Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אֲבָל הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר.mais la halakha (la règle pratique) est conforme à l'avis de Rabbi Eliézer.
- אֵיזוֹ הִיא בְּתוּלָה — כֹּל שֶׁלֹּא רָאֲתָה דָּם מִיָּמֶיהָ, אַף עַל פִּי שֶׁנְּשׂוּאָה. מְעוּבֶּרֶת — מִשֶּׁיִּוָּדַע עוּבָּרָהּ. מְנִיקָה — עַד שֶׁתִּגְמוֹל אֶת בְּנָהּ. נָתְנָה בְּנָהּ לִמְנִיקָה, גְּמָלַתּוּ, אוֹ מֵת — רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מְטַמְּאָה מֵעֵת לְעֵת, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ.Qui est la femme qualifiée de vierge dans ce contexte ? C'est toute femme qui n'a jamais vu de sang menstruel de ses jours, même si elle est mariée et a saigné à la suite de l'union conjugale. Pour la femme enceinte, le temps court à partir du moment où sa grossesse est connue de tous ceux qui la voient. Pour celle qui allaite, il court jusqu'à ce qu'elle ait sevré son enfant. Si elle a cessé d'allaiter, c'est-à-dire si elle a donné son enfant à une nourrice, l'a sevré ou s'il est mort, et qu'elle a vu du sang, Rabbi Méïr dit : elle rend impur rétroactivement sur vingt-quatre heures, ou depuis son dernier examen. Et les Sages disent : même dans ces cas, son heure lui suffit (elle n'est impure qu'à partir du moment où elle a vu le sang, sans rétroactivité).
- אֵיזוֹהִי זְקֵנָה — כֹּל שֶׁעָבְרוּ עָלֶיהָ שָׁלֹשׁ עוֹנוֹת סָמוּךְ לְזִקְנָתָהּ. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: כׇּל אִשָּׁה שֶׁעָבְרוּ עָלֶיהָ שָׁלֹשׁ עוֹנוֹת — דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מְעוּבֶּרֶת וּמְנִיקָה שֶׁעָבְרוּ עֲלֵיהֶן שָׁלֹשׁ עוֹנוֹת — דַּיָּין שְׁעָתָן.Qui est la femme qualifiée d'âgée dans ce contexte ? C'est toute femme sur qui sont passées trois périodes de trente jours sans voir de sang menstruel, à l'approche de sa vieillesse. Rabbi Eliézer dit : toute femme sur qui sont passées trois périodes sans voir de sang, si elle saigne ensuite, son heure lui suffit. Rabbi Yossé dit : la femme enceinte et celle qui allaite, sur qui sont passées trois périodes sans voir de sang, leur heure leur suffit.
- וּבַמָּה אָמַר ״דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ״ — בִּרְאִיָּיה רִאשׁוֹנָה, אֲבָל בַּשְּׁנִיָּה מְטַמְּאָה מֵעֵת לְעֵת, וְאִם רָאֲתָה הָרִאשׁוֹנָה מֵאוֹנֶס — אַף הַשְּׁנִיָּה דַּיָּהּ שְׁעָתָהּ.Et à propos de quoi le Tanna (Sage de l'époque de la Michna) a-t-il dit : « son heure lui suffit » ? C'est pour la première apparition de sang ; mais pour la seconde, elle est comme toute autre femme et elle rend impur sur vingt-quatre heures. Et si elle a vu la première apparition à cause d'une contrainte (une cause extérieure, comme la frayeur), même pour la seconde, son heure lui suffit.
- גְּמָ' תַּנְיָא: אָמַר לוֹ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: אַתָּה לֹא שָׁמַעְתָּ, אֲנִי שָׁמַעְתִּי; אַתָּה לֹא שָׁמַעְתָּ אֶלָּא אַחַת, וַאֲנִי שָׁמַעְתִּי הַרְבֵּה.Guemara. La Michna a rapporté que, selon Rabbi Eliézer, quatre femmes ne sont impures qu'à partir du moment où elles ont vu le sang, alors que Rabbi Yehochoua a dit n'avoir entendu cela que pour la vierge. Il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Rabbi Eliézer a dit à Rabbi Yehochoua : toi, tu n'as pas entendu cette tradition, mais moi, je l'ai entendue ; tu n'as entendu de tes maîtres qu'un seul cas, et moi, j'en ai entendu beaucoup.
- אֵין אוֹמְרִים לְמִי שֶׁלֹּא רָאָה אֶת הַחֹדֶשׁ ״יָבֹא וְיָעִיד״, אֶלָּא לְמִי שֶׁרָאָהוּ. כׇּל יָמָיו שֶׁל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הָיוּ עוֹשִׂין כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, לְאַחַר פְּטִירָתוֹ שֶׁל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הֶחְזִיר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אֶת הַדָּבָר לְיוֹשְׁנוֹ.Rabbi Eliézer a poursuivi par une image tirée de la sanctification du nouveau mois : on ne dit pas à celui qui n'a pas vu la nouvelle lune : « Qu'il vienne témoigner », mais seulement à celui qui l'a vue. De même, c'est à celui qui a entendu la tradition que l'on doit se fier. Tous les jours de Rabbi Eliézer, on agissait selon Rabbi Yehochoua (seule la vierge était dispensée de l'impureté rétroactive). Après le décès de Rabbi Eliézer, Rabbi Yehochoua a rétabli la chose dans son état ancien, c'est-à-dire selon l'avis de Rabbi Eliézer.
- כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, בְּחַיָּיו מַאי טַעְמָא לָא? מִשּׁוּם דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר שַׁמּוּתִי הוּא, וְסָבַר: אִי עָבְדִינַן כְּוָותֵיהּ בַּחֲדָא, עָבְדִינַן כְּוָותֵיהּ בְּאַחְרָנְיָיתָא.La Guemara demande : selon Rabbi Eliézer, de son vivant, pourquoi non ? Pourquoi n'a-t-on pas suivi son avis de son vivant ? Parce que Rabbi Eliézer était un chamouti (selon Steinsaltz et Tossefot : un disciple de Beit Chammaï, dont on ne suit généralement pas les décisions ; selon Rachi : un homme mis au ban), et Rabbi Yehochoua a pensé : si nous agissons selon lui sur un point, on agira selon lui sur les autres.
- וּמִשּׁוּם כְּבוֹדוֹ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, לָא מָצֵינַן מָחֵינַן בְּהוּ. לְאַחַר פְּטִירָתוֹ שֶׁל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר (דְּמָצִינוּ) [דְּמָצֵינַן] מָחֵינַן בְּהוּ, הֶחְזִיר אֶת הַדָּבָר לְיוֹשְׁנוֹ.Et par égard pour l'honneur de Rabbi Eliézer, nous ne pourrons pas protester contre eux. Mais après le décès de Rabbi Eliézer, lorsque nous pouvons protester contre eux s'ils suivent son avis dans d'autres domaines, Rabbi Yehochoua a rétabli la chose dans son état ancien.
- אָמַר רַב יְהוּדָה, אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּאַרְבַּע. חֲדָא: דַּאֲמַרַן.Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : la halakha est conforme à Rabbi Eliézer dans quatre cas. L'un : celui que nous venons d'évoquer (les quatre femmes dont l'heure suffit).
- וְאִידָּךְ: הַמְקַשָּׁה כַּמָּה תִּשְׁפֶּה וּתְהֵא זָבָה? מֵעֵת לְעֵת, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וַהֲלָכָה כִּדְבָרָיו.Et un autre : la femme en travail d'accouchement qui a vu du sang ; ce sang est attribué à l'enfantement et non à l'écoulement de zava (femme atteinte d'écoulement anormal). Combien de temps doit-elle être soulagée de sa douleur pour être tout de même une zava ? Vingt-quatre heures. Telles sont les paroles de Rabbi Eliézer, et la halakha est conforme à ses paroles.
- וְאִידָּךְ: הַזָּב וְהַזָּבָה שֶׁבָּדְקוּ עַצְמָן יוֹם רִאשׁוֹן וּמָצְאוּ טָהוֹר, יוֹם שְׁבִיעִי וּמָצְאוּ טָהוֹר, וּשְׁאָר הַיָּמִים לֹא בָּדְקוּ — רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הֲרֵי אֵלּוּ בְּחֶזְקַת טׇהֳרָה. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: אֵין לָהֶן אֶלָּא יוֹם הָרִאשׁוֹן וְיוֹם הַשְּׁבִיעִי בִּלְבָד.Et un autre : le zav et la zava (homme et femme atteints d'écoulement) doivent compter sept jours purs. Concernant le zav et la zava qui se sont examinés le premier jour et se sont trouvés purs, puis le septième jour et se sont trouvés purs, mais qui ne se sont pas examinés les autres jours : Rabbi Eliézer dit : ils sont en présomption de pureté. Rabbi Yehochoua dit : ils n'ont à leur compte que le premier jour et le septième jour seulement, et doivent compter cinq jours de plus.
- רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אֵין לָהֶם אֶלָּא יוֹם שְׁבִיעִי בִּלְבָד. וְתַנְיָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן וְרַבִּי יוֹסֵי אוֹמְרִים: נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר מִדִּבְרֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, וְדִבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא מִדִּבְרֵי כוּלָּן, אֲבָל הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר.Rabbi Akiva dit : ils n'ont à leur compte que le septième jour seulement, et doivent en compter encore six, car un écoulement survenu entre-temps aurait annulé le début du compte. Et il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Chimon et Rabbi Yossé disent : les paroles de Rabbi Eliézer paraissent plus justes que celles de Rabbi Yehochoua, et les paroles de Rabbi Akiva plus justes que celles de tous, mais la halakha est conforme à Rabbi Eliézer.
- וְאִידַּךְ, דִּתְנַן: אֲחוֹרֵי כֵלִים שֶׁנִּטְמְאוּ בְּמַשְׁקִין, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מְטַמְּאִין אֶת הַמַּשְׁקִין וְאֵין פּוֹסְלִין אֶת הָאֳוכָלִין. מְטַמְּאִין אֶת הַמַּשְׁקִין, וַאֲפִילּוּ דְּחוּלִּין, וְאֵין פּוֹסְלִין אֶת הָאֳוכָלִין, וַאֲפִילּוּ דִּתְרוּמָה. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: מְטַמְּאִין אֶת הַמַּשְׁקִין וּפוֹסְלִין אֶת הָאֳוכָלִין.Et un autre, comme nous l'avons appris dans la Michna : l'extérieur des récipients devenu impur par des liquides impurs : Rabbi Eliézer dit : ils rendent impurs les liquides et ne rendent pas inaptes les aliments. La Michna précise : ils rendent impurs les liquides, même ceux de 'houlin (denrées profanes), et ne rendent pas inaptes les aliments, même ceux de terouma (prélèvement donné au Cohen). Rabbi Yehochoua dit : ils rendent impurs les liquides et rendent inaptes les aliments de terouma.
- אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: קַל וָחוֹמֶר, וּמָה טְבוּל יוֹם שֶׁאֵין מְטַמֵּא מַשְׁקֵה חוּלִּין, פּוֹסֵל אוֹכְלֵי תְרוּמָה, אֲחוֹרֵי כֵלִים שֶׁמְּטַמֵּא מַשְׁקֵה חוּלִּין, אֵינוֹ דִּין שֶׁפּוֹסֵל אוֹכְלֵי תְרוּמָה?Rabbi Yehochoua a dit : c'est un kal va'homer (raisonnement a fortiori). Si le tevoul yom (impur qui s'est immergé le jour même et attend la tombée de la nuit), qui ne rend pas impur le liquide de 'houlin, rend inapte les aliments de terouma, alors l'extérieur des récipients, qui rend impur le liquide de 'houlin, n'est-il pas logique qu'il rende inapte les aliments de terouma ?
- וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, אֲחוֹרֵי כֵלִים דְּרַבָּנַן, וּטְבוּל יוֹם דְּאוֹרָיְיתָא, וְרַבָּנַן מִדְּאוֹרָיְיתָא לָא עָבְדִינַן קַל וָחוֹמֶר, דְּמִדְּאוֹרָיְיתָא אֵין אוֹכֶל מְטַמֵּא כְּלִי, וְאֵין מַשְׁקֶה מְטַמֵּא כְּלִי.Et Rabbi Eliézer, comment réfute-t-il ce raisonnement ? L'extérieur des récipients relève du droit rabbinique, et le tevoul yom de la Torah ; et on ne fait pas de kal va'homer pour des règles rabbiniques à partir de la Torah. Car, selon la Torah, un aliment ne rend pas impur un récipient, et un liquide ne rend pas impur un récipient.
- וְרַבָּנַן הוּא דִּגְזוּר גְּזֵרָה, מִשּׁוּם מַשְׁקִין דְּזָב וְזָבָה, מַשְׁקִין דַּעֲלוּלִין לְקַבֵּל טוּמְאָה — גְּזַרוּ בְּהוּ רַבָּנַן, אֳוכָלִין דְּאֵין עֲלוּלִין לְקַבֵּל טוּמְאָה — לָא גְּזַרוּ בְּהוּ רַבָּנַן.Et ce sont les Sages qui ont édicté un décret rendant impur l'extérieur du récipient, à cause des liquides du zav et de la zava (salive et urine, sources d'impureté primaire, qui rendent impurs les récipients). Pour les liquides, qui sont susceptibles de contracter l'impureté, les Sages ont décrété qu'ils sont rendus impurs par ces récipients ; pour les aliments, qui ne sont pas aussi susceptibles de contracter l'impureté, puisqu'ils doivent d'abord être humectés, les Sages n'ont pas décrété.
- וּמַאי שְׁנָא אֲחוֹרֵי כֵלִים דְּנָקֵט? מִשּׁוּם דְּקִילִּי, דִּתְנַן: כְּלִי שֶׁנִּטְמָא מֵאֲחוֹרָיו בְּמַשְׁקִין — אֲחוֹרָיו טָמֵא, תּוֹכוֹ, אׇזְנוֹ, אוֹגְנוֹ, יָדָיו — טְהוֹרִין. נִטְמָא תּוֹכוֹ — כּוּלּוֹ טָמֵא.La Guemara demande : et en quoi est-ce différent, pour qu'il ait cité l'extérieur des récipients ? L'intérieur d'un récipient rendu impur par un liquide n'est lui aussi impur que par décret rabbinique. Parce qu'il est moins sévère que le reste, comme nous l'avons appris dans une Michna : un récipient devenu impur par l'extérieur à cause de liquides : son extérieur est impur ; son intérieur, son anse, son rebord, ses poignées sont purs. Si son intérieur est devenu impur, il est tout entier impur.
- מַאי קָא מַשְׁמַע לַן שְׁמוּאֵל? בְּכוּלְּהוּ תְּנַן הִלְכְתָא!Tels sont les quatre cas. La Guemara demande : que nous apprend Chmouel ? Pour tous ces cas, nous avons appris la halakha explicitement !
- וְכִי תֵימָא, אֲחוֹרֵי כֵלִים קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא תְּנַן, וְלֵימָא הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בַּאֲחוֹרֵי כֵלִים! אֶלָּא הָא קָא מַשְׁמַע לַן, שֶׁאֵין לְמֵדִין הֲלָכָה מִפִּי תַלְמוּד.Et si tu dis qu'il nous apprend le cas de l'extérieur des récipients, que nous n'avons pas appris comme halakha dans la Michna, qu'il dise simplement : la halakha est conforme à Rabbi Eliézer pour l'extérieur des récipients ! Mais voici ce qu'il nous apprend : on n'apprend pas la halakha de la bouche du talmoud (d'une décision formulée dans une Michna ou une baraïta), tant que les Amoraïm (Sages de l'époque de la Guemara) ne l'ont pas confirmée.
- וְתוּ לֵיכָּא? וְהָאִיכָּא דִּתְנַן: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר:La Guemara demande : et il n'y en a pas d'autres ? Voici pourtant ce que nous avons appris dans la Michna (Yevamot 109a) à propos de deux frères mariés à deux sœurs, l'une adulte et l'autre mineure, lorsque le mari de l'adulte est mort : Rabbi Eliézer dit :
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