Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- לִיתֵּן טַעַם כְּעִיקָּר. שֶׁאִם שָׁרָה עֲנָבִים בְּמַיִם, וְיֵשׁ בָּהֶן טַעַם יַיִן — חַיָּיב.vient pour donner au goût d'un aliment interdit le statut de la substance même : tout aliment qui absorbe le goût d'un interdit prend le statut de cet interdit. Ainsi, si quelqu'un a fait tremper des raisins dans de l'eau et que celle-ci a le goût du vin, le nazir (celui qui a fait vœu de s'abstenir de vin et de tout produit de la vigne) qui la boit est passible, car ce liquide prend le statut du vin.
- מִכָּאן אַתָּה דָּן לְכׇל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ: וּמָה נָזִיר שֶׁאֵין אִיסּוּרוֹ אִיסּוּר עוֹלָם, וְאֵין אִיסּוּרוֹ אִיסּוּר הֲנָאָה, וְיֵשׁ הֶיתֵּר לְאִיסּוּרוֹ — עָשָׂה בּוֹ טַעַם כְּעִיקָּר, כִּלְאַיִם, שֶׁאִיסּוּרוֹ אִיסּוּר עוֹלָם, וְאִיסּוּרוֹ אִיסּוּר הֲנָאָה, וְאֵין הֶיתֵּר לְאִיסּוּרוֹ — אֵינוֹ דִּין שֶׁיַּעֲשֶׂה טַעַם כְּעִיקָּר?De là, tu déduis pour toute la Torah : dans tous les cas, le goût d'un aliment interdit a le statut de sa substance. Si pour le nazir, dont l'interdit n'est pas un interdit perpétuel, puisque les raisins lui seront permis à la fin de son naziréat, et dont l'interdit n'est pas un interdit de profit, puisqu'il peut tirer profit du vin, et dont l'interdit comporte une possibilité de levée par un Sage qui le délie de son vœu, la Torah a rendu le goût comme la substance, alors pour les kilayim (mélanges interdits de la vigne), dont l'interdit est un interdit perpétuel, dont l'interdit est un interdit de profit et dont l'interdit ne comporte aucune possibilité de levée, n'est-il pas logique que la Torah rende le goût comme la substance ?
- וְהוּא הַדִּין לְעׇרְלָה בִּשְׁתַּיִם!Et il en va de même pour l'orla (les fruits d'un arbre durant ses trois premières années), sur deux des trois points : bien que son interdit ne soit pas perpétuel, puisque l'arbre donne des fruits permis après trois ans, c'est un interdit de profit et il ne peut être levé. Ce même raisonnement kal va'homer (a fortiori) s'y applique donc, ainsi qu'aux autres interdits de la Torah, tous plus graves que celui du nazir sur l'un de ces points. Quoi qu'il en soit, cette drasha (interprétation du verset) contredit Rabbi Yo'hanan, qui tire du mot « trempé » un autre enseignement !
- הָא מַנִּי רַבָּנַן הִיא, וְרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר כְּרַבִּי עֲקִיבָא.De qui est cet enseignement ? C'est l'avis des Sages, tandis que Rabbi Yo'hanan, qui a dit qu'une matière permise se joint à une matière interdite, l'a dit selon Rabbi Akiva.
- הֵי רַבִּי עֲקִיבָא? אִילֵימָא רַבִּי עֲקִיבָא דְּמַתְנִיתִין, דִּתְנַן: רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: נָזִיר שֶׁשָּׁרָה פִּתּוֹ בְּיַיִן, וְיֵשׁ בּוֹ לְצָרֵף כְּדֵי כְּזַיִת — חַיָּיב, וּמִמַּאי דְּמִפַּת וּמִיַּיִן? דִּילְמָא מִיַּיִן לְחוֹדֵיהּ?Quel enseignement de Rabbi Akiva ? Si tu dis qu'il s'agit de Rabbi Akiva dans la Michna, comme nous avons appris : Rabbi Akiva dit : un nazir qui a trempé son pain dans du vin, et si ceux-ci contiennent de quoi réunir un kazayit (le volume d'une olive), est passible, d'où sait-on qu'il s'agit d'un kazayit du pain et du vin réunis ? Peut-être s'agit-il du vin seul ?
- וְכִי תֵּימָא: מִיַּיִן לְחוֹדֵיהּ מַאי לְמֵימְרָא? הָא קָא מַשְׁמַע לַן דְּאַף עַל גַּב דְּתַעֲרוֹבֶת.Et si tu dis : du vin seul, qu'y a-t-il à nous dire par là ? Cela nous enseigne que, bien qu'il soit dans un mélange, on est passible. Cette Michna ne prouve donc pas que, pour Rabbi Akiva, le permis se joint à l'interdit.
- אֶלָּא רַבִּי עֲקִיבָא דְּבָרַיְיתָא. דְּתַנְיָא, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: נָזִיר שֶׁשָּׁרָה פִּתּוֹ בְּיַיִן, וְאָכַל כְּזַיִת מִפַּת וּמִיַּיִן — חַיָּיב.Mais Rabbi Yo'hanan se fonde sur Rabbi Akiva dans la baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna). Car il a été enseigné : Rabbi Akiva dit : un nazir qui a trempé son pain dans du vin et a mangé un kazayit du pain et du vin réunis est passible.
- וְרַבִּי עֲקִיבָא טַעַם כְּעִיקָּר מְנָא לֵיהּ? יָלֵיף מִבָּשָׂר בְּחָלָב: לָאו טַעְמָא בְּעָלְמָא הוּא, וְאָסוּר? הָכָא נָמֵי לָא שְׁנָא.Et Rabbi Akiva, d'où tire-t-il le principe selon lequel le goût est comme la substance ? Il l'apprend de la viande dans le lait : n'est-ce pas seulement le goût du lait que la viande a absorbé, et elle est pourtant interdite ? Ici aussi, il n'y a pas de différence.
- וְרַבָּנַן? מִבָּשָׂר בְּחָלָב לָא גָּמְרִינַן, דְּחִידּוּשׁ הוּא.Et les Sages ? Pourquoi ne l'apprennent-ils pas de là ? De la viande dans le lait, nous n'apprenons pas pour d'autres interdits, car c'est une nouveauté (une loi exceptionnelle).
- וּמַאי חִידּוּשׁ? אִילֵּימָא דְּהַאי לְחוֹדֵיהּ וְהַאי לְחוֹדֵיהּ — שְׁרֵי, וּבַהֲדֵי הֲדָדֵי — אָסוּר, כִּלְאַיִם נָמֵי: הַאי לְחוֹדֵיהּ וְהַאי לְחוֹדֵיהּ — שְׁרֵי, וּבַהֲדָדִי — אָסוּר.Et quelle est la nouveauté ? Si tu dis que ceci seul et cela seul sont permis, et qu'ensemble ils sont interdits, les kilayim aussi : ceci seul et cela seul sont permis, et ensemble ils sont interdits !
- אֶלָּא: דְּאִי תָּרוּ לֵיהּ כּוּלֵּי יוֹמָא בַּחֲלָבָא — שְׁרֵי, בַּשֵּׁיל לֵיהּ בַּשּׁוֹלֵי — אָסוּר.Mais la nouveauté est que si on la fait tremper toute la journée dans le lait, elle est permise selon la Torah, bien qu'elle en ait certainement pris le goût, tandis que si on la fait cuire dedans, même brièvement, elle est interdite.
- וְרַבִּי עֲקִיבָא נָמֵי, בָּשָׂר בְּחָלָב וַדַּאי חִידּוּשׁ הוּא?Et pour Rabbi Akiva aussi, la viande dans le lait est certainement une nouveauté ! Comment peut-il en tirer un principe général ?
- אֶלָּא יָלֵיף מִגִּיעוּלֵי גוֹיִם: גִּיעוּלֵי גוֹיִם, לָאו טַעְמָא בְּעָלְמָא הוּא, וְאָסוּר? הָכָא נָמֵי לָא שְׁנָא.Mais il l'apprend des ustensiles à purger des non-Juifs : la Torah exige, à propos du butin de Midyan, de purger par le feu les ustensiles dans lesquels les non-Juifs ont cuisiné. La purge des ustensiles des non-Juifs ne concerne-t-elle pas seulement le goût absorbé, et ils sont pourtant interdits ? Ici aussi, il n'y a pas de différence.
- וְרַבָּנַן, גִּיעוּלֵי גוֹיִם נָמֵי חִידּוּשׁ הוּא. דְּהָא כׇּל נוֹתֵן טַעַם לִפְגָם — מוּתָּר, דְּגָמְרִינַן מִנְּבֵילָה — וְהָכָא אָסוּר.Et les Sages répondent : les ustensiles à purger des non-Juifs sont aussi une nouveauté. Car tout ce qui donne un goût qui gâte la nourriture est permis, comme nous l'apprenons de la nevéla (bête morte sans abattage rituel) : devenue impropre à la consommation, elle n'a plus le statut de nevéla. Et ici, c'est interdit, bien que le goût absorbé par l'ustensile gâte la nourriture.
- וְרַבִּי עֲקִיבָא כִּדְרַב חִיָּיא בְּרֵיהּ דְּרַב הוּנָא, דְּאָמַר: לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא בִּקְדֵירָה בַּת יוֹמָא, הִלְכָּךְ לָאו נוֹתֵן טַעַם לִפְגָם הוּא.Et Rabbi Akiva répond selon Rav 'Hiya, fils de Rav Houna, qui a dit : la Torah n'a interdit que dans le cas d'une marmite du jour, utilisée le jour même ; c'est pourquoi ce n'est pas un cas de goût qui gâte.
- וְרַבָּנַן? קְדֵירָה בַּת יוֹמָא נָמֵי, לָא אֶפְשָׁר דְּלָא פָּגְמָה פּוּרְתָּא.Et les Sages ? Même une marmite du jour, il est impossible qu'elle ne gâte pas un peu le goût absorbé. La purge des ustensiles reste donc une loi exceptionnelle.
- אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב אַוְיָא לְרַב אָשֵׁי: מִדְּרַבָּנַן נִשְׁמַע לְרַבִּי עֲקִיבָא, מִי לָא אָמְרִי רַבָּנַן ״מִשְׁרַת״ לִיתֵּן טַעַם כְּעִיקָּר, מִכָּאן אַתָּה דָּן לְכׇל אִיסּוּרִין שֶׁבַּתּוֹרָה. לְרַבִּי עֲקִיבָא נָמֵי — ״מִשְׁרַת״ לְהֶיתֵּר מִצְטָרֵף לְאִיסּוּר, מִכָּאן אַתָּה דָּן לְכׇל אִיסּוּרִין שֶׁבַּתּוֹרָה כּוּלָּהּ!Rav A'ha, fils de Rav Avia, a dit à Rav Achi : Des Sages, apprenons pour Rabbi Akiva. Les Sages ne disent-ils pas que le mot « trempé » vient pour donner au goût le statut de la substance, et que de là tu déduis pour tous les interdits de la Torah ? Pour Rabbi Akiva aussi, le mot « trempé » enseigne que le permis se joint à l'interdit, et de là tu déduis pour tous les interdits de toute la Torah ! Cela contredit Rabbi Yo'hanan, qui limite ce principe au nazir.
- אֲמַר לֵיהּ:Il lui a dit : ce n'est pas une preuve,
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