Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְהָא קָא עָבֵיד עֲבוֹדָה בְּקָדָשִׁים! כְּהִלֵּל. דְּתַנְיָא, אָמְרוּ עָלָיו עַל הִלֵּל: מִיָּמָיו לֹא מָעַל אָדָם בְּעוֹלָתוֹ. אֶלָּא מְבִיאָהּ חוּלִּין לָעֲזָרָה וּמַקְדִּישָׁהּ, וְסוֹמֵךְ יָדוֹ עָלֶיהָ וְשׁוֹחֲטָהּ.Mais voici qu'en faisant porter le couteau à un agneau ou à un chevreau, il effectue un travail avec des bêtes consacrées ! La Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) répond : Ils ont agi comme Hillel. Car il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : On a dit au sujet de Hillel : de ses jours, personne n'a commis de méïla (détournement d'un bien consacré) avec son holocauste. Il ne le consacrait pas à l'avance, mais il l'amenait à l'état de bête profane au parvis du Temple, le consacrait, appuyait sa main sur sa tête et l'égorgeait. De même, ce jour-là, on n'a consacré les bêtes qu'une fois arrivé au parvis.
- פֶּסַח בְּשַׁבָּת הֵיכִי מָצֵי מַקְדֵּישׁ לֵיהּ, וְהָתְנַן: אֵין מַקְדִּישִׁין וְאֵין מַעֲרִיכִין וְאֵין מַחְרִימִין וְאֵין מַגְבִּיהִין תְּרוּמָה וּמַעַשְׂרוֹת. כׇּל אֵלּוּ בְּיוֹם טוֹב אָמְרוּ, קַל וָחוֹמֶר בַּשַּׁבָּת!La Guemara demande : Le sacrifice de Pessa'h (agneau pascal), lorsque sa veille tombe un Chabbat, comment peut-on le consacrer ? Or nous avons appris dans la Michna : On ne consacre pas, on ne fait pas de vœu d'estimation, on ne voue pas de biens au Temple ou aux Cohanim (prêtres), et on ne prélève pas la terouma (prélèvement donné au Cohen) ni les dîmes. Tout cela, ils l'ont dit à propos du Yom Tov (jour de fête), et par un kal va'homer (raisonnement a fortiori), cela vaut d'autant plus pour le Chabbat !
- הָנֵי מִילֵּי בְּחוֹבוֹת שֶׁאֵין קָבוּעַ לָהֶן זְמַן. אֲבָל בְּחוֹבוֹת שֶׁקָּבוּעַ לָהֶן זְמַן — מַקְדִּישִׁין. דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַקְדִּישׁ אָדָם אֶת פִּסְחוֹ בְּשַׁבָּת וַחֲגִיגָתוֹ בְּיוֹם טוֹב.La Guemara répond : Ces paroles ne valent que pour les sacrifices obligatoires dont le temps n'est pas fixé. Mais les sacrifices obligatoires dont le temps est fixé, on les consacre même ces jours-là. Car Rabbi Yo'hanan a dit : Un homme peut consacrer son Pessa'h le Chabbat et sa 'haguiga (sacrifice de fête) le Yom Tov.
- וַהֲלֹא מְחַמֵּר! מְחַמֵּר כִּלְאַחַר יָד: מְחַמֵּר כִּלְאַחַר יָד נָמֵי נְהִי דְּאִיסּוּרָא דְּאוֹרָיְיתָא לֵיכָּא אִיסּוּרָא מִדְּרַבָּנַן מִיהָא אִיכָּא.La Guemara demande : Mais n'est-il pas me'hamer (celui qui conduit une bête chargée, ce qui est interdit le Chabbat) ? Elle répond : Il est me'hamer de façon inhabituelle, car un agneau n'a pas coutume de porter une charge. Elle objecte : Être me'hamer de façon inhabituelle pose aussi problème : admettons qu'il n'y ait pas d'interdit de la Torah, il y a toutefois un interdit des Sages !
- הַיְינוּ דְּקָא בָּעֵי מִינֵּיהּ: דָּבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ הֶיתֵּר מִן הַתּוֹרָה, וּדְבַר שְׁבוּת עוֹמֵד לְפָנָיו, לְעׇקְרוֹ כִּלְאַחַר יָד בִּמְקוֹם מִצְוָה מַאי? אָמַר לָהֶן: הֲלָכָה זוֹ שָׁמַעְתִּי וְשָׁכַחְתִּי, אֶלָּא הַנִּיחוּ לָהֶן לְיִשְׂרָאֵל, אִם אֵין נְבִיאִים הֵן — בְּנֵי נְבִיאִים הֵן.La Guemara répond : C'est précisément ce qu'ils, les Bnei Beteira, lui ont demandé : Pour une chose qui a une permission de la Torah, et devant laquelle se dresse un chevout (interdit rabbinique), qu'en est-il de l'annuler en agissant de façon inhabituelle, dans une situation de mitsva (commandement) ? Il leur a dit : Cette halakha (loi), je l'ai entendue et je l'ai oubliée. Mais laissez faire les Bnei Israël : s'ils ne sont pas prophètes, ils sont fils de prophètes.
- אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: כׇּל הַמִּתְיַהֵר, אִם חָכָם הוּא — חׇכְמָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ, אִם נָבִיא הוּא — נְבוּאָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ. אִם חָכָם הוּא חׇכְמָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ — מֵהִלֵּל, דְּאָמַר מָר הִתְחִיל מְקַנְטְרָן בִּדְבָרִים, וְקָאָמַר לְהוּ: הֲלָכָה זוֹ שָׁמַעְתִּי וְשָׁכַחְתִּי. אִם נָבִיא הוּא נְבוּאָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ — מִדְּבוֹרָה, דִּכְתִיב: ״חָדְלוּ פְרָזוֹן בְּיִשְׂרָאֵל חָדֵלּוּ עַד שַׁקַּמְתִּי דְּבוֹרָה שַׁקַּמְתִּי אֵם בְּיִשְׂרָאֵל וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״עוּרִי עוּרִי דְּבוֹרָה עוּרִי עוּרִי דַּבְּרִי שִׁיר וְגוֹ׳״.Rav Yehouda a dit au nom de Rav : Quiconque s'enorgueillit, s'il est sage, sa sagesse se retire de lui ; s'il est prophète, sa prophétie se retire de lui. La Guemara explique : S'il est sage, sa sagesse se retire de lui : nous l'apprenons de Hillel, car le Maître a dit : Il a commencé à les réprimander par des paroles, et aussitôt il leur a dit : Cette halakha, je l'ai entendue et je l'ai oubliée. S'il est prophète, sa prophétie se retire de lui : nous l'apprenons de Devora, comme il est écrit : « Les bourgs avaient cessé en Israël, ils avaient cessé, jusqu'à ce que je me sois levée, moi, Devora, que je me sois levée, mère en Israël, etc. » (Juges 5, 7), et il est écrit ensuite, car sa prophétie l'avait quittée : « Éveille-toi, éveille-toi, Devora ! Éveille-toi, éveille-toi, prononce un cantique, etc. » (Juges 5, 12).
- רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: כׇּל אָדָם שֶׁכּוֹעֵס, אִם חָכָם הוּא — חׇכְמָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ, אִם נָבִיא הוּא — נְבוּאָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ. אִם חָכָם הוּא חׇכְמָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ — מִמֹּשֶׁה, דִּכְתִיב: ״וַיִּקְצוֹף מֹשֶׁה עַל פְּקוּדֵי הֶחָיִל וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר אֶלְעָזָר הַכֹּהֵן אֶל אַנְשֵׁי הַצָּבָא הַבָּאִים לַמִּלְחָמָה זֹאת חֻקַּת הַתּוֹרָה אֲשֶׁר צִוָּה ה׳ אֶת מֹשֶׁה וְגוֹ׳״, מִכְּלָל דְּמֹשֶׁה אִיעֲלַם מִינֵּיהּ.Rech Lakich a dit : Tout homme qui se met en colère, s'il est sage, sa sagesse se retire de lui ; s'il est prophète, sa prophétie se retire de lui. S'il est sage, sa sagesse se retire de lui : nous l'apprenons de Moché, comme il est écrit : « Moché s'irrita contre les commandants de l'armée, etc. » (Nombres 31, 14), et il est écrit ensuite : « Elazar le Cohen dit aux hommes de l'armée qui étaient allés à la guerre : Voici le statut de la Torah que Hachem a prescrit à Moché, etc. » (Nombres 31, 21). On en déduit que cette loi avait échappé à Moché, à cause de sa colère.
- אִם נָבִיא הוּא נְבוּאָתוֹ מִסְתַּלֶּקֶת מִמֶּנּוּ — מֵאֱלִישָׁע, דִּכְתִיב: ״לוּלֵי פְּנֵי יְהוֹשָׁפָט מֶלֶךְ יְהוּדָה אֲנִי נוֹשֵׂא אִם אַבִּיט אֵלֶיךָ וְאִם אֶרְאֶךָּ וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וְעַתָּה קְחוּ לִי מְנַגֵּן וְהָיָה כְּנַגֵּן הַמְנַגֵּן וַתְּהִי עָלָיו יַד ה׳ וְגוֹ׳״.S'il est prophète, sa prophétie se retire de lui : nous l'apprenons d'Élicha, comme il est écrit qu'il dit, en colère contre le roi d'Israël : « Si je n'avais égard à Yehochafat, roi de Juda, je ne te regarderais pas et je ne te verrais pas, etc. » (II Rois 3, 14), et il est écrit ensuite : « Et maintenant, prenez-moi un musicien. Et il advint, pendant que le musicien jouait, que la main de Hachem fut sur lui, etc. » (II Rois 3, 15). Il lui fallait donc un musicien pour que sa prophétie lui revienne.
- אָמַר רַבִּי מָנִי בַּר פַּטִּישׁ: כׇּל שֶׁכּוֹעֵס, אֲפִילּוּ פּוֹסְקִין עָלָיו גְּדוּלָּה מִן הַשָּׁמַיִם — מוֹרִידִין אוֹתוֹ. מְנָלַן? מֵאֱלִיאָב, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּחַר אַף אֱלִיאָב בְּדָוִד וַיֹּאמֶר לָמָּה [זֶּה] יָרַדְתָּ וְעַל מִי נָטַשְׁתָּ מְעַט הַצֹּאן הָהֵנָּה בַּמִּדְבָּר אֲנִי יָדַעְתִּי אֶת זְדֹנְךָ וְאֵת רוֹעַ לְבָבֶךָ כִּי לְמַעַן רְאוֹת הַמִּלְחָמָה יָרָדְתָּ״. וְכִי אֲזַל שְׁמוּאֵל לְמִמְשְׁחִינְהוּ, בְּכֻלְּהוּ כְּתִיב: ״לֹא בָּזֶה בָחַר ה׳״, וּבֶאֱלִיאָב כְּתִיב: ״וַיֹּאמֶר ה׳ אֶל שְׁמוּאֵל אַל תַּבֵּיט אֶל מַרְאֵהוּ וְאֶל גְּבֹהַּ קוֹמָתוֹ כִּי מְאַסְתִּיהוּ״, מִכְּלָל דַּהֲוָה רָחֵים לֵיהּ עַד הָאִידָּנָא.Rabbi Mani bar Patich a dit : Quiconque se met en colère, même si l'on a décrété pour lui la grandeur depuis les Cieux, on le fait descendre. D'où le savons-nous ? D'Eliav, frère aîné de David, comme il est dit : « La colère d'Eliav s'enflamma contre David, et il dit : Pourquoi donc es-tu descendu, et à qui as-tu laissé ce petit troupeau dans le désert ? Je connais ton insolence et la méchanceté de ton cœur, car c'est pour voir la bataille que tu es descendu » (I Samuel 17, 28). Et quand Chmouel est allé les oindre, pour tous les autres il est écrit : « Ce n'est pas celui-là que Hachem a choisi » (I Samuel 16, 8), alors que pour Eliav il est écrit : « Hachem dit à Chmouel : Ne regarde pas son apparence ni la hauteur de sa taille, car Je l'ai rejeté » (I Samuel 16, 7). On en déduit qu'Il l'aimait jusqu'alors, et qu'il ne fut rejeté qu'à cause de son penchant à la colère.
- אַשְׁכְּחַן תָּמִיד וּפֶסַח דְּדָחוּ שַׁבָּת, דְּדָחוּ טוּמְאָה מְנָא לַן? אָמְרִי: כִּי הֵיכִי דְּיָלֵיף פֶּסַח מִתָּמִיד לְעִנְיַן שַׁבָּת, הָכִי נָמֵי יָלֵיף תָּמִיד מִפֶּסַח לְעִנְיַן טוּמְאָה.La Guemara demande : Nous avons trouvé que le Tamid (sacrifice perpétuel quotidien) et le Pessa'h repoussent le Chabbat. Qu'ils repoussent l'impureté, d'où le savons-nous ? Ils ont dit : De même que le Pessa'h est appris du Tamid concernant le Chabbat, de même le Tamid est appris du Pessa'h concernant l'impureté.
- וּפֶסַח גּוּפֵיהּ מְנָא לַן? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: דְּאָמַר קְרָא ״אִישׁ אִישׁ כִּי יִהְיֶה טָמֵא לָנֶפֶשׁ״. אִישׁ נִדְחֶה לְפֶסַח שֵׁנִי, וְאֵין צִיבּוּר נִידְחִין לְפֶסַח שֵׁנִי, אֶלָּא עָבְדִי בְּטוּמְאָה.Et le Pessa'h lui-même, d'où le savons-nous ? Rabbi Yo'hanan a dit : Car le verset dit : « Tout homme qui sera impur par un mort » (Nombres 9, 10). On en déduit : Un homme seul est repoussé au second Pessa'h, mais la communauté n'est pas repoussée au second Pessa'h ; plutôt, ils l'accomplissent dans l'impureté.
- אֲמַר לֵיהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ לְרַבִּי יוֹחָנָן: אֵימָא, אִישׁ נִדְחֶה לְפֶסַח שֵׁנִי, צִיבּוּר לֵית לְהוּ תַּקַּנְתָּא לָא בְּפֶסַח רִאשׁוֹן וְלָא בְּפֶסַח שֵׁנִי!Rabbi Chimon ben Lakich a dit à Rabbi Yo'hanan : Pourquoi ne pas dire au contraire : L'homme seul est repoussé au second Pessa'h, tandis que la communauté n'a de remède ni au premier Pessa'h ni au second Pessa'h !
- אֶלָּא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, מֵהָכָא: ״וִישַׁלְּחוּ מִן הַמַּחֲנֶה כׇּל צָרוּעַ וְכׇל זָב וְכֹל טָמֵא לָנָפֶשׁ״, יֵאָמֵר טְמֵאֵי מֵתִים וְאַל יֵאָמֵר זָבִין וּמְצוֹרָעִין, וַאֲנִי אוֹמֵר: אִם טְמֵאֵי מֵתִים, מִשְׁתַּלְחִין, זָבִין וּמְצוֹרָעִין — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?Plutôt, Rabbi Chimon ben Lakich a dit : On l'apprend d'ici : « Qu'ils renvoient du camp tout tsaroua (atteint de tsaraat, affection cutanée impure), tout zav (homme atteint d'écoulement impur) et tout impur par un mort » (Nombres 5, 2). Que le verset dise seulement les impurs par un mort et ne dise pas les zavim et les metsoraïm (atteints de tsaraat), et je dirais de moi-même : Si les impurs par un mort sont renvoyés, les zavim et les metsoraïm, à plus forte raison !
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