמוֹר בְּעָלְמָא הוּא.La Guemara rejette : Non : il s'agit de diriger son cœur pour entendre. On s'étonne : Pour entendre ?! Mais il a bel et bien entendu ! On répond : il s'agit de celui qui pensait que ce n'était qu'un âne qui brait ; pour s'acquitter, il suffit de savoir qu'on entend le son du chofar.
- אֵיתִיבֵיהּ: נִתְכַּוֵּון שׁוֹמֵעַ וְלֹא נִתְכַּוֵּון מַשְׁמִיעַ, מַשְׁמִיעַ וְלֹא נִתְכַּוֵּון שׁוֹמֵעַ — לֹא יָצָא, עַד שֶׁיִּתְכַּוֵּון שׁוֹמֵעַ וּמַשְׁמִיעַ. בִּשְׁלָמָא נִתְכַּוֵּון מַשְׁמִיעַ וְלֹא נִתְכַּוֵּון שׁוֹמֵעַ — כְּסָבוּר חֲמוֹר בְּעָלְמָא הוּא, אֶלָּא נִתְכַּוֵּון שׁוֹמֵעַ וְלֹא נִתְכַּוֵּון מַשְׁמִיעַ — הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? לָאו בְּתוֹקֵעַ לָשִׁיר!On lui a objecté à partir d'une baraïta (enseignement tannaïtique extérieur à la Michna) : si celui qui entend a eu l'intention et que celui qui fait entendre le chofar n'a pas eu l'intention, ou si celui qui fait entendre a eu l'intention et que celui qui entend n'a pas eu l'intention, il ne s'est pas acquitté, à moins que celui qui entend et celui qui fait entendre n'aient tous deux l'intention. Certes, si celui qui fait entendre a eu l'intention et que celui qui entend ne l'a pas eue, on peut dire qu'il s'agit de celui qui pensait que ce n'était qu'un âne. Mais si celui qui entend a eu l'intention et que celui qui fait entendre ne l'a pas eue, comment trouver ce cas ? N'est-ce pas celui qui sonne pour faire de la musique ? Malgré l'intention de l'auditeur, celui-ci ne s'acquitte pas : l'intention est donc requise !
- דִּלְמָא דְּקָא מְנַבַּח נַבּוֹחֵי.La Guemara rejette : Peut-être s'agit-il de celui qui produisait de simples aboiements avec le chofar, c'est-à-dire qu'il ne sonnait pas de la manière requise.
- אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אֶלָּא מֵעַתָּה, הַיָּשֵׁן בַּשְּׁמִינִי בַּסּוּכָּה — יִלְקֶה!Abayé lui dit à Rava : Mais alors, si l'accomplissement d'une mitsva n'exige pas d'intention, celui qui dort le huitième jour de la fête, Chemini Atséret, dans la soukka (cabane de la fête de Soukkot) devrait recevoir les coups de fouet pour avoir transgressé l'interdit d'ajouter aux mitsvot !
- אָמַר לוֹ, שֶׁאֲנִי אוֹמֵר: מִצְוֹת אֵינוֹ עוֹבֵר עֲלֵיהֶן אֶלָּא בִּזְמַנָּן.Rava lui dit : Car je dis : on ne transgresse l'interdit d'ajouter aux mitsvot que dans leur temps. Or, le huitième jour n'est plus le temps de la soukka.
- מֵתִיב רַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא: מִנַּיִן לְכֹהֵן שֶׁעוֹלֶה לַדּוּכָן, שֶׁלֹּא יֹאמַר: הוֹאִיל וְנָתְנָה לִי תּוֹרָה רְשׁוּת לְבָרֵךְ אֶת יִשְׂרָאֵל אוֹסִיף בְּרָכָה אַחַת מִשֶּׁלִּי, כְּגוֹן: ״ה׳ אֱלֹהֵי אֲבוֹתֵיכֶם יוֹסֵף עֲלֵיכֶם״ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא תוֹסִיפוּ עַל הַדָּבָר״. וְהָא הָכָא, כֵּיוָן דְּבָרֵיךְ לֵיהּ — עָבְרָה לֵיהּ זִמְנֵיהּ, וְקָתָנֵי דְּעָבַר!Rav Chemen bar Abba objecta à partir d'une baraïta : D'où savons-nous qu'un Cohen (prêtre) qui monte sur l'estrade pour la bénédiction sacerdotale ne doit pas dire : Puisque la Torah m'a donné le droit de bénir Israël, j'ajouterai une bénédiction de mon cru, par exemple : « Que Hachem, le D.ieu de vos pères, vous multiplie » (Deutéronome 1, 11) ? Le verset dit : « Vous n'ajouterez rien à la parole » (Deutéronome 4, 2). Or ici, dès lors qu'il a béni, son temps est passé, et selon Rava on ne transgresse plus hors du temps de la mitsva ; et pourtant elle enseigne qu'il a transgressé !
- הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — בִּדְלָא סַיֵּים.De quoi traitons-nous ici ? Du cas où il n'a pas terminé le texte de la bénédiction, mais a ajouté au milieu.
- וְהָתַנְיָא סִיֵּים! סִיֵּים בְּרָכָה אַחַת.On objecte : Mais il a été enseigné dans une baraïta : s'il a terminé ! On répond : s'il a terminé une seule bénédiction, c'est-à-dire le premier verset, et qu'il lui en reste deux.
- וְהָתַנְיָא: סִיֵּים כׇּל בִּרְכוֹתָיו! שָׁאנֵי הָכָא, כֵּיוָן דְּאִלּוּ מִתְרְמֵי לֵיהּ צִבּוּרָא אַחֲרִינָא, הָדַר מְבָרֵךְ — כּוּלֵּיהּ יוֹמָא זִמְנֵיהּ הוּא.On objecte encore : Mais il a été enseigné : s'il a terminé toutes ses bénédictions ! On répond : Ici, c'est différent : puisque, s'il se présente à lui une autre assemblée, il bénit de nouveau, toute la journée est son temps.
- וּמְנָא תֵּימְרָא — דִּתְנַן: הַנִּיתָּנִין בְּמַתָּנָה אַחַת, שֶׁנִּתְעָרְבוּ בַּנִּיתָּנִין מַתָּנָה אַחַת — יִנָּתְנוּ מַתָּנָה אַחַת. מַתַּן אַרְבַּע בְּמַתַּן אַרְבַּע — יִנָּתְנוּ בְּמַתַּן אַרְבַּע.Et d'où le dis-tu, que si la mitsva peut être accomplie de nouveau, toute la journée est son temps ? Car nous avons appris dans la Michna : le sang des sacrifices qui se donnent en une seule aspersion, s'il s'est mélangé à celui de sacrifices qui se donnent en une seule aspersion, sera donné en une seule aspersion. Si le sang de sacrifices à quatre aspersions s'est mélangé à celui de sacrifices à quatre aspersions, il sera donné en quatre aspersions.
- מַתַּן אַרְבַּע בְּמַתַּן אַחַת, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יִנָּתְנוּ בְּמַתַּן אַרְבַּע, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: יִנָּתְנוּ בְּמַתַּן אַחַת.Si le sang d'un sacrifice à quatre aspersions s'est mélangé à celui d'un sacrifice à une aspersion, Rabbi Eliézer dit : Il sera donné en quatre aspersions. Rabbi Yehochoua dit : Il sera donné en une seule aspersion.
- אָמַר לוֹ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: הֲרֵי הוּא עוֹבֵר עַל ״בַּל תִּגְרַע״! אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: הֲרֵי הוּא עוֹבֵר עַל ״בַּל תּוֹסִיף״!Rabbi Eliézer lui dit : Mais il transgresse « tu ne retrancheras pas » ! pour le sacrifice qui requiert quatre aspersions. Rabbi Yehochoua lui dit : Mais selon toi, il transgresse « tu n'ajouteras pas » ! pour celui qui n'en requiert qu'une.
- אָמַר לוֹ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: לֹא נֶאֱמַר ״בַּל תּוֹסִיף״ אֶלָּא כְּשֶׁהוּא בְּעַצְמוֹ. אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: לֹא נֶאֱמַר ״בַּל תִּגְרַע״ אֶלָּא כְּשֶׁהוּא בְּעַצְמוֹ.Rabbi Eliézer lui dit : « Tu n'ajouteras pas » n'a été dit que lorsque le sang est seul, et non lorsqu'il est mélangé. Rabbi Yehochoua lui dit : « Tu ne retrancheras pas » n'a été dit que lorsqu'il est seul.
- וְעוֹד אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: כְּשֶׁלֹּא נָתַתָּ — עָבַרְתָּ עַל ״בַּל תִּגְרַע״ וְלֹא עָשִׂיתָ מַעֲשֶׂה בְּיָדֶךָ, כְּשֶׁנָּתַתָּ — עָבַרְתָּ עַל ״בַּל תּוֹסִיף״ וְעָשִׂיתָ מַעֲשֶׂה בְּיָדֶךָ.Et Rabbi Yehochoua dit encore : Quand tu n'as pas donné les quatre aspersions, tu as transgressé « tu ne retrancheras pas » sans accomplir d'acte de ta main, passivement ; quand tu as donné les quatre aspersions, tu as transgressé « tu n'ajouteras pas » en accomplissant un acte de ta main.
- וְהָא הָכָא, כֵּיוָן דְּיָהֵיב לֵיהּ מַתָּנָה מִבְּכוֹר — עָבְרָה לֵיהּ לְזִמְנֵיהּ, וְקָתָנֵי דְּעָבַר מִשּׁוּם ״בַּל תּוֹסִיף״. לָאו מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן: כֵּיוָן דְּאִילּוּ מִתְרְמֵי לֵיהּ בּוּכְרָא אַחֲרִינָא — הָדַר מַזֶּה מִינֵּיהּ, כּוּלֵּיהּ יוֹמָא זִמְנֵיהּ?!La Guemara en déduit : Or ici, dès lors qu'il a donné l'aspersion du premier-né, son temps est passé, et elle enseigne qu'il a transgressé « tu n'ajouteras pas ». N'est-ce pas parce que nous disons : puisque, s'il se présentait à lui un autre premier-né, il en aspergerait de nouveau le sang, toute la journée est son temps ?!
- מִמַּאי? דִּלְמָא קָסָבַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ מִצְוֹת עוֹבֵר עֲלֵיהֶן אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא בִּזְמַנָּן.La Guemara rejette : D'où le sais-tu ? Peut-être Rabbi Yehochoua est-il d'avis qu'on transgresse les mitsvot même hors de leur temps ! Il n'y a donc là aucune preuve.
- אֲנַן הָכִי קָאָמְרִינַן: רַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא מַאי טַעְמָא שָׁבֵיק מַתְנִיתִין וּמוֹתֵיב מִבָּרַיְיתָא, לוֹתֵיב מִמַּתְנִיתִין! מַתְנִיתִין מַאי טַעְמָא לָא מוֹתֵיב? כֵּיוָן דְּאִילּוּ מִתְרְמֵי לֵיהּ בּוּכְרָא אַחֲרִינָא בָּעֵי מַזֶּה מִינֵּיהּ — כּוּלֵּיהּ יוֹמָא זִמְנֵיהּ הוּא, בָּרַיְיתָא נָמֵי, כֵּיוָן דְּאִי מִתְרְמֵי צִבּוּרָא אַחֲרִינָא הָדַר מְבָרֵךְ — כּוּלֵּיהּ יוֹמָא זִמְנֵיהּ.La Guemara explique : Voici ce que nous disons : pourquoi Rav Chemen bar Abba laisse-t-il la Michna et objecte-t-il à partir d'une baraïta ? Qu'il objecte à partir de la Michna ! Pourquoi n'objecte-t-il pas à partir de la Michna ? Parce qu'on lui répondrait : puisque, s'il se présentait à lui un autre premier-né, il devrait en asperger le sang, toute la journée est son temps. La baraïta aussi, on peut la résoudre de même : puisque, s'il se présentait une autre assemblée, il bénirait de nouveau, toute la journée est son temps.
- וְרַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא? הָתָם, לָא סַגִּי דְּלָא יָהֵיב. הָכָא, אִי בָּעֵי — מְבָרֵךְ, אִי בָּעֵי — לָא מְבָרֵךְ.Et Rav Chemen bar Abba, pourquoi a-t-il objecté à partir de la baraïta ? Là-bas, il ne peut pas se dispenser d'asperger le sang d'un autre premier-né, et toute la journée est donc assurément son temps. Ici, s'il le veut, il bénit ; s'il le veut, il ne bénit pas.
- רָבָא אָמַר, לָצֵאת — לָא בָּעֵי כַּוָּונָה, לַעֲבוֹר — בָּעֵי כַּוָּונָה.Rava dit : il n'y a aucune difficulté : pour s'acquitter, il n'est pas requis d'intention ; pour transgresser l'interdit d'ajouter, il est requis une intention.
- וְהָא מַתַּן דָּמִים לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דְּלַעֲבוֹר וְלָא בָּעֵי כַּוָּונָה! אֶלָּא אָמַר רָבָא: לָצֵאת — לָא בָּעֵי כַּוָּונָה. לַעֲבוֹר, בִּזְמַנּוֹ — לָא בָּעֵי כַּוָּונָה, שֶׁלֹּא בִּזְמַנּוֹ — בָּעֵי כַּוָּונָה.On objecte : Mais voici l'aspersion du sang selon Rabbi Yehochoua, où l'on transgresse sans qu'il soit requis d'intention ! Rava dit donc plutôt : Pour s'acquitter, il n'est pas requis d'intention. Pour transgresser, dans son temps, il n'est pas requis d'intention ; hors de son temps, il est requis une intention.
- אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא לְשַׁמָּעֵיהּ:Rabbi Zeira dit à son serviteur :
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.