Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְהָנֵי תְּרֵי קְרָאֵי לְמָה לִי? חַד בְּעוֹלָה, וְחַד בִּשְׁלָמִים. וּצְרִיכָא, דְּאִי כְּתַב רַחֲמָנָא בְּעוֹלָה, הֲוָה אָמֵינָא: עוֹלָה הִיא דַּחֲמִירָא, שֶׁכֵּן כָּלִיל, אֲבָל שְׁלָמִים דְּלָא חֲמִירִי, אֵימָא לָא.Et pourquoi ai-je besoin de ces deux versets ? Pour Rabbi Yehochoua, la règle exigeant le sang et la chair ressort deux fois du verset. L'un pour l'ola (holocauste), et l'autre pour les chelamim (sacrifices de paix). Et c'est nécessaire, car si le Miséricordieux avait écrit cela pour l'ola, j'aurais dit : C'est l'ola qui est grave, car elle est entièrement brûlée, mais les chelamim, qui ne sont pas graves, je dirais non.
- וְאִי כְּתַב רַחֲמָנָא שְׁלָמִים, הֲוָה אָמֵינָא: אַדְּרַבָּה, דְּאִית בְּהוּ שְׁתֵּי אֲכִילוֹת. אֲבָל עוֹלָה דְּלֵית בָּהּ שְׁתֵּי אֲכִילוֹת, אֵימָא לָא, קָא מַשְׁמַע לַן.Et si le Miséricordieux avait écrit cela pour les chelamim, j'aurais dit au contraire : c'est parce qu'ils comportent deux consommations, sur l'autel et par les hommes. Mais l'ola, qui ne comporte pas deux consommations, je dirais non. Elle nous enseigne donc la règle pour les deux.
- וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר נָמֵי, הָכְתִיב ״וְהַבָּשָׂר תֹּאכֵל״! אָמַר לָךְ: הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ אַשֶּׁאֵין הַבָּשָׂר מוּתָּר בַּאֲכִילָה עַד שֶׁיִּזָּרֵק הַדָּם.Et pour Rabbi Eliézer aussi, n'est-il pas écrit : « Et la chair, tu la mangeras » (Deutéronome 12, 27) ? Il pourrait te dire : Celui-ci lui est nécessaire pour enseigner que la chair n'est pas permise à la consommation tant que le sang n'a pas été aspergé.
- אִי הָכִי, אֵימָא כּוּלֵּיהּ לְהָכִי הוּא דַּאֲתָא! דָּם אַף עַל פִּי שֶׁאֵין שָׁם בָּשָׂר מְנָלַן?S'il en est ainsi, dis que tout le verset vient pour cela ! Que le sang soit valable même s'il n'y a pas de chair, d'où le savons-nous ?
- אָמַר לָךְ: אִם כֵּן, נִכְתּוֹב רַחֲמָנָא ״הַבָּשָׂר תֹּאכֵל״ וַהֲדַר ״וְדַם זְבָחֶיךָ יִשָּׁפֵךְ״, כְּדִכְתִיב בְּרֵישָׁא ״וְעָשִׂיתָ עֹלֹתֶיךָ הַבָּשָׂר וְהַדָּם״, מַאי שְׁנָא דְּאַקְדְּמֵיהּ לְ״דַם זְבָחֶיךָ״? שְׁמַע מִינַּהּ: דָּם אַף עַל פִּי שֶׁאֵין בָּשָׂר, וּשְׁמַע מִינַּהּ: שֶׁאֵין הַבָּשָׂר מוּתָּר בַּאֲכִילָה עַד שֶׁיִּזָּרֵק הַדָּם.Il pourrait te dire : S'il en était ainsi, que le Miséricordieux écrive « Tu mangeras la chair » et ensuite « Et le sang de tes sacrifices sera répandu », comme il est écrit au début : « Tu feras tes holocaustes, la chair et le sang ». Pourquoi l'a-t-Il fait précéder de « Le sang de tes sacrifices » ? Déduis-en : le sang est valable même s'il n'y a pas de chair ; et déduis-en : la chair n'est pas permise à la consommation tant que le sang n'a pas été aspergé.
- וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, אֵין הַבָּשָׂר מוּתָּר בַּאֲכִילָה עַד שֶׁיִּזָּרֵק הַדָּם — קַל וָחוֹמֶר הוּא, וּמָה אֵימוּרִין דְּכִי לֵיתַנְהוּ — לָא מְעַכְּבִי, כִּי אִיתַנְהוּ — מְעַכְּבִי, דָּם, דְּכִי לֵיתֵיהּ — מְעַכֵּב, כִּי אִיתֵיהּ — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן דִּמְעַכֵּב!Et pour Rabbi Yehochoua, d'où sait-on que la chair n'est pas permise à la consommation tant que le sang n'a pas été aspergé ? C'est un kal va'homer (raisonnement a fortiori) : si les eimourim (parties brûlées sur l'autel), qui, lorsqu'ils n'existent pas, n'empêchent pas la validité, empêchent lorsqu'ils existent la consommation de la chair, le sang, qui lorsqu'il n'existe pas empêche, lorsqu'il existe, à plus forte raison, n'empêche-t-il pas ?
- וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר? מִילְּתָא דְּאָתְיָא בְּקַל וָחוֹמֶר טָרַח וְכָתֵב לַהּ קְרָא. וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ? כׇּל הֵיכָא דְּאִיכָּא לְמִדְרַשׁ — דָּרְשִׁינַן.Et Rabbi Eliézer ? S'il y a un kal va'homer, pourquoi un verset ? Une chose qui découle d'un kal va'homer, le verset a pris la peine de l'écrire. Et Rabbi Yehochoua ? Partout où il est possible d'interpréter, nous interprétons.
- הַשְׁתָּא לֵימָא מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דְּכֵיוָן דְּאָמַר בָּעֵינַן תַּרְתֵּי, וְצִיץ אַאֲכִילוֹת לֹא מְרַצֶּה, הֵיכִי אָתֵי בְּטוּמְאָה?Maintenant, disons que la Michna n'est pas conforme à Rabbi Yehochoua : puisqu'il a dit qu'il nous faut les deux, le sang et la chair, et que le tsits (plaque frontale du grand Cohen) n'obtient pas l'agrément pour les parties à manger, comment ces offrandes viendraient-elles en état d'impureté ?
- אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, אֶלָּא קָסָבַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: הַצִּיץ מְרַצֶּה עַל הָעוֹלִין.Tu peux même dire que c'est Rabbi Yehochoua ; mais Rabbi Yehochoua pense que le tsits obtient l'agrément pour les parties qui montent sur l'autel.
- הָא תִּינַח זְבָחִים דְּאִיכָּא עוֹלִין, אֶלָּא עוֹמֶר וּשְׁתֵּי הַלֶּחֶם דְּלֵיכָּא עוֹלִין, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? אָמְרִי: כִּי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ נָמֵי דְּבָעֵינַן תַּרְתֵּי — בִּזְבָחִים, בִּמְנָחוֹת לָא אָמַר.Cela va pour les sacrifices d'animaux, où il y a des parties qui montent. Mais le omer et les deux pains, où il n'y a pas de parties qui montent, que peut-on dire ? Le kométs (poignée de farine brûlée sur l'autel) y joue le rôle du sang, et le reste est mangé par les Cohanim. On a répondu : Lorsque Rabbi Yehochoua a dit qu'il nous faut les deux, c'est pour les sacrifices d'animaux ; pour les min'hot (offrandes de farine), il ne l'a pas dit.
- וּבִמְנָחוֹת לָא אָמַר? וְהָתְנַן: נִטְמְאוּ שְׁיָרֶיהָ, אָבְדוּ שְׁיָרֶיהָ, כְּמִדַּת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר — כְּשֵׁירָה, כְּמִדַּת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ — פְּסוּלָה.Et pour les min'hot, il ne l'a pas dit ? Or nous avons appris dans une Michna : Si ses restes sont devenus impurs, si ses restes se sont perdus, selon le principe de Rabbi Eliézer, elle est valable ; selon le principe de Rabbi Yehochoua, elle est invalide.
- כְּמִדַּת וְלֹא כְּמִדַּת: כְּמִדַּת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דְּבָעֵינַן תַּרְתֵּי. וְלֹא כְּמִדַּת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דְּאִילּוּ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בִּזְבָחִים אָמַר, בִּמְנָחוֹת — לָא אָמַר, וְאִילּוּ הַאי תַּנָּא סָבַר: אֲפִילּוּ בִּמְנָחוֹת.Réponse : C'est « selon le principe » et non « selon le principe » : selon le principe de Rabbi Yehochoua, en ce qu'il nous faut les deux ; et non selon le principe de Rabbi Yehochoua, car Rabbi Yehochoua l'a dit pour les sacrifices d'animaux, et pour les min'hot il ne l'a pas dit, tandis que ce Tanna-ci pense : même pour les min'hot.
- וּמַנּוּ הַאי תַּנָּא דְּקָאֵי כְּווֹתֵיהּ וּמַחְמֵיר טְפֵי מִינֵּיהּ? וְעוֹד, תַּנְיָא אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: רוֹאֶה אֲנִי אֶת דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בִּמְנָחוֹת וּבִזְבָחִים, וְדִבְרֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בִּזְבָחִים וּבִמְנָחוֹת.Et qui est ce Tanna qui se range à son avis et est plus strict que lui ? Et de plus, il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Yossé a dit : Je vois comme justes les paroles de Rabbi Eliézer pour les min'hot et pour les sacrifices d'animaux, et les paroles de Rabbi Yehochoua pour les sacrifices d'animaux et pour les min'hot.
- דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בִּזְבָחִים, שֶׁהָיָה אוֹמֵר: דָּם — אַף עַל פִּי שֶׁאֵין שָׁם בָּשָׂר. וְדִבְרֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בִּזְבָחִים, שֶׁהָיָה אוֹמֵר: אִם אֵין דָּם — אֵין בָּשָׂר, אִם אֵין בָּשָׂר — אֵין דָּם. דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בִּמְנָחוֹת, שֶׁהָיָה אוֹמֵר: קוֹמֶץ — אַף עַל פִּי שֶׁאֵין שִׁירַיִם, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בִּמְנָחוֹת, שֶׁהָיָה אוֹמֵר: אִם אֵין קוֹמֶץ — אֵין שִׁירַיִם, אִם אֵין שִׁירַיִם — אֵין קוֹמֶץ.Les paroles de Rabbi Eliézer pour les sacrifices d'animaux, car il disait : Le sang est valable même s'il n'y a pas de chair. Et les paroles de Rabbi Yehochoua pour les sacrifices d'animaux, car il disait : S'il n'y a pas de sang, il n'y a pas de chair ; s'il n'y a pas de chair, il n'y a pas de sang. Les paroles de Rabbi Eliézer pour les min'hot, car il disait : La poignée est valable même s'il n'y a pas de restes. Les paroles de Rabbi Yehochoua pour les min'hot, car il disait : S'il n'y a pas de poignée, il n'y a pas de restes ; s'il n'y a pas de restes, il n'y a pas de poignée. Rabbi Yehochoua discute donc aussi pour les min'hot.
- אֶלָּא, קָסָבַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: הַצִּיץ מְרַצֶּה עַל [הָעוֹלִין וְעַל] הָאֲכִילוֹת.Mais alors : Rabbi Yehochoua pense que le tsits obtient l'agrément pour [les parties qui montent et pour] les parties à manger. La Michna s'accorde ainsi avec lui.
- אִי הָכִי, אַמַּאי כְּמִדַּת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ פְּסוּלָה? אַאָבוּד וְשָׂרוּף.S'il en est ainsi, pourquoi, selon le principe de Rabbi Yehochoua, est-elle invalide ? Réponse : Cela porte sur ce qui est perdu ou brûlé ; mais si c'est devenu impur, le tsits obtient l'agrément.
- אֶלָּא נִטְמָא, לְמַאן קָתָנֵי? לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר — פְּשִׁיטָא, הַשְׁתָּא יֵשׁ לוֹמַר אָבוּד וְשָׂרוּף דְּלֵיתַנְהוּ, מַכְשִׁיר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, נִטְמָא דְּאִיתֵיהּ — מִיבַּעְיָא? אֶלָּא פְּשִׁיטָא לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, וְקָתָנֵי פְּסוּלָה.Mais alors, « sont devenus impurs », pour qui l'enseigne-t-on ? Pour Rabbi Eliézer, c'est évident : maintenant que, pour ce qui est perdu ou brûlé, qui n'existe plus, Rabbi Eliézer valide, ce qui est devenu impur, et qui existe, faut-il le dire ? Il est donc évident que c'est pour Rabbi Yehochoua, et il enseigne qu'elle est invalide !
- וְעוֹד, תַּנְיָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: כׇּל זְבָחִים שֶׁבַּתּוֹרָה, בֵּין שֶׁנִּטְמָא בָּשָׂר וְחֵלֶב קַיָּים, וּבֵין שֶׁנִּטְמָא חֵלֶב וּבָשָׂר קַיָּים — זוֹרֵק אֶת הַדָּם. אֲבָל נִטְמְאוּ תַּרְוַויְיהוּ — לָא. אַלְמָא קָסָבַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אֵין הַצִּיץ מְרַצֶּה עַל הָעוֹלִין וְלֹא עַל הָאֲכִילוֹת!Et de plus, il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Yehochoua dit : Pour tous les sacrifices de la Torah, que la chair soit devenue impure et que la graisse subsiste, ou que la graisse soit devenue impure et que la chair subsiste, il asperge le sang. Mais si tous les deux sont devenus impurs, non. On voit donc que Rabbi Yehochoua pense que le tsits n'obtient l'agrément ni pour les parties qui montent, ni pour les parties à manger !
- אֶלָּא: לְעוֹלָם רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הִיא מַתְנִיתִין, וְלָא קַשְׁיָא: כָּאן — לְכַתְּחִלָּה, כָּאן — דִּיעֲבַד. כִּי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ — לְכַתְּחִלָּה, דִּיעֲבַד לָא.Mais alors : En réalité, la Michna est conforme à Rabbi Yehochoua, et ce n'est pas difficile : ici, pour Rabbi Yehochoua, c'est a priori ; là, dans la Michna, c'est a posteriori. Lorsque Rabbi Yehochoua a parlé, c'était a priori ; a posteriori, non.
- וּמְנָא תֵּימְרָא דְּשָׁנֵי לֵיהּ לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֵּין לְכַתְּחִלָּה לְדִיעֲבַד — דְּתַנְיָא: נִטְמָא בָּשָׂר אוֹ שֶׁנִּפְסַל אוֹ שֶׁיָּצָא חוּץ לַקְּלָעִים, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יִזָּרֵק, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: לֹא יִזָּרֵק. וּמוֹדֶה רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שֶׁאִם זָרַק — הוּרְצָה.Et d'où dis-tu que Rabbi Yehochoua fait une différence entre a priori et a posteriori ? Car il a été enseigné dans une baraïta : Si la chair est devenue impure, ou a été rendue invalide, ou est sortie hors des tentures du parvis, Rabbi Eliézer dit : Il sera aspergé. Rabbi Yehochoua dit : Il ne sera pas aspergé. Et Rabbi Yehochoua admet que si on a aspergé, c'est agréé.
- חֲדָא, דִּ״פְסוּלָה״ — דִּיעֲבַד מַשְׁמַע. וְעוֹד, ״חֲמִשָּׁה דְּבָרִים בָּאִין״ — לְכַתְּחִלָּה מַשְׁמַע.La Guemara rejette cette réponse : D'une part, « invalide » signifie a posteriori. Et de plus, « Cinq choses viennent » signifie a priori.
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