Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- בֵּית שַׁמַּאי הִיא, דְּאָמְרִי: מַעְיָן אֶחָד הוּא. וּסְתַם לַן תַּנָּא כְּבֵית שַׁמַּאי?! סְתָם וְאַחַר כָּךְ מַחְלוֹקֶת הוּא, וְכׇל סְתָם וְאַחַר כָּךְ מַחְלוֹקֶת אֵין הֲלָכָה כִּסְתָם.C'est l'opinion de Beit Chammaï, qui disent : il n'y a qu'une seule source pour les deux sortes de sang, celui de l'impureté et celui de la pureté (voir plus loin, 35b). La Guemara s'étonne : Et le Tanna (Sage de la Michna) nous aurait-il enseigné sans attribution une Michna selon Beit Chammaï ?! Réponse : C'est un cas où figure d'abord une opinion anonyme, puis une machlokèt (divergence d'opinions) sur le même sujet ; et il y a une règle : chaque fois qu'il y a une opinion anonyme puis une machlokèt, la halakha (règle pratique) n'est pas nécessairement conforme à l'opinion anonyme.
- וְאִי בָּעֵית אֵימָא: מִי קָתָנֵי ״מְבַקֶּשֶׁת לֵישֵׁב״? ״יוֹשֶׁבֶת״ קָתָנֵי! אִי יוֹשֶׁבֶת, מַאי לְמֵימְרָא? מַהוּ דְּתֵימָא תִּיבְדּוֹק, דְּדִילְמָא קָבְעָה לַהּ וֶסֶת — קָא מַשְׁמַע לַן דְּמַעְיָן טָהוֹר לְמַעְיָן טָמֵא לָא קָבְעָה.Et si tu veux, dis plutôt : la Michna enseigne-t-elle « celle qui cherche à s'asseoir » pour observer ses jours de sang pur ? C'est « celle qui est assise » qu'elle enseigne ! La Guemara demande : Si elle est déjà assise dans ces jours, à quoi bon le dire ? Réponse : Tu aurais pu dire qu'elle doit s'examiner, car peut-être s'est-elle fixé un vèssèt (cycle menstruel fixe) à partir du sang vu sur ses linges ; elle nous enseigne donc qu'on ne fixe pas de cycle à partir d'une vue survenue d'une source pure pour l'appliquer à une source impure : elle ne le fixe pas.
- הָנִיחָא לְלֵוִי, דְּאָמַר: שְׁנֵי מַעְיָנוֹת הֵם, אֶלָּא לְרַב דְּאָמַר: מַעְיָן אֶחָד הוּא — תִּבְדּוֹק, דִּילְמָא קָבְעָה לַהּ וֶסֶת! אֲפִילּוּ הָכִי, מִימֵי טׇהֳרָה לִימֵי טוּמְאָה לָא קָבְעָה.La Guemara objecte : Cela convient à Lévi, qui a dit : ce sont deux sources. On comprend alors qu'une vue de l'une ne fixe rien pour l'autre. Mais selon Rav, qui a dit : c'est une seule source, qu'elle s'examine, car peut-être s'est-elle fixé un vèssèt ! Réponse : Même ainsi, bien que la source soit unique, des jours de pureté aux jours d'impureté, elle ne fixe pas de cycle.
- וּמְשַׁמֶּשֶׁת בְּעֵדִים וְכוּ׳. תְּנַן הָתָם: תִּינוֹקֶת שֶׁלֹּא הִגִּיעַ זְמַנָּהּ לִרְאוֹת וְנִשֵּׂאת, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: נוֹתְנִין לָהּ אַרְבַּע לֵילוֹת, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: עַד שֶׁתִּחְיֶה הַמַּכָּה.§ La Michna enseigne : Et même la femme au cycle fixe a des rapports avec des linges d'examen, etc. À ce propos : nous avons appris là-bas (dans la Michna, plus loin, 64b) : Une jeune fille dont le temps de voir ses règles n'est pas arrivé, et qui s'est mariée : Beit Chammaï disent : on lui accorde quatre nuits durant lesquelles le sang est attribué à la déchirure de l'hymen et elle reste pure ; au-delà, tout sang est sang de niddah (femme rendue impure par ses règles). Et Beit Hillel disent : le sang est attribué à cette cause jusqu'à ce que la plaie guérisse.
- אָמַר רַב גִּידֵּל, אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא פָּסְקָה מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ וְרָאֲתָה שֶׁלֹּא מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ, אֲבָל פָּסְקָה מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ וְרָאֲתָה — טְמֵאָה.Sur les paroles de Beit Hillel, Rav Guidel a dit au nom de Chmouel : On ne l'a enseigné que dans le cas où elle n'a pas cessé de saigner du fait des rapports – chaque rapport s'accompagnant d'un saignement – et où elle a vu du sang sans lien avec les rapports : il reste attribué à l'hymen. Mais si elle a cessé du fait des rapports (un rapport n'a pas provoqué de saignement) et qu'elle a ensuite vu du sang, elle est temé'a (impure).
- עָבַר לַיְלָה אַחַת בְּלֹא תַּשְׁמִישׁ וְרָאֲתָה — טְמֵאָה. נִשְׁתַּנּוּ מַרְאֵה דָמִים שֶׁלָּהּ — טְמֵאָה. מֵתִיב רַבִּי יוֹנָה: ״וּבְתוּלָה שֶׁדָּמֶיהָ טְהוֹרִים״, אַמַּאי? תְּשַׁמֵּשׁ בְּעֵדִים, דְּדִילְמָא נִשְׁתַּנּוּ מַרְאֵה דָמִים שֶׁלָּהּ!Si une nuit est passée sans rapports et qu'elle a ensuite vu du sang, elle est impure. Si l'aspect de son sang a changé par rapport au premier sang, elle est impure. Rabbi Yona a objecté depuis notre Michna : « Et la vierge dont le sang est pur » n'a pas à s'examiner. Pourquoi ? Qu'elle ait des rapports avec des linges d'examen, car peut-être l'aspect de son sang a-t-il changé !
- אָמַר רָבָא: אֵימָא רֵישָׁא ״חוּץ מִן הַנִּדָּה וְהַיּוֹשֶׁבֶת עַל דַּם טוֹהַר״, הוּא דְּלָא בָּעֲיָא בְּדִיקָה, אֲבָל בְּתוּלָה שֶׁדָּמֶיהָ טְהוֹרִין בָּעֲיָא בְּדִיקָה. אֶלָּא קַשְׁיָין אַהֲדָדֵי!Rava a dit : Cite le début de la Michna : toutes les femmes ont des rapports avec des linges d'examen, « sauf la niddah et celle qui est assise sur le sang de pureté » : ce sont elles qui n'ont pas besoin d'examen ; mais la vierge dont le sang est pur a besoin d'un examen, ce qui soutient Chmouel. Mais alors les deux propositions de la Michna se contredisent l'une l'autre !
- כָּאן — שֶׁשִּׁמְּשָׁה, דְּאֵימָא שַׁמָּשׁ עֲכָרָן; כָּאן — שֶׁלֹּא שִׁמְּשָׁה.La Guemara explique : Ici, dans la proposition dispensant la vierge, il s'agit du cas où elle a eu des rapports : l'examen ne prouverait rien, car on peut dire que l'organe les a troublés (a altéré l'aspect du sang). Là, dans celle qui l'exige, il s'agit du cas où elle n'a pas eu de rapports.
- תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים? שֶׁלֹּא פָּסְקָה מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ, וְרָאֲתָה שֶׁלֹּא מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ.Cela a aussi été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) sur l'opinion de Beit Hillel : Dans quel cas ces paroles ont-elles été dites ? Dans le cas où elle n'a pas cessé de saigner du fait des rapports, et où elle a vu du sang sans lien avec les rapports.
- אֲבָל פָּסְקָה מֵחֲמַת תַּשְׁמִישׁ וְרָאֲתָה — טְמֵאָה, עָבַר לַיְלָה אַחַת בְּלֹא תַּשְׁמִישׁ וְרָאֲתָה — טְמֵאָה, נִשְׁתַּנּוּ מַרְאֵה דָמִים שֶׁלָּהּ — טְמֵאָה.Mais si elle a cessé du fait des rapports et qu'elle a ensuite vu du sang, elle est impure ; si une nuit est passée sans rapports et qu'elle a vu du sang, elle est impure ; si l'aspect de son sang a changé, elle est impure.
- פַּעֲמַיִם הִיא צְרִיכָה וְכוּ׳. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא לִטְהָרוֹת, אֲבָל לְבַעְלָהּ מוּתֶּרֶת. פְּשִׁיטָא, ״שַׁחֲרִית״ תְּנַן!§ La Michna enseigne : Elle doit s'examiner deux fois par jour, etc. Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : On ne l'a enseigné que pour les tahorot (aliments et objets rituellement purs qu'elle manipule) ; mais pour son mari, elle est permise sans examen. La Guemara s'étonne : C'est évident ! C'est « le matin » que nous avons appris dans la Michna ; or les rapports n'ont pas lieu de jour, il s'agit donc forcément des tahorot !
- אֶלָּא אִי אִתְּמַר אַסֵּיפָא אִתְּמַר: וּבְשָׁעָה שֶׁהִיא עוֹבֶרֶת לְשַׁמֵּשׁ אֶת בֵּיתָהּ. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּאִשָּׁה עֲסוּקָה בִּטְהָרוֹת, דְּמִגּוֹ דְּבָעֲיָא בְּדִיקָה לִטְהָרוֹת — בָּעֲיָא נָמֵי בְּדִיקָה לְבַעְלָהּ, אֲבָל אֵינָהּ עֲסוּקָה בִּטְהָרוֹת — לָא בָּעֲיָא בְּדִיקָה.Plutôt, si cela a été dit, cela a été dit sur la fin de la Michna : « Et au moment où elle s'apprête à avoir des rapports avec son mari. » Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : On ne l'a enseigné que pour une femme occupée aux tahorot : puisqu'elle a besoin d'un examen pour les tahorot, elle a aussi besoin d'un examen pour son mari ; mais celle qui n'est pas occupée aux tahorot n'a pas besoin d'examen.
- מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? תְּנֵינָא: כׇּל הַנָּשִׁים בְּחֶזְקַת טׇהֳרָה לְבַעֲלֵיהֶן! אִי מִמַּתְנִיתִין הֲוָה אָמֵינָא, הָנֵי מִילֵּי בְּאִשָּׁה שֶׁיֵּשׁ לָהּ וֶסֶת, אֲבָל אִשָּׁה שֶׁאֵין לָהּ וֶסֶת — בָּעֲיָא בְּדִיקָה.Que nous enseigne-t-il ? Nous l'avons déjà appris (plus loin, 15a) : Toutes les femmes sont présumées pures pour leurs maris ! Réponse : Si c'était seulement d'après la Michna, j'aurais dit : ces paroles ne valent que pour une femme qui a un vèssèt ; mais une femme qui n'a pas de vèssèt a besoin d'un examen. Rav Yehouda nous enseigne que même elle en est dispensée si elle n'est pas occupée aux tahorot.
- וְהָא מַתְנִיתִין בְּאִשָּׁה שֶׁיֵּשׁ לָהּ וֶסֶת עָסְקִינַן! מַתְנִיתִין בֵּין שֶׁיֵּשׁ לָהּ וֶסֶת, בֵּין אֵין לָהּ וֶסֶת, וְהָא קָא מַשְׁמַע לַן: דְּאַף עַל גַּב דְּיֵשׁ לָהּ וֶסֶת, מִגּוֹ דְּבָעֲיָא בְּדִיקָה לִטְהָרוֹת, בָּעֲיָא נָמֵי בְּדִיקָה לְבַעְלָהּ.Mais c'est d'une femme qui a un vèssèt que nous traitons dans la Michna de notre chapitre ! Réponse : La Michna traite aussi bien de celle qui a un vèssèt que de celle qui n'en a pas ; et voici ce qu'elle nous enseigne : bien qu'elle ait un vèssèt, puisqu'elle a besoin d'un examen pour les tahorot, elle a aussi besoin d'un examen pour son mari.
- וְהָא אַמְרַהּ שְׁמוּאֵל חֲדָא זִימְנָא! דְּאָמַר רַבִּי זֵירָא, אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר יִרְמְיָה, אָמַר שְׁמוּאֵל: אִשָּׁה שֶׁאֵין לָהּ וֶסֶת אֲסוּרָה לְשַׁמֵּשׁ עַד שֶׁתִּבְדּוֹק. וְאוֹקִימְנָא בַּעֲסוּקָה בִּטְהָרוֹת! חֲדָא מִכְּלַל חֲבֶרְתַּהּ אִתְּמַר.Mais Chmouel l'a déjà dit une fois ! Car Rabbi Zeira a dit au nom de Rabbi Abba bar Yirmeya, au nom de Chmouel : Une femme qui n'a pas de vèssèt n'a pas le droit d'avoir des rapports jusqu'à ce qu'elle s'examine ; et nous l'avons interprété comme traitant de celle qui est occupée aux tahorot ! Réponse : L'une a été dite par déduction de l'autre : Chmouel n'a énoncé explicitement qu'une seule de ces paroles.
- תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים — לִטְהָרוֹת, אֲבָל לְבַעְלָהּ מוּתֶּרֶת. בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים — שֶׁהִנִּיחָהּ בְּחֶזְקַת טְהוֹרָה, אֲבָל הִנִּיחָהּ בְּחֶזְקַת טְמֵאָה — לְעוֹלָם הִיא בְּטוּמְאָתָהּ עַד שֶׁתֹּאמַר לוֹ ״טְהוֹרָה אֲנִי״.Cela a aussi été enseigné dans une baraïta : Dans quel cas ces paroles ont-elles été dites ? L'examen n'est requis que pour les tahorot ; mais pour son mari, elle est permise sans examen. Dans quel cas ces paroles ont-elles été dites ? Quand le mari parti en voyage l'a laissée avec une présomption de pureté ; mais s'il l'a laissée avec une présomption d'impureté, elle reste toujours dans son impureté, jusqu'à ce qu'elle lui dise : « Je suis pure. »
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