Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- בְּתוֹךְ הָנֵץ הַחַמָּה — בְּגִילּוּיָיא הֲוָה קָאֵי, וְזַהֲרוּרֵי בְּעָלְמָא הוּא דַּחֲזָא. קָא מַשְׁמַע לַן.que l'incident a eu lieu au moment du lever du soleil, c'est qu'il se tenait à découvert, dans un endroit dégagé, et ce ne sont que de simples rayons qu'il a vus, les prenant pour le lever du soleil ; en réalité, lui aussi attesterait d'un fait antérieur au lever du soleil, et les deux témoignages concorderaient. Rav Chimi bar Achi nous enseigne donc qu'on ne retient pas cette hypothèse.
- אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה. אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: וְנֵימָא מָר הֲלָכָה כְּרַבִּי מֵאִיר, דִּסְתַם לַן תְּנָא כְּווֹתֵיהּ.Rav Na'hman a dit que Rav a dit : la halakha (la règle pratique) est conforme à l'opinion de Rabbi Yehouda. Rava a dit à Rav Na'hman : que le Maître dise donc plutôt que la halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Méïr, selon qui l'on peut manger du 'hamets (levain) durant toute la cinquième heure, puisque le Tanna (Sage de l'époque de la Michna) nous a enseigné une Michna anonyme conforme à son opinion, ce qui indique que telle est la halakha.
- דִּתְנַן: כׇּל שָׁעָה שֶׁמּוּתָּר לֶאֱכוֹל — מַאֲכִיל!Comme nous avons appris dans la Michna : toute heure où il est permis de manger du 'hamets, on en donne à manger à son bétail. On en déduit qu'il n'existe pas de période intermédiaire où l'homme ne pourrait plus en manger tout en pouvant en nourrir ses bêtes, contrairement à Rabbi Yehouda, pour qui cela est possible à la cinquième heure ; cette Michna anonyme suit donc Rabbi Méïr.
- הָהִיא לָאו סְתָמָא הוּא, מִשּׁוּם דְּקַשְׁיָא ״מוּתָּר״.La Guemara rejette cet argument : celle-là n'est pas considérée comme une Michna anonyme suivant Rabbi Méïr, mais elle suit Rabban Gamliel, parce que le terme « permis » fait difficulté : selon Rabbi Méïr, elle aurait dû dire « toute heure où il mange, il donne à manger ».
- וְנֵימָא מָר הֲלָכָה כְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל, דְּהָוֵה לֵיהּ מַכְרִיעַ. אֲמַר לֵיהּ: רַבָּן גַּמְלִיאֵל לָאו מַכְרִיעַ הוּא, טַעַם דְּנַפְשֵׁיהּ קָאָמַר.Rava a soulevé une autre difficulté : que le Maître dise donc que la halakha est conforme à l'opinion de Rabban Gamliel, puisqu'il est celui qui tranche entre les deux avis, et que la halakha suit celui qui établit un compromis entre deux opinions citées avant lui. Il lui a répondu : Rabban Gamliel ne tranche pas entre eux ; il énonce une raison qui lui est propre. Rabbi Méïr et Rabbi Yehouda ne distinguent en effet nullement la terouma (prélèvement donné au Cohen) de la denrée profane ; l'avis de Rabban Gamliel est donc une troisième opinion indépendante, et non un compromis.
- וְאִיבָּעֵית אֵימָא: רַב דְּאָמַר כִּי הַאי תַּנָּא, דְּתַנְיָא: אַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת — מְבַעֲרִין אֶת הַכֹּל מִלִּפְנֵי הַשַּׁבָּת. וְשׂוֹרְפִין תְּרוּמוֹת טְמֵאוֹת, תְּלוּיוֹת, וּטְהוֹרוֹת. וּמְשַׁיְּירִין מִן הַטְּהוֹרוֹת מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת, כְּדֵי לֶאֱכוֹל עַד אַרְבַּע שָׁעוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן יְהוּדָה אִישׁ בַּרְתּוֹתָא, שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ.Et si tu veux, dis plutôt : lorsque Rav a dit que la halakha suit Rabbi Yehouda, il a statué conformément à ce Tanna-ci, comme il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : lorsque le quatorze Nissan tombe un Chabbat, on élimine tout le 'hamets avant le Chabbat, et l'on brûle les teroumot temées (impures), celles qui sont en suspens, dont la pureté est douteuse, et les tehorot (pures). Et l'on garde des pures de quoi faire deux repas, celui du soir et celui du matin, pour en manger jusqu'à quatre heures du matin de Chabbat. Telles sont les paroles de Rabbi Elazar ben Yehouda, homme de Bartota, qui a parlé au nom de Rabbi Yehochoua.
- אָמְרוּ לוֹ: טְהוֹרוֹת לֹא יִשָּׂרְפוּ, שֶׁמָּא יִמָּצְאוּ לָהֶן אוֹכְלִין. אָמַר לָהֶן: כְּבָר בִּקְּשׁוּ וְלֹא מָצְאוּ. אָמְרוּ לוֹ: שֶׁמָּא חוּץ לַחוֹמָה לָנוּ?Ils lui ont dit : les pures ne doivent pas être brûlées, car peut-être se trouvera-t-il des gens pour les manger le Chabbat ; on les met alors de côté, et si personne ne se présente, on les donne aux chiens ou on les annule dans son cœur. Il leur a répondu : on a déjà cherché et l'on n'a pas trouvé d'autres Cohanim (prêtres) en ville pour les manger. Ils lui ont dit : peut-être ont-ils passé la nuit hors de la muraille de la ville et entreront-ils le lendemain matin ?
- אָמַר לָהֶם: לְדִבְרֵיכֶם, אַף תְּלוּיוֹת לֹא יִשָּׂרְפוּ — שֶׁמָּא יָבֹא אֵלִיָּהוּ וִיטַהֲרֵם. אָמְרוּ לוֹ: כְּבָר מוּבְטָח לָהֶן לְיִשְׂרָאֵל שֶׁאֵין אֵלִיָּהוּ בָּא לֹא בְּעַרְבֵי שַׁבָּתוֹת וְלֹא בְּעַרְבֵי יָמִים טוֹבִים, מִפְּנֵי הַטּוֹרַח.Il leur a dit : selon vos paroles, puisque vous tenez compte d'une telle éventualité, même les teroumot en suspens ne devraient pas être brûlées, car peut-être Éliyahou viendra-t-il le Chabbat et les déclarera-t-il pures, établissant qu'elles n'ont pas été rendues impures ! Ils lui ont dit : Israël a déjà reçu l'assurance qu'Éliyahou ne vient ni les veilles de Chabbat ni les veilles de Yom Tov (jour de fête), à cause du dérangement que cela causerait au milieu des préparatifs. Or le Chabbat en question est lui-même la veille de Pessa'h.
- אָמְרוּ: לֹא זָזוּ מִשָּׁם עַד שֶׁקָּבְעוּ הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן יְהוּדָה אִישׁ בַּרְתּוֹתָא שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ.Ils ont dit : ils ne bougèrent pas de là jusqu'à ce qu'ils aient fixé la halakha conformément à Rabbi Elazar ben Yehouda, homme de Bartota, qui a parlé au nom de Rabbi Yehochoua.
- מַאי לָאו, אֲפִילּוּ לֶאֱכוֹל? אָמַר רַב פָּפָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: לֹא, לְבַעֵר.N'est-ce pas que la halakha fut fixée selon lui même pour ce qui est de manger, jusqu'à la fin de la quatrième heure seulement, comme Rabbi Yehouda ? Rav Pappa a dit au nom de Rava : non, c'est seulement pour éliminer : ils ont admis qu'on brûle les teroumot pures dès la veille du Chabbat faute de gens pour les manger.
- וְאַף רַבִּי סָבַר לְהָא דְּרַב נַחְמָן. דְּאָמַר רָבִין בַּר רַב אַדָּא: מַעֲשֶׂה בְּאָדָם אֶחָד שֶׁהִפְקִיד דִּיסַקַּיָּא מְלֵאָה חָמֵץ אֵצֶל יוֹחָנָן חָקוֹקָאָה, וּנְקָבוּהָ עַכְבָּרִים, וְהָיָה חָמֵץ מְבַצְבֵּץ וְיוֹצֵא. וּבָא לִפְנֵי רַבִּי, שָׁעָה רִאשׁוֹנָה אָמַר לוֹ: הַמְתֵּן. שְׁנִיָּה, אָמַר לוֹ: הַמְתֵּן. שְׁלִישִׁית, אָמַר לוֹ: הַמְתֵּן. רְבִיעִית, אָמַר לוֹ: הַמְתֵּן. חֲמִישִׁית, אָמַר לוֹ: צֵא וּמוֹכְרֶהָ בַּשּׁוּק.La Guemara note : même Rabbi Yehouda HaNassi pense comme ce propos de Rav Na'hman, à savoir que la halakha suit Rabbi Yehouda. Comme l'a dit Ravin bar Rav Ada : il arriva qu'un homme déposa une sacoche double [disakkaya] pleine de 'hamets chez Yo'hanan 'Hakouka'a, et des souris la percèrent, et le 'hamets s'en échappait et sortait. Il vint devant Rabbi Yehouda HaNassi la veille de Pessa'h pour savoir que faire. À la première heure, il lui dit : attends, car le propriétaire viendra peut-être le manger. À la deuxième, il lui dit : attends. À la troisième, il lui dit : attends. À la quatrième, il lui dit : attends. À la cinquième, il lui dit : va et vends-la au marché.
- מַאי לָאו, לְגוֹיִם — כְּרַבִּי יְהוּדָה? אָמַר רַב יוֹסֵף: לָא, לְיִשְׂרָאֵל — כְּרַבִּי מֵאִיר. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אִי לְיִשְׂרָאֵל — נִישְׁקְלֵיהּ לְנַפְשֵׁיהּ?N'est-ce pas qu'il voulait dire de la vendre à des non-Juifs, conformément à Rabbi Yehouda, selon qui un Juif ne peut plus manger de 'hamets à la cinquième heure ? Rav Yossef a dit : non, il s'agit de la vendre à un Juif, conformément à Rabbi Méïr : il l'invitait à vendre vite, avant la sixième heure. Abayé lui a dit : si c'est à un Juif qu'elle est permise, qu'il la prenne donc pour lui-même et en rembourse le prix au propriétaire !
- מִשּׁוּם חֲשָׁדָא, דְּתַנְיָא: גַּבָּאֵי צְדָקָה שֶׁאֵין לָהֶם עֲנִיִּים לְחַלֵּק — פּוֹרְטִין לַאֲחֵרִים, וְאֵין פּוֹרְטִין לְעַצְמָן.La Guemara répond : il ne le pouvait pas à cause du soupçon, comme il a été enseigné dans une baraïta : les collecteurs de tsédaka qui n'ont pas de pauvres à qui distribuer changent la monnaie auprès d'autres personnes, mais ils ne la changent pas eux-mêmes, avec leurs propres pièces.
- גַּבָּאֵי תַמְחוּי, שֶׁאֵין לָהֶם עֲנִיִּים לְחַלֵּק — מוֹכְרִין לַאֲחֵרִים וְאֵין מוֹכְרִין לְעַצְמָן, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״וִהְיִיתֶם נְקִיִּים מֵה׳ וּמִיִּשְׂרָאֵל״.Les collecteurs du tam'houï (plat de nourriture collectée pour les pauvres) qui n'ont pas de pauvres à qui distribuer vendent à d'autres, mais ne vendent pas à eux-mêmes, parce qu'il est dit : « Vous serez purs devant Hachem et devant Israël » (Nombres 32, 22).
- אֲמַר לֵיהּ רַב אַדָּא בַּר מַתְנָה לְרַב יוֹסֵף: בְּפֵירוּשׁ אֲמַרְתְּ לַן, צֵא וּמוֹכְרֵן לַגּוֹיִם, כְּרַבִּי יְהוּדָה.Rav Ada bar Mattana a dit à Rav Yossef : tu nous as dit explicitement : va et vends-les aux non-Juifs, conformément à Rabbi Yehouda. Rav Yossef, tombé malade, avait en effet oublié son étude, et ses élèves lui rappelaient ce qu'il leur avait enseigné.
- אָמַר רַב יוֹסֵף: כְּמַאן אָזְלָא הָא שְׁמַעְתָּא דְּרַבִּי — כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, דִּתְנַן: הַמַּפְקִיד פֵּירוֹת אֵצֶל חֲבֵירוֹ, אֲפִילּוּ הֵן אֲבוּדִין — לֹא יִגַּע בָּהֶן. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: מוֹכְרָן בְּבֵית דִּין מִפְּנֵי הֲשָׁבַת אֲבֵידָה.Rav Yossef a dit : selon qui va cet enseignement de Rabbi Yehouda HaNassi, qui prescrit de vendre le 'hamets déposé pour éviter une perte au déposant ? Il suit l'opinion de Rabban Chimon ben Gamliel, comme nous avons appris dans la Michna : celui qui dépose des fruits chez son prochain, même s'ils se perdent, celui-ci n'y touchera pas. Rabban Chimon ben Gamliel dit : il les vend au tribunal, en raison de l'obligation de restituer un objet perdu.
- אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְלָאו אִיתְּמַר עֲלַהּ, אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַב יוֹחָנָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּאAbayé lui a dit : n'a-t-il pas été dit à ce sujet : Rabba bar bar 'Hana a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : ils n'ont enseigné qu'on n'y touche pas que si
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